• Gestion du comportement : grands mots pour grands maux...

    08 : 31 

    La sonnerie a retenti. Toute la classe de Mme Tiptopcoul est déjà en rang. Toute ? Non... Il manque... Ah non, le voilà ! Astérian ! LE Astérian ! Il hurle, brandit sa besace à bout de bras, la projette avec énergie sur les trois derniers du rang qui fulminent, protestent et récriminent...
    Heureusement, Mme Tiptopcoul est là, vigilante. Elle annonce à Astérian qu'en même temps que son passage du vert dans l'orange, il vient de perdre son droit à aller chercher un livre de Titeuf dans la bibliothèque de classe.

    08: 54

    Astérian papillonne, il s'agite, remue sur sa chaise. Mme Tiptopcoul le rappelle à l'ordre : il doit aller relire les règles d'or qui ont été affichées au début de l'année scolaire près de la chaise à réfléchir après trois semaines de débats clôturés par un vote à l'unanimité . Il les a votées ces règles, quand même. Et il savait à quoi il s'engageait.
    Astérian marmonne et rejoint la chaise à réfléchir en bousculant ses voisins. Sa pince à linge passe du orange dans le rouge. À la récréation, il sera interdit de ballon, conformément à ce qui a été prévu par le conseil des élèves réuni en session plénière par M. Topla, le directeur.

    09 : 12

    Astérian a renversé la chaise à réfléchir. Il a hurlé de rire parce qu'au rituel de maths (ceinture de tables de multiplication), la petite Apathy a encore loupé sa ceinture blanche ! 
    Sa pince à linge est dans le noir, il va finir la matinée dans le bureau de M. Ancortoi, le contrat aidé[1] recruté par l'IEN pour aider M. Topla... Il est privé de salle de jeux informatiques pendant les deux accueils et les deux récrés de la journée pour toute la semaine. Il part en marmonnant « M'en fous, y sont nazes, leurs jeux ! Y'a même pas Tékon, takayéklatélatronche...».

    09 : 48

    Collecte de mots en groupes. Depuis 9 h 30, les élèves sont en situation de recherche ouverte. L'IEN sera content de Mme Tiptopcoul qui a su engager les enfants dans une dynamique de conscientisation des attitudes réflexives à adopter pour interroger la langue écrite...
    Mais voilà qu'on s'agite dans le groupe de Céleste et Parady, les deux plus adorables de ses élèves. Qui a pu énerver à ce point ces enfants extraordinairement bienveillants et empathiques, toujours prêts à intervenir lors du nouveau thème d'Éducation Morale et Civique, « Gestion des émotions et climat de la classe », médiateurs parfaits dans le cadre de l'action « Messages clairs » menée en concertation avec l'équipe de circo, grands pourvoyeurs de câlins et mots précieux pendant les séances de calinothérapie instaurées en début d'après-midi du jeudi pour contrer l'effet «semaine de 4 jours et demi, mercredi matin travaillé » ?

    Voyant que le groupe a de la peine à s'autoréguler, elle s'approche. Céleste pince le nez, fronce les sourcils, retient ses larmes ; Parady montre avec insistance l'affichage « Je partage mes émotions pour mieux les gérer ». Leurs camarades pépient un peu tous à la fois : « T'es pas la commandante, d'abord ! Nous, on fera comme on veut ! Ouais, c'est ça, fais semblant de pleurer quand la maîtresse arrive... Maîtresse, c'est eux qui nous embêtent ! Ils ont dit que c'étaient eux qui décidaient parce qu'ils étaient tes chouchous... Si, c'est vrai, tu l'as dit ! Et toi aussi, le petit toutou à sa chérie ! En plus, elle ment sans arrêt... Moi, je m'en fiche, ma mère, si tu continues, elle a dit qu'elle allait me changer d'école !... »

    Mme Tiptopcoul s'arrache les cheveux. Elle qui passe son temps à se documenter sur la gestion des comportements, qui a même fait partie du groupe de recherche académique, qui a tout lu sur la question, qui a passé tout l'été à peaufiner ses affichages jusque dans le moindre détail, qui ne manque jamais une occasion de compléter l'arsenal, voilà que même Céleste et Parady montrent qu'il va falloir à nouveau chercher, se documenter, construire tout un arsenal de fiches plastifiées, d'affiches colorées, de permis à points, de cartes mentales, de pictogrammes des émotions,... de ratons laveurs de l'estime de soi, peut-être même ?...

    À elle et à tous ses collègues, désespérés par les Astérian, les Apathy, les Céleste et les Parady, n'écoutant que mon bon cœur, je propose un nouvel outil... Il ne fonctionnera pas toujours, n'empêchera pas vraiment de désespérer quand Astérian aura encore une fois dépassé les bornes des limites de l'humainement acceptable.Mais il garantira au moins contre les déceptions provoquées par tous ces outils prétendûment parfaits censés transformer en Céleste et Parady, tous ces petits individus que la Nation – ou, plus modestement, les familles – nous confie...

    La technique de la médiation directe en cours d'action

    Fondamentaux.

    Les fondamentaux de cette technique sont : l'empathie, la bienveillance, la convivialité, l'éducation positive et la protection de l'enfance.

    Premier point : l'ambiance de l'environnement

    C'est par l'aménagement des locaux, l'adéquation des activités, y compris dans leurs durées, et l'ambiance que les adultes entendent y faire régner que les comportements enfantins vont se réguler.
    En classe, les activités programmées privilégieront le calme et la sérénité. Dans la cour et les lieux collectifs, on encouragera les actions douces évitant les attitudes agressives et l'excitation sensorielle.

    Autocritique de Mme Tiptopcoul : la sonnerie d'une cloche est-elle le moyen le plus adapté pour ponctuer le temps qui passe ? le passage de « ceintures de tables » assimilé à une évaluation normative pourrait peut-être être abandonné au profit d'une autre procédure visant à apprendre les tables tous ensemble ? Dix-huit minutes d'activité en autonomie sur la même tâche, n'est-ce pas trop long pour des groupes de six enfants de moins de 12 ans ?

    Deuxième point : observation et anticipation

    Les adultes jouent un rôle d'observateurs actifs. Ils s'attachent à affiner leur connaissance des individualités enfantines[2] en se basant sur l'observation attentive des enfants qui leur sont confiés. Cette observation leur permettra progressivement d'être capables d'anticiper les comportements contraires à l'ambiance souhaitée.
    Leur empathie et leur attention doivent être renforcées auprès des enfants actuellement excités ou agressifs. Il est de leur rôle de protecteur de l'enfance d'anticiper leurs comportements à risques pour les empêcher de les mener à terme.

    Autocritique de Mme Tiptopcoul : Astérian étant ce qu'il est, ne serait-il pas souhaitable de l'aider à franchir les paliers qui accentuent son stress ? Les adultes ne pourraient-ils pas aller l'avertir de l'imminence de la fin de la récréation et le mener eux-mêmes calmement au début du rang au moment où la fin de la récréation est signalée ? L'observation des enfants dans la cour ne permettrait-elle pas de vérifier si l'attitude apparemment impeccable de Céleste et Parady n'est pas la façade que leurs camarades dénoncent ?

    Troisième point : réagir en cours d'action

    Connaître l'enfant et les interactions entre enfants permet d'adopter une posture protectrice. Le but est d'éviter l'action de transgression ou y couper court de façon adaptée à la situation ponctuelle le plus rapidement possible.
    L'adulte s'adresse à l'enfant ou au groupe d'enfants potentiellement transgresseurs ; il leur raconte calmement et brièvement leur action ; il évoque, ou fait évoquer, s'ils sont suffisamment grands, toujours de manière calme et concise, les dangers que cette action leur fait courir ainsi que ceux qu'elle peut faire courir aux personnes, enfants et adultes, avec lesquelles ils partagent les locaux.
    Si cela ne suffit pas, il détourne leur attention par la proposition d'une autre activité qu'il initie lui-même pour les rassurer.
    En cas d'enfant très perturbé, au comportement volontairement provocateur, le maintien – avec une activité – dans un périmètre restreint, l'adulte posant sa main sur celle de l'enfant, ou sur son épaule, peut aider à sa sécurisation. Si l'enfant est grand, l'adulte n'hésite pas à lui dire qu'il n'est pas dupe et qu'il sait très bien que ce comportement vise à se faire remarquer ; il l'encourage alors à adopter une façon plus positive de se faire remarquer à l'école en s'appuyant sur ses forces plutôt qu'en l'encourageant à combattre ses faiblesses qu'il ne connaît que trop.

    Autocritique de Mme Tiptopcoul : « Astérian, toi qui es très rapide, pourrais-tu aller dire à M. Ancortoi que je veux bien qu'il m'apporte les photocopies sur mon bureau, s'il te plaît ? Dépêche-toi car nous t'attendons pour nous mettre en rang. Tiens, donne-moi ta besace qui t'encombre. À tout de suite ! »
    « Céleste, Parady, il me semble que vous avez très souvent la parole dans votre groupe. Pensez à laisser parler les autres, s'il vous plaît. Non, Céleste, tu ne vas pas m'apprendre mon métier. Je sais ce que nous avons écrit sur ces affiches. Quant à toi, Parady, s'il te plaît, tu peux très bien être l'ami de Céleste sans obéir à tout. Avoir un ami ne doit pas nous empêcher de réfléchir avant de le suivre. »

    Quatrième point : savoir tout changer

    Quand l'action de médiation concerne une classe entière (énervement extrême, détournement répété d'activités), l'adulte doit s'interroger sur la ou les origines du chahut.
    La durée des activités est-elle en rapport avec leur intérêt et les capacités attentionnelles des enfants ? L'autonomie est-elle bien calculée : sont-ils trop seuls ou au contraire trop bridés dans leur envie de découverte ? Sont-ils capables de manipuler tel matériel seuls, en respectant les normes prévues par l'éditeur du dit matériel ? Son attitude personnelle est-elle claire pour les enfants, voient-ils en lui une personne majeure ayant autorité ?
    Les réponses qu'il donnera à ses interrogations le guideront pour tenter de résoudre les problèmes  sur le long terme.

    En cas d'excitation ponctuelle, au cours d'une activité bien précise, il interrompt l'activité et verbalise ou fait verbaliser les raisons de l'interruption, les risques encourus en cas de prolongation à l'identique.
    S'il sent que le climat reste à l'énervement et qu'il n'arrivera pas à canaliser l'attention des enfants sur le travail prévu, il le remplace au pied levé par une activité collective calme visant à souder le groupe autour de la régulation collective du comportement général : exercices respiratoires, jeux de positions, écoute musicale ciblée...

    Autocritique de Mme Tiptopcoul : « Et si je la tentais en collectif, cette collecte ? À plusieurs, on est plus fort, dit le proverbe... En plus, si ça va plus vite, je vais enfin pouvoir faire cette séance de sport que je leur ai promise depuis le début de la semaine. Oui, c'est ça. J'abandonne provisoirement toutes les activités de groupe qui partent en vrille une fois sur deux et je privilégie le collectif. »

    Cinquième point : de l'égocentrisme à la micro-société

    L'enfant est à l'école pour y apprendre les rudiments de la vie en société. L'adulte évite les méthodes qui habituent à la « contemplation répétée de son nombril ». Il cherche bien au contraire à ouvrir vers les autres par :

    • la constitution d'un véritable groupe-classe, plutôt que l'atomisation la classe en groupes (ateliers, groupes de besoins, etc.)
    • l'institutionnalisation des activités collectives qui constitueront désormais la marque de fabrique de l'école
    • l'utilisation du pronom « nous » en lieu et place du « on » qui déresponsabilise
    • la prise en compte du groupe dans la gestion des projets de classe : choix, élaboration, durée, régulation, synthèse

    Pas d'autocritique de Mme Tiptopcoul... À vous de compléter, si le cœur vous en dit.

    Limites : l'enfant en souffrance affective

    Malgré tous nos efforts, nous n'arriverons sans doute pas seuls à réguler le comportement d'un enfant en grande souffrance affective. Nous pouvons, par la médiation directe en cours d'action, et tout particulièrement par l'observation active et l'anticipation, prévenir quelques crises. Notre attitude en classe, les choix de notre pédagogie, la justice et l'égalité de traitement que nous essayons d'instaurer malgré les facilités des uns à se couler dans le moule et les difficultés des autres à obéir à une règle qu'ils ignorent, seront aussi des moteurs puissants pour aider ce type d'enfant à progresser à l'école.

    Cependant, ne nous leurrons pas, ce ne sont pas 24 malheureuses heures par semaine, 36 semaines par an, soit 864 h en tout et pour tout, qui vont permettre à un enfant en lourde carence éducative de compenser ce qu'il vit lors des 7 903 autres heures de l'année.
    Si nous avons beaucoup de chances, mais alors vraiment beaucoup, nous pourrons tenter d'engager une action en direction de la famille et la voir réussir. Sinon, à nous de nous battre pour organiser des actions institutionnelles. Nous allons nous y fatiguer et nous casser parfois les dents pendant longtemps mais, je l'ai vécu, il arrive qu'une solution germe, grandit, fleurit et que la famille, plutôt que nous, récolte enfin les fruits de la médiation renforcée et ciblée dont leur enfant a bénéficié.

    Annexe : Les archétypes enfantins

    Notes :

    [1] Je me demande bien qui va hériter d’Astérian, quand le contrat aidé, arrivé à échéance, ne sera pas renouvelé... Pauvre Mme Tiptopcoul, pauvres camarades de classe d’Astérian !

    [2] Voir annexe : « Les archétypes du comportement enfantin »


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  • III. 2. B. Mise en route - GS/CP/CE1 (1)

    2. Mise en route

    C) De la Grande Section au CE1

    • Organisation de l’espace

    Pour aider les élèves de Grande Section et de Cours Préparatoire à acquérir une latéralisation harmonieuse, l’organisation de la salle de classe doit permettre d’installer les tables à écrire face au tableau. Cependant, le coin de regroupement, si nécessaire en maternelle, aura encore son utilité pour les élèves les plus jeunes. Si la salle n’est pas assez spacieuse, le maître peut décider de le jumeler avec l’indispensable coin d’activités libres qui reçoit, à plusieurs reprises dans la journée, les enfants des trois niveaux qui sont en activités en autonomie ou qui ont fini le travail programmé les deux.

    Ce coin d’activités libres, héritier des coins-jeux de la maternelle, est installé en fond de classe, afin que les enfants qui s’y trouvent ne dérangent pas ceux qui sont à leurs places, pour un exercice obligatoire. Il a été agencé de manière à être facilement contrôlable d’un seul coup d’œil afin que le calme y règne et que les règles de la classe[1] y soient appliquées. Cet espace est équipé de placards ouverts proposant livres, jeux sensoriels et de construction, papiers et crayons, pâte à modeler, jeux et jouets[2]. S’il sert aussi de coin de regroupement, il comporte une partie « exposition » avec panneau d’affichage et présentoir. On y trouve un ou plusieurs ordinateurs et un appareil permettant de diffuser de la musique.

    Si la classe est spacieuse, le coin d’activités d’arts plastiques est permanent. Il dispose d’un point d’eau, de placards accueillant le matériel et les outils, d’une surface murale sur laquelle afficher et peindre. Une ou deux grandes tables sur tréteaux, pas trop hautes, peuvent recevoir les élèves et permettre d’entreposer les travaux en cours.

    Le coin écriture-lecture se trouve face au tableau triptyque. Les tables sont installées par niveaux, côte à côte ou en rangées parallèles au tableau[3], afin de pouvoir mener tant des travaux en commun que deux ou trois activités en parallèle. Elles disposent toutes d’un casier dans lequel chaque élève entrepose son matériel[4]. Un coin dédié au rangement des cartables pendant la journée de classe permet d’éviter les chaises qui basculent sous leur poids et les travées encombrées !

    • Emploi du temps

    Privilégier le collectif, aussi souvent que possible, en utilisant le disciplinaire d’un niveau comme interdisciplinaire pour les autres permet de libérer beaucoup de temps. Exercer à l’individuel et à l’autonomie, sous forme de travail programmé, inscrit au tableau ou sur un plan de travail, dégage l’enseignant de la direction d’une séance tout en accordant aux élèves l’opportunité de progresser en s’exerçant.

    Dans une classe regroupant des élèves allant de la Grande Section au Cours Élémentaire 1re année, tout en mettant à l’honneur le rôle du groupe-classe comme moteur de l’apprentissage, le maître encourage ses élèves, dès le premier jour, à faire seuls. Pour que sa tâche soit aisée, il fait précéder les moments d’exercices en autonomie, très courts en début d’année scolaire, de moments collectifs où l’activité est abondamment pratiquée par tous les élèves réunis autour de lui. Il donne un caractère routinier au travail individuel autonome pour en faciliter la mise en place.
    Un élève ayant fini le travail programmé prévu pour son niveau a toute latitude d’aller pratiquer une activité libre, à sa place ou dans les coins installés loin de l’espace dédié au travail écrit. Les règles en vigueur dans cet espace de liberté sont expliquées au coup par coup, en activité (technique de la médiation directe en action) : installer les règles en les vivant fait aussi gagner un temps précieux. Cela permet à chaque élève de progresser par la méthode des petits pas, tant dans son comportement que dans ses acquis scolaires. C’est aussi la certitude de voir ces règles appliquées plus facilement sous l’effet de la routine.

    Pour tous les domaines où l’apprentissage n’est pas forcément structuré de manière linéaire, le maître choisit de mener de front, au cours d’une même activité, les apprentissages des plus jeunes et ceux de leurs aînés. Le fond est le même, seul le degré d’exigence varie. Aux quatre domaines d’acculturation de l’ex-Découverte du Monde[5], il a arbitrairement attribué un jour de la semaine. Il aurait pu tout aussi bien choisir de travailler sur quatre semaines, ou quatre demi-semaines. L’important est d’avancer toujours par la méthode qui convient au rythme des enfants : peu à la fois, souvent, pour le plaisir de se voir grandir et progresser presque à vue d’œil !

    • Progression

    Les enfants de Grande Section vont pénétrer pour la première fois dans le monde des apprentissages structurés à progression linéaire[6]. Cette découverte sera peut-être aussi le fait des élèves de Cours Préparatoire qui n’auraient pas, l’année précédente, commencé à avancer dans ces domaines de manière routinière, progressive et structurée. Le passage peut sembler brutal et déstabilisant pour certains et il convient de ne pas brusquer les choses.

    Pour ces deux niveaux, le maître a pris soin de préparer une première progression d’étape très ludique, basée sur ce qui peut être fait sans difficulté à l’école maternelle dès le milieu de l’année scolaire précédente. Cette progression représente cependant presque le premier cinquième du programme d’acquisitions[7] qu’il souhaite transmettre à ses élèves, afin de limiter le risque de se trouver débordé en cours d’année si une partie de ses élèves a un rythme d’apprentissage lent. 

    S’il cumule cette première difficulté avec celle de recevoir des élèves de CE1 encore très hésitants en lecture, en écriture et en calcul, il cherchera à parer au plus pressé en privilégiant le plus possible ces domaines à travers toutes les activités de la classe.  Il se servira pour cela de tous les moments communs aux trois sections, pour lesquels il établit une progression interdisciplinaire de rattrapage[8], qui permettra de faire complémenter en écriture-lecture les élèves de CE1, de situer tout le monde dans l’espace[9] et le temps, de donner à chacun une assurance rapide de ses capacités d’enfant de presque cinq ans à bientôt huit ans.

    Pour se simplifier la vie et pouvoir consacrer son temps à suivre réellement ses élèves, il a choisi de s’entourer d’outils et de méthodes simples plutôt que de passer énormément de temps à préparer sa classe et à créer ses outils. Il a ainsi adopté des méthodes d’écriture-lecture et de mathématiques proposant une progression journalière pour chacun des trois niveaux[10]. Sachant qu’il dispose de peu de temps pour chaque niveau, selon le degré d’autonomie de chaque groupe, il a opté, pour ses élèves de CE1, soit pour un manuel, soit pour un fichier, des méthodes d’en étude de la langue et en mathématiques.

    Pour l’ensemble des autres matières, son critère principal de sélection a été le bon sens et la connaissance des capacités attentionnelles, inductives et déductives de l’enfant de cinq à huit ans ainsi que son goût du jeu, de la récompense immédiate par la réussite rapide et l’atteinte d’objectifs simples et progressifs.

    • Rôle de l’ATSEM

    S’il a la chance d’avoir une ATSEM, au moins à mi-temps, le maître, après consultation du conseil des maîtres et de la charte des ATSEM décidée par la commune de rattachement de l’école[11], le maître dialogue avec elle. Il la met au courant de sa priorité : l’acquisition de connaissances techniques, langagières et instrumentales. Il lui lit et commente l’emploi du temps et lui explique clairement ce qu’il attend d’elle à chaque moment de présence :

    - aide matérielle aux élèves de manière à ce qu’ils apprennent à se passer rapidement de l’adulte et apprentissage des gestes d'hygiène et de vie pratique et aide à l’encadrement du groupe lors des moments collectifs et apprentissage des gestes techniques[12] ;

    - préparation des matériaux à utiliser pour les ateliers d’expression plastique et des documents ou objets utiles à l’affichage ou à l’exposition au coin de regroupement[13], photocopies ;

    - aide à l’installation par les enfants du matériel de jeux sensoriels et d’imitation accessible aux enfants ;

    - aide au rangement et au nettoyage de tout ce qui a été manipulé, utilisé lors de la journée de classe ;

    - en fin de mois ou de période, classement des travaux d’élèves ; reliure ou collage dans un cahier communiqué aux familles ;

    - prise en charge ponctuelle d’un ou plusieurs élèves lors de l’exécution d’un atelier selon un « cahier des charges » établi à l’avance.

    Annexes :

    Télécharger « EDT - GSCPCE1.pdf »

    Télécharger « Plan CPCE1 ou GSCPCE1 ou CPCE1CE2.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisitions GS.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisitions CP.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisitions CE1.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel GSCP.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel CE1.pdf »

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente 

    I. Idées reçues  ; III.1. Trois niveaux dans la même classe ;

    Notes : 

    [1] Règles fixées dès le premier jour par le maître et patiemment répétées à chaque fois que le besoin s’en fait sentir selon la méthode de la médiation directe en action.

    [2] Petits personnages, véhicules, accessoires et éléments de décor permettant de les mettre en scène.

    [3] Dans ce cas, les élèves de GS puis de CP seront assis aux tables les plus proches du tableau et les élèves de CE1 seront derrière eux.

    [4] Voir Annexe V.

    [5] Questionner le Monde, pour les élèves d’élémentaire et Explorer le Monde, pour ceux de Grande Section.

    [6] Écriture-lecture et compter-calculer.

    [7] Voir Annexe IV.

    [8] EPS consacrée aux activités de latéralisation, spatialisation, succession chronologique, rangements, classements, algorithme de la numération, … ; activités plastiques servant à se repérer sur la feuille et son lignage et à assurer le geste d’écriture par l’expression graphique et les jeux de doigts ; utilisation intensive mais collective de l’écrit dans le cadre des activités du domaine Questionner le Monde : rédaction collective et relecture de courtes phrases de résumés ; lecture à voix haute par les élèves des questionnaires et descriptions contenus dans le manuel.

    [9] Latéralisation, spatialisation, chronologie, sens gauche-droite de la lecture, repérage des lignes et carreaux des cahiers, etc.

    [10] Je conseille les méthodes, fichiers et manuels suivants ; GS, Planète des Alphas + De l’écoute des sons à la lecture (T. Venot, Grip éditions) et Se repérer, compter, calculer en GS (C. Huby, S. Wiktor, Grip éditions) – CP, Écrire et Lire au CP (C. Huby, X. Laroche, Grip éditions) et Compter, calculer au CP (P. Dupré, S. Borgnet, Grip éditions) – CE1, Lecture et expression au CE, Étude de la langue CE1 (C. Huby, me contacter) et Compter, calculer au CE1 (C. Huby, P. Dupré, Grip éditions) ou fichier Mathématiques CE1 (en cours de rédaction).  

    [11] À réclamer s’il n’y en a pas afin de pouvoir s’appuyer sur de l’écrit en cas de litige entre le personnel municipal et le personnel de l’Éducation Nationale.

    [12] Gestes d'hygiène et de vie pratique : se laver les mains, utiliser proprement la salle de propreté de l'école ; remonter une fermeture à glissière, nouer une écharpe, des lacets, attacher une boucle de ceinture ou de sandale, fixer des bretelles, etc. ; mais aussi découper, coller, tailler un crayon, utiliser un pinceau, une agrafeuse, un rouleau de ruban adhésif, une aiguille enfilée, un tricotin, un marteau, une scie, un tournevis, une vrille, …
    Gestes techniques : distribuer et ranger le matériel, trier les déchets, balayer, laver des pinceaux et une éponge, essuyer une table, remplir un pot de colle ou de peinture, …

    [13] Découpage, mise en page, plastification, réalisation de panneaux destinés à l’affichage…


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  • CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (1)

    Merci à Sophie Borgnet pour son illustration.

    Nouvelle édition du livre du maître incluant les trois premières semaines de classe. La suite viendra. À temps j'espère pour ceux qui comptent utiliser les fichiers Étude de la Langue CE1 ou CE2 en simple niveau ou un double niveau. N'hésitez pas à m'écrire si vous avez besoin d'éclaircissements ou si vous remarquez des coquilles.

    Bonne fin de vacances à tous !

    J'ai remarqué que la plupart de nos collègues recherchent des méthodes qui exposent méthodiquement l'étude des points d'un programme depuis la découverte collective à partir d'un matériau de départ jusqu'à la phase en autonomie, en passant par l'entraînement collectif préalable et la conception d'un affichage ou d'une trace écrite.

    Par ailleurs, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur la manière de mener une seule séance d'étude de la langue, commune aux deux niveaux présents dans leur classe, sans imposer « du trop difficile » aux élèves du niveau inférieur ni empêcher ceux du niveau supérieur de satisfaire aux exigences de leur programme.

    J'ai donc tenté d'élaborer la première semaine d'un Livre du Maître afin de proposer une méthode « clé en main » adaptée aux deux fichiers présents sur ce blog  :

    En voici la première semaine, juste pour voir si cela intéresse quelqu'un et si ce dernier souhaite que j'aille plus avant dans cette entreprise.
    Vous y reconnaîtrez mes nombreux dadas : des contenus très progressifs, repris jour après jour - pas d'évaluation systématique qui coupe les enfants dans leur élan en les obligeant sans arrêt à descendre de vélo pour se regarder pédaler - un démarrage dès le premier jour de classe parce que « l'école, on y vient pour apprendre », pas pour se préparer à se préparer à voir si éventuellement, un jour, sur un malentendu, on pourrait peut-être y apprendre quelque chose.

    Peu habituée à ce genre de travail, j'ai fait du dense, très dense. Dites-moi si vous souhaitez un format plus aéré ou plus coloré.
    J'attends vos questions, critiques et souhaits pour continuer... ou pas.

    Télécharger « Livre du maître CE1 CE2.pdf »

    Fichiers d'Étude de la Langue :

    Pour le CE1 :

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (1)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (2)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (3)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (4)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (5)

    Pour le CE2 :

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (1)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (2)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (3)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (4)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (5)


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  • III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (3)

      De la Moyenne Section au Cours Préparatoire 

    (3e partie)

    Premier jour de classe 

    Après-midi :

    1) Musique, chant, jeux d’écoute et de phonologie

    Après l’accueil, qui a lieu de préférence dans la cour ou les parties communes de l’école, suivi d’un bref passage aux toilettes pendant lequel les enfants pourront aussi se désaltérer, le maître regroupe ses élèves au coin de regroupement. Si les habitudes locales l’exigent ou s’il constate qu’un simple moment de calme ne suffira pas, après la reprise de la comptine du matin, il enverra ses élèves de Moyenne Section se reposer dans le dortoir en compagnie de l’ATSEM.

    Il commence la séance de musique par une reprise de la comptine utilisée le matin pour le retour au calme de la séance d’EPS. Il continue par un jeu d’écoute[1], à l’aide d’instruments à percussion que les enfants découvriront peut-être à cette occasion.

    Après, ce jeu, très court, il présente à ses élèves les personnages des Alphas et tout particulièrement ceux dont ses élèves de Cours Préparatoire ont entendu parler le matin lors de la séance de lecture : Monsieur A et le Chat. Tous les enfants jouent à moduler sur le son [a] en variant la hauteur et l’intensité, à souffler l’air entre ses dents serrées pour produire le son « ch », à chercher des mots dans lesquels on entend « a » « ch » et enfin « cha ». Aucune évaluation n’est mise en place, y arrive qui peut et qui n’y arrive pas n’est en aucun cas repris ou même étiqueté dans l’esprit du maître qui sait que tout vient à point à qui sait attendre et qu’il n’y a pas un seul chemin pour passer de la maîtrise de l’oral à celle de l’écrit. Tous sont encouragés et félicités chaudement pour leur attention et leur participation, même très minime.

    La séance se termine par un petit exercice d’échauffement des doigts afin de préparer les enfants à passer à l’exercice écrit qui va suivre.

    2) Préparation à l’écriture ; Calcul écrit

    Les élèves de Cours Préparatoire sont alors dirigés vers leur place où, après une relecture de la page du cahier de mathématiques, le maître leur explique le dernier exercice[2].

    Il installe alors les enfants de Moyenne[3] et Grande Sections face à lui et leur propose à tous quelques exercices les amenant, par le jeu et l’expression, à acquérir les gestes de l’écriture liée. Si les plus jeunes n’en sont pas encore à se préparer à l’écriture cursive proprement dite, les élèves de Grande Section en revanche doivent, dès ce premier jour, prendre l’habitude des gestes qu’ils auront à produire lorsque le temps d’écrire sera venu pour eux. Des petits exercices, très courts, de latéralisation, de tenue du crayon, de mobilité des doigts, de position de la feuille, de perception de la ligne, de geste à s’approprier[4] s’enchaînent donc pendant les 15 minutes.

    3) Questionner le monde ; Expression Plastique

    Selon sa sensibilité, le maître a programmé une séance d’Observation ou d’Arts Visuels. Ce travail commun permet d’installer de nouvelles règles, de mettre en place de nouvelles habitudes. Chaque élève est appelé à participer, à s’exprimer, à faire preuve de créativité et de curiosité. Comme dans les plus petites classes, les enfants participent tant à l’installation qu’au rangement. Ils prennent possession de leur classe, apprennent à s’entraider, à accompagner les plus jeunes, à s’associer pour être plus efficaces. Le maître les encourage, les aide, leur simplifie la tâche tout en gardant à l’esprit qu’il vise leur autonomie, leur joie d’apprendre, leur bonheur de se voir progresser à chaque instant.

    Il installe par petites touches des connaissances, des savoir-faire, félicite les réussites même partielles, minimise les échecs et assure qu’ils sont temporaires parce que les enfants sont là pour grandir et pour apprendre… Son rôle, c’est d’instaurer l’effort et la discipline librement consentis, chers à Célestin Freinet et de « libérer les enfants qu’on lui confie des obstacles qui empêchent le développement de sa vie[5] ».

    4) Récréation

    Voir Matinée.

    5) EPS : expression corporelle (mime ou danse)

    La journée se termine. Après quelques minutes en classe, consacrées aux rangements[6], la petite troupe finit sa journée comme elle l’a commencé : en se dépensant physiquement « en vue d’une série de buts intéressants, canalisant ainsi l’irréfrénable activité [des enfants], dans l’ordre et vers le perfectionnement[7] ».

    Interdisciplinarité oblige, les exercices physiques qu’il propose entraînent ses élèves vers la perception de l’horizontalité et du sens gauche-droite de l’écriture, avec un saute-mouton aménagé, puis vers l’écoute musicale et le geste d’écriture, avec un moment de danse avec rubans visant à faire sentir aux élèves de Grande Section le geste de la boucle, vers le vivre-ensemble et le comptage, avec un jeu du type Filet du pêcheur

    En fin de séance, cinq minutes de relaxation détendent les élèves avant leur départ vers d’autres lieux. Le maître en profite pour rappeler à ses élèves de Cours Préparatoire qu’ils doivent montrer à leurs familles comme ils savent bien lire la première page de leur livre de lecture et tout le monde se souhaite une bonne soirée et se dit à demain.

    Premières semaines

    Le lendemain et les jours suivants, le maître continuera à faire de son groupe d’élèves une classe, c’est-à-dire un groupe d’enfants qui apprennent et réfléchissent ensemble, aidés par un adulte bienveillant qui est là pour eux.  

    Le rythme des journées, toujours identique, permet l’acquisition de repères temporels sûrs. Le maître aide ses élèves en variant le moins possible l’ordre et la durée des activités.  Ses élèves étant encore un peu jeunes pour lire l’heure sur l’horloge de la classe, il s’aide pour ponctuer le temps d’un minuteur qui sonne lorsqu’il est temps de changer d’activité ou de se préparer pour la suivante. L’acquisition du rythme hebdomadaire, ainsi que le nom des jours commence à venir, au moins pour les plus âgés, grâce aux activités variées de milieu d’après-midi : « Le lundi, c’est le jour des arts visuels. Le mardi, en sport, nous pouvons aller dans le gymnase. Le mercredi, c’est le jour où nous n’avons école que le matin... » Le maître n’impose rien, il se contente de donner chaque jour la date et de rappeler quelles activités sont prévues à l’emploi du temps.  Il sait que tout viendra en son temps si l’organisation du temps qu’il propose est claire et routinière. 

    Les activités sportives sont le point de départ de la journée de classe. Les élèves savent que les jeux qu’ils y pratiquent, les attitudes qu’ils y travaillent, l’organisation qu’ils y mettent en place seront repris sous une forme différente en classe, au cours des apprentissages que les adultes qualifient de fondamentaux[8].

    Les plus jeunes vivent à leur rythme leur petite enfance pendant que leurs aînés l’abandonnent peu à peu et, pour les plus âgés, entrent de plain-pied dans le monde des élèves. Chaque journée amène son lot de progrès, aussi bien en expression orale et écrite, qu’en découvertes sensorielles, aptitudes physiques, savoirs mathématiques, connaissances culturelles... Le vocabulaire et la syntaxe, travaillés essentiellement à travers l’oral en ce début d’année, s’invitent à longueur de journée, à travers toutes les activités qui, chacune à sa manière, sollicite l’effort d’expression et de mémorisation de tous.  

    Tous ces moments d’apprentissages assurent la prise d’autonomie et l’envie d’apprendre de chacun. La cohésion du groupe s’installe et les enfants prennent plaisir aux grands jeux que le maître organise et où chacun a sa place, au milieu de tous ses camarades. Ils ont compris que les moments d’activité collective sont tous chargés d’une dimension instructive. Les apprentissages, grâce à leur place prépondérante et leur caractère routinier, se structurent. Les plus jeunes, encore libres de s’intéresser ou non aux apprentissages fondamentaux savants, se laissent entraîner par le mouvement ; chaque élève a donc plus ou moins conscience que les moments institutionnalisés permettent à la classe toute entière de prendre des repères de plus en plus fins dans le monde de l’écrit, entendu, tracé, vu et même lu, pour les élèves de Cours Préparatoire. Chacun sait où il va, confiant dans ses capacités car épaulé par son maître et ses camarades de classe qui avancent avec lui, sur le même chemin.

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente 

    I. Idées reçues  ; III.1. Trois niveaux dans la même classe ; III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (1) ; III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (2) ; ...

    Notes :

    [1] Voir De l’écoute des sons à la lecture, op. cité, chapitre I, A, 1 : Se repérer dans l’espace et le temps, Les suites de sons, Présentation des instruments.

    [2] Dans le fichier Compter, calculer au CP, il s’agit d’observer une gravure et d’écrire la quantité d’objets ou d’animaux représentés présents sur l’illustration (0 ou 1).

    [3] Pour l’instant, ceux qui dorment ne sont pas réveillés ; il attend que tous aient 5 ans révolus pour proposer aux familles d’écourter puis, si possible, de supprimer la sieste à l’école.

    [4] Je propose la boucle pour les élèves de GS et l’alignement de petits traits verticaux, tracés par l’index de haut en bas, à la peinture au doigt, alors que le pouce et les autres doigts sont repliés autour d’une boule de cotillon pour les enfants de MS.  

    [5] M. Montessori in Pédagogie scientifique, tome 1, L’ambiance, Liberté du développement, p. 47

    [6] Tables, placards de jeux, cartables des plus âgés… On peut aussi placer ces quelques minutes juste avant la récréation.

    [7] M. Montessori, opus cité.

    [8] Pour beaucoup, cela se résume au triptyque « écriture, lecture, calcul », oubliant au passage l’enseignement oral du vocabulaire et de la syntaxe, nourri par toutes les activités d’écoute et d’échanges autour de la littérature et de l’observation des choses, des mondes et des époques, proches ou plus lointains et l’acquisition d’aptitudes motrices et particulièrement manuelles déliées.


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  • III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (2)

      De la Moyenne Section au Cours Préparatoire 

    (2e partie)

    Premier jour de classe 

    Matinée :

    La tonalité du premier jour et des quelques suivants donne la tonalité de l’année scolaire. L’organisation, la convivialité, les habitudes, l’utilisation du matériel scolaire s’installeront donc en action, pendant les activités scolaires proprement dites. Les élèves arrivent donc dans une classe prête à fonctionner. Les plus grands ont déjà leur matériel[1], dans leur bureau ou leur casier. Il est marqué à leur nom et c’est en l’utilisant qu’ils apprendront à en prendre soin.

    1) Accueil des familles ; Éducation Physique et Sportive

    Après le départ des parents, la classe pourra commencer. Comme dans les classes précédentes, le maître fait en sorte de faciliter la séparation et d’encourager les parents comme les enfants, surtout les plus jeunes, à faire confiance à l’école.

    Il présente brièvement les lieux et son projet, annonce la date de sa réunion de rentrée, encourage les familles à venir plutôt le voir à un autre moment qu’à la rentrée du matin[2]. Ainsi il commence à poser les jalons qui lui permettront de disposer de sa classe et de ses élèves pendant l’intégralité des heures de classe dévolues à l’enseignement[3], ni plus, ni moins.

    Si cela est possible et ne heurte pas les convictions du conseil des maîtres, il annonce qu’à partir de l’après-midi, c’est dans la cour, sous le préau ou dans la salle polyvalente qu’il accueillera ses élèves.

    Ceci lui permet de bien installer le principe de la salle de classe, lieu de vie du groupe-classe et seulement du groupe-classe. L’emploi du temps du matin commençant par une séance d’éducation physique, c’est tout naturellement que, dès le lendemain matin, il pourra récupérer ses élèves dans la cour, le préau ou la salle de sport.

    La première séance de sport étant abrégée, il met en place un jeu de repérage spatial[4] rapide qu’il décrit, en ce jour de rentrée, comme celui du nouveau maître qui ne connaît pas les usages. Les élèves se déplacent librement dans la salle ou dans la cour, il en profite pour observer le tempérament de chacun, calmer les uns, encourager les autres, séparer les bavards et les bagarreurs… Lorsqu’il frappe dans les mains, tous doivent s’immobiliser et écouter la consigne qu’il mime tout en l’énonçant : « En ligne, un par un, devant moi ! ». Lorsque la ligne est réalisée, après un petit tour de piste au son d'une comptine rythmée par des frappés de mains, il renvoie ses élèves s’ébattre dans l’espace de jeu avant de recommencer la succession des quatre actions : immobilisation, écoute de la consigne mimée qui varie à chaque nouvel essai, réalisation de la consigne, petit tour de piste en exécutant un rythme frappé et chanté.

    Cinq minutes avant la fin de la séance, il fait asseoir tous ses élèves en rond, propose un passage aux toilettes et finit la séance par un jeu d’attention visuelle : après une courte comptine, accompagnée d’un jeu de doigts, les élèves, assis, les mains sur les genoux, observent le nombre de doigts que le maître lève ; lorsqu’il cache sa main derrière le dos, ils doivent montrer à leur tour le même nombre de doigts. Il recommence trois ou quatre fois puis conduit ses élèves en classe et s’installe avec eux au coin-de regroupement.

    2) Regroupement : Langage oral

    Après un rapide tour d’horizon des lieux et des personnes (prénom, niveau de chacun), le maître écrit la date du jour au tableau et présente à tous l’illustration du manuel de lecture de la classe de Cous Préparatoire. Tous décrivent l’image et formulent des hypothèses quant à l’histoire que cette image illustre. Le maître soutient l’attention, distribue la parole, instaure les premières règles de débat collectif.

    Peu à peu, le maître oriente la conversation vers la phrase ou les mots qu’il souhaite voir produire aux élèves et clôt la séance en écrivant au tableau ce qu’il va vouloir transmettre à ses apprentis-lecteurs dans la séance suivante.

    3) Dessin libre ; dictée à l’adulte – Lecture

    Les plus jeunes sont accompagnés à leurs tables où les attend l’ATSEM, elle distribue les feuilles déjà datées et préparées à leurs noms et leur montre où aller chercher les crayons. Chacun dessine et raconte à l’ATSEM ce qu’il a dessiné. Celle-ci l’écrit sur le dessin ou, si elle préfère, range les dessins pour que le maître puisse le faire lui-même.

    Elle accompagne les enfants et leur montre les activités qu’ils peuvent désormais pratiquer en attendant que le maître les rejoigne.

    Celui-ci mène la première séance de lecture des Cours Préparatoire déjà bien entamée grâce à la séance de langage oral. Il ne reste à en voir que la partie qui permet de passer de la lecture à l’écriture : l’analyse de ce qu’on voit, entend et finalement trace.

    4) Jeux sensoriels, d’imitation et d’expression plastique – Écriture, exercices écrits

    Le maître passe insensiblement de la séance de lecture à la première séance d’écriture et suit ses quelques élèves de CP dans leurs premières réalisations. Il encourage les moins à l’aise, les aide au besoin, cherchant avant tout à créer un climat de confiance et de progrès. Le premier exercice écrit est forcément court et simple, les élèves peuvent le réaliser seuls.

    L’ATSEM, pendant ce temps, veille à ce que les élèves de Moyenne et Grande Sections en activité libre adoptent des comportements d’autonomie compatibles avec la vie d’un groupe d’individus d’une vingtaine de personnes dans un espace clos. Elle rappelle les règles, encourage les plus timides en jouant au besoin avec eux, freine au contraire les plus remuants et leur trouve une activité calme pour les canaliser un moment. Le maître garde un œil sur tout cela et prend en main la situation si des difficultés interviennent.

    Dès qu’il le peut, les exercices dévolus aux enfants de Cours Préparatoire en tout début d’année ne sont ni très compliqués, ni très exigeants, il rejoint le groupe des petits et participe lui aussi aux jeux des uns, aux discussions des autres et veille à la bonne tenue de tous.

    Les grands du Cours Préparatoire qui ont fini leur travail vienne le lui montrer et il les aide de ses conseils au besoin. Si tout va bien, après rangement de leur matériel, les élèves les plus âgés rejoignent leurs petits camarades aux coins d’activités autonomes jusqu’à l’heure de la récréation où tous participent au rangement et au nettoyage du coin d’expérimentation et expression plastique.

    5) Récréation

    Le maître se plie aux usages locaux et, après avoir encouragé les élèves à aller aux toilettes avant de sortir, il les accompagne dans la cour. Là, ils seront pris en charge par les maîtres de service ou surveillés par l’ensemble de l’équipe enseignante, selon les décisions prises en conseil des maîtres.

    6) Langage : Conte

    En ce début d’année, le maître a surtout pensé aux plus jeunes de ses élèves et propose un album très simple dont les illustrations très évocatrices permettront, après observation libre, de les entraîner tous vers le plaisir d’écouter des histoires.

    Il présente donc rapidement la première de couverture, après avoir annoncé le titre. Il laisse alors les élèves expliquer ce qu’ils voient, en donnant d’abord la parole aux plus jeunes. Les plus grands, sollicités les derniers, pourront commencer à émettre des hypothèses, chercher des relations de cause à effet, trouver des liens entre le titre et l’illustration.

    Il finit la séance, décidément très courte, par un feuilletage rapide de l’album, et explique brièvement que, les jours prochains, il leur racontera l’histoire de ... qui voulait ... et qui, après bien des aventures (..., ..., ..., ...), a réussi à ... . Il laisse le livre sur la table d’exposition du coin de regroupement et entraîne ses élèves vers d’autres activités collectives en rapport avec les premiers apprentissages mathématiques qu’il souhaite installer chez les plus âgés de ses élèves.

    7) Des outils pour structurer la pensée

    Ce seront quelques relations spatiales pour ceux de Grande Section, l’écriture, la lecture, la vision globale et les décompositions possibles des « quantités » égales à 0, 1, 2 et 3 pour ceux de Cours Préparatoire.

    Les jeux collectifs sont simples, rapides et reprennent ceux effectués le matin en EPS[5]. Les élèves de Moyenne Section sont présents, ils participent avec les autres et sont aidés pour cela par l’ATSEM et le maître.

    Pendant que les élèves de Cours Préparatoire s’entraînent à écrire les chiffres 0 et 1 sur leur ardoise, puis sur leur cahier d’exercices sous la surveillance de l’ATSEM, le maître a gardé avec lui les enfants de Moyenne et Grande Sections. Les aînés ont une fiche d’exercice sur laquelle, ils doivent colorier en rouge les seaux situés devant les enfants ; les plus jeunes ont un petit personnage et un accessoire et doivent suivre la consigne du maître pour placer l’accessoire par rapport au personnage.

    Au bout de quelques minutes, chacun a fini son exercice et peut se diriger vers les coins de Jeux sensoriels ou d’imitation grâce auxquels, librement, ils continueront à exercer leurs capacités à compter, calculer, organiser l’espace et le temps, apprécier et ordonner les formes et les grandeurs. Le maître et l’ATSEM accompagnent les jeux, sollicitent les élèves, aiguillent leurs intérêts vers le côté mathématique de chaque activité[6], calment les ardeurs des plus « actifs », participent au rangement qui clôt la matinée.

    Les enfants sont récupérés par leur famille, le service de transport ou de restauration scolaire dans la classe.

    À suivre :

    Après-midi et Premières semaines.

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente 

    I. Idées reçues  ; III.1. Trois niveaux dans la même classe ; III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (1) ; ... ; III. 2. B. Mise en route - MS/GS/CP (3)

    Notes :

    [1]  Voir Annexe V.

    [2] Il peut par exemple fixer un après-midi par semaine où, après l’école, il accueillera parents et enfants pendant le temps d’Activités Pédagogiques Complémentaires, ou annoncer qu’il est à l’école tel et tel jour pendant la pause méridienne…

    [3] Vingt-quatre heures par semaine, au moment où j’écris.

    [4] Voir Se repérer, Compter, Calculer en GS, page 8 (Maman Poule et La Maîtresse Folle).

    [5] Voir par exemple les livres du maître de Se Repérer, Compter, Calculer en GS et de Compter, Calculer au CP (j’ai la première version de ce dernier et peux l’envoyer à toute personne qui m’en fera la demande).

    [6] En les incitant à compter, calculer, ordonner, trier, ranger, classer, reproduire une suite, un pavage, un algorithme, ...

     


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