• Contes à dire, contes à lire (1)

    Contes à dire, contes à lire (1)

    À tout seigneur, tout honneur, c'est par Histoire de trois petits cochons que nous allons commencer ce nouveau « feuilleton du dimanche matin ». Ce sont de simples tapuscrits, tirés de Comment raconter des histoires à nos enfants, de Miss Sara Cone Bryant.

    Chaque conte sera accompagné d'un lexique et d'indications sur l'âge des enfants auxquels il est destiné, selon qu'ils seront auditeurs ou lecteurs du conte.

    L'impression se fera en recto verso, puis on pliera en deux la page A4, en format paysage. On obtiendra ainsi un livret de 16 pages. On pourra aussi relier les différents contes sous forme de livre, particulièrement lorsqu'il sera prévu pour la lecture en classe élémentaire. 

    Pour quoi faire ?

    Chaque tapuscrit pourra avoir trois usages :

    • le conte, appris par cœur ou presque par le conteur qui ne s'appuie sur le texte qu'en cas de défaillance

    Pour les conseils de préparation à l'activité de conteur, je vous recommande de lire attentivement l'ouvrage que vous trouverez en lien, ou, sur ce blog, son résumé en neuf chapitres.

    Le conteur pourra s'appuyer, surtout dans des classes de très jeunes enfants (3 à 4 ans) sur du matériel simple composé de petits objets permettant de solliciter plusieurs sens en même temps (ouïe mais aussi vue et toucher) pour mieux capter l'intérêt des enfants.

    • la lecture offerte par un lecteur averti (adulte ou enfant) qui lit le texte à voix haute à un public non-lecteur

    Cette lecture ne doit nécessiter aucune autre préparation qu'une ou deux lectures silencieuses attentives. Sinon, elle s'apparente à la première utilisation et ne peut avoir lieu fréquemment, au moins lorsque le rôle de conteur est tenu par un enfant.

    • la lecture oralisée à plusieurs voix dans une classe d'école élémentaire, chaque élève oralisant, en première ou deuxième lecture, une partie du texte correspondant à ses capacités de lecteur (une à deux phrases pour un élève de CP en fin d'apprentissage des correspondances

    C'est cette lecture qu'il faudra privilégier avec les élèves si nous voulons qu'ils progressent dans ce domaine. En effet, si nous voulons que nos élèves décodeurs accèdent à la fluidité de la lecture, il nous faut leur proposer quotidiennement des textes simples à comprendre leur permettant d'automatiser l'identification des mots[1].

    Comment étudier ce conte ?

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Dans les petites classes (PS, mais aussi MS et GS, si les élèves ne sont pas habitués à cette forme de narration), se munir de matériel :

    • 5 petits personnages[2] représentant 3 cochons, 1 homme et 1 loup ;
    • 3 « maisons » dont 2 faciles à démolir (hutte en papier qu'on chiffonnera) ;
    • 1 « baratte » (objet cylindrique dans lequel on fera mine de cacher le petit cochon)
    • photos : ballot de paille ; fagot de bois ; navet ; baratte ancienne ronde (voir en fin de tapuscrit). 

    Le conte pourra être interrompu aux endroits signalés par ◊ ◊ ◊ ; la suite sera racontée le lendemain. Ces interruptions doivent permettre :

    • le dialogue entre enfants, animé par l'enseignant,
    • la manipulation des figurines utilisées jusqu'alors par le conteur,
    • le dessin libre ayant trait à l'épisode,
    • la mise en scène simple et rapide de l'extrait[3].

    Cette démarche est expliquée ici : Racontamus, écoutatis, comprenunt (8) 

    S'il s'agit d'une lecture offerte par un élève bon lecteur (au cours d'un projet visant à envoyer des élèves de Primaire lire des contes aux enfants de Maternelle, par exemple), prévoir un ou deux autres élèves pour manipuler les figurines. Ne pas faire animer la suite du conte par les élèves conteurs.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Cet exercice, très courant au CP, disparaît trop fréquemment quand les élèves accèdent à la lecture courante. Il est pourtant d'une importance capitale pour assurer une automatisation intelligente du décodage par unités de sens (déchiffrage rapide permettant la compréhension au fil de la lecture).

    Il ne faut cependant pas le confondre avec l'exercice qui consiste à acquérir les qualités d'un bon conteur (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt (6) et Racontamus, écoutatis, comprenunt (7) ). La lecture ne doit donc pas avoir été donnée à préparer à la maison ou pendant un temps de lecture silencieuse.

    Nous ne recherchons pas la récitation, ni l'adaptation libre à partir d'une trame,  mais bien au contraire, du mot à mot précis et clair prouvant une bonne compréhension du texte lu. Il n'est donc pas souhaitable que les élèves puissent s'appuyer plus sur leurs souvenirs que sur le texte qu'ils ont sous les yeux.

    Le conte Histoire de trois petits cochons que les élèves connaissent sans doute déjà se prête parfaitement à ce type d'exercice.
    La vigilance des élèves sera cependant tenue en alerte par les termes désignant les personnages (cochon, cochonnet) et les « formules » qui varient d'une page à l'autre.

    Sa lecture se fera phrase à phrase, surtout s'il s'agit d'élèves de CP, et pourra avoir été précédée d'un moment pendant lequel les enfants raconteront librement l'histoire qu'ils connaissent.

    La position des virgules pourra être accentuée par leur surlignage, avant lecture. Attention à ne pas assimiler la virgule à une figure de solfège : ce n'est pas parce qu'il y a une virgule ( = un soupir) que l'on s'arrête, mais parce que le sens réclame de s'arrêter que l'auteur a mis une virgule.

    L'enseignant les préparera aux péripéties qu'ils ignorent sans doute : la disparition des deux premiers cochons, les épisodes concernant la récolte des navets, celle des pommes et l'achat de la baratte. Il ne dévoilera cependant pas réellement l'histoire, se contentant de dire que les élèves vont se rendre compte de quelques changements par rapport à l'histoire qu'on leur a racontée jusqu'alors.

    La lecture sera fractionnée en cinq épisodes dans une classe de CP tout juste déchiffreurs, elle pourra être plus rapide avec des élèves déjà capables d'une lecture oralisée rapide. Le troisième épisode est très long, il pourra être lu en deux fois.

    Penser à faire définir les mots du lexique avant la lecture de l'épisode dans lequel ils apparaissent (paille : 1er épisode ; fagot : 2e épisode ; navet : 3e épisode ; baratte : 5e épisode). La photo ne suffit pas, il est intéressant de lire aux élèves la définition donnée par un dictionnaire adapté à l'âge des enfants.

    Chaque lecture sera fractionnée, phrase par phrase avec des débutants, paragraphe par paragraphe avec des lecteurs plus compétents.
    À la fin de chaque « tronçon », on interrompra la lecture et on demandera aux élèves ce qu'ils ont compris. Le lecteur suivant reprendra la partie lue puis continuera avec sa propre partie.
    Lorsque l'épisode aura été entièrement lu et commenté, on procédera à une nouvelle lecture, toujours tronçon par tronçon, mais sans interruptions cette fois.

    Nota bene

    Les nouvelles recommandations ministérielles demandent d'éviter les photocopies et autres feuilles volantes. Si un éditeur passe par là, je serais ravie de travailler avec lui sur l'édition d'un livre regroupant ces différents contes.
    En attendant cet heureux événement, je vous suggère d'imprimer les contes, de couper les feuillets A5, de les perforer pour les relier grâce à des « peignes » ou pour les stocker dans un classeur format 17 x 22.

    Le livret :

    Télécharger « Histoire des trois petits cochons.pdf »

    Dans la même série :

    ♥ Racontamus, écoutatis, comprenunt :

    Un résumé du livre « Comment raconter des histoires à nos enfants » (Miss Sara Cone Bryant) :

    Racontamus, écoutatis, comprenunt (1)Racontamus, écoutatis, comprenunt (2) ; Racontamus, écoutatis, comprenunt (3)Racontamus, écoutatis, comprenunt (4)Racontamus, écoutatis, comprenunt (5)Racontamus, écoutatis, comprenunt (6) ; Racontamus, écoutatis, comprenunt (7)Racontamus, écoutatis, comprenunt (8) ; Racontamus, écoutatis, comprenunt (9)

    ♥ Contes à dire, contes à lire :

    ... ; Contes à dire, contes à lire - 2 ; Contes à dire, contes à lire - 3 ;Contes à dire, contes à lire - 4Contes à dire, contes à lire - 5Contes à dire, contes à lire - 6Contes à dire, contes à lire - 7 ; Contes à dire, contes à lire - 8 ; Contes à dire, contes à lire - 9 Contes à dire, contes à lire (10)

    Notes :

    [1] Voir Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP, page 8.

    [2] Ces personnages représentent ceux du conte, ce ne sont donc pas nécessairement des cochons, des hommes et des loups. N’importe quel objet (bonhomme Lego® ou Playmobil®, petite poupée, ou même bâtonnets ou cubes de couleur) pourra faire l’affaire.

    [3] On pourra réserver cette activité au début de la séance de lecture suivante, le lendemain.

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire

     

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  • Commentaires

    1
    Emilie Oum Kalthoum
    Dimanche 29 Avril à 16:13
    Un grand merci une fois de plus pour votre générosité ! Par contre, je ne connaissais pas du tout cette version ! Et j'avoue que je préfère celles plus "édulcorées" ^^ En lisant le document, j'ai remarqué une coquille à la fin de la page 6 : "MAIL il ne put pas écraser la maison"
      • Dimanche 29 Avril à 19:25

        Merci pour la coquille. Je corrigerai dès demain matin et je mettrai la nouvelle version en ligne.

        Cette version est celle dont parlait le psychanalyste Bruno Bettelheim dans son livre Psychanalyse des contes de fées.

        Selon lui, les trois petits cochons représentent l'enfant à trois stades différents. Le premier et le deuxième disparaissent pour laisser la place au troisième, plus abouti, qui organise sa vie, sait qu'il faut se protéger des dangers et agit en conséquence.
        Pour avoir essayé les deux, je peux vous dire que les enfants ne sont pas gênés du tout par la disparition (plutôt que la mort) des deux premiers héros. Peut-être Bettelheim avait-il raison, après tout ?

    2
    Emilie Oum Kalthoum
    Dimanche 29 Avril à 19:56

    Intéressant comme interprétation. En tout cas, je lirai cette version aux miens pour voir leurs réactions ^^

      • Dimanche 29 Avril à 20:29

        Il faut juste passer rapidement sur la disparition du cochon et rebondir immédiatement sur le projet du suivant.

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