• « Tous les jours, j'apprends un peu... »
    Clara, 5 ans 3 mois, Grande Section, Mars 2015

    Ce matin, sur France Inter, j'ai écouté Stanislas Dehaene, nouveau président du nouveau « Conseil scientifique pluridisciplinaire pour l'école ». 

    Il a dit beaucoup de choses intéressantes (et d'autres moins, mais nous aurons sans doute d'autres occasions pour en parler). J'en retiens deux pour le moment, dans la série des « intéressantes ».

    Tout d'abord, je le remercie d'avoir tenté d'expliquer au journaliste que le débat sur la lecture ne se résumait pas à l'opposition « globale/syllabique ». Ça n'a servi à rien, mais c'était méritoire.
    Je retiendrai le qualificatif de « phonique », puisque c'est celui qui a la préférence de M. le Président de ce nouveau conseil.
    Les méthodes phoniques donnent de meilleurs résultats que les autres dans l'apprentissage de la lecture. Voilà, c'est dit. On le savait déjà, mais c'est bien d'insister.

    Ensuite, interpellé sur la semaine de quatre jours, puis sur les manuels scolaires, il a eu cette phrase que les lecteurs de ce blog connaissent bien : « Tous les jours, l'enfant apprend un peu ». Tous les jours. Un peu.
    Après, il y a eu les pirouettes d'usage pour ne vexer ni les tenants de la semaine de quatre jours – au passage, encore petit effort méritoire sur le « tout dépend ce qu'on y fait, pendant ces 4,5 jours de présence », hélas vite évacué par le journaliste chargé de l'interroger – et, bien heureusement, ni la nécessité de laisser aux professeurs des écoles le choix des outils qu'ils souhaitent utiliser dans leurs classes, tout en les formant et les informant.

    Revenons donc à ce « Tous les jours, j'apprends un peu » que devrait connaître, métacognition oblige, tous les petits élèves de France, qu'ils aient deux, trois, cinq, sept ou dix ans...
    S'il avait pu ajouter un complément à ce « un peu », ç'aurait été parfait !

    « Tous les jours, j'apprends un peu... de tout ! »

    • Cela nous aurait évité les manuels « chambres à part » qui prétendent apprendre à lire à sans doute aux environs de 90 % des élèves français.
    • Cela aurait peut-être décidé l'école maternelle et élémentaire à se débarrasser de ces thèmes interminables qui, pendant six semaines ou même plus, privent les élèves de tout ce qui sort du cadre.
    • Cela aurait favorisé les méthodes de mathématiques qui mènent de front numération, calcul, mesures, résolution de problèmes et géométrie.

    Mais enfin ne boudons pas notre plaisir, et saluons l'entrée dans le monde de la pédagogie officielle, scientifique qui plus est, de la méthode des petits pas, celle qui, tous les jours, fait avancer d'un pas sur le chemin de tous les savoirs :

    • savoir lire, c'est-à-dire à comprendre ce que l'on déchiffre (ou décrypte, comme a dit M. Dehaene),
    • savoir compter, calculer, mesurer, se repérer dans l'espace et le temps, construire des raisonnements mathématiques pour résoudre des problèmes
    • savoir parler, se mouvoir, utiliser ses sens pour mieux appréhender le monde qui nous entoure
    • savoir cultiver sa curiosité, son envie d'apprendre, ses capacités attentionnelles,sa confiance en soi
    • savoir enrichir son vocabulaire par l'action, la découverte, la recherche tous azimuts à tous moments de sa vie de classe

    Tout ce que je défends, depuis plus de quatre ans maintenant, sur ce blog et dans les manuels scolaires et de formation pédagogique que j'ai écrits ou co-écrits :

    • Pour une maternelle du XXIe siècle : un guide pratique de l'enseignant en école maternelle, école de l'épanouissement et du langage,
    • La classe multi-âges : un guide pratique de l'enseignement dans une classe à plusieurs niveaux, du simple double niveau à la classe unique de village regroupant tous les enfants de la TPS au CM2 (en cours de rédaction)
    • Du langage oral à la symbolisation : une méthode « clé en main » pour acquérir un vocabulaire riche et passer en douceur du mot oral au plus « savant » de tous les symboles : la lettre
    • Se repérer, compter, calculer en Grande Section : une méthode de mathématiques liant numération, calcul, mesures, géométrie et résolution de problèmes. Elle part du jeu sportif et passe par la manipulation concrète pour arriver à l'écriture mathématique. 
    • Écrire et Lire au CP : une méthode phonique dans laquelle le son sert à faire du sens et le sens est découvert grâce au son qu'on a déchiffré seul. Comme le suggérait M. Dehaene ce matin, elle s'adapte tout au long de l'année aux capacités des jeunes lecteurs, insistant plus sur le son en début d'année (3 à 4 graphies par semaine dans la première moitié du premier livret)  et travaillant plus le vocabulaire et la compréhension fine au fur et à mesure des acquis. Elle débouche, dès la fin du premier livret, sur la découverte réelle, puisque lue par les élèves et non racontée par l'adulte, du patrimoine littéraire bien connu des enfants (contes, récits, extraits de romans).
    • Lecture et expression au CE : Grande sœur de la précédente, elle cherche toujours un éditeur. Le sens, le vocabulaire et une révision rigoureuse du code amènent rapidement et sûrement les élèves vers la lecture courante fluide. Comme au CP, la découverte de la Littérature est intégrée à la méthode et non plaquée à côté, comme dans les méthodes « chambres à part ». 
    • Des dictées pour apprendre l'orthographe : une méthode associée à la lecture et au programme d'étude de la langue des élèves.
    • Questionner le monde au Cycle 2 : des leçons, toujours « clés en main » pour enrichir son vocabulaire, découvrir la méthode scientifique, apprendre à observer, analyser, expérimenter, raisonner et conclure.
    • Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire : Dans la droite ligne de la méthode de Grande Section, des méthodes « à petits pas », liant dès le CE1, l'apprentissage de la numération, des quatre opérations, des mesures, de la géométrie et de la résolution de problèmes.
    • Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire : une « grammaire » simple, servant tout aussi bien à apprendre à écrire qu'à comprendre ce qu'on lit, en s'appuyant sur la nomenclature « classique » parce qu'on ne connaît bien que ce que l'on peut nommer.
    • Leçons de Sciences en Cycle 3 : Quelques leçons de sciences, utilisant la démarche scientifique de manière guidée pour qu'à chaque leçon, grâce à l'observation, l'expérimentation, le raisonnement, la réflexion, l'élève ait avancé de quelques petits pas très sûrs et puisse désormais graver dans sa mémoire quelques notions essentielles. 

    Alors, ce nouveau Conseil, même s'il risque de ne pas faire le poids par rapport aux exigences de Bercy, s'il pouvait au moins donner envie à quelques collègues d'essayer d'innover hors des circuits réservés aux poids lourds de l'édition scolaire et de tenter les méthodes à petits pas de votre servante, finalement, ça ne serait pas si mal...

    Si toutefois cela l'intéressait, j'enverrais volontiers à M. Dehaene un exemplaire des ouvrages édités.
    Et pour toute personne qui souhaite recevoir ces mêmes ouvrages au prix public, sachez que je prends en charge les frais de port en lettre verte (4,80 €) pour tout envoi en France métropolitaine. Il suffit de me contacter à l'adresse suivante : Contact.


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  • En recul de 30 % !

    Je suis dépitée, ravagée, désespérée... Tels les écoliers français qui ont été testés par PIRLS, je suis en baisse de 30 %...
    Enfin, pas moi, mais les manuels scolaires que j'ai écrits... Mais c'est pareil. Surtout que, contrairement à l'année antérieure, je pouvais désormais compter sur les droits d'auteur supplémentaires que me procurerait Pour une Maternelle du XXIe Siècle.
    Celui-là, si j'ai bien compté, il s'en est vendu 245... en deux ans... la honte... la loose totale ! L'électricienne du cœur en vend des milliers en trois mois pendant que mes copines[1] et moi, nous n'arrivons péniblement qu'à un petit quart de mille en deux ans !

    Pour les autres, et tout particulièrement mes chouchous, Écrire et Lire au CP et Se Repérer, Compter, Calculer en GS, je n'ai pas encore reçu le décompte. Mais je crains le pire...

    Ce n'est pas tant pour l'argent que je ne toucherai pas que cela me tracasse à ce point. J'ai reçu tout de même juste assez pour contribuer à aider une famille pendant tout l'hiver. J'aurais bien sûr aimé pouvoir faire plus mais tant pis, c'est déjà ça.

    Ce n'est pas non plus d'avoir bûché, de m'être décarcassée pour aller au plus pratique, au plus efficace, d'avoir donné du temps, de la sueur et même des larmes pour défendre mon point de vue et tenter de rendre accessible un savoir, une expertise, des connaissances, appelez ça comme vous voulez...

    Non, ce qui m'attriste le plus dans l'histoire, c'est de voir que ces dix années d'efforts n'ont servi à rien... ou si peu... et que nos petits CP, nos jeunes CE1, sans parler des CE2 et des CM vivent toujours les mêmes expériences... Tout comme leurs petits frères et sœurs de maternelle, d'ailleurs.

    Ce qui me peine, c'est qu'il existe toujours des petits enfants qui, dès l'âge de deux ou trois ans, sont priés de reconnaître les lettres de l'alphabet, dont ils ne découvriront l'usage magique que trois ou quatre ans plus tard, s'ils l'apprennent jamais...
    C'est qu'ils aient toujours des professeurs qui ont besoin d'un « outil » particulier, d'un créneau inscrit à leur emploi du temps et d'une grille d'objectifs à atteindre quasiment tel jour à telle heure, pour leur faire « pratiquer la narration et la compréhension ».

    Ce qui me couvre de honte, c'est qu'il existe toujours des classes de GS où l'on exerce séparément les compétences phonologiques, la reconnaissance des lettres en majuscules, leur écriture, toujours en majuscules, et la compréhension orale et écrite, sans jamais proposer aux enfants de les associer entre elles ni leur faire découvrir l'extraordinaire conquête que cette mise en synergie offre sur un plateau...  

    Ce qui me fait bondir, c'est qu'il y ait encore une majorité de classes de CP où l'on continue, avec le succès que l'on sait, à psalmodier des syllabes une à deux fois par semaine et à écouter lire les adultes le reste du temps... C'est aussi que, dans les autres classes de CP, ce soit la psalmodie de syllabes qui tienne le haut de l'affiche et que les enfants n'aient accès à la lecture compréhensive qu'en récompense, après, s'il reste du temps...

    Ce qui me fait hurler de rage, c'est que, dans certains CE1, on puisse encore trouver jusqu'à un quart ou un tiers de non-lecteurs à la rentrée des classes. Que dans d'autres, un petit garçon mignon m'apprenne qu'« on ne lit pas d'histoires parce que c'est pour les CP » et que le travail de lecture se résume à la lecture, hebdomadaire, d'un « tableau de son » sans aucun intérêt narratif.
    Que dans ceux où on lit, on en soit encore et toujours à quatre ou cinq petits albums par an, parce qu'on est plus préoccupé à « faire trouver une thématique » aux enfants qu'à leur assurer un accès à la lecture rapide et immédiatement compréhensive.

    Et enfin, ce qui me désespère, c'est qu'après ces cinq à six années de gâchis, on n'ait toujours pas redressé la barre, que des élèves de huit à neuf ans (CE2) « étudient » en classe Roule Galette ou Le loup qui voulait changer de couleur, comme leurs petits frères et sœurs de maternelle, sans doute parce que, parmi eux, il y a de si faibles lecteurs que l'enseignant ne peut pas prétendre à plus.
    Ce qui m'horripile c'est que les remèdes proposés pour « guérir » les élèves des troubles que les méthodes préconisées ont causés sont toujours les mêmes, que de « fluence » en « enseignement de la compréhension », mes collègues continuent à atomiser les compétences de leurs élèves, persuadés qu'ils sont par leur hiérarchie, leurs formateurs et leurs maîtres es-pédagogie-de-la-lecture; qu'il n'est pas possible de procéder autrement.

    Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé d'agir sur les forums, les réseaux sociaux, ce blog, quelques journaux, mais non, rien, aucune ouverture.
    J'ai sans doute souvent joué le mauvais cheval, j'ai très certainement été trop cassante avec certains, je n'ai sûrement pas été assez prête à courber la tête quand on me le demandait. Cela m'a valu encore récemment des exclusions, des portes fermées. Cela me vaut surtout cette invisibilité, ce peu d'audience, cette absence de retours...

    C'est tellement rageant d'avoir la certitude de détenir non pas la panacée, mais tout de même des solutions pratiques et fiables et de ne pas parvenir à les diffuser, même quand on les donne[2]...

    Si le cœur vous en dit :

    Pour vos cadeaux de Noël, n'oubliez pas :

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    CP : Mon enfant ne déchiffre pas

    Notes :

    [1] Françoise Svel, la correctrice, et Sophie Borgnet, l’illustratrice.

    [2] Je propose toujours un outil « révolutionnaire » en lecture pour la classe de CE1, ou même CE2. Je l’offre à qui le veut et je suis prête à dialoguer avec un éditeur sérieux, capable de lui donner une audience normale, pour une éventuelle édition papier.


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  • Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    L’an dernier à la même époque, le monde scolaire et parascolaire (c’est-à-dire, en vrac, les réseaux sociaux, la presse, la radio, la télévision, les librairies et même les rayons des supermarchés) s’enthousiasmait pour un « produit nouveau », totalement révolutionnaire selon leurs dires et donc indispensable à tout éducateur qui se veut innovant.

    De cet engouement découlèrent mille conséquences toutes plus extraordinaires les unes que les autres.

    La plus importante de toutes fut de faire connaître au grand public l’une des pédagogies qui permirent à nos ancêtres du tournant du XIXe siècle d’aider les familles en difficulté – et par là même, leur Patrie – à éduquer les jeunes enfants. Ce qui est dommage, c'est qu'elle éclipsa toutes les autres, dont de fort valables... Mais nous y reviendrons.

    La plus amusante, ou la plus opportuniste penserait sans doute « l’illustrissima dottoressa », ce fut de voir les marchands du Temple se précipiter dans la faille et qualifier de « Montessori » tout jouet fabriqué en Chine pourvu qu’il fut en bois et ait de belles couleurs !

    La plus époustouflante, ce fut sans contestation possible que tant de monde soit convaincu sur la foi d’une seule personne ayant mené en un seul lieu, dans des conditions matérielles très favorables et pour tout dire exceptionnelles, une expérience unique, de très courte durée, ne concernant qu’une cohorte d’une petite trentaine de sujets !

    Et la plus triste, ce fut que, de câblage électrique en étalage de guimauve sirupeuse, certains en déduisirent qu’il fallait tuer l’Éducation Nationale, cet animal préhistorique incapable, sur la foi de ce témoignage hautement scientifique, de tout chambouler en deux semaines pour se décider enfin à aider « l'être humain à révéler sa belle et lumineuse nature »...

     Toutefois et quoi qu’on en pense, cette petite opération marketing a atteint son but et, au soir de Noël, du bas en haut de l’échelle sociale, de la modeste charentaise de simples PES[1] à la Richelieu en cuir pleine peau de directeurs de think tank, ce furent plus de deux centaines de milliers de petits souliers que le Père Noël garnit de l’ouvrage né des constatations d’une toute jeune professeur des écoles à la vocation d’électricienne au cœur rempli d’amour.

    C’est bien. Tout est bien. Un peu excessif sans doute. Mais c’est bien.

    Seulement voilà. La mode, il faut que ça bouge. Beaucoup. Et vite. Vous n’allez pas pouvoir refaire le coup des Lois naturelles de l’enfant cette année. Enfin, je ne pense pas. Il va falloir vous creuser la cervelle...

    Heureusement, il existe d’autres auteurs, ayant écrit d’autres livres, à partir d’autres expériences. J’oserais même dire que certains ont attendu bien plus longtemps avant de considérer qu’ils pouvaient désormais transmettre un savoir-faire éclairé par trente-cinq années de pratique dans des dizaines de classes, les ayant amenés à côtoyer plusieurs centaines d’enfants.

    Alors, cette année, puisque c’est bientôt Noël, si vous avez dans votre entourage des PES, des PE, des journalistes, des libraires, des directeurs de supermarchés, des Inspecteurs, des Recteurs, des Directeurs de Cabinet ou des Ministres de l’Éducation Nationale, et même, pourquoi pas, des concepteurs de réseaux sociaux, offrez-leur Pour une Maternelle du XXIe Siècle, le livre qu’il faut avoir lu !

    Son auteur, votre humble servante, « fuyant les débats simplificateurs et les pétitions de principes, vous y livre, en plus d’une argumentation solide, une suite de conseils pratiques, sous forme de recommandations, d’exemples de programmation, et surtout d’une multitude de petites saynètes vivantes, auxquelles le style et les illustrations de Sophie Borgnet apportent la force de l’évidence[2] ».

    Si vous hésitez encore, pour de plus amples renseignements, vous pourrez consulter sur ce blog le sommaire de cet ouvrage ainsi que quelques extraits :  Utile ou inutile ? ; ABCD de l'égalité  ; Trop petits pour être obligés... ; Deux ans et déjà à l'école ?

    Alors, n’attendez plus, lancez la mode et commandez dès aujourd’hui Pour une Maternelle du XXIe Siècle, soit directement chez l’éditeur, soit ici même en me joignant grâce à l’onglet Contact ; je me ferai un plaisir de vous faire grâce des frais de port.

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    Et, si la Maternelle vous intéresse peu, mais que vous aimez l’École, la vraie, celle dont les enseignants continuent année après année, malgré les difficultés, celle qu'ils racontent au jour le jour, par petites touches, offrez-vous Trop classe !  et L’école du peuple, deux ouvrages écrits par Véronique Decker[3], cela vous changera du chacun pour soi de la pédagogie par câblages neuronaux et vous fera toucher du doigt le vrai quotidien, parfois désespérant mais toujours engagé, des vrais instituteurs dans de vraies écoles, bientôt 140 ans après la fondation de l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire...

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    Notes :

    [1] Professeur des Écoles Stagiaire : jeune élève-professeur en attente de titularisation.

    [2] Extrait de la quatrième de couverture. Merci à P. JACOLINO, professeur agrégé de Français et père d’enfants scolarisés en Maternelle.

    [3] Institutrice depuis plus de trente ans, directrice à Bobigny (93) d’une école élémentaire publique Freinet « où, dans les règles du service public, l’équipe enseignante pratique une pédagogie active, fondée sur la coopération ».  

    Pour vos cadeaux de Noël :

    N'oubliez pas :

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    CP : Mon enfant ne déchiffre pas


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  • Bonne conscience et amalgames

    Là, c'est la grosse colère ! J'en ai plus qu'assez d'être sans arrêt renvoyée à la droite réactionnaire, toutes les fois qu'un événement se produit dans le petit monde de l'Éducation Nationale. Marre, carrément marre !

    J'aimerais enfin savoir pourquoi permettre à un enfant de parler une langue riche et choisie, ce serait de droite, et le laisser croupir dans un gloubiboulga incompréhensible et « marqué socialement », ce serait de gauche.

    J'aimerais comprendre pourquoi donner à copier à l'élève de 5 à 7 ans des textes qu'il ne peut déchiffrer seul, ce serait de gauche alors que lui apprendre patiemment à déjouer un à un les pièges qui permettent de savoir que ce sont « les poules du monastère » qui sont en train de couver[1], ce serait de droite.

    J'aimerais savoir pourquoi le but à atteindre si on est de gauche bon teint, c'est de retarder une population scolaire d'une année au moins, de considérer qu'il est normal d'avoir 10 non-lecteurs à la rentrée dans sa classe de CE1 et de conspuer ceux qui disent que, dans leurs classes, même les petits enfants défavorisés lisent en comprenant des textes adaptés à leur niveau, .

    J'aimerais savoir en quoi être capable d'écrire à 6 ans, avec l'aide d'un adulte patient, que la situation de partage de 20 billes entre 4 enfants s'écrit « 20 : 4 = 5 », c'est de droite, alors que celle qui consiste à apprendre par cœur la liste des doubles et des moitiés, c'est de gauche.

    J'aimerais savoir pourquoi amener un élève à reconnaître et savoir nommer un COD, un COI et un Complément d'Attribution, c'est de droite, extrême pour le troisième, alors que le laisser dans un brouillard, même aristotélicien, c'est de gauche, archi gauche.

    J'aimerais savoir pourquoi dicter « prends de la peinture rouge et dessine une maison » pendant le cours d'arts plastiques, c'est de gauche, alors qu'aider un élève à s'en sortir honorablement dans le maquis des accords grammaticaux, des temps verbaux et des régularités lexicales, c'est une marque infamante de droititude exacerbée.

    J'aimerais savoir pourquoi connaître toutes les personnes du passé simple, c'est de droite, et pourquoi il convient de priver les élèves de la joie d'écrire «vous pûtes» en gloussant comme des gosses de 10 ans heureux de jouer un bon tour aux adultes, si on ne veut pas être taxé de crypto-réactionnaire.

    Pourtant, leur grand maître, homme de gauche s'il en est, Célestin Freinet, apprenait à écrire et à lire à ses élèves de GS en s'appuyant sur les caractères de plomb de sa petite imprimerie scolaire et aurait sans doute trouvé inadmissible que son travail n'aboutisse pas rapidement à l'autonomie réelle de ses jeunes apprenants.

    Bonne conscience et amalgames

    Pourtant, les écrits que lui et ses camarades (au sens politique du terme) publiaient dans La Gerbe ou dans la Bibliothèque de Travail montraient que leurs élèves maîtrisaient l'orthographe, y compris grammaticale, et n'hésitaient pas à écrire au passé simple.

    Pourtant, dans sa grammaire en quatre pages, destinée à fixer chez les élèves les règles vues et revues grâce à l'écriture quotidienne de textes fouillés, bourrés de phrases complexes à l'analyse logique impeccable, l'infâme crypto-je-ne-sais-quoi n'hésitait pas à appeler les chats (et les mots) par leurs noms, que je sache.

    Pourtant, dans les classes Freinet, les petits réfugiés venus d'ailleurs, après avoir subi la guerre, les passeurs, le froid des montagnes et l'angoisse de l'inconnu, écrivaient le français sans faute et s'en enorgueillissaient (enorgueillir, 2e groupe, na !...). Et pour se raconter, ils employaient même le passé simple, à la 1re personne du pluriel, eux !

    Alors, flûte de zut de merde de b... de d...,

    • j'ai toujours appris à tous mes élèves, quelles que soient leurs origines, à parler un français choisi, dès la Petite Section (2 à 4 ans),
    • je leur ai toujours appris à écrire en écriture liée en respectant les normes en vigueur,
    • je leur ai enseigné la lecture et leur ai permis d'être capable de lire, et vraiment lire, « La Chèvre de Monsieur Seguin » en fin de CP,
    • dès que j'en ai eu le courage, après la quatrième ou cinquième réforme « de gauche » qui diminuait encore les contenus j'ai remis au goût du jour dans mes classes l'apprentissage des mathématiques et du français tel qu'il se faisait à l'époque où les enfants sortaient de l'école primaire en maîtrisant les quatre opérations et la lecture[2],
    • j'ai toujours emmené mes élèves, tous, le plus loin possible sur le chemin de l'autonomie lexicale, orthographique, grammaticale et mathématique sans jamais négliger ni les arts, ni le sport, ni les connaissances encyclopédiques (sciences, histoire, géographie, éducation civique), ni le débat,
    • je n'ai jamais laissé sur le bord de la route 10 élèves non-lecteurs à la fin de l'année de CP,
    • mes élèves, tous, même ceux issus de milieux moins favorisés ou arrivés en France depuis peu, sont toujours entrés en 6e en maîtrisant les quatre opérations, en connaissant les formules de calcul de périmètre, d'aire et de volume, en sachant conjuguer à tous les modes et presque tous les temps, les verbes des 1er et 2e groupes ainsi qu'un certain nombre de ceux du 3e groupe, en se repérant à peu près dans l'espace, le temps, le vivant et la matière. 

    Et pourtant, ...

    je suis de gauche,

    bordel !

    Notes :

    [1] Allusion à la célèbre phrase « Les poules du couvent couvent » qui serait paraît-il indéchiffrable par un pauvre bambin soumis par des fascistes notoires à l’apprentissage alphabétique de la langue (méthode dite « syllabique » par les mal-comprenants).

    [2] Et ne me dites pas que c’est faux, j’en ai connu trop autour de moi pour que ce ne soit qu’un concours de circonstances : de ma grand-mère qui a quitté l’école à douze ans et qui se régalait à lire Zola, à mon compagnon qui calcule de tête des proportions compliquées pour réussir des alliages, des mélanges et ne commander que ce qui lui sera nécessaire de ferraille, de sable, de chaux, de ciment ou d’engrais bio pour ses 10 ha 24 a et 2 ca de terre labourable, en passant par le voisin de 85 ans qui lisait son Dauphiné Libéré tous les jours et son Nouvel Observateur chaque semaine, sans compter les romans et les articles scientifiques du Vigneron, je les compte par centaines, ces vieux de la vieille école qui en avaient tiré profit et qui n'avaient pas été laissés pour solde de tout compte par une école qui ne se serait intéressée qu'à l'élite.


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  • Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Avant de commencer d'analyser de près le contenu des les évaluations d'entrée au CP, dans le domaine des mathématiques, je tiens à présenter mes excuses aux collègues exerçant actuellement en maternelle.

    En effet, entraînée par l'élan et ayant souvent à « ferrailler » sur les réseaux sociaux au sujet du travail en ateliers tournants, j'ai été relativement brutale et ai eu le tort de généraliser cette pratique à tous les collègues qui sont affectés dans une classe maternelle. C'est d'autant plus stupide et mesquin que je me bats à longueur de temps contre la création d'un corps des « enseignants de maternelle », et milite avec ardeur pour que continue le métier de « professeur des écoles », dont les compétences s'étendent de la TPS au CM2.
    J'espère que ce mea culpa suffira et que les collègues qui m'ont signalé leur désapprobation ne m'en tiendront pas rigueur plus longtemps.

    Sur ce, après l'analyse des évaluations de français et toujours nantie de plus de 35 ans d'expérience au CP, ayant vécu en classe les épisodes :

    • des maths modernes,
    • du Ermel 1re mouture, qui attendait le deuxième trimestre pour introduire les nombres au CP et n'étudiait que l'addition,
    • de la 2e mouture de la même méthode qui passait du rien du tout du premier à la lecture des nombres de 0 à 20 dès les premiers jours du CP, n'étudiant d'abord que l'addition, puis l'addition et la soustraction,
    • des vertus de la file numérique chantonnée en tapotant pour résoudre tant les problèmes de lecture et d'écriture que ceux de calculs additifs et soustractifs,  
    • de la réintroduction du matériel permettant de structurer la connaissance du nombre en l'appuyant sur la numération décimale, plutôt que sur un « répertoire interminable de type alphabet »
    • d'une tentative d'introduction des quatre opérations dès le CP à peine ressentie par la plupart des collègues, pendant l'épisode des programmes 2008

    et ayant moi-même écrit une méthode de mathématiques, illustrée par S. Borgnet, pour la Grande Section et ayant participé de très près à la rédaction de fichiers et manuels de mathématiques pour les 5 classes de l'élémentaire, je vous propose de passer à l'évaluation des évaluations de mathématiques.

    Par ailleurs, depuis hier, la situation a évolué : nous connaissons les dates de passation de ces épreuves : trois sessions de 30 minutes (20 minutes pour le français, 10 pour les mathématiques), à compter du 18 septembre, soit après deux semaines de classe, ce qui fait 48 heures de travail scolaire, et exactement 10 h de mathématiques, pas une de plus.

    En consultant quelques « fichiers de l'élève » en feuilletage gratuit sur internet, on se rendra compte que le domaine numérique abordé, dans les 10 premières fiches, va d'un champ numérique allant 1 à 4 pour les fichiers dont la démarche est spiralaire (agrandissement du champ numérique en appui de l'apprentissage du calcul, des mesures et de la géométrie) à un champ numérique allant jusqu'à 10 pour ceux qui préfèrent traiter d'abord la désignation du mot-nombre par un symbole mathématique (le chiffre ou la suite de deux chiffres) avant d'aborder le calcul et la mesure au cours d'autres modules.
    La plupart n'ont pour le moment proposé aux élèves que de compter, désigner et, parfois, comparer des quantités. Très peu ont déjà présenté le calcul, qu'il soit mental et oral, ou écrit. Ceux qui l'ont fait n'abordent qu'un champ numérique restreint (de 0 à 6 ou moins).

    Nota bene : Cette analyse est allée jusqu'à la dixième page des fichiers, ce qui sous-entend que, dès le premier jour, les élèves ont eu l'occasion d'avoir une séance de mathématiques complète allant de la découverte et des manipulations collectives à la trace écrite sur fichier, ce qui, avouons-le, est quand même très rare.

    Comparons ces acquis consolidés et confortés après huit semaines de vacances scolaires et une année de Grande Section, pendant laquelle les activités ont surtout porté sur la désignation à l'aide d'une file numérique affichée en classe, il n'y a qu'à consulter les fiches proposées dans les classes sur internet, même si, de plus en plus, des activités de calcul, essentiellement orales et avec matériel, sont désormais proposées aux élèves, par la grâce des programmes 2015.

    ♥ ♥ ♥ ♥

    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    De la désignation. Qui désavantage grandement les enfants qui ont des méthodes spiralaires car ils n'ont pour le moment revu que les chiffres de 1 à 4.
    Dans certaines de ces méthodes, et pas forcément les plus mauvaises, le nombre 10 ne sera abordé qu'au mois de janvier, après avoir vu les 9 premiers nombres sous tous leurs angles, toutes leurs utilisations (désignation de quantités, de mesures, d'ordre) et toutes leurs décompositions (additives, soustractives, produits et même partages).

    Petit bonus : Les nombres 4, 7 et 9 ne correspondent pas à ce qu'on attend en écriture de l'enfant d'école élémentaire.

    À remplacer dans la Méthode À Mimile par :

    - rien... la vérification quotidienne en classe, selon les exercices qui y sont programmés, en fonction de la méthode employée, suffit généralement à garantir la connaissance des 69 premiers nombres avant la fin du CP. Les 30 suivants sont souvent « en cours d'acquisition » à ce moment-là mais les enseignants de CE1 (et même CE2) le savent et ils «passent la deuxième couche » de toute façon.

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Exercice de comparaison, le livre du maître ne précise pas la méthode à employer (comptage, correspondance terme à terme).

    La plupart des fichiers n'ayant pas encore abordé la comparaison, cet exercice, fait sur des collections déjà importantes, risque de dérouter des élèves peu habitués à cet exercice par leur année de maternelle.

    Nos IEN et formateurs nous disaient à mes débuts que les connaissances abordées à la rentrée des classes devaient être celles qui avaient été traitées dans la première moitié de l'année précédente. Que la fin de la première période, pouvait embrayer, très modestement, sur les connaissances vues pour la première fois au cours du troisième trimestre de l'année passée et que les nouveaux apprentissages, dont on savait qu'ils auraient à être repris à l'identique l'année d'après, ne seraient abordés qu'à partir de la fin décembre ou du début janvier.
    Avec ces exercices, nous sommes tout à fait dans le cadre des apprentissages à renforcer car abordés au mieux à partir du mois de janvier de l'année précédente ou même plus vu l'ambition du champ numérique concerné.

    À remplacer dans la Méthode À Mimile par :

    - rien... Continuer, pendant les moments consacrés aux mathématiques comme pendant les autres (EPS, distribution de matériel, mise en rang ou en groupes, etc.) à amener les élèves à s'exercer à comparer des quantités, réaliser des correspondances terme à terme ou paquet à paquet, utiliser le comptage pour ranger par ordre croissant ou décroissant, ...
    Nous sommes dans le cœur de l'apprentissage numérique, ce n'est pas le moment de descendre de vélo pour se regarder pédaler mais bien celui d'avancer sur le chemin de la conceptualisation pas à pas, sans se sentir observé, comparé, trié, classé...

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Comparaison à nouveau, même réflexion que tout à l'heure. La situation est moins déroutante car elle est plus concrète. Cet exercice aurait dû se trouver avant le précédent. C'est plus une situation d'apprentissage, réactivant les connaissances engrangées en Grande Section, qu'un acquis sûr qu'il convient d'évaluer avant d'aller plus loin.

    Mimile suggère de traiter cette situation :

    - en EPS, avec de vrais enfants et de vrais ballons, puis en classe, en grand groupe, en situation de recherche. On pourra ensuite, si on le souhaite, conforter les apprentissages en autonomie, dans un champ ne dépassant pas 5 pour le moment.

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Champ numérique important qui défavorise les enfants ayant une méthode de mathématiques spiralaire.
    Sinon, c'est un bon exercice, progressif, allant de l'oral à l'écrit normé. Toujours le problème de la graphie du 4. Il existe des polices d'écriture qui proposent les chiffres comme on les écrit à l'école et non comme le proposaient les machines à écrire.

    À remplacer dans la Méthode À Mimile par :

    - des exercices réguliers, portant sur le champ numérique étudié en classe. Mais c'est inutile, c'est ce que font la plupart de fichiers et autres méthodes...

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Seuls les élèves ayant une méthode « chambres à part » qui traite d'abord de la désignation auront revu l'écriture des chiffres. Sans doute ceux qui ont une file numérique affichée en classe peuvent-ils l'utiliser mais est-ce souhaitable ? Tous les chercheurs en didactique des mathématiques ne sont pas d'accord avec cette assimilation de la suite des nombres à un « répertoire interminable de type alphabet géant »...

    À remplacer dans la Méthode À Mimile par :

    - des exercices réguliers, portant sur le champ numérique étudié en classe. Mais c'est inutile, c'est ce que font la plupart de fichiers et autres méthodes...

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Excellent exercice de repérage spatial, lexique mathématique (les ordinaux) et écoute de consignes. Peut-être un petit problème avec les élèves dyschromatiques, mais les collègues ont l'habitude, ils géreront.

    Mimile qui est un sportif :

    - met régulièrement des exercices du même type au programme de l'échauffement ou du retour au calme de sa séance quotidienne d'Éducation Physique et Sportive.

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Excellent exercice. Les algorithmes récursifs de ce type préparent à l'acquisition de l'algorithme que constitue l'écriture des nombres à l'aide de dix symboles simples.
    Un petit bémol : Je vous fiche mon billet que la plupart des enfants de 6 ans vont galérer à essayer de reproduire ces fichues lunes ! C'est comme l'autre qui préférait les cœurs aux carreaux initialement prévus, ça... Pas très réaliste des capacités graphiques d'un enfant de 5 ans 9 mois à 6 ans 8 mois.

    Mimile suggère de traiter cette situation :

    - très régulièrement pendant l'année scolaire, en s'appuyant sur les connaissances numériques et les acquis géométriques et graphiques des enfants. Certains fichiers le font, ils sont très peu connus, peu distribués et c'est dommage. Très dommage.

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Cet exercice est de loin le plus difficile de tout ce fichier d'évaluation. Les quantités sont très importantes, le calcul proposé est mental, sans support matériel autre que les doigts, si l'élève a été habitué à s'en servir. Le guide du maître ne donne aucune indication à ce sujet.
    Selon les classes, les enfants vont avoir recours ou non à des objets (bûchettes, jetons, billes du boulier, etc.) alors que dans d'autres, les enseignants ne les proposeront pas ou même les interdiront.
    La présence d'une file numérique en-dessous va favoriser les élèves dont la méthode utilisée en classe a appris plus ou moins mécaniquement à se servir de cet outil pour « avancer sur la ligne quand on ajoute » et « reculer sur la ligne quand on soustrait ».

    C'est l'exercice qui va faire pleurer tous les gentils enfants et ricaner ceux qui savent depuis longtemps que l'école n'est pas là pour les encourager...

    Exercice à bannir !

    À remplacer dans la Méthode À Mimile par :

    - rien... Continuer, pendant les moments consacrés aux mathématiques comme pendant les autres (EPS, distribution de matériel, mise en rang ou en groupes, etc.) à amener les élèves à s'exercer à calculer « combien il y en aura quand... » on en aura ajouté tant ou enlevé tant à la quantité de départ... Nous sommes « en cours d'apprentissage », personne ne descend de vélo pour se regarder pédaler.

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    Évaluations CP, quelle utilité ? (2)

    Excellent exercice de résolution de problèmes additifs et soustractifs. Le caractère concret du matériel à utiliser rend l'exercice bien plus simple que le précédent.
    Nous sommes néanmoins au cœur du programme d'apprentissage de CP, est-ce judicieux de l'évaluer actuellement ?

    Ne serions-nous pas, comme depuis le début de cette évaluation des connaissances mathématiques des élèves n'ayant que 48 heures de CP derrière eux d'ailleurs, et contrairement à ce qui se passe avec l'évaluation d'écriture et lecture, dans une évaluation masquée des écoles maternelles, de manière à pouvoir trier celles où la réforme de 2015 est connue et appliquée de celles où l'on en est encore à l'application des programmes de 2002 où, dans le domaine des nombres, seule la désignation des nombres de 0 à 30 était exigée ? C'est une question que nous sommes en droit de nous poser...

    Mimile suggère de traiter cette situation :

    - très régulièrement pendant la première période, en s'appuyant sur les connaissances numériques des enfants en « vrai » avec de vrais enfants ou de vrais objets, pendant l'horaire de mathématiques et au-delà, pendant les moments d'Éducation Physique et Sportive, de Questionner le Monde, d'Arts (la musique et les mathématiques font très bon ménage) et même de français, quand on écoute un conte ou un poème, par exemple...

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    Voilà. Le travail est fini. À vous de voir, dans vos classes, avec vos syndicats, ou dans vos bureaux, Mesdames et Messieurs les décideurs, ce qu'il convient de faire de ces évaluations en fonction de leur utilité.

    J'espère cette fois-ci n'avoir heurté personne, à part peut-être ceux de mes collègues (mais sont-ce des collègues ayant exercé récemment et pendant suffisamment de temps dans des classes de CP...) qui ont participé à la rédaction de ces exercices censés évaluer les enfants de 6 ans à leur entrée à l'école élémentaire. Je leur présente mes excuses les plus sincères si c'est le cas mais qu'ils sachent néanmoins que je ne changerai pas d'avis au sujet de la pertinence des exercices et du caractère prédictif des résultats qu'obtiendront les enfants.

    Dans la même série :

    Évaluations CP, quelle utilité ? (1)

     


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