• CE1 : Orthographe graphémique (1-bis)

    CE1 : Orthographe graphémique (1-bis)
    Merci à W., CE1, et sans rancune pour son « écriture de chat »

    Devant l'intérêt suscité par la méthode présentée récemment (voir : CE1 : Orthographe graphémique (1)), j'ai rédigé toute la première période, afin que vous puissiez vous faire une idée plus précise du travail à entreprendre et, surtout, de l'état d'esprit à acquérir.

    La semaine dernière, nous avons parlé de la difficulté qu'ont les élèves à synthétiser dans des tableaux toutes les données relatives à un même son (ou à toutes les graphies dans lesquelles entre une même lettre) et nous avons cherché à promouvoir une progression rigoureusement différente, balayant les régularités une à une.

    Cette semaine, nous parlerons de l'état d'esprit de l'enseignant.

    Sortir de l'évaluation des savoirs

    Depuis 1989, date des premières évaluations nationales, l'École vit au rythme de cette folie évaluative et pour beaucoup d'entre nous, toute activité est organisée selon le schéma suivant :

    1) J'évalue l'état des lieux d'une connaissance 
    2) J'organise des activités de découverte
    3) Je fais copier une leçon qui doit être apprise à la maison
    4) Je fais réaliser un ou deux exercices sur le cahier
    5) J'évalue la connaissance

    Ce qui peut être intéressant pour des savoirs ponctuels (la table de 6 par exemple, ou la date de la bataille de Marignan) semble déjà beaucoup moins judicieux dans le cadre d'une tâche complexe comme l'orthographe. 

    Dans cette méthode, il n'y a pas d'évaluation ponctuelle, mais des enseignements, des exercices, des entraînements qui brassent et rebrassent les connaissances tout au long des semaines de classe.

    Tout exercice est conçu comme un enseignement, y compris la dictée qui n'est pas là pour évaluer l'apprentissage extra-scolaire, effectué par des parents, des grandes sœurs, ou des enfants livrés à eux-mêmes, mais pour faire employer et donc fixer les mots et les structures qui sont en cours d'apprentissage.

    L'enseignant, en se débarrassant de son rôle de contrôleur des travaux finis, retrouve une place centrale dans la classe, à côté de ses élèves, prêt à les protéger contre la noyade en haute mer, l'abandon en rase campagne ou la mise au pilori au milieu de la grand place.

    Jouer son rôle de passeur

    L'enseignant est là pour aider ses élèves, tous ses élèves, à passer les obstacles.

    C'est sur l'extrême importance qu'il donne à la correction de sa propre orthographe et de celle de ses élèves qu'il compte pour donner envie à ses élèves d'écrire sans faute, et non sur la bonne note à l'évaluation quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou trimestrielle.

    Il compte aussi bien sûr, nous l'avons vu la semaine dernière, sur une organisation des apprentissages basée sur la logique et la compréhension de manière à aider chacun à structurer sa pensée, à réfléchir aux liens qui existent entre les mots, tant lexicaux que grammaticaux. Il mesure la longueur de ses pas et l'adapte à celle de ses élèves qu'il sollicite personnellement pour que tous s'engagent.

    Il connaît la propension à l'oubli de l'esprit humain qui a besoin de revenir sans cesse sur les faits pour les mémoriser. C'est pourquoi tous les jours, quand il propose un nouvel exercice, il tente d'y intégrer les savoirs antérieurs, dont il rappelle au besoin les difficultés, aussi longtemps que cela sera nécessaire aux plus fragiles, aux moins assurés de ses élèves.

    Tenir compte des différences

    C'est pour cela que vous verrez dans ce fichier des difficultés signalées à de nombreuses reprises, aussi longtemps que nécessaire.

    C'est pour cela aussi que, longtemps avant d'aborder une difficulté, on la propose sous forme de mot surligné en jaune, que l'enseignant épelle à ses élèves pendant la dictée, de manière à leur en donner une connaissance intuitive.

    Tous les apprentissages sont conçus sur la durée, de manière à ce que tous les élèves (lecteurs à la rentrée de septembre du CE1, je le rappelle néanmoins) progressent et que la mémorisation soit programmée pour durer et non pour servir une fois, très vite, le jour de l'évaluation.

    Selon la configuration de la classe, on pourra faire écrire les élèves ou leur faire manipuler des lettres mobiles ou même encore simplement épeler à voix haute les mots que, de toute façon, ils retrouvent écrits sur les murs de la classe jusqu'à ce que plus personne n'ait besoin de consulter l'affiche pour savoir comment ils s'écrivent.

    L'important est de garder le groupe solidaire, de ne pas laisser les canards boiteux loin derrière le troupeau car nous savons bien qu'il n'y a rien de plus démotivant que de se sentir perdu dans un marécage dans lequel on s'embourbe alors que les autres semblent y progresser sans efforts apparents.

    Et comme les savoirs sont nombreux et que nous n'attendrons pas le mois de janvier pour proposer du nouveau aux élèves qui ont fait un très bon CP et sont prêts à apprendre à analyser la langue pour mieux l'écrire, je ne crois pas qu'il y ait de risques que ces derniers s'ennuient et se désespèrent de devoir à nouveau rappeler que dans l'expression « ils ramassent », on met la double consonne ss pour transcrire le son [s] parce qu'il y a une voyelle avant et une voyelle après et que c'est en raison du pronom ils qu'il faut écrire les lettres muettes N et T à la fin de ce verbe.

    Les fiches et leur guide :

    Je rappelle que la progression (réactualisée) et la Semaine 1 se trouvent dans la partie CE1 : Orthographe graphémique (1).

    Semaine 2 :

    Télécharger « OrthoCE1-P1 - S2.pdf »

    Semaine 3 :

    Télécharger « OrthoCE1-P1 - S3.pdf »

    Semaine 4 :

    Télécharger « OrthoCE1-P1 - S4.pdf »

    Semaine 5 :

    Télécharger « OrthoCE1-P1 - S5.pdf »

    Semaine 6 :

    Télécharger « OrthoCE1-P1 - S6.pdf »

    Dans la même série :

    CE1 : Orthographe graphémique (1) ; ... ; CE1 : Orthographe graphémique (AjoutP1) ; CE1 : Orthographe graphémique (2)CE1 : Orthographe graphémique (3)CE1 : Orthographe graphémique (4)CE1 : Orthographe graphémique (5) ; CE1 : Orthographe graphémique (6)CE1 : Orthographe graphémique (6bis)

    Nota Bene :

    Pour ceux que la version « documents hebdomadaires » gêne, ils peuvent le télécharger en entier grâce au lien suivant : OrthoGraphCE1. Merci à Patricia qui a effectué ce travail. 

    N'hésitez pas à partager ce lien avec vos amis.

     


  • Commentaires

    1
    LILIE85
    Mercredi 2 Janvier à 14:56

    Bonjour, 

     

    Quelle mine d'or, 

     

    Depuis le début de l'année je suis la méthode picot j'entends je vois j'écris mais elle ne me satisfait plus... j'ai l'impression que les élèves n'avancent pas... assez vite  je cherchais une méthode qui entre par le graphème comme préconisé dans les nouveaux programmes et ce fameux guide orange dont j'ai découvert l'existence deux semaines avant ces dernières vacances...

     

    Je crois bien que grâce à vous j'ai trouvé ce que je cherche..

     

    Mille mercis..

     

    A quand la suite... je vais déjà piocher dans ce que vous partagez déjà ....

     

    Encore de nombreux mercis...

     

    Merci

    Merci

     

    Et bravo

    une collègue CE1 CE2

     

      • Mercredi 2 Janvier à 15:25

        Merci à vous pour vos encouragements. La suite, c'est pour le courant du mois de janvier, je pense... à moins que d'autres priorités se bousculent au portillon.

        Bonne et heureuse année 2019 à vous et à vos proches !

    2
    fantomas
    Vendredi 4 Janvier à 08:49

    Bonjour, 

    Je vous souhaite pour commencer une excellente année 2019. 

    Actuellement en CE1, j'ai poursuivi un peu la même démarche que la vôtre  mais le contenu est beaucoup moins structuré que ce que vous proposez.  Je vous remercie pour votre travail qui sera source d'inspiration pour le reste de l'année. 

    Le Quatrième jour pour la dictée, je fais des transforamtions de phrases avec les élèves. On change le genre et le nombre des noms, on utilise des pronoms, on change le temps du verbes... Je trouve que c'est un excellent moyen de réviser l'orthographe grmmaticale.

     

    3
    fantomas
    Vendredi 4 Janvier à 08:50

    (Erreur de clavier)

    Actuellement en CE1, j'ai poursuivi un peu la même démarche que la vôtre  mais le contenu est beaucoup moins structuré que ce que vous proposez.  Je vous remercie pour votre travail qui sera source d'inspiration pour le reste de l'année. 

    Le Quatrième jour pour la dictée, je fais des transformations de phrases avec les élèves. On change le genre et le nombre des noms, on utilise des pronoms, on change le temps du verbe... Je trouve que c'est un excellent moyen de réviser l'orthographe grammaticale.

     

    Bravo encore pour votre site. 

    Fantômas

      • Vendredi 4 Janvier à 10:49

        Bonjour Fantômas et merci pour vos encouragements. Dans la méthode que je suis en train de rédiger, ces transformations arriveront bientôt. C'est en forgeant qu'on devient forgeron et c'est en utilisant l'orthographe grammaticale au quotidien qu'on en intègre les règles, même les plus difficiles.

    4
    Dalila
    Dimanche 20 Janvier à 18:29
    Bonjour Catherine,

    Merci beaucoup pour ces partages. Après bien des hésitations,je vais essayer de caser ça dans mon emploi du temps...chose la plus compliquée pour moi!
    J'ai 6 ce2 + 1 cm1 inclu dans ce groupe.
    2 ce2 sont très bons, 1 pourrait suivre avec les cm1. 1 moyenne et 3 d'un niveau extrêmement faible faute d'avoir,selon moi, bénéficié d'un enseignement structuré.
    Tes propositions pour le ce1 me semblent bien adaptées car ces élèves doivent tout revoir ! Avec mes 3/4 niveaux, j'avoue que ce "clé en main" , c'est un beau cadeau !!!!
      • Dimanche 20 Janvier à 20:19

        Je suis bien contente de savoir que ça va servir à quelqu'un ! smile

    5
    Reginareg
    Mercredi 23 Janvier à 22:30

    Un grand merci pour ce partage. Tout est construit avec une progression rigoureuse et sensée !

    6
    Gazou
    Mercredi 15 Mai à 10:06
    Bonjour,
    Votre méthode me paraît vraiment très intéressante alors je vais vous suivre et m'en inspirer ! Merci pour le partage. Je suis en ce1 ce2 depuis cette année après de nombreuses années en maternelle et jusqu'à maintenant je "bidouille" des trucs sans être satisfaite.
      • Mercredi 15 Mai à 10:31

        Merci ! Un petit retour en fin d'année prochaine, peut-être ? Si vous avez le temps, bien sûr. smile

    7
    Marie
    Mercredi 19 Juin à 21:20
    Bonjour
    J’ai un ce1 ce2 encore l’année prochaine et jusqu’à présent j’utilisais PICOT avec le dictophile, des listes de mots à apprendre. Une dictée de phrases chaque jour. Mais je trouve cela trop redondant, et pr les enfants en difficultés ou seuls à la maison... c’est compliqué ! J’adore votre méthode et je pense la tenter à la rentrée ! Cependant comment faites vous pour l’ortho Avec vos CE2?
    Merci pr votre retour et votre partage.
    Marie
      • Jeudi 20 Juin à 09:30

        Bonjour Marie,

        Tout dépend de leur niveau. Si ce sont des élèves déjà éveillés en orthographe, le programme d'orthographe graphémique sera trop léger pour eux. S'ils ont encore beaucoup de difficultés, il leur est aussi adapté qu'à leurs camarades de CE1.

        Et si, comme c'est sans doute le cas, ils ne sont quand même plus au niveau de leurs camarades mais pas encore assez à l'aise pour bénéficier du programme prévu dans le Fichier d'Étude de la Langue (1) de CE2, peut-être un petit mix des deux, en reprenant le programme de CE1 et en y ajoutant, lorsque le cas le permet quelques règles avec leurs exceptions ? 

        Par exemple, lorsqu'en semaine 1, vous étudierez la graphie ch, vous rajouterez pour eux le nom chorale et le prénom Chloé pour introduire l'idée du cas (rare) où le son [k] s'écrit ch.

    8
    lynce
    Mercredi 17 Juillet à 21:04

    Bonsoir, je vais faire ma première rentrée en CE1 en septembre. Je viens de lire ce que vous faites, ca me parait intéressant. Par contre, je ne vois pas les autres périodes. Vont-elles arriver bientôt?

    Bonne soirée

    9
    Eja
    Dimanche 21 Juillet à 17:19

    J ai des CE1 depuis plusieurs années et je commence à me lasser de J'entends je vois... et je cherche à améliorer mon enseignement de la lecture.

    Quel bonheur de découvrir tout ton travail. Il est clair, précis, théorique et pratique. Le top!

    J'ai très envie de suivre l'an prochain ton travail sur l'orthographe graphémique et sur celui de Lecture.

    Ces nouveautés entrainent quelques questions:

    1. Tu ne fais pas de dictée hebdo d'entrainement  (qui évolue chaque jour avec les regles d'accords etc..) avec une dictée d'évaluation en fin de semaine? Chaque jour tu changes de mots ou de phrases et tu fais deux fois la dictée le même jour si j'ai bien compris un autre de tes articles?

    2. Sur le site de Maitress Ellen, son entrée graphémique est faite à partir d'une lettre et de tous les graphèmes associés ( a, â, à, ai, an, am, au, eau, ain, aim, ail puis i, ill, in,im...). Quelles différences/interets vois tu entre ces deux organisations?

    Mille mercis encore pour ce travail et la reflexion qu il m'apporte sur mon travail.

     

      • Lundi 22 Juillet à 10:44

        Bonjour Eja,

        Merci pour ces encouragements.

        1) Je fais des dictées d'entraînement tous les jours qui servent d'évaluation orale et collective des connaissances grammaticales des élèves. Je me débrouille pour qu'au cours d'un laps d'un, deux ou trois jours, selon l'effectif de la classe et le nombre de difficultés de la dictée, tous les élèves aient eu à :

        a) signaler une difficulté lexicale (lettre muette, consonne double) et éventuellement l'expliquer

        b) expliquer pourquoi tel et tel mot « se mettent d'accord »

        c) épeler un mot ou un groupe de mots (selon l'avancée dans la progression)

        S'il faut mettre une dictée dans le cahier d'évaluation, je choisis celle qui devait avoir lieu le jour de l'évaluation et j'applique les mêmes règles pratiques que d'habitude pour la dicter. Au CE1, les élèves sont en tout début d'apprentissage, j'applique avec eux le « traitement de faveur » que l'on réserve habituellement aux élèves de Troisième lorsqu'ils passent le Brevet des Collèges (en espérant que, grâce à ces petites innovations que je propose, dans 7 ou 8 ans, nos élèves puissent réussir une vraie dictée, d'environ 200 mots, sans que rien ne leur soit signalé à part les noms propres).

        2) Remplacer une pléthore de mots, de graphies et de règles, comme en subissaient les petits CE1 lorsque les auteurs de méthodes d'orthographe proposaient « de la phono », par une autre pléthore de mots, de graphies et  de règles dignes d'un inventaire à la Prévert, provoquera chez les enfants fragiles, chez ceux qui n'ont pas de soutien « intelligent » à la maison et chez ceux qui ont une mémoire visuelle peu développée le même rejet, le même dégoût et les mêmes difficultés.  Cette classification des graphies par lettres peut à la rigueur intéresser des élèves de CM1 ou CM2, comme les intéressera la rédaction de tableaux de conjugaison répertoriant les 8 temps de l'indicatif, 2 des 3 temps du conditionnel et du subjonctif, les 2 temps des modes infinitif, participe et impératif, mais pas des petits qui ont encore besoin d'associer deux à deux ce qu'ils voient et ce qu'ils entendent (ou ce qu'ils prononcent et ce qu'ils écrivent).

        La méthode que je propose démarre par une révision accélérée du programme de la première moitié de l'année de CP (savoir encoder des mots transparents, avoir pris connaissance de deux règles de base de l'écriture du français : certaines lettres sont muettes, souvent explicables grâce à des mots de la même famille, et, dans certains mots, on double une des consonnes). Elle avance ensuite pas à pas, couple de graphies par couple de graphies dans un premier temps, pour aider les plus fragiles à s'aider de la vue pour affiner leur ouïe et de leur ouïe pour prévoir leur geste d'écriture ; puis dans un deuxième temps, pour consolider l'écriture des digraphes et trigraphes qui codent certains sons du français.

        Cette étude est prétexte chaque fois que cela est possible à la consolidation des règles d'orthographe grammaticale et des apprentissages relatifs à l'écriture des terminaisons verbales selon le mode, le temps et la personne.

        En fin d'année, j'ose espérer qu'aucun élève (sauf enfant à profil très particulier) ne se sentira en échec en orthographe, que tous auront progressé et pourront suivre au CE2 un programme, non pas de « phono » comme je l'ai encore lu ce matin, comme si, à 8 ans et demi ou 9 ans, on en était encore comme un petit bambin de 4 ans à prononcer indistinctement b ou p, t ou d, an ou on et à dire « Je mange une tartine de bain avec du peur » ou « la touche est glacée, je veux te l'eau diète » ou encore « Qu'on je tend la pelouse, il y a de l'herbe partout ».

    10
    Pauline
    Jeudi 1er Août à 18:04

    Bonjour Catherine,
    Je m'interroge sur la semaine 2.
    Pourquoi avoir choisi lors du jour 4 de voir particulièrement les mots à une syllabe (majoritairement des déterminants et pronoms personnels sujets, ainsi que le verbe être dans "il est") ?
    Dans l'exercice, ils apparaissent presque tous en début de chaque groupe. Pourquoi ne pas avoir ajouté d'autres mots d'une syllabe (lit, bol, sec, lac, a, vu...) ?

    J'ai bien compris que lors de cette deuxième semaine, on s'attache à revoir la notion de syllabe pour former des mots de 1, 2, 3, 4 syllabes voire plus.
    Toutefois est-ce que ça ne suffirait pas de faire recomposer les mots avec les syllabes données, compter les syllabes ou de faire découper des mots en syllabes (avec un tiret) ?

    J'ai trouvé très approprié de commencer la grammaire cette année par des mots courts, les pronoms et les déterminants, parce que je trouve qu'ils sont les clés pour comprendre les notions de genre, nombre, sujet du verbe...
    Mais j'aurais plutôt travaillé séparément les deux natures de mots, que mes élèves ont déjà tendance à confondre, pour renforcer le lien entre déterminant + nom et la conjugaison du verbe avec les PPS.

    Pourquoi avoir choisi de travailler sur ces mots dans un même exercice ?
    Merci pour vos articles qui ne cessent de me faire avancer et réfléchir,
    Bonne soirée.
    Pauline

    11
    Vendredi 2 Août à 09:57

    Bonjour Pauline,

    Lorsque nous abordons la deuxième semaine, nous sommes encore en plein dans la réactivation des souvenirs du CP.

    Après avoir revu, la première semaine, les lettres et leur "son dominant", nous attaquons maintenant les premières petites "bizarreries du français" dont l'orthographe parfois étrange des mots qui, au cours des siècles, ont été les plus utilisés, les fameux "mots-outils" dont on nous dit tant de mal désormais après nous en avoir fait l'alpha et l’oméga de tout "bon" apprentissage de la lecture ! 

    Ici, ils sont juste rappelés, comme de vieux amis dont on avait peut-être oublié l'existence mais qu'on redécouvre, toujours là, fidèles au poste, indispensables... en première ligne, comme diraient les commentateurs sportifs.

    En première ligne, sans piège, comme dans la vraie vie. Grammaire implicite : « Avant un nom, j'écris généralement un déterminant... et avant un verbe, un pronom. »
    On ne nomme rien mais le nom est à côté, le verbe est à côté, et le cerveau, lui, enregistre. Il enregistre d'autant mieux que le terme grammatical n'est pas donné et qu'on ne demande pas aux enfants de faire un tri. Cela évite que les enfants confondent les termes comme ils confondraient aussi les noms de deux plantes inconnues qu'on leur présenterait sans les leur avoir fait d'abord longuement reconnaître à la vue, à l'odeur et au toucher.
    Pour l'instant, nous n'en sommes pas là, nous rappelons juste des vieux amis, des mots dont personne ne peut donner la définition mais qui pourtant sont compris de tous par leur position dans le discours et les mots dont ils sont les accompagnateurs indispensables.

    Oui, bien sûr, on peut en faire rechercher d'autres, et je l'ai spécifié dans la consigne : « Aider au besoin à répertorier au moins : les articles définis (le, la, les), les articles indéfinis (un, une, des), les pronoms sujets (je, tu, il, elle, nous, vous, on et éventuellement ils, elles si les élèves les citent) du, de, sur... »
    Mais le but de la séance est de focaliser l'intérêt des enfants sur les mots-sons monosyllabiques qui sont des morphèmes grammaticaux.

    Le verbe être à la troisième personne du singulier du présent (il est) apparaît en effet une fois, juste pour être recopié. C'est une rencontre, comme celles qu'on fait dans la rue, d'une personne que l'on va voir très souvent, et qu'il va nous falloir apprendre à connaître et inviter très souvent à la maison. Pour le moment, c'est juste une rencontre, presque au hasard, que les enfants oublieront sans doute, sauf si... et justement, plus tard, il y aura ce "si"...

    J'ai un problème avec la dernière question que je recopie ici : « J'ai bien compris que lors de cette deuxième semaine, on s'attache à revoir la notion de syllabe pour former des mots de 1, 2, 3, 4 syllabes voire plus.
    Toutefois est-ce que ça ne suffirait pas de faire recomposer les mots avec les syllabes données, compter les syllabes ou de faire découper des mots en syllabes (avec un tiret) ? »

     

    Que voulez-vous dire exactement ?... Je ne comprends pas.

    En attendant vos éclaircissements, je peux déjà expliquer un peu : on s'attache surtout à apprendre à bien articuler lentement un mot pour n'en oublier aucune lettre. Sachant que les consonnes se prononcent parfois difficilement seules, la solution la plus commode pour que les enfants effectuent ce patient travail est la syllabe.

    En commençant par des mots de 2 syllabes, nous jouons sur du velours : sauf cas exceptionnel, à 7 ans ou presque, ils sont tous capables d'articuler pa.... pa..., mai... son, etc.
    En continuant par ceux de 3 syllabes, nous compliquons un peu, il y a déjà un challenge. Et, discrètement, nous apprenons à ceux qui "bouffent les mots" et articulent à peine à se poser pour articuler une syllabe après l'autre, ce qui leur sera nécessaire quand ils auront à écrire seuls sans rien oublier camarade, avalera, démoliront, intelligible, etc. (pour l'instant nous les aidons en leur fournissant les syllabes pour éviter l'écueil de l'épellation grapho-phonémique qu'ils ne maîtrisent pas encore parfaitement).
    Avec ceux de 4 syllabes et plus, nous arrivons au niveau de la compétition et intéressons enfin ceux de nos élèves qui sont les plus performants et qui, pour le moment, ne se sont pas beaucoup amusés avec cette « méthode de bébé » qui, pour le moment, les avait pris pour des élèves de mi-CP.

    Deux des exercices que vous citez ne procèdent pas de ce travail puisque l'un est audio-oral (compter les syllabes) et le second part de la fin pour revenir à l'origine (prendre un mot entier et le couper en syllabes). Le troisième correspond aux exercices que je propose (composer des mots à l'aide de syllabes données).

    Je lirai avec plaisir vos éclaircissements.

      • Pauline
        Samedi 10 Août à 14:20

        Merci de cette réponse,
        Justement, je ne comprenais pas très bien le but de la séquence sur les syllabes.
        Le but de ce "jour 4" me paraissait un peu flou et j'ai du mal à appliquer une méthode mot pour mot sans en comprendre et avoir intégré moi-même le but (même si la préparation est si précise que j'aurai très bien pu mener la séance, écrire les mots au tableau et lire les consignes, sans même chercher à comprendre).

        J'ai cité des exercices que j'ai pu voir quand j'ai observé dans des classes de maîtres formateurs il y a quelques années lorsque j'étais stagiaire (découper des mots en syllabe en tapant dans les mains puis les écrire en séparant les syllabes par des tirets).

        La réponse m'éclaire, si j'ai bien compris le but de la séance est de revoir des "mots outils". En effet c'est prématuré de donner le nom des natures de mots et l'imprégnation se fera tout aussi bien. Et je comprends bien le choix de les faire rencontrer une "première fois" ou de les rappeler à la mémoire de nos anciens CP + 2 mois de vacances + 2 semaines de classe.

        Pour moi, cette formulation (jour 4) de ne sélectionner que les mots d'une syllabe n'est pas claire. Il y a bien d'autres mots d'une syllabe, pas seulement les mots-outils. Bon.
        Je crois qu'une chose qui m'embête c'est de demander aux élèves de chercher des mots d'une syllabe dans les affiches (déjà en semaine 2, vu ma facilité à faire des affiches en classe, je doute qu'il y en ait beaucoup, des affiches...)
        Et surtout certains élèves ne manqueront pas de citer les mots qui auront été vus au cours de la semaine : chat, vue, lit, nuit, ou fleur lac sel... (et ils pourront êyre fiers de les avoir retenus). 
        J'avais peut-être mal compris le début de la séance. Jusque là je pensais qu'on attendait d'eux qu'ils trouvent directement les "mots-outils" et du coup que je devrais refuser les autres mots ou ne pas les écrire sur l'affiche, alors qu'ils respectent la consigne (refuser chat, lit, fleur, sel, alors qu'ils respectent la consigne) donc la consigne me paraissait mal formulée.

        Maintenant, je me rends compte que j'ai sans doute interprété de n'accepter que les mots-outils, mais que ce n'est pas ce que vous aviez prévu.
        Si on accepte tous les mots d'une syllabe, du coup cette "collecte" de mots d'une syllabe ne sert à rien pour la suite. Elle sert uniquement à rappeler les mots vus au cours de la semaine et la notion de syllabe à la manière des autres dialogues de début de séance " Qui se rappelle des mots d'une syllabe que vous connaissez ?"
        Et ensuite on sélectionne seulement les mots-outils qui nous intéressent, c'est bien ça ?
        Et à ce moment, leur dire qu'on va travailler sur d'autres mots qu'on utilise très souvent, puis écrire les mots-outils au tableau comme indiqué dans la fiche de séance.

        De même pour l'exercice écrit n°4, je suis bien embêtée car on m'a appris que les syllabes sont des unités orales, donc "poire" ou "livres" sont pour moi des mots d'une syllabe, et c'est ce qu'on apprend aux élèves également en maternelle. Alors que d'autres prendraient en compte les syllabes écrites et diraient "On apprend à écrire, donc on compte des syllabes écrites" donc "poi-re" et "li-vre". Et je ne sais pas quelles sont les réponses attendues dans cet exercice, ni quelles réponses je pourrais accepter dans ma classe. Ca m'ennuie vraiment de devoir donner un exercice où même les CPC ne sont pas d'accord entre eux.

        Je me doute que ma réponse doit être un peu embrouillée, j'espère avoir un peu mieux compris le sens de ce "jour 4", même si l'exercice reste bien obscur pour moi (dans tous les cas, je peux changer la consigne ou les mots sans trop de difficulté, je ne m'en inquiète pas, ce qui m'intéresse c'est surtout de comprendre le pourquoi de cet exercice).

        Au plaisir de lire votre réponse au retour de nos vacances,
        Bien à vous,
        Pauline

    12
    Leslie
    Mercredi 7 Août à 12:54

    Bonjour Catherine,

    J'envisage de changer ma pratique en orthographe avec mes CE1 pour la prochaine année scolaire et je vous remercie beaucoup pour votre travail et votre générosité. Cela m'aide vraiment à y voir plus clair. 
    Pourriez-vous m'envoyer la version livre.pdf comme vous le proposez ?

    Merci beaucoup.

    Leslie

      • Mercredi 7 Août à 16:22

        Bonjour Leslie,

        Maintenant, on trouve facilement le fichier complet sur Google Drive, grâce au lien suivant : OrthoGraphCE1

        N'hésitez pas à vous en servir et à diffuser la méthode auprès de vos amis intéressés.

    13
    Pauline
    Samedi 10 Août à 14:37

    Merci de cette réponse,
    Justement, je ne comprenais pas très bien le but de la séquence sur les syllabes.
    Le but de ce "jour 4" me paraissait un peu flou et j'ai du mal à appliquer une méthode mot pour mot sans en comprendre et avoir intégré moi-même le but (même si la préparation est si précise que j'aurai très bien pu mener la séance, écrire les mots au tableau et lire les consignes, sans même chercher à comprendre).

    Pour l'éclaircissement de ma phrase : puisque le début de semaine traite des syllabes, je ne comprenais pas l'utilité de se focaliser sur les mots d'une syllabe (pas très intéressant pour recomposer des mots avec une seule syllabe).
    Dans mon esprit, la notion de syllabe c'est quelque chose de très éloigné des mots-outils très courants (déterminants / pronoms / verbes) abordés le jour 4, je ne comprenais pas ce lien au cours d'un même jour, mais c'est parce que je le vois avec mon esprit de maîtresse qui catégorise les compétences : natures de mots VS recomposer des mots avec des syllabes données.

    J'ai cité des exercices que j'ai pu voir quand j'ai observé dans des classes de maîtres formateurs il y a quelques années lorsque j'étais stagiaire (découper des mots en syllabe en tapant dans les mains puis les écrire en séparant les syllabes par des tirets).

    La réponse m'éclaire, si j'ai bien compris le but de la séance est de revoir des "mots outils". En effet c'est prématuré de donner le nom des natures de mots et l'imprégnation se fera tout aussi bien. Et je comprends bien le choix de les faire rencontrer une "première fois" ou de les rappeler à la mémoire de nos anciens CP + 2 mois de vacances + 2 semaines de classe.

    Pour moi, cette formulation (jour 4) de ne sélectionner que les mots d'une syllabe n'est pas claire. Il y a bien d'autres mots d'une syllabe, pas seulement les mots-outils. Bon.
    Je crois qu'une chose qui m'embête c'est de demander aux élèves de chercher des mots d'une syllabe dans les affiches (déjà en semaine 2, vu ma facilité à faire des affiches en classe, je doute qu'il y en ait beaucoup, des affiches...)
    Et surtout certains élèves ne manqueront pas de citer les mots qui auront été vus au cours de la semaine : chat, vue, lit, nuit, ou fleur lac sel... (et ils pourront êyre fiers de les avoir retenus). 
    J'avais peut-être mal compris le début de la séance. Jusque là je pensais qu'on attendait d'eux qu'ils trouvent directement les "mots-outils" et du coup que je devrais refuser les autres mots ou ne pas les écrire sur l'affiche, alors qu'ils respectent la consigne (refuser chat, lit, fleur, sel, alors qu'ils respectent la consigne) donc la consigne me paraissait mal formulée.

    Maintenant, je me rends compte que j'ai sans doute interprété de n'accepter que les mots-outils, mais que ce n'est pas ce que vous aviez prévu.
    Si on accepte tous les mots d'une syllabe, du coup cette "collecte" de mots d'une syllabe ne sert à rien pour la suite. Elle sert uniquement à rappeler les mots vus au cours de la semaine et la notion de syllabe à la manière des autres dialogues de début de séance " Qui se rappelle des mots d'une syllabe que vous connaissez ?"
    Et ensuite on sélectionne seulement les mots-outils qui nous intéressent, c'est bien ça ?
    Et à ce moment, leur dire qu'on va travailler sur d'autres mots qu'on utilise très souvent, puis écrire les mots-outils au tableau comme indiqué dans la fiche de séance.

    De même pour l'exercice écrit n°4, je suis bien embêtée car on m'a appris que les syllabes sont des unités orales, donc "poire" ou "livres" sont pour moi des mots d'une syllabe, et c'est ce qu'on apprend aux élèves également en maternelle. Alors que d'autres prendraient en compte les syllabes écrites et diraient "On apprend à écrire, donc on compte des syllabes écrites" donc "poi-re" et "li-vre". Et je ne sais pas quelles sont les réponses attendues dans cet exercice, ni quelles réponses je pourrais accepter dans ma classe. Ca m'ennuie vraiment de devoir donner un exercice où même les CPC ne sont pas d'accord entre eux.

    Je me doute que ma réponse doit être un peu embrouillée, j'espère avoir un peu mieux compris le sens de ce "jour 4", même si l'exercice reste bien obscur pour moi (dans tous les cas, je peux changer la consigne ou les mots sans trop de difficulté, je ne m'en inquiète pas, ce qui m'intéresse c'est surtout de comprendre le pourquoi de cet exercice).

    Au plaisir de lire votre réponse au retour de nos vacances,
    Bien à vous,
    Pauline

      • Dimanche 18 Août à 10:34

        Bonjour Pauline (avec beaucoup de retard mais la semaine de vacances était bien agréable),

        Je propose juste aux élèves, s'ils n'en trouvent pas « dans leur tête » d'en chercher dans leurs livres ou sur les affiches de la classe (il y a peut-être déjà : un, deux, trois, cinq, six, sept, huit, neuf, dix... la (semaine), le (tableau) des (responsabilités), les (prénoms)... ainsi que les noms travaillés précédemment précédés de leurs articles (du (café), de la (farine), il (retarde), etc.

        Pour les syllabes, j'ai résolument opté pour les syllabes écrites, puisque c'est sur ce travail d'épellation grapho-phonétique que je vais me baser (à défaut de l'avoir fait dès le début, en maternelle et au CP) pour leur apprendre à encoder les mots en se les dictant soi-même.
        En français, à part pour l, f, et r (on peut ajouter q et k à la liste, mais c'est très marginal), lorsqu'un mot finit par une consonne, celle-ci est le plus souvent muette, et c'est la lettre e qui la rend sonore, je compte donc cette association consonne-voyelle comme une syllabe. On peut ne pas être d'accord avec moi, mais je me refuse à tenir compte de cette opposition qui a fait tant de mal à l'apprentissage aisé de l'écriture-lecture ces vingt à trente dernières années.

        Pour l'exercice 4, c'est donc très simple, les mots à garder sont : un, des, la, le, les, je, nous, il, est, tu, elle, vous, ils, elles.
        Si vraiment le cas de "poire" et  "livres" ennuie, on peut les remplacer par "banane" et "malades" ou "pirates"...

        Le pourquoi, c'est remettre en mémoire tous ces "petits mots" qui sont parfois très flous pour les élèves ayant appris à les écrire de mémoire, en tant que mots outils, avant d'en avoir appris les composants et d'en avoir fixé intelligemment et intuitivement le sens. Dans certaines classes, ils sont légion en début de CE1 (et même plus tard) à confondre le et la, il et li, de et du, quand ce n'est pas pire (j'ai vu des élèves qui écrivaient ou lisaient "que" en voyant le mot "dans" parce que, dans la méthode qu'ils avaient eue au CP, ces mots-outils là avaient été appris par cœur le même jour).

        Voilà, j'espère avoir répondu à tout. N'hésitez pas si j'ai oublié un ou plusieurs points. Un point après l'autre, si possible, ce sera plus simple. Merci d'avance.

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