• V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (1)

    V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (1)

    Mise en route

    A) Classe primaire accueillant des élèves de maternelle dans une classe élémentaire à plusieurs niveaux

    Si on a l’habitude de raisonner en terme de « cycles d’enseignement », cette classe peut paraître impossible à organiser en prenant en compte les particularités de chaque cycle.

    Par ailleurs, même si l'on sait relativiser l'importance de ces « barrières » invisibles qui feraient de l'enfant de 8 à 9 ans, tantôt un « petit » tout juste capable d'acquérir les bases de la lecture, de l'écriture et du calcul, tantôt un « grand » dont on n'aurait plus qu'à consolider quelques acquis, les enseignants de ce type de classe se trouvent face à de jeunes enfants, à peine sortis de la petite enfance, regroupés avec de grands élèves aux intérêts réclamant des informations culturelles approfondies (culture humaniste, littérature, langages scientifiques et mathématiques).

    Si le groupe classe doit garder l’importance qu’on lui attribue depuis le début de cet ouvrage, on aura néanmoins intérêt à le scinder de temps en temps en deux  pôles : le premier concernera les plus jeunes (élèves de Cours Préparatoire et de Cours Élémentaire 1re année) et le deuxième sera constitué des plus âgés (élèves de Cours Élémentaire 2e année, et des deux Cours Moyens).
    De plus, cette structure bipolaire éclatera de temps en temps afin de constituer un pôle intermédiaire constitué des élèves des deux années de Cours Élémentaire.

    L’organisation n’aura jamais valeur de règle intangible. En effet, selon les moments et la configuration de chacun des groupes, on passera du collectif au travail en autonomie « chapeauté » par le maître-chef d’orchestre, présent pour tous, chacun selon ses besoins, et de ce travail en autonomie à des régulations concernant un, deux ou trois des cinq niveaux, selon les besoins.

    • Organisation de l’espace[1]

    Le coin de regroupement, si nécessaire en maternelle, peut encore avoir son utilité pour les élèves les plus jeunes.

    Cependant, pour aider les élèves de CP à acquérir une latéralisation harmonieuse et satisfaire à un besoin de mouvement et de jeu encore très important, l’organisation de ce coin ne doit pas empêcher l’installation des tables d’écriture face au tableau, ni restreindre l’espace d’activités libres en monopolisant trop d’espace, ni  enfin empêcher la surveillance des groupes alors occupés à un travail individuel au coin d’écriture-lecture-exercices.

    Il sera donc réservé aux salles de classe à la fois spacieuses et bien agencées à effectifs restreints[2]. L’enseignant ne le jumellera avec le coin d’activités libres qui reçoit, à plusieurs reprises dans la journée, les enfants qui ont fini le travail programmé, que si cela ne l’oblige pas à un équilibre impossible à tenir entre l’activité qu’il y dirige et l’observation attentive des élèves qui se trouvent alors dans un autre espace d’activité de la classe.

    Enfin, en raison de l’effectif réduit de chaque niveau, sachons qu'en agençant de manière conviviale l’espace d’écriture, juste à l’aide d’un simple banc placé sous le tableau, face aux tables d’écriture il peut amener les élèves à participer depuis leur place aux activités collectives[3].

    Le coin d’activités libres, héritier des coins-jeux de la maternelle, est installé en fond de classe, afin que les enfants qui s’y trouvent ne dérangent pas ceux qui sont à leurs places pour un exercice obligatoire.

    Cependant il doit être facilement contrôlable d’un seul coup d’œil afin que le calme y règne et que les règles de la classe y soient appliquées.

    Il est équipé de placards ouverts proposant livres, jeux sensoriels et de construction, papiers et crayons, pâte à modeler, quelques jouets[4]. S’il sert aussi de coin de regroupement, il comporte une partie « exposition » avec panneau d’affichage et présentoir. On y trouve un ou plusieurs ordinateurs, une imprimante et un appareil permettant de diffuser de la musique.

    Si la classe est spacieuse, le coin d’activités d’arts plastiques et visuels est permanent. Il dispose d’un point d’eau, de placards accueillant le matériel et les outils, d’une surface murale sur laquelle afficher et peindre. Une ou deux grandes tables sur tréteaux, pas trop hautes, peuvent recevoir les élèves et permettre d’entreposer les travaux en cours.

    La partie écriture-lecture-exercices se trouve face au tableau triptyque. Les tables sont installées par niveaux, côte à côte ou en rangées parallèles au tableau[5], ou encore les plus jeunes élèves au centre, en rangées parallèles au tableau, alors que leurs aînés les encadrent, installés à des tables disposées en U, afin de pouvoir mener tant des travaux en commun que plusieurs activités en parallèle. Ces tables disposent toutes d’un casier dans lequel chaque élève entrepose son matériel[6].

    Un coin dédié au rangement des cartables pendant la journée de classe permet d’éviter les chaises qui basculent sous leur poids et les travées encombrées !

    • Emploi du temps[7]

       

    Exercer à l’individuel et à l’autonomie, sous forme de travail programmé, inscrit au tableau ou sur un plan de travail quotidien, hebdomadaire ou bimensuel, dégage l’enseignant de la direction d’une séance tout en accordant aux élèves l’opportunité de progresser en s’exerçant.

    Dans une classe regroupant des élèves dont les niveaux s’étendent du CP au CM2, tout en continuant à mettre à l’honneur le rôle du groupe-classe comme moteur de l’apprentissage, dès le premier jour, le maître encourage les plus âgés de ses élèves[8] à faire seuls. Cela lui permettra de garder ses « petits » près de lui, tout en sachant les plus grands occupés à une activité dont la dimension instructive est incontestable.

    Pour que la tâche de chacun, enfant ou adulte, soit aisée, il privilégie les méthodes[9] qui avancent à petits pas et s’appuient avec constance sur les acquis antérieurs car elles permettent aux élèves de découvrir, presque seuls, un point supplémentaire des notions à étudier, puis d'en acquérir la maîtrise par le biais de l'exercice et de l'entraînement.

    Dans sa classe, ce sera grâce au travail individuel autonome, rendu routinier dès les premiers jours de classe, que ses élèves progresseront. Son aide, parfois collective, en direction d'un seul niveau ou de plusieurs, parfois au contraire très individualisée, très appuyée en début d’année pour les élèves les plus jeunes, aura lieu en fonction des besoins répertoriés quasiment au quotidien lors des moments de « régulations » inscrits à l’emploi du temps, en français et en mathématiques.

    Afin de ne pas pénaliser les élèves rapides et efficaces, un élève ayant fini le travail programmé aura toute latitude pour aller pratiquer une activité libre, à sa place ou dans les coins installés loin du tableau commun d’écriture-lecture-mathématiques.

    Les règles en vigueur dans cet espace de liberté seront expliquées au coup par coup, en activité : installer les règles en les vivant[10] fait gagner un temps précieux. Cela permet à chaque élève de progresser par la méthode des petits pas, tant dans son comportement que dans ses acquis scolaires. C’est aussi la certitude de voir ces règles appliquées plus facilement sous l’effet de la routine.

    Pour tous les domaines où l’apprentissage n’est pas forcément structuré rigoureusement en fonction d’un niveau scolaire, le maître choisit de mener de front, au cours d’une même activité, les apprentissages des plus jeunes et ceux de leurs aînés. Le fond est le même, seul le degré d’exigence varie.

    À chacun des domaines qui concernent la partie ayant trait à la Culture humaniste, scientifique et technique (histoire, géographie, sciences, technologie) il a arbitrairement attribué un jour de la semaine. Il peut aussi choisir de travailler sur quatre semaines, ou quatre demi-semaines. L’important est d’avancer toujours par la méthode qui convient au rythme des enfants : peu à la fois, souvent, en reprenant les acquis antérieurs avant de les compléter, pour le plaisir de se voir grandir et progresser presque à vue d’œil !

    Il procédera de même en Langue vivante étrangère, en Éducation Physique et Sportive et en Arts. L’Éducation Morale et Civique, absente à l’emploi du temps, sera présente à temps complet dans ses volets concernant SensibilitéJugement et Engagement , grâce à la méthode de la médiation directe en action ; le volet Droits et règles sera quant à lui intégré, selon les items à traiter,  aux programmes de littérature, d’histoire ou de géographie.

    De manière générale, le maître a choisi d’établir des progressions enchaînant chaque jour ou chaque semaine la notion ou le savoir-faire succédant aux acquis des séances précédentes, tout en continuant d’avancer à pas comptés. Cela lui permettra de consacrer son temps à suivre réellement ses élèves plutôt que de concentrer son énergie aux préparations matérielles (fiches de préparation et outils). Il a ainsi adopté des méthodes de français et de mathématiques proposant une progression journalière pour chacun de ses niveaux.

    Cependant, les enfants arrivant à l’école élémentaire pénètrent parfois pour la première fois dans le monde des apprentissages structurés à progression linéaire[12]. Cette découverte n’ayant peut-être pas été étalée sur deux années scolaires[13], le passage peut sembler brutal et déstabilisant pour certains.

    Le maître a donc pris soin de préparer pour les plus jeunes une première progression d’étape très ludique, basée sur ce qui aurait pu être fait sans difficulté à l’école maternelle dès le milieu de l’année scolaire précédente. Elle doit cependant représenter presque le premier cinquième du programme d’acquisitions[14] qu’il souhaite faire partager à ses élèves de CP, sous peine de se trouver débordé en cours d’année si une partie de ses élèves a un rythme d’apprentissage lent. 

    S’il cumule cette première difficulté avec celle de recevoir des élèves de Cours Élémentaire, et même parfois de Cours Moyen, encore très hésitants en lecture, en écriture et en mathématiques, il cherchera à parer au plus pressé en privilégiant le plus possible ces domaines à travers toutes les activités de la classe.  Il se servira pour cela de tous les moments communs à plusieurs sections, pour lesquels il établit une progression interdisciplinaire de rattrapage[15], qui permettra de « supplémenter » ses grands et moins grands élèves en écriture-lecture, de situer tout le monde dans la jungle des nombres, du calcul, de l'espace[16] et du temps, de donner à chacun une assurance rapide de ses capacités d’enfant de presque six ans à bientôt dix ou onze ans.

    Annexes :

    Télécharger « EDT - ElémCP4-5niveaux.pdf »

    Télécharger « Plan E - 2, 3, 4 niveaux élém ss CP ou 5 niveaux élémentaire.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CP.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE1.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquisition CE2.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquistion CM1.pdf »

    Télécharger « Programme d'acquistion CM2.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel CPCE1.pdf »

    Télécharger « Matériel individuel CE2 à CM2.pdf »

    Dans la même série :

     Tous les chapitres déjà mis en ligne sont répertoriés dans la Table des matières   évolutive que vous trouverez dans la partie Sommaires.

    Pour la partie présente : V. 1. Cinq niveaux et plus ;  V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (1) ; V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (2)V.2.A. Mise en route - CP à CM2 (3)

    Notes :

    [1] Voir Annexe III

    [2] Aucune classe élémentaire à cinq niveaux ou plus ne devrait dépasser 18 à 20 élèves. Une classe aux effectifs restreints est une classe de 16 élèves ou moins.

    [3] Voir plan en Annexe III.

    [4] Petits personnages, véhicules, accessoires et éléments de décor permettant de les mettre en scène.

    [5] Dans ce cas, les élèves de CP seront assis aux tables les plus proches du tableau, les élèves de CE1 derrière. Ceux de CE2 et CM pourront être installés sur les travées latérales.

    [6] Voir Annexe V.

    [7] Voir Annexe II

    [8] CE2 et CM1 et 2)

    [9] Je conseille :

    • CP : Écrire et lire au CP (C. Huby, X. Laborde, Grip-éditions) ; Compter, Calculer au CP (P. Dupré, S. Borgnet, Grip-éditions) ; Mes cahiers d'écriture - CP (L. Pierson, MDI) ; Questionner le Monde, Cycle 2 (C. Huby, me consulter)
    • CE1 : Lecture et expression au CE (C. Huby, me consulter) ; Fichiers : Étude de la langue CE1 et Mathématiques CE1 (C. Huby, me consulter) ; Mes cahiers d'écriture - CP/CE1 (L. Pierson, MDI), Questionner le Monde, Cycle 2 (C. Huby, me consulter)
    • CE2 : L’Oiseau-lyre CE2 (Hachette) ; Fichiers : Étude de la langue CE2 et Mathématiques CE2 (C. Huby, me consulter), Questionner le Monde, Cycle 2 (C. Huby, me consulter)
    • CM1/CM2 : Une semaine avec... ; Manuels Étude de la langue et Mathématiques (C. Huby, me consulter).

    [10] Méthode de la médiation directe en action.

    [11] Voir Annexe IV

    [12] Écriture-lecture et compter-calculer.

    [13] Grande Section et Cours Préparatoire.

    [14] Voir Annexe IV.

    [15] EPS consacrée aux activités de latéralisation, spatialisation, succession chronologique, rangements, classements, algorithme de la numération, … ; activités plastiques servant à se repérer sur la feuille et son lignage et à assurer le geste d’écriture par l’expression graphique et les jeux de doigts ; utilisation intensive de l’écrit dans le cadre des activités du domaine Questionner le Monde : rédaction collective et relecture de courtes phrases de résumés ; lecture à voix haute par les élèves des questionnaires et descriptions contenus dans le manuel.

    [16] Latéralisation, spatialisation, chronologie, sens gauche-droite de la lecture, repérage des lignes et carreaux des cahiers, etc.


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