• OrthoGraph' CE2 : La dictée n° 1 S3

    Comment dicter ce qui est déjà écrit ?

    ♥ On donne le texte aux élèves soit imprimé, soit écrit au tableau.

    ♥ Puis on le lit soi-même, lentement, phrase par phrase, en donnant ou pas les mots d'une syllabe qui manquent (voir note 4).

    OrthoGraph' CE2 : La dictée n° 1 S3

    ♥ On s'arrête à la fin de chaque phrase pour pouvoir faire le travail de dictée avec les élèves

    Cadeau bonus « multi-niveau » :

    Possibilité de gagner du temps en niveau multiple : cette dictée devrait pouvoir être faite seule, lecture et copie, par des élèves de CE2 lambda).

    Si on dit ces mots aux élèves,

    ♥ Après la première lecture de la phrase, on la relit mais en s'arrêtant avant chaque nouveau mot d'une syllabe pour qu'ils aient le temps de l'écrire sur la photocopie, soit pour qu'ils aient le temps de copier en le complétant le tronçon de phrase :

    « Le pirate.... / a des milliers... / de pièces d'or. »

    ♥ On peut les faire épeler par un élève différent et valider par la classe à chaque fois avant que chacun ne les écrive sur son cahier.

    Si on ne les dit pas aux élèves,

    ♥ On lit la phrase lacunaire aux élèves puis on ouvre un "débat" pour savoir quel mot d'une syllabe manque dans chaque tronçon de phrase.

    ♥ On peut, de la même manière, faire épeler par un élève et valider par la classe avant que chacun ne les écrive sur son cahier.

    Dans les deux cas, on corrige ensemble :

    ♥ Lorsqu'une phrase a été complétée, on demande à autant d'élèves que de mots à ajouter ce qu'ils ont écrit (dire et épeler) et on complète la version du tableau.

    ♥ Les élèves qui se seraient trompés les corrige en les réécrivant en rouge en-dessous de leur erreur.

    Cadeau bonus « multi-niveau » :

    Possibilités de gagner du temps en niveau multiple :

    →  Donner un corrigé de la dictée et promettre une récompense aux élèves qui auront tout corrigé sans oublier une seule erreur, ni d'écriture des mots d'une syllabe, ni de copie.

    → Mettre éventuellement les élèves par deux et échanger les cahiers pour cette correction.

    → Proposer éventuellement un tutorat par un élève de CM qui procédera à cette correction.


    votre commentaire
  • Comment utiliser Piano CE1 ?
    Extrait de la page 12 du manuel de l'élève

    Une collègue a commandé Piano CE1 et se voit maintenant obligée de l'utiliser. Cependant, elle ne s'y retrouve pas, les élèves s'ennuient et elle aussi.

    Voici ce que je lui propose pour essayer de passer une bonne année scolaire, intéressante et constructive.

    Attention, je suis partie du principe que dans sa classe, tous les enfants, à part peut-être un ou deux "lisottaient" au moins un peu. Pour ceux qui sont carrément non-lecteurs — 2 mots minutes ai-je lu hier, par exemple ! — il y a le CE1 : Non-lecteurs à la rentrée ? .

    Une semaine type

    Je passe les pages de révisions, soit parce qu'elles ont déjà été faites soit parce qu'on ne les fera que si elles sont utiles.

    Attendus de fin d'année travaillés en classe et à la maison :

    LANGAGE ORAL :

    Écouter pour comprendre des messages oraux (adressés par un adulte ou par des pairs) ou des textes lus par un adulte : Maintenir une attention orientée en fonction d’un but. Il s’engage dans l’écoute en manifestant une attention active. Repérer et mémoriser des informations importantes. Les relier entre elles pour leur donner du sens.

    Dire pour être entendu et compris, en situation d’adresse à un auditoire ou de présentation de textes : Lire à haute voix. 

    Participer à des échanges dans des situations diverses (séances d’apprentissage, régulation de la vie de la classe)

    Adopter une distance critique par rapport au langage produit

    LECTURE ET COMPRÉHENSION DE L'ÉCRIT :

    Identifier des mots de manière de plus en plus aisée :  discrimine et localise dans des mots, les différents phonèmes de la langue, en particulier les phonèmes proches. Il connaît les graphèmes et les associe aux phonèmes. Mémoriser les composantes du code:il connaît l’ensemble des correspondances graphèmes-phonèmes et décode avec exactitude l’ensemble des mots nouveaux dont le décodage n’a pas encore été automatisés. Mémoriser les mots fréquents (notamment en situation scolaire) et irréguliers : i  l reconnaît directement les mots les plus fréquents et les mots irréguliers. Il sait les orthographier.

    ♣ Comprendre un texte et contrôler sa compréhension : Savoir mobiliser la compétence de décodage. Mettre en œuvre (de manière guidée, puis autonome) une démarche explicite pour découvrir et comprendre un texte. Être capable de faire des inférences. Savoir mettre en relation avec les éléments de sa propre culture. Il se confronte à des textes plus complexes du point de vue de la langue et des connaissances culturelles véhiculées.  

    LIRE À VOIX HAUTE :

    Savoir décoder et comprendre un texte   

    Identifier les marques de ponctuation et les prendre en compte.

    Montrer sa compréhension par une lecture expressive.

    ÉCRIRE DES TEXTES EN COMMENÇANT À S'APPROPRIER UNE DÉMARCHE :

    Mettre en œuvre une démarche d’écriture de textes : trouver et organiser des idées, élaborer des phrases qui s’enchaînent avec cohérence, écrire ces phrases (démarche progressive : d’abord guidée, puis autonome).

    Acquérir quelques connaissances sur la langue : mémoire orthographique des mots, règles d’accord, ponctuation, organisateurs du discours...

    Lundi : Piano CE1 page 12, récit n° 1.

    ♥ Lecture en classe

    lecture en cascade du titre (4 élèves, un par mot plus un relecteur) + question de compréhension (à l'oral) : « De quoi va parler cette histoire ? »

    lecture en cascade de la première phrase (11 enfants) + questions de compréhension (à l'oral) :

    « Où est la poule ? que fait-elle ? comment se tiennent perchés les oiseaux ? avec quelle partie de leur corps picorent-ils ? » 

    lect. casc. P2 (5 e.) + compor. : « Quel événement est arrivé ? »

    lect. casc. P3 (11 e.) + comp. or. :

    « Qu'est-il arrivé ? à votre avis, pourquoi avoir mis de la boue dans une bassine ? est-ce courant comme idée ? que met-on plus souvent dans une bassine ?

    Cherchons des mots commençant par b qui auraient été encore plus étranges que de la boue dans une bassine (exemple : bouillie, beurre, bateaux, bols, bois, billes, biscuits, ...) » ◊ >>> écrire ces mots au tableau

    lect. casc. P4 (9 e.) + comp. or. :

    « Quel est le problème de la poule ? Aurait-elle glissé si la bassine avait été remplie avec ... ? »  ◊ >>> faire relire les mots un à un par autant d'enfants que de mots, et laisser argumenter.

    lect. casc. P5 ( 3 e.) + comp. or. :

    « Qui dit cela : le narrateur ou la poule ? Que manque-t-il ? » ◊ >>> Aider si les enfants ne connaissent pas les guillemets.

    lect. casc. P6 (9 e.) + comp. or. :

    « Cherchons à l'oral d'autres animaux qui pourraient tomber dans la bassine, attention, il faut qu'ils aient un p ou un b dans leur nom (exemple : perroquet, bouc, brebis, pintade, guêpe, corbeau, ...) » ◊ >>> écrre ces noms au tableau, les faire relire par autant d'élèves que de mots

    lect. casc. P7 (10 e.) + comp. or. :

    « L'animal qui vient d'arriver a-t-il un p ou un b dans son nom ? l'avions-nous cité ? A votre avis, tombera-t-il lui aussi ou non ? Pourquoi ? » ◊ >>> Accepter toutes les réponses, expliquer à tous que pour le moment, nous ne savons pas et qu'aucune réponse n'est plus "logique" que les autres.

    → lect. casc. P8 et P9 (3e + 10 e.) + comp. or. :

    « Qui a compris la solution proposée par le corbeau ? Qui pourrait venir nous la montrer avec cette boîte ? Où faut-il appuyer pour la faire basculer ? »

    lect. casc. P10 (6 e.) + comp. or. :

    « Savons-nous déjà si la technique proposée par le corbeau a fonctionné ? Que devons-nous faire pour le savoir ? »

    lect. casc. P11 (14 e) + comp. or. :

    « Alors ? » ◊ >>> débat ouvert (voir 9 questions à Pierre Péroz) – ◊  >>> On pourra relire le texte soi-même, très lentement mais avec expression, en demandant aux élèves de suivre du doigt ce que l'on dit et, s'ils y arrivent, de suivre "avec la bouche mais sans le son".

    ♥ "Devoirs" :

    Lire 1 et 2 page 11.

    Mardi : Piano CE1, page 12, récit n° 2

    ♥ Lecture en classe

    Élève 1 lit le titre, Élève 2 le redit, Classe commente rapidement (c'est le même titre qu'hier), Enseignant explique :

    « Oui. Il nous reste à savoir si ce sera la même histoire ou une nouvelle aventure de la poule blanche. »

    Élève 2 lit la phrase 1 + Élève 3 la répète, Classe commente rapidement (exemple : c'est la même situation qu'hier, une poule qui picore du pain).

    É3 lit P2 + É4 répète avec ses propres mots + C commente (exemple : c'est toujours pareil)

    → É4 lit P3 + É5 répète avec ses propres mots + C commente (exemple : toujours pareil ! grrrr !)

    → É5 lit P4 + É6 répète + C commente (exemple : toujours pareil !!!)

    → Etc. jusqu'à la fin.

    >>> Attention, comme c'est plus long à lire, les enfants très faibles lecteurs doivent être aidés : doigt qui avance sous le mot en cours de lecture, oralisation à voix très basse par l'enseignant (exemple : "Llllaaaa p p p...o et u, ça se prononce ouuuu, pppouu...lllleee... b b b llll... a et n, ça se prononce annn, bbblllannnn... c et h, ça se prononce chhhh, chhheeee, bblllaannnchhhe, oui : la... poule... blanche...)

    ♥ "Devoirs" :

    Lire 3, p. 11 (ne pas faire les mots à retenir !)

    Jeudi : Piano, page 13, récit n° 3

    ♥ Lecture en classe

    >>> Avertir avant de commencer : "C'est encore la même histoire que sur la page de gauche, mais il y a encore plus de détails. Je vous relis le texte n° 2, vous essayez de suivre avec le doigt et la bouche mais sans faire de bruit pendant que je lis."

    >>> Lire très lentement mais avec expression le texte n° 2.

    Même principe que mardi.

    On peut faire relire le texte une fois pour que tous les élèves ou presque aient lu une phrase (sachant qu'on peut garder 4 élèves pour les questions)

    Même principe pour les questions sur le texte.

    ♥ "Devoirs" :

    Lire le récit 1, 2 ou 3 pages 12 ou 13, à voix haute.

    Vendredi : Piano CE1 page 14

    É1 : Lecture de la consigne n°7 (en rose) + É2 : relecture pour "bien comprendre" + Classe : ce que nous avons compris + Enseignant : explication claire en montrant les 3 phrases numérotées sans les lire.

    Lect. casc. P1 (14 e) + Débat collectif :

    « Est-ce celle-ci ? Pourquoi ? »

    Lect. casc. P2 (15 e) + Débat collectif :

    « Est-ce celle-ci ? Pourquoi ? »

    Lect. casc. P3 (14 e.) + Débat collectif :

    « Est-ce bien la phrase n°2 ? Pourquoi ? »

    Enseignant lit la consigne n° 8 et propose d'écrire l'histoire au tableau sous la dictée des élèves (voir Annexe 2 : Rédaction collective d'une phrase)

    Élèves : Copie et illustration de la 1re phrase produite, collage du reste du texte tapé par l'enseignant à l'ordinateur et imprimé.

    >>> Laisser tomber le "Je lis très viiiiite !", dire aux enfants que s'ils veulent le faire, ils le feront à la maison mais que ce n'est pas ni très amusant, ni très intéressant comme exercice. S'ils demandent pourquoi, on peut leur expliquer, avec leurs mots, que lire, c'est avant tout comprendre, et que souvent quand on va vite, on ne comprend rien et on est obligé de relire. Et comme en plus, cette phrase ne signifie rien du tout et n'est même pas jolie ou amusante, comme parfois dans les chansons, il vaut mieux la laisser de côté.

    ♥ "Devoirs" :

    Lire l'histoire écrite tous ensemble dans le cahier de rédaction.

    Et après, dans l'année, comment avancer ?

    On recommence le même schéma chaque semaine, jusqu'à ce que la lecture en cascade du lundi soit devenue inutile.

    Cela permet de tout décaler d'un jour : lundi : texte 2, mardi : texte 3, jeudi : exercices 7 et 8 et on peut consacrer une séance entière à la production d'écrit.

    Un peu plus tard, la lecture du texte 2 devient inutile, on décale à nouveau tout : Lundi : texte 3 et questions 7 et 8, mardi : production d'écrit, ce qui permet de passer le jeudi et le vendredi soit sur le texte suivant et son exploitation en expression écrite, soit de trouver ailleurs d'autres textes à lire (récits à épisodes, contes, romans).

    Quelques conseils en plus

    Est-ce que cela va suffire ? 

    Si on recommence ainsi semaine après semaine, on aura vu de nombreux types de textes (récits, recettes, documentaires, articles de journaux, ...).

    Il faudra toutefois apporter, en plus, quelques récits plus longs, des contes et des romans (ou extraits de romans) qu'on leur lira en lecture offerte, chaque jour à heure fixe (un petit quart d'heure en début d'après-midi, par exemple), pour rajouter un "rituel" de littérature à un manuel qui en est complètement dépourvu. 

    Quand on en sentira les enfants capables, on remplacera l'écriture collective du texte demandé par une écriture par petits groupes ou individuelle. Attention toutefois à ce que les réflexes orthographiques soient déjà bien en place afin que les élèves aient à cœur de respecter les normes et puissent, avec de l'aide bien entendu, produire un texte quasiment "parfait" sur ce point.


    4 commentaires
  • OrthoGraph CE1 : Mots invariables

    Il existe deux sortes de "mots invariables" :

    ♣ ceux qui sont transparents (donc, non, jadis, pour, un peu, loin, bien, rien, qui, qui, quoi, sur, or, ni, car, ...)

    ♣ ceux qui comportent une lettre muette, une consonne double, une graphie dite « rare » homophone avec une graphie très courante (exemple y dans il y a, homophone avec la graphie dominante i).

    Ceux qui sont transparents :

    Les premiers, les transparents, on ne les apprend pas, on les pratique dès le début de l'année pour les plus simples (sans graphie complexe) et à partir du moment où une graphie complexe a été réintroduite.

    En attendant, ils sont employés régulièrement au cours des dictées mais épelés soit par un élève qui en a fixé l'orthographe grâce aux lectures, aux copies, aux dictées précédentes, soit par l'enseignant qui en profite pour rappeler que telle graphie complexe se prononce de telle manière.

    Exemple :

    Les mots que et qui seront présentés en Semaine 17, lors de la révision de la graphie complexe qu mais on les trouvera dans les dictées dès la Semaine 6 (Télécharger « OrthoCE1-P1 - S6.pdf »).

    Les plus difficiles:

    Les plus difficiles apparaîtront quand on étudiera une des graphies les composant.

    Exemple :

    enfin, avec apparaissent en Semaine 4, lors de l'opposition f/v 

    six, sept, sous en Semaine 5, lors de l'étude de s/z

    après, même en Semaine (é, è, ê)

    déjà en Semaine 7A (j/ch)

    bien en Semaine 7 (p/b)

    etc.

    Petit plus :

    Une collègue a eu la gentillesse de produire ce tableau. Je le mets ici pour le moment et le diffuserai de façon plus claire lorsque je saurai comment elle veut que je la cite :

    Télécharger « Mots invariables - orthographe graphémique.pdf »


    10 commentaires
  • CE1 : Utiliser Lecture et Expression

    Extrait du Module 1 : Maisons

    Cette année, Lecture et Expression a le vent en poupe mais il suscite aussi de nombreuses questions.

    En voici déjà quelques-unes, auxquelles j'ai répondu pour le moment en privé ou sur les réseaux sociaux.

    Après avoir lu celles-ci, ainsi que les différents articles de présentation que vous trouverez sur ce blog[1] , n'hésitez pas à en poser d'autres.

    Combien doit-on lire de textes par semaine ?

    Un module contient toujours 10 textes, sauf le dernier qui en contient 15.

    Chaque module était prévu pour 2 semaines de classe, sauf le dernier qui était prévu pour les 3 dernières semaines de l'année (ou plutôt pour le mois de juin et son côté gruyère...).

    Donc, nous devrions lire 5 textes par semaine. Mais, compte tenu des derniers changements de rythmes scolaires, nous n'avons le plus souvent que 4 journées de classe par semaine.

    C'est pourquoi j'ai revu la progression de manière à sélectionner des parcours de 8 textes au lieu de 10 pour la quinzaine.

    Ceux qui ont demandé le manuel complet par mail ont cette progression au début du manuel.

    Pour les autres, ceux qui ont juste téléchargé les modules un à un sur ce blog, la voici, avec son code couleur (textes sur fond bleu : CE1 ; textes sur fond gris : CE1 et CE2 ; textes sur fond orange : CE2) :

    Télécharger « Progression couleur .pdf »

    Quelle est la durée d'une séance de lecture ?

    Une séance de lecture doit durer 45 minutes et couvrir les deux pages en vis-à-vis.

    C'est-à-dire qu'il faudrait pouvoir, en 45 minutes, en groupe-classe.

    ♥ Lire le texte, deux ou trois fois, selon les conseils donnés dans Lecture et Expression au CE ⇒ au plus 15 minutes

    ♥ Parallèlement à la lecture, commencer à l'expliquer.

    ♥ Faire l'exercice de décodage (Nous savons lire) en suivant les indications du guide pédagogique ⇒ au plus 3 minutes

    ♥ Faire l'exercice d'enrichissement lexical (Nous expliquons) ⇒ au plus 4 minutes

    ♥ Travailler la compréhension à l'oral  (Nous réfléchissons) ⇒ au plus 15 minutes

    ♥ Travailler sur l'enrichissement du lexique à l'oral (Nous relions deux à deux) ⇒ au plus 4 minutes

    ♥ Travailler la production d'écrit collectivement (Nous reconstituons une phrase) ⇒ au plus 4 minutes

    Pour que ce soit possible, on joue sur la personne qui lit les consignes, le travail collectif au tableau, les aides que l'enseignant donne, ...

    Cependant, les élèves, tous, doivent lire, qui un mot ou une syllabe, qui une phrase ou même un paragraphe.

    Si vraiment les enfants sont trop lents, on scindera le travail en deux journées : 45 minutes le premier jour pour lire le texte, le lexique et l'entraînement graphémique et 45 minutes le lendemain pour relire le texte et travailler à l'oral : la compréhension , l'enrichissement du lexique et la production d'écrit.

    Dans une classe à double ou triple niveau (particulièrement si on a des CP qui restent difficilement seuls longtemps), on peut fractionner ceci en deux séances dans la journée : une de 20 minutes pour lire le texte et les explications de lexique, une de 25 minutes pour traiter les différents pôles : déchiffrage, compréhension, enrichissement du lexique, production d'écrit.

    Y aura-t-il assez de textes pour l'année ?

    Normalement oui.

    Ou presque, pour ne pas se sentir débordé si un jour on est absent non remplacé, ou si les deux tiers des élèves de la classe sont absents, ou si l'école ferme provisoirement, ou si le photographe a désorganisé la matinée de classe, ou s'il y a une rencontre athlétisme à la journée...

    Mais il y aura plutôt trop de textes que pas assez.

    Comment tout caser dans une journée de classe ?

    Si on opte pour un emploi du temps très ritualisé, les élèves vont très vite adopter un rythme. Les transitions entre les activités se feront plus rapidement.

    Par ailleurs, je rappelle que ce manuel remplace tous les domaines liés à la lecture et la production d'écrits.

    C'est-à-dire qu'en une séance quotidienne de 45 minutes, nous aurons réglé :

    ◊ déchiffrage et compréhension,

    ◊ révision des correspondances grapho-phonémiques et automatisation,

    ◊ lecture à voix haute : fluidité et expressivité,

    ◊ vocabulaire pour mieux comprendre et mieux se faire comprendre,

    ◊ et rédaction, comme dit le petit livre rouge.

    Il ne nous restera plus à traiter que le geste d'écriture, la copie, l'orthographe, la dictée et la grammaire.

    Et comme au CE1, nous devons faire 10 heures de français par semaine, nous sommes encore très "larges" pour y arriver.

    Un exemple d'emploi du temps CE : 

    Que doit-on donner à lire à la maison ?

    Tout le premier trimestre, au CE1, il vaut mieux donner le texte qui a été lu en classe à relire à la maison.

    Au deuxième trimestre du CE1 et un peu plus vite au CE2, on peut donner le texte à lire d'abord à la maison pour pouvoir travailler plus avant en classe la fluidité et l'expressivité de la lecture.

    Certains collègues ont "peur" que les élèves aient préparé toutes les questions à la maison.

    Je leur répondrai : « Où est le problème ? Nous ne sommes pas dans l'évaluation de compétences acquises, mais dans l'apprentissage d'un savoir-faire qui va progresser d'année en année par la pratique et la réflexion. Quelqu'un nous aide ? Eh bien tant mieux !...»

    Encore une fois, cela nous permettra d'aller encore plus loin en classe puisque le terrain aura déjà été déblayé en amont.

    Mieux, ces enfants-là aideront leurs camarades à progresser, ce qui est un avantage incontestable.

    Quelle est la progression pour des CE1 ?

    Avec des CE1, on lira :

    Le texte sur fond bleu.

    Les textes sur fond gris (tous ou une partie, si on est provisoirement au rythme d'une double page sur deux jours)

    Éventuellement, de temps en temps, un texte sur fond orange pour compléter, soit en lecture offerte par l'enseignant, soit en lecture par les élèves s'il n'est pas trop compliqué.

    Un petit exemple :

    Période 1 :

    ♣ Module 1 : Maisons

    Mardi 01/09 : Retour de vacances

    Jeudi 03/09 : La drôle de maison (1)

    Vendredi 04/09 : La drôle de maison (2)

    Lundi 07/09 : La drôle de maison (3)

    Mardi 08/09 : Poésies

    Jeudi 10/09 : Les abeilles et la boue (1)

    Vendredi 11/09 : Les abeilles et la boue (2)

    Reste un jour pour éventuellement, essayer La vieille maison, ou L'argile (Une case en Haute-Guinée est difficile pour des CE1) ou pour caser les évaluations CE1

    ♣ Module 2 : Poursuites

    Mardi 15/09 : La poursuite

    Jeudi 17/09 : Le vent fou (1)

    Vendredi 18/09 : Le vent fou (2)

    Lundi 21/09 : L'oie d'or (1)

    Mardi 22/09 : L'oie d'or (2)

    Jeudi 24/09 : L'oie d'or (3)

    Vendredi 25/09 : L'oie d'or (4)

    Lundi 28/09 : Soit "Poursuites en poésie", soit "Les points cardinaux", soit journée banalisée pour rattraper un éventuel retard (évaluations CE1, absence non remplacée, sortie scolaire, etc.)

    ♣ Module 3 : La mer

    Mardi 29/09 : Souvenirs de vacances

    Jeudi 01/10 : Le Petit Moulin (1)

    Vendredi 02/10 : Le Petit Moulin (2)

    Lundi 05/10 : Le Petit Moulin (3)

    Mardi 06/10 : Le Petit Moulin (4)

    Jeudi 08/10 : Poésies

    Vendredi 09/10 : La mer, la plage

    Lundi 12/10 : Soit "Le littoral", soit "Ulysse et les Sirènes (1)" en lecture offerte, soit journée banalisée pour rattraper un éventuel retard (évaluations CE1, absence non remplacée, sortie scolaire, etc.)

    Mardi 13/10, Jeudi 15/10, Vendredi 16/10 : Soit "Ulysse et les Sirènes (1) et (2) en lecture offerte, soit journées banalisées pour rattraper un éventuel retard (évaluations CE1, absence non remplacée, sortie scolaire, etc.)ou pour effectuer des évaluations de fin de période.

    Quelle est la progression pour des CE2 ?

    Les textes sur fond gris et les textes sur fond orange.

    Au rythme d'un par jour, séances de 45 minutes.

    Petit exemple :

    Période 1 :

    ♣ Module 1 : Maisons

    Mardi 01/09 : La drôle de maison (1)

    Jeudi 03/09 : La drôle de maison (2)

    Vendredi 04/09 : La drôle de maison (3)

    Lundi 07/09 : Poésies

    Mardi 08/09 : Les abeilles et la boue (1)

    Jeudi 10/09 : Les abeilles et la boue (2)

    Vendredi 11/09 : La vieille maison ou Une case en Haute Guinée 

    Lundi 14/09 :  L'argile

    ♣ Module 2 : Poursuites

    Mardi 15/09 : Le vent fou (1)

    Jeudi 17/09 : Le vent fou (2) 

    Vendredi 18/09 : L'oie d'or (1)

    Lundi 21/09 : L'oie d'or (2)

    Mardi 22/09 : L'oie d'or (3)

    Jeudi 24/09 : L'oie d'or (4)

    Vendredi 25/09 : Poursuites en poésie

    Lundi 28/09 : Les points cardinaux

    ♣ Module 3 : La mer

    Mardi 29/09 : Le Petit Moulin (1)

    Jeudi 01/10 : Le Petit Moulin (2)

    Vendredi 02/10 : Le Petit Moulin (3)

    Lundi 05/10 : Le Petit Moulin (4)

    Mardi 06/10 : Poésies

    Jeudi 08/10 : La mer, la plage

    Vendredi 09/10 : Le littoral

    Lundi 12/10 : Ulysse et les Sirènes (1)

    Mardi 13/10 : Ulysse et les Sirènes (2) 

    Jeudi 15/10, Vendredi 16/10 : journées banalisées pour rattraper un éventuel retard (absence non remplacée, sortie scolaire, etc.) ou pour effectuer des évaluations de fin de période.

    Quelle est la progression dans une classe de CE1/CE2 ?

    Un savant mélange des deux précédentes.

    En sachant que le premier texte du module est important pour les plus jeunes parce qu'il les raccroche à leur monde, celui de leurs camarades de classe, de leur enseignant, de leur famille, de leurs animaux familiers... 

    Peut-être pourra-t-on le faire lire aux « grands » par les « petits »  sachant qu'en réponse du berger à la bergère, liront aux petits un poème particulièrement difficile, un documentaire trop détaillé pour eux, un beau texte rare comme Ulysse et les Sirènes ou Riquet à la Houppe, etc.

    Notes :

    [1] Lecture et Expression, un livre de lecture pour couvrir toute l'année de CE1 et son livre du maître : Quatorze thèmes pour l'année scolaire, de celui des Maisons à celui des Voyages Immobiles, pour finir d'apprendre à déchiffrer, conforter ses capacités à interpréter et analyser récits, contes, textes documentaires, extraits littéraires, poèmes, ainsi qu'un roman pour enfants.

    Lecture et Expression au CEModule 1 ; Modules 2 et 3 ; Modules 4 et 5 ; Module 6 ; Modules 7 et 8 ; Module 9 ; Module 10 ; Module 11 ; Module 12Module 13 ; Module 14 ; Annexe 2 : Rédaction collective d'une phrase


    10 commentaires
  • Cycles 1 et 2 : Opposition bruit/ silence

    État des lieux

    Bien souvent, en classe, le ton monte. Machin parle à Bidule pendant que Truc s'agite sur sa chaise et fait tomber sa règle, l'enseignant s'égosille, Machin parle encore plus fort, et c'est de pire en pire.

    Alors on se dit que ça vient de l'enseignement frontal et on organise sa classe en ateliers, et on s'égosille toujours autant parce que les joueurs de cartes s'esclaffent pendant que ceux qui sont aux petits chevaux se chamaillent et que ceux qui devaient refaire leur prénom en pâte à modeler ont éparpillé de la pâte à modeler et que c'est la faute à Emma paske Enzo lui a dit que...

    Alors on se dit que, peut-être, avec les AIM (activités individuelles de manipulation), on aura un peu plus de silence, surtout si on arrive à obtenir de la mairie qu'elle investisse dans quelques tablettes numériques et qu'on ait trois ou quatre ordinateurs en fond de classe et puis des casques audio pour qu'ils écoutent l'histoire et puis qu'on s'occupe d'un des quatre derniers qu'on aura installés loin les uns des autres dans les quatre espaces dédiés installés aux quatre coins de la classe...

    Et puis, finalement, il y a du bruit quand même. Beaucoup moins, grâce aux écrans et à leurs vertus hypnotiques, mais quand même, dès que ce temps d'ateliers est impossible – en sport, en musique, en regroupement – on dirait que le bruit redouble, au contraire.

    Alors pourquoi, malgré une préparation et une organisation parfaites, malgré des activités ludiques, qui rendent l'enfant acteur de ses apprentissages, avons-nous parfois l'impression de nous retrouver en plein champ de foire, un jour de fête foraine ?

    L'opposition bruit/silence

    Un enfant qui joue ne s'entend pas crier, il est pris par son jeu et s'exprime selon son registre habituel, souvent plus près de la voix criée que de la voix susurrée.

    Un enfant qui a tout à coup quelque chose à dire le dit, même s'il est tout seul, et bien souvent, il le claironne.

    Un enfant qui est pris par son activité n'a pas non plus conscience des bruits parasites, des paroles des uns et des autres, des cliquettements d'un stylo, de la porte d'armoire qui grince à chaque ouverture et chaque fermeture, de la main qui tapote la table pendant qu'il écoute de la musique, etc.

    Et il les entend d'autant moins qu'on ne lui a pas appris à les écouter. Sans éducation de l'ouïe – et nous avons de moins en moins de temps pour en faire – certains enfants, inéduqués aussi à la maison dans ce domaine, ne perçoivent pas consciemment bruit ou silence, même s'ils ont 6, 7, 8 ans ou plus.

    Cette éducation de l'ouïe est pourtant notre mission principale, surtout pendant les années "maternelle" et les premières années "élémentaire", car c'est elle qui va les préparer à pouvoir recevoir un enseignement collectif visant à leur transmettre des connaissances et des savoir-faire.

    Cela se fait principalement par l'éducation sensorielle – la grande oubliée des programmes actuels – souvent remplacée par un peu d'éducation civique et morale, saupoudrée d'un zeste de bonne vieille technique de la carotte et du bâton rebaptisée de noms tous plus ronflants les uns que les autres.

    Ici, par exemple, pour ces problèmes récurrents de bruit qui épuise tout le monde et qui nous fait souvent sortir aphones de nos salles de classe, on va conseiller d'établir des règles de vie, avec échelle de sanctions ou de récompenses, ou de récompenses et de sanctions, ou de les mettre seuls sur la chaise à réfléchir pour "qu'ils se rendent compte",ou de leur donner beaucoup de travail écrit, ...

    Ce qui ne fonctionnera qu'à la marge puisque le problème se situe en amont de ces règles de vie, dans une méconnaissance totale ou partielle de ce qu'est ce bruit et de la façon dont on le contrôle.

    La première chose à faire, c'est donc de leur apprendre à prendre conscience de ce bruit. Et, comme tous les apprentissages premiers, chez les petits et tout-petits (et chez les plus grands non éduqués), cela se passera par la perception des différences entre bruit et silence. J'ai bien dit la perception, physique, pas la verbalisation scientifique. Juste ça : « Ah tiens, il se passe quelque chose. Mon oreille ressent un changement. »

    Le concert : règle du jeu

    Jeu à organiser de la Petite Section au CM2.

    But du jeu : Prendre implicitement conscience que le voix se contrôle, comme les jambes ou les bras.

    Le jeu se fera plutôt dehors qu'en salle de classe en raison des perturbations du niveau sonore pour les classes voisines, mais, surtout chez les plus petits, il peut aussi avoir lieu dans la salle de classe (car les petits obéissent à des règles simples du style : « Ici, c'est ici, ailleurs, c'est ailleurs. Ce qui est valable ici l'est pour ici et uniquement pour ici et ce qui est valable ailleurs l'est pour cet ailleurs-là et uniquement cet ailleurs-là).

    → On installe les élèves en chœur.

    → On leur explique qu'ils vont jouer un drôle de concert dont ils suivront la "musique" grâce à nos deux bras que nous écarterons plus ou moins face à eux.

    → Quand nous écarterons les bras, ils devront faire du bruit avec la bouche, quand nous les resserrerons, ils devront faire diminuer le bruit jusqu'à se taire complètement lorsque nos mains seront jointes.

    → Diriger cet orchestre pendant environ 1 minute en jouant sur l'intensité du son :

    ◊ écarter très lentement, resserrer d'un coup...

    ◊ écarter un peu, resserrer, écarter un peu, resserrer, écarter un peu...

    ◊ etc.

    ◊ Toujours finir par un moment où le son "meurt" peu à peu.

    → Au début, il faut le faire parfois 3 ou 4 fois par jour, à tous les niveaux.

    → Après, peu à peu, quelques secondes de temps en temps suffisent,

    ♥ sauf en Petite et Moyenne Sections où c'est de la phono utile, bien plus que le comptage de syllabes et où il faut continuer toute l'année

    ♥ et en Grande Section et CP où cela pourra déboucher sur de la lecture et de l'écriture de "partitions" avant de se transformer en simple jeu d'attention visuelle et auditive comme dans les grandes classes.

    → Cela fonctionne aussi avec les « cliqueurs » de stylos 4 couleurs et les secoueurs de feuilles bristol. Il suffit de proposer un « concert de stylos » ou un « concert de feuilles secouées » et de tenir le rôle de chef d'orchestre de la même manière mais en jouant sur la pulsation, lente ou rapide, plutôt que sur l'intensité sonore.

    Observation raisonnée :

    Lorsque cette prise de conscience implicite est faite et que les enfants savent à peu près contrôler l'intensité de leurs émissions vocales, généralement à partir de la Grande Section (un peu plus tard lorsque le travail n'a pas été fait en PS et MS), on peut parfaire le travail en les amenant à observer leur système phonatoire.

    C'est par ailleurs un excellent exercice préparatoire à la lecture pour les GS et un complément de choix pour aider les élèves de CP – ou les élèves plus âgés en difficulté – à distinguer finement les sons.

    → demander aux élèves de toucher leur gorge quand ils parlent pour sentir vibrer leurs cordes vocales (main à plat sans appuyer)

    Opposition bruit/ silence

     → Puis recommencer en parlant tout bas pour sentir que ça vibre moins

     → Enfin chuchoter pour voir que ça ne vibre plus du tout 

    →  s'entraîner à chuchoter

    On peut alors leur dire qu'ils ont le droit de chuchoter, à condition que de temps en temps, ils pensent à vérifier qu'il n'y a bien aucune vibration des cordes vocales.

    Charité bien ordonnée commence par soi-même

    Travaillons nous aussi cette culture de l'ouïe : 

    →  en nous écoutant parler,

    → en apprenant à jouer sur l'intensité et le registre de notre voix

    → en sachant anticiper les moments où le ton va monter,

    → en prenant conscience de ce qui a déclenché ce bruissement devenu murmure puis bourdonnement puis rumeur et enfin brouhaha puis tumulte !

    → en cherchant à corriger ce qui, dans notre organisation, est un facteur déclenchant

    Cadeaux bonus !

    Quelques constatations :

    Un enfant est un être d'habitude, il ne comprend pas les changements de direction trop fréquents : pas de moments où on a le droit de crier au prétexte de se défouler.

    D'ailleurs, un enfant qui crie ne se défoule pas, il s'excite.

    Donc pas de cour de récréation où ça hurle dans tous les sens, pas d'encouragements genre Finale de la Coupe du Monde à chaque fois qu'on organise un jeu sportif quel qu'il soit, pas de groupies du pianiste qui hurlent pendant que la classe de M. Ducéhèmdeux chante le dernier tube à la mode.

    Beaucoup de chant, d'écoute musicale pour cultiver l'ouïe. De tous styles et de toutes origines pour ouvrir l'esprit et garantir l'égal accès à la culture à tous. 

    Beaucoup de lectures et de vocabulaire pour apprendre à exprimer son plaisir, sa joie, son approbation autrement que par des cris et de l'excitation.

    Quelques petites histoires pour apprendre à se contrôler :

    ♥ Le loir du couloir

    Dans le couloir des porte-manteaux, bien caché dans son petit nid, quelque part là-haut dans le plafond, dort un petit loir. Il est très timide, le pauvre, et il a besoin de beaucoup de sommeil parce que, toute la nuit, il se promène dans les classes et regarde toutes les jolies choses que les enfants ont fabriquées. Parfois même, il dépose sur la table de présentation un petit cadeau qu'il a ramassé pour eux : un caillou brillant, une noisette, une fleur qu'il a cueillie, ...

    Il aime beaucoup les enfants, mais ils lui font peur, surtout quand ils font du bruit. Quand ils crient dans le couloir, juste sous son nid, il est terrorisé. Il se demande même s'il ne va pas aller habiter ailleurs et ne plus jamais revenir dans cette école.

    C'est pourquoi, dans notre école, comme nous aimons beaucoup le petit loir du couloir et que nous voulons le protéger et respecter son sommeil, nous ne crions jamais dans les couloirs. Jamais.

    ♥ La limace de la classe

    Dans notre classe, il y a une limace. Une limace invisible, très rare, qu'il faut protéger par-dessus tout. C'est la limace de la classe.

    Comme toutes les limaces, elle avance doucement, tout doucement, lentement, très lentement.

    Comme toutes les limaces, elle a un corps tout mou, sans aucune protection.

    C'est pourquoi, nous, dans notre classe, nous marchons aussi doucement, tout doucement, lentement, très lentement. Parce que nous ne voulons surtout pas écraser la limace de la classe qui se promène là, par terre, au milieu de nous.

    ♥ Pinocchio et Jiminy Criquet

    Pinocchio est un pantin de bois. Comme tous les pantins de bois, il n'a pas de cerveau. Ce qui fait qu'il ne comprend rien. Rien de rien. On dit qu'il n'a pas de conscience.

    Et comme il n'a pas de conscience, souvent, il se met en danger. Quelquefois des grands dangers, quelquefois des dangers moins grands mais qui le coupent de ses amis qui savent qu'on ne peut pas lui faire confiance. Même quand il fait quelque chose de bien, il ne le sait pas et, du coup, il ne peut pas apprendre à bien se comporter tout le temps puisqu'il ne sait pas ce qui est bien et ce qui est mal.

    Alors la Fée Bleue lui a donné Jiminy Criquet, un grillon qui va lui servir de conscience.

    Jiminy Criquet est là pour lui dire : « Attention, Pinocchio, là, si tu continues, tu vas tomber.. Et quand ils tombent, les pantins de bois, eh bien, ils se cassent. » ou « Attention, Pinocchio, là, tu ennuies tout le monde. Si tu continues, ils te diront qu'eux, ils ne jouent pas avec des pantins de bois sans cervelle ! »

    Il est aussi là pour lui dire : « Bravo Pinocchio ! En ce moment, tu te comportes exactement comme un vrai enfant bien éduqué. C'est comme ça que tu devras te comporter tout le temps si tu veux que la Fée Bleue te transforme en enfant à qui on fait confiance. »

    Vous, vous avez la chance d'être de vrais enfants, avec un Jiminy Criquet dans la tête. Un qui peut vous dire ce qui est une attitude responsable de grand garçon ou de grande fille et ce qui est une "glugluterie" de pantin de bois sans cervelle !... C'est quand même mieux d'avoir une conscience que de devoir se promener sans arrêt avec un grillon sur son épaule ou dans sa poche !

    ♥ Le petit enfant qui n'a pas de feu rouge dans sa tête

    La plupart des êtres humains naissent avec un feu rouge dans la tête. C'est ce que les grands appellent la « conscience ».

    Au début, quand nous sommes tout petits, ce feu ne nous sert qu'à nous avertir que là, quand il est rouge, on est malheureux, et là, quand il est vert, on est heureux.

    Quand on est heureux, on gazouille et on fait des sourires.
    Généralement,ça allume le feu vert des adultes : ça les réjouit et ils s'approchent de notre berceau, nous racontent des choses agréables auxquelles nous ne comprenons rien mais qui nous rendent encore plus heureux tellement elles ont l'air douces et calmes.

    Quand on est malheureux, on crie et on pleure.
    Généralement, ça réveille le feu rouge des adultes qui viennent vite voir pourquoi on est si malheureux : vite, ils nous changent ou nous nourrissent, ou bien encore ils décoincent notre main que nous avions coincée sous notre corps ou tout autre chose qui nous ennuie...

    Alors, cela nous fait comprendre que ce feu rouge est très utile et nous nous en servons pour beaucoup plus de choses. Et particulièrement pour attirer les autres, les adultes par exemple, parce qu'ils nous aident quand nous avons besoin d'eux. Mais aussi les autres enfants avec qui nous aimons partager des moments.

    Seulement voilà, les autres aussi ont leur feu rouge qui les avertit quand ça ne va pas. Et petit à petit, nous devons apprendre à nous dire que là, le feu rouge de la personne qui est près de nous va la faire hurler et tempêter ou que là, au contraire, son feu rouge va passer au vert et nous dire que nous sommes exactement sur la route qu'il faut et que nous pouvons continuer à avancer.

    Hélas, de temps en temps, il arrive qu'un enfant naisse sans feu rouge ou que, pour des raisons très compliquées, il n'ait pas appris à le faire fonctionner correctement.
    Cet enfant-là est très malheureux car il ne sait pas s'arrêter. Il file, file, sans pouvoir se dire stop. Et cela provoque des catastrophes, des petites et des grandes. Alors, il essaie de réparer tout ça et c'est parfois encore pire parce que, là non plus, il n'a pas le bouton qui lui dit : « Non, pas comme ça. » ou alors « Oui, voilà, comme ça ! »
    Et si en  plus, les feux rouges des autres s'allument tous les uns après les autres, leurs hurlements tempétueux le mettent encore plus à bout de nerfs et rajoute des catastrophes aux catastrophes !

    Pour lui la vie est très difficile mais, si les autres réagissent avant qu'ils soient obligés d'allumer leurs feux rouges, c'est déjà plus simple.

    Ses camarades de classe peuvent lui procurer de l'aide et lui apprendre peu à peu à fabriquer et utiliser son feu rouge, tout comme le font son maître ou sa maîtresse, son accompagnateur ou son accompagnatrice.

    Il leur suffit de savoir que plus il y a d'agitation et de bruit autour de lui et plus cet enfant sans feu rouge souffre car son cerveau ne peut pas dire stop à ces bruits qu'il entend et à ces mouvements désordonnés qu'il voit.

    Au contraire, quand il vit dans le calme, sans chaises qui raclent le sol, sans pieds qui le martèlent, sans bavardages et papotages en tous genres, sans ricanements ou cris de colère, il peut, en respirant calmement et en soufflant doucement, arriver peu à peu à se contrôler. 
    Ce contrôle, c'est le signe qu'il est en train de construire son feu rouge et qu'il faut persévérer dans le calme et le silence, sans rajouter de l'agitation à son agitation personnelle.

    Et attention, grand secret des grands secrets : ne surtout pas l'applaudir et lui faire la hola parce qu'aujourd'hui, il a été sage et n'a pas fait de crise, cela détruirait des heures et des heures de travail.

    Juste le prendre par la main, lui parler doucement et lui dire : « S'il te plaît, tu veux bien être mon ami ? »


    31 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires