• Maternelle : Un livre d'utilité publique

    Maternelle : Un livre d'utilité publique

    L'autre jour, j'ai reçu un cadeau. Un cadeau surprise ! Déjà j'étais ravie parce que j'aime beaucoup les surprises ! J'en remercie d'ailleurs chaleureusement les autrices, Isabelle Godefroy et Laurence Pierson, et leur éditeur, les éditions MDI en la personne de Juliette de Abreu, d'avoir pensé à moi pour cette gentille attention.

    Mais ma joie a été décuplée quand j'en ai découvert le contenu ! Un bouquin comme ça, c'est de l'or en barre !

    C'est un livre que devraient lire tous les formateurs de l'Éducation Nationale, de manière à pouvoir former et conseiller leurs étudiants et leurs stagiaires. C'est un livre qui devrait être étudié à fond dans les INSPE, pendant plusieurs semaines, afin que chaque futur PE en comprenne et maîtrise parfaitement le contenu. C'est un livre qui devrait être envoyé dans toutes les écoles maternelles de France et de Navarre et dont le commentaire devrait être inscrit sur le Plan Annuel de Formation de chaque circonscription.

    Puisque vous ne l'avez sans doute pas encore sous les yeux (la personne qui m'en a demandé un pdf hier sur Messenger s'est trompée d'adresse, je ne pratique pas ce genre de sport), je vous propose un petit tout d'horizon de mon cru.

    Remerciements

    Encore merci aux autrices qui m'ont citée. Je suis toute contente ! J'ai été encore plus contente, lorsque j'ai vu que, dans l'ouvrage, elles citent aussi à plusieurs reprises des activités que j'ai suggérées ici ou ailleurs. Et enfin, j'ai bu du petit lait  lorsque j'ai vu que mon pauvre bébé à moi, celui dont personne ne parle jamais, était cité lui aussi comme un ouvrage de référence sur l'école maternelle !

    Table des Matières

    Elle est en cinq couleurs. Du bleu foncé pour la formation pédagogique de l'enseignant, puis, pour les fiches pratiques, dont nous parlerons plus tard, quatre autres couleurs (violet, vert, orange et bleu clair).

    Ce sera très pratique aux collègues pour préparer leur classe, petit à petit, sans rien oublier. Ce sera aussi fondamental pour pouvoir proposer immédiatement des activités de consolidation lorsqu'ils se trouveront face à un groupe d'enfants qui semblent en difficulté... Un petit coup d'œil à la table des matières et ils sauront quelle activité mettre en œuvre le jour-même en remplacement de l'activité choisie à un niveau trop élevé pour leur public !

    Avant-Propos

    Attention, attention, ce n'est pas un avant-propos à négliger !

    C'est LE COURS magistral que vous offrent de deux Professeurs des Écoles ayant toutes deux longtemps enseigné en école primaire (c'est-à-dire maternelle et élémentaire) et ayant choisi de se spécialiser dans la formation en pédagogie de l'écriture. Il complète la lecture du livre Bien écrire et Aimer écrire, de Laurence Pierson que je vous ai déjà souvent conseillé.

    Il faut donc lire cet avant-propos très attentivement, peut-être en prenant des notes, ou en en surlignant des passages. C'est encore plus indispensable si on a eu l'habitude, depuis ses débuts, d'enseigner par compétences, sans chercher à créer des liens entre ces dernières, juste pour pouvoir montrer qu'au cours de l'année on a bien présenté et évalué « les lettres », « le prénom », « les rimes », etc.

    Parce que dans cet avant-propos, Laurence et Isabelle expliquent tout, tout, tout ! Et, partant des compétences prises individuellement, elles démontrent comment tout s'enchaîne, tout est lié, dans un continuum qui part de la TPS (pour les enfants qui la fréquentent) et qui s'achève le tout dernier jour de début juillet où, quatre années scolaires plus tard, les enfants font la bise à leur enseignant de GS avant de s'envoler pour un nouveau parcours de cinq années d'élémentaire.

    C'est là aussi que nous allons comprendre qu'en maternelle, tout est dans tout, et que, pour permettre à des enfants d'apprendre à écrire, il faut d'abord avoir compris que l'écriture fait partie d'un apprentissage transversal que l'on travaillera quotidiennement :

    • en salle de motricité,
    • en musique,
    • lors des activités de manipulation,
    • lors des activités de dessin libre et de graphisme décoratif,
    • en voyant l'adulte écrire,
    • quand celui-ci programme et valorise les écrits de la classe dont il est le secrétaire attitré,
    • quand il crée du lien entre l'écriture et la lecture (là, mon cœur se serre lorsque je me remémore certaines phrases acerbes de collègues biberonnés aux compétences et qui dans ce cas, assènent un « Mais ce n'est pas la même compétence, c'est normal que les enfants n'y arrivent pas. Ils n'ont pas à savoir lire pour savoir écrire, ni à savoir écrire pour savoir lire ! »... Brrr ! rien que de l'écrire, j'en frémis d'horreur !)

    Et ce tout est dans tout joue les poupées gigognes quand, en exposant ce lien entre l'écriture et la lecture, elles nous expliquent, comme Thierry Venot dans son excellent De l'écoute des sons à la lecture, qu'elles citeront aussi, que devenir capable d'apprendre à écrire pour savoir lire et devenir capable d'apprendre à lire pour savoir écrire, cela passe par :

    • la musique, à nouveau, grâce aux comptines, aux jeux de doigts et au rythme
    • le développement de la mémoire
    • et donc le langage
    • ce qui mène à l'écoute (Pierre Péroz, Pédagogie de l'écoute)
    • la culture de la logique

    Je répète donc : c'est un avant-propos à lire, relire, annoter, jusqu'à le connaître sur le bout des doigts pour pouvoir saisir l'intérêt de la suite.

    Les parcours

    Et voilà ! Encore un chapitre auquel je ne peux qu'adhérer !

    Des parcours qui peuvent servir de base à la programmation de la classe.

    Qui peuvent, pas qui doivent. Ça nous change des questions rituelles de collègues qui, au mois de mai, parce qu'elles suivent la progression militaire de telle ou telle méthode « clé en main » pour  la GS, se mettent toutes à flipper parce qu'elles font  les rimes (sic) avec leurs élèves et qu'elles peinent à trouver autre chose que du caca comme aliment à faire ingérer à Malika ou du pipi comme dessert favori pour Seppi !

    ⇒ Une TPS sans programmation spécifique

    parce que les tout-petits sont tous différents et que c'est l'enseignant qui, en lisant les fiches pratiques, saura si ses petits bouts de chou pourront pratiquer ceci ou cela, là maintenant tout de suite, ou s'il vaut mieux attendre encore un peu pour les faire avancer plus loin sur le chemin...

    Sans programmation spécifique mais avec des projets de développement (la latéralité, les aptitudes motrices, la mémoire, la synchronisation du geste et de la parole, l'intérêt pour l'écrit) dont nous reparlerons tout à l'heure bien sûr ! .

    ⇒ Le retour des poupées gigogne !

    Et puis trois autres parcours, l'un pour la PS, le suivant pour la MS et enfin le dernier pour la GS, plus structurés dans le temps afin de ne pas passer à côté de quelque chose d'important au moment opportun.

    Et moi j'applaudis à nouveau parce que le parcours de la PS inclut celui de la TPS, tout comme le parcours de la MS inclut celui de la PS, qui, rappelons-nous, inclut celui de la TPS et enfin, le parcours de la GS qui fait lui aussi la poupée gigogne, reprenant tout, tout, tout depuis le développement des aptitudes motrices et de la latéralité jusqu'à l'indispensable dernière aptitude, celle qui devrait être maîtrisée par tout enfant sans profil trop particulier qui va entrer au CP au mois de septembre : l'écriture en cursive sur un cahier Gurvan ou Seyes 3 mm !

    Quand en plus, cela se fait sans douleur, juste avec des activités sportives, des comptines, des chansons, des jeux de doigts, du gribouillage, du dessin, de la peinture, de la pâte à modeler (pas pour faire des lettres, la pâte à modeler !!! Merci de l'avoir dit, Laurence et Isabelle !!!), des jeux de construction, des instruments de musique, enfin tout ce qui se fait dans une vraie classe maternelle, c'est un vrai bonheur.

    Et des conseils de bon sens pour clore le chapitre

    Des conseils qui soulignent l'importance des compétences transversales, la nécessité de revenir régulièrement, toute l'année, et année après année, sur les activités sous peine de voir comme Cendrillon le carrosse redevenir citrouille, les chevaux, rats et les laquais, lézards !

    La méthode des petits pas, quoi...

    Ensuite, les quatre parcours sont détaillés, avec la liste des activités à programmer tout au long de l'année chez les tout-petits, plutôt en début, milieu ou fin d'année pour les plus âgés.

    Il n'y a plus qu'à photocopier la ou les pages et l'afficher en classe l'année du Rendez-vous de Carrière !!! Et à y revenir aussi souvent que nécessaire pour préparer sa classe, revenir en arrière, avancer d'un pas, mettre une nouvelle croix signalant qu'on a encore réactivé une fois ceci en rejouant à cette activité-ci et cela en proposant cette activité-là.

    Les fiches pratiques

    Suivent alors 24 entrées thématiques, rangées par ordre alphabétique, comprenant chacune de nombreuses fiches d'activités adaptées aux différents niveaux.Notez bien cette histoire d'ordre alphabétique, c'est important. Il ne faudrait pas que vous alliez croire qu'il faut commencer par les Boucles et les Capitales d'imprimerie et terminer par les Rythmes et le Schéma corporel ! L'ordre d'apparition des « bouquets d'activités» à mener parallèlement, il est dans les parcours

    Je ne peux pas tout répertorier ici. Je vous renvoie à ce Calaméo mis en ligne par Isabelle Godefroy où vous pourrez lire la table des matières.

    Ce que vous y verrez de ces fiches pratiques vous ravira j'espère autant que moi :

    ♥ Elles sont rangées par thèmes (il y en a 24) à faire avancer parallèlement  en se référant au code couleur. Le premier par exemple, Les Boucles, ne commencera qu'en MS, à partir du milieu de l'année, nous dit le parcours MS, et propose 6 activités à mener depuis ce niveau puis 2 activités supplémentaires que les GS pratiqueront en plus des 6 premières, à partir du début à la fin de l'année scolaire.

    ♥ Chaque thème est introduit par deux encarts, un premier expose les OBJECTIFS se rapportant à l'écriture (n'oublions pas que certains de ces thèmes sont transversaux et ne développent pas que des compétences réservées à l'écriture) et son inscription dans les PROGRAMMES. Les autrices se sont même contraintes à aller fouiller dans les nombreuses publications que l'on trouve chez Eduscol et dans le BO ! Quel courage !

    ♥ Chaque fiche, dont on reconnaît facilement le niveau de base grâce au code couleur, commence elle aussi, après le titre en gros caractères, par un encart qui expose les PRÉ-REQUIS, le mode d'INSTALLATION, le MATÉRIEL tant pour l'enseignant que pour l'élève et enfin la DURÉE

    ♥ Ensuite, l'activité est détaillée étape par étape, et illustrée autant que nécessaire sur la partie droite de la page

    ♥ Et à gauche, il y a la marge ! Une marge qui fourmille de renseignements complémentaires, de suggestions de mise en œuvre, de QR codes grâce auxquels on peut accéder à des vidéos (comptines, jeux de doigts, conférence de Pierre Péroz, ...) ! Une véritable mine de savoirs pratiques ou théoriques en supplément de l'activité elle-même !

    Quant au contenu des fiches, à une ou deux réserves personnelles près (je ne suis toujours pas plus fan de l'écriture des lettres capitales à quelque niveau que ce soit, ni de celle des chiffres en MS. C'est pour moi, dépenser beaucoup d'énergie pour quelque chose qui s'apprendra très facilement en GS quand viendra l'heure du calcul écrit), j'adhère à tout ce qui est proposé.

    C'est clair, intelligent, large d'esprit. Quand c'est possible, plusieurs pistes sont proposées. Ce ne sont pas Laurence et Isabelle qui obligeraient le petit Mourad à se nourrir de la salade qu'il exècre pendant que son amie Noëlla se régalerait de Nutella et pis c'est tout ! Elles, lorsqu'elles montrent comment faire mémoriser une poésie (La fourmi de dix-huit mètres), elles ne peuvent pas s'empêcher dans la même fiche de citer une dizaines de poèmes qu'il est possible de mémoriser en GS (des vrais poèmes écrits par des poètes reconnus dans le monde de la littérature, en plus...).

    Et puis, quand elles proposent une activité ouverte, elles suggèrent plusieurs pistes et finissent souvent leurs fiches par un « On peut aussi ... » qui va enrichir le répertoire d'activités de leurs lecteurs et les rendre bientôt capables d'inventer eux aussi les activités qui colleront exactement à leur classe et ouvriront l'esprit de leurs jeunes élèves vers tous les possibles !

    Et puis, c'est rempli d'activités « vraies », du laçage, du tissage, de la peinture, des histoires qu'on invente tous ensemble, et dont on fait de petits livres, des jeux amusants qui finissent en fous-rires, des activités pratiques utiles ailleurs qu'à l'école (nettoyer une table à l'éponge, lacer ses chaussures, lire tout seul des histoires que l'on comprend sans aide, ...) ! L'école maternelle, quoi. Celle où on ne se prend pas la tête à exiger des enfants qu'ils se transforment en créateurs-penseurs-philosophes ou à se complaire dans des rôles d'exécutants cantonnés dans des activités construites par des adultes pour cocher des cases ou prendre des photos.

    Juste l'école des petits qui les accompagne dans leurs apprentissages « pour qu'ils puissent aborder l'école élémentaire avec des connaissances et des compétences solides ». L'école maternelle que j'aime...

    Conclusion

    Tout cela est tellement complet que ce livre pourrait s'intituler tout aussi bien Bien parler à l'école maternelle ou encore Bien développer sa compréhension à l'école maternelle, ou même pourquoi pas Bien chanter, bien se mouvoir, bien compter et calculer, bien se développer à l'école maternelle, seulement en rajoutant un chapitre ici ou là,  !

    Encore merci à Laurence Pierson et Isabelle Godefroy pour cette œuvre d'utilité publique.


  • Commentaires

    1
    kris
    Mercredi 20 Juillet à 14:16

    Commandé mais en rupture de stock, il faudra attendre septembrecry

      • Samedi 30 Juillet à 10:08

        Je crois que c'est à nouveau possible, non ?

    2
    Lysie
    Jeudi 28 Juillet à 15:27

    Bonjour Catherine Huby,

    Je ne sais où poser ma question alors veuillez m'excuser si l'endroit n'est pas adapté.

    Je suis prof des écoles en CP et j'ai donc lu avec intérêt les sujets liés à la lecture. Je lis également les articles concernant les autres classes et notamment la maternelle afin de mieux comprendre mes élèves.

    Ma question est personnelle: quelle littérature pourriez-vous me conseiller pour ma fille de 3 ans et demi ? 

    Un grand merci pour tous vos conseils et partages d'expérience.

      • Samedi 30 Juillet à 10:13

        Bonjour Lysie,

        Ce qui sera le mieux pour votre fille de 3 ans et demi ne conviendra pas forcément à ma petite voisine ou à votre petit neveu. Chaque enfant est différent et nous n'en sommes pas encore à l'oral de français du Bac ou de la Licence de Lettres Modernes où il est important de constituer un corpus d'œuvres incontournables que chacun devrait connaître.

        Ce qui sera le mieux pour votre fille, c'est ce qui vous plaira à toutes deux à la médiathèque, la bibliothèque municipale ou chez le libraire près de chez vous.

        En lui racontant l'histoire avant de la lui lire, en commentant avec elle les illustrations, vous verrez vite quels sont ses livres préférés, ceux qui la dépassent encore complètement et ceux qui sont maintenant beaucoup trop simples pour l'intéresser.

        Bon choix !

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