• IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (1)

    IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (1)

    2. Mise en route

    C) De la GS au CE2

    Si on a l’habitude de raisonner en terme de « cycles d’enseignement », cette classe est devenue plus simple à tenir depuis le glissement d’un an opéré en faveur du cycle 2.

    Cependant, les enseignants continuent à se trouver face à de jeunes enfants, à peine sortis de la petite enfance, regroupés avec des élèves déjà grands aux intérêts réclamant des informations culturelles (sciences, culture humaniste, littérature) approfondies.

    Si le groupe classe doit garder l’importance qu’on lui attribue depuis le début de cet ouvrage, on aura néanmoins intérêt à scinder parfois la classe en deux « pôles », l’un concernant les plus jeunes (élèves de Grande Section, auxquels s’ajouteront de temps en temps ceux de Cours Préparatoire) et l’autre, constitué des plus âgés (élèves de Cours Élémentaire 2e année, accompagnés le plus souvent de leurs camarades de Cours Élémentaire 1re année).

    Cette organisation n’aura toutefois pas valeur de règle intangible. En effet, selon les moments et la configuration de chacun des groupes, on passera du collectif à l’individuel regroupé[1], et de l’individuel regroupé à la régulation concernant un, deux ou trois des quatre niveaux, selon les besoins.

    • Organisation de l’espace

    Pour aider les élèves de Grande Section et de Cours Préparatoire à acquérir une latéralisation harmonieuse, l’organisation de la salle de classe doit permettre d’installer les tables à écrire face au tableau. Il faut toutefois prévoir aussi que le coin de regroupement, si nécessaire en maternelle, aura encore son utilité pour les élèves les plus jeunes. Si la salle n’est pas assez spacieuse, le maître peut décider de le jumeler avec l’indispensable coin d’activités libres qui reçoit, à plusieurs reprises dans la journée, les enfants des quatre niveaux qui sont en « temps d'activité autonome » ou qui ont fini le travail programmé[2].

    Ce coin d’activités libres, héritier des coins-jeux de la maternelle, est installé en fond de classe, afin que les enfants qui s’y trouvent ne dérangent pas ceux qui sont à leurs places, pour un exercice obligatoire. Il a été agencé de manière à être facilement contrôlable d’un seul coup d’œil afin que le calme y règne et que les règles de la classe[3] y soient appliquées. Cet espace est équipé de placards ouverts proposant livres, jeux sensoriels et de construction, papiers, crayons, ciseaux et colle, pâte à modeler, jeux et jouets[4]. S’il sert aussi de coin de regroupement, il comporte une partie « exposition » avec panneau d’affichage et présentoir. On y trouve un ou plusieurs ordinateurs et un appareil permettant de diffuser de la musique.

    Si la classe est spacieuse, le coin d’activités d’arts plastiques est permanent. Il dispose d’un point d’eau, de placards accueillant le matériel et les outils, d’une surface murale sur laquelle afficher et peindre. Une ou deux grandes tables sur tréteaux, pas trop hautes, peuvent recevoir les élèves et permettre d’entreposer les travaux en cours.

    Le coin écriture-lecture se trouve face au tableau triptyque. Les tables sont installées par niveaux, côte à côte ou en rangées parallèles au tableau[5], afin de pouvoir mener tant des travaux en commun que deux ou trois activités en parallèle. Elles disposent toutes d’un casier dans lequel chaque élève entrepose son matériel[6]. Un coin dédié au rangement des cartables pendant la journée de classe permet d’éviter les chaises qui basculent sous leur poids et les travées encombrées !

    • Emploi du temps

    Privilégier le collectif, aussi souvent que possible, en utilisant le disciplinaire d’un niveau comme interdisciplinaire pour les autres permet de libérer beaucoup de temps. Exercer à l’individuel et à l’autonomie, sous forme de travail programmé, inscrit au tableau ou sur un plan de travail, dégage l’enseignant de la direction d’une séance tout en accordant aux élèves l’opportunité de progresser en s’exerçant.

    Dans une classe regroupant des élèves allant de la Grande Section au Cours Élémentaire 2e année, tout en mettant à l’honneur le rôle du groupe-classe comme moteur de l’apprentissage, le maître encourage ses élèves, dès le premier jour, à faire seuls.
    Pour que sa tâche soit aisée, il fait précéder les moments d’exercices en autonomie, très courts en début d’année scolaire, de moments collectifs où l’activité est abondamment pratiquée par tous les élèves réunis autour de lui. Il donne un caractère routinier au travail individuel autonome pour en faciliter la mise en place. Un élève ayant fini le travail programmé prévu pour son niveau a toute latitude de pratiquer une activité libre, à sa place ou dans les coins installés loin de l’espace dédié au travail écrit. Les règles en vigueur dans cet espace de liberté sont expliquées au coup par coup, en activité.

    Installer les règles en les vivant fait aussi gagner un temps précieux. Cela permet à chaque élève de progresser par la méthode des petits pas, tant dans son comportement que dans ses acquis scolaires. C’est aussi la certitude de voir ces règles appliquées plus facilement sous l’effet de la routine.

    Pour tous les domaines où l’apprentissage n’est pas forcément structuré de manière linéaire, le maître choisit de mener de front, au cours d’une même activité, les apprentissages des plus jeunes et ceux de leurs aînés. Le fond est le même, seul le degré d’exigence varie.
    Aux quatre domaines d’acculturation de l’ex-Découverte du Monde[7], il a arbitrairement attribué un jour de la semaine. Il aurait pu tout aussi bien choisir de travailler sur quatre semaines, ou quatre demi-semaines. L’important est d’avancer toujours par la méthode qui convient au rythme des enfants : peu à la fois, souvent, pour le plaisir de se voir grandir et progresser presque à vue d’œil !

    • Progression

    Les enfants de Grande Section vont pénétrer pour la première fois dans le monde des apprentissages structurés à progression linéaire[8]. Cette découverte sera peut-être aussi le fait des élèves de Cours Préparatoire qui n’auraient pas, l’année précédente, commencé à avancer dans ces domaines de manière routinière, progressive et structurée. Le passage peut sembler brutal et déstabilisant pour certains et il convient de ne pas brusquer les choses.

    Pour ces deux niveaux, le maître a pris soin de préparer une première progression d’étape très ludique, basée sur ce qui peut être fait sans difficulté à l’école maternelle dès le milieu de l’année scolaire précédente. Cette progression représente cependant presque le premier cinquième du programme d’acquisitions[9] qu’il souhaite transmettre à ses élèves, afin de limiter le risque de se trouver débordé en cours d’année si une partie de ses élèves a un rythme d’apprentissage lent. 

    S’il cumule cette première difficulté avec celle de recevoir des élèves de CE1, et parfois même CE2, encore très hésitants en lecture, en écriture et en calcul, il cherchera à parer au plus pressé en privilégiant le plus possible ces domaines à travers toutes les activités de la classe. 
    Il se servira pour cela des moments réservés théoriquement au travail écrit en autonomie des CE ainsi que de tous les moments communs aux quatre sections pour lesquels il établit une progression interdisciplinaire de rattrapage[10]. Cela lui permettra de complémenter en écriture-lecture les élèves de CE, de situer tout le monde dans l’espace[11] et le temps, de donner à chacun une assurance rapide de ses capacités d’enfant de presque cinq ans à bientôt neuf ans.

    Parallèlement à ces moments de « rattrapage », toujours pour les élèves qui n’auraient pas pu atteindre le niveau d’écriture-lecture attendu pour pouvoir pratiquer des activités écrites en autonomie, il a prévu une progression orale d’étude de la langue qui lui permettra de ne pas obliger ces enfants à tout ingurgiter à toute allure lorsqu’ils auront récupéré leur retard.

    • Outils et méthodes

    Pour se simplifier la vie et pouvoir consacrer son temps à suivre réellement ses élèves, il a choisi de s’entourer d’outils et de méthodes simples plutôt que de passer énormément de temps à préparer sa classe et à créer ses outils.

    Il a ainsi adopté des méthodes d’écriture-lecture et de mathématiques proposant une progression journalière pour chacun des quatre niveaux[12].
    Sachant qu’il dispose de peu de temps pour chaque niveau, pour ses élèves de CE, il a choisi des méthodes d’étude de la langue et de mathématiques proposant un fichier d’exercices, afin d’être sûr qu’il pourra, malgré le challenge représenté par le quadruple niveau, élargir le panel des exercices de français à la rédaction, la lecture et la dictée sans nécessairement négliger l’entraînement d’étude de la langue ; de même, en mathématiques, il pourra consacrer ainsi chaque jour du temps à la résolution de problèmes, tout en assurant l’automatisation du calcul écrit.

    Pour l’ensemble des autres matières, son critère principal de sélection a été le bon sens et la connaissance des capacités attentionnelles, inductives et déductives de l’enfant de cinq à neuf ans ainsi que son goût du jeu, de l'expérimentation, de la récompense immédiate par la réussite rapide et l’atteinte d’objectifs simples et progressifs.
    Le nouveau Questionner le Monde, Cycle 2, a été créé en pensant autant à ce type de classe qu'aux classes de ville à un ou deux niveaux.

    • Rôle de l’ATSEM

    S’il a la chance d’avoir une ATSEM, au moins à mi-temps, le maître, après consultation éventuelle du conseil des maîtres, dans le cas d’une école à plusieurs classes, et de la charte des ATSEM décidée par la commune de rattachement de l’école[13], le maître dialogue avec elle.
    Il la met au courant de sa priorité : l’acquisition de connaissances techniques, langagières et instrumentales. Il lui lit et commente l’emploi du temps et lui explique clairement ce qu’il attend d’elle à chaque moment de présence :

    - aide matérielle aux élèves les plus jeunes de manière à ce qu’ils apprennent à se passer rapidement de l’adulte et apprentissage des gestes d'hygiène et de vie pratique[14] ;

    - préparation des matériaux à utiliser pour les ateliers d’expression plastique et des documents ou objets utiles à l’affichage ou à l’exposition au coin de regroupement[15], photocopies ;

    - aide à l’installation par les enfants du matériel de jeux sensoriels et d’imitation accessible ;

    - aide au rangement et au nettoyage de tout ce qui a été manipulé, utilisé lors de la journée de classe ;

    - en fin de mois ou de période, classement des travaux des élèves les plus jeunes ; reliure ou collage dans un cahier communiqué aux familles ;

    - prise en charge ponctuelle d’un ou plusieurs élèves lors de l’exécution d’un atelier selon un « cahier des charges » établi à l’avance.

    Annexes :

    Télécharger « EDT - GSCPCE1CE2.pdf »

     

    Télécharger « Plan CPCE1 ou GSCPCE1 ou CPCE1CE2 ou MSGSCPCE1 ou GSCPCE1CE2 ou CPCECM.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquistions GS.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CP.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE1.pdf »

     

    Télécharger « Programme d'acquisition CE2.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel GSCP.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel CE1.pdf »

     

    Télécharger « Matériel individuel CE2 à CM2.pdf »

    Dans la même série :

    Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente :

     I. Idées reçues  ; IV.1. Quatre niveaux dans la même classe ; IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (1) ; IV. 2. C. Mise en route - De la GS au CE2 (2) ;

    Notes :

    [1] Travail en autonomie « chapeauté » par le maître-chef d’orchestre, présent pour tous, chacun selon ses besoins.

    [2] Il peut aussi, en créant une convivialité intellectuelle plutôt que spatiale et « de contact », faire en sorte que chaque élève, depuis sa place, se sente entouré et ait conscience d’appartenir à un groupe.

    [3] Règles fixées dès le premier jour par le maître et patiemment répétées à chaque fois que le besoin s’en fait sentir selon la méthode de la médiation directe en action.

    [4] Petits personnages, véhicules, accessoires et éléments de décor permettant de les mettre en scène.

    [5] Dans ce cas, les élèves de GS puis de CP seront assis aux tables les plus proches du tableau et les élèves de CE1 et CE2 seront derrière eux.

    [6] Voir Annexe V.

    [7] Questionner le Monde, pour les élèves d’élémentaire et Explorer le Monde, pour ceux de Grande Section.

    [8] Écriture-lecture et compter-calculer.

    [9] Voir Annexe IV.

    [10] EPS consacrée aux activités de latéralisation, spatialisation, succession chronologique, rangements, classements, algorithme de la numération, … ; activités plastiques servant à se repérer sur la feuille et son lignage et à assurer le geste d’écriture par l’expression graphique et les jeux de doigts ; utilisation intensive mais collective de l’écrit dans le cadre des activités du domaine Questionner le Monde : rédaction collective et relecture de courtes phrases de résumés ; lecture à voix haute par les élèves des questionnaires et descriptions contenus dans le manuel.

    [11] Latéralisation, spatialisation, chronologie, sens gauche-droite de la lecture, repérage des lignes et carreaux des cahiers, etc.

    [12] Je conseille les méthodes, fichiers et manuels suivants ; GS, Planète des Alphas + De l’écoute des sons à la lecture (T. Venot, Grip éditions) et Se repérer, compter, calculer en GS (C. Huby, S. Wiktor, Grip éditions) – CP, Écrire et Lire au CP (C. Huby, X. Laroche, Grip éditions) et Compter, calculer au CP (P. Dupré, S. Borgnet, Grip éditions) – CE1, Lecture et expression au CE, fichiers : Étude de la langue CE1 et CE2 (C. Huby, me contacter) et f Mathématiques CE1 et CE2 (me contacter) - Questionner le Monde C2 - Une progression en Arts Visuels pour le cycle 2

    [13] À réclamer s’il n’y en a pas afin de pouvoir s’appuyer sur de l’écrit en cas de litige entre le personnel municipal et le personnel de l’Éducation Nationale.

    [14] Remonter une fermeture à glissière, nouer une écharpe, des lacets, attacher une boucle de ceinture ou de sandale, fixer des bretelles, etc. ; mais aussi découper, coller, tailler un crayon, utiliser un pinceau, une agrafeuse, un rouleau de ruban adhésif, une aiguille enfilée, un tricotin, un marteau, une scie, un tournevis, une vrille, …

    [15] Découpage, mise en page, plastification, réalisation de panneaux destinés à l’affichage…

    Bientôt l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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