• IV. 2. A. Mise en route - Maternelle et CP (2)

    En Classe Maternelle avec CP  

    (2e partie)

    Premier jour de classe 

    Matinée :

    0) Accueil des familles

    Le jour de la rentrée, dès l’accueil qui aura lieu exceptionnellement[1] dans la classe, le maître présente aux parents le lieu où évolueront leurs enfants.
    Cette organisation spatiale lui permet d’expliquer brièvement le rôle central du groupe de pairs dans la pédagogie qu’il compte adopter. Le matériel prêt à l’emploi l’aide à mettre en avant l’autonomie qu’il se propose de leur faire acquérir.
    L’exposé rapide de l’emploi du temps les rassure quant à la nécessaire différenciation qu’il établira entre les enfants, non seulement en fonction de leur âge mais aussi en fonction de leurs besoins personnels.

    Enfin, il leur explique qu’il sera toujours prêt à les recevoir mais que, le temps étant compté, il préfère que ces relations aient lieu en dehors du temps scolaire qu’il compte réserver en entier à leurs enfants. Il leur explique que, dès l’après-midi, l’accueil de chaque demi-journée aura lieu dans la cour, le préau ou la salle polyvalente où les enfants seront occupés à jouer librement, ce qui lui permettra d’échanger quelques mots avec les familles qui le souhaitent, tout en surveillant du coin de l’œil que tout ce petit monde évolue dans le calme et la convivialité. Il conclut son propos en distribuant une courte notice qui rappelle ces quelques informations et propose la date de la réunion de rentrée[2].

    1) Déshabillage, entrée en classe

    Cette séquence d’enseignement n’aura pas lieu en ce premier jour. Dès le lendemain matin, lorsque l’accueil se déroulera dans la cour, avec l’aide de ses élèves les plus grands et de l’ATSEM, il fera de cette activité toute simple la première initiation des enfants aux règles de la vie en collectivité : regroupement en rang par deux ou trois ; déplacement fluide et calme de la cour au vestiaire ; rangement (sacs, vêtements et éventuellement chaussures) dans les espaces dédiés[3], signalés par des étiquettes[4] ; aide des cadets par les aînés ; éducation sensorielle au bruit et à une motricité maîtrisée.

    Pour que les aînés puissent aider leurs cadets, il est pratique de ne pas regrouper par âges les patères des enfants mais, au contraire, de faire en sorte que les âges soient mélangés et que des élèves de CP, GS ou MS encadrent les emplacements réservés à un ou deux élèves de TPS-PS.

    2) Langage : Bonjour ; appel ; date

    C’est ici que débute cette première journée d’école, au coin de regroupement où les élèves se sont installés dès le départ des familles.

    Le moment de langage est forcément écourté par l’accueil fait à celles-ci. Par ailleurs, les plus jeunes, souvent impressionnés par la nouveauté des lieux, n’auront pas forcément beaucoup de choses à dire.

    S'il est nouveau dans l'école, le maître se borne donc à demander à chaque élève de se présenter brièvement[5], se chargeant lui-même de renseigner les « anciens » sur le nom, l'âge et les liens familiaux, fréquents dans ce type de classe, des plus petits.
    Il note mentalement les éventuelles difficultés de prononciation ainsi que les élèves qui lui donnent l’impression d’un besoin d’encadrement précis[6].
    Cette première approche va lui permettre d’ajuster et d’anticiper la teneur des échanges qu’il aura avec son groupe-classe lors des premières semaines. Après une très courte présentation personnelle où il se contente de dire aux enfants la façon dont il entend être appelé[7], s’il reste une ou deux minutes, il finit le regroupement par la présentation visuelle d’un objet[8] « dont nous parlerons bientôt tous ensemble » …

    En cas de reprise après les vacances d'un groupe déjà constitué, ce temps de dialogue sera moins contraint et, après une présentation des plus jeunes, la classe pourra entrer de plain-pied dans l'année scolaire qui s'ouvre devant elle par quelques souvenirs égrenés ou une première observation collective des nouveautés de cette rentrée.

    3) TPS-PS/MS/GS : Langage oral / CP : Exercices en autonomie

    Le lendemain, après avoir consacré les premières minutes en groupe à l’écriture de la date puis à l’« appel » des enfants grâce à un jeu d’étiquettes portant leurs prénoms en script[9] que les élèves de GS et CP distribueront avec son aide, il enverra « les CP » réaliser la page 1 de leur cahier d’exercices écrits de lecture, sous la surveillance de l’ATSEM à qui il aura préalablement expliqué son rôle.

    Pendant ce temps, il échangera avec ses élèves les plus jeunes, le plus souvent autour d’un objet ou d’une image pour fédérer l’intérêt de tous et donner matière à un dialogue commun[10]. Cet échange obéira dès le début aux règles d’un débat collectif : prises de parole échelonnées, en commençant par les plus jeunes, écoute active de l’émetteur, essais de réponses, au moins pour les plus âgés.

    4) TPS-PS/MS/GS : Passage aux toilettes / CP : Mise en commun

    Pour ne pas laisser les plus grands tout seuls, le maître ne peut accompagner l’ATSEM dans la salle de propreté. Si l’effectif des petits est trop important, il fera en sorte de venir l’aider néanmoins en demandant aux aînés de les accompagner aux toilettes.

    L’ATSEM pourra aussi, dès que ceux-ci en auront compris le principe, laisser les élèves de CP seuls sur leurs exercices et prendre les enfants trois par trois ou quatre par quatre pendant la séance de langage pour leur permettre d’aller aux toilettes, se laver les mains et boire.

    Le travail des CP est corrigé immédiatement, en individuel ou deux par deux, avec leur aide, et rangé jusqu’au lendemain. 

    5) TPS-PS/MS/GS : Dessin libre / CP : Lecture

    De retour de la salle de propreté, l’ATSEM et le maître installe les enfants de maternelle aux tables d’activités, en groupe hétérogène. Ils montrent aux plus grands comment distribuer les cahiers de dessins[11] ouverts à la première page et les crayons gras de diamètre compatible à une préhension entre le pouce et le majeur à leur tablée.
    L’ATSEM reste avec le groupe, dialoguant avec les enfants, les aidant à tenir leur crayon, faisant régner un calme relatif (voix basse, position assise variant d’une ou deux minutes pour les plus jeunes à une dizaine pour les plus âgés). Lorsqu’un enfant a fini son dessin, elle lui montre où poser son cahier et l’aide à choisir l’espace où il pourra désormais aller jouer.

    Pendant ce temps, le maître présente à ses élèves de Cours Préparatoire l’illustration du manuel de lecture de la classe. Tous décrivent l’image et formulent des hypothèses quant à l’histoire que cette image illustre. Le maître soutient l’attention, distribue la parole, instaure à nouveau les premières règles de débat collectif.

    Peu à peu, le maître oriente la conversation vers la phrase ou les mots qu’il souhaite voir produire aux élèves et écrit au tableau ce qu’il veut transmettre à ses apprentis-lecteurs. Il ne reste à en voir que la partie qui permet de passer de la lecture à l’écriture : l’analyse de ce qu’on voit, entend et finalement trace.

    6) Maternelle : Jeux sensoriels, d’imitation et d’expérimentation plastique / CP : Geste d’écriture ; dictée

    Le maître passe insensiblement de la séance de lecture à la première séance d’écriture et suit ses quelques élèves de CP dans leurs premières réalisations. Il encourage les moins à l’aise, les aide au besoin, cherchant avant tout à créer un climat de confiance et de progrès. Le premier exercice écrit est forcément court et simple, les élèves peuvent le réaliser seuls.

    L’ATSEM, pendant ce temps, veille à ce que les élèves de Maternelle en activité libre adoptent des comportements d’autonomie compatibles avec la vie d’un groupe d’individus d’une vingtaine de personnes dans un espace clos. Elle rappelle les règles, encourage les plus timides en jouant au besoin avec eux, freine au contraire les plus remuants et leur trouve une activité calme pour les canaliser un moment. Le maître garde un œil sur tout cela et prend en main la situation si des difficultés interviennent.

    Dès qu’il le peut – les exercices dévolus aux enfants de Cours Préparatoire en tout début d’année ne sont ni très compliqués, ni très exigeants – il rejoint le groupe des petits pour participer lui aussi aux jeux des uns, aux discussions des autres et veiller à la bonne tenue de tous.

    Les grands du Cours Préparatoire qui ont fini leur travail viennent le lui montrer et il les aide au besoin de ses conseils. Si tout va bien, après rangement de leur matériel, les élèves les plus âgés rejoignent leurs petits camarades aux coins d’activités autonomes jusqu’à l’heure de la récréation où tous participent au rangement et au nettoyage du coin d’expérimentation et expression plastique.

    6bis) Maternelle : Dictée à l’adulte / (GS)/CP : Jeux et exercices mathématiques

    C’est au cours de ce moment, très libre pour le moment, que les plus grands pourront pratiquer des jeux de manipulation visant à renforcer leurs connaissances mathématiques (comptage, calcul, géométrie, mesures et résolution de problèmes). En ce premier jour, ils en sont encore au stade de la découverte et le simple rangement des ateliers après activité, ainsi que les déplacements en rang joueront le rôle d’activités mathématiques inscrites dans la progression linéaire.

    Le maître, installé au milieu des enfants, prend la pile des cahiers de dessins et appelle les enfants en commençant par ceux de Grande Section. Il les encourage à décrire leur dessin et, pour les plus grands, à résumer par une phrase la situation qu’il décrit. Il laisse les plus petits évoluer à leur rythme et évoquer ce qui leur passe par la tête en montrant leurs premières traces, en s’extasiant sur la moindre marque d’intention, même fugitive, de représenter quelque chose...

    7) Récréation

    Si la météo le nécessite, le maître va pouvoir faire ses premières armes d'exercices de vie pratique en aidant ses élèves à s'habiller et se boutonner seuls. L'ATSEM avec laquelle il va travailler toute l'année est mise à contribution avec tact et bonne humeur[12]. Les élèves de CP et de GS, plus rapides, peuvent aussi participer, dans la mesure du possible[13], à l’éducation motrice des plus jeunes.

    Le temps de récréation, pendant lequel le maître est obligatoirement de service, peut permettre éventuellement à l'ATSEM de prendre sa pause ou d'effectuer quelques rangements ou préparatifs. On peut aussi décider qu'elle sera présente dans la cour et aidera à l'encadrement du groupe.

    En fin de récréation, après un temps de rangement des jeux et jouets de cour et un passage aux toilettes, pendant lequel les élèves pourront boire[14], l'heure du regroupement autour des activités motrices sonne.

    8) Motricité large : jeux collectifs et individuels ; jeux de découverte mathématique

    Le maître peu habitué à la classe à quatre niveaux peut trouver très difficile la gestion d'une séance de motricité regroupant des quasi bébés avec de grands enfants déjà bien à l'aise dans leurs gestes. Il va en effet devoir ruser et permettre aux petits de progresser sans brider le développement des capacités physiques de leurs aînés.

    En plaçant la séance à la suite de la récréation, il peut bénéficier d'un temps double pendant lequel les enfants, toujours grâce à l'équipement matériel et l'organisation de l'espace, exerceront seuls ou par petits groupes leur motricité large. En prévoyant dans la cour des espaces à courir, à grimper, à escalader, à sauter, à exercer son équilibre, en l'équipant de vélos, tricycles, porteurs, ballons, cerceaux, échasses, cordes à sauter mais aussi planches, tasseaux, grandes pièces de toile, cartons de tailles variées, il n'aura qu’à suivre les plus habiles de ses élèves et à encourager les moins à l'aise à essayer.

    Ce n'est que lorsque l'ennui commencera à se faire sentir qu'il regroupera tout ou partie de son effectif près de lui pour l'exercice d'un geste, l'exploration d'un matériel, l'organisation d'une ronde, d'une danse ou d'un jeu collectif.

    Ce matin, pour que les tout-petits nouveaux se sentent membres du groupe, c'est autour d'eux qu'il a décidé de faire tourner sa séance « sportive ». Et comme il doit fixer chez ses élèves de Grande Section les mots du vocabulaire spatial et chez ceux de Cours Préparatoire l’usage des nombres de 1 à 5, les petits serviront de « repères ». Tout le monde se promène au son d'une comptine[15]. Au son du tambourin, les élèves se figent et le maître annonce : « Tous autour de Pierre ! » ou « Tous en ligne devant Louna ! », etc. Puis on joue à se mettre par deux, par trois, par quatre et par cinq avec, dans chaque groupe, avec au moins un petit ou un moyen… Enfin, on déambule dans la salle ou dans la cour, bien rangés, par groupes, derrière le groupe de tête fixé par le maître.

    9) Musique : chant

    Après un deuxième épisode d’exercices de vie pratique dans le vestiaire, le maître entraîne ses élèves vers le coin de regroupement pour une activité destinée à souder le groupe de manière à lui donner la capacité d’agir et d’apprendre à plusieurs, en cohésion de plus en plus parfaite.

    La musique au sens large va aider tout ce petit monde à se sentir appartenir à une communauté dans laquelle tous se soutiennent et s’entraident.

    Les exercices[16] se succèdent rapidement : rythmes frappés, éducation du souffle, travail de la voix, apprentissage d’une comptine ou d’un chant, choisis en fonction des sons à étudier avec ses élèves de CP pendant la première semaine[17], écoute active et retour au calme.

    Les parents qui récupèrent leurs enfants pour le repas de midi sont accueillis par l’ATSEM qui les convie à venir chercher leur enfant dans la classe en silence. Puis elle-même emmène les élèves restant à la cantine vers la structure dans laquelle ils iront prendre leur repas.

    Dans la même série :

    Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente :

     I. Idées reçues  ; IV.1. Quatre niveaux dans la même classeIV. 2. A. Mise en route - Maternelle+CP (1)IV. 2. A. Mise en route - Maternelle et CP (2) ;

    Notes :

    [1] Si possible… car nous savons que les résistances sont fortes, y compris chez nos collègues, et que les habitudes, vieilles pourtant seulement d’une vingtaine d’années, sont bien ancrées dans l’imaginaire collectif !

    [2] Au moins deux à trois semaines après la rentrée des classes pour que, déjà, quelques habitudes soient prises et que le contact soit réellement établi entre les enfants et le maître.

    [3] Patères surmontées d’une étagère, casiers au ras du sol pour les chaussures.

    [4] Prénom de l’enfant pour les plus âgés (cursive de préférence), dessin facilement identifiable pour les plus jeunes (animaux, fruits, véhicules, ...).

    [5] Prénom, nom de famille, âge, classe, personne qui viendra le chercher, présence ou non à la cantine et au périscolaire…

    [6] Élèves trop ou trop peu à l’aise, trop ou trop peu couverts, élèves très remuants ou au contraire complètement atones… 

    [7] Prénom, nom de famille précédé de Madame ou Monsieur, « titre », tutoiement, vouvoiement, tout cela est possible et sans aucun lien prédictif de respect ou d’irrespect envers son statut et sa personne.

    [8] Un objet rappelant les vacances et l’été ou au contraire un objet évoquant la rentrée des classes. Le tout est qu’il soit suffisamment intriguant pour susciter l’intérêt de tous.

    [9] Initiale en majuscules, puis minuscules : Nathan, Emma, Ilyes, Inès...

    [10] Voir Pour une Maternelle du XXIe Siècle, chapitre IX : Des images au langage, p. 64 à 68 et ANNEXE : Une journée dans la Classe des Petits, p. 69 à 74.

    [11] Simple recueil de feuilles A5 blanches reliées en un cahier à l'italienne de 20 à 30 pages (selon la durée de la période de classe, de manière à pouvoir faire un dessin par jour sur les recto).

    [12] Si l'on a en classe quelques cadres Montessori et qu'on en a expliqué l'utilité à l'ATSEM, celle-ci comprendra sans doute mieux que ce n'est pas par insensibilité et désir de l'ennuyer en lui donnant plus de travail qu'on lui demande d'accompagner les enfants plutôt que de se substituer à eux.

    [13] En cas d’élève à troubles du comportement, duquel on ne pourra exiger une longue station dans le vestiaire, on s’appuiera sur l’AVS qui le conduira dans la cour dès qu’il sera prêt. S’il n’a pas d’AVS, le maître et l’ATSEM se relaieront jour après jour afin que ce ne soit pas toujours le même qui se retrouve seul à encadrer l’habillage les plus jeunes.

    [14] On peut aussi profiter de la récréation pour demander à l'ATSEM d'apporter dans la cour un plateau de gobelets et de pots à eau afin que les élèves puissent se servir lorsqu'ils en ressentent le besoin.

    [15] Sur mon chemin ; Passe, passe, passera ; La petite hirondelle ou même Prom'nons-nous dans les bois…

    [16]  Voir Pour une Maternelle du XXIe Siècle, chapitre XIII, L’enseignement du chant, et Chapitre IX, Trois sections ou un seul cycle ? – Apprendre à bien parler, p. 67.

    [17] S’il utilise Écrire et Lire au CP, ce seront les sons « a » et « ch » (puis « r » et « i ») qui auront la vedette : Et cætera, et cætera ; Il est gris le gros chat ; Moustache, moustachu ; Pétrouchka ; Le chat, l’autruche et la vache ; ... 


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  • C2 : Questionner le Monde (1)
    En hommage à une amie qui aimait les peluches, les hyènes, les illustrations de Phi et mes articles. Yasmine, je pense à toi.

    Les documents pour les maths sont finis ; ceux pour l'étude de la langue en passe de l'être (je préfère ne pas donner de date plutôt que d'avoir à me ridiculiser en manquant à ma parole deux ou trois fois) ; nous avons déjà de quoi faire en lecture jusqu'à la fin du CE1 ou même du CE2 (CP ; CE).
    Alors, que reste-t-il maintenant ?...

    Les sciences, la technologie, la géographie et l'histoire !
    Ou encore l'« Éveil », comme disait notre hiérarchie quand j'ai débuté, avant de trouver que « Découverte du Monde », ça faisait plus riche.
    Dernièrement, ils ont dû trouver que, vu le peu d'heures qu'un Professeur des Écoles peut y consacrer[1] avec sa classe, il valait mieux dire aux familles et aux enseignants que les enfants allaient « Questionner le Monde » sans être sûrs de pouvoir y découvrir et encore moins y apprendre quoi que ce soit !

    Alors, après les quelques leçons de Sciences Cycle 3, voici du « clé en main » pour la classe de Cycle 2, dans les quatre domaines (et demi) que compte le grand domaine si difficile à placer correctement dans une phrase grâce à son nom débile[2].

    C'est un grand cahier à l'italienne, dont chacune des leçons se présente sur une double page.
    Accompagné de son guide pédagogique, comme il se doit. Avec les attendus de fin de cycle pour M'sieur ou M'dame l'IEN, qui ne viendra plus que trois fois au cours d'une carrière, avant que sa profession soit carrément supprimée sur l'autel de la réduction des effectifs de cette Fonction Publique obsolète qui empêche la concurrence de s'emparer d'un marché qui pourrait, au moins dans les grandes villes, se révéler fort juteux.

    Pendant chacune des cinq périodes de l'année scolaire : Septembre/Octobre, Novembre/Décembre, Janvier/Février, Mars/Avril et Mai/Juin, les leçons y seront au nombre de 12, pour chacun des quatre domaines : 3 consacrées à la Matière et aux Objets Techniques, 3 au Vivant, 3 à l'Espace et 3 au Temps,

    Elles se succéderont, au rythme de 4 leçons par quinzaine, tout au long de l'année scolaire, en alternant les domaines.
    Le but de cette succession rapide (jamais plus de deux jours consacrés à la même leçon), c'est que, la routine aidant, les enfants se sentent concernés par les activités qu'elles proposent et que la mémorisation en soit aisée (car ils vont se questionner, c'est évident, mais, rassurez-vous, ils quitteront la salle de classe en se disant que quelqu'un – eux, le plus souvent, grâce à notre aide – a répondu à leurs questions).

    Chacune de ces leçons, dans tous les domaines, respecte le schéma immuable qui existe depuis les débuts de l’école[3] :

    1 : agir, c'est-à-dire questionner, observer, expérimenter, décrire

    2 : raisonner, en groupe plutôt que seul parce que ce qu'il y a de sympathique, à l'école, c'est qu'on est plusieurs ; et qu'à plusieurs, on va plus loin

    3 : conclure, au moins provisoirement, en attendant de grandir un peu pour approfondir la question

    et toujours pour le même but (jusqu'à la rentrée de septembre 2016) :

    4 : retenir chaque fois un petit nombre de mots, de remarques, de constatations permettant d'avancer sur le chemin de la connaissance,  de l'abstraction et de la conceptualisation à partir de données, souvent déjà bien connues intuitivement, mais sur lesquelles les enfants ne s'étaient pas encore arrêtés

    Le déroulement en est volontairement linéaire et permet, au cours d'une même séance, d'alterner les périodes d'activités visuelles, auditives, manuelles et réflexives.

    Dans une classe à plusieurs niveaux, les activités proposées sur une double page permettent d'intéresser tant les plus jeunes que les plus âgés et d'apporter à chacun selon ses capacités.
    Le manuel est conçu pour être utilisé trois ans de suite, sans qu'un élève qui l'aurait déjà parcouru au CP, puis au CE1, ait l'impression, au CE2, de recommencer encore une fois la même chose. Il doit bien au contraire pouvoir se dire qu'il a grandi et que l'intérêt de cette leçon, vue l'an dernier avec ses yeux de « petit », se trouve renouvelé et amplifié grâce aux compétences et capacités que son statut de « grand » lui confère.
    Toutefois, si le concept intéresse un collègue, il est toujours possible de remplacer les observations et illustrations de départ, de faire varier les expériences, les recherches et d'enrichir le texte à lire par d'autres textes.

    Que dire d'autre sinon que je remercie Sophie Borgnet pour sa première illustration et que j'espère qu'elle trouvera un tout petit peu de temps par ci par là pour continuer son œuvre ?
    Ah oui, autre chose : si toutefois vous trouvez le projet intéressant, seriez-vous partant pour vous procurer ce manuel, une fois auto-édité ?
    En attendant, bonne lecture et n'hésitez pas si vous avez des questions : la section Commentaires est là pour ça.

    La première période :

    Télécharger « QLM-C2-Sept-Oct.pdf »

    Le guide pédagogique correspondant :

    Télécharger « QLM-C2-Guide pédagogique 1.pdf »

    La table des matières (prévisionnelle) :

    Télécharger « QLM-C2-Table des matières.pdf »

    Merci au blog Manuels anciens, dans lequel j'ai puisé mon inspiration et de nombreux savoir-faire oubliés.

    Notes :

    [1] Compte-tenu des « temps incompressibles » (tout ce qui a trait à la gestion matérielle d’un groupe de 20 à 30 enfants, déplacements, rangements, collectes diverses et variées) et des 8 ou 9 fois 15 minutes de récréation par semaine, il reste bien moins que les déjà ridicules 2 heures 30 minutes par semaine pour permettre aux enfants de Cycle 2 (CP, CE1, CE2) de recevoir cette acculturation tout aussi indispensable que la littérature à l'élargissement de leur dictionnaire mental de mots, références culturelles et repérages sociaux et tout aussi nécessaire que les mathématiques à leur acquisition d'une logique, de compétences méthodologiques et largement aussi essentiel qu'un programme d'Éducation Morale et Civique pour former une personne qui se considère comme un citoyen.

    [2] Essayez de faire une seule phrase où l’expression « questionner le monde » peut remplacer un nom (comme français, mathématiques, histoire, musique, ou éducation physique, par exemple), vous verrez comme c’est commode, léger et de bon ton : « Tu fais quoi, toi, en questionner le monde ? » ; « je recherche des méthodes de questionner le monde adaptées à ma classe » ; « j’ai eu bonhomme qui sourit à mon évaluation de questionner le monde »... Non, décidément, ça ne va pas, mais alors pas du tout !

    [3] Voir : Leçons de choses, Compayré 

    Et pour vos cadeaux de Noël :

    N'oubliez pas : 

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    CP : Mon enfant ne déchiffre pas

     


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  • Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    L’an dernier à la même époque, le monde scolaire et parascolaire (c’est-à-dire, en vrac, les réseaux sociaux, la presse, la radio, la télévision, les librairies et même les rayons des supermarchés) s’enthousiasmait pour un « produit nouveau », totalement révolutionnaire selon leurs dires et donc indispensable à tout éducateur qui se veut innovant.

    De cet engouement découlèrent mille conséquences toutes plus extraordinaires les unes que les autres.

    La plus importante de toutes fut de faire connaître au grand public l’une des pédagogies qui permirent à nos ancêtres du tournant du XIXe siècle d’aider les familles en difficulté – et par là même, leur Patrie – à éduquer les jeunes enfants. Ce qui est dommage, c'est qu'elle éclipsa toutes les autres, dont de fort valables... Mais nous y reviendrons.

    La plus amusante, ou la plus opportuniste penserait sans doute « l’illustrissima dottoressa », ce fut de voir les marchands du Temple se précipiter dans la faille et qualifier de « Montessori » tout jouet fabriqué en Chine pourvu qu’il fut en bois et ait de belles couleurs !

    La plus époustouflante, ce fut sans contestation possible que tant de monde soit convaincu sur la foi d’une seule personne ayant mené en un seul lieu, dans des conditions matérielles très favorables et pour tout dire exceptionnelles, une expérience unique, de très courte durée, ne concernant qu’une cohorte d’une petite trentaine de sujets !

    Et la plus triste, ce fut que, de câblage électrique en étalage de guimauve sirupeuse, certains en déduisirent qu’il fallait tuer l’Éducation Nationale, cet animal préhistorique incapable, sur la foi de ce témoignage hautement scientifique, de tout chambouler en deux semaines pour se décider enfin à aider « l'être humain à révéler sa belle et lumineuse nature »...

     Toutefois et quoi qu’on en pense, cette petite opération marketing a atteint son but et, au soir de Noël, du bas en haut de l’échelle sociale, de la modeste charentaise de simples PES[1] à la Richelieu en cuir pleine peau de directeurs de think tank, ce furent plus de deux centaines de milliers de petits souliers que le Père Noël garnit de l’ouvrage né des constatations d’une toute jeune professeur des écoles à la vocation d’électricienne au cœur rempli d’amour.

    C’est bien. Tout est bien. Un peu excessif sans doute. Mais c’est bien.

    Seulement voilà. La mode, il faut que ça bouge. Beaucoup. Et vite. Vous n’allez pas pouvoir refaire le coup des Lois naturelles de l’enfant cette année. Enfin, je ne pense pas. Il va falloir vous creuser la cervelle...

    Heureusement, il existe d’autres auteurs, ayant écrit d’autres livres, à partir d’autres expériences. J’oserais même dire que certains ont attendu bien plus longtemps avant de considérer qu’ils pouvaient désormais transmettre un savoir-faire éclairé par trente-cinq années de pratique dans des dizaines de classes, les ayant amenés à côtoyer plusieurs centaines d’enfants.

    Alors, cette année, puisque c’est bientôt Noël, si vous avez dans votre entourage des PES, des PE, des journalistes, des libraires, des directeurs de supermarchés, des Inspecteurs, des Recteurs, des Directeurs de Cabinet ou des Ministres de l’Éducation Nationale, et même, pourquoi pas, des concepteurs de réseaux sociaux, offrez-leur Pour une Maternelle du XXIe Siècle, le livre qu’il faut avoir lu !

    Son auteur, votre humble servante, « fuyant les débats simplificateurs et les pétitions de principes, vous y livre, en plus d’une argumentation solide, une suite de conseils pratiques, sous forme de recommandations, d’exemples de programmation, et surtout d’une multitude de petites saynètes vivantes, auxquelles le style et les illustrations de Sophie Borgnet apportent la force de l’évidence[2] ».

    Si vous hésitez encore, pour de plus amples renseignements, vous pourrez consulter sur ce blog le sommaire de cet ouvrage ainsi que quelques extraits :  Utile ou inutile ? ; ABCD de l'égalité  ; Trop petits pour être obligés... ; Deux ans et déjà à l'école ?

    Alors, n’attendez plus, lancez la mode et commandez dès aujourd’hui Pour une Maternelle du XXIe Siècle, soit directement chez l’éditeur, soit ici même en me joignant grâce à l’onglet Contact ; je me ferai un plaisir de vous faire grâce des frais de port.

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    Et, si la Maternelle vous intéresse peu, mais que vous aimez l’École, la vraie, celle dont les enseignants continuent année après année, malgré les difficultés, celle qu'ils racontent au jour le jour, par petites touches, offrez-vous Trop classe !  et L’école du peuple, deux ouvrages écrits par Véronique Decker[3], cela vous changera du chacun pour soi de la pédagogie par câblages neuronaux et vous fera toucher du doigt le vrai quotidien, parfois désespérant mais toujours engagé, des vrais instituteurs dans de vraies écoles, bientôt 140 ans après la fondation de l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire...

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    Notes :

    [1] Professeur des Écoles Stagiaire : jeune élève-professeur en attente de titularisation.

    [2] Extrait de la quatrième de couverture. Merci à P. JACOLINO, professeur agrégé de Français et père d’enfants scolarisés en Maternelle.

    [3] Institutrice depuis plus de trente ans, directrice à Bobigny (93) d’une école élémentaire publique Freinet « où, dans les règles du service public, l’équipe enseignante pratique une pédagogie active, fondée sur la coopération ».  


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  • IV. 2. A. Mise en route - Maternelle+CP (1)

    2. Mise en route

    A) En Maternelle[1]/CP

    Souvent, ce qui affole, c'est la présence de tout-petits alors que les plus grands sont passés dans la catégorie des apprentissages structurés nécessitant une progression linéaire[2] .
    L’inquiétude est moins vive lorsqu’on réalise que les effectifs de très jeunes enfants de TPS et PS tout comme celui des élèves de Cours Préparatoire sont très limités et que, comme dans une famille dont certains des enfants ont tout juste deux ans alors que les aînés en ont déjà cinq ou six, avec une bonne organisation, chacun peut vivre selon ses besoins et pratiquer des activités qui répondent à ses attentes sans être cependant un poids pour les autres.
    Par ailleurs, il est très courant que ces classes accueillent des fratries ou tout du moins des cousins ou des voisins ; les plus jeunes s’y retrouvent en terrain connu et s’intègrent plus facilement à un groupe dans lequel ils ont déjà un ou plusieurs référents.

    • Organisation de l’espace

    Cette organisation sera la clé du calme indispensable aux apprentissages des uns sans empêcher toutefois la satisfaction des besoins de mouvement, d’expression et de jeu des autres.

    Le coin de regroupement constitue le pôle central de la classe, près d’un tableau d’affichage à hauteur d’enfant. Le tout est complété par une bibliothèque équipée de rayonnages, de bacs, de fauteuils et d’une table de lecture.

    Une ou deux tables ovales à six places sont installées près des étagères à matériel destiné à l’exercice de l’expérimentation et de la créativité plastique[3]. Une piste graphique pouvant servir de grand chevalet de peinture occupe 3 à 4 mètres de longueur de mur, sur une hauteur d’un mètre environ.

    D’autres tables, individuelles ou collectives, sont placées près des placards ou sous des étagères contenant le matériel de jeux sensoriels. Ces tables pourront avoir un double usage et être dévolues par moments aux Travaux Écrits des élèves de GS ; elles doivent donc pouvoir se placer face au tableau d’écriture.

    Pour les élèves de CP, un coin d’écriture-lecture a déjà été aménagé. Les élèves assis à une table feront face à un grand tableau destiné aussi bien à l’affichage qu’à l’écriture à la main. Ce coin peut être placé près du tableau de regroupement qui aura alors double usage.

    Enfin, un espace au sol dégagé est prévu pour que les plus jeunes enfants puissent y disposer du matériel de grande taille ; le maître l’a placé loin du coin travail des élèves de CP de manière à ce que leurs apprentissages ne soit pas perturbé par l’agitation qui peut y régner.
    Ce coin est réservé aux jeux d’imitation et de construction[4], le matériel y est exposé dans des étagères à claire voie afin que les élèves puissent choisir ensemble celui qu’ils sélectionneront chaque jour et aménager l’espace de jeu à leur convenance ; il peut se trouver dans une salle attenante si l’école en possède une et que la classe est dotée d’une ATSEM à plein temps.

    Pour l’organisation et l’utilisation de ces différents espaces (jeux d’imitation, activités motrices fines, jeux sensoriels et mathématiques), on se reportera aux chapitres II.2.A et II.2.B ou à l’ouvrage Pour une maternelle du XXIe siècle[5].

    • Emploi du temps

    Après la répartition horaire des parties collectives de l’école[6] lors du conseil des maîtres, ce qui est souvent très rapide compte tenu du faible nombre de classes de l’école, l’enseignant établit un emploi du temps journalier simple[7], alternant les périodes d’activité selon un rythme immuable.

    La cohésion du groupe reste son premier objectif, mais l’écart d’âge entre les plus jeunes et les plus âgés impose de moduler le temps de chacun de manière différenciée. Si c’est encore par des moments collectifs qu’il choisit de débuter chaque demi-journée, il doit pouvoir néanmoins éclater assez rapidement le groupe afin de répondre aux besoins de chacun.

    Sachant que les plus jeunes seront moins disponibles l’après-midi, ce sont eux qu’il gardera près de lui après quelques minutes d’accueil collectif : les plus grands, ceux du Cours Préparatoire, accompagnés plus tard dans l’année, par ceux de Grande Section, seront envoyés à leur place, munis d’un travail écrit facile[8] afin qu’ils puissent le réaliser en autonomie, sous l’encadrement de l’ATSEM si elle est disponible.

    L’emploi du temps choisi tient compte de la fatigabilité des enfants et prévoit pour chacun des moments de la journée une durée et des objectifs compatibles avec les rythmes circadiens des futurs élèves. Ainsi, les activités d’écriture, de lecture et de mathématiques des aînés, dans ce qu’elles ont de plus exigeant intellectuellement sont placées en cours de matinée alors que leur partie ludique et créative ou au contraire répétitive et même routinière est intégrée aux activités de l’après-midi.
    Il choisit de ne jamais excéder 20 à 30 minutes consécutives sur la même activité. Seule la plage de l’après-midi consacrée aux Arts Visuels ou à l’Observation[9] excède cette durée. Il veillera à en varier les activités de manière à ce que ses élèves, même les plus jeunes, ne se lassent pas.

    Ses élèves de Petite et Moyenne Sections ayant encore besoin d’exercer leurs capacités de manière globale afin de ne pas freiner leur développement en étoile alors que ceux de Grande Section et Cours Préparatoire réclament maintenant plus de structuration, il a prévu que les activités structurées des plus âgés se déroulent en parallèle de celles de temps libre en autonomie des plus jeunes.

    Néanmoins il fait en sorte que les élèves de Cours Préparatoire et à plus forte raison de Grande Section aient à plusieurs reprises dans la journée l’occasion de s’extraire du groupe pour mener un projet personnel ponctuel[10]. Cependant il place ces plages horaires de manière à ce qu’elles puissent se réduire progressivement en cours d’année jusqu’à céder leur place à des moments collectifs plus structurés selon des projets communs de moins en moins ponctuels en toute fin d’année.

    • Progression

    Si les plus jeunes de la classe en sont encore aux progressions individuelles en étoile[11] qu’on ne peut pas mettre en cases, le maître souhaite que les plus âgés, qui ont désormais suffisamment aménagé leur personnalité, trouvent dans leur classe les moyens et l’envie de structurer leurs apprentissages pour les rendre plus efficaces.

    De manière à ce que les enfants de Grande Section comme de Cours Préparatoire découvrent ce monde des apprentissages structurés, il a prévu une progression linéaire, étalée sur deux années scolaires, pour permettre un passage en douceur, sans à-coups brutaux déstabilisants pour l’enfant.

    Il a donc préparé sa première progression d’étape. Elle représente environ le premier cinquième du programme d’acquisitions[12] qu’il souhaite faire partager à ses élèves de chacun des deux niveaux dans tous les domaines d’enseignement au cours de l’année scolaire. Il la suivra jusqu’à la première période de vacances scolaires, en s’adaptant toutefois au rythme de ses élèves, l’accélérant ou la ralentissant au besoin s’il en découvre la nécessité. 

    Pour tous les moments communs à deux, trois ou quatre sections, il n’a établi qu’une progression, se réservant la charge d’en demander plus aux plus capables et aux plus âgés et un peu moins, mais plus concentré, aux plus démunis qui seront sans doute souvent aussi les plus jeunes.

    Pour se simplifier la vie et pouvoir consacrer son temps à suivre réellement ses élèves, il a choisi de s’entourer d’outils et de méthodes simples plutôt que de passer énormément de temps à préparer sa classe et à créer ses outils.
    Il a ainsi adopté des méthodes d’écriture-lecture et de mathématiques proposant une progression journalière pour chacun des deux niveaux[13].
    Pour l’ensemble des autres matières, son critère de sélection principal a été le bon sens et la connaissance des capacités attentionnelles, inductives et déductives de l’enfant de deux à sept ans ainsi que son goût du jeu, de la récompense immédiate par la réussite rapide et l’atteinte d’objectifs simples et progressifs.

    Les élèves de Petite et Moyenne Sections qui le souhaiteront pourront, toujours en auditeurs libres, suivre tout ou partie d’une séance destinée à leurs camarades plus âgés.
    Le maître sait qu’ils se sentiront valorisés de jouer avec les grands mais il a bien conscience qu’à part exception, ils resteront au stade du jeu, se préparant à comprendre certaines notions mais incapables de suivre la progression. Son but n’est pas de les pousser à grandir de façon désordonnée en privilégiant l’acquisition de l’écrit au détriment des apprentissages moteurs et sensoriels mais de permettre aux plus grands de profiter des derniers apprentissages moteurs et sensoriels pour jeter les premiers jalons de l’apprentissage de l’écrit.

    • Rôle de l’ATSEM

    Dans ce type de classe, l’ATSEM est énormément sollicitée. Sa présence toute la journée est pour ainsi dire indispensable ; le maître n’hésitera pas à le répéter à la Mairie ou au SIVOS chargés de son recrutement et de sa rémunération.

    Après consultation du conseil des maîtres et de la charte des ATSEM décidée par la commune de rattachement[14]  de l’école, le maître dialogue avec la personne qui travaillera sous sa responsabilité. Il la met au courant des habitudes d’autonomie qu’il compte mettre en place. Il lui lit et commente l’emploi du temps et lui explique clairement ce qu’il attend d’elle à chaque moment :

    - aide matérielle aux élèves de manière à ce qu’ils apprennent progressivement à se passer de l’adulte et apprentissage des gestes d'hygiène et de vie pratique[15] 

    - aide à l’encadrement du groupe lors des moments collectifs et apprentissage des gestes techniques[16] 

    - encadrement d’un demi-groupe (PS/MS ou GS/CP) lorsque le groupe-classe est scindé en deux selon un cahier des charges établi à l’avance

    - préparation des matériaux à utiliser pour les ateliers d’expression plastique et des documents ou objets utiles à l’affichage ou à l’exposition au coin de regroupement[17], photocopie d’exercices écrits à destination des plus grands

    - installation du matériel de jeux sensoriels et d’imitation accessible aux enfants

    - rangement et nettoyage de tout ce qui a été manipulé, utilisé lors de la journée de classe 

    - classement des travaux d’élèves ; reliure ou collage dans un cahier communiqué aux familles

    À suivre...

    Annexes :

    Télécharger « EDT - PSMSGSCP.pdf »

    Télécharger « Plan GSCP ou MSGSCP ou matCP.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquistions GS.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CP.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel GSCP.pdf »

    Dans la même série :

    Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente :

     I. Idées reçues  ; IV.1. Quatre niveaux dans la même classeIV. 2. A. Mise en route - Maternelle+CP (1)IV. 2. A. Mise en route - Maternelle et CP (2) ;

    Notes :

    [1] De la TPS/PS à la GS.

    [2] Écriture-lecture, numération-calcul.

    [3] Dites aussi « Arts plastiques » ou encore « Productions plastiques et visuelles ».

    [4] Voir liste dans les chapitres consacrés aux classes accueillant des élèves de maternelle. Penser à un jeu de « marchande » qui permettra, dès les premiers jours de classe, d’entraîner les élèves de CP (et de GS) au comptage et au calcul.

    [5] Me contacter pour un envoi sans frais de port.

    [6] Salles de motricité, de propreté, bibliothèque, cuisine, salle informatique, cour, jardin…

    [7] Voir suggestion d’emploi du temps en Annexe II.

    [8] En début d’année : phonologie ; repérage de lettres ; classements...

    [9] Baptisée Questionner le Monde dans les programmes 2016 après avoir longtemps été désignée sous le terme de Découverte du Monde.

    [10] Jeu d’imitation ou de construction, jeu sensoriel ou mathématique, dessin libre, modelage, découpage/collage, etc.

    [11] L’image de la boule de neige peut aussi être utilisée pour expliquer comment se constitue naturellement, sans ordre préétabli, l’agrégat de savoirs, d’habiletés et de capacités d’un enfant de moins de cinq à six ans. 

    [12] Voir Annexe IV.

    [13] Je conseille pour la GS De l’écoute des sons à la lecture couplé avec les personnages de La Planète des Alphas (Récréalire) et Se repérer, compter, calculer en GS, toutes deux publiés par Grip Éditions, et pour le CP, en lecture : Écrire et Lire au CP (Grip éditions) ou Bien lire et Aimer lire (ESF)  et en mathématiques, Compter, calculer au CP (Grip éditions).

    [14]  La réclamer si elle n’existe pas. Souvent, dans les petites communes, on suggère de fonctionner « au feeling ». C’est parfait tant que tout se passe bien mais peut poser de très graves problèmes si l’ambiance se dégrade.

    [15] Se déshabiller, suspendre des vêtements, s'habiller, se boutonner, remonter une fermeture à glissière, nouer une écharpe, des lacets, attacher une boucle de ceinture ou de sandale, etc. 

    [16] Distribuer et ranger le matériel, trier les déchets, balayer, laver des pinceaux et une éponge, essuyer une table, remplir un pot de colle ou de peinture, …

    [17] Découpage, mise en page, plastification, réalisation de panneaux destinés à l’affichage…


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    IV.1. Quatre niveaux dans la même classe

    1. Rentrée des classes

    Quatre niveaux dans une même salle de classe, ce sont des âges s’échelonnant du « presque bébé » au « déjà grand » en maternelle, ou, en élémentaire, de jeunes enfants tout juste alphabétisés côtoyant des lecteurs experts forts de toutes les capacités réflexives qui vont avec !
    Si nous ajoutons à cela des programmes qui semblent n’avoir aucun point commun, nous pouvons mesurer l’ampleur de la gageure.

    Et pourtant elles existent, ces classes... Et pour peu que leurs enseignants n’essaient pas de réinventer tous les jours l’Amérique, pour peu qu’ils aient le courage de faire confiance à leurs élèves et aux collègues qui les ont précédés et enfin s’ils acceptent de croire que c’est en se ménageant qu’ils iront le plus loin, elles tournent bien et même très bien !
    À condition, bien entendu, qu’à leurs difficultés qu’il ne faut pas nier, l’Administration n’ait pas décidé d’ajouter des contraintes liées à un effectif trop important[1] et, cerise sur le gâteau, des injonctions pédagogiques obligeant à appliquer des techniques pédagogiques déjà difficiles à mettre en œuvre dans une classe à simple niveau et devenant carrément impossibles à utiliser à profit dès lors que la classe accueille plus de deux ou trois niveaux.

    Pour le maître qui arrive, c’est essentiellement sur la confiance qu’il devra travailler.
    Confiance en soi, pour poser son autorité professionnelle auprès de sa hiérarchie, de la mairie[2], des familles et enfin, le plus simple et le plus valorisant, auprès des élèves.
    Confiance en ces enfants dont on lui a confié la charge et qui, pour la plupart, seront ravis d’apprendre et de progresser si le « menu » qu’il leur propose est suffisamment copieux et appétant.
    Confiance en ses prédécesseurs qui, pendant des décennies, grâce à des méthodes adaptées à ce type de structure, ont mené ces classes avec des taux de réussite à faire rêver désormais plus d’un professeur des écoles de centre-ville, dans sa classe à simple niveau remplie d’élèves tous du même âge et triés sur le volet...

    Cette confiance, il l’acquerra et la vivra au quotidien :

    • en s’entourant d’outils actuels, pratiques, faciles d’utilisation,
    • en balisant le temps scolaire de manière routinière,
    • en bannissant le sensationnel qui fait mouche à l’extérieur mais épuise maîtres et élèves,
    • en s’appuyant sur l’extraordinaire capacité des enfants à s’engager avec enthousiasme jour après jour dans la voie des apprentissages, simplement parce qu’ils voient les avantages que ces derniers leur procurent.

    Et puisque, grâce à ces méthodes nouvelles, peu exigeantes en matériel à fabriquer, préparations et mise en place, il pourra se ménager et ne plus consacrer à sa classe ses jours et ses nuits, puisqu’il pourra enfin se ménager, ménager sa santé et son entourage, il se sentira bien mieux dans son métier et ses élèves en profiteront.

    Dans la même série :

    Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Notes :

    [1] Entre 15 et 20 élèves, en Maternelle comme en Élémentaire, c’est le nombre idéal.

    [2] Dont le rôle est très important en milieu rural, où ces classes se situent le plus souvent.


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