• La classe multi-âges

    Dans cette partie vous trouverez ce qui a l'ambition d'être un Guide pratique de la classe multi-âges, avec des pistes de travail, des suggestions d'emploi du temps, de progressions, de plans de classe, d'outils, de méthodes ainsi que des façons de travailler peut-être différentes de celles que vous avez eu l'habitude de rencontrer

    Table des matières

    I. Présentation

    I. Idées reçues

    II. Doubles niveaux

    1. Rentrée des classes

     II.1. Deux niveaux dans la même classe

    2. Mise en route

    A. Dans la Petite Classe (PS/MS)

     II. 2. A. Mise en route - PS/MS (1)

    II. 2. A. Mise en route - PS/MS (2)

    II. 2. A. Mise en route - PS/MS (3)

    B. Chez les Moyens-Grands (MS/GS)

    II. 2. B. Mise en route - MS/GS (1)

    II. 2. B. Mise en route - MS/GS (2)

    II. 2. B. Mise en route - MS/GS (3)

    C. Dans la Grande Classe (GS/CP)

    II. 2. C. Mise en route - GS/CP (1)

    II. 2. C. Mise en route - GS/CP (2)

    II. 2. C. Mise en route - GS/CP (3)

    D. En Élémentaire

    a) CP/CE1

    II. 2. D. Mise en route - Élémentaire - a (1)

    II. 2. D. Mise en route - Élémentaire - a (2)

    b) Classes élémentaires
    c) Des associations bizarres

    II. 2. D. Mise en route - Élémentaire - b (1)

    II. 2. D. Mise en route - Élémentaire - b (2) - c

    III. Triples niveaux

    1. Rentrée des classes

    III.1. Trois niveaux dans la même classe

    2. Mise en route

    A. En Classe Maternelle (PS/MS/GS)

    III. 2. A. Mise en route - PS/MS/GS (1)

    III. 2. A. Mise en route - PS/MS/GS (2)

    B. De la Moyenne Section au Cours préparatoire

    III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (1)

    III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (2)

    III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (3)

    C. De la Grande Section au Cours Élémentaire 1re année

     III. 2. C. Mise en route - GS/CP/CE1 (1)

      III. 2. C. Mise en route - GS/CP/CE1 (2)

    III. 2. C. Mise en route - GS/CP/CE1 (3)

     D. Du Cours Préparatoire au Cours Élémentaire 2e année

    III. 2. D. Mise en route - CP/CE1/CE2 (1)

    III. 2. D. Mise en route - CP/CE1/CE2 (2)

    III. 2. D. Mise en route - CP/CE1/CE2 (3)

     E. Classe élémentaire sans CP (CE1/CE2/CM1 ou CE2/CM1/CM2)

    III. 2. E. Mise en route - Élém. sans CP (1)

    III. 2. E. Mise en route - Élém. sans CP (2)

    III. 2. E. Mise en route - Élém. sans CP (3)

    IV. Quadruples niveaux

    1. Rentrée des classes

    IV.1. Quatre niveaux dans la même classe

    2. Mise en route

    A. En Maternelle + CP (PS/MS/GS/CP)

    IV. 2. A. Mise en route - Maternelle+CP (1)

    IV. 2. A. Mise en route - Maternelle et CP (2)

    IV. 2. A. Mise en route - Maternelle et CP (3)

    B. De la MS au CE1

    IV. 2. B. Mise en route - De la MS au CE1 (1)

    IV. 2. B. Mise en route - De la MS au CE1 (2)

    IV. 2. B. Mise en route - De la MS au CE1 (3)

    C. De la GS au CE2

    IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (1)

    IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (2)

    IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (3)

    D. Élémentaire avec CP

    IV. 2. D. Mise en route - Élémentaire avec CP (1)

    IV. 2. D. Mise en route - Élémentaire avec CP (2)

    IV. 2. D. Mise en route - Élémentaire avec CP (3)

    E. Élémentaire sans CP

    IV. 2. E. Mise en route - Élémentaire sans CP (1)

    IV. 2. E. Mise en route - Élémentaire sans CP (2)

    IV. 2. E. Mise en route - Élémentaire sans CP (3)

    V. Cinq niveaux et plus 

    1. Rentrée des classes

    V. 1. Cinq niveaux et plus

    2. Mise en route

    A. Du CP au CM2

    V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (1)

    V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (2)

    V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (3)

    B. De la Maternelle au CE1 ou 2 

    V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (1)

    V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (2)

    V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (3)

    C. De la Maternelle au CM2

    V.2.C. De la Maternelle au CM2 (1)  

    V.2.C. De la Maternelle au CM2 (2)

  • V.2.C. De la Maternelle au CM2 (2)

    Maternelle à CM2 

    (2e partie)

    Premier jour de classe 

    Matinée

    0) Accueil des familles

    Le jour de la rentrée, dès l’accueil qui aura lieu exceptionnellement[1] dans la classe, le maître présente aux parents le lieu où évolueront leurs enfants. Cette organisation spatiale lui permet d’expliquer brièvement le rôle central du groupe de pairs dans la pédagogie qu’il compte adopter. Le matériel prêt à l’emploi l’aide à mettre en avant l’autonomie qu’il se propose de faire acquérir aux enfants. L’exposé rapide de l’emploi du temps vise à rassurer les familles quant à la nécessaire différenciation qu’il établira entre les enfants, non seulement en fonction de leur âge mais aussi en fonction de leurs besoins personnels.

    Enfin, il explique qu’il sera toujours prêt à recevoir les parents mais que, le temps étant compté, il préfère que ces relations aient lieu en dehors du temps scolaire qu’il compte réserver en entier à leurs enfants. Il leur explique que, dès l’après-midi, l’accueil de chaque demi-journée aura lieu dans la cour, le préau ou la salle polyvalente où les enfants seront occupés à jouer librement, ce qui lui permettra d’échanger quelques mots avec les familles qui le souhaitent, tout en surveillant du coin de l’œil que tout ce petit monde évolue dans le calme et la convivialité. Il conclut son propos en distribuant une courte notice qui rappelle ces quelques informations et propose la date de la réunion de rentrée[2].

    1) Déshabillage, entrée en classe

    Cette séquence d’enseignement n’aura pas lieu en ce premier jour. Dès le lendemain matin, lorsque l’accueil se déroulera dans la cour, avec l’aide de ses élèves les plus grands et de l’ATSEM, il fera de cette activité toute simple la première initiation des enfants aux règles de la vie en collectivité : regroupement par deux ou trois ; déplacement fluide et calme de la cour au vestiaire ; rangement (sacs, vêtements et éventuellement chaussures) dans les espaces dédiés[3], signalés par des étiquettes[4] ; aide des cadets par les aînés ; contrôle inhibiteur (éducation sensorielle auditive ; maîtrise de sa motricité).

    Pour que les aînés puissent aider leurs cadets, il est pratique de ne pas regrouper par âges les patères des enfants mais, au contraire, de faire en sorte que les âges soient mélangés et que des élèves de CE1, CP, GS et bientôt MS encadrent les emplacements réservés à un ou deux élèves de TPS-PS.

    Les élèves de CE2 et CM prendront quant à eux rapidement l’habitude d’entrer en classe seuls et de commencer le travail programmé qu’ils trouveront inscrit sur la partie du tableau qui leur est destinée ou dans leur pochette « Plan de Travail » qu’ils auront remplie en fin de semaine précédente.

    2) Langage : Bonjour ; appel ; date

    C’est ici que débute cette première journée d’école, au coin de regroupement où les élèves se sont installés dès le départ des familles.

    Le moment de langage est forcément écourté par l’accueil réservé à celles-ci. Par ailleurs, les plus jeunes, souvent impressionnés par la nouveauté des lieux, n’auront pas forcément beaucoup de choses à dire.

    S'il est nouveau dans l'école, le maître se borne donc à demander à chaque élève de se présenter brièvement[5], se chargeant lui-même de renseigner les « anciens » sur le nom et l'âge des plus petits, ainsi que, car cela est fréquent dans ce type de classe, sur leurs liens familiaux avec d'autres élèves. Il note mentalement les éventuelles difficultés de prononciation ainsi que les élèves qui lui donnent l’impression d’avoir besoin d’un encadrement précis[6].
    Cette première approche va lui permettre d’ajuster et d’anticiper la teneur des échanges qu’il aura avec son groupe-classe lors des premières semaines.
    Après une très courte présentation personnelle durant laquelle il se contente de dire aux enfants la façon dont il entend être appelé[7], s’il reste une ou deux minutes, il finit le regroupement par la présentation visuelle d’un objet[8] « dont nous parlerons bientôt tous ensemble » …

    En cas de reprise après les vacances d'un groupe déjà constitué, ce temps de dialogue sera moins contraint et, après une présentation des plus jeunes, la classe pourra entrer de plain-pied dans l'année scolaire qui s'ouvre devant elle par quelques souvenirs égrenés ou une première observation collective des nouveautés de cette rentrée.

    3) TPS-PS/MS/GS : Langage oral
        GS/CP : Phono
        CE/CM : Exercices en autonomie

    Le lendemain, il consacrera les premières minutes en groupe à l’écriture de la date, que les élèves de CE et CM iront ensuite recopier sur leur cahier avant d’y commencer leur travail du jour, que ce dernier soit inscrit sur le tableau placé devant eux ou proposé dans une pochette selon le principe des plans de travail.

    Puis ce sera le moment de l’« appel » des enfants grâce à un jeu d’étiquettes portant leurs prénoms en script[9] que les élèves de GS et CP distribueront avec son aide. Il profite de cette activité pour faire pratiquer à ces élèves quelques courtes recherches et observation  de liaison phonie/graphie.

    Après cette activité, il enverra « les CP » rejoindre leurs camarades de CE et CM pour qu’ils réalisent eux aussi un travail écrit d’écriture-lecture, sous la surveillance de l’ATSEM à qui il aura préalablement expliqué son rôle.

    Pendant ce temps, il échangera avec ses élèves les plus jeunes, le plus souvent autour d’un objet ou d’une image pour fédérer l’intérêt de tous et donner matière à un dialogue commun[10]. Cet échange obéira dès le début aux règles d’un débat collectif : prises de parole échelonnées, en commençant par les plus jeunes, écoute active de l’émetteur, essais de réponses, contrôle inhibiteur, au moins pour les plus âgés.

    4) TPS-PS/MS/GS : Passage aux toilettes + Dessin libre
        CP/CE : EDL + exercices
        CM : Exercices + EDL  

    Pour ne pas laisser les plus grands tout seuls, le maître ne peut accompagner l’ATSEM dans la salle de propreté. Si l’effectif des petits est trop important, il fera en sorte de venir l’aider néanmoins en prolongeant le travail écrit des aînés quelques minutes encore .

    L’ATSEM pourra aussi, dès que ceux-ci en auront compris le principe, laisser les élèves d’élémentaire seuls sur leurs exercices et prendre les enfants les plus jeunes pendant la séance de langage, par petits groupes de deux à quatre enfants chacun, pour leur permettre d’aller aux toilettes, se laver les mains et boire.

    Le travail des élèves d’élémentaire est corrigé immédiatement, en individuel ou deux par deux, et rangé. 

    De retour de la salle de propreté, l’ATSEM et le maître installe les enfants de maternelle aux tables d’activités, en groupes multi-âges. Ils montrent aux plus grands comment distribuer les cahiers de dessins[11] ouverts à la première page et les crayons gras de diamètre compatible à une préhension entre le pouce et le majeur à leur tablée. 
    L’ATSEM reste avec le groupe, dialoguant avec les enfants, les aidant à tenir leur crayon, faisant régner un calme relatif (voix basse, position assise variant d’une ou deux minutes pour les plus jeunes à une dizaine de minutes pour les plus âgés). Lorsqu’un enfant a fini son dessin, elle lui montre où poser son cahier et l’aide à choisir l’espace où il pourra désormais aller jouer.

    Pendant ce temps, pas à pas, le maître entraîne l’un après l’autre ses deux groupes d’élèves d’élémentaire vers l’analyse de la première notion de grammaire qu’il compte leur faire aborder.
    Ce qui sera apprentissage grammatical pour les plus âgés sera analyse du langage oral, découverte du principe alphabétique ou même tout simplement vocabulaire pour les plus jeunes du groupe.
    La notion découverte par les élèves eux-mêmes est alors travaillée à l’oral et au tableau, pour tous. Seul le niveau des questions et des attentes distinguera les plus âgés des plus jeunes.
    En ce premier jour, le programme de CM concernant encore des révisions, ils pourront commencer seuls leurs exercices ; la leçon proprement dite prendra la forme d’une « Régulation » opérée en groupe à partir des corrections effectuées dans le travail individuel de chacun.

    5) TPS-PS/MS/GS : Jeux sensoriels, d’imitation et d’expérimentation plastique
            CP : Lecture – Dictée – Écriture
            CE/CM : Travail programmé de français (+ CE : Dictée)

    Lorsque la leçon collective est finie, alors que les élèves de maternelle continuent à occuper les différents coins de jeux et d’expression et que les élèves de CE et CM entament la deuxième partie de leur travail programmé de français, le maître garde près de lui ses élèves de CP.

    La première leçon du manuel est reproduite au tableau au besoin[12] et c’est ensemble, à petits pas, qu’ils vont l’explorer et l’étudier. L'effectif du groupe étant très restreint, chacun est forcément partie prenante et l’attention, encore très dispersée après deux mois d’interruption, est sollicitée brièvement par des tâches courtes et immédiatement gratifiantes car porteuses d’un savoir supplémentaire.
    Il finit la leçon de lecture du jour par la dictée des principales acquisitions; selon le niveau des élèves, cette dictée conçue de façon à ce qu'ils écrivent seuls sur l’ardoise ou qu'ils utilisent des étiquettes.

    Il ne lui reste plus qu’à indiquer le travail d’écriture, différent selon l’avancement pris dans l’enseignement de ce domaine pendant l’année de Grande Section, qu’il finit ce moment consacré exclusivement aux enfants de CP[13].

    Ceux-ci finiront leurs exercices seuls, ou sous la houlette de l’ATSEM qui surveille la bonne acquisition des gestes appris, puis iront rejoindre librement leurs camarades de maternelle qui, depuis un moment déjà, s’activent dans les coins de jeux et d’expression, surveillés par l’ATSEM qui veille à ce que les élèves de Maternelle en activité libre adoptent des comportements d’autonomie compatibles avec la vie d’un groupe d’individus d’une vingtaine de personnes dans un espace clos.

    Elle rappelle les règles, encourage les plus timides en jouant au besoin avec eux, freine au contraire les plus remuants et leur trouve une activité calme pour les canaliser un moment. Le maître garde un œil sur tout cela et prend en main la situation si des difficultés interviennent.

    Le maître s’approche alors du groupe des élèves de CE afin de leur proposer, après avoir rapidement corrigé leurs exercices écrits, la première dictée de l’année. Comme c’est une dictée d’apprentissage, pas question de noter autre chose que le taux de réussite à l’exercice du jour ; ce taux ne sera même pas gardé en mémoire et n’entrera dans aucune moyenne, qu'elle soit hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle ou annuelle.

    Cette dictée peut d’ailleurs même être corrigée en direct, segment par segment, selon les difficultés constatées par le maître en regardant par-dessus l’épaule de son petit groupe d’élèves.

    Enfin, comme nous sommes en début d’année, il a choisi un « matériau » simple visant à encourager plutôt qu’à décourager tout ou partie des enfants :

    • lettres et syllabes pour un CE1 très faible
    • syllabes et mots simples pour un CE1 moyen ou un CE2 très faible
    • courte phrase sans marques d'accords grammaticaux inaudibles pour un CE1 fort ou un CE2 faible
    • deux ou trois phrases dont les idées s’enchaînent, seulement s’il sait avoir à faire à un excellent CE2

    Dans le cas d’une classe recevant à la fois des enfants de CE1 et de CE2, comme il va devoir jongler entre deux dictées, il a regroupé ses élèves de CE dans le même secteur. Il fait en sorte de rester bref et très précis dans ses demandes afin d’apprendre aux élèves à se concentrer sur leur travail pendant qu’il dicte un nouveau segment à l’autre groupe.

    L’effectif de chaque groupe étant peu important, le maître peut, simplement en circulant entre les tables, provoquer la discussion au sujet d’une difficulté, aider un élève à rectifier directement une erreur, demander à un autre d’épeler.

    Enfin, pour gagner en efficacité et en durée, c’est « en direct » que la correction est écrite au tableau, évitant ainsi la perte de temps d’une correction collective différée que bien souvent personne n’écoute.

    6) TPS-PS/MS/GS : Jeux sensoriels, d’imitation et d’expérimentation plastique + Dictée à l’adulte
            GS/CP/CE1 : Jeux mathématiques
            CE2/CM : Travail programmé de Mathématiques

    C’est au cours de ce moment, très simple pour le moment, que les élèves de GS, de CP et de CE1 pourront pratiquer des jeux de manipulation visant à renforcer leurs connaissances mathématiques (comptage, calcul, géométrie, mesures et résolution de problèmes). En ce premier jour, c'est l’ATSEM mène avec les élèves de ce groupe des manipulations sur table prévues à l’avance[14]. Certains élèves de MS, intéressés, s'approchent ; l'ATSEM les convie à assister et même participe s'ils le souhaitent aux activités proposées.

    Les élèves de CE2 et CM rangeront leur travail de français après correction et entameront celui de mathématiques par quelques exercices préparatoires simples qu’ils pourront mener seuls (frise géométrique ; préparation de compendium de calcul pour chaque membre du groupe ; utilisation des outils pour une reproduction sur quadrillage, un paiement en monnaie factice, série d’opérations maîtrisées depuis un an au moins... ).

    Le maître, installé au milieu des enfants de maternelle, prend la pile des cahiers de dessins et appelle ses « petits » un par un en commençant par ceux de Grande Section. Il les encourage à décrire leur dessin et, pour les plus grands, à résumer par une phrase la situation illustrée. Il laisse les plus petits évoluer à leur rythme et évoquer ce qui leur passe par la tête en montrant leurs premières traces, s’extasiant sur la moindre marque d’intention, même fugitive, de représenter quelque chose...

    7) TPS-PS/MS/GS/CP/CE1 : Rangements et Observation ; Récréation
           CM : Dictée ou Lecture

    Lorsque tous les élèves de maternelle ont pu raconter leur dessin, l’ATSEM et le maître les réunissent, avec leurs camarades de CP et de CE1, au coin regroupement. Brièvement, ils montrent les travaux de chacun, affichent une peinture intéressante, exposent un modelage ou une construction qui mérite d’être remarquée, etc. Chacun vérifie ensuite que tout est bien rangé et, à la suite de l’ATSEM, se dirige vers la salle de propreté avant de se rendre dans la cour de récréation.

    Une fois ce travail fini, le maître va, en ce premier jour, dicter leur premier texte aux élèves de CM.
    En cette première demi-semaine, comme il a besoin de se faire une idée rapide du niveau de ses élèves les plus âgés, il dictera le même texte à tous ses élèves de CM, afin de constituer ensuite deux groupes de niveaux, correspondant plus ou moins aux deux intitulés de classe. Lorsque ces groupes seront constitués, un jour sur deux, il dictera aux deux groupes une première partie avant de garder le groupe des plus avancés pour quelques phrases supplémentaires, afin d’installer plus durablement et plus profondément les réflexes orthographiques

    La méthode est la même qu’avec les plus petits. Elle tient compte des acquis des années antérieures, quitte à être réduite dès le lendemain, s’il constate, toujours en corrigeant « en direct », qu’il a été trop ambitieux et qu’il vaut mieux raboter très sensiblement les exigences.

    Il n’est pas inquiet car il sait qu’en maintenant le cap du « zéro faute dans tous les écrits », que ce soient ceux de français (exercices écrits d'étude de la langue, productions d'écrit autonomes), de mathématiques, d’histoire, de géographie, de sciences ou de vie quotidienne (cahier de texte, mots aux familles, affichettes à placarder au portail de l’école, ...), il obtiendra peu à peu l’attention orthographique qui manque pour le moment à certains de ses élèves.

    Le lendemain, ce moment de dictée sera remplacé par un moment de lecture oralisée qu’il souhaite rendre très fluide et immédiatement compréhensive chez tous ses élèves. N’ayant pas pu trouver de manuel répondant à ses exigences[15], il doit se contenter d’un succédané à base de photocopies ou de romans dont il lira ou résumera lui-même de larges extraits aux enfants, afin que la lecture ne traîne pas sur plus de deux ou trois semaines. 

    8) Récréation

    Le temps de récréation, pendant lequel le maître est obligatoirement de service, peut permettre éventuellement à l'ATSEM de prendre sa pause ou d'effectuer quelques rangements ou préparatifs. Selon les habitudes locales, on peut aussi décider qu'elle sera présente dans la cour et aidera à l'encadrement du groupe.

    En fin de récréation, après un temps de rangement des jeux et jouets et un passage aux toilettes, pendant lequel les élèves pourront boire[16], l'heure du regroupement autour des activités motrices sonne.

    9) Motricité large : jeux collectifs et individuels ; jeux de découverte mathématique

    Le maître peu habitué à la classe à neuf niveaux peut trouver très difficile la gestion d'une séance de motricité regroupant des quasi bébés avec des enfants s’approchant à grands pas de la préadolescence. Il va en effet devoir ruser et permettre aux petits de progresser sans brider le développement des capacités physiques de leurs aînés.

    En plaçant la séance à la suite de la récréation, il peut bénéficier d'un temps double pendant lequel les enfants, toujours grâce à l'équipement matériel et l'organisation de l'espace, exerceront seuls ou par petits groupes leur motricité large.
    En prévoyant dans la cour un espace de jeux collectifs (jeux de ballons, jeux de colo), des espaces à courir, à grimper, à escalader, à sauter, à exercer son équilibre, en l'équipant de vélos, tricycles, porteurs, ballons, cerceaux, échasses mais aussi planches, tasseaux, grandes pièces de toile, cartons de tailles variées, il n'aura qu’à suivre les plus habiles de ses élèves et à encourager les moins à l'aise à essayer.

    Ce n'est que quand le désœuvrement se fera sentir qu'il regroupera tout ou partie de son effectif près de lui pour l'exercice d'un geste, l'exploration d'un matériel, l'organisation d'une ronde, d'une danse ou d'un jeu collectif.

    Ce matin, après avoir organisé avec son groupe de CE2/CM un jeu de ballon connu (balle nommée ou lapins-chasseurs par exemple), pour que les tout-petits nouveaux se sentent membres du groupe, c'est autour d'eux qu'il a décidé de faire tourner sa séance « sportive ». Et comme il doit fixer chez ses élèves de Grande Section les mots du vocabulaire spatial, chez ceux de Cours Préparatoire l’usage des nombres de 1 à 5 et chez ceux du CE1 ceux des nombres de la première dizaine, les petits serviront de « repères ».

    Tout le monde se promène au son d'une comptine[17]. En entendant sonner une clochette, les élèves se figent et le maître annonce : « Tous autour de Pierre ! » ou « Tous en ligne devant Louna ! », etc.
    Puis on joue au jeu de la Maîtresse Folle, se mettant selon la consigne par deux, par trois, par quatre et par cinq avec, dans chaque groupe, avec au moins un petit ou un moyen…
    Les élèves de CE1 sont alors invités à prévoir le nombre obtenu en rapprochant deux groupes, le nombre de pas à faire pour aller toucher tel élève, le nombre d’élèves à aller chercher ailleurs pour compléter à 10 tel groupe, etc.

    Enfin, on finit la séance avec tous les élèves de la TPS au CM2, en organisant une course de relais autour de la cour, chronométré par un groupe qui compte, lentement, en suivant la pulsation donnée par le maître.

    10) Musique : chant – éducation rythmique et voix

    Après un deuxième épisode d’exercices de vie pratique dans le vestiaire, le maître entraîne ses élèves vers le coin de regroupement pour une activité destinée à souder le groupe de manière à lui donner la capacité d’agir et d’apprendre à plusieurs, en cohésion de plus en plus parfaite.

    La musique au sens large va aider tout ce petit monde à se sentir appartenir à une communauté dans laquelle tous se soutiennent et s’entraident.

    Les exercices[18], gradués dans chaque domaine, se succèdent rapidement du plus simple au plus complexe : rythmes frappés, éducation du souffle, travail de la voix, apprentissage d’une comptine et de la première strophe d’un chant réservé aux plus grands, écoute et retour au calme.

    Les parents qui récupèrent leurs enfants pour le repas de midi sont accueillis par l’ATSEM qui les convie à venir chercher leur enfant dans la classe en silence. Puis elle-même emmène les élèves restant à la cantine vers la structure dans laquelle ils iront prendre leur repas.

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente : V. 1. Cinq niveaux et plusV.2.C. De la Maternelle au CM2 (1)V.2.C. De la Maternelle au CM2 (2) ;

    Notes :

    [1] Si possible… car nous savons que les résistances sont fortes, y compris chez nos collègues, et que les habitudes, vieilles pourtant seulement d’une vingtaine d’années, sont bien ancrées dans l’imaginaire collectif !

    [2] Au moins deux à trois semaines après la rentrée des classes pour que, déjà, quelques habitudes soient prises et que le contact soit réellement établi entre les enfants et le maître.

    [3] Patères surmontées d’une étagère, casiers au ras du sol pour les chaussures.

    [4] Prénom de l’enfant pour les plus âgés (cursive de préférence), accompagnés d'un dessin facilement identifiable pour les plus jeunes (animaux, fruits, véhicules, ...).

    [5] Prénom, nom de famille, âge, classe, personne qui viendra le chercher, présence ou non à la cantine et au périscolaire…

    [6] Élèves trop ou trop peu à l’aise, trop ou trop peu couverts, élèves très remuants ou au contraire complètement atones… 

    [7] Prénom, nom de famille, « titre », tutoiement, vouvoiement, tout cela est possible et sans aucun lien prédictif de respect ou d’irrespect envers son statut et sa personne.

    [8] Un objet rappelant les vacances et l’été ou au contraire un objet évoquant la rentrée des classes. Le tout est qu’il soit suffisamment intriguant pour susciter l’intérêt de tous.

    [9] Initiale en majuscules, puis minuscules : Nathan, Emma, Ilyes, Inès...

    [10] Voir Pour une Maternelle du XXIe Siècle, chapitre IX : Des images au langage, p. 64 à 68 et ANNEXE : Une journée dans la Classe des Petits, p. 69 à 74.

    [11] Simple recueil de feuilles A5 blanches reliées en un cahier de vingt à trente pages (selon la durée de la période de classe, de manière à pouvoir faire un dessin par jour sur les rectos).

    [12] Groupe de plus de trois enfants. En-dessous de ce nombre, le maître s’installe face à aux enfants et suit avec eux sur leur manuel ouvert devant eux.

    [13] Si le niveau est très faible et que les enfants n’ont pas encore normalisé la tenue du crayon et les gestes pour le diriger, le maître aura tout intérêt à jumeler les groupes de GS et CP pour entamer rapidement la partie « Préparation systématique avant l’écriture » présentée dans le cahier d’écriture cité plus haut. 

    [14] S’il utilise Se repérer, Compter, Calculer en GS, Compter Calculer au CP et le fichier de mathématiques CE1 proposé sur ce blog, en ce premier jour, elle demandera aux élèves de placer un à un des objets devant ou derrière un petit personnage qu’ils auront posé face à eux sur leur table puis, elle leur donnera chiffres, sachets d’objets, configurations de dés et de doigts qu’ils rapprocheront selon les quantités représentées avant de jouer à Lucky Luke et à Ah ! J’ai perdu des doigts

    [15] Larges extraits de textes d’une bonne qualité littéraire afin de commencer l’initiation à la Littérature qui sera poursuivie au collège.

    [16] On peut aussi profiter de la récréation pour demander à l'ATSEM d'apporter dans la cour un plateau de gobelets et de pots à eau afin que les élèves puissent se servir lorsqu'ils en ressentent le besoin.

    [17] Sur mon chemin ; Passe, passe, passera ; La petite hirondelle ou même Prom'nons-nous dans les bois…

    [18]  Voir Pour une Maternelle du XXIe Siècle, chapitre XIII, L’enseignement du chant, et Chapitre IX, Trois sections ou un seul cycle ? – Apprendre à bien parler, p. 67.

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • V.2.C. De la Maternelle au CM2 (1)

    Mise en route

    C) Classe primaire accueillant des élèves de maternelle dans une classe élémentaire comprenant tous les niveaux :

    Dans ce type de structure, il est rare qu’il y ait plus de deux ou trois enfants dans chaque classe d’âge.  Il arrive même fréquemment qu’un ou deux niveaux ne soient pas pourvus et qu’ainsi le maître n’ait « plus que » sept ou huit niveaux au lieu de neuf ! Ce type de classe, réservé aux régions rurales très isolées[1], accueillaient jusqu'à ces dernières années le plus souvent tout au plus quinze à vingt enfants de deux à onze ans, parfois moins. Je ne peux hélas assurer que ce soit toujours le cas actuellement.

    Enfin, la plupart du temps, les services municipaux, diocésains ou associatifs ont eu à cœur de pourvoir à plein temps le poste d’ATSEM, permettant ainsi le bon déroulement de la scolarité des plus âgés sans risque de laisser les plus jeunes sans soins adaptés. Pour peu que la personne chargée de ce poste soit efficace et coopérante, l’année scolaire a toutes les chances de se dérouler dans d’excellentes conditions

    • Organisation de l’espace

    Actuellement, il est rare que l’organisme gestionnaire n’ait pas fait l’effort de fournir des locaux compatibles avec la scolarisation des plus jeunes (sanitaires à leur taille, douche, coin repos indépendant aménagé, mobilier adapté, salle de classe facile à entretenir et à chauffer et pourvue d’un point d’eau,).

    Il est parfois plus difficile d’avoir accès à une salle de motricité attenante mais on peut souvent profiter de la salle de cantine, d’une salle de réunion municipale ou de la salle des fêtes pour organiser les temps quotidiens d’éducation motrice.

    Plus jeunes sont les enfants et plus ils ont besoin d’un espace sécurisant et taillé à la mesure de leurs intérêts. C’est donc en pensant en priorité aux plus petits que le maître aménage l’espace de sa classe. Cette organisation est la clé du calme indispensable aux apprentissages des uns sans empêcher toutefois les autres de satisfaire leur besoin de mouvement, d’expression et de jeu.

    Le coin de regroupement constitue le pôle central de la classe, près d’un tableau d’affichage à hauteur d’enfant. Le tout est complété par une bibliothèque équipée de rayonnages, de bacs, de fauteuils et d’une table de lecture. Le maître a installé une table ovale à six places près des étagères à matériel destiné à l’exercice de l’expérimentation et de la créativité plastique[2]. Une piste graphique pouvant servir de grand chevalet de peinture occupe 3 à 4 mètres de longueur de mur, sur une hauteur d’un mètre environ.

    D’autres tables, individuelles ou collectives, sont placées près des placards ou sous des étagères contenant le matériel de jeux sensoriels.

    Pour les élèves de la GS au CM2, un coin d’écriture-lecture a été aménagé, isolé du coin d’activités en autonomie. Les plus jeunes de ces élèves (GS, CP et CE1) assis à une table feront face à un grand tableau destiné aussi bien à l’affichage qu’à l’écriture à la main. Les plus âgés (CE2 et CM) pourront être placés perpendiculairement au tableau d’écriture.

    Enfin un espace au sol dégagé est prévu pour que les plus jeunes enfants puissent y disposer du matériel de grande taille ; le maître l’a placé loin du coin travail des élèves d’élémentaire de manière à ce que leurs apprentissages ne soit pas perturbé par l’agitation qui peut y régner. Ce coin est réservé aux jeux d’imitation et de construction[3]. Le matériel y est exposé dans des étagères à claire voie afin que les élèves puissent choisir ensemble celui qu’ils sélectionneront chaque jour pour aménager l’espace de jeu à leur convenance. Ce coin peut se trouver dans une salle attenante si l’école en possède une et que la classe est dotée d’une ATSEM à plein temps.

    Pour l’organisation et l’utilisation de ces différents espaces (jeux d’imitation, activités motrices fines, jeux sensoriels et mathématiques), on se reportera aux chapitres II.2.A et II.2.B ou à l’ouvrage Pour une maternelle du XXIe siècle[4].

    • Emploi du temps

    L’enseignant établit un emploi du temps journalier simple[5], alternant les périodes d’activités selon un rythme immuable.

    La cohésion du groupe reste son premier objectif, mais l’écart d’âge entre les plus jeunes et les plus âgés impose de moduler le temps de chacun de manière différenciée. Si c’est encore par des moments collectifs qu’il choisit de débuter chaque demi-journée, il doit pouvoir néanmoins éclater assez rapidement le groupe en deux et même trois groupes afin de répondre aux besoins de chacun.

    Sachant que les plus jeunes seront moins disponibles l’après-midi, ce sont eux qu’il gardera près de lui après les quelques minutes d’accueil collectif : les élèves d’Élémentaire, accompagnés plus tard dans l’année par ceux de Grande Section, seront envoyés à leur place, munis d’un travail écrit simple[6] qu’ils peuvent réaliser en autonomie, sous l’encadrement de l’ATSEM, si cette personne est disponible.

    L’emploi du temps choisi tient compte de la fatigabilité des enfants et prévoit pour chacun des moments de la journée une durée et des objectifs compatibles avec les rythmes circadiens des futurs élèves. Ainsi, les activités d’écriture, de lecture et de mathématiques des aînés, dans ce qu’elles ont de plus exigeant intellectuellement sont placées en cours de matinée, alors que leur partie ludique et créative, ou au contraire répétitive et même routinière, est intégrée aux activités de l’après-midi.

    Il choisit de ne jamais excéder 20 à 30 minutes consécutives sur la même activité[7].

    Ses élèves de Petite et Moyenne Sections ayant encore besoin d’exercer leurs capacités de manière globale afin de ne pas freiner leur développement en étoile, alors que ceux de Grande Section et d’Élémentaire sont entrés dans une phase nécessitant plus de structuration, il a prévu que les activités structurées des plus âgés se déroulent en parallèle de celles de temps libre en autonomie des plus petits.

    Néanmoins il fait en sorte que les élèves de CP, CE1 et à plus forte raison de Grande Section, aient à plusieurs reprises dans la journée l’occasion de s’extraire du groupe pour mener un projet personnel ponctuel[8]. Cependant il place ces plages horaires de manière à ce qu’elles puissent se réduire progressivement en cours d’année jusqu’à céder leur place à des moments collectifs structurés par des projets communs de moins en moins ponctuels en toute fin d’année.

    • Progression

    Si les plus jeunes de la classe en sont encore aux progressions individuelles en étoile[9] qu’on ne peut pas mettre en cases, le maître souhaite que les plus âgés, qui ont désormais suffisamment aménagé leur personnalité, trouvent dans leur classe les moyens et l’envie de structurer leurs apprentissages pour les rendre plus efficaces.

    De manière à ce que les enfants de Grande Section comme d’Élémentaire découvrent ou confortent leur connaissance de ce monde des apprentissages structurés, il a prévu une progression linéaire, étalée, selon le profil de sa classe, sur cinq ou six années scolaires, afin que le passage se fasse en douceur, sans à-coups brutaux déstabilisants pour l’enfant.

    Il a ainsi pu préparer sa première progression d’étape. Elle représente environ le premier cinquième du programme d’acquisitions[10] qu’il souhaite faire partager aux enfants de chacun des niveaux dans tous les domaines d’enseignement au cours de l’année scolaire. Il la suivra jusqu’à la première période de vacances scolaires, en s’adaptant toutefois au rythme de ses élèves, l’accélérant ou la ralentissant au besoin s’il en découvre la nécessité. 

    Pour tous les moments communs à deux, trois, quatre, cinq ou six sections, il n’a établi qu’une progression, se réservant la charge d’en demander plus aux plus capables et aux plus âgés et un peu moins, mais plus concentré, aux plus démunis qui seront sans doute souvent aussi les plus jeunes.

    Pour se simplifier la vie et pouvoir consacrer son temps à suivre réellement ses élèves, il a choisi de s’entourer d’outils et de méthodes simples plutôt que de passer énormément de temps à préparer sa classe et à créer ses outils. Il a ainsi adopté des méthodes d’écriture-lecture et de mathématiques proposant une progression journalière linéaire pour chacun des six niveaux[11].

    Pour l’ensemble des autres matières, son critère de sélection principal a été le bon sens et la connaissance des capacités attentionnelles, inductives et déductives de l’enfant de deux à onze ans ainsi que son goût du jeu, de la récompense immédiate par la réussite rapide et l’atteinte d’objectifs simples et progressifs.

    Les élèves des petites classes qui le souhaiteront pourront, toujours en auditeurs libres, suivre tout ou partie d’une séance destinée à leurs camarades plus âgés. Le maître sait qu’ils se sentiront valorisés de jouer avec les grands mais il a bien conscience qu’à part exception, ils resteront au stade du jeu, se préparant à comprendre certaines notions mais incapables de suivre la progression.

    Son but n’est pas de les pousser à grandir de façon désordonnée en privilégiant l’acquisition de l’écrit au détriment des apprentissages moteurs et sensoriels mais de permettre aux plus grands de profiter des derniers apprentissages moteurs et sensoriels pour jeter les premiers jalons de l’apprentissage de l’écrit.

    • Rôle de l’ATSEM

    Dans ce type de classe, l’ATSEM est énormément sollicitée. Sa présence toute la journée est pour ainsi dire indispensable ; le maître n’hésitera pas à le répéter à l’organisme gestionnaire chargé de son recrutement et de sa rémunération.

    Après consultation du conseil des maîtres et de la charte des ATSEM décidée par l'organisme gestionnaire[12]  de l’école, le maître dialogue avec la personne qui travaillera sous sa responsabilité. Il la met au courant des habitudes d’autonomie qu’il compte mettre en place. Il lui lit et commente l’emploi du temps et lui explique clairement ce qu’il attend d’elle à chaque moment :

    - aide matérielle aux élèves de manière à ce qu’ils apprennent progressivement à se passer de l’adulte et apprentissage des gestes d'hygiène et de vie pratique[13] 

    - aide à l’encadrement du groupe lors des moments collectifs et apprentissage des gestes techniques[14] 

    - lorsque le groupe-classe est scindé en trois ou quatre (PS/MS[/GS] + [GS/]CP/CE1 + CE2/CM - PS/MS + GS/ CP + CP/CE1 + CE2/CM),  encadrement d’un groupe selon un cahier des charges établi à l’avance

    - préparation des matériaux à utiliser pour les ateliers d’expression plastique ; préparation des documents ou objets utiles à l’affichage ou à l’exposition au coin de regroupement[15] ; photocopie d’exercices écrits à destination des plus grands

    - installation du matériel de jeux sensoriels et d’imitation accessible aux enfants

    - rangement et nettoyage de tout ce qui a été manipulé, utilisé lors de la journée de classe 

    - classement des travaux d’élèves ; reliure ou collage dans un cahier communiqué aux familles

    Annexes :

    Télécharger « EDT MatElém.pdf »

    Télécharger « Plan F - MSGSCPCE1 ou Classe maternelle + CP + CE + CM.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquistions GS.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CP.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE1.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE2.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel GSCP.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel 2 ou 3 niv. élém. sans CP.pdf »

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente : V. 1. Cinq niveaux et plusV.2.C. De la Maternelle au CM2 (1) ;  V.2.C. De la Maternelle au CM2 (2)

    Notes :

    [1] Hautes et moyennes montagnes, îles, régions très dépeuplées, ...

    [2] Dites aussi « Arts plastiques » ou encore « Productions plastiques et visuelles ».

    [3] Voir liste dans les chapitres consacrés aux classes accueillant des élèves de maternelle. Penser à un jeu de « marchande » qui permettra, dès les premiers jours de classe, d’entraîner les élèves de CE, CP et GS au comptage et au calcul.

    [4] Me contacter pour un envoi sans frais de port.

    [5] Voir suggestion d’emploi du temps en Annexe II.

    [6] En début d’année : phonologie, repérage de lettres et classements au CP ; geste d’écriture et copie au CE1 ; exercices de révision et d’entraînement au CE2 et au CM.

    [7] Le faible nombre d’élèves par niveaux le permet sans perte d’efficacité, bien au contraire, même pour les plus âgés. S’il souhaite une plage plus longue pour les activités de découverte de l’après-midi (Questionner le Monde, Arts Plastiques, Expression corporelle), il peut choisir de jumeler deux séances successives et de n’y pratiquer qu’un seul des trois domaines en respectant les temps hebdomadaires imposés par les programmes des Cycles 2 et 3 (Arts plastiques : 1 h ; Éducation Physique et Sportive : 3 h ; Questionner le Monde : 2 h 30 en C2 / 4 h 30 en C3).

    [8] Jeu d’imitation ou de construction, jeu sensoriel ou mathématique, dessin libre, modelage, découpage/collage, etc.

    [9] L’image de la boule de neige peut aussi être utilisée pour expliquer comment se constitue naturellement, sans ordre préétabli, l’agrégat de savoirs, habiletés et capacités d’un enfant de moins de cinq à six ans. 

    [10] Voir Annexe IV.

    [11] Je conseille :

    • pour la GS De l’écoute des sons à la lecture et Se repérer, compter, calculer en GS, toutes deux publiés par Grip Éditions, Mes cahiers d'écriture CP (Laurence Pierson, MDI)
    • pour le CP Écrire et Lire au CP (Grip éditions) ou Bien lire et Aimer lire (ESF) ; Compter, calculer au CP (Grip éditions) ; Mes cahiers d'écriture, CP ou CP-CE1 (Laurence Pierson, MDI)
    • Pour le CE1 : Lecture et expression au CE (C. Huby) ; Fichiers : Étude de la langue CE1 et Mathématiques CE1 (C. Huby).
    • Pour tout le cycle 2 : Questionner le Monde, Cycle 2 (C. Huby)
    • CM1 et 2 : Vous trouverez sur Bienvenue chez les P’tits, le blog que j’anime, des fichiers ou manuels de mathématiques et d’étude de la langue pour chacun de ces niveaux, ainsi que des leçons de choses à dominante scientifique et technique.

    [12]  La réclamer si elle n’existe pas. Souvent, dans les petites communes, on suggère de fonctionner « au feeling ». C’est parfait tant que tout se passe bien mais peut poser de très graves problèmes si l’ambiance se dégrade.

    [13] Se déshabiller, suspendre des vêtements, s'habiller, se boutonner, remonter une fermeture à glissière, nouer une écharpe, des lacets, attacher une boucle de ceinture ou de sandale, etc. 

    [14] Distribuer et ranger le matériel, trier les déchets, balayer, laver des pinceaux et une éponge, essuyer une table, remplir un pot de colle ou de peinture, …

    [15] Découpage, mise en page, plastification, réalisation de panneaux destinés à l’affichage…

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

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  • V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (3)

    Maternelle - CP - CE 

    (3e partie)

    Premier jour de classe 

    Après-midi

    1) PS/(MS) : Déshabillage, toilettes, coucher
       (MS)/GS : Jeux calmes, Geste d’écriture
       CP/CE : Mathématiques

    L’accueil a lieu dans la cour. À l’heure de l’entrée en classe, après la désormais traditionnelle vie pratique dans le vestiaire et un passage éventuel des plus grands par la salle de propreté, l’ATSEM prend en charge le groupe des plus jeunes qu’elle emmène au dortoir où ils dormiront aussi longtemps qu’ils en ont besoin.

    Les plus grands de maternelle, élèves de Grande Section pour la plupart, sont associés aux élèves d’Élémentaire pour une première partie commune. Après quelques exercices de « Gym des doigts » auxquels tous participent, ils passent à la partie collective de la séance de mathématiques des plus grands.
    Les exercices de manipulation sur les quantités peuvent déjà les intéresser et, si le maître n’exige aucun « niveau » de leur part, ils leur permettront d’exercer leurs fonctions exécutives tout en leur présentant des connaissances restant au stade intuitif.

    Lorsque les plus âgés passent aux exercices écrits de leurs fichiers, le maître invite les plus jeunes à reprendre avec lui les exercices préparatoires au geste d’écriture : cette fois, c’est la tenue du crayon qui sera abordée, tranquillement et sans précipitation. Une fois le crayon bien en main, les élèves de Grande Section l’utiliseront pour colorier ou barrer les seaux de leur fiche de travail avant d’aller s’installer dans le coin d’activités libres pour y pratiquer des activités individuelles en autonomie.

    La fin de la séance de mathématiques se déroule dans le calme ; les enfants font corriger leur travail au fur et à mesure, le maître apporte de l’aide, réexplique et finalement valide le travail de chacun. Les plus rapides rejoignent rapidement le coin d’activités libres, après avoir rangé dans leur cartable le matériel nécessaire aux révisions à mener en famille après l’école.

    2) Questionner le monde

    Une fois ces travaux finis, tables et cartables rangés, le maître installe ses élèves tous ensemble au coin regroupement et affiche au tableau la grande image de leur fichier Questionner le monde. Chacun s’exprime librement avant que les plus grands répondent aux questions de leur livre.

    La séance continue; dans la salle de classe et dans la cour, tous les enfants participent aux exercices d’expérimentation proposés dans le manuel. Les ballons de baudruche gonflés donnent lieu à la première séance d’expression corporelle de l’année, dans la classe, sous le préau ou, pour les chanceux, dans la salle de motricité attenante.

    3) Expression corporelle

    Après une première écoute du morceau choisi[1], les enfants sont invités à danser avec leur ballon en suivant la musique. Si certains petits sont déjà éveillés, l’ATSEM les envoie au maître qui leur donne à eux aussi un ballon de baudruche gonflé et les laisse jouer librement avec.

    Afin que les élèves apprennent à « donner à voir » leurs recherches à d’autres, une deuxième écoute suivie d’une prestation par les deux demi-classes l'une après l'autre clôt la séance. Puis, après quelques instants de retour au calme, la classe sort en récréation.

    4) Récréation

    Voir Matinée.

    5) Maternelle/CP : Écoute, expression orale
        CE : Lecture

    De retour en classe, le maître installe ses plus jeunes élèves autour de lui, face aux élèves de CE1 et CE2 auxquels il confie la parole.

    Afin de pouvoir concentrer les activités de manière à donner à chacun sa place, il a choisi, s'il y a lieu, un texte commun aux deux niveaux. Ce texte démarre par quelques phrases courtes aux mots simples et faciles à déchiffrer et se prolonge par des paragraphes un peu plus longs et plus fouillés destinés à la lecture des plus âgés.

    En préparant cette lecture, pour que les plus petits puissent suivre l’intrigue qui va se dérouler à l’oral, il s’est muni de petits personnages et d’objets avec lesquels il va pouvoir illustrer visuellement les propos des aînés[2].

    Chaque élève de CE lit à son tour. Si la lecture est par trop hésitante, le maître note mentalement les difficultés constatées et reprend lui-même la phrase lue avant d’en faire commenter le propos par les enfants, en commençant par les plus jeunes. Il n’a pas prévu de questionnaire auquel un seul enfant répondrait par oui ou non mais se saisit des propos de chacun pour enrichir le « débat » qui naît entre eux[3].

    6) Musique : comptines, phonologie et jeux d’écoute

    La première journée de classe se termine sur un exercice commun de musique.

    À l’apprentissage d’une comptine aux nombreuses allitérations en a  et ch, succèdent des exercices d’écoute qui déboucheront plus tard sur l’écoute des sons de la voix humaine. Pour le moment, ils cherchent juste à apprendre aux plus jeunes à découvrir l’attention qu’ils peuvent porter aux sons qu’ils perçoivent.
    Le maître se cache derrière un paravent pour jouer d’un instrument à percussion que les élèves doivent reconnaître[4]. Puis il distribue ces instruments aux enfants et propose le jeu inverse : joueront le rythme de la comptine ceux des élèves dont la photo de l’instrument sera affichée au tableau. La comptine est courte, les instruments peu nombreux, tout le monde répète l’exercice, parfois chanteur, parfois instrumentiste, pendant que les premiers parents viennent récupérer les plus jeunes.

    La première journée de classe se termine

    Premières semaines

    Les jours suivants, comme la même organisation est adoptée, les enfants de chacun des niveaux prennent l’habitude de s’organiser en fonction d’une succession immuable d’activités. Peu à peu l’entraide entre élèves d’un même niveau comme entre enfants d’un même groupe s’installe.
    Le groupe-classe est encore en cours de formation mais déjà, au cours des activités collectives, le maître remarque que les plus petits s’inspirent des plus grands pendant que ces derniers prennent l’habitude d’être les « personnes-ressources » de la classe.

    Le rythme de travail, un peu lent les premiers jours, s’accélère et, les nombreuses reprises aidant, devient de plus efficace. Chaque jour apportant son lot de remarques concernant le mode de fonctionnement de chacun de ses élèves (et de chacun de ses groupes), le maître affine son approche des activités de façon à apporter à chacun selon ses besoins :

    • s’il remarque des difficultés de prononciation chez certains enfants, ce sont celles-ci qui seront travaillées au cours du travail vocal quotidien de fin d’après-midi ;
    • de même, s’il remarque que certains élèves de CP ont encore de la peine à distinguer des figures ou lettres orientées vers la droite ou vers la gauche, il fera de la symétrie axiale le thème de ses deux séances d’arts plastiques hebdomadaires et inscrira le travail sur la droite et la gauche dans chacune des deux séances quotidiennes d’éducation physique et sportive...
    • s'il s'aperçoit que certains élèves de CE ont un niveau de déchiffrage trop insuffisant pour suivre le manuel de CE pour le moment, il met en place un « plan d'urgence » biquotidien à base de courtes leçons de 5 à 10 minutes de lecture alphabétique en reprenant à la première page le manuel Bien Lire et Aimer Lire (ESF éditeur) utilisé à profit par les orthophonistes.

    Ainsi, peu à peu, en laissant du temps au temps, il organise son année scolaire sachant que chacun, du plus jeune au plus âgé, progressera plus facilement s’il se sent appuyé dans sa démarche d’appropriation des savoirs par le groupe tout entier.

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente : V. 1. Cinq niveaux et plusV.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (1) ;  V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (2)V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (3)

    Notes :

    [1] Pourquoi pas un extrait du Prélude de Lohengrin de Wagner, comme dans le film de Charlie Chaplin, Le Dictateur, lorsque ce dernier danse avec le globe terrestre ?

    [2] Sur le principe des « tapis de lecture » qui se développent actuellement en Maternelle.

    [3] Voir Pierre Péroz : Apprentissage du langage à l'école maternelle. Pour une pédagogie de l'écoute. (http://www.cndp.fr/crdp-reims/ressources/conferences/peroz/peroz.htm)

    [4] Voir Séances 1 et 2 du Chapitre A (Les suites de sons) dans De l’écoute des sons à la lecture.

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  • V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (2)

    Maternelle - CP - CE 

    (2e partie)

    Premier jour de classe 

    Matinée

    0) Accueil des familles

    Le jour de la rentrée, dès l’accueil, qui aura lieu exceptionnellement[1] dans la classe, le maître présente aux parents le lieu où évolueront leurs enfants : 

    ♦ L'organisation spatiale lui permet d’expliquer brièvement le rôle central du groupe de pairs dans la pédagogie qu’il compte adopter.
    ♦ Le matériel prêt à l’emploi l’aide à mettre en avant l’autonomie qu’il se propose de leur faire acquérir. L’exposé rapide de l’emploi du temps les rassure quant à la nécessaire différenciation qu’il établira entre les enfants, non seulement en fonction de leur âge mais aussi en fonction de leurs besoins personnels.

    Enfin, il leur explique qu’il sera toujours prêt à les recevoir mais que, le temps étant compté, il préfère que ces relations aient lieu en dehors du temps scolaire qu’il compte réserver en entier à leurs enfants.
    Il leur explique que, dès l’après-midi, l’accueil de chaque demi-journée aura lieu dans la cour, le préau ou la salle polyvalente où les enfants seront occupés à jouer librement, ce qui lui permettra d’échanger quelques mots avec les familles qui le souhaitent, tout en surveillant du coin de l’œil que tout ce petit monde évolue dans le calme et la convivialité. Il conclut son propos en distribuant une courte notice qui rappelle ces quelques informations et propose la date de la réunion de rentrée[2].

    1) Déshabillage, entrée en classe

    Cette séquence d’enseignement n’aura pas lieu en ce premier jour. Dès le lendemain matin, lorsque l’accueil se déroulera dans la cour, avec l’aide de ses élèves les plus grands et de l’ATSEM, il fera de cette activité toute simple la première initiation des enfants aux règles de la vie en collectivité :

    ♦ regroupement en rang par deux ou trois ;
    ♦ déplacement fluide et calme de la cour au vestiaire ;
    ♦ rangement (sacs, vêtements et éventuellement chaussures) dans les espaces dédiés[3], signalés par des étiquettes[4] ;
    ♦ assistance aux cadets par les aînés ;
    ♦ contrôle inhibiteur : éducation sensorielle au bruit ; maîtrise de sa motricité.

    Pour que les aînés puissent aider leurs cadets, il est pratique de ne pas regrouper par âges les patères des enfants mais, au contraire, de faire en sorte que les âges soient mélangés et que des élèves de CE, CP, GS et bientôt MS encadrent les emplacements réservés à un ou deux élèves de TPS-PS.

    2) Langage : Bonjour ; appel ; date

    C’est ici que débute cette première journée d’école, au coin de regroupement où les élèves se sont installés dès le départ des familles.

    Le moment de langage est forcément écourté par l’accueil fait à celles-ci. Par ailleurs, les plus jeunes, souvent impressionnés par la nouveauté des lieux, n’auront pas forcément beaucoup de choses à dire.

    S'il est nouveau dans l'école, le maître se borne donc à demander à chaque élève de se présenter brièvement[5], se chargeant lui-même de renseigner les « anciens » sur le nom, l'âge et les liens familiaux, fréquents dans ce type de classe, des plus petits. Il note mentalement les éventuelles difficultés de prononciation ainsi que les élèves qui lui donnent l’impression d’un besoin d’encadrement précis[6].
    Cette première approche va lui permettre d’ajuster et d’anticiper la teneur des échanges qu’il aura avec son groupe-classe lors des premières semaines. Après une très courte présentation personnelle où il se contente de dire aux enfants la façon dont il entend être appelé[7], s’il reste une ou deux minutes, il finit le regroupement par la présentation visuelle d’un objet[8] « dont nous parlerons bientôt tous ensemble » …

    En cas de reprise après les vacances d'un groupe déjà constitué, ce temps de dialogue sera moins contraint et, après une présentation des plus jeunes, la classe pourra entrer de plain-pied dans l'année scolaire qui s'ouvre devant elle par quelques souvenirs égrenés ou une première observation collective des nouveautés de cette rentrée.

    3) Maternelle : Langage oral
    CP/CE : Exercices en autonomie

    Le lendemain, il consacrera les premières minutes en groupe à l’écriture de la date, que les élèves de CE iront ensuite recopier sur leur cahier avant d’y commencer leur travail du jour, que ce dernier soit inscrit sur le tableau placé devant eux ou proposé dans une pochette selon le principe des plans de travail.

    Puis ce sera le moment de l’« appel » des enfants grâce à un jeu d’étiquettes portant leurs prénoms en script[9] que les élèves de GS et CP distribueront avec son aide. Après cette activité, il enverra « les CP » rejoindre leurs camarades de CE pour qu’ils réalisent eux aussi un travail écrit d’écriture-lecture, sous la surveillance de l’ATSEM à qui il aura préalablement expliqué son rôle.

    Pendant ce temps, il échangera avec ses élèves les plus jeunes, le plus souvent autour d’un objet ou d’une image pour fédérer l’intérêt de tous et donner matière à un dialogue commun[10]. Cet échange obéira dès le début aux règles d’un débat collectif :

    ♦ prises de parole échelonnées, en commençant par les plus jeunes,
    ♦ écoute active de l’émetteur,
    ♦ essais de réponses,
    ♦ contrôle inhibiteur, au moins pour les plus âgés.

    4) Maternelle : Passage aux toilettes + Dessin libre 
    CP/CE : EDL

    Pour ne pas laisser les plus grands tout seuls, le maître ne peut accompagner l’ATSEM dans la salle de propreté. Si l’effectif des petits est trop important, il fera en sorte de venir l’aider néanmoins en prolongeant le travail écrit des aînés quelques minutes encore .

    L’ATSEM pourra aussi, dès que ceux-ci en auront compris le principe, laisser les élèves de CP et CE seuls sur leurs exercices et prendre les enfants pendant la séance de langage, par petits groupes de deux à quatre enfants chacun, pour leur permettre d’aller aux toilettes, se laver les mains et boire.

    Le travail des élèves d’élémentaire est corrigé immédiatement, en individuel ou deux par deux, et rangé jusqu’au lendemain. 

    De retour de la salle de propreté, l’ATSEM et le maître installe les enfants de maternelle aux tables d’activités, en groupe hétérogène. Ils montrent aux plus grands comment distribuer les cahiers de dessins[11] ouverts à la première page et les crayons gras de diamètre compatible à une préhension entre le pouce et le majeur à leur tablée. L’ATSEM reste avec le groupe, dialoguant avec les enfants, les aidant à tenir leur crayon, faisant régner un calme relatif (voix basse, position assise variant d’une ou deux minutes pour les plus jeunes à une dizaine pour les plus âgés). Lorsqu’un enfant a fini son dessin, elle lui montre où poser son cahier et l’aide à choisir l’espace où il pourra désormais aller jouer.

    Pendant ce temps, pas à pas, le maître entraîne son petit groupe d’élèves d’élémentaire vers l’analyse de la première notion de grammaire qu’il compte leur faire aborder. Ce qui sera apprentissage grammatical pour les plus âgés sera analyse du langage oral, découverte du principe alphabétique ou même tout simplement vocabulaire pour ceux du Cours Préparatoire. La notion découverte par les élèves eux-mêmes est alors travaillée à l’oral et au tableau, pour tous. Seul le niveau des questions et des attentes distinguera les plus âgés des plus jeunes.

    5) TPS-PS/MS/GS : Jeux sensoriels, d’imitation et d’expérimentation plastique
    CP : Lecture – Dictée – Écriture
    CE : Travail programmé de français – Dictée

    Lorsque la leçon collective est finie, les élèves de CE entament la deuxième partie de leur travail programmé de français alors que le maître garde près de lui ses élèves de CP.

    La première leçon du manuel est reproduite au tableau et c’est ensemble, à petits pas, qu’ils vont l’explorer et l’étudier. Le groupe étant peu nombreux, chacun est forcément partie prenante et l’attention, encore très dispersée après deux mois d’interruption, est sollicitée brièvement par des tâches courtes et immédiatement gratifiantes car porteuses d’un savoir supplémentaire. C’est par la dictée des principales acquisitions, conçue de façon à ce que les élèves les écrivent seuls sur l’ardoise ou les montrent grâce à des étiquettes, qu’il finit la leçon de lecture du jour.

    Il ne lui reste plus qu’à indiquer le travail d’écriture, différent selon l’avancement pris dans l’enseignement de ce domaine pendant l’année de Grande Section, qu’il finit ce moment consacré exclusivement aux enfants de CP[12].

    Ceux-ci finiront leurs exercices seuls, ou sous la houlette de l’ATSEM qui surveillera la bonne acquisition des gestes appris, puis iront rejoindre librement leurs camarades de maternelle qui, depuis un moment déjà, s’activent dans les coins de jeux et d’expression, surveillés par l’ATSEM qui veille à ce que les élèves de Maternelle en activité libre adoptent des comportements d’autonomie compatibles avec la vie d’un groupe d’individus d’une vingtaine de personnes dans un espace clos.

    Elle rappelle les règles, encourage les plus timides en jouant au besoin avec eux, freine au contraire les plus remuants et leur trouve une activité calme pour les canaliser un moment. Le maître garde un œil sur tout cela et prend en main la situation si des difficultés interviennent.

    Le maître s’approche alors du groupe des élèves de CE afin de leur proposer, après avoir rapidement corrigé leurs exercices écrits, la première dictée de l’année. Comme c’est une dictée d’apprentissage, pas question de noter autre chose que le taux de réussite à l’exercice du jour ; ce taux ne sera même pas gardé en mémoire et n’entrera dans aucune moyenne, qu'elle soit hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle ou annuelle.

    Cette dictée peut d’ailleurs même être corrigée en direct, segment par segment, selon les difficultés constatées par le maître en regardant par-dessus l’épaule de son petit groupe d’élèves.

    Enfin, comme nous sommes en début d’année, il a choisi un « matériau » simple visant à encourager plutôt qu’à décourager tout ou partie des enfants :

    ♦ lettres et syllabes pour un CE1 très faible ;
    ♦ syllabes et mots simples pour un CE1 moyen ou un CE2 très faible ;
    ♦ courte phrase sans marques d'accords grammaticaux inaudibles pour un CE1 fort ou un CE2 faible ;
    ♦ deux ou trois phrases dont les idées s’enchaînent, seulement s’il sait avoir à faire à un excellent CE2.  

    Dans le cas d’une classe recevant à la fois des CE1 et des CE2, comme il va devoir jongler entre deux dictées, il a regroupé ses élèves de CE dans le même secteur. Il fait en sorte de rester bref et très précis dans ses demandes afin d’apprendre aux élèves à se concentrer sur leur travail pendant qu’il dicte un nouveau segment à l’autre groupe.

    L’effectif de chaque groupe étant peu important, le maître peut, simplement en circulant entre les tables, provoquer la discussion au sujet d’une difficulté, aider un élève à rectifier directement une erreur, demander à un autre d’épeler.

    Enfin, pour gagner en efficacité et en durée, c’est « en direct » que la correction est écrite au tableau, évitant ainsi la perte de temps d’une correction collective différée que bien souvent personne n’écoute.

    6) TPS-PS/MS/GS : Dictée à l’adulte – jeux sensoriels, d’imitation et d’expérimentation plastique
    GS/CP : Jeux Mathématiques
    CE : Travail programmé de mathématiques

    C’est au cours de ce moment, très libre pour le moment, que les élèves de GS et de CP pourront pratiquer des jeux de manipulation visant à renforcer leurs connaissances mathématiques (comptage, calcul, géométrie, mesures et résolution de problèmes). En ce premier jour, ils en sont encore au stade de la découverte et le simple rangement des ateliers après activité, ainsi que les déplacements en rang joueront le rôle d’activités mathématiques inscrites dans la progression linéaire. Le maître peut aussi demander à l’ATSEM, si elle est disponible, de mener avec les élèves de ce groupe des manipulations sur table prévues à l’avance[13].

    Les élèves de CE quant à eux rangeront leur travail de français après correction et entameront celui de mathématiques par quelques exercices préparatoires simples qu’ils pourront mener seuls (frise géométrique ; préparation de compendium de calcul pour chaque membre du groupe ; utilisation des outils pour une reproduction sur quadrillage, un paiement en monnaie factice, ... ).

    Le maître, installé au milieu des enfants de maternelle, prend la pile des cahiers de dessins et appelle ses « petits » un par un en commençant par ceux de Grande Section. Il les encourage à décrire leur dessin et, pour les plus grands, à résumer par une phrase la situation illustrée. Il laisse les plus petits évoluer à leur rythme et évoquer ce qui leur passe par la tête en montrant leurs premières traces, s’extasiant sur la moindre marque d’intention, même fugitive, de représenter quelque chose... S’il lui reste un peu de temps, il se rapproche du groupe des élèves de CE et leur propose son appui.

    7) Rangements – Observations

    Le dernier moment avant la récréation va être employé à remettre la classe en état et à observer, tous ensemble, si tout est revenu à sa place. Le maître profite de ce moment pour afficher solennellement aux murs les premières œuvres des enfants, dessins et peintures, et pour placer sur la table d’observation les premières réalisations plastiques. Les plus grands ne sont pas oubliés et tous s’intéressent brièvement à l’avancement de leur travail.

    L’ATSEM emmène les plus petits aux toilettes pendant que le maître apprend aux aînés à faire leurs premières armes d'exercices de vie pratique en aidant leurs cadets à s'habiller et se boutonner seuls. Avant de sortir, il leur rappelle que ce moment de récréation pourra leur permettre de satisfaire à leurs besoins naturels sans perturber les activités du groupe.

    8) Récréation

    Le temps de récréation, pendant lequel le maître est obligatoirement de service, peut permettre éventuellement à l'ATSEM de prendre sa pause ou d'effectuer quelques rangements ou préparatifs. On peut aussi décider qu'elle sera présente dans la cour et aidera à l'encadrement du groupe.

    En fin de récréation, après un temps de rangement des jeux et jouets et un passage aux toilettes, pendant lequel les élèves pourront boire[14], l'heure du regroupement autour des activités motrices sonne.

    9) Motricité large : jeux collectifs et individuels ; jeux de découverte mathématique

    Le maître peu habitué à la classe à cinq niveaux ou plus peut trouver très difficile la gestion d'une séance de motricité regroupant des quasi bébés avec de grands enfants déjà bien à l'aise dans leurs gestes. Il va en effet devoir ruser et permettre aux petits de progresser sans brider le développement des capacités physiques de leurs aînés.

    En plaçant la séance à la suite de la récréation, il peut bénéficier d'un temps double pendant lequel les enfants, toujours grâce à l'équipement matériel et l'organisation de l'espace, exerceront seuls ou par petits groupes leur motricité large. En prévoyant dans la cour des espaces à courir, à grimper, à escalader, à sauter, à exercer son équilibre, en l'équipant de vélos, tricycles, porteurs, ballons, cerceaux, échasses mais aussi planches, tasseaux, grandes pièces de toile, cartons de tailles variées, il n'aura qu’à suivre les plus habiles de ses élèves et à encourager les moins à l'aise à essayer.

    Ce n'est que lorsque l'ennui commencera à se faire sentir qu'il regroupera tout ou partie de son effectif près de lui pour l'exercice d'un geste, l'exploration d'un matériel, l'organisation d'une ronde, d'une danse ou d'un jeu collectif.

    Ce matin, pour que les tout-petits nouveaux se sentent membres du groupe, c'est autour d'eux qu'il a décidé de faire tourner sa séance « sportive ». Et comme il doit fixer chez ses élèves de Grande Section les mots du vocabulaire spatial, chez ceux de Cours Préparatoire l’usage des nombres de 1 à 5 et chez ceux des deux Cours Élémentaires ceux des nombres de la première dizaine, les petits serviront de « repères ».

    ♦ Tout le monde se promène d'abord au son d'une comptine[15]. En entendant sonner une clochette, les élèves se figent et le maître annonce : « Tous autour de Pierre ! » ou « Tous en ligne devant Louna ! », etc.
    ♦ Puis on joue à se mettre par deux, par trois, par quatre et par cinq avec, dans chaque groupe, avec au moins un petit ou un moyen…
    ♦ Les élèves de CE sont alors invités à prévoir le nombre obtenu en rapprochant deux groupes, le nombre de pas à faire pour aller toucher tel élève, le nombre d’élèves à aller chercher ailleurs pour compléter à 10 tel groupe, etc.
    ♦ Enfin, on finit la séance en organisant une course autour de la cour, chronométré par un groupe qui compte, lentement, en suivant la pulsation donnée par le maître.

    10) Musique : chant – éducation rythmique et voix

    Après un deuxième épisode d’exercices de vie pratique dans le vestiaire, le maître entraîne ses élèves vers le coin de regroupement pour une activité destinée à souder le groupe de manière à lui donner la capacité d’agir et d’apprendre à plusieurs, en cohésion de plus en plus parfaite.

    La musique au sens large va aider tout ce petit monde à se sentir appartenir à une communauté dans laquelle tous se soutiennent et s’entraident.

    Les exercices[16] se succèdent rapidement ; cette séance étant inscrite à l'emploi du temps de chaque jour, les progrès viendront d'eux-mêmes, sans qu'il soit besoin de s'appesantir longuement : 

    ♦ rythmes frappés,
    ♦ éducation du souffle,
    ♦ travail de la voix,
    ♦ apprentissage d’une comptine ou d’un chant,
    ♦ écoute musicale en guise de retour au calme.

    Les parents qui récupèrent leurs enfants pour le repas de midi sont accueillis par l’ATSEM qui les convie à venir chercher leur enfant dans la classe en silence. Puis elle-même emmène les élèves restant à la cantine vers la structure dans laquelle ils iront prendre leur repas.

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente : V. 1. Cinq niveaux et plusV.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (1) ;  V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (2)V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (3)

    Notes :

    [1] Si possible… car nous savons que les résistances sont fortes, y compris chez nos collègues, et que les habitudes, vieilles pourtant seulement d’une vingtaine d’années, sont bien ancrées dans l’imaginaire collectif !

    [2] Au moins deux à trois semaines après la rentrée des classes pour que, déjà, quelques habitudes soient prises et que le contact soit réellement établi entre les enfants et le maître.

    [3] Patères surmontées d’une étagère, casiers au ras du sol pour les chaussures.

    [4] Prénom de l’enfant en cursive pour les enfants de GS à CE, dessin facilement identifiable pour les plus jeunes (animaux, fruits, véhicules, ...).

    [5] Prénom, nom de famille, âge, classe, personne qui viendra le chercher, présence ou non à la cantine et au périscolaire…

    [6] Élèves trop ou trop peu à l’aise, trop ou trop peu couverts, élèves très remuants ou au contraire complètement atones… 

    [7] Prénom, nom de famille, « titre », tutoiement, vouvoiement, tout cela est possible et sans aucun lien prédictif de respect ou d’irrespect envers son statut et sa personne.

    [8] Un objet rappelant les vacances et l’été ou au contraire un objet évoquant la rentrée des classes. Le tout est qu’il soit suffisamment intriguant pour susciter l’intérêt de tous.

    [9] Initiale en majuscules, puis minuscules : Nathan, Emma, Ilyes, Inès...

    [10] Voir Pour une Maternelle du XXIe Siècle, chapitre IX : Des images au langage, p. 64 à 68 et ANNEXE : Une journée dans la Classe des Petits, p. 69 à 74.

    [11] Simple recueil de feuilles A5 blanches reliées en un cahier de vingt à trente pages (selon la durée de la période de classe, de manière à pouvoir faire un dessin par jour sur les pages au recto).

    [12] Si le niveau est très faible et que les enfants n’ont pas encore normalisé la tenue du crayon et les gestes pour le diriger, le maître aura tout intérêt à jumeler les groupes de GS et CP pour entamer rapidement la partie « Préparation systématique avant l’écriture » présentée dans le cahier d’écriture cité plus haut.  

    [13] S’il utilise Se repérer, Compter, Calculer en GS et Compter Calculer au CP, en ce premier jour, l'ATSEM demandera aux élèves de placer un à un des objets devant ou derrière un petit personnage qu’ils auront posé face à eux sur leur table puis, elle leur donnera des cartes portant les chiffres 0 et 1, des mains où sont levées 0 ou 1 doigt, le dé du 1 et un dé blanc, des sachets vides ou contenant un seul élément qu’ils rapprocheront selon les quantités représentées avant de jouer à Pigeon Vole.  

    [14] On peut aussi profiter de la récréation pour demander à l'ATSEM d'apporter dans la cour un plateau de gobelets et de pots à eau afin que les élèves puissent se servir lorsqu'ils en ressentent le besoin.

    [15] Sur mon chemin ; Passe, passe, passera ; La petite hirondelle ou même Prom'nons-nous dans les bois…

    [16]  Voir Pour une Maternelle du XXIe Siècle, chapitre XIII, L’enseignement du chant, et Chapitre IX, Trois sections ou un seul cycle ? – Apprendre à bien parler, p. 67.

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • V.2.B. Mise en route - Mat. à CE2 (1)

    Mise en route

    B) Classe primaire accueillant des élèves de maternelle[1] dans une classe élémentaire à deux ou trois niveaux (CP – CE) :

    Dans ce type de structure, il est rare qu’il y ait plus de deux ou trois enfants dans chaque classe d’âge.  Il arrive même de temps en temps qu’un des niveaux ne soit pas pourvu et qu’ainsi le maître n’ait « plus que » six niveaux au lieu de sept !

    De plus, la plupart du temps, les services municipaux, diocésains ou associatifs ont généralement eu à cœur de pourvoir à plein temps le poste d’ATSEM, permettant ainsi le bon déroulement de la scolarité des plus âgés sans risque de laisser les plus jeunes sans soins adaptés. Pour peu que la personne chargée de ce poste soit efficace et coopérante, l’année scolaire a toutes les chances de se dérouler dans d’excellentes conditions.

    • Organisation de l’espace[2]

    Actuellement, il est rare que l’organisme gestionnaire n’ait pas fait l’effort de fournir des locaux compatibles avec la scolarisation des plus jeunes (sanitaires à leur taille, douche, coin repos indépendant aménagé, mobilier adapté, salle de classe facile à entretenir et à chauffer et pourvue d’un point d’eau,). Il est parfois plus difficile d’avoir accès à une salle de motricité attenante mais on peut souvent profiter de la salle de cantine, d’une salle de réunion municipale ou de la salle des fêtes pour organiser les temps quotidiens d’éducation motrice.

    Plus jeunes sont les enfants et plus ils ont besoin d’un espace sécurisant et taillé à la mesure de leurs intérêts. C’est donc en pensant en priorité aux plus petits que le maître aménage l’espace de sa classe. Cette organisation est la clé du calme indispensable aux apprentissages des uns sans empêcher toutefois les autres de satisfaire leur besoin de mouvement, d’expression et de jeu.

    Le coin de regroupement constitue le pôle central de la classe, près d’un tableau d’affichage à hauteur d’enfant. Le tout est complété par une bibliothèque équipée de rayonnages, de bacs, de fauteuils et d’une table de lecture. Le maître a installé une table ovale à six places près des étagères à matériel destiné à l’exercice de l’expérimentation et de la créativité plastique[3]. Une piste graphique pouvant servir de grand chevalet de peinture occupe 3 à 4 mètres de longueur de mur, sur une hauteur d’un mètre environ.

    D’autres tables, individuelles ou collectives, sont placées près des placards ou sous des étagères contenant le matériel de jeux sensoriels.

    Pour les élèves de GS, CP et CE, un coin d’écriture-lecture a été aménagé, isolé du coin d’activités en autonomie. Les plus jeunes de ces élèves (GS et CP) assis à une table feront face à un grand tableau destiné aussi bien à l’affichage qu’à l’écriture à la main. Les plus âgés (CE) pourront être placés perpendiculairement au tableau d’écriture.

    Enfin, dans le coin d'activités en autonomie, un espace au sol dégagé est prévu pour que les plus jeunes enfants puissent y disposer du matériel de grande taille ; le maître l’a placé loin du coin travail des élèves d’élémentaire de manière à ce que leurs apprentissages ne soit pas perturbé par l’agitation qui peut y régner. Ce coin est réservé aux jeux d’imitation et de construction[4], le matériel y est exposé dans des étagères à claire-voie afin que les élèves puissent choisir ensemble celui qu’ils sélectionneront chaque jour pour aménager l’espace de jeu à leur convenance ; ce coin peut se trouver dans une salle attenante si l’école en possède une et que la classe est dotée d’une ATSEM à plein temps.

    Pour l’organisation et l’utilisation de ces différents espaces (jeux d’imitation, activités motrices fines, jeux sensoriels et mathématiques), on se reportera aux chapitres II.2.A et II.2.B ou à l’ouvrage Pour une maternelle du XXIe siècle[5].

    • Emploi du temps

    L’enseignant établit un emploi du temps journalier simple[6], alternant les périodes d’activités selon un rythme immuable.

    La cohésion du groupe reste son premier objectif, mais l’écart d’âge entre les plus jeunes et les plus âgés impose de moduler le temps de chacun de manière différenciée. Si c’est encore par des moments collectifs qu’il choisit de débuter chaque demi-journée, il doit pouvoir néanmoins éclater assez rapidement le groupe afin de répondre aux besoins de chacun.

    Sachant que les plus jeunes seront moins disponibles l’après-midi, ce sont eux qu’il gardera près de lui après les quelques minutes d’accueil collectif : les élèves d’Élémentaire, accompagnés plus tard dans l’année par ceux de Grande Section, seront envoyés à leur place, munis d’un travail écrit simple[7] qu’ils peuvent réaliser en autonomie, sous l’encadrement de l’ATSEM, si cette personne est disponible.

    L’emploi du temps choisi tient compte de la fatigabilité des enfants et prévoit pour chacun des moments de la journée une durée et des objectifs compatibles avec les rythmes circadiens des futurs élèves. Ainsi, les activités d’écriture, de lecture et de mathématiques des aînés, dans ce qu’elles ont de plus exigeant intellectuellement sont placées en cours de matinée, alors que leur partie ludique et créative, ou au contraire répétitive et même routinière, est intégrée aux activités de l’après-midi.

    Il choisit de ne jamais excéder 20 à 30 minutes consécutives sur la même activité[8].

    Ses élèves de Petite et Moyenne Sections ayant encore besoin d’exercer leurs capacités de manière globale afin de ne pas freiner leur développement en étoile, alors que ceux de Grande Section et d’Élémentaire sont entrés dans une phase nécessitant plus de structuration, il a prévu que les activités structurées des plus âgés se déroulent en parallèle de celles de temps libre en autonomie des plus petits.

    Néanmoins il fait en sorte que les élèves d’Élémentaire et à plus forte raison de Grande Section, aient à plusieurs reprises dans la journée l’occasion de s’extraire du groupe pour mener un projet personnel ponctuel[9]. Cependant il place ces plages horaires de manière à ce qu’elles puissent se réduire progressivement en cours d’année jusqu’à céder leur place à des moments collectifs structurés par des projets communs de moins en moins ponctuels en toute fin d’année.

    • Progression

    Si les plus jeunes de la classe en sont encore aux progressions individuelles en étoile[10] qu’on ne peut pas mettre en cases, le maître souhaite que les plus âgés, qui ont désormais suffisamment aménagé leur personnalité, trouvent dans leur classe les moyens et l’envie de structurer leurs apprentissages pour les rendre plus efficaces.

    De manière à ce que les enfants de Grande Section comme d’Élémentaire découvrent ou confortent leur connaissance de ce monde des apprentissages structurés, il a prévu une progression linéaire, étalée, selon le profil de sa classe, sur trois ou quatre années scolaires (GS + CP + CE1 + [CE2 s'il y en a]), afin que le passage se fasse en douceur, sans à-coups brutaux déstabilisants pour l’enfant.

    Il a ainsi pu préparer sa première progression d’étape. Elle représente environ le premier cinquième du programme d’acquisitions[11] qu’il souhaite faire partager aux enfants de chacun des niveaux dans tous les domaines d’enseignement au cours de l’année scolaire. Il la suivra jusqu’à la première période de vacances scolaires, en s’adaptant toutefois au rythme de ses élèves, l’accélérant ou la ralentissant au besoin s’il en découvre la nécessité. 

    Pour tous les moments communs à deux, trois, quatre ou cinq sections, il n’a établi qu’une progression, se réservant la charge d’en demander plus aux plus capables et aux plus âgés et un peu moins, mais plus concentré, aux plus démunis qui seront sans doute souvent aussi les plus jeunes.

    Pour se simplifier la vie et pouvoir consacrer son temps à suivre réellement ses élèves, il a choisi de s’entourer d’outils et de méthodes simples plutôt que de passer énormément de temps à préparer sa classe et à créer ses outils. Il a ainsi adopté des méthodes d’écriture-lecture et de mathématiques proposant une progression journalière pour chacun des trois à quatre niveaux[12] à progression linéaire.

    Pour l’ensemble des autres matières, son critère de sélection principal a été le bon sens et la connaissance des capacités attentionnelles, inductives et déductives de l’enfant de deux à huit ou neuf ans ainsi que son goût du jeu, de la récompense immédiate par la réussite rapide et l’atteinte d’objectifs simples et progressifs.

    Les élèves des petites classes qui le souhaiteront pourront, toujours en auditeurs libres, suivre tout ou partie d’une séance destinée à leurs camarades plus âgés. Le maître sait qu’ils se sentiront valorisés de jouer avec les grands mais il a bien conscience qu’à part exception, ils resteront au stade du jeu, se préparant à comprendre certaines notions mais incapables de suivre la progression. Son but n’est pas de les pousser à grandir de façon désordonnée en privilégiant l’acquisition de l’écrit au détriment des apprentissages moteurs et sensoriels mais de permettre aux plus grands de profiter des derniers apprentissages moteurs et sensoriels pour jeter les premiers jalons de l’apprentissage de l’écrit.

    • Rôle de l’ATSEM

    Dans ce type de classe, l’ATSEM est énormément sollicitée. Sa présence toute la journée est pour ainsi dire indispensable ; le maître n’hésitera pas à le répéter à l’organisme gestionnaire chargé de son recrutement et de sa rémunération.

    Après consultation du conseil des maîtres et de la charte des ATSEM décidée par la commune de rattachement[13]  de l’école, le maître dialogue avec la personne qui travaillera sous sa responsabilité. Il la met au courant des habitudes d’autonomie qu’il compte mettre en place. Il lui lit et commente l’emploi du temps et lui explique clairement ce qu’il attend d’elle à chaque moment :

    - aide matérielle aux élèves de manière à ce qu’ils apprennent progressivement à se passer de l’adulte et apprentissage des gestes d'hygiène et de vie pratique[14] 

    - aide à l’encadrement du groupe lors des moments collectifs et apprentissage des gestes techniques[15] 

    - lorsque le groupe-classe est scindé en deux ou trois (PS/MS[/GS] + [GS/]CP/CE - PS/MS + GS/ CP + CP/CE),  encadrement d’un groupe selon un cahier des charges établi à l’avance

    - préparation des matériaux à utiliser pour les ateliers d’expression plastique ; préparation des documents ou objets utiles à l’affichage ou à l’exposition au coin de regroupement[16] ; photocopie d’exercices écrits à destination des plus grands

    - installation du matériel de jeux sensoriels et d’imitation accessible aux enfants

    - rangement et nettoyage de tout ce qui a été manipulé, utilisé lors de la journée de classe 

    - classement des travaux d’élèves ; reliure ou collage dans un cahier communiqué aux familles

    Annexes :

    Télécharger « EDT - MatCPCE.pdf »

    Télécharger « Plan F - MSGSCPCE1 ou Classe maternelle + CP + CE + CM.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquistions GS.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CP.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE1.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE2.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel GSCP.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel 2 ou 3 niv. élém. sans CP.pdf »

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente : V. 1. Cinq niveaux et plusV.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (1) ;  V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (2)V.2.B. Mise en route - Mat. à CE1 ou 2 (3)

    Notes :

    [1] De la TPS à la GS.

    [2] Voir Annexe III

    [3] Dites aussi « Arts plastiques » ou encore « Productions plastiques et visuelles ».

    [4] Voir liste dans les chapitres consacrés aux classes accueillant des élèves de maternelle. Penser à un jeu de « marchande » qui permettra, dès les premiers jours de classe, d’entraîner les élèves de CE, CP et GS au comptage et au calcul.

    [5] Me contacter pour un envoi sans frais de port.

    [6] Voir suggestion d’emploi du temps en Annexe II.

    [7] En début d’année : phonologie, repérage de lettres et classements au CP ; geste d’écriture et copie au CE.

    [8] S’il souhaite une plage plus longue pour les activités de découverte de l’après-midi (Questionner le Monde, Arts Plastiques, Expression corporelle), il peut choisir de jumeler deux séances successives et de n’y pratiquer qu’un seul des trois domaines en respectant les temps hebdomadaires imposés par les programmes du Cycle 2 (Arts plastiques : 1 h ; Éducation Physique et Sportive : 3 h ; Questionner le Monde : 2 h 30).

    [9] Jeu d’imitation ou de construction, jeu sensoriel ou mathématique, dessin libre, modelage, découpage/collage, etc.

    [10] L’image de la boule de neige peut aussi être utilisée pour expliquer comment se constitue naturellement, sans ordre préétabli, l’agrégat de savoirs, habiletés et capacités d’un enfant de moins de cinq à six ans. 

    [11] Voir Annexe IV.

    [12] Je conseille :

    • pour la GS De l’écoute des sons à la lecture et Se repérer, compter, calculer en GS, toutes deux publiés par Grip Éditions,
    • pour le CP Écrire et Lire au CP (Grip éditions) ou Bien lire et Aimer lire (ESF) ; Compter, calculer au CP (Grip éditions) ; Mes cahiers d'écriture, CP, Apprentissage : les minuscules (Laurence Pierson, MDI)
    • Pour le CE1 : Lecture et expression au CE (C. Huby) ; Fichiers : Étude de la langue CE1 et Mathématiques CE1 (C. Huby), Mes cahiers d'écriture, CP/CE1 (Laurence Pierson, MDI)
    • Pour tous : Questionner le Monde, Cycle 2 (C. Huby)

    [13]  La réclamer si elle n’existe pas. Souvent, dans les petites communes, on suggère de fonctionner « au feeling ». C’est parfait tant que tout se passe bien mais peut poser de très graves problèmes si l’ambiance se dégrade.

    [14] Se déshabiller, suspendre des vêtements, s'habiller, se boutonner, remonter une fermeture à glissière, nouer une écharpe, des lacets, attacher une boucle de ceinture ou de sandale, etc. 

    [15] Distribuer et ranger le matériel, trier les déchets, balayer, laver des pinceaux et une éponge, essuyer une table, remplir un pot de colle ou de peinture, …

    [16] Découpage, mise en page, plastification, réalisation de panneaux destinés à l’affichage…

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

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