• GS/CP/CE1 : Mathématiques (4)

    On pourrait intituler cette période « De la situation de partage à la technique de la division » ou, plutôt, pour rassurer l'IEN « Comment traduire mathématiquement une situation de partage en parts égales ? ».

    Encore du hors-programme !

    Mais rassurez-vous, il n'y a pas que ça dans cette période, on continue à avancer dans tous les domaines des mathématiques, de plus en plus loin mais toujours à petits pas. Et si nous débordons légèrement des programmes, c'est toujours « pour la bonne cause » puisque c'est :

    → pour asseoir le plus solidement possible les attendus du programme

    → et sans la pression d'une évaluation normative de toutes ces acquisitions, qu'elles soient en dedans ou en dehors des programmes.

    → soit, en résumé, juste pour le plaisir de chercher, de fouiner, de trouver des « astuces » qui permettent d'aller plus vite tout en allant plus loin.

    Un exemple ?

    Facile ! Les tables de 6, 8 et 9 au CE1 ! On ne les travaille pas pour prendre de l'avance sur le CE2 ou le cycle 3 mais pour rendre encore plus indispensable la maîtrise parfaite des tables de 2, 3, 4 et 10 !

    En effet, si on présente la table de 4 comme celle de 2 fois 2, son apprentissage permet de réviser celle de 2. Et si on veut réviser celle de 3, au programme comme celle de 2, on fait pareil avec la table de 6 : « 6, c'est 2 fois 3. Donc multiplier par 6, c'est compter en rythme par 2 fois 3  : 1, 2, 3... 4, 5, 6 !... 7, 8, 9... 10, 11, 12 !... etc. jusqu'à 60 !» 

    On présentera de même la table de 8, comme celle de 2 fois 4 : « 1, 2, 3, 4... 5, 6, 7, 8 !... 9, 10, 11, 12... 13, 14, 15, 16 !... »

    Et enfin, celle de 9 servira à asseoir la numération décimale chez les CP (et les quelques CE1 qui auraient encore de la peine) en récitant les multiples de 10 grâce aux doigts des enfants de la classe et la soustraction successive d'unités : « Une fois 10, c'est 10. Et comme 9, c'est 1 de moins que 10, je baisse 1 doigt : une fois 9, c'est 9... Deux fois 10, c'est 20. Et comme 9, c'est 1 de moins que 10, mon camarade et moi, nous baissons chacun 1 doigt : 2 fois 9, c'est 20 moins 2, c'est 18... Etc. »

    Autre exemple ?... La multiplication au CP !

    Nous avons appris à reconnaître les nombres pairs, nous en avons déduit la liste des doubles. Cela nous permet de résoudre des problèmes de multiplication par 2.

    Alors, pour nous simplifier la vie, même si c'est hors-programme, pourquoi se priver du signe x  qui nous économisera bien de l'encre ou de la poudre de graphite ?

    Et une fois que nous connaissons ce signe, pourquoi ne pas nous en servir lorsque, en explorant les décompositions possibles du nombre 12, nous remarquons que ce nombre peut se présenter comme le produit de 6 par 2, mais aussi comme celui de 4 par 3, celui de 3 par 4 et celui de 2 par 6 ?

    D'autant que cela nous permettra d'atteindre un des attendus de fin de CP : « Il résout, en mobilisant ses connaissances du champ additif sur des petits nombres ou en s’aidant de manipulations, des problèmes du champ multiplicatif en une étape (recherche d’un produit ou recherche de la valeur d’une part ou du nombre de parts dans une situation d’un partage équitable). » !

    En lisant page après page le guide pédagogique et en le mettant en application dans votre classe, vous pourrez continuer à trouver ces exemples de « sorties de route » qui, en réalité, sont là pour approfondir, assurer, baliser le « petit bonhomme de chemin » commun à tous les élèves de GS, CP ou CE1. Il est donc temps de passer au second problème...

    Les CP n'en sont qu'à 20 !

    Et il ne reste qu'une période... C'est un fait indiscutable. Normalement, ils possèdent à fond le registre des nombres de 0 à 20 mais ils n'ont encore jamais vraiment travaillé par écrit les nombres suivants... À peine quelques pages sur les groupements en dizaines et unités et c'est tout.

    Par écrit, non, ils ne l'ont pas travaillé, c'est un fait indiscutable.

    Mais par oral, en revanche ! Ils en sont à 100 et même un peu plus grâce aux CE1... Et en manipulant, c'est pareil, ça a été vu et revu, aussi bien pendant les jeux sportifs que pendant les mises en commun : 

    →  se grouper avec 5 camarades pour montrer à nous 6 exactement 58 doigts

    → compter le score du jeu de la cible quand notre équipe a mis 7 palets dans le 10 et 3 dans le 1

    → chanter en rythme jusqu'à 20, 30, 40, ... , 100 pour apprendre à compter de 2 en 2, 3 en 3, 4 en 4, ..., 10 en 10

    → payer des sommes dépassant 20 €

    → placer 36, 59, 61, ... billes sur le boulier ou grâce à des réglettes Cuisenaire beiges et orange

    → etc.

    Alors, me direz-vous, si ça a déjà été fait

    pourquoi ne pas l'avoir travaillé sur le fichier de maths ?...

    C'est tout simple . Ces dernières années, parce que c'était très cher mais aussi un peu pour cacher la poussière sous le tapis, de nombreux collègues ont abandonné les fichiers de mathématiques...

    Le problème des crédits municipaux, j'en ai résolu une partie puisque mon fichier est gratuit. Il suffit d'avoir quand même les crédits pour imprimer recto verso 61 feuilles A4 par enfant soit moins d'une feuille par jour. Après, on peut faire écrire les enfants sur leur cahier du jour ou leur ardoise mais quand même, ça peut prendre beaucoup de temps ou alors beaucoup réduire l'ambition... Ils écrivent lentement, ont du mal à se repérer dans un cahier... Ou alors, nous nous soumettons nous-mêmes à un travail de fourmi, reproduisant chaque soir dans chaque cahier les 76 petits dessins et les 3 tableaux dizaines/unités d'une page comme celle qui commence le cahier 4...

    Quant au problème de la poussière sous le tapis, qui peu à peu a permis de passer de ce genre de conversation (j'ai choisi les pages et les noms de fichiers au hasard) :

    « Mes élèves n'ont rien compris à la page 35 de Cap Maths, je ne la fais plus...

    – Et les miens n'arrivent pas à comprendre la technique de la page 127 de J'apprends les maths, je la saute systématiquement...

    – Vous me rassurez, je saute toutes les pages de numération de mon Maths-Outils et je fais des trucs à ma sauce à la place... »

    à, chez de nombreux collègues :

    « Je n'achète plus de fichiers de maths, on fait juste des manipulations ensemble et au moins tout le monde me donne l'impression d'y arriver[1]. »

    cette poussière sous le tapis, donc... j'ai essayé de l'éviter en préparant longuement les notions par le jeu sportif et la manipulation collective, bien encadrée pour qu'elle mène exactement où nous voulons qu'elle aboutisse...

    Cela fait ainsi 2 trimestres entiers que nos élèves ont appris à observer attentivement les 2 premières dizaines, qu'ils savent en nommer les nombres, les écrire, les décomposer et les recomposer et environ un trimestre qu'ils ont pris conscience que, du fait de nos 10 doigts, nous vivions sous le règne de la numération décimale.

    Il va maintenant être facile et rapide de passer à la dernière phase de cette prise de conscience, déjà un peu entamée grâce à l'écriture des nombres dans un tableau dizaines/unités :

    → l'écriture  et la lecture des nombres de 20 à 100 e

    → t l'utilité de ce mode d'écriture pour le calcul rapide de sommes, différences, produits et même partages de quantités supérieures à 10 (et inférieures à 100).

    C'est ce qui fera l'objet de la période 5 au CP (et permettra dans une classe à double ou triple niveau de mettre le pied à l'étrier d'éventuels CE1 qui auraient loupé le coche de ces notions lors des premiers et deuxièmes trimestres).

    En attendant cette période 5, qui viendra, je pense, largement avant échéance même si je vais être un peu plus occupée dans les semaines à venir, voici déjà la période 4, tout juste sortie du four !

    Le guide pédagogique :

    Télécharger « MathsGSCPCE1-Période 4.pdf »

    Le matériel :

    Télécharger « MathsGSCPCE1-Matériel4.pdf »

    Dans la même série :

    GS/CP/CE1 : Mathématiques (1) ; GS/CP/CE1 : Mathématiques (2)GS/CP/CE1 : Mathématiques (3) ;  ... ;

    Les cahiers des élèves :

    CE1 : Maths CE1 : Fichiers élèves

    CP : CP : Cahier de mathématiques (1) ; CP : Cahiers de mathématiques (2-3) ; CP : Cahiers de Mathématiques (4 - 5)

    GS : cahiers facultatifs (me consulter : Contact)

    Note :

    [1] Je suis prête à vous parier que, dans un an ou deux, nous commencerons à rencontrer des « dégoûtés » de MHM ou de « Chaque jour compte » et qu’il faudra trouver encore autre chose pour rattraper tous ces élèves qui ont si bien joué aux cartes ou placé les petites pailles dans les gobelets sans jamais prendre conscience que tout cela, c’était pour être peu à peu capables de résoudre toutes sortes de problèmes mathématiques du quotidien ou de la vie scolaire.


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  • EPS : MS à CE1 (2)

    En continuant à recopier ce livret d'EPS des années 1980

    EPS : MS à CE1 (2)

    je viens de réaliser que je ne vous avais pas mis en ligne le deuxième chapitre :

    l'enfant saute

    Oubli réparé ce jour !

    Télécharger « EPS3.L'enfant saute.pdf »

    Dans la même série :

    Introduction + l'enfant frappe : EPS : MS à CE1 (1)

    ...


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  • CE/CM : Rédiger un texte collectif  
    Merci à Marthe Ebrard, élève de CM2 à l'école de Selonnet (hameau de Villaudemard), en 1945, et à son institutrice, Mme Chauvet.

    Face à des élèves de CM2 qui, bien qu'ayant de bons réflexes orthographiques en dictée, écrivaient « comme on veut » dès lors qu'ils étaient en activité autonome de production d'écrits, j'ai proposé ceci :

    Je ne vois que la production collective quotidienne d'écrits longs, au tableau, pour effacer tous les mauvais réflexes qui se sont montés au CP, pendant les deux années de CE, celle de CM1 et la première période de CM2.

    Tous les jours, on choisit un texte à écrire ensemble : un résumé de lecture, un compte-rendu d'observation géographique, historique, scientifique, un poème, un problème mathématiques, une blague de Toto, n'importe quoi pourvu que chacun ait l'occasion de prendre conscience qu'on n'écrit jamais « comme on veut » et qu'il le prouve en écrivant au tableau devant ses pairs et son enseignant un mot, un groupe de mots, une phrase...

    Normalement, cela devrait commencer à s'améliorer d'ici trois ou quatre mois. Vous pourrez alors à nouveau leur proposer des rédactions individuelles de textes.

    Un collègue m'a alors demandé :

    « Je n'ai pas compris... Cest de la copie c'est cela ? Ou de l'analyse de phrases ? Comment vont ils comprendre que l’on écrit pas comme on veut ? Les élèves écrivent au tableau ou c'est dicté à la maîtresse ? Et comment se mettent-ils d'accord sur ce qui sera écrit ? »

    Voici ma réponse :

    Ils se mettent d'accord par le débat, mené par l'enseignant qui les guide : « Par quoi devons-nous commencer : quels sont les renseignements Indispensables à la compréhension ? Tel événement s'est-il passé avant, en même temps ou après tel autre ? Alors ?... dans quel ordre devons-nous les présenter ? Etc. »

    Les élèves viennent chacun leur tour écrire une phrase simple, une proposition ou même seulement un groupe syntaxique lorsque le texte est court, après que cette partie du texte a été élaborée à l'oral par la classe.

    Exemple : Aujourd'hui, en grammaire, nous avons observé une série de phrases dans lesquelles le verbe conjugué était le verbe être.

    Elle est plus ou moins dictée par l'enseignant qui, de cette manière, peut interrompre l'écriture à tout moment lorsqu'il constate un risque d'écriture sans contrôle orthographique : "Attention, ce mot ne s'écrit pas comme il se prononce. Qui connaît son orthographe ? À quelle régularité d'écriture nous renvoie-t-il ?".

    Exemple : « Normalement, vous savez écrire l'adverbe aujourd'hui. Je vous rappelle qu'il comporte 3 irrégularités : l'écriture du son [o] et l'écriture de la syllabe qui se prononce [dɥi]. Tout cela est dû à son étymologie :c'était au départ une série de 4 mots, l'article au, le nom jour, la préposition élidée d' et l'adverbe disparu de notre langue hui, qui signifiait en ce jour... Aujourd'hui signifiait donc au jour où nous sommes ! Quelqu'un peut nous épeler les difficultés de l'adverbe aujourd'hui, tel qu'il s'écrit maintenant, avant qu'Albin l'écrive pour nous au tableau ? »

    Ce renvoi au contrôle orthographique est souvent sollicité par l'enseignant avant écriture pour tout ce qui est accords grammaticaux : accords au sein du GN, accords entre le sujet et le verbe et entre le sujet et son attribut.

    Exemple : « nous avons observé, quel verbe est ici conjugué ? À quel temps ? De combien de parties est-il composé ? Quel est l'auxiliaire ? À quelle personne ? Quelle est sa terminaison ? À quel mode est écrit le verbe observer ? Quelle est sa terminaison ? Récapitulons avant que Chloé écrive : nous... avons... o.n.s... 1re personne du pluriel... observé... é... parce qu'il est au participe passé

    C'est cette habituation à une attitude réflexive avant écriture qui, petit à petit, les amènera progressivement à ne plus « écrire comme on veut ».

    C'est donc ni de la copie, ni de l'analyse de phrases déjà écrites, c'est clairement de la production d'écrit qui prend en compte non seulement l'expression des idées et des sentiments mais aussi ce qui fait le cœur de la langue écrite et lui permet d'être comprise de tous avec un risque minimal d'incompréhension : son orthographe (et non "sont nord tôt gras feu", ce qui à l'oral est tout à fait homophone mais à l'écrit pas du tout synonyme).

     


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  • J'en veux aux démolisseurs !

    Les démolisseurs, ce sont les formateurs, CPC et IEN qui, en deux années d'IUFM, d'ESPE ou d'INSPE ou  pendant les 18 h annuelles de formation, n'ont pas trouvé le temps d'apprendre aux Professeurs des Écoles futurs ou présents la base de la base de leur mission alors qu'ils leur ont farci la tête sur l'accessoire et le superflu !

    La base de la base de la base,

    ç'aurait été de leur apprendre à lire l'article du Code du Travail (cité ici) et modifié par amendement (voir ici), calculette à la main.

    Les apprentis enseignants auraient lu que la durée du travail de certains fonctionnaires, dont les Professeurs des Écoles, a été fixée en France à 1 607 h annuelles.  

    Ils leur auraient fait calculer que 1 607 h ÷ 36 semaines, cela représente 44 h 37 min de travail par semaine si l'on ne travaille pas durant les congés scolaires et que, si pendant les congés scolaires, on ne se réserve que 5 semaines de vraies vacances sans penser à l'école( ce qui correspond aux 5 semaines de congés payés des autres professions) , ça fait 34 h 11 min par semaine sur 47 semaines.

    Ils leur en auraient fait déduire, toujours calculette à la main, que, puisque l'administration exige d'eux 24 heures de classe effective par semaine, récréations comprises, et 108 h annualisées de manière à ce qu'ils effectuent 27 h de travail à heures fixées administrativement, il leur restait 7 h 11 min par semaine pour « le reste ».

    Et ils auraient conclu le premier cours de l'année scolaire par la lecture des attributions des fonctionnaires de la catégorie A qui regroupe tous ceux qui ont vocation à être cadres comme nous pouvons le lire sur le site de la Fonction Publique [sans toutefois faire partie des agents de catégorie A+ qui occupent notamment des emplois d’encadrement supérieur et de direction] :

    « La catégorie A correspond aux fonctions de conception et de direction. »

    Et c'est là que le bât blesse !

    Et qu'il blesse même méchamment !

    De la faute des formateurs qui, déjà, bien contents de ne pas leur avoir expliqué cela, se débrouillent parfois pour exiger des PE débutants beaucoup plus de ces 7 h 11 par semaine, ce qui est un scandale qui devrait leur être sévèrement reproché.

    C'est déjà très grave pour le PE débutant et même après, lorsqu'il peut voler de ses propres ailes mais qu'il continue à croire qu'il est un mauvais enseignant parce qu'il ne passe pas ses soirées, ses mercredis après-midis, ses week-ends et ses petites vacances à trimer, seul devant son ordinateur, son imprimante, son massicot, sa plastifieuse et les applications des sites institutionnels !

    Mais il n'y a pas que ça...

    Que nous disent ces formateurs et ces supérieurs hiérarchiques sur ces fonctions d'encadrement intermédiaire et sur l'utilisation de ces 7 h 11 dues, je le rappelle, à l'administration au même titre que les 27 autres, mais utilisables à peu près comme bon nous semble, comme c'est d'usage pour tous les métiers d'encadrement ?

    Je schématise mais, en gros, c'est toujours à peu près la même chose :

    « Faites des fiches, des fiches et encore des fiches... Des fiches de programmation... des fiches de progressions, dans tous les domaines et pour toutes les activités[1]...des fiches de préparation pour toutes les activités d'une journée de classe avec les objectifs, les compétences, capacités et notions culturelles visées... [et puis, actuellement, parce que c'est la mode du fonctionnement en ateliers : ] des fichiers et des fichiers d'exercices gradués... et puis votre cahier-journal... avec la colonne pour vous évaluer que vous n'oublierez pas de compléter... et puis les feuilles pour le PPCR... et puis... et puis... et puis... [j'en oublie certainement] »

    Et puis :

    « Remplissez vos logiciels personnels d'évaluation... Tous les soirs après l'école... et puis pendant les vacances... et puis à la place des APC pour les évaluations nationales... et puis la nuit parce que le serveur sera moins pris d'assaut... et sans oublier le LSU... que vous n'avez pas le droit de boycotter parce que sinon on vous le déduira sur votre paie ! »

    Et personne ne râle...

    Ou pas grand monde, il suffit de voir les taux de participation aux grèves dont le mot d'ordre était d'empêcher cette infantilisation de la profession.

    Il y en a même qui en rajoutent et se délectent à assortir tout leur petit matériel. Ceux-là passent parfois bien plus que ces 7 heures hebdomadaires à fréquenter les grandes chaînes de « bébeilles et bidouilles » pour trouver LA série de boîtes dans lesquelles seront rangés les AIM (ateliers individuels de manipulation), à rogner sur leur sommeil, allant jusqu'à perdre carrément leurs 5 semaines de congés payés, tout occupés qu'ils sont à concevoir, imprimer, découper, plastifier, partager leurs décorations de porte, leurs affichages « obligatoires[2] », leurs tableaux de programmation, leurs ateliers de fluence, leurs cahiers d'autonomie, leurs ..., leurs ..., leurs ... (ad libitum) ! 

    En revanche, là où ça râle...

    C'est quand ils apprennent, comme ça, par hasard, que le portail de l'école ne s'ouvre pas tout seul et que les enfants qui stationnent devant, seuls ou accompagnés, doivent être accueillis dans de bonnes conditions, de manière à ce qu'ils puissent rejoindre leurs salles de classe en toute sécurité. Surtout quand on leur rajoute que ces bonnes conditions passent par 10 minutes paraît-il « supplémentaires » à ajouter à « leurs 27 heures » !

    Tout ça de la faute de leurs formateurs qui, lors de leur premier jour de présence à l'IUFM, ESPE, INSPE, ont totalement oublié de détailler, en plus de l'existence de ces fameuses 7 h 11 de travail personnel, ce que sous-entend le statut de cadre !  

    Pourtant, c'est tout simple ! Imaginez une infirmière, personnel d'encadrement elle aussi. Elle commence à l'hôpital à 13 h. À 12 h 50, elle arrive, revêtue de ses vêtements civils dans le vestiaire de son étage. Elle ouvre son casier, en sort sa tenue du jour, l'enfile, se lave les mains et s'attache les cheveux de manière à être à 13 h sonnantes dans le local des infirmières de son service. Imaginez un commissaire de police, même chose, il rejoint son bureau, traversant les locaux et disant bonjour aux membres de son équipe, boit éventuellement un café avec eux, vérifie son agenda et est prêt à l'heure du début de son service. En revanche, le jour où ils sont un peu à la bourre, ils peuvent finir de boutonner leur tenue ou de ranger leurs dossiers dans leurs pochettes dans les couloirs et le jour où ils se retrouvent dans un vestiaire ou un couloir en même temps que leur collègue Marcel ou leur copine Josette, ou même qu'ils reçoivent un coup de téléphone, ils ont encore le droit de répondre et de bavarder d'autre chose que de la piqûre du monsieur de la chambre 131 ou du planning pour le service de sentinelle devant le Ministère de l'Éducation Nationale de la semaine prochaine...

    Notre matériel à nous, bien plus que les fiches de préparation, les Espaces Numériques de Travail et autres cahiers d'autonomie, ce sont de jeunes êtres humains, appartenant tous à la catégorie des mineurs, catégorie réputée pour sa difficulté à s'assumer seule. 

    C'est pourquoi nous sommes censés arriver tous 10 minutes avant l'heure légale de début des classes (article D321-12 du Code de l’éducation) de manière à assurer la sécurité et le regroupement de tous ces petits mineurs qui ne peuvent, pas plus que le planning des interventions du commissaire de police ou la blouse blanche de l'infirmière, se mettre seuls en marche de façon rationnelle.

    Et c'est tout ! Tout ce que les formateurs, IEN et CPC vous ont raconté d'autre, les accueils en classe, et surtout la mise à profit à des fins d'enseignement de ces 10 minutes, c'est du flan ! Vous pouvez très bien rester à papoter entre collègues dans la cour de l'école jusqu'à l'heure fatidique pendant que les enfants arrivent [ effectuant à l'occasion 20 des 30 minutes d’activité physique quotidienne réclamées par le Ministère de l'Éducation Nationale], du moment où vous assurez leur sécurité et leur  regroupement[3] !

    C'est pourquoi, je vous en conjure...

    Oubliez les injonctions infantilisantes de vos formateurs !

    Arrêtez de passer des heures et des heures à préparer des trucs et des machins qui vous coûtent des sous et n'ont jamais fait preuve de leur efficacité ou, tout du moins, retirez de ces heures 10 minutes par demi-journée de classe puisque vous savez que ces 10 minutes sont largement aussi importantes et obligatoires que la préparation de tout ce matériel !

    Arrêtez aussi de faire de ces 10 minutes d'accueil un temps d'enseignement ! Installez-vous dans la cour, votre tasse de café ou de thé à la main, chaudement couverts l'hiver et bien protégés du soleil l'été, et accueillez vos élèves (et éventuellement leurs familles) dans la joie et la bonne humeur de manière à donner une tonalité bienveillante et positive à votre journée de travail. Si en plus, petit à petit, vous équipez votre cour de jeux sportifs (balles, ballons, cerceaux, pneus, cordes à sauter, élastiques, assiettes chinoises, grands emballages de carton, etc.), vous aurez mis en place, à peu de frais, et sans prendre sur le temps d'enseignement, les deux tiers des 30 minutes d'activité physique quotidienne réclamées par notre hiérarchie.

    Et enfin arrêtez de râler parce que votre statut de professeur des écoles vous condamne à arriver 10 minutes avant l'heure de début des cours puisque maintenant vous savez que c'est normal !

    Petit bonus :

    En revanche, continuez à râler, et râlez beaucoup plus fort, pour que votre salaire soit en accord avec votre statut de cadre de catégorie A.

    Syndiquez-vous – en évitant soigneusement ceux des syndicats qui ont activement collaboré à cette démolition et continuent à professer que notre « professionalité » se tient dans l'art de la réunion, du « projet collectif » et dans l'emploi de méthodes qui nécessitent un maximum de préparations pour un minimum d'acquis scolaires –, allez aux réunions syndicales, apprenez à vous battre pied à pied ! Comme le dit un intervenant ci-dessous :  cette appartenance à la catégorie A « est difficile à croire tant ce "surclassement" s'est accompagné d'une paupérisation massive et d'un abrutissement presque aussi massif, mais c'est bien le cas. »

    Ne vous laissez pas plus appauvrir qu'abrutir et revendiquez un salaire à la hauteur de vos responsabilités !

    Notes :

    [1] Il y en a qui vont jusqu’à exiger des progressions en pâte à modeler, en Lego® et même en fréquentation des sanitaires en TPS et PS !

    [2] Je rappelle que les seuls affichages obligatoires dans une classe sont : 1) La liste des élèves avec leur âge – 2) L'emploi du temps – 3) Le règlement intérieur de l'école – 4) Les consignes d'évacuation des locaux – 5) La liste des élèves bénéficiant du PAI (Projet d'Accueil Individualisé) et le protocole à suivre en cas de besoin (source : La Classe). Donc les alphabets, frises numériques, calendriers et autres, c'est du superflu !

    [3] Ce qui sous-entend quand même un intérêt certain pour ces charmantes têtes rousses, blondes ou brunes que le statut de mineurs irresponsables condamne à une fâcheuse propension à faire n’importe quoi dès lors qu’on ne s’intéresse pas suffisamment à eux...  


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  • CE : Affichages

    Émilie m'a demandé quoi afficher dans sa classe lorsqu'on utilise OrthoGraph' au CE1 ou CE2. Elle-même laisse affiché une semaine le tableau des mots construit avec les élèves.

    Voici ma réponse :

    Oui, ça peut être une bonne idée...

    de laisser le tableau des mots à savoir écrire seuls affiché toute une semaine.

    Après, on pourra le relier avec les anciens tableaux et en faire un « dictionnaire» ou « répertoire » qui restera sur un présentoir pour consultation libre, pendant les moments de production d'écrits par exemple.

    Dans une classe de CE, j'affiche essentiellement : 

    →  les conjugaisons qui restent là toute l'année, de manière "transparente", c'est-à -dire avec un verbe (ou 6 à 8) écrit en entier à chaque ligne (pas de je ....e, tu ...es, etc. mais « j'aime, tu regardes, il attrape, elle saute, nous dansons, etc. », avec les terminaisons en rouge). Au fur et à mesure de l'année, je regroupe sur un même tableau:

    ♥ soit les verbes du programme à un temps donné,

    ♥ soit un verbe donné à tous les temps du programme

    → une affiche pour les natures, une autre pour les fonctions du nom et de l'adjectif (au CE2) avec des exemples pour chaque nature. Ce sont des affiches « évolutives » qu'on décrochera plusieurs fois dans l'année pour les compléter ou des petites affiches qu'on place les unes au-dessous des autres au fur et à mesure de leur construction

    → on peut ajouter à cette liste l'alphabet, voyelles et consonnes de deux couleurs différentes, les valeurs de la lettre g et celles de la lettre c (avec les Alphas pour moi) ainsi que quelques généralités orthographiques (sur la photo, on voit ainsi les pluriels en oux, l'écriture du son [ɛ], etc.)

    Toutes ces affiches sont faites en présence des enfants, le jour où la notion est travaillée, avec leur participation active quant à la présentation et aux couleurs à choisir.

    Un petit + important :

    Quand une affiche a été placée à un endroit, elle ne doit plus en bouger de toute l'année. En effet, j'ai remarqué que les élèves qui s'y réfèrent (ce n'est pas spontané, il faut le leur apprendre et le leur répéter souvent) tournent spontanément la tête vers l'endroit où la feuille que nous venions d'élaborer ensemble a été affichée à l'origine.

    Remarque :

    Dans mes classes, il y a bien longtemps que j'ai enlevé la file numérique que j'y avais mise dans les années 1990 ou début  des années 2000, je ne me souviens plus

    On n'y voit pas non plus : 

    ♠ une liste des "mots-outils" ou des "mots-nombres"

    ♠ tables de multiplication

    Il y a juste un "château des nombres", construit avec les élèves de CE1 lorsque les nombres de 0 à 100 ont tous été revus, mais il est derrière un des volets du tableau triptyque ce qui fait qu'il n'est apparent que lorsque nous avons à nous en servir.

    En revanche on y voit :

    Des dessins d'élèves, des reproductions de tableaux, des affiches thématiques (historiques, géographiques, scientifiques) qui restent là quelques jours, à hauteur d'enfants si possible.

    CE : Affichages

     


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