• CP : Les débuts en écriture-lecture (4)

    LUNDI

    Jour périlleux entre tous. Les élèves reviennent après plus de 48 heures d'interruption, parfois hélas bien mal employées. En espérant permettre à tous de reprendre le collier sans trop de « casse », l'enseignant a modifié l'emploi du temps et la manière d'aborder les notions à acquérir.

    8 h 50 / 9 h : Accueil

    • Accueil dans la cour. Penser à rappeler aux élèves qu'ils doivent aller boire et passer aux toilettes avant que la cloche sonne.

    9 h - 9 h 30 : EPS / Mathématiques

    Relations aux programmes : Compter : Comprendre et utiliser des nombres entiers pour dénombrer – Éducation physique et sportive : Prendre conscience des différentes ressources à mobiliser pour agir avec son corps /  connaitre le but du jeu / reconnaitre ses partenaires

    Avant de se préparer à entre en classe : 

    • Filet du pêcheur
    • Chaises musicales
    • Algorithme d (CP : Ateliers mathématiques - 1)
    • Jeu de la maîtresse folle, en finissant par un rang par deux, avec son cartable.

    9 h 30 / 9 h 45 : Temps incompressible

    • Montée en classe, dépôt des vêtements au vestiaire, reconstitution du rang, nouveau rituel de respiration, entrée sur la pointe des pieds. L'enseignant donne les consignes en chuchotant.
    • Dépôt des cartables sur les chaises pour ouverture et sortie du matériel qu'ils contiennent.
    • Rangement des cartables en fond de classe ou au vestiaire, déplacements par deux ou trois.
    • Dépôt des carnets, cahiers de texte ou agendas sur le bureau de l'enseignant ; même chose pour les papiers qui circulent entre la maison et l'école.

    9 h 45 - 10 h : Langage oral

    Relations aux programmes : Comprendre et s’exprimer à l’oral : Écouter pour comprendre des messages oraux / Dire pour être entendu et compris / Participer à des échanges dans des situations diverses / Adopter une distance critique par rapport au langage produit  – Education Morale et Civique : Exprimer son opinion et respecter l’opinion des autres / Accepter les différences / Se sentir membre d’une collectivité / Respecter les règles communes / Comprendre les raisons de l’obéissance aux règles et à la loi dans une société démocratique / Différencier son intérêt particulier de l’intérêt général 

    • Les élèves sont assis au coin regroupement et l'enseignant leur tient le discours suivant :
    Enseignant : Nous allons d'abord nous taire quelques instants, en respirant profondément comme je vous ai appris à le faire. Pendant ce temps, vous réfléchirez à ce que vous auriez très envie de nous raconter et qui nous intéresserait. 
    Non, non, ne levez pas le doigt tout de suite. D'abord, nous réfléchissons en silence et ensuite, je vous donnerai la parole. Posez vos mains sur vos genoux, comme ça. Puis maintenant, nous respirons, lentement, sans remuer. Quand l'aiguille rouge de la pendule sera tout en haut, nous arrêterons.
    Une fois le temps écoulé, l'enseignant reprend la parole, en parlant lentement, à voix basse :Enseignant : Le temps est écoulé. Je demande à Fatou de commencer.  

    Fatou : Hier, avec mes sœurs, on a joué aux Barbie®. J'aime bien jouer aux Barbie® parce qu'elles sont belles, qu'elles ont des beaux cheveux et des belles robes.

    Joris : Oh la naze ! Agnagnagna Barbie, agnagnagna belle robe. Pfff !

    Enseignant : Joris, premier avertissement. Change d'attitude si tu veux rester parmi nous ! Merci Fatou. C'est le tour de Gabrielle maintenant.

    Gabrielle : Hier, c'étaient les Journées du Patrimoine alors avec mes parents, mon grand frère Augustin et ma petite sœur Léopoldine, nous sommes allés visiter le Musée des Jouets d'Enfants. Il y avait déjà des poupées dans l'ancien temps, très fragiles et très belles. En porcelaine. Peintes à la main. Et des voitures à pédales, sans moteur.
    Dans le parc du musée, nous sommes montés dans un petit train jouet. Je vous ai apporté des photos, si vous voulez.

    Hicham : Un petit train pour monter dedans, j'en ai vu un, une fois. Il y a un monsieur avec un micro qui explique des choses aux gens qui sont montés dedans.

    Ilan : Moi, je suis monté dans un vrai train, une fois. Un TGV, même. On dit que ça va vite mais c'est même pas vrai. Quand on est dedans, on voit pas du tout qu'on va vite. On attend même très longtemps pour arriver à la gare. Très, très longtemps.  

    Joris : Moi j'aime pas le train. Paske on attend, on attend, on attend. Et puis, y faut pas bouger, y faut pas crier, y faut pas manger des bonbons... Mais on peut jouer à sa tablette. Moi, hier, j'ai pas fait du train. J'ai joué à la tablette. Avec le jeu de mon grand frère Dylan. Maman, elle veut pas que j'y joue paske le spikologue, il a dit que je devais pas y jouer, mais elle m'a pas vu, et Dylan, il a pas vu que j'avais pris son jeu, alors j'ai joué à la tablette dans mon lit et c'était super !   

    Katia : Pourquoi il ne veut pas que tu joues à ta tablette, le docteur ? Mon docteur, il a dit à maman, juste 30 minutes et on a acheté un minuteur et comme ça, je joue 30 minutes et ça, ça va. Pourquoi le docteur de Joris, il ne veut pas ?

     Enseignant : Je ne sais pas ce qu'a dit le psychologue qui s'occupe de Joris, Katia. Mais j'ai cru comprendre que Joris veut jouer à des jeux de grands, qui ne sont pas de son âge. C'est ça, Joris ?

     Joris : Oui, c'est ça. C'est des jeux « interdits aux moins de 16 ans » paske y a des monstres, des morts-vivants, des zombies qui explosent. C'est trop d'enfer, ces jeux ! Mais c'est pas pour les tarl... 

    Enseignant : Hop, hop, hop, Joris ! Je t'arrête tout de suite parce que là, je sens que tu vas encore déraper ! Pas de grossièretés, tu connais le contrat ! Nous reparlerons ensemble de ces jeux, si tu veux. Mais pas ici, pas devant tout le monde. Et quand tu le verras, tu pourras redemander au psychologue qu'il t'explique pourquoi il ne veut pas que tu joues à ces jeux, car je crois que tu n'as pas tout à fait compris. Maintenant, c'est à Loan. Si tu sens que tu vas déborder, tu peux aller jouer dans le coin-repos, ou regarder un livre. Non ? Tu es sûr ? Comme tu veux. Mais alors, c'est silence et immobilité, d'accord ? À toi Loan.

    Loan : Bah... Euh... Je ne sais plus quoi dire, moi. J'avais une tablette, mais elle est cassée... Et puis un train, mais il est cassé... Et hier, j'ai rien fait. Rien fait d'intéressant, je veux dire... Non... Rien...  

    Maya : Moi, le docteur, il n'a rien dit pour la tablette. Mais ma maman, oui. Alors, chez ma maman, je n'ai pas de tablette. Et chez mon papa, oui. Et j'ai des jeux, mais pas interdits. Que des jeux normaux. J'en ai pas beaucoup. Alors je joue pas beaucoup. J'écoute des chansons.

    Nino : Moi, j'ai pas de tablette. Je vais demander au Père Noël mais l'année dernière, il a pas voulu et il m'a apporté des Lego® et un vélo à la place. Et des Playmo, et quoi encore ?... Ah oui, un pyjama Spiderman... et une couette Spiderman... et un coussin Spiderman... 

    Joris : Et des pipicaca Spiderman !!!...

    Enseignant : Joris, ça suffit. Et laisse ton voisin tranquille. Je sens que ça y est, tu débordes complètement, là. Donne-moi la main et viens avec moi. Attention, n'aggrave pas ton cas... Si tu commences à te rouler par terre, je serais obligée d'appeler de l'aide. C'est ce que tu veux ?... Très b...

    Joris : Non, non, je veux pas ! Je suis sage, je suis sage... Mais pas tout seul. Je veux bien aller jouer au coin-repos, mais pas tout seul. Pourquoi elle est pas là, Sabrina ?

    Enseignant : Tu sais que Sabrina ne vient pas le lundi. Elle est avec un autre enfant qui a des problèmes. Demain, elle sera là. Oui, Loan ?

      Loan : Moi, j'ai rien à dire, alors je veux bien aller jouer avec Joris si tu veux.

    Ilan, Hicham : Moi aussi !!!... moi aussi !!!...

    Enseignant : Non, non, pas trois en même temps. Loan va y aller, mais il faut que ce soit un jeu calme, n'est-ce pas, Joris ? Quant à nous, nous reprenons notre tour de piste, parce que sinon, nous n'allons jamais arriver à finir à l'heure. Et le lundi, il y a le professeur de musique. Olympe, tu as quelque chose d'intéressant à nous raconter ? 

    Olympe : Je voulais juste dire que l'autre jour, c'était l'anniversaire de maman, et que nous avons loué un bateau pour passer le week-end sur un canal mais que nous sommes rentrés très tard à cause des embouteillages et que je suis fatiguée. C'est tout.

    Peyo : Nous, on a un canot pneumatique. Cet été, à la mer, on a fait du canot pneumatique. Et du pédalo, aussi.

    Quentin : Ah oui, du pédalo, c'est rigolo ! Pédallllloooo, rigollloooo, ça rime ! J'ai fait du pédalo, un jour, avec mon papy et ma mamie. J'étais tout petit, je crois.

    Rose : Moi non, j'en ai jamais fait, du pédalo. Ni du train. Ni du bateau. Mais hier, je suis allée visiter un château. Avec des grandes pièces et des meubles magnifiques. Et de l'or partout. Et des tapis qu'on n'a pas le droit de marcher dessus. 

    Salima : Chat ? Pas parler chat ? Moi, a chat. Vu. Blanc.

    Enseignant : Eh non, Salima, aujourd'hui, on ne parle pas du chat Mimi, dans le livre de lecture. Mais toi, tu peux parler du chat que tu as vu. Il était blanc ?

    Salima : Oui. Blanc chat. A vu, moi. Petit, petit. Petit comme ça. Blanc.

    Enseignant : Très bien, Salima ! Tu fais de gros progrès en français, tu sais ! Nous avons tout compris : Hier, tu as vu un petit chat blanc, petit comme ça. Très bien. Vraiment. Bon, s'il nous reste un peu de temps, nous allons passer au tour de Théo. Oui ? Oui, c'est bon, encore cinq minutes. À toi, Théo.

    Théo : Justement puisqu'on parle de chat et de pédalo, j'ai vu dans le livre de lecture que le chat Mimi, il a un vélo. Et puis, il y a un garçon aussi. Ma maman, elle m'a dit le nom du garçon. Enfin, non, avec ma maman, on l'a lu, le nom du garçon. En plus, c'est rigolo parce que c'est le nom de mon cousin. C'est Malo, comme mon cousin Malo. 

    Ulysse : Et moi aussi, j'ai regardé le livre de lecture, mais avec ma grande sœur Pénélope. Elle m'a tout lu les histoires. Ils vont faire des tas de trucs. Du vélo... du cheval... du manège... du cirque... Ils vont aller au zoo... et faire du bateau... Et y'a même l'histoire du petit Chaperon Rouge, et celle du Bonhomme en pain d'épices. 

    Vanina : Ah bah voilà ! La chance ! Vous, vous l'avez lu ! Moi, ma maman, elle a pas voulu. Elle a dit que sinon, la maîtresse, elle nous gronderait.

    Willy : Bah pourquoi elle nous gronderait, la maîtresse ? Ça va lui faire moins de travail, si on l'a déjà lu, le livre, d'abord.

    Xénophon : Parce qu'on saurait tout, peut-être ? Au centre de loisirs, l'animateur, il a dit à un copain que c'était pas bien, parce qu'il connaissait déjà le jeu qu'on allait faire. Alors moi, quand je connais quelque chose, je ne le dis pas, pour ne pas me faire gronder.

    Ysolde : Je crois que ce n'est pas ça. Ce serait bête, un adulte qui ne veut pas qu'on sache déjà certaines choses. Pourquoi ils ne voudraient pas ?  

    Zéphyr : Peut-être parce qu'après, on ne va pas bien écouter. Parce qu'on l'aurait déjà fait. Alors on ne voudrait plus le refaire. Peut-être, hein...

    Albert : C'est bête. Moi, j'aime bien refaire les choses que j'ai déjà faites. Comme les gâteaux moelleux au chocolat. Je sais les faire. Avec mon papa et mon frère. Et j'aime beaucoup les refaire.

    Bilal : Et moi, eh ben moi, je regarde toujours les mêmes DVD. Taxi 2, Taxi 3, et puis Star Wars... Eh ben, j'aime encore ça. Et le Petit Chaperon Rouge, ça m'embêtera pas de le lire même que je le connais déjà.

    Coline : Moi non plus. Et même le Petit Bonhomme en Pain d'Épices. Et pourtant, on l'a lu l'année dernière, à la maternelle.

    Dounia : Non, on l'a pas lu. La maîtresse nous l'a ra...con...té. C'est pas pareil.

    Eddy : Pas pareil du tout, tu veux dire. Parce que là, c'est nous qu'on va le lire. Ça veut dire qu'on sera grands. Et ça, c'est vraiment bien !

    Enseignant : Bon, eh bien voilà ! C'est parfait, tout ça. Tout le monde a parlé et il me reste encore deux petites minutes pour vous expliquer ce que je veux bien que vous fassiez et ce que je ne veux pas que vous fassiez.
    Je veux bien que vous regardiez le livre de lecture, jusqu'à la fin. Je veux bien que vous essayiez de lire des mots ou des phrases. Je veux bien que vous appreniez le son des lettres que vous voyez sur les pages de gauche. J'accepte même que quelqu'un qui sait lire, une sœur, un frère, un parent vous lise les phrases et les histoires. 
    En revanche, ce que je ne veux pas, c'est que vous appreniez par cœur les phrases que nous allons lire.
    Tout simplement parce que réciter par cœur, c'est comme raconter, ce n'est pas lire. Lire, c'est regarder les lettres, se rappeler du son qu'il faut prononcer et chercher à comprendre ce que ça raconte. Vous comprenez ?...  Et maintenant, nous allons nous arrêter parce que le professeur de musique va arriver d'une minute à l'autre... Ah ! Le voilà ! Bonjour ! Avancez-vous, je vous cède la place.

    10 h - 10 h 45 : Chant  / Musique

    Avec l'intervenant.

    10 h 45 - 11 h : Récréation

    • Dans la cour, penser à rappeler aux élèves d'aller boire et de passer aux toilettes.

    11 h  - 11 h 10 : Temps incompressible

    • Mise en rang, retour au calme, entrée en classe sur la pointe des pieds en chuchotant.

    11 h 10 - 12 h : Mathématiques

    Relations aux programmes : Compter : Comprendre et utiliser des nombres entiers pour dénombrer / Nommer, lire, écrire, représenter les nombres

    12 h - 13 h 30 : Interclasse

    • Pendant l'interclasse, l'enseignant colle la fiche de leçons sur les cahiers, carnets ou agendas des élèves (relire p 5) et prépare l'un sous l'autre les cahiers d'exercices et les livrets ouverts à la page 5 sur les bureaux ; il vérifie que chaque élève a un crayon taillé. 
    • Pour les classes dont les élèves sont non-scripteurs, il a préparé des étiquettes autocollantes portant les syllabes chi ou cha, en cursive pour premier exercice. 
    • Il prépare le tableau de l'après-midi en recopiant intégralement la page 5 du livre Écrire et Lire au CP au tableau et le matériel nécessaire à l'expérimentation de l'après-midi (voir C2 : Questionner le Monde - 1, page 5)

    13 h 20 - 13 h 30 / 13 h 30  - 13 h 40 : Accueil et Temps incompressible

    • Accueil dans la cour. Penser à rappeler aux élèves qu'ils doivent aller boire et passer aux toilettes avant que la cloche sonne.
    • Mise en rang, exercices respiratoires de retour au calme, retour en classe, arrêt au vestiaire au besoin, entrée en classe sur la pointe des pieds en chuchotant.

    13 h 40 - 14 h : Écriture-lecture 

    Relations aux programmes : Lire : Identifier des mots de manière de plus en plus aiséeÉcriture : Maîtriser des gestes de l’écriture cursive exécutés avec une vitesse et une sûreté croissantes

    • Les élèves découvrent leur livret de lecture ouvert à la page 5 sur leurs bureaux. L'enseignant annonce le travail :

    Enseignant : Nous allons lire toute la page. Posez votre index sous le premier mot, comme ça.
    Gabrielle, lis-nous le premier mot...
    Déplacez votre index sous le deuxième mot, comme ça... Lis-nous ce mot, Hicham...
    Très bien. Déplacez votre index sous le mot suivant. À toi, Ilan....  

    • Etc. pour les 4 premières lignes.
    • Même travail avec 10 autres élèves pour la liste écrite en script des mots que les élèves savent reconnaître, puis à nouveau 10 autres pour la liste écrite en cursive.
    • L'enseignant passe entre les tables d'élèves pour replacer un index, un double décimètre au bon endroit. Le rythme doit être très rapide pour que chacun se sente encouragé.  
    • Il continue le travail, soit mot par mot, soit phrase après phrase (tout dépend de la réactivité des élèves, de leur attention lorsque ce n'est pas leur tour de lire, de leur facilité à reconnaître les mots) pour les phrases 1 à 8. Si un élève ne se souvient plus d'un mot, il le resitue dans l'un des deux textes lus :  

    Enseignant : Regarde ce mot, il commence par la lettre V puis continue avec la lettre U. Nous l'avons lu l'autre jour, à la première page. C'était le troisième mot : Tu... as... vvv... ? Oui, vu, bravo, tu t'en es souvenu ! Nous pouvons reprendre la phrase : Marie a vu ... continue !

    • Dans tous les cas, à la fin de chaque phrase, il relit lui-même la phrase lentement mais sans interruption trop marquée après chaque mot et pose quelques rapides questions de compréhension, y compris des questions qui réclament de s'intéresser à un implicite.
      
    • Une fois les 8 lignes déchiffrées, les élèves ferment leur livre et découvrent leur cahier d'exercices.
    • L'enseignant donne la première consigne  en montrant l'exercice concerné : « C'est un exercice que nous avons déjà fait mardi. Mais ici, ce sont les syllabes « chhhiiii » ou « chhhaaa» que nous devons prononcer. Nous écrirons soit l'une, soit l'autre selon celle que nous avons prononcée.  
    • Le travail est réalisé collectivement. L'enseignant sollicite l'aide des autres enfants pour qu'ils aident leurs camarades en difficulté à réaliser qu'à tel moment, dans château, machine, chameau, chat, chinois, ils articulent l'une ou l'autre des syllabes.
    • La fin de la séance est consacrée à lire, recopier en cursive (sauf classes d'enfants non-scripteurs stricts) et illustrer la scène demandée.
    • L'enseignant charge deux nouveaux élèves à ramasser les cahiers ouverts et à les pose sur son bureau.

    14 h - 14 h 45 : Questionner le monde

    Relation aux programmes : Pratiquer, avec l’aide des professeurs, quelques moments d’une démarche d’investigation : questionnement, observation, expérience, description, raisonnement, conclusion / Identifier ce qui est végétal / Développement des végétaux / Quelques besoins vitaux des végétaux

    14 h 45 - 15 h 15 : Littérature / Éducation physique et sportive

    Relation aux programmes : Littérature :  Éducation physique et sportive : S’exprimer par son corps et accepter de se montrer à autrui / Exprimer des intentions et des émotions par son corps dans un projet artistique individuel ou collectif

    • Expression orale : Chaque élève est appelé à s'exprimer sur ce qu'il vient d'entendre (selon le principe des moments de langage vus précédemment)
    • Pendant le temps restant, ils dessineront et découperont dans du papier noir un des personnages de l'histoire qu'ils pourront ensuite fixer en haut d'une pique à brochette en bois pour transformer leur personnage en marotte et pouvoir rejouer l'histoire avec leurs camarades pendant les ateliers en autonomie (Voir .

    15 h 15 - 15 h 30 : Récréation

    • Dans la cour, penser à rappeler aux élèves d'aller boire et de passer aux toilettes.

    15 h 50 - 16 h 00 : Temps incompressible

    Nota bene : Le cartable étant préparé tous les soirs de la même façon, les élèves gagnent en rapidité. L'enseignant se tiendra près des élèves plus lents pour les aider à ne pas perdre de temps lors de cet exercice.

    • Préparation des cartables (voir Mardi )

    16 h 00 - 16 h 20 : Écriture

    Relations aux programmes : Écriture : Maîtriser des gestes de l’écriture cursive exécutés avec une vitesse et une sûreté croissantes

    Trois cas possible :

    • Élèves non-scripteurs : Séances 1, 2, 3 et 4 du cahier Mes cahiers d'écriture, de chez MDI ; essais lettre i, sur l'ardoise, après démonstration par l'enseignant et essais élèves au tableau, puis dictée d'étiquettes (ou d'Alphas) :

    Enseignant : « Fixez l'étiquette des lettres qui disent « rrriiii » sur votre ardoise. Levez pour que je voie ! Très bien... Posez doucement l'ardoise sur votre table et enlevez l'étiquette et mettez maintenant, l'étiquette des lettres qui chantent « rrrraaa ». Attendez que je le dise pour lever votre ardoise. Tout le monde est prêt ?... Levez, avec l'ardoise tournée vers moi pour que je puisse lire... Très bien... Posez doucement, enlevez l'étiquette... Maintenant « chhhaaa»... Attendez que tout le monde ait fini... Levez ! Et puis « chhhhiiiii ».

    • Élèves dégrossis : Séances 1, 2, 3 et 4 du cahier Mes cahiers d'écriture, de chez MDI, puis essais en cursive sur l'ardoise : lettres a, i et r, après démonstration au tableau par l'enseignant puis essais d'élèves. Si les élèves y arrivent bien, au moins ligne de ri en cursive sur le cahier du jour (→ présentation préparée par l'enseignant) et éventuellement une ligne de ra

    La séance finit par la même dictée que pour les élèves non-scripteurs.

    • S'il sait que ses élèves ont appris à écrire en cursive l'année précédente : il a préparé une page de cahier seyes 3 mm sur laquelle on trouve, en cursive : la date, le titre, 4 lignes : ri, ra, cha, chi

    La séance finit par la même dictée que pour les élèves non-scripteurs mais les enfants travaillent à la craie ou au feutre effaçable, directement sur leur ardoise (ou sur leur cahier si tout le monde y est à l'aise (→ présentation préparée par l'enseignant). 

     16 h 20 - 16 h 30 : Poésie

    Relation aux programmes : Écouter pour comprendre des textes lus par un adulte / Conserver une attention soutenue lors de situations d’écoute / Mémoriser des textes

    • L'enseignant relit lentement la poésie, après avoir rappelé le titre et le nom de l'auteur.  
    • Ensuite, il redit les trois vers de la première strophe et les fait répéter par la classe, quelques petits groupes d'enfants, quelques enfants isolés.
    • Enfin, les enfants disent en chœur la première strophe et l'enseignant finit seul, ou avec le concours des enfants volontaires, les deux strophes suivantes.

    Dans la même série :

    CP : Les débuts en écriture-lecture (1) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (2) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (3) ; ...


    2 commentaires
  • CP/CE1 : Les nombres entre 60 et 99

    Si, lorsqu'on a dépassé les deux premières dizaines (de 1 à 10, puis de 11 à 20), les élèves enregistrent facilement le nom des nombres, il en va différemment pour les nombres compris entre 69 et 100.
    Certains « bloquent » carrément et ne savent ni les lire, ni les écrire, et rares sont ceux qui, sachant les écrire, savent aussi les lire, alors que tous savent pourtant la plupart du temps les réciter à l'oral.

    Quelques idées en vrac pour les aider à mémoriser ces nombres aux noms bizarres issus des procédures de comptage de nos ancêtres.

    Observation du Château des Nombres :

    1. Construction

    Sur une feuille format raisin (50 x 65), construire un grand tableau de 10 fois 10 cases, et le remplir case par case, avec l'aide des enfants, en commençant à 1 et en terminant à 100.Chaque enfant dicte un nombre :

    Abel : Un... Béryl : Deux... Camelia : Trois... etc. jusqu'à Jacinthe qui dit : Dix, un Un et un Zéro (ou Une dizaine et zéro unité), puis Kader : Onze, un Un et un Un (ou Une dizaine et une unité), etc.
    Ne pas accepter de nombres décomposés ainsi : "Soixante-sept, c'est six et sept» pour éviter la confusion entre les chiffres et leur valeur (six et sept, c'est treize et non soixante-sept).

    Au CP, on le complètera peu à peu, au fur et à mesure de l'apprentissage. Au CE1, on le complètera, selon les fichiers ou manuels employés, en une à quatre séances (les nombres de 0 à 10 ; les nombres de 10 à 20 ; les nombres de 20 à 69 ; les nombres de 70 à 100).

    2. Pour mémoriser les nombres de 70 à 100 :

    On y lit les nombres, dans l'ordre, et on remarque que les nombres dont le chiffre des dizaines est 1, 7 et 9 emploient les mêmes mots.

    Pour aider à la mémorisation de ces mots, on colorie les cases de la même couleur (par exemple cases jaunes pour les nombres de 10 à 19, 70 à 79, 90 à 99).

    CP/CE1 : Les nombres entre 69 et 100

    3. Jeu du château des géants

    On peut parfaire la mémorisation en jouant régulièrement au jeu des volets fermés : 100 géants sont venus dormir dans le château, certains dorment encore.

    • Avec des "post it", on cache en secret certains nombres du tableau, pendant que les enfants mettent leur tête dans leurs mains. 
    • Les enfants qui savent dire et écrire le nombre qui est caché derrière gagnent le "post it".
    • Bien sûr, on choisit un maximum de volets fermés dans les lignes de 60 à 99.

    Lier Numération, Calcul, Mesures et Monnaie :

    On peut aussi assurer la connaissance lexicale par la connaissance mathématique : 80 s'appelle quatre - vingts parce qu'on l'obtient en comptant 4 fois 20 ; 70, c'est 60+10, 71, 60+11, etc.

    En assurant le calcul par des :

    • jeux de monnaie :

    → marchande: payer 63 €, payer 73 € ; payer 82 €, payer 92 € ; ...

    → distributions : « Je vais donner 4 pièces de 2 € à chacun, combien aurez-vous ?... et avec 4 billets de 20 € ?... et avec 4 pièces de 2 € et une pièce de 1 € ?... et avec 4 billets de 20 € et un billet de 10 € ?... etc.) 

    → partages : « J'ai 6 € en pièces de 2 €, à combien d'enfants puis-je en donner une ?... J'ai 60 € en billets de 10 €, combien d'euros puis-je donner à chacun des enfants d'un groupe de trois enfants ?... Si j'ai 70 € en billets de 10 €, combien puis-je en donner au même groupe, combien restera-t-il de billets ?

    • mesures en cm

    → dans la cour ou sur de grands objets

    → lecture de la règle du tableau et repérage de nombres 

    → nombres de réglettes Cuisenaire de 10 cm dans 60 cm ?... dans 70 cm ?... etc.

    • calculs avec des bûchettes par paquets de 10 et bûchettes à l'unité

    → 60 + 5 et 60 + 15 ; 80 + 6 et 80 + 16 ; etc.

    → 98 - 8 ; 98 - 10 ; 98 - 18 ... 77 - 7 ; 77 - 10 ; 77 - 17 ; etc.

    La commande de doigts 

    • Je demande par exemple : 

    une commande de 60 doigts (donc 6 enfants qui constituent le groupe A),

    → une de 80 doigts (donc 8 enfants qui constituent le groupe B),

    → une de 13 doigts (1 enfant qui montre 10 doigts et 1 qui ne lève que 3 doigts qui constituent le groupe C)

    → et une de 16 doigts (1 enfant qui montre 10 doigts et 1 qui ne lève que 6 doigts qui constituent le groupe D).

    • On réunit les groupes A et D (60 et 16) d'une part et les groupes B et C (80 et 13) d'autre part.
    • Les élèves doivent écrire en chiffres et en "mots" le nombre de doigts levés de leur groupe.

    Fréquence des activités :

    Ces activités sont à mener de manière très régulière jusqu'à ce que tous les élèves arrivent, après réflexion, à lire et écrire un nombre compris entre 60 et 99.

    La commande de doigts

    Elle peut être utilisée en échauffement au début de la séance quotidienne d'EPS (ne me dites pas que vous ne faites pas EPS tous les jours ou je vous fais les gros yeux !).

    Le jeu du château

    Il demande d'abord d'utiliser de une séance à quatre séances de mathématiques étalées dans le temps ou consécutives  à sa construction.

    Quand il est construit, même partiellement, sa lecture dans l'ordre doit être quotidienne, en établissant un tour de rôle pour la lecture (l'élève 1 lit le premier nombre, l'élève 2 le deuxième, etc.). On peut choisir de faire uniquement lire les nombres, ou de demander que chacun lise ainsi : « Un, c'est une unité... Deux, c'est deux unités... etc. Dix, c'est une dizaine et zéro unité... Onze, c'est une dizaine et une unité... »

    Quand les élèves commencent à ne plus trop hésiter sur la lecture des nombres de 60 à 99, le jeu des volets fermés pourra servir de rituel au début de la séance quotidienne de mathématiques.

    On pourra ressortir et corriger ce château des nombres lorsqu'on étudiera les nombres de 101 à 200. Les élèves comprendront ainsi intuitivement les règles de la numération décimale au lieu d'être dans un « par cœur » qui les bloque dans leur compréhension mathématique de ce système.

    Lier Numération, Calcul, Mesures et Monnaie

    C'est un état d'esprit à acquérir. Cela se fait au quotidien, lors de chaque séance de mathématiques. On tisse des liens entre les sous-domaines pour que la « toile » se renforce et devienne de plus en plus dense, et que les connaissances d'un sous-domaine servent à construire les connaissances des autres.

    Je n'ai pas inclus le domaine Résolution de problèmes car, dans mon esprit, il est mis en œuvre lors de chaque séance quotidienne de mathématiques.


    votre commentaire
  • CP : Ateliers Mathématiques (2bis)

    Pour les nouveaux qui arrivent en cours de route, je me permets de les informer qu'ils trouveront les tenants et les aboutissants de la méthode dans les articles précédents (voir liens en fin de page).

    Pour les autres, nous continuons. Voici les trois dernières semaines du premier trimestre. Elles sont consacrées aux nombres 7, 8 et 9 que les élèves découvriront :

    • au cours d'activités physiques et sportives connus (Ballons déménageurs, Chandelle, Jacques a dit, Béret, Mère veux-tu ?) et moins connus (Jeu du radeau, Jeu des patins, Jeu du pont) auxquels s'ajoutent les désormais traditionnels Lucky Luke, Tope là ! et Rythmes frappés .
    • au cours d'activités sensorielles, en petits groupes ou seuls : les tables, les fiches-mémoires, les chiffres rugueux pour apprendre le sens du tracé mais aussi les mesures et calculs grâce aux réglettes Cuisenaire, les frises et pavages, la marchande où on manipule pièces et billets, les problèmes en images, les machines à bonbons, à moitié, à produits, la balance Roberval et les bouteilles grâce auxquelles on apprend à comparer ainsi que des jeux de société revus et corrigés pour en faire des lanceurs mathématiques : le mistigri, la bataille, les dés
    • une description précise des séances quotidiennes de langage autour des mathématiques, en groupe-classe, pour aller plus loin et toucher tout le monde ; c'est au cours de ces séances de langage que le repérage dans l'espace avec passage du plan vertical du tableau au plan horizontal du cahier (voir ci-dessous) sera travaillé, tout au long des trois semaines pour assurer la sûreté de l'apprentissage de chacun
    • des traces écrites quotidiennes qui, désormais, auront lieu sur le cahier (voir ci-dessus) et qui donnent lieu à un véritable apprentissage du repérage sur un quadrillage ô combien banal pour nous mais si déroutant pour nos petits élèves de CP

    En vue de ne pas vous retrouver débordés,
    pensez d'ores et déjà
    à collectionner pour votre classe :

    des dés traditionnels, un gros dé que tout le monde pourra lire (même dans les classes à 28), de la  monnaie factice, des ballons, des anneaux, deux caisses, des craies de cour, des réglettes Cuisenaire, du petit matériel (bûchettes, jetons, boutons, haricots, crayons, ...), des cartes-mains, cartes-nombres, cartes-dés visibles du fond de la classe et individuelles, des rectangles de tissus (serpillières, linge de maison usagé, ...) et des cartes à jouer (jeux de 52 cartes).

    Si vous pouvez par ailleurs trouver un ou plusieurs bouliers de ce type, ce sera parfait :

    CP : Ateliers Mathématiques (2bis)
    Celui-ci est proposé au catalogue Nathan, mais tout autre boulier de ce type (2 fois 5 billes de couleurs différentes, dont l'ordre est inversé à partir de la 6e rangée).

    Et maintenant, assez bavardé, le matériel :

    Les modules pour l'enseignant :

    Module 10 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M10.pdf »

    Module 11 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M11.pdf »

    Module 12 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M12.pdf »

    Les fiches récapitulatives pour les traces écrites :

    Module 10 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M10.pdf »

    Module 11 :

    Nota bene : Distribuer un rectangle que papier quadrillé 1 cm x 1 cm pour la Séance « Carrés et Rectangles »

    Télécharger « Module 11.pdf »

    Module 12 :

    Télécharger « Module 12.pdf »

    Dans la même série :

    CP : Ateliers mathématiques - 1 CP : Ateliers mathématiques - 1bisCP : Ateliers Mathématiques (2)...  ;

    Nota Bene : Pour ceux qui continuent à préférer une progression plus classique, avec un fichier d’exercices quotidiens, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent Compter, Calculer au CP, de P. Dupré, illustré par S. Borgnet, chez GRIP Éditions. J'en avais écrit un Guide Pédagogique qui n'a finalement pas été retenu par l'éditeur. Je peux envoyer ce guide par mail à toute personne qui m'en fera la demande par Contact.


    2 commentaires
  • Maternelle : Le langage en grand groupe

    À l'école maternelle, selon les sections, au cours d'une même journée, on alternera les moments de langage en groupe-classe, ceux où les enfants, en cours d'activité, échangent entre eux et avec l'adulte en petits groupes et enfin de ceux en relation duelle.

    Plus les enfants seront grands et plus le langage en groupe-classe présentera pour eux d'intérêt, à condition bien sûr qu'ils aient été accoutumés à cette pratique, à doses de moins en moins homéopathiques, depuis la TPS/PS. Petit à petit, ils y découvriront la richesse des connaissances de leurs pairs, leur capacité à rebondir sur des propos de manière à approfondir la recherche, l'observation, la découverte concrète ou abstraite (lexicale, motrice, sensorielle, culturelle, conceptuelle) et à dégager, à plusieurs, une conclusion qui convient à tous.

    De manière à ce que ces moments collectifs deviennent « la marque de fabrique de l'école », on les situera de préférence aux moments-charnières de la journée de classe : début et fin de demi-journées. Cela nécessite de déplacer le temps de jeux libres, placés actuellement en début de matinée, vers un moment moins fort symboliquement (par exemple, avant les récréations du matin et de l'après-midi).

    En TPS/PS et même début de MS, ces moments seront très courts et axés sur :

    •  la « connaissance de soi et des autres » (Quoi de neuf au regroupement collectif d'entrée en classe du matin),
    • la « découverte d'un objet concret » – animal, plante, objet du quotidien,matériel scolaire ou sportif dont on s'est servi, se sert ou se servira, ... – petit à petit, parfois en remplacement du Quoi de neuf, parfois en début ou en fin de séance d'ateliers sensoriels ou d'éducation physique, parfois pendant un temps dédié de l'après-midi consacré à Explorer le Monde (surtout valable en MS)
    • le « contact avec une œuvre » qu'elle soit littéraire (conte, album, comptine, poésie), musicale (chant, morceau instrumental), plastique (reproduction de tableau, sculpture, arrangements, ...), là aussi par toutes petites touches, à divers moments de la journée, quotidiennement pour certains (littérature, chant) ou de manière hebdomadaire pour d'autres (morceaux instrumentaux, œuvres plastiques).

    En GS, ces moments seront clairement balisés dans le temps :

    • Quoi de neuf les lundis et jeudis matin
    • Découverte d'un objet concret : séances quotidiennes d'Explorer le Monde (matière, vivant, temps, espace), de Structuration de la Pensée, d'Écriture-lecture (réfléchir sur la langue et acquérir une conscience phonologique + découvrir le principe alphabétique + geste d'écriture), de Compréhension de l'activité physique et des activités artistiques
    • Contacts avec une œuvre selon les mêmes modalités que pour les enfants plus jeunes + regroupement du matin les mardis et vendredis (+ mercredis)

    Le Quoi de neuf  

    L'important est d'obtenir qu'il s'agisse vraiment d'un moment collectif. Les enfants sont invités à écouter l'orateur et poussés à rebondir sur ses propos. Les interventions de l'adulte vont toujours dans ce sens et donnent aux élèves la conduite à tenir par imprégnation. Il s'efforce de « se passionner » pour le bébé de la Tata de Sarah ou le caillou qu'a ramassé Paulo sur le chemin, en s'exclamant, en prenant à témoin les autres enfants, en réclamant de Paulo ou de Sarah des précisions et en prenant à nouveau les autres à témoin de toutes ces petites péripéties qui font le quotidien de ces tout-petits.

    On peut instaurer un tour de parole, symbolisé par le passage d'un « bâton de parole » ou d'un « micro ». La durée de l'intervention de chacun dépend de l'intérêt qu'elle suscite chez les enfants.

    La durée totale de ce moment ne doit pas excéder 4 à 5 minutes en début de TPS/PS et peut aller jusqu'à 10 à 15 minutes en début de MS (durées indicatives à adapter selon la physionomie de la classe). Cette durée doit augmenter insensiblement mais régulièrement tout au long de l'année scolaire.
    En fin de MS et GS, elle pourra s'étendre jusqu'à une vingtaine ou même une trentaine de minutes, lorsque le sujet évolue sur un « objet d'étude » commun qui passionne tout le monde (débat d'EMC, découverte scientifique, géographique, historique, par exemple).

    La découverte d'un objet concret

    L'objet, quel qu'il soit, est présenté en silence par l'enseignant qui procède ensuite à un tour de parole pendant lequel il tiendra le même rôle que pendant un Quoi de neuf (encouragements, prise à témoin des autres participants, questions éventuelles à l'orateur, renforcements positifs lorsqu'un dialogue s'établit entre enfants).

    Il ajoutera cependant une attitude supplémentaire : le recentrage sur l'objet d'étude... Autant le Quoi de neuf pouvait « partir dans tous les sens », à condition que tout le monde reste concentré, autant ici, il est important que la conversation ne dévie pas.

    Pour les durées, se reporter au Quoi de neuf.

    Lorsque l'objet est destiné à être utilisé ensuite par les enfants ou qu'ils viennent de l'utiliser pour la première fois, que ce soit lors d'ateliers d'expression ou de structuration de la pensée ou lors d'activités motrices, le débat peut être entrecoupé de démonstrations ou d'essais.

    On recherche avant tout les échanges langagiers et non la mémorisation d'informations (d'où l'inutilité des séances de 6 semaines sur le même domaine).

    Le contact avec une œuvre

    Nota bene : Par contact avec une œuvre, nous entendrons le contenu de l'œuvre et non pas son support (à part bien entendu, pour les œuvres plastiques dans lesquelles contenu et contenant sont indissociables). Pour toute étude de livres basée sur la forme (étude de la couverture, observation du graphisme, des illustrations ou des techniques d'illustrations, etc.), se reporter au paragraphe précédent (La découverte d'un objet concret).

    Le but recherché est là aussi que tout le monde s'exprime et que chacun s'intéresse à ce que dit l'autre. Ici, la particularité réside dans le fait qu'un « autre » venu de l'extérieur s'immisce dans le groupe constitué des enfants et de leur enseignant : l'auteur de l'œuvre qui livre ses propos et guide la conversation selon son bon vouloir.

    C'est cette prise de parole « étrangère » que l'enseignant doit valoriser et rendre audible et compréhensible aux enfants.

    En TPS/PS, pour l'œuvre littéraire de type « contes et récits », l'écrit est presque inutile alors qu'en GS, il doit devenir primordial. Le rôle de l'enseignant est de jouer les passeurs, à tout petits pas, pour qu'aucun élève ne se noie en route.

    Cela passe avant tout par la vue (sacs à conter, illustrations à décrire, marottes, marionnettes, jeux scéniques) et par la ritualisation de l'activité de compréhension d'œuvres littéraires nombreuses (une par semaine au minimum); variées, appartenant aux différents types connus (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2  et Racontamus, écoutatis , comprenunt - 3).

    Une excellente description de ce que doit être l'encouragement à la prise de parole des enfants, afin d'obtenir de véritables échanges langagiers, réunis en classe entière, après écoute d'une œuvre littéraire est donnée par Pierre Péroz dans sa conférence sur l'écoute et la prise de parole en maternelle.

    Cette description de l'étude des échanges langagiers autour d'une œuvre littéraire peut facilement être adaptée à l'étude des autres œuvres, qu'elles soient musicales ou plastiques.

    Pour chacun de ces types d'œuvres, l'activité physique réelle de l'enfant peut être dans un premier temps le gage de son intérêt. On procédera alors :

    • soit en valorisant le langage en situation, toujours en recherchant les échanges langagiers, selon les règles de la pédagogie de l'écoute (chez les plus jeunes surtout)
    • soit en faisant suivre les actions de temps d'échanges (MS et GS, surtout)
    • soit en programmant les actions au préalable, en groupe-classe, pour s'organiser, planifier, tenir un raisonnement cohérent (GS essentiellement)

    Le but sera néanmoins d'obtenir un intérêt pour l'œuvre lue, affichée ou donnée à l'écoute pour permettre à tous de passer du langage en situation au langage d'évocation.

    À ne pas perdre de vue

    • Ne pas lasser, fractionner dans la journée
    • Être ouvert à tout type de « matériau de départ » (la naissance du bébé de la tata de Sarah, le gros sanglier que le papa de Dylan a tué, la maman de Lilia qui a vomi, etc.)
    • Obtenir l'attention de tous, être intransigeant sur l'écoute de toutes les interventions
    • Programmer l'entrée de lanceurs d'intérêt pour des séances pendant lesquelles on visera le langage et non uniquement l'apprentissage de nouvelles notions ou éléments culturels (voir conférence de Pierre Péroz, particulièrement les 5 dernières vidéos, et encore plus précisément celles intitulées « Des choix pédagogiques différents »). 

    votre commentaire
  • CP : Les débuts en écriture-lecture (3)
    Merci à Xavier Laroche pour cette illustration tirée de Écrire et Lire au CP

    VENDREDI

    8 h 50 / 9 h : Accueil

    • Accueil dans la cour. Penser à rappeler aux élèves qu'ils doivent aller boire et passer aux toilettes avant que la cloche sonne.
    • Mise en rang, exercices respiratoires de retour au calme, retour en classe, arrêt au vestiaire au besoin, entrée en classe sur la pointe des pieds en chuchotant.

    9 h / 9 h 15 : Temps incompressible

    • La cloche sonne. Le rang se forme. Les étourdis sont invités à aller récupérer leurs cartables et les énervés à se poser un peu. Petit rituel de respiration lente si l'ambiance est encore trop agitée.
    • Montée en classe, dépôt des vêtements au vestiaire, reconstitution du rang, nouveau rituel de respiration, entrée sur la pointe des pieds. L'enseignant donne les consignes en chuchotant.
    • Dépôt des cartables sur les chaises pour ouverture et sortie du matériel qu'ils contiennent.
    • Rangement des cartables en fond de classe ou au vestiaire, déplacements par deux ou trois.
    • Dépôt des carnets, cahiers de texte ou agendas sur le bureau de l'enseignant ; même chose pour les papiers qui circulent entre la maison et l'école.

    9 h 15 - 9 h 35 : Langage oral

    Relations aux programmes : Comprendre et s’exprimer à l’oral : Écouter pour comprendre des messages oraux / Dire pour être entendu et compris / Participer à des échanges dans des situations diverses / Adopter une distance critique par rapport au langage produit  

    • L'image ci-dessus est affichée au tableau
    • Dialogue : les élèves sont invités à s'exprimer sur l'image.
    Eddy :C'est le chat de l'autre jour ! Le chat bleu !  

    Fatou : Il est avec la petite fille. 

    Gabrielle : La petite fille lui apporte une écuelle de lait. Et l'oiseau s'envole.

    Hicham : Le chat, il a pas pu attraper l'oiseau !

    Ilan : Ouais, c'est paske la petite fille est arrivée, l'oiseau, il a eu peur, y s'est envolé.  

    Joris : Ouais, y s'est envolé ! Et le chat, c'est bien fait pour lui, il avait qu'à pas vouloir le manger. 

     

    Katia : Je crois que c'est pas bon pour les chats, le lait. Moi, à ma maison, on donne pas de lait à mon chat. On lui donne des croquettes et de l'eau. Le vétérinaire, il a dit à ma maman qu'il fallait pas donner de lait aux chats.

    Enseignant : D'accord, Katia. Tu as sans doute raison si c'est le vétérinaire qui a expliqué ça à ta maman. Mais pour l'instant, j'aimerais que nous revenions à l'image. Tu peux continuer, Loan ?

    Loan : Oui, je peux. C'est le chat bleu qui a vu la petite fille et qui se fait caresser. 

    Maya : Pendant que l'oiseau s'échappe.

    Nino : La petite fille, elle ne fait plus « Oh ! » avec sa bouche. Maintenant, elle sourit. 

    Olympe : Peut-être qu'elle lui parle, à son petit chat bleu ? Peut-être qu'elle lui dit : « Tu es un gentil chat qui ne tue pas les oiseaux. Tiens, une écuelle de lait pour toi, pour te récompenser d'avoir laissé vivre ce pauvre petit oiseau qui ne t'avait rien fait » ?

    Peyo : Ouais, c'est vrai, ce qu'elle dit, Olympe. Peut-être qu'elle lui parle ?...

    Quentin : Alors, maîtresse, tu nous écris la phrase s'il te plaît ? Avec la phrase, on saura ce qui s'est passé et comment la petite fille a fait pour faire venir le chat.

    Enseignant : Oui, oui, bien sûr. Je vais même vous l'écrire tout de suite et nous allons continuer à discuter ensemble un moment.

    9 h 35 - 9 h 45 :

    Relations aux programmes : Comprendre le fonctionnement de la langue : Se repérer dans la phrase simple. – Lire : Identifier des mots de manière de plus en plus aisée / Savoir discriminer de manière visuelle et connaître le nom des lettres ainsi que le son qu’elles produisent

    •  L'enseignant, sans rien dire, écrit au tableau le texte de lecture, en script, puis en cursive, comme sur le manuel.

    Marie crie : « Mimi ! Mimi ! » Le chat arrive.

    • Il reprend le tour de rôle de parole de la séance précédente (langage) après Quentin :

    Rose : Là, c'est écrit Le... chat... 

    Salima : Chat. Là.

    Théo : Après chat, le mot commence par a. Alors ça fait Le... chat... aaa... on ne sait pas.

    Ulysse : Et un point normal. C'est pas une question.

    Vanina : Là, il y a deux-points, là, des petits crochets bizarres, là, une grande barre avec un point dessous, là, une autre, et là, encore les crochets bizarres mais à l'envers. 

    Willy : C'est des « guinemets », les crochets bizarres. On les avait vus à la maternelle, dans une comptine. « Comment ça va sur la Terre ? », ça disait.

    Xénophon : Pas des « guinemets », des gui...LLE...mets ! C'est pour dire que quelqu'un parle. Quand ils sont ouverts à droite, c'est que ça commence à parler ; et quand ils sont ouverts à gauche, c'est que ça finit.

    Ysolde : Ça veut dire que quelqu'un parle. Peut-être la fille, ou bien le chat, ou encore l'oiseau. On ne sait pas. 

    Zéphyr : Si, on sait que c'est pas le chat, parce que le... chat..., c'est écrit après le truc « guimets » de la fin, comme il a expliqué Xénophon. 

    Albert : Oui, voilà. Moi, je pense que c'est la fille qui parle, parce que l'oiseau s'en va, alors il n'existe plus dans l'histoire...

    Bilal : Je suis d'accord avec Albert. C'est la fille qui parle au chat. Et après, on nous explique ce que fait le chat, comme elle lui a parlé. Peut-être qu'il ronronne ?... Ah non, c'est vrai, le chat aaa... gnagnagna. Ronronne, ça commence pas par a

    Coline : Oui, on ne dit pas le chat aaaaronronne, c'est pas français.

    Dounia : Alors, là, le mot qui commence comme Maya, c'est peut-être son nom à la fille ? Parce que ffffille, ça commence pas comme MMMMaya.

    Enseignant : Très bonne réflexion, Dounia. Et puis, il y aurait écrit Llllaaaa d'abord, car on dit llllaaaa fille, non ? 
    C'est donc bien le prénom de cette petite fille que nous avons vu hier à sa fenêtre. Son nom propre, c'est Marie, une petite fille que nous retrouverons souvent dans notre livre, tout comme son chat, Mimi, que nous connaissions déjà mais dont nous ne connaissions pas encore le nom propre. Je vous écris ces deux noms propres au tableau puis je vous lirai cette phrase, comme nous avions lu la précédente. 

    • L'enseignant écrit au tableau, en script et en cursive en oralisant les phonèmes , au fur et à mesure de leur traduction graphémique (épellation phonétique) : Mmmmaaaaarrrrriiiii(e)... Mmmmiiiiimmmmiiii...

      Puis il relit ces deux mots lentement en articulant exagérément et en suivant les syllabes du doigt. Enfin, avant de commencer la lecture de la phrase, il demande aux enfants de venir montrer les quatre mots qu'ils savent désormais reconnaître. Eddy, Fatou, Gabrielle, Hicham et Ilan se succèdent pour montrer, dans l'ordre ou dans le désordre, l'un des mots suivants : le, chat, Marie, Mimi (ce dernier étant répété dans le texte, il sera montré par deux enfants successifs).
       
    • L'enseignant lit, lentement, en suivant les mots du doigt, et en s'interrompant après chaque mot, d'abord la ligne en script, puis celle en cursive. Les enfants sont invités à « l'aider », tous en chœur (jeu du micro), lorsqu'il montre un des quatre mots connus.
    • Il laisse ensuite les enfants parler brièvement de la véracité de leurs hypothèses.

    Joris : Voilà, c'est comme on avait dit. La fille qui s'appelle Marie, elle crie pour appeler son chat qui s'appelle Mimi. Le chat, il l'entend, il laisse l'oiseau et il vient la voir.

    Enseignant : Oui, très bien, Joris. Je vous la relis pour ne pas que vous vous perdiez. Suivez bien mon doigt, vous pouvez m'aider si vous savez aussi. Comme tout à l'heure, c'est vous qui direz les mots Marie, Mimi, Le et chat quand nous les rencontrerons, d'accord ? N'oubliez pas votre micro.

    • Il relit lentement à nouveau, aidé par les élèves. Comme promis, ce sont les enfants qui lisent, dans leur « micro », en chœur les mots Marie, Mimi, le et chat.
    • Il aide ensuite un premier groupe d'élèves à suivre son doigt pour lire chacun un des mots de ce nouveau texte. Il profite de cette relecture pour expliquer très brièvement le rôle de chaque ponctuation.

    Fatou : Marie... – Gabrielle : crie... – Hicham : deux-points
    Enseignant : Marie... crie... deux-points. Les deux-points servent à annoncer que quelqu'un va parler. Marie crie, attention, nous allons vous dire ce qu'elle dit.

    Ilan : Guillemets ouverts...
    Enseignant : Ensuite, nous ouvrons les guillemets. Comme nous a expliqué Xénophon tout à l'heure, ils servent à indiquer où commencent les paroles de quelqu'un : Marie... crie... deux-points, je vais vous dire ce qu'elle dit... ouvrez les guillemets,
    attention, ça commence ici !

    Joris : Mimi... –  Katia : point d'eslamation
    Enseignant : Mimi... point d'exclamation. Le point d'exclamation, c'est quand quelqu'un s'exclame, qu'il crie pour se faire entendre.
    Enfin, le point normal, que vous connaissez déjà.

    • S'il reste du temps, il fait lire un second groupe de 12 enfants, puis un troisième groupe si toute la classe n'a pas pu participer.

    9 h 45 - 10 h : Utiliser la règle pour dessiner

    Relations aux programmes : Lire : Identifier des mots de manière de plus en plus aisée / comprendre des textes variés, adaptés à la maturité et à la culture scolaire des élèves – Écrire : Copier – Arts plastiques : Utiliser le dessin dans toute sa diversité comme moyen d’expression

    •  L'enseignant distribue des feuilles A5 qui cette fois devront représenter Marie et Mimi.
    • Il donne aussi à chaque enfant les différents constituants de la phrase qu'ils devront ordonner en s'aidant du modèle qui restera au tableau toute la journée.

    10 h - 10 h 15 : Chant  / Musique

    Relations aux programmes : Chanter : Chanter une mélodie simple avec une intonation juste, chanter une comptine ou un chant par imitation / Interpréter un chant avec expressivité / Expérimenter sa voix parlée, explorer ses paramètres, la mobiliser au bénéfice d’une reproduction expressive

    • L'enseignant réunit ses élèves autour de lui pour :

    - un exercice de respiration
    - l'écoute de la chanson présentée la veille.
    - la suite de l'apprentissage du chant commencé la veille (Voir Mardi)
    - un jeu vocal, au sujet des point et de l'intonation.

    Exemple : L'enseignant a trois étiquettes, portant chacune l'un des points : .    !    ?

    - Il en tire un au sort. Les enfants doivent alors sur la proposition « Marie crie » la prononcer avec l'intonation voulue par le point tiré au sort : Marie crie. ou bien Marie crie ? ou encore Marie crie !
    - Il recommence l'exercice avec la proposition « Mimi » puis avec la proposition « Le chat arrive ».

    10 h 15 - 10 h 30 : Lecture

    Relations aux programmes : Lire : Identifier des mots de manière de plus en plus aisée / Savoir discriminer de manière visuelle et connaître le nom des lettres ainsi que le son qu’elles produisent.

    • L'enseignant appelle douze élèves au tableau et leur fait relire mot à mot le texte du jour. Puis, il leur distribue à chacun une étiquette portant l'un des mots ou signes de ponctuation et les enfants se débrouillent entre eux pour reconstituer la phrase sous le contrôle de leurs camarades inoccupés qui doivent quant à eux, un à un aussi, lire chacune des étiquettes lorsqu'elle est posée au tableau.
    • Le deuxième groupe passe à son tour au tableau, relit à nouveau les mots les uns après les autres avant de recevoir eux aussi les étiquettes à ranger dans l'ordre.
    • L'enseignant appelle deux enfants et leur demande d'extraire du texte les étiquettes des mots Marie et arrive. Il demande aux élèves de les observer attentivement.

    Katia : Dans Mmmaaaarie, on voit d'abord comme dans MMMMaaaaya. Un èmm et un a, ça fait mmmaaa.

    Loan : Et après, c'est rrrriiii. Ma... rrrriiii ! Un èrr et un i, ça fait rrrriii.

    Olympe : Et la dernière lettre, c'est un e, elle ne dit rien. C'est une lettre muette, comme à la fin de chat. Il y a un t, mais on ne dit pas chattt' ! C'est grand-maman qui me l'a fait remarquer l'autre jour. CCChhhaaa... et c'est tout. Le t est muet.

    Enseignant : Oui, très bien, Olympe. Ma...ri... e muet. Et arrive maintenant ? Qui continue ? Peyo ?

    Peyo : Et dans a...rri... v', c'est pareil... Aaaa, rrrriiii, vvvvve. Le èrr et le i, ils font rrrrriiii !

    Quentin : Ma...rrrriii.... a...rrrriii...ve, c'est pareil : ri, ri. On entend pareil, on écrit pareil, un èrr et un i, ça fait ri.

    Rose : Voilà, un ch et un a, ça fait cha, un èrr et un i, ça fait ri.

    Enseignant : Parfait ! Je prends la syllabe ri dans Marie et dans arrive. Et je coupe celle-ci en deux : rrrrr et iiii, voilà ri ! Il ne reste plus qu'à ressortir chhhh et aaa pour écrire cha.

    Salima : ccchhaaaa... rrrrriiii !

    Théo : Et si on mélange, ça marche ou pas ?

    Ulysse : Chhhhhaaaaarrrrriiii ?

    Théo : Non. On prend chhhh et on le met avec le iiii. Ça fait... ? Cccchhhh... iiii... chhh...iiii.

    Vanina : ccchhhiiii ! chi, ça fait ! cha... avec un a... et chi... avec un i !

    Willy : cha... chi... Et avec le èrr ? èrraaaa. Ah non, son bruit, c'est rrrr, j'avais oublié. Alors, rrr... aaaa... ça fait rrrr... aaa !

    Enseignant : Ne t'arrête pas entre les sons, Willy... Essaie, comme ça, avec les gestes (l'enseignant s'accompagne des gestes Borel Maisonny) : rrrrraaaaa... Tu essaies ?

    Willy : rrrr.. aaa... rrrr.. aaa... rrrr.. aaa... J'y arrive pas trop.

    Enseignant : Ce n'est pas grave, ça va venir tout seul. C'est normal, quand on apprend quelque chose de nouveau, ça met toujours un peu de temps. Nous allons t'aider, allez, prenez vos micros, les copains : « rrrraaaaa ! rrrraaaa! rrrraaaa! »

    Xénophon : Et là, rrrriiii... Avec un a, ça fait rrraaa, et avec un i, ça fait rrrriiii.

    Enseignant : C'est parfait. Nous en reparlerons cet après-midi. Maintenant, à l'écriture.

    10 h 30 - 10 h 45 : Écriture

    Relations aux programmes : Écriture : Maîtriser des gestes de l’écriture cursive exécutés avec une vitesse et une sûreté croissantes

    Trois cas possible :

    • Élèves non-scripteurs : Séances 1, 2 et 3 du cahier Mes cahiers d'écriture, de chez MDI ; essais lettre i, sur l'ardoise, après démonstration par l'enseignant et essais élèves au tableau, puis dictée d'étiquettes (ou d'Alphas) :

    Enseignant : « Fixez l'étiquette de la lettre qui dit « iiii » sur votre ardoise. Levez pour que je voie ! Très bien... Posez doucement l'ardoise sur votre table et enlevez l'étiquette et mettez maintenant, l'étiquette de la lettre qui chante « rrrr ». Attendez que je le dise pour lever votre ardoise. Tout le monde est prêt ?... Levez, avec l'ardoise tournée vers moi pour que je puisse lire... Très bien... Posez doucement, enlevez l'étiquette... Maintenant « rrrriiii »... Attendez que tout le monde ait fini... Levez ! »

    L'enseignant continue encore quelques secondes, en demandant dans le désordre r, i ou ri, à plusieurs reprises. S'il a pu constater que le groupe était encore attentif lors de la dernière partie de la séance de lecture (ra, ri ; cha, chi), il dicte plusieurs fois ces quatre syllabes que les enfants composent avec leurs quatre étiquettes.

    • Élèves dégrossis : Séances 1, 2 et 3 du cahier Mes cahiers d'écriture, de chez MDI, puis essais en cursive sur l'ardoise : lettres a et r, après démonstration au tableau par l'enseignant puis essais d'élèves. Si les élèves y arrivent bien, au moins ligne de i en cursive sur le cahier du jour (→ présentation préparée par l'enseignant) et éventuellement une ligne de r

    La séance finit par la même dictée que pour les élèves non-scripteurs.

    • S'il sait que ses élèves ont appris à écrire en cursive l'année précédente : il a préparé une page de cahier seyes 3 mm sur laquelle on trouve, en cursive : la date, le titre, une ligne de chacune des lettres : r, i - ... puis 4 lignes : ri, ra, cha, chi

    La séance finit par la même dictée que pour les élèves non-scripteurs mais les enfants travaillent à la craie ou au feutre effaçable, directement sur leur ardoise (ou sur leur cahier si tout le monde y est à l'aise (→ présentation préparée par l'enseignant). 

    10 h 45 - 11 h : Récréation

    • Dans la cour, penser à rappeler aux élèves d'aller boire et de passer aux toilettes.

    11 h - 11 h 15 : EPS / Mathématiques

    Relations aux programmes : Compter : Comprendre et utiliser des nombres entiers pour dénombrer – Éducation physique et sportive : Prendre conscience des différentes ressources à mobiliser pour agir avec son corps /  connaitre le but du jeu / reconnaitre ses partenaires

    11 h 15 - 11 h 25 : Temps incompressible

    • Mise en rang, retour au calme, entrée en classe sur la pointe des pieds en chuchotant.

    11 h 25 - 12 h : Mathématiques

    Relations aux programmes : Compter : Comprendre et utiliser des nombres entiers pour dénombrer / Nommer, lire, écrire, représenter les nombres

    12 h - 13 h 30 : Interclasse

    • Pendant l'interclasse, l'enseignant colle la fiche de leçons sur les cahiers, carnets ou agendas des élèves (relire p 4) et prépare l'un sous l'autre les cahiers d'exercices et les livrets ouverts à la page 4 sur les bureaux ; il vérifie que chaque élève a un crayon taillé. 
    • Pour les classes dont les élèves sont non-scripteurs, il a préparé des étiquettes autocollantes portant les lettres i et r, en nombre suffisant pour les trois exercices. 
    • Il prépare le tableau de l'après-midi en recopiant intégralement la page 4 au tableau et le matériel nécessaire à l'expérimentation de l'après-midi (voir C2 : Questionner le Monde - 1, page 4)

    13 h 20 - 13 h 30 / 13 h 30  - 13 h 40 : Accueil et Temps incompressible

    • Accueil dans la cour. Penser à rappeler aux élèves qu'ils doivent aller boire et passer aux toilettes avant que la cloche sonne.
    • Mise en rang, exercices respiratoires de retour au calme, retour en classe, arrêt au vestiaire au besoin, entrée en classe sur la pointe des pieds en chuchotant.

    13 h 40 - 14 h : Écriture-lecture 

    Relations aux programmes : Lire : Identifier des mots de manière de plus en plus aiséeÉcriture : Maîtriser des gestes de l’écriture cursive exécutés avec une vitesse et une sûreté croissantes

    • Les élèves découvrent leur livret de lecture ouvert à la page 4 sur leurs bureaux. L'enseignant annonce le travail :

    Enseignant : Nous allons lire toute la page. Posez votre index sous le premier mot, comme ça.
    Ysolde, lis-nous le premier mot...
    Déplacez votre index sous le deuxième mot, comme ça... Lis-nous ce mot, Zéphyr...
    Très bien. Déplacez votre index sous le mot suivant. À toi, Albert....  

    • Etc. jusqu'à la fin de la première ligne.
    • Même travail avec 12 autres élèves pour la deuxième ligne, puis 2 élèves pour la troisième, puis encore 2 élèves pour chacune des trois lignes suivantes. L'enseignant passe entre les tables d'élèves pour replacer un index, un double décimètre au bon endroit. Le rythme doit être très rapide pour que chacun se sente encouragé.
    • Pour les lignes numérotées, il rappelle le travail fait à la page 2 mardi. Il encourage chaque élève à être très attentif, et reste proche physiquement de Joris dont il sait qu'il a du mal à supporter les situations de stress et de Salima qui, du fait de ses difficultés de langage, risque de décrocher facilement.
    • Les élèves lisent tour à tour, selon l'ordre fixé par l'enseignant qui rappelle après chaque son produit (on lit rrrr et non pas èrr) que chacun doit déplacer son index au-dessus de son double décimètre.
      
    • Une fois les 3 lignes déchiffrées, les élèves ferment leur livre et découvrent leur cahier d'exercices.
    • L'enseignant donne la première consigne  en montrant l'exercice concerné : « C'est un exercice que nous avons déjà fait mardi. Mais ici, c'est le son « iiii » que nous devons prononcer. Nous écrirons la lettre i en cursive (en attaché) si nous avons prononcé le son « iiii » avec notre bouche et nous ferons une croix si nous ne l'avons pas prononcé.  
    • Le travail est réalisé collectivement. L'enseignant sollicite l'aide des autres enfants pour qu'ils aident leurs camarades en difficulté à réaliser qu'à tel moment, dans iiiigloo, îîîîle, cheniiiiiille et iiiiimmeuble, ils placent ainsi leurs lèvres, ainsi leur langue et ainsi leurs mâchoires, si bien qu'ils prononcent le son [i].
    • Même travail, toujours collectif, sauf si la classe réagit très bien et a, dans sa très grande majorité, réussi à contrôler l'émission lente des phonèmes les uns après les autres et à associer dans leur esprit la prononciation du son [R] et l'écriture de la lettre r.
      Dans ce cas, il laissera la classe se débrouiller seule, après avoir vérifié le lexique employé (raisin, rame, coccinelle, raquette, robe) et se consacrera au petit groupe qui pose des problèmes de compréhension et/ou de comportement (ici Salima, Joris et éventuellement Ilan). Il jette de temps en temps un œil discret sur les « suiveurs », ceux qui ont tendance à toujours répéter ce que dit leur voisin et qui masquent peut-être sous cette attitude consensuelle un manque de confiance en soi et/ou des difficultés de compréhension.
    • L'enseignant apprend à deux élèves à ramasser les cahiers ouverts et à les pose sur son bureau.

    14 h - 14 h 45 : Questionner le monde

    Relation aux programmes : Pratiquer, avec l’aide des professeurs, quelques moments d’une démarche d’investigation : questionnement, observation, expérience, description, raisonnement, conclusion / Identifier ce qui est végétal / Développement des végétaux / Quelques besoins vitaux des végétaux

    14 h 45 - 15 h 15 : Éducation physique et sportive / Musique

    Relation aux programmes : Éducation physique et sportive : S’exprimer par son corps et accepter de se montrer à autrui / Exprimer des intentions et des émotions par son corps dans un projet artistique individuel ou collectif – Musique : Décrire et comparer des éléments sonores / Imaginer des représentations corporelles de la musique / Exprimer ses émotions, ses sentiments et ses préférences / Écouter et respecter l’avis des autres et l’expression de leur sensibilité 

    • Écoute : Les élèves assis en rond au sol sont invités à écouter en silence un court extrait musical (par exemple, Duo des chats, Rossini) sans support visuel.
    • Expression orale : Chaque élève est appelé à s'exprimer sur ce qu'il vient d'entendre (selon le principe des moments de langage vus précédemment)
    • Expression corporelle : Après une nouvelle écoute silencieuse, les élèves partagés en deux groupes miment les déplacements et attitudes des deux chats de la mélodie (1 groupe sur scène, 1 groupe de spectateurs puis on change de rôle).
    • Expression orale : Les élèves s'expriment à nouveau pour évoquer ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont ressenti.
    • Retour au calme : Écoute silencieuse du morceau en mimant avec les mains seulement les réactions des deux chats. 

    15 h 15 - 15 h 30 : Récréation

    • Dans la cour, penser à rappeler aux élèves d'aller boire et de passer aux toilettes.

    15 h 30 - 15 h 50 : Poésie

    Relation aux programmes : Écouter pour comprendre des textes lus par un adulte / Conserver une attention soutenue lors de situations d’écoute ou d’échanges et manifester, si besoin et à bon escient, son incompréhension.

    • L'enseignant lit lentement la première strophe de la poésie, après avoir rappelé le titre et le nom de l'auteur. Très court débat autour de cette strophe.  
    • L'enseignant la relit, vers par vers cette fois. Après chaque vers, les enfants « prennent leur micro » et répètent ce vers.
    • Il lit ensuite les deux premiers vers que les enfants répètent. Puis le troisième, répété aussi par les enfants.
    • Ensuite, il redit les trois vers de la strophe et les fait répéter par la classe, quelques petits groupes d'enfants, quelques enfants isolés.
    • Enfin, il relit toute la poésie. Les enfants qui le souhaitent disent avec lui la première strophe.

    15 h 50 - 16 h 05 : Temps incompressible

    • Préparation des cartables (voir Mardi )

    16 h 05 - 16 h 30 : Anglais ou Ateliers autonomes

    Relation aux programmes : Imaginer et réaliser des objets simples et de petits montages / S’approprier par les sens les éléments du langage plastique : matière, support, couleur... / Respecter l’espace, les outils et les matériaux partagés / ...

    Personnellement, je confie l'enseignement de l'anglais à ma collègue qui a quelques lueurs dans cette langue.
    S'il ne tenait qu'à moi, je passerai cette demi-heure avec les ateliers autonomes de la veille.

    • L'enseignant regroupe ses élèves autour de lui et commence la première séance d'anglais de sa méthode (nous utilisons l'ancienne édition de Initiation à l'anglais, chez Retz, mais peut-être y a-t-il bien mieux).
    • Sinon, voir Mardi
    • Vers 16 h 25, le matériel est rangé et l'enseignant rappelle aux enfants qu'ils doivent emporter leur cartable et les vêtements qu'ils ont suspendus au vestiaire.

    Dans la même série :

    CP : Les débuts en écriture-lecture (1) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (2) ; ... ; CP : Les débuts en écriture-lecture (4)


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires