• Vingt-quatre élèves !
    Merci à Figaro Premium pour cette illustration

    Vingt-quatre élèves et pas un de plus dans les classes de Grande Section, CP et CE1, dans un premier temps, si j'ai bien compris, voilà une idée qu'elle est bonne !

    Elle est même formidable, cette idée. Pour avoir longtemps exercé, avec des effectifs fort variés (de 43 élèves en TPS/PS à mes débuts en 1976/1977 à 3 en classe unique – un GS devenu CP en cours d'année, une CE1, et un redoublant CE2 repassé en CM1 en cours d'année), personne ne me fera jamais croire que l'effectif d'une classe ne compte pour rien dans la pédagogie adoptée, dans le suivi de tous les élèves, qu'ils soient à besoins particuliers ou pas, dans le respect des programmes scolaires.

    Donc, vingt-quatre élèves, c'est très bien, même si ça ne concerne pour le moment que trois niveaux scolaires. Mais – vous vous doutiez bien qu'il y avait un mais – à certaines conditions :

    Pas de « double comptabilité »

    La double comptabilité, c'est le truc qui permet de dire qu'en ce moment, en France, il y a un professeur des écoles pour environ 22 élèves. Sauf que ce n'est pas vrai. 

    Parce que là-dedans, on compte les déchargés de classe, les professeurs des écoles affectés sur des postes spécialisés dont les classes ont, pour des raisons évidentes, des effectifs très réduits, les remplaçants, les maîtres rééducateurs, les psychologues scolaires, les conseillers pédagogiques qui n'ont pas de classe attitrée mais qui sont pourtant totalement indispensables au bon fonctionnement des écoles... Je ne suis même pas sûre qu'on ne compte pas comme « adulte à temps plein » les personnes qui ont choisi ou sont contraintes pour raisons médicales d'exercer à mi-temps, tiers-temps ou trois-quarts temps. 

    Pour le lire ici ou là, sur les réseaux sociaux, actuellement, en France, il y a de plus en plus de classes de 28 élèves ou plus, la norme d'ouverture pour obtenir une classe supplémentaire dans une école maternelle étant une moyenne de 30 par classe en maternelle et 27 en élémentaire, que les classes soient à un, deux, trois, quatre ou même cinq niveaux scolaires. Ça, c'est la vérité.

    Donc là, les vingt-quatre enfants par classe, ce ne sera formidable que si :

    → Il s'agit réellement de groupes d'enfants réunis ensemble dans une salle de classe sous la responsabilité d'un professeur des écoles (ou deux, si l'un des deux a choisi le temps partiel) pendant les vingt-quatre heures de leur scolarité hebdomadaire, tout au long des trente-six semaines de l'année scolaire.

    Sinon, ça vaut pas ! 

    Pas de « redéploiements »

    1) ni des postes existants :

    Le redéploiement, vous connaissez ? C'est le procédé qui permet de déshabiller Pierre pour habiller Paul tout en faisant croire et à Pierre et à Paul qu'ils sont équipés de pied en cap et à temps complet.

    C'est ainsi qu'on a procédé pour les CP et CE1 à 12 en REP+ et REP : des classes maternelles, des CE2, des CM1 et des CM2 dépassant parfois allègrement les 30 enfants, des écoles rurales fermées, obligeant leurs élèves à de longs déplacements, des postes de remplaçants disparus des écrans radar (une petite info pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi j'ai précisé : pendant les 24 h de leur scolarité hebdomadaire, tout au long des 36 semaines de l'année scolaire).

    → Donc, des vrais postes, créés et inscrits au Journal Officiel, sur lesquels sont affectés des vrais professeurs des écoles, pas des contractuels, ou des vacataires, ou encore des chargés de mission !

    Sinon, ça vaut pas !

    2) ni des enfants : 

    J'ai découvert ça avec horreur il y a quelques années lorsqu'une fratrie a quitté l'école que je dirigeais pour une autre, située dans une ville moyenne de la région. J'avais expliqué aux parents qu'ils devaient se rendre en mairie et demander l'inscription de leurs trois enfants dans les écoles (maternelle pour l'une, en TPS, et élémentaire pour les deux autres, en CE1 et CM1) de leur quartier.
    Les parents m'ont appris que tout d'abord, on leur avait demandé s'ils ne pouvaient pas laisser ses enfants finir l'année scolaire dans leur école actuelle ( 45 km matin et soir, soit 180 km par jour pour le parent accompagnateur qui, travaillant à M., était obligé de faire l'aller-retour). Devant leur refus, on leur a signifié que la petite, malgré la loi sur la continuité de l'offre scolaire, ne pourrait être scolarisée car les places réservées aux TPS étaient toutes prises ; quant aux deux grands, en obligation scolaire, après leur avoir suggéré l'école privée, pleine à craquer elle aussi, on a fini par leur trouver une place dans une école située à l'autre bout de la ville, en REP, car les écoles de leur quartier étaient bondées et n'accueillaient plus personne.

    Je vous avoue que je tombais des nues. Maintenant, je sais. Et je crains le pire avec cette norme fixée. Ne va-t-on pas proposer, comme le suggère, selon le magazine Les Échos, un expert bien informé : « on pourrait réaffecter quatre élèves dans une autre classe de la commune, sans créer de postes » ?

    Balader les enfants, en dépit de leurs amitiés, de leurs habitudes, d'une école à l'autre, dans la commune en ville, ou dans la communauté de communes en secteur rural, c'est envisageable lorsqu'on ne voit que des chiffres dans des tableaux excel, après tout...

    Ou bien, pour optimiser les coûts, regrouper tout le monde, par lots de 24, dans d'énormes établissements scolaires de 20 classes ou plus, les fameuses « fermes aux mille gosses » qui, vous l'admettrez, Monsieur le Président, ne sont pas plus « à taille humaine » que les classes de CP à 28, 29 ou 30 que la fausse bonne idée des CP à 12 a fait naître sur tout le territoire ? Non, cent fois non. Il s'agit d'êtres humains, pas d'animaux en batterie ! 

    → Donc, sans remaniements de la carte scolaire, sans création d'EPSF, sans familles auxquelles on propose gentiment d'inscrire plutôt leurs enfants en école privée, à défaut d'accepter de les délocaliser chaque matin, vers l'école Machin ou l'école Bidule, là-bas, de l'autre côté du périph'...

    Sinon, ça vaut pas !

    Pas d'« arrangements »

    Les arrangements, l'Éducation Nationale, ça commence à la connaître. Comment étaler la misère pour qu'elle se voie moins ? C'est ce qu'il est admis de faire depuis des années pour les remplacements... On prend un remplaçant qu'on affecte le lundi dans la classe de Mme Alice, partie en congé maternité, le mardi dans la classe de M. Benoît, qui a demandé un stage de directeur, le jeudi dans la classe de Mme Coralie, qui s'est cassé la jambe dans les escaliers de l'école, et le vendredi dans la classe de M. Denis, qui, épuisé par ses six élèves TDAH sans AESH, essaie de ne pas sombrer dans la dépression nerveuse ! Ça fait quatre fois 30 familles à peu près satisfaites, plutôt qu'une seule fois 30 rassurées et 90 en colère...

    J'en ai découvert un nouveau cette année ! C'est le « chargé de mission », recruté à Pôle Emploi, sous contrat, pour occuper un poste à profil particulier qui n'apparaît pas sur la liste des postes budgétaires du département (et donc peut disparaître à tout moment).

    Ce chargé de mission peut, par exemple (cas réel), être affecté sur trois ou quatre écoles rurales, dont le nombre d'enfants en classes multi-niveaux, incluant des GS, des CP ou des CE1, dépasse allègrement la norme supérieure de 24. Ensuite, les jours où il est là (je rappelle qu'en rural, les écoles peuvent être éloignées les unes des autres d'une quinzaine de kilomètres ou plus, ce qui fait que l'emploi du temps ne peut être que journalier, surtout si on n'a pas l'intention de lui payer ses frais de déplacement), il prend un groupe d'enfants, pourquoi par les GS... ou les CP... ou les CE1... pour un travail plus ou moins choisi avec le titulaire de la classe, si on a eu le temps, s'il a les capacités de le mener à bien (je rappelle qu'il a été recruté à Pôle Emploi). Un « projet », quoi... Pas un suivi du programme de lecture, d'écriture, de mathématiques, mené patiemment, à petits pas, jour après jour...

    Vous admettrez que ça n'a rien à voir avec une classe de 24 élèves, pendant 24 heures hebdomadaires, pendant les 36 semaines de l'année scolaire ?

    Donc, pas de « chargés de mission » qui, mathématiquement, font tomber à moins de 24 le nombre d'enfants par classe de GS, CP ou CE1 mais, pratiquement, ne peuvent mener que des projets ponctuels, déconnectés des progressions journalières relatives aux programmes scolaires.

    Un autre arrangement qui me fait peur, c'est le sort réservé aux classes de TPS, PS et MS... Situées en amont des classes où l'on apprend les bases de l'écriture, de la lecture, des mathématiques et de la culture générale, ne risquent-elles pas d'être les premières victimes d'un plan difficile à réaliser sans embauches massives ?

    Ne risque-t-on pas de ressortir des tiroirs des études selon lesquelles les ATSEM seraient des adultes dignes de respect, largement impliqués dans le développement physique et psychologique des enfants de moins de 5 ans, des agents spécialisées des écoles maternelles parfaitement capables (et même mieux que les professeurs des écoles selon certains) d'assumer un rôle éducatif auprès de ces tout jeunes enfants ? Ce qui permettrait, à terme, de réaffecter la plupart des professeurs des écoles exerçant dans ces classes dans des classes allant de la GS au CM2, ne laissant qu'un seul professeur des écoles alibi à la tête de cette structure qui serait toujours nommée école maternelle mais aurait totalement perdu la spécificité de l'école maternelle française, voulue pendant plus de 100 ans par notre république pour égaliser les chances en donnant plus à ceux dont le milieu ne peut donner ce qu'il n'a pas lui-même...

    Il me semble que le plus important, après cette réduction d'effectifs pendant le Cycle des Apprentissages Fondamentaux, sera de permettre cette réduction aussi (et même plus, 20 élèves, ce serait mieux) pendant le Cycle des Apprentissages Premiers, toujours confié à des professeurs des écoles formées à la petite enfance, assistés par des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles et non le contraire.

    Sinon, ça vaut pas !

    Pas de « dérogations »

    Le magazine Les Échos le pressent dans son article cité plus haut : ça va hurler dès qu'on atteindra 25 ! Eh oui. Et c'est normal. On dit 24, c'est 24. Quand on change de tranche d'imposition, c'est à l'euro près, pas à la louche... Et là, c'est pareil...

    Vingt-quatre élèves par classe et pas un de plus, du moment où celle-ci accueille ne serait-ce qu'un élève de Grande Section, de Cours Préparatoire ou de Cours Élémentaire 1re année !

    Dans un premier temps, parce qu'après, il faudrait que ce soit pareil en TPS/PS/MS, puis en CE2, CM1 et CM2... 

    Ce n'est pas compliqué que ça, et ça met le pied à l'étrier pour cette diminution prévue dans les autres niveaux de l'école primaire.

    Au mois de février, on compte combien d'enfants de GS, de CP ou de CE1 seront inscrits dans l'école l'année d'après, on fait des lots de 24 et le lot surnuméraire, même s'il est constitué d'un seul élève, se voit affecter un professeur des écoles qui accueillera dans sa classe des GS et des ..., des CP et des ..., des CE1 et des ... .

    Ne vous inquiétez pas, si vous nous donnez les postes, nous, les professeurs des écoles, on sait faire ! Il faudra parfois un petit réajustement en juin ou même en septembre (nous ne sommes encore jamais arrivés à empêcher des gens qui ont trouvé un emploi ailleurs ou au contraire chez nous de déménager ou emménager pendant l'été, c'est comme ça), mais sinon, ça roule. 

    Des personnels formés.

    À condition bien sûr que vous nous fournissiez des personnels formés. Des gens instruits plutôt qu'éduqués (ou même rééduqués, à la mode « révolution culturelle ») par les instituts universitaires de formatage des maîtres ou les écoles supérieures de programmation éducative.

    Des gens instruits, ce sont, comme dans la vraie vie, des gens qui ont de bonnes bases – j'ai dit bases, pas savoirs savants universitaires – en français, en mathématiques, en histoire, en géographie, en sciences, en éducation physique, en arts plastiques, en musique, en anglais, en éducation civique et morale et... je crois que c'est tout.

    Des gens instruits, dans l'Éducation Nationale, ce sont en plus des gens qui ont une vision large de l'histoire de leur « grande maison ». Une vision large, j'ai dit. Pas biaisée, pas dénaturée, pas relookée par des gardes révolutionnaires qui rejettent la faute de leurs échecs sur un passé qu'ils fantasment en gris et noir.

    Des gens instruits, toujours dans notre profession, ce sont aussi des gens qui ont une vision large des méthodes qu'on peut employer. J'ai dit des méthodes, pas des procédés ! On ne choisit pas entre la peste et le choléra parce que la méthode, unique, imposée en haut lieu, propose comme procédé soit la peste, soit le choléra.

    Des gens instruits, pour nous les professeurs des écoles, ce sont aussi des gens qui connaissent l'enfance et son développement autrement que par des résultats d'IRM, qui pourraient dit-on sélectionner ceux qui ont la bosse des maths,  mais aussi autrement que par les rêves fous des fabricants de l'homme nouveau, ceux qui pensent qu'imposer des règles aux enfants, qu'elles soient d'orthographe ou de vie, c'est les empêcher de s'épanouir en toute liberté.

    Des programmes moins flous

    Ces enseignants-là, instruits plutôt que formatés ou programmés, ne se satisferont plus de ces programmes flous, conçus en fonction d'une méthode et d'une seule, et parfois même d'un procédé et d'un seul, appliqué selon une norme de plus en plus stricte et fermée, proposée par un auteur, ou un groupe d'auteurs, dans un manuel ou un guide pédagogique, utilisé de Lille à Marseille et de Brest à Strasbourg, en passant par Biarritz, Nice, Bourpaumé-du-fin-fond-de-la-montagne et Cucuron les Olivettes, sans oublier l'indispensable Pampérigouste...

    Ce qu'il leur faudra, c'est un peu mieux qu'une liste d'attendus qui veulent tout dire[1], viatique pour l'école maternelle, qui permettent tant les classes-expo où professeurs et atsem s'éclatent à découper, coller, orner, décorer murs, couloirs et portes pendant que les enfants jouent les manœuvres qui tamponnent des « fonds » dûment surveillés par un adulte et un seul que les classes-club-Med où professeurs et atsem rêvent en promenant la mascotte d'une Sibérie de carte postale à une savane africaine de dépliant touristique, en préparant des petits plats et des maquettes qui leur évoquent l'Italie, le Laos ou l'Australie, tant les classes-alphabétiques où l'on « joue » à reconnaître des lettres et des chiffres de la TPS à la GS que les classes-littérature-appliquée dans lesquels on étudie avec sérieux L'ALBUM de la période sur toutes ses coutures, tant les classes-fifiches où tout se traduit par un exercice écrit qu'on collera dans le cahier de vie que les classes-maternelles, celles qui éduquent pour instruire et instruisent pour éduquer, sans impasses, ni m'as-tu-vu...

    Ce qu'il leur faudra, en élémentaire, ce sont des listes de connaissances par niveaux dans tous les domaines étudiés à l'école et les moyens de les enseigner, variés et ouverts, sans dogme pédagogique unique, qu'il soit neuroscientifique ou socioconstructiviste.

    Note :

    [1] Si vous voulez un programme précis, il y en a un à la fin de Pour une école maternelle du XXIe siècle.


    5 commentaires
  • Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Merci à Jacques Risso.

    L'ÉCOLE RURALE,

    HISTOIRE SANS PAROLES

    ... ou presque...

    (suite)

    Ouverture culturelle

    Arts, spectacle vivant, patrimoine culturel,
    découverte du milieu,
    création, éducation physique

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (1)
    Autoportraits, d'après La Joconde... (GS/CP/CE1)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (1)
    Création musicale et théâtrale en école primaire à 3 classes (Cycle 1, cycle 2, cycle 3)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (1)
    Atelier « cirque » avec un intervenant extérieur (GS/CP/CE1)

    Sorties Patrimoine :

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Au château de Grignan (CP/CE1)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Visite d'un village médiéval

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    À Lyon (2 classes, CP/CE1 et CE2/CM1/CM2)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Et l'un des comptes-rendus (classe de CP/CE1)

    Sorties Nature
    Interdisciplinarité

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Au bord du ruisseau

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Dans la colline  

    Sorties sportives
    de la TPS au CM2

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Les Petits dans leur filet

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Les Moyens à l'assaut des cimes

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)
    Les grands qui flirtent avec les nuages.

    Et je vous passe, parce que je n'ai plus les photos : les rencontres d'athlétisme, les cross inter-écoles, les sorties ski de fond, ski alpin et luges pour les tout-petits, les ateliers Bricolage avec les parents, les échanges avec les correspondants, les semaines de classes de découverte, les journaux de classe et d'école, les programmes École et Cinéma, et tant et tant d'autres choses...

    Après ça,
    le premier qui ose encore me dire
    que l'école rurale vivote
    et qu'il convient de rassembler tout ce petit monde dans des Fermes aux Mille Gosses,
    je crois que je lui fais
    une tête de Carmentran !

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)

    Si vous ne l'avez pas vu, vous pouvez aller jeter un petit coup d'œil au volet 1 de cet article : Plus mon petit Liré que le mont Palatin (1)

     


    2 commentaires
  • Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Merci à Jacques Risso.

    L'ÉCOLE RURALE,

    HISTOIRE SANS PAROLES

    ... ou presque...

    Éducation morale et civique:

    interactions entre pairs, coopération, échanges, différenciation, entraide, organisation,
    créativité...

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Œuvre collective (TPS/PS/MS/GS/CP/CE1/CE2/CM1/CM2)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Et si on se construisait un vaisseau spatial ?

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    « Tu m'aides à lire ? »

    Apprentissages fondamentaux :

    Niveau scolaire, coopération, échanges, entraide,
    différenciation, organisation,
    créativité...

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Construction libre en CP/CE1 dans un triple niveau (GS/CP/CE1)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Autodictée collective en GS dans un triple niveau (GS/CP/CE1)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Entraide en CE1 dans un triple niveau (GS/CP/CE1)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Grammaire en CE1 dans un triple niveau (GS/CP/CE1)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Production d'écrits : Conte collectif à la manière de Pef (classe de CP/CE1/CE2/CM1/CM2)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Histoire de France en classe unique (CP à CM2)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Tiens, il y a même le début de la Marseillaise... (classe unique CP à CM2)

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Mathématiques au CE1 dans un triple niveau GS/CP/CE1

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin, ...
    Français au CP dans un triple niveau GS/CP/CE1

    La suite :

    Plus mon petit Liré que le mont Palatin (2)


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  • Ça tournoie autour d'une moribonde...
    Merci à l'Icem-pédagogie Freinet pour cette vraie peinture réalisée par un enfant d'école maternelle.

    Aujourd'hui, avant de lire les dernières nouvelles des débats autour du projet de loi École de la Confiance, j'avais plein de choses à faire, plein de chantiers à mettre en route ou continuer, pour la maternelle, l'élémentaire, le multi-niveaux, etc.

    Pour l'École Primaire quoi, cette institution vieille de bientôt 140 ans que certains députés ont découvert tout récemment, et qui est en train de se détricoter à toute allure après des années de patients démaillages, souvent insoupçonnables, parfois même souhaitables mais néanmoins dangereux, du moment où la direction de l'ensemble de l'édifice serait confiée à une bande de démolisseurs assumés.

    J'abandonne donc mes grands et petits projets et prends, à nouveau, mon bâton de pèlerin pour tenter, avec mes pauvres moyens, de la défendre, cette école conçue au départ par la Gueuse pour les gueux et qui avait si bien su, pendant 100 ans, devenir un maillon indispensable de l'Éducation Nationale à la française, rassemblant tous les « moins de six ans » : l'École Maternelle.

    Nous n'allons pas faire le recensement de ces démaillages, de ces accrocs au contrat de départ, de ce dévoiement d'un lieu conçu pour ne pas être une école au sens ordinaire du mot mais un lieu qui forme le passage de la famille à l'école, et qui garde la douceur affectueuse et indulgente de la famille, en même temps qu'elle initie au travail et à la régularité de l'école.

    Les derniers de ces accrocs, tenaces, suffiront : 

    "Quatre amendements 1121, 1156, 1135 et 1123 prévoient une formation commune pour les intervenants de 0 à 6 ans. Cette mesure fait suite à une demande de l'OCDE qui a souligné en 2017 l'absence de culture commune de la petite enfance en France à la différence des autres pays de l'OCDE. L'amendement 1121 précise : "Afin d’acquérir une expertise et une culture communes et dans le cadre de l’accomplissement de leurs fonctions, l’ensemble des professionnels intervenant auprès d’enfants de moins de six ans bénéficient de modules de formation continue communs dans les conditions définies aux articles L. 6111‑1 et L. 6311‑1 du code du travail et peuvent demander à faire valider l’expérience acquise dans les conditions définies aux articles L. 6411‑1 et L. 6422‑1 du même code, en vue de l’obtention d’un diplôme national ou d’un titre professionnel enregistré et classé au niveau III ou au niveau IV du répertoire national des certifications professionnelles. Le contenu de ces modules et les modalités de cette validation sont fixés par décret". Reste en effet à mettre en œuvre ce rapprochement de métier bien différents." (Merci à S. L. qui m'a communiqué ces renseignements)

    Avec l'obligation faite aux communes de permettre l'accueil de tous les enfants de trois ans révolus planent à nouveau, en plus du financement obligatoire de l'école privée par les communes, même si elles disposent d'écoles maternelles publiques en nombre suffisant, les risques de voir refuser les « 2 ans » dont les parents font une demande de scolarisation, d'interdire les siestes à la maison sous prétexte de « manquement caractérisé à l'obligation scolaire » et autres joyeusetés du même genre.

    Un petit coup de Montessori obligatoire, un autre de livre orange pour la Grande Section et voilà le spectre d'une école uniformisée, organisée en modules d'acquisition de compétences gérés de A à Z par des « outils d'entraînement » atomisant le groupe-classe en petits groupes d'individus de même profil, au mépris de l'effet-groupe et de ses atouts, allant jusqu'à prévoir à la minute près l'organisation du temps scolaire (rappelez-vous les 10 minutes consacrées par C. Alvarez à chacun de ses élèves successivement, pour qu'ils acquièrent le déchiffrage automatisé le plus tôt possible), à conseiller le rabâchage ad libitum sans varier d'un millimètre la présentation de la notion et enfin, parce que sans cela, on ne serait pas dans le cassage complet des souhaits des fondateurs, en testant, testant et testant à nouveau, sans arrêt, pour chercher à savoir si la compétence est acquise avant d'aborder la suivante.

    Ça tournoie autour d'une moribonde...

    Le contraire de l'École Maternelle chaleureuse, douce et affectueuse, qui initie les petits enfants sans même qu'ils s'en rendent compte au travail et à la régularité de l'école...

    Et pourtant, je vous assure qu'elle est cohérente, cette école maternelle-là, et qu'elle amène largement aussi bien aux savoirs fondamentaux que la monstruosité sans âme qui, en plus de tout ce que nous venons d'évoquer, parle de regrouper dans des « fermes aux mille gosses », les EPSF (établissements publics des savoirs fondamentaux), ces tout-petits, parfois contraints de paraphraser chaque jour Du Bellay lorsqu'ils montent  dans un car de transport scolaire : 

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

    Elle est cohérente et elle existe. Elle est simple à organiser et elle ne coûte pas plus cher que l'autre, loin de là.

    Elle n'oblige pas à l'achat de matériel coûteux, ne nécessite pas des tonnes de matériaux destinés à produire des œuvres plastiques somptueuses qu'on affichera sur Pinterest pour faire baver d'envie les collègues. Elle évite autant que faire se peut les méthodes toutes faites qui proposent d'amener de l'extérieur tout ce qui est censé s'adapter à tous les enfants.

    Elle préserve l'estime de soi des tout-petits en leur évitant l'évaluation d'apprentissages fondamentaux savants forcément déconnectés de leurs besoins actuels de développement.

    Elle cultive l'autonomie, la créativité, la confiance en soi, la sécurité affective par le jeu, les jouets, l'expression libre (appelée Patouille dans toutes les vraies classes maternelles), mais aussi par les regroupements autour de la vie quotidienne, d'une comptine, d'une image, d'un chant, d'un album, d'un conte, d'une idée ou d'un projet conçu par des enfants, pour des enfants.

    Elle fait la part belle au développement moteur et sensoriel des enfants, favorisant ainsi l'émergence de leurs capacités de reconnaissance sensorielle et de repérage spatial et développant à bas bruit l'émergence de leurs fonctions exécutives (organisation, jugement, abstraction, flexibilité mentale, gestion des émotions, inhibition motrice volontaire, raisonnement, créativité).

    Elle apprend le vivre ensemble et cultive l'éducation morale, l'égalité et la fraternité en favorisant les échanges entre enfants et avec l'adulte et en apportant des éléments culturels qui les aident à enrichir la palette de leur jugement moral.

    Ayant résolument opté pour le collectif, elle multiplie leurs occasions de communiquer par le langage, cultivant ainsi leurs capacités d'expression et de réception.

    Elle éduque pour pouvoir un jour instruire au lieu d'instruire par moments – Ah, ces alphabets serinés que Lola ou Pedro continuent à chantonner sans en maîtriser les paroles absconses ! Ah, ces techniques imposées d'arts plastiques qu'Emma et Enzo appliquent sans rien y comprendre et qui imposent à la maîtresse et à l'ATSEM des heures de découpage et d'agencement appliquées pour rendre les œuvres produites intéressantes (pour l'adulte qui passe...)  – et d'attendre le clash pour enfin éduquer à la vie en collectivité des enfants perdus qui n'y ont jamais trouvé leurs marques.

    Enfin, s'étant dégagée de tout ce qui volait du temps aux enfants pour satisfaire des désirs d'adultes (rentabilité, reconnaissance, exposition, évaluation) et ayant consciencieusement préparé le terrain par la pratique et le langage, elle peut commencer à instruire les plus grands de ses élèves dans le domaine des apprentissages fondamentaux savants et envoie à l'école élémentaire des élèves déjà bien débrouillés en écriture-lecture, en mathématiques et en connaissances sociales.

    Ça tournoie autour d'une moribonde...

    Ce programme, assistée de Sophie Borgnet qui l'a largement illustré, je l'ai expliqué dans un livre qui expose théorie et pratique, cherchant ainsi à être utile à mes collègues.

    Bien qu'il ne colle pas tout à fait avec ces nouvelles bien inquiétantes, il a la volonté de créer autour des enfants, de leurs familles mais aussi de leurs maîtres, grands oubliés de la réforme qui se profile, une véritable école de la confiance. Confiance en leurs capacités, en leur désir de grandir et d'apprendre qui les mènera, à petits pas sans doute mais avec sérénité, vers les savoirs savants que les « grands » détiennent.

    Certains d'entre vous connaissent déjà ce livre, et j'ai eu de nombreux retours de collègues qui l'apprécient. Pour les autres, sachez que, via l'onglet Contact, vous pouvez me le commander directement (23 € prix éditeur + 5,28 € de timbrage), évitant ainsi les frais de port prohibitifs pratiqués par l'éditeur. Je me ferai un plaisir de vous l'envoyer.

    Ça tournoie autour d'une moribonde...


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  • Un « Guide Orange » pour la GS ?

    L'OBS, dans la dernière partie de cet article du 24 janvier 2019, intitulée Maternelles sous surveillance, nous apprend que :

    « Un guide prescriptif des bonnes pratiques va être envoyé aux instits de grande section, similaire à celui envoyé en avril dernier à leurs collègues de CP. »

    Je n'ose pas imaginer ce qu'une telle entreprise doit coûter. Peut-être le salaire annuel de plusieurs PE en début de carrière ?... Quel gaspillage !

    D'autant que j'ai l'honneur et l'avantage de vous apprendre que ce guide existe déjà depuis une bonne dizaine d'années. Il a pour titre De l'écoute des sons à la lecture.

    En effet, cet ouvrage permet à n'importe quel collègue de GS, même en milieu très déshérité, puisque c'est en s'appuyant sur son expérience de professeur des écoles rééducateur au sein de ces écoles que son auteur, Thierry Venot, l'a conçu et rédigé, de mener pas à pas ses élèves vers :

    ♥ une bonne connaissance des relations graphèmes/phonèmes simples,

    ♥ une écriture cursive déliée, surtout si on l'associe au cahier d'écriture MDI, CP, adapté dans sa progression à des enfants plus jeunes

    ♥ et un début d'encodage/décodage de mots et phrases pour ne surtout pas dissocier l'aspect mécanique de l'écriture-lecture à son aspect intelligent, celui qui consiste à lire et écrire pour comprendre. 

    Pour plus de précisions sur cet ouvrage et sa manière de l'utiliser, je vous invite à me rejoindre dans la partie Trucs et astuces où un article vous explique la marche à suivre semaine après semaine dans le domaine de l'écriture-lecture-phono.

    Avant de vous laisser aller consulter la progression, je réitère mes regrets : quel dommage, en ces moments de vaches maigres qui obligent l'Éducation Nationale à fermer des classes à tours de bras, tant en ville qu'à la campagne, à serrer les enfants à 28/30 élèves par classe en Élémentaire et plus de 30 en Maternelle, à laisser des élèves sans professeurs tant en Primaire qu'en Collège ou en Lycée, à réduire le nombre de fonctionnaires jusqu'à ne pas pouvoir remplacer tous les Professeurs des Écoles faisant valoir leur droit à pension, de gaspiller les deniers publics à faire produire des guides par des équipes extérieures à la Maison au lieu de s'appuyer sur ce que des acteurs de terrain ont déjà savamment concocté !

    C'est ici : GS : Écriture-lecture-phono


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