• CP : Ateliers Mathématiques (5)

    Période 4, 1re partie :

    Pour les nouveaux qui arrivent en cours de route, je me permets de les informer qu'ils trouveront les tenants et les aboutissants de la méthode dans les articles précédents (voir liens en fin de page).

    Pour les autres, nous continuons. Voici les trois premières semaines de la cinquième période (Mai - Juin). L'enrichissement du répertoire mental additif et multiplicatif des élèves continue puisque ces trois semaines seront consacrées à l'acquisition et la décomposition des nombres, dizaine par dizaine, des nombres de 30 à 69, puis de 70 à 79, commençant ainsi à formaliser tout ce qui a déjà été introduit intuitivement, par le jeu, le langage et les activités motrices, autour des irrégularités de langage de la première centaine. 

    Les élèves sachant désormais lire et ayant peu ou prou étudié toutes les graphies nécessaires, un entraînement quotidien à l'écriture littérale des noms de nombres est mis en place. Vous savez sans doute tous ce que je pense du « par cœur » laissé à la charge des familles, vous ne vous étonnerez donc pas que ces « mots-nombres » soient vus et revus en classe, de manière à ce que leur orthographe se fixe dans la mémoire de chacun, par habitude de les fréquenter.

    L'automatisation du système de numération décimale continue grâce aux bouliers, à la monnaie, aux bûchettes et autres petits objets, elle est désormais complétée par le calcul mental visant à regrouper la dizaine d'un côté, les unités d'un autre.

    Ceci débouche sur les techniques opératoires, dès le Module 25 : additions puis soustractions sans retenue dans un premier temps, puis introduction de l'addition et de la multiplication posées avec retenues, rendues simples grâce au jeu du « Dix caché » et aux nombreuses manipulations menées en amont autour des décompositions du nombre 10.

    Les problèmes sont toujours aussi présents, en image ou, de plus en plus, grâce à un simple texte accessible désormais à des élèves qui sont tous au moins lecteurs lents à cette période de l'année scolaire.

    Quant aux mesures et à la monnaie, elles sont toujours la base de l'acquisition du calcul et de la numération, elles restent donc présentes, tout au long des semaines.

    1) Les activités physiques et sportives

    Elles perdent peu à peu leur caractère obligatoire ; elles peuvent néanmoins subsister, en salle, dans la cour ou dans la classe. En cette dernière période, elles sont moins motrices et plus portées sur la réflexion. Certaines peuvent être adaptées au travail sur table ou en regroupement autour du tableau.

    Du plus petit au plus grand - Marelles - Le pendu - Commandes de doigts et Jeu du Dix caché - Rythmes chantés  

    2) Les activités sensorielles individuelles ou de petit groupe:

    Les déménageurs - Banquier - Les marelles - Scrabble - Problèmes en images - Entraînement au calcul sous forme de Jeux de la machine (à comparer, à additionner, à soustraire, à multiplier, à partager) et sous forme de tables à remplir - Les démonteurs de figures - Les comparateurs

    3) Le langage :

    Description précise des séances quotidiennes de langage autour des mathématiques, en groupe-classe, pour aller plus loin et toucher tout le monde.

    4) Les traces écrites quotidiennes

    À reproduire ou projeter au tableau pour que les élèves les recopient sur leur cahier de mathématiques.
    Quelques rares traces écrites nécessitent une fiche (un quart de feuille A4) par enfant.

    En vue de ne pas vous retrouver débordés,
    pensez d'ores et déjà
    à collecter pour votre classe :

    • des dés traditionnels - des dés à 10 faces (remplaçables par des cartes-nombres, fournies dans le matériel pour l'enseignant
    • de la  monnaie factice,
    • des récipients de 1 à 10 dL ; semoule fine/sable/eau...
    • du petit matériel (bûchettes, jetons, boutons, haricots, crayons, piques à brochettes en bois, pâte à modeler...)
    • des bouliers ou 10 bandelettes de 10 boules (fournies dans le matériel de l'enseignant), et 1 cache en carton par élève.

    Le matériel

    Les modules pour l'enseignant :

    Module 25 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M25.pdf »

    Module 26 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M26.pdf »

    Module 27 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M27.pdf »

    Les fiches récapitulatives pour les traces écrites :

    Module 25 :

    Télécharger « Module 25.pdf »

    Module 26 :

    Télécharger « Module 26.pdf »

    Module 27 :

    Télécharger « Module 27.pdf »

    Dans la même série :

    CP : Ateliers mathématiques - 1   CP : Ateliers mathématiques - 1bis ; CP : Ateliers Mathématiques - 2CP : Ateliers Mathématiques (2bis)CP : Ateliers Mathématiques (3)  ;  CP : Ateliers Mathématiques (3 bis)  CP : Ateliers Mathématiques (4)  ; CP : Ateliers Mathématiques (4bis)  ; ... ;

    Nota Bene : Pour ceux qui continuent à préférer une progression plus classique, avec un fichier d’exercices quotidiens, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent Compter, Calculer au CP, de P. Dupré, illustré par S. Borgnet, chez GRIP Éditions. J'en avais écrit un Guide Pédagogique qui n'a finalement pas été retenu par l'éditeur. Je peux envoyer ce guide par mail à toute personne qui m'en fera la demande par Contact.


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  • CP : Écriture-lecture, début janvier (2)

    Merci à Xavier Laroche, pour son illustration

    LUNDI APRÈS-MIDI

    13 h 20 - 13 h 30 / 13 h 30  - 13 h 40 : Accueil et Temps incompressible

    13 h 40 - 14 h 25 : Écriture-lecture 

    Relations aux programmes : Lire : Identifier des mots de manière de plus en plus aisée Écriture : Transcrire des mots avec les correspondances entre diverses écritures des lettres (scripte cursive) / Vérifier la conformité de la copie par comparaison avec le modèle / Acquérir quelques connaissances sur la langue : mémoire orthographique des mots / Connaître les correspondances graphophonologiques / Connaître la valeur sonore de certaines lettres (s) selon le contexte.

    Après avoir posé sur leur table leur cahier du jour ouvert à la bonne page et, par-dessus, leur livre de lecture, les enfants commencent par un moment de langage oral, exclusivement ciblé sur le contenu de la page 2 : le texte, les illustrations, la graphie du jour.

    Xénophon : C'est l'histoire d'un pirate qui s'appelle Rusé-Renard.

    Zéphyr : Il habite sur une île. C'est l'île de Rose. Mais pas Rose qu'on a dans la classe. Une autre Rose.

    Albert : Non, c'est la rose. La rose rouge. Une fleur, quoi.

    Zéphyr : Aaaaah ! Moi, je croyais que c'était une fille ou une dame qui s'appelait Rose ! Pfffff !

    Bilal : En fait, c'est pas son histoire. Enfin si. Mais pas vraiment. Paske, au début, ça nous parle de Malo.

    Coline : Oui, c'est une histoire que Malo nous lit.

    Dounia : De son préféré livre. Paske Malo, il aime que les histoires de pirates...

    Eddy : Et de trésors ! Des trésors avec des sous en or et des pierres précieuses qui coûtent très chères.

    Fatou : Dans Rose et dans trésor, on entend la lettre S qui fait [z].

    Gabrielle : C'est quand elle est entourée par des voyelles. Une voyelle avant et une voyelle après. Là, elle ne se prononce plus [s] mais [z].

    Hicham : Le trésor du pirate, il est bien planqué ! Personne y sait où il est. Que lui !

    Ilan : Le pirate, y fait peur sur le dessin. Il a l'air super méchant. Il a une épée en or et une grande barbe. Et des bottes. Et un chapeau. Et un truc rouge autour de sa tête.

    Joris : Ouais, un foulard. C'est comme dans Pirates des Caraïbes ! Ça fait peur ! Les pirates, y z'égorgent tout le monde, comme ça. Y mettent leur couteau entre les dents, y sautent sur les bateaux des autres, y font des gros yeux méchants et ziak ! ziak ! ziak ! Y leur passent leur poignard sur le cou en les tenant comme ça et y les égorgent, ça s'appelle. Y'a du sang partout, c'est dégueu... dég... dégoûtant. Voilà : c'est dégoûtant !

    Katia : On va pas lire ça, quand même, maîtresse ?Paske moi, ma mère, elle veut pas que je lise ça, hein...

    Enseignant : Qu'en pensez-vous ? Allons-nous lire les horreurs que nous raconte Joris ?

    Loan : Bah non. C'est un livre de CP, pas un film pour adultes. Moi, j'ai pas le droit de regarder des films violents ; mes parents, ils veulent pas.

    Maya : Moi non plus, j'ai pas le droit. Ni chez papa, ni chez maman. Que des dessins animés pour enfants chez papa et, chez maman, j'ai pas la télé...

    Joris : T'as pas la télé ? T'as pas de tablette, non plus ! Mais qu'est-ce que tu fais, alors ?

    Enseignant : Maya et Joris, vous continuerez cette conversation passionnante à la récréation. Pour le moment, nous revenons à la page de lecture. Nino ?

    Nino : Bah, je crois qu'on a presque tout dit, déjà. Sauf le trésor... Il y a des diamants, des é... d'argent, j'ai oublié le nom de ces pièces-là... Et puis... de l'or, des pierres précieuses rouges et d'autres jaunes mais pas des vertes.

    Enseignant : Très bien. Olympe ? Et puis après, nous lisons parce que là, nous pourrions continuer tout l'après-midi mais le temps nous est compté, vous le savez bien.

    Olympe : Les sous, c'est des écus. Les pierres rouges, des rubis, et les jaunes, des... topazes. C'est écrit là, en bas.

    Enseignant : Voilà. C'est parfait, Olympe. D'où l'importance d'apprendre à lire... Quand vous saurez bien lire, vos yeux iront tout seuls chercher les renseignements dans le texte... Vous ne pourrez même plus faire autrement. Alors, reprenons où nous en étions ce matin. Je l'ai noté pour ne pas oublier. Le premier lecteur sera Ulysse qui nous lira le titre et le premier paragraphe, puis Vanina nous lira le deuxième, Willy, le troisième, Xénophon, le quatrième et Albert, le cinquième. Les autres liront dans leur chuchoteur en essayant d'aller aussi vite que leurs camarades qui lisent à voix haute. Ensuite, nous ferons la dictée et l'exercice sur le cahier du jour.

    Peyo : Et après... le nouveau cahier d'exercices que la maîtresse va nous distribuer !

    Enseignant : Eh non... Je vous expliquerai tout à l'heure. Nous écoutons Ulysse qui va essayer de lire comme un papa ou un maître qui lit une histoire à des enfants.

    Ulysse : Le trésor... du pirate.... Le trésor du pirate... Malo adore... les livres qui parlent... de pirates et de... trésor... Malo adore les livres... qui parlent de pirates et de trésor.

    Vanina : À... la... b... i... bi... b...l... bl... bibl...i... bibliothèque ?... 

    Enseignant : Oui, c'est ça. Bravo Vanina. Continue. 

    Vanina : il... a.... p... non... t... r... tr... o... tro... u...

    Enseignant : O.U., quel son ?

    Vanina : ou ?... t... r... tr...o... non ou... t...rou... trou... trouvé ?...

    Enseignant : Oui. Ça avance, tu vas y arriver. Allez, je t'aide maintenant. Nous recommençons depuis le début : À... la... bi-bli-o-thè-que... il... a... trou-vé...

    Vanina (et l'enseignant) : un... li...vre... qu...il... lit... et... re... lit... tous... les... jou-rs...

    Enseignant : Très bien, Vanina ! Prenez votre micro, les autres, nous relisons tous la phrase avec Vanina : À la bibliothèque... il a trouvé... un livre... qu'il lit et relit... tous les jours. Tu continues, Willy ?

    Willy : Sur... l'î-le... de... la... Rose... Rou-ge... vit... le... p-lus... g-ra... non... g-rand... et... le... p-lus... mé-cha...chant... pi-rate... de... tous... les... te..temps... de tous les temps... Sur l'île... de la... Rose-Rouge... vit le... p-lus... plus gr... plus grand... et le p... plus... mé-chant pirate... de... tous... les temps ! Ouf !

    Enseignant : Bravo Willy ! Ce sont vraiment des progrès phénoménaux que tu nous montres là ! Tu vois, Vanina, toi aussi, bientôt, tu liras comme Willy !... Xénophon et Zéphyr, nous vous écoutons pour la fin... Ilan, ton chuchoteur et au travail. N'oublie pas que j'écoute tout... Je veux t'entendre. Allons-y !

    Xénophon : Son nom est Rusé-Renard ! Tout le monde s'écarte quand il passe !

    Zéphyr : Pour-tant... tout le monde... a en-vie de... sa-v... savoir où... Rusé-Renard a... ca-ché... son trésor ! Un trésor... é-norme... de l'or... des bi-joux... des é-cus d'ar... d'argent... des di-amants... des rubis... des to-pa-zes... topazes... Pourtant... tout le monde a envie... de sav... savoir où Rusé-Renard a caché son trésor ! Un trésor... énorme : de l'or, des bi...joux, des é...cus d'argent, des... di...diamants, des rubis, des to... topa... topazes...

    Enseignant : Très bien, fermez et rangez votre livre mais gardez  votre cahier du jour. Nous commencerons par la dictée.
    Aujourd'hui, ce sont des mots dans lesquels
    nous écrirons la lettre S quand nous prononcerons le son [z].
    Pour vous entraîner, nous allons d'abord relire les morceaux de mots que nous avons lus ce matin et nous les épellerons. Prenez votre micro. Prêts ? Allons-y ! 

    Toute la classe lit et épelle les logatomes qui sont restés affichés au tableau depuis le matin, puis chaque enfant prend son crayon à papier et s'apprête à écrire les mots dictés (la tisane ; une usine ; une église ; un vase ; le renard rusé ;
    une chemise grise ; des provisions ; une case ; le visage
    ).

    Pour chaque mot, l'enseignant fait rappeler par un élève différent comment il va écrire le son [z], puis il le dicte lentement, syllabe après syllabe : « la... plus loin... ti...sa...ne... la tisane... »

    Lorsque le mot comporte une difficulté lexicale (renard - visage) ou grammaticale (des provisions), il demande aux élèves s'ils connaissent la difficulté, les aide à exposer la règle (renard parce que renarde et renardeau ; visage parce que tous les mots qui se terminent par le son [ʒǝ] se terminent par -ge ; comme il y a plusieurs provisions, il faut terminer le nom par la marque du pluriel des noms s).

    Après chaque mot, un enfant différent l'épelle et l'enseignant écrit le mot correctement orthographié au tableau. Les élèves qui ont fait une erreur barre entièrement ce mot d'un trait horizontal tracé à la règle et recopie le mot juste au-dessous, en rouge, « pour que ça se voie bien et que leurs yeux puissent apprendre à leur cerveau l'écriture correcte de ce mot ».

    Une fois ce travail fini, le maître montre (ou projette au tableau) la page 3 qu'il commente.

    Enseignant : Désormais, vous n'aurez plus de cahier d'exercices photocopié car vous écrivez vite et bien. Tous les jours, avant ou après la dictée, vous ferez un ou deux des exercices qui se trouvent ici, après la lecture du jour et une dictée que nous lirons ensemble.
    Regardez : Exercices... C'est écrit là... En-dessous, vous voyez,
    en caractères gras, trois numéros et trois consignes. Ici, le numéro 1, là, le numéro 2 et là, le numéro 3.
    Aujourd'hui, nous allons faire le n° 2, c'est pourquoi j'ai écrit cela, en abrégé, c'est-à-dire avec des lettres, des chiffres et des signes qui permettent d'écrire plus vite. Je vous déchiffre ça : N et le petit rond, cela signifie numéro, nous allons donc faire l'exercice numéro 2, P signifie page, donc, c'est le numéro 2 de la page 3.

    Je vous ai écrit la consigne en rouge pour que nous la lisions tous ensemble, mais que vous compreniez qu'il en faut pas la recopier. Albert va nous la lire.

    Albert : Je ré-ta-blis... l'or-dre... de la... phrase... Je rétablis l'ordre de la phrase.

    Bilal : Il faut lire les étiquettes et chercher l'histoire que ça raconte.

    Coline : La phrase, elle commence par Rusé-Renard, parce que c'est le seul mot qui a une majuscule.

    Dounia : Et elle finit par... tré... sor, trésor parce que c'est le seul mot qui a un point après.

    Eddy : Après c'est fastoche... Y reste son et puis a caché.... Alors, c'est... chuuuut ! je le dis pas !

    Enseignant : Voilà, tu ne le dis pas. Tu as tout dit ou presque mais tu ne le dis pas... Vous commencez tous par Rusé-Renard et vous finirez par trésor après avoir placé son et a caché de manière à ce que votre phrase commence par une majuscule, finisse par un point et raconte une histoire que nous comprenons. Je vais aider ceux qui ont besoin de moi. Vous pourrez illustrer cette phrase après avoir tracé votre cadre à la règle comme nous l'avons appris.

    Les élèves terminent l'exercice chacun à son rythme puis illustrent la scène. Lorsqu'ils ont fini, ils apportent leur cahier à l'enseignant qui se tient près d'Ilan, Vanina et Willy qui, malgré sa nouvelle autonomie, a encore besoin d'aide pendant les exercices écrits.
    Ils vont ensuite s'installer aux coins-jeux (jeux de construction, modèles réduits de personnages, véhicules, objets divers...) ou prennent le matériel nécessaire à une activité ludique (feuilletage de livres, papier à dessin et feutres, colle, ciseaux et papiers de couleur, puzzles, pâte à modeler, jeux de société ou de mathématiques, ...) qu'ils pratiqueront à leur place, seuls ou avec un voisin de table.

    14 h 25 - 15 h 00 : Questionner le monde

    Relation aux programmes : Pratiquer, avec l’aide des professeurs, quelques moments d’une démarche d’investigation : questionnement, observation, expérience, description, raisonnement, conclusion / Quelques propriétés des solides / Observer et utiliser des outils et des objets techniques et identifier leur fonction / Identifier des activités de la vie quotidienne faisant appel à des outils et objets techniques / Interdisciplinarité : caractéristiques du développement de certains végétaux (Vivant)

    15 h 00 - 15 h 15 : Poésie

    Relation aux programmes : Écouter pour comprendre des textes lus par un adulte / Conserver une attention soutenue lors de situations d’écoute / Mémoriser des textes

    • L'enseignant annonce qu'il va interroger les élèves qui n'avaient pas encore récité la poésie apprise avant les vacances de Noël et que, pendant ce temps, leurs camarades pourront les écouter ou sortir leur cahier de rédaction dans lequel ils dessineront ce qu'ils raconteront par écrit après la récréation.
    • Pendant le quart d'heure suivant, les élèves à interroger se succèdent devant le tableau. Certains élèves les écoutent en les regardant, d'autres en dessinant.

    15 h 15 - 15 h 30 : Récréation

    15 h 30 - 15 h 45 : Temps incompressible

    15 h 45 - 16 h 20 : Production d'écrit

    Les élèves sont conviés à ouvrir leur cahier de brouillon et à écrire ce qu'ils veulent pour raconter une histoire qui leur est arrivée, une histoire qu'ils ont inventée ou une histoire qu'ils ont lue ou qu'on leur a lue.

    L'enseignant rappelle les consignes de base de cet exercice de production d'écrit :

    Enseignant : Vous vous souvenez que vous devez toujours essayer d'écrire les mots comme ils s'écrivent dans les livres et dans les dictionnaires et que vous pouvez regarder dans votre livre ou vos cahiers, si vous ne vous souvenez plus d'un mot. Vous pouvez aussi attendre que je vous appelle et je vous l'épellerai. Vous devez aussi vous rappeler que vous devez les mettre d'accord entre eux. Qui peut me donner un exemple de mots d'accord entre eux ?

    Fatou : Les provisions. On met un S à provisions parce qu'il y en a plusieurs. On le sait parce qu'on a dit les provisions : ça veut dire qu'il y en a plusieurs.

    Gabrielle : Des écus d'argent. Il y a plusieurs écus alors le nom écu est au pluriel, c'est pour ça qu'il faut mettre l'article des. Ils sont d'accord : « Je suis au pluriel, dit le nom, alors toi, l'article, tu te mets au pluriel pour que tout le monde comprenne. »

    Enseignant : Très bien. Les noms et les articles sont les seuls mots qui se mettent d'accord entre eux ? Hicham, qu'est-ce que tu en penses ?

    Hicham : Oui, je crois. Euh, peut-être pas... Je sais plus trop...

    Ilan : Moi, c'est comme Hicham. Je sais pas.

    Enseignant : Je vous aide... Des mots qui expliquent ce que nous faisons ou ce qui nous arrive.

    Hicham : Ah oui ! Les verbes !

    Ilan : Ah oui ! Les... verbres !

    Joris : Pfff ! Y le savait même pas ! Y  copie juste son copain adoré à lui...

    Enseignant : Et qu'est-ce que cela peut bien te faire, à toi ? Au moins, maintenant, il le sait un petit peu mieux. N'est-ce pas, Ilan ?... Les mots qui expliquent ce que nous faisons ou ce qui nous arrive, ce sont des... ? Ver...bes... des verbes. Alors, que font-ils, ces verbes ? Avec qui doivent-ils se mettre d'accord 

    Joris ; Avec les preunoms... Je... suis un horrible méchant pirate... Tu... es un horrible méchant pirate... Rusé-Renard est un horrible méchant pirate !...

    Enseignant : Des prOnoms, Joris... Mais, dis-moi, Rusé-Renard, c'est un prOnom ?

    Katia : C'est un nom, pas un preunom... euh, prOnom...

    Joris : Ouais, les noms ou les preunoms, c'est pareil. Ils font obéir le verbe. Je suis moi, alors tu t'écris comme ça... On a tous les modèles là, sur les feuilles, d'abord. Alors on ferait mieux d'écrire maintenant, non ? Paske sinon on va oublier ce qu'on voulait raconter. Moi, je veux raconter mes cadeaux de ...

    Enseignant : Stop, stop, stop ! Tu as raison, il faut s'y mettre maintenant, sinon, ce ne sera plus la peine de commencer. Je vous appellerai par deux à ma place, comme d'habitude, en commençant par Fatou et Gabrielle puisque c'est leur tour. Je vous rappelle que vous devez laisser une ligne vide entre deux lignes écrites pour que nous puissions corriger. N'oubliez pas, sinon je serai obligé d'effacer. Mettez-vous des points en début de ligne. Je mets le minuteur en route et dans 3 minutes, j'appelle Fatou et Gabrielle. Si vous avez fini, avant que ce ne soit votre tour, vous prendrez comme d'habitude votre cahier de rédaction et vous commencerez à illustrer votre phrase sur la page de dessin. Nous sommes d'accord ? Alors, allons-y !

    L'enseignant s'installe à côté de Vanina, Ilan et Willy et, comme prévu, met son minuteur en route. Pendant ces trois minutes, il va aider ses trois élèves à démarrer un projet à la mesure de leurs capacités d'écrivains : quelques mots qu'ils recopieront dans leur livre de lecture, une phrase très simple composée de mots vus et revus, etc. Lorsque le minuteur sonne, il fait venir Fatou et Gabrielle qui s'assoient l'une à sa droite et l'autre à sa gauche à la table commune où sont déjà installés leurs trois camarades.

    Il commence par le cahier de Fatou. Celle-ci a écrit :

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Enseignant : Je lis... défoi... le... S... il... fé... z... q... qu'est-ce que c'est que cette lettre, là, Fatou ?

    Fatou : C'est... A ? Quand, ça s'écrit bien Q.U.A.N.D, non ?

    Enseignant : Je veux bien te croire, mais ce n'est pas comme ça que je t'ai appris à l'écrire... Je t'entoure ce mot, tu le gommeras et tu me feras un joli A à la place de cette lettre qui ne ressemble pas à grand-chose. Continuons... défoi... Première chose, tu as oublié un détail : par quoi devons-nous commencer les phrases ?

    Fatou : Oups ! Une majuscule ! J'ai oublié... Attends, je vais le faire tout de suite...

    Enseignant : Non, pas tout de suite, il y a un autre souci. Ça ne s'écrit pas comme ça du tout. Enfin, si... pour les lettres D, F et OI... Alors, d'abord, ce sont deux mots : des... l'article que tu connais et qui s'écrit... ?

    Fatou : D.E.S.

    Enseignant : C'est ça... Sans oublier la majuscule... Et puis le nom fois que tu as bien écrit, bravo, parce que nous n'avions pas encore vu l'écriture du son [wa], mais qui finit par la lettre muette S. Je t'indique tout ça sur la ligne en-dessous... Regarde : 2 patates pour tes 2 mots ; un petit trait au début du premier pour que tu penses à la majuscule et S à la fin du deuxième pour que tu n'oublies pas cette lettre muette. Et tu gommes quand pour le réécrire avec un joli A !
    Ah ! Et puis que j'ai oublié. C'est le verbe faire avec une écriture du son [ɛ] que nous ne connaissons pas encore : F.A.I.T. Je te l'écris, c'est plus simple.

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Tu peux retourner à ta place. Hicham, tu viens t'installer à la place de Fatou, s'il te plaît. Pendant ce temps, je regarde le texte de Gabrielle.

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Ah mais, c'est déjà très bien tout ça... Alors.. Avec... c'est bon, mon... c'est bon, frère... aussi... et parfait... pui... ah, un petit oubli : il y a une lettre muette... Puis s'écrit P.U.I... ?

    Gabrielle : S ! P.U.I.S ! J'avais oublié. Tu me le marques ?

    Enseignant : Je t'entoure la ligne d'écriture, tu comprendras... mes... c'est ça... parents... ah, là, il y a un petit problème pour l'écriture du son [ã]... Si ce n'est pas l'un, c'est l'autre...

    Gabrielle : E.N ?

    Enseignant : Oui, et une lettre muette pour le féminin : un parent et une ... ?

    Gabrielle : parente ! E.N.T... C'est comme hurlement, alors ?

    Enseignant : Comme hurlement, c'est ça. Nous continuons, tes camarades attendent... je suis... parfait. allée... ah, là, en revanche, deux erreurs... Tu ne l'as encore jamais écrit ? Regardons un peu en arrière... Ah ! Voilà ! Tu peux m'épeler cela, s'il te plaît ?

    Gabrielle : A.2L... ah oui ! É. .. et puis E parce que je suis une fille !

    Enseignant : Très bien. Je t'ajoute deux petits traits pour que tu penses à ce que tu as oublié. Au ski... alors, au... nous ne l'avons pas encore appris, c'est A.U., nous allons le voir bientôt. Et ski, ce n'est pas la bonne lettre pour le son [k]. Tu te souviens, nous en avions parlé, les noms qui nous viennent des pays froids du nord de l'Europe... 

    Gabrielle : Ah oui, K ! Tu me l'entoures ? Je le gommerai.

    Enseignant : Oui, voilà, c'est tout prêt.

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Joris, tu viens ? Ça va bientôt être ton tour. Hicham, fais-moi voir ton œuvre.

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Rusé-Renard, c'est parfait... Et ? Rusé-Renard et puis qui donc ? Regardons la suite : et le plus méchant pirate qui existe. Tu es sûr que tu parles de deux personnes ?... Il y a Rusé-Renard, et puis il y a le plus méchant pirate qui existe ?... Du calme, les autres. Ceux qui ont fini leur phrase prennent leur cahier et dessinent, nous l'avons dit tout à l'heure : il n'y a donc aucune raison qu'il y ait ce brouhaha... Alors, Hicham ? Deux personnes ou une seule personne ?

    Hicham : Bah non. C'est lui, le plus méchant pirate. C'est Rusé-Renard. On l'a lu tout à l'heure.

    Enseignant : Alors ? C'est le mot et qui s'écrit E.T. ?

    Hicham : Haaaa ! Non, c'est E.S.T. Il peut être méchant.

    Enseignant : Bon. Ensuite : plus... tu as oublié une lettre, tu chercheras dans ton livre... méchant... même chose, tu mettras au féminin... pirate... c'est parfait... qui... ça ne s'écrit pas comme ça... tu as oublié ?... C'est Q.U.I... tu l'écriras tout seul. Répète : Q.U.I. Et enfin, existe, tu ne t'es pas mal débrouillé mais ce n'est pas comme ça qu'on l'écrit.
    Regarde, je t'écris le début : ex, E.X., i, I... et tu continueras sans rien oublier : exiSte... D'accord ? Allez, au boulot !

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Katia, tu nous rejoins et je regarde l’œuvre de Joris...

    Joris : Tu vas être contente, maîtresse, j'ai déjà fini, y'a pu qu'à recopier dans le cahier ! Et comme j'ai déjà fait le dessin tout à l'heure pendant « Noël, Noël », c'est moi le premier, plus vite que Gabrielle !

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Enseignant : Et tu as bien suivi toutes les recommandations, n'est-ce pas ?

    Joris : Bah oui. Je les ai sautées, les lignes ! Regarde : là et là, tu peux écrire si tu veux.

    Enseignant : Si je veux ou si je dois ? Parce que mon métier, ce n'est pas de faire comme j'ai envie, c'est de faire comme il faut que je fasse pour que le jeune Joris Maleau apprenne à écrire comme un véritable élève de CP...

    Joris : Ouais, c'est pareil. J'ai tout fait, t'as vu ? Regarde... Attends, donne-moi le cahier, je vois pas bien... zé... non... j'ai eu... u... ouais, j'ai eu... des...cadeaux super à Noël ! C'est ma mère, elle... t'as vu, je dis plus il... elle me les a a... attends, je voix pas bien... Ah ! ach'tés ! Voilà, c'est achetés, celui-là !

    Enseignant : Ce que je remarque surtout, c'est que même toi, tu te relis avec difficulté. Qu'est-ce que comprendraient les autres, à ton avis ?... Bon, qu'allons-nous faire de ça qui te ferait un peu progresser ?... Ah, je sais ! Tu vas aller chercher ton crayon à papier et ta gomme et tu viendras t'asseoir à la place de Willy qui est en train de dessiner puisqu'il a fini sa phrase.

    Joris : Oh non ! Tu vas me faire encore tout recommencer ? C'est pas juste, j'avais fini !

    Enseignant : Et moi, je considère que tu n'avais pas commencé puisque tu n'as respecté qu'une seule consigne, celle des lignes sautées. Donc, tu arrêtes tes simagrées de bébé jaloux et tu obtempères. Crayon à papier et gomme et tu reviens ! Hop là ! Pendant ce temps-là, je vais regarder le travail de Katia. Fais-nous voir ça, ma grande...  

    Katia apporte le texte suivant, parfaitement calligraphié en belle cursive appliquée :

    Malo adore les livres qui parlent de pirates et de trésor !

    L'enseignant s'étonne :

    Enseignant : Dis-donc, Katia, c'est une une histoire qui t'est arrivée, une histoire que tu as inventée, une histoire que tu as lue ou une histoire que quelqu'un t'a lue ?

    Katia : Bah, c'est une histoire que j'ai lue, tu le sais...

    Enseignant : Et tu l'as recopiée ?

    Katia : Bah oui. C'était dans mon livre. Tu as dit qu'on pouvait s'aider avec le livre.

    Enseignant : Oui... en effet... euh... mais ce n'est pas vraiment ce que j'attendais de toi. Tu m'as fait de la copie, là. Juste de la copie. Tu n'as pas appris à réfléchir toute seule à une phrase que tu saurais écrire et à l'écrire seule mot après mot, comme si tu te faisais une dictée à toi-même. Tu comprends la différence ?

    Katia : Euh... Un peu... Mais pas trop...

    Enseignant : Bon. Ce n'est pas très grave. Je te réexpliquerai ça une autre fois. Pour le moment, tu vas retourner à ta place et essayer d'inventer, sans ouvrir ton livre, une deuxième phrase qui expliquera la suite de l'histoire. Sans ouvrir le livre du tout, même pour savoir l'orthographe d'un mot. Si tu ne sais pas en écrire un, tu en cherches un autre que tu saurais écrire. Tu as compris ? Dis-moi quelle phrase tu pourrais écrire.

    Katia : Bah... euh... je sais pas... attends... ah oui ! Son livre préféré, c'est le trésor de Rusé-Renard ! C'est bien, ça ?

    Enseignant : Oui, c'est très bien. Eh bien vas-y. Et n'oublie pas, n'ouvre pas ton livre ! Je t'écris c'est sur ton cahier parce que c'est une expression dont l'orthographe est très difficile, tu pourras la recopier. Le reste est simple, tu devrais y arriver. Allez, au travail. Et Joris et moi, nous nous y remettons !
    Alors, mon cher Joris, comment allons-nous procéder ?... Ah oui, commençons par écrire J'ai eu. C'est le verbe avoir au passé composé... C'est un temps dont nous n'avons pas encore parlé. Je vais donc te l'épeler lettre par lettre. Écris j'ai : J.apostrophe.A.I ... et plus loin eu : E.U. Voilà, j'ai... eu... Des, en revanche, tu sais l'écrire. C'est le pluriel des articles un et une. Nous l'avons écrit des dizaines de fois. Alors ?

    Joris : Ah ouais ! J'avais pas fait attention que c'était lui. Je sais, c'est D.E.S.

    Enseignant : Eh bien voilà, écris. Dans les lignes, s'il te plaît... Très bien. Ensuite, cadeaux... Tu n'as pas choisi la lettre que nous prononçons [k] qui convient. Rappelle-toi : quand nous ne savons pas écrire un son, nous choisissons la lettre que nous avons apprise en premier car, généralement, c'est celle qui est la plus utilisée. Alors, le [k] que nous avons appris en premier, quelle lettre ?

    Joris : Le C ! Comme dans coucou et comme ! Alors, j'écris cadeau, C.A.D.O !

    Enseignant : Ah non, pas O. Ici, ma règle ne fonctionne pas. C'est un groupe de lettre que nous allons apprendre très bientôt : E.A.U. Le groupe de lettres EAU se prononce [o] et nous le trouverons très souvent en fin de nom : bateau, ciseau, couteau, râteau... tout ça, ça se termine par EAU. Et ici, cadeau : C.A.D.E.A.U. Écris. Toujours dans les lignes. Merci. Ah, combien de cadeaux ?

    Joris : Bah... euh, je sais plus... Attends, je compte...

    Enseignant : Non, non, ce n'est pas la peine. Je veux juste savoir s'il y en avait un ou plusieurs.

    Joris : Ben plusieurs ! Je te l'ai dit. Des cadeaux super, c'est bien qu'y en a plusieurs, alors ?

    Enseignant : Oui, alors ?... Nous n'avons rien appris à ce sujet ? Quand il y a plusieurs objets, plusieurs personnes, plusieurs animaux...

    Joris : Aaaaaaah ! On met un S ! Mer... mince, j'ai encore oublié !

    Enseignant : Tu as raison, habituellement, nous mettons S mais nous allons bientôt apprendre que lorsque le nom se termine par ce fameux EAU qui se prononce [o], c'est X qui marque le pluriel. Alors, écris cadeau : C.A.D.EAU.X. Parfait. La suite ? Ah oui, super... Tu l'as déjà vu écrit dans notre livre, ce mot ?...

    Joris : Non.

    Enseignant : Et dans les histoires que je vous lis ?

    Joris : Euh... non.

    Enseignant : Et tu sais pourquoi ?

    Joris : Euh... nnn... Ah si ! Paske c'est pas français. C'est un gros mot.

    Enseignant : Non, ce n'est pas un gros mot. Tu peux le dire, même à l'école. Tu peux même l'écrire dans une lettre à un copain ou à ta famille. Mais, c'est plutôt familier. Si tu veux écrire un beau texte pour l'école, tu dois chercher un autre mot... Tu as une idée ?

    Joris : Euh... Attends, je vais te dire ça... Tu vas voir... Tu vas être étonnée... Paske c'est super beau ce que je vais te dire... Comme dans les livres que tu nous lis... Même mieux !...

    Enseignant : Je suis tout ouïe... Dépêche-toi, tes camarades attendent mon aide... 

    Joris : Des cadeaux... attention, le voilà ! Tu vas voir comme c'est bien... Extraordinairement magnifiques ! 

    Enseignant : Ah oui, en effet, c'est presque trop recherché, cette fois... Les deux, ça fait beaucoup, tu sais. Si nous simplifiions un petit peu ? Que dis-tu de magnifiques ou de extraordinaires ?

    Joris : Pfff ! Chaque fois que j'ai une idée, elle est pas bonne, alors...

    Enseignant : Ce n'est pas qu'elle n'est pas bonne. C'est que c'est trop. Il y a deux très bonnes idées, mais, les deux ensemble, cela fait trop. C'est tout. Tu vas apprendre petit à petit, ne t'inquiète pas. Tu as déjà fait de gros progrès, tu sais. Alors ? Extraordinaires ou magnifiques ?

    OK. C'est moi qui choisis ?

    Enseignant : C'est toi qui choisi... ras... Regarde le minuteur, il va sonner d'une seconde à l'autre. Comme ça, tu auras une journée entière pour choisir. Tiens, qu'est-ce que je te disais ? Le voilà qui sonne.
    Tu vas donner ton cahier de brouillon aux ramasseurs. Vous avez entendu, les autres ? Tout le monde laisse son cahier de brouillon ouvert à la bonne page sur son bureau et les trois ramasseurs les relèvent et les posent sur mon bureau. Comme ça, je préparerai la correction des cahiers de ceux que je n'ai pas eu le temps de voir. Je note que nous en sommes à Loan, c'est par lui que je commencerai demain.
    Il nous reste tout juste 5 minutes pour finir de ranger et nous préparer à sortir. Rappelez-vous, il ne doit rien rester sur vos bureaux.

    La demi-journée se finit par quelques minutes d'agitation autour du rangement, des cartables et des vêtements à récupérer et de la séparation entre élèves qui restent à la garderie municipale et élèves qui rentrent chez eux. 

    Dans la même série :

    Rentrée des classes :

    CP : Les débuts en écriture-lecture (1)CP : Les débuts en écriture-lecture (2) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (3) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (4)

    Un mois plus tard :

    CP : Écriture-lecture, 1 mois plus tard... (1) ; CP : Écriture-lecture, 1 mois plus tard... (2)

    Deux mois plus tard :

     CP : Écriture-lecture, 2 mois plus tard... (1) ; CP : Écriture-lecture, 2 mois plus tard... (2)

    Début janvier :

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1) ; ... 


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  • CE2 : La multiplication Au restaurant, Joshua et Maia, leur grand frère,
    leur père et leur mère prennent une formule à 16 euros.
    Combien paieront-ils ? 

     Une collègue demande comment procéder pour que ses élèves de CE2 acquièrent la technique de la multiplication posée avec deux chiffres au multiplicateur.

    Je lui répondrai petits pas, tables, numération, manipulations et problèmes concrets... Sachant que, en fin d'année, même si les programmes 2016 ne l'exigent pas, il serait bon que les jeunes élèves de 2019 en sachent autant que leurs frères et sœurs aînés, parents, grands-parents et arrière-grands-parents. Je reconnais que, depuis que le nombre d'heures et de jours de classe hebdomadaires a été réduit pire que peau de chagrin, c'est moins facile et qu'il n'est pas étonnant que les moins aguerris de nos élèves peinent à prendre leurs marques.

    Module « multiplication » ou méthode des petits pas ?

    À l'école élémentaire, le calcul devrait rester indissociable des autres éléments du programme de mathématiques qui lui apporteront, chacun à leur mesure, les éléments de compréhension nécessaire :

    → les échanges entre nombres et calcul rendront par exemple transparents et logiques l'usage des retenues et la « règle des zéros à droite »

    → les exercices sur les mesures et la monnaie réinvestiront de manière concrète ce qu'ils ont appris sur l'usage de la multiplication

    → la géométrie apportera elle aussi sa part de concret lorsqu'il s'agira d'observer les propriétés du carré, du rectangle, du triangle équilatéral ou encore du cube et du pavé pour en dégager intuitivement des formules de calcul de périmètres, aires et pourquoi pas volumes

    → la résolution de problèmes doit faire partie intégrante de chaque séance de mathématiques. On débute par elle pour rendre concrète la notion que l'on souhaite traiter et l'on termine par elle pour éprouver ses forces nouvelles et se rendre compte de ses capacités

    Donc, résolument :

    Avancer à petits pas

    Les fiches que vous trouverez ci-dessous font donc partie d'un ensemble que vous trouverez ici. Leur programmation les répartit sur les trois premières périodes de l'année scolaire. Elles sont intercalées, au rythme d'environ une par semaine, entre des fiches de numération, de mesures et de géométrie.

    Vous trouverez ci-dessous la progression proposée. Son avancée se fait à pas comptés :

    ♦ d'abord, les doubles, vus depuis le CP, laissés à reposer une semaine, puis les multiples de 5, qui raccrochent l'activité de calcul à la numération décimale, un peu plus vite suivis des multiples de 3, peut-être un peu moins connus... Et ainsi de suite, pas trop vite, jusqu'à ce que les 9 tables aient été vues... Et là, on les révise, on les structure, on prépare le CM et la notion de multiples

    ♦ même chose pour la technique... d'abord de l'empirique, à base d'habitude prise de poser une multiplication à un chiffre au multiplicateur, sur le long terme, pendant deux longues périodes, avant de la formaliser au cours d'une leçon

    ♦ et puis enfin, toujours en s'appuyant sur les connaissances en numération décimale,  l'introduction de la multiplication à deux chiffres au multiplicateur, longtemps avant la fin de l'année scolaire afin que les élèves puissent s'entraîner, s'entraîner et encore s'entraîner au cours des deux dernières périodes

    Progression

    Période 1 :

    1. A) Révisions :

    Semaine 4 : Mult.1 : Multiplier par 2

    Semaine 5 : Mult.2: Multiplier par 5 – Mult.3 : Multiplier par 3

    Période 2 :

    1. A) Révisions :

    Semaine 1 : Mult.4 : Multiplier par 4

    1. B) Apprentissages :

    Semaine 3 : Mult.5 : Multiplier par 6

    Semaine 4 : Mult.6 : Multiplier par 7

    Semaine 5 : Mult.7 : Multiplier par 8

    Période 3 :

    1. B) Apprentissages :

    Semaine 1 : Mult.8 : Multiplier par 9 – Mult.9 : Multiplier par un nombre à un chiffre

    Semaine 2 : Mult.10 : Tables de multiplication

    Semaine 3 : Mult.11 : Multiplication par 10

    Semaine 4 : Mult.12 : Multiplication par 20, 30, ...

    Semaine 5 : Mult.13 : Multiplication par un nombre à deux chiffres

    Semaine 6 : Mult.14 : Usage de la multiplication

    Nota bene :

    Ce n'est que pas simplicité, pour montrer comment des élèves de CE2 peuvent passer d'une connaissance basique du calcul des produits à la maîtrise de la technique de la multiplication à deux chiffres au multiplicateur que ces leçons ont été coupées du reste de la progression.

    Manipulations et problèmes concrets :

    Ces fiches présentent toujours un exercice de calcul mental, une leçon, conçue puis lue en classe, après un travail collectif autour d'une situation-problème, une série d'exercices et elles se terminent systématiquement par des suggestions de problèmes concrets.

    J'y ai ajouté un « guide pédagogique » qui donne :

    → les prérequis nécessaire (programme de CE1)

    → la progression à suivre

    → un modèle de séance qui montrera :

    ♦ comment introduire la notion par un exercice de calcul mental puis une situation-problème à résoudre en groupe-classe, au tableau, en favorisant les échanges entre pairs

    ♦ les différentes options de travail en classe à partir des exercices et des problèmes proposés

    ♦ les exercices à mener rituellement entre deux séances

    Le fichier :

    Il est présenté sous forme de  « manuel », les élèves écriront sur un cahier (à moins que le travail reste collectif au tableau, ou semi-collectif, en ateliers de 2 à 4 élèves).

    Télécharger « La multiplication au CE2.pdf »

    Le guide pédagogique :

    Télécharger « La multiplication CE2 - Guide péda.pdf »

    La méthode complète :

    Sous forme de fichier individuel :

    CE2 : Fichier de mathématiques (1)

    CE2 : Fichier de mathématiques (2)

    CE2 : Fichier de mathématiques (3)

    CE2 : Fichier de mathématiques (4)

    CE2 : Fichier de Mathématiques (5)

     


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  • La maman d'une utilisatrice de 5 ans et demi, ayant entrepris l'apprentissage de la lecture dans le manuel Écrire et Lire au CP il y a deux semaines et demie, m'a envoyé la vidéo ci-dessus.

    Après deux semaines et demie et sept pages de Écrire et Lire au CP[1], elle a déjà derrière elle un acquis certain que nous allons analyser pas à pas.

    Où en est-elle réellement ?

    Le plus important, lorsqu'on écoute et regarde cette vidéo, c'est de constater le plaisir de cette petite fille éprouve à « lire toute seule » comme une grande. 
    Le fameux « déclic » dont nous parlaient nos formateurs pendant les trente à quarante dernières années a bien déjà eu lieu, et ça, c'est déjà un bon point sur lequel la personne qui lui enseigne la lecture peut s'appuyer.

    Même si elle est loin de tout décoder, et qu'elle fait encore beaucoup confiance à la reconnaissance visuelle de la plupart des 19 mots vus et revus au cours des pages précédentes, elle est déjà dans une démarche d'analyse et même parfois de décodage lettre à lettre.

    Enfin, elle se sert d'une connaissance intuitive de la syntaxe française pour analyser ce qu'elle lit et écarter ou douter de ce qu'elle considère comme n'étant pas du français. Son esprit analyse ensuite ces doutes, essaie de les dépasser et c'est alors qu'une certaine fluidité de lecture, encore toute relative, vient.

    Mais ce sera plus simple si nous visionnons à nouveau la vidéo[2].

    La vidéo

    Phrase 1 :

    Trois mots sur les cinq sont tout nouveaux. On constatera que les mots un et Lucas sont facilement reconnus visuellement et ne posent pas de problème à l'enfant.

    En revanche, le mot ami, pourtant écrit juste au-dessus dans la liste des mots nouvellement rencontrés, est difficile à reconnaître.

    Devant le défaut de sa mémoire visuelle, l'enfant adopte alors une attitude très importante qui va conditionner ses progrès à venir : elle cherche à le décoder, même si c'est avec difficulté.  Cet embarras est tout à fait normal puisque nous ne sommes qu'au tout début du processus, d'autant que, déroutée par la voyelle en début de mot, elle cherche à décoder au fil du mot au lieu de le scinder en syllabes. L'adulte l'aide, elle peut repartir.

    Petit conseil en plus :

    L'adulte pourra, si cela se reproduit au cours des pages 10 à 15 (puisque, ensuite, il n'y aura plus de mots à reconnaître visuellement), faire relire à l'enfant la phrase de base (en haut de page de gauche) et montrer où se trouve le mot qui a posé des problèmes de reconnaissance visuelle.

    Phrase 2 :

    Sur les cinq mots de la phrase, il n'y a qu'un mot vu récemment : un. En revanche, il y a un prénom, reconnu visuellement depuis longtemps, mais remis en jeu récemment : Marie.

    En effet, étant jusqu'à peu le seul mot commençant pas les lettre M et a, il était facile à repérer. Mais, plus récemment, un autre prénom est apparu, répondant aux mêmes caractéristiques, celui de Malo, vu beaucoup plus souvent que Marie au cours des 3 dernières pages (Malo : 13 occurrences ; Marie : 2 occurrences).

    L'enfant a alors un excellent réflexe : elle s'arrête après la syllabe commune et... décode ! Les lettres r et i ont déjà été vues, le travail est rapide, le prénom Marie est reconnu.

    Phrase 3 :

    La phrase contient deux mots vus récemment, déjà présents dans la Phrase 1 où nous avons pu constater que leur reconnaissance visuelle était bien acquise.

    Petite hésitation sur l'un d'entre eux, rythme de lecture rapide, c'est tout bon, l'enfant comprend ce qu'elle lit.

    Phrase 4 :

    Cette phrase est la grande sœur de la précédente : bâtie sur le même modèle mais présentant un complément de plus. Voyons si la reconnaissance du mot un se stabilise...

    Première remarque : Prudence fort à propos sur la lecture des prénoms Marie et Malo. Il est évident que nous ne sommes plus dans la reconnaissance visuelle mais bien dans la lecture, encore syllabe par syllabe, de mots qu'on déchiffre pour les comprendre.

    Deuxième remarque : Petite hésitation devant le deuxième comme de la phrase. L'enfant semble se dire : « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?... Je l'ai déjà lu, celui-là. » puis elle se lance : « On verra bien... Après tout, ça doit être possible. » Puis elle lit Lucas, visiblement soulagée : « Ça marche, j'ai compris. On peut vivre la même chose que deux autres personnes, il y a alors deux fois le mot comme. »

    Phrase 5 :

    La phrase contient deux mots vus tout récemment, dont un reconnu déjà deux fois dans les lignes précédentes, Lucas, et l'autre tout nouveau pour cette séance de lecture : suit.

    Et ce mot suit ne passe pas... Il est d'abord très bien déchiffré mais il étonne beaucoup l'enfant : « Qu'est-ce qu'il fait là ? Ça ne veut rien dire ! Mais alors rien du tout »... 
    Elle en est tellement déroutée qu'elle se trompe de ligne et continue sur la phrase 6, sœur jumelle de la précédente. Et pourquoi donc ?, me direz-vous, Malo suit, c'est très simple pourtant.

    Eh non ! pas pour un illettré de 5 ans et demi...

    Réfléchissons un peu : quel mot se prononçant aussi [sɥi] l'enfant emploie-t-il à longueur de journée ?... Cherchons bien... Ah oui ! Je suis ! Le verbe être au présent à la première personne du singulier !

    Alors, tout devient clair : on ne dit pas Malo « suis », on dit Malo est ! Non mais oh !
    L'adulte a pourtant l'air d'accord, il ne dit pas de recommencer, il acquiesce même et répète, tranquille comme Baptiste, cette aberration grammaticale : Malo... « suis » et demande de continuer la lecture.

    Quand le mystère est trop grand, on obtempère. L'enfant continue donc. Malo... verbe être au présent à la 1re personne du singulier... Lucas. L'adulte a l'air content, la petite continue.

    Et voilà que ça recommence ! Il... (le) ! Décidément, l'auteur de ces phrases est une folle dangereuse, bonne à enfermer ! Où a-t-elle vu que le pronom il pouvait être suivi de l'article le ? Bon allez, puisque vous voulez que je dise des sottises, allons-y gaiement ! (Il)... le... ... ... C'est quoi, ça ?... ah oui : suit !

    Et là, le ton a changé. Ce suit a été intuitivement reconnu comme le verbe suivre au présent à la 3e personne du singulier. Il le suit ! Bon sang, mais c'est bien sûr ! « Ah la belle chose que de savoir quelque chose ! », se serait exclamé Monsieur Jourdain ! Malo suit, verbe suivre, Lucas, cela peut aussi se dire : il le suit ! C'est merveilleux ! 

    Phrase 6 :

    Tellement merveilleux que cette phrase 6 est oubliée ! C'était la sœur jumelle... Tant pis... Le livret 1 a encore 40 pages et le livret 2, 56. La petite fille aura d'autres occasions de travailler, travailler et encore travailler intuitivement les reprises pronominales en action. Sans parler de toutes les occasions qui naîtront de la vie quotidienne, tout au long de son enfance. Pas la peine d'en faire un critère d'évaluation de la capacité à apprendre à lire dès l'entrée au CP, quoi qu'en pensent les évaluateurs depuis une bonne quinzaine d'années !

    Petit conseil en plus :

    L'adulte pourra, si l'enfant se trouve à nouveau bloqué par la compréhension de ce qu'il vient de lire, jouer la scène à l'aide de petits personnages ou même tout simplement de ses doigts : l'index et le majeur de la main droite jouant Lucas qui marche, les mêmes doigts de la main gauche jouant Malo qui le suit... Et puis, on recommence, en les désignant du menton : « Il... le... suit » !

    Phrase 7 :

    Deux mots vus très récemment : Lucas, un prénom auquel visiblement l'enfant s'est déjà attachée, la facilité avec laquelle elle le reconnaît le prouve... et le fameux suit !

    Eh bien voilà ! Ça y est ! Quand on comprend, ça va tout de suite mieux... Prudence étant mère de sûreté, petite hésitation sur arrive, le temps de vérifier la deuxième syllabe, et c'est parti. Facile, l'enfant voit la scène dans sa tête, alors elle lit...

    Pendant ce temps, dans certaines classes, on s'escrime sur des tableaux de syllabes et on apprendra, globalement qui plus est, le mot suis en bas de page, avec un petit ♥ devant pour bien comprendre qu'il ne s'agit pas de comprendre mais d'apprendre par cœur, quand on arrivera à la page 27 de la célèbre méthode qui monte, qui monte, qui monte...

    CP : Des bienfaits de la compréhension
    Ici bien malin sera celui qui me dira s'il s'agit d'être ou de suivre.
    « Je suis... je suis... mais qui suis-je donc ? »
     

    Phrase 8 :

    Tiens, revoilà le pronom le et le verbe suivre. Comment va se comporter notre petite apprentie-lectrice ?

    Tout va bien. Elle déchiffre le pour s'assurer un peu, puis lit le reste de la phrase avec une fluidité remarquable pour une enfant qui n'a que quelques heures de lecture derrière elle (les séances, quotidiennes ou presque, ne durent qu'une dizaine de minutes chaque fois).

    Phrase 9 :

    Une phrase composée de mots déjà vus et revus à de nombreuses reprises. Remarquons la présence du mot arrive qui a été décodé syllabe après syllabe tout à l'heure.

    Ah ! La fluidité du déchiffrage est meilleure. Petite remarque : le mot va, décodé juste au-dessus, l'est à nouveau.
    Là aussi, on sent qu'il s'agit de volonté délibérée de s'assurer par le décodage du bien-fondé de son intuition. Il faut savoir que le mot vu fait partie des mots de la première phrase de base, le mot va, qui lui ressemble étonnamment, est nouveau. Quand on sait que, de plus, la petite connaît aussi les mots vélo et vite qu'elle affectionne tout particulièrement (elle n'hésite jamais avant de les lire alors que la rencontre est toute récente), on comprend pourquoi va est soigneusement déchiffré.

    Phrase 10 :

    Un mot nouveau, vite, qui a d'emblée été adopté comme une vieille connaissance, et toujours notre verbe arrive et le prénom Marie...

    Et toujours la même prudence. L'enfant a réellement compris ce qu'elle fait : elle décode des mots pour comprendre une histoire et la restituer au plus près de l'intention de l'auteur :

    → décodage de Marie pour ne pas le confondre avec Malo

    décodage de vu pour ne pas le confondre avec va

     reconnaissance rapide de Mimi, le chat chéri de tous les enfants qui utilisent la méthode

    → et enfin, reconnaissance rapide des trois mots de la fin de l'histoire, la fillette connaissant bien ce Mimi, elle sait que, depuis la page 4, il arrive, arrive et encore arrive !

    Quelques conclusions rapides :

    L'appétence fait beaucoup dans l'envie d'apprendre à lire. Les enfants liront avec plus de facilité les mots qu'ils apprécient : noms de personnages qu'ils  prennent pour leurs propres amis, noms d'animaux et d'objets familiers, actions qu'ils pratiquent avec bonheur, adjectifs et adverbes qui résonnent au plus profond d'eux-mêmes... 

    La compréhension aide au décodage et le décodage aide à la compréhension. Renvoyons dos à dos ceux qui sont persuadés qu'on ne peut pas comprendre quand on déchiffre (si, si, il y en a encore) et ceux qui affirment haut et fort qu'il faut d'abord savoir tout déchiffrer pour avoir le droit de commencer à comprendre. 
    La voie moyenne, qu'elle parte du mot[3] ou qu'elle parte de la lettre, du moment où elle associe décodage et compréhension est la voie à la fois la plus appétente et la plus efficace pour l'enfant.

    Les enfants ont une connaissance intuitive de la grammaire de la langue qu'ils pratiquent au quotidien à l'école et ils s'en servent pour comprendre ce qu'ils décodent.
    Plus ils auront été familiarisés avec cette grammaire et plus ils décoderont avec facilité des phrases écrites dans cette langue.
    Présentons-leur très vite des phrases riches de sens, même si elles sont encore pauvres en mots, et cette connaissance intuitive se précisera, se complètera et fera de plus en plus sens dans leur esprit.
    Si, dès les petites classes de maternelle, nous y ajoutons de nombreuses lectures magistrales d'histoires au vocabulaire riche et précis, des apprentissages de comptines, de chants (le grand oublié des programmes actuels de maternelle trop concentrés sur l'écrit) et des poèmes, ils n'auront pas l'impression de découvrir une langue étrangère lorsqu'un jour ils liront :

    « Quelqu'un aurait-il jamais cru

    Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ? »

    Appuyons-nous aussi très vite sur cette connaissance intuitive de la grammaire pour en faire quelque chose de sûr, de concret, de gravé dans le marbre.
    Les méthodes de grammaire qui, avec des élèves de CE1, tournent en rond pendant plus d'un trimestre avant d'aborder le présent de l'indicatif raisonnent comme si elles avaient affaire à des enfants non-francophones.
    On peut dès le CP (le dernier exercice de la page, celui que la petite fille n'a pas envie de faire tout de suite, le prouve) commencer à repérer un nom, le reconnaître ensuite en tant que nom commun ou nom propre, à en repérer les « accompagnants », articles et adjectifs, à repérer et conjuguer un verbe, à remarquer les mots qui remplacent des noms, les mots dont l'orthographe ne change jamais, etc.
    Et comme cela aide les élèves à mieux comprendre ce qu'ils lisent, à découvrir une véritable intelligence du texte, y compris dans de petites phrases sans grand intérêt comme celles qui nous venons d'entendre, il ne faut surtout pas s'en priver. 

    Quelques mots reconnus quelque temps dans leur ensemble, au sein d'un tout petit corpus de mots n'empêchent pas le décodage de s'installer. Ils sont là pour rendre appétent l'exercice, ce qui est fondamental avec de jeunes enfants encore pas si éloignés de l'époque où le principe de plaisir régissait toutes les actions. Ils sont là aussi pour que les jeunes lecteurs apprennent à se poser les bonnes questions, celles qui leur permettront de distinguer Marie de Malo, va de vu, chat de chasse ou, bientôt, suit de suis. 
    Il faut juste prendre garde à ce qu'ils ne soient pas trop nombreux (ici, on voit que 19 mots en 2 semaines et demie, c'est largement suffisant), à ce qu'ils reviennent très régulièrement et tout au long de la phase où ils sont indispensables (ici, 16 pages exactement), à ce qu'ils ne soient pas présentés comme des mots indéchiffrables longtemps (éviter les rien, aussi ou mais) et les mots qui prouvent que ce que nous apprenons alors comme une règle comporte des exceptions (ce, c'est ou encore pire cet, le jour-même où l'on étudie la graphie c = [k]).

    Notes :

    [1] Vous pouvez feuilleter ces sept pages ici : Écrire et Lire au CP (Livret 1, 1re partie).

    [2] Pour ceux qui ne l’ont pas fait, je vous encourage à lire les pages précédentes de la méthode (référence ci-dessus). Vous saurez alors quels mots sont présentés régulièrement depuis 2 semaines et demie (tu – as – vu – le – chat – il – chasse), environ 2 semaines ( Marie – crie – Mimi – arrive), environ 1 semaine et demie (un – vélo – Malo – comme), moins d’1 semaine (Lucas – vite – ami – suit) et à quelle fréquence. 

    [3] Je peux vous envoyer les deux livrets de cette méthode au prix de 6,50 € chacun, plus 5,28 € de frais de timbres. Si vous êtes intéressés, vous pouvez me joindre en cliquant ici : Contact


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  • CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Merci à Xavier Laroche, pour son illustration

    LUNDI MATIN

    C'est la rentrée. Les élèves reviennent de deux semaines de vacances. Les temps d'accueil et d'installation étant désormais bien rodés, nous ne les détaillerons pas. En revanche, les activités d'écriture-lecture prenant de l'ampleur, cet article ne détaille que la matinée de classe. L'après-midi suivra dans les jours qui viennent.

    8 h 50 / 9 h : Accueil

    9 h / 9 h 15 : Temps incompressible

    • Distribution et collage des leçons du soir sur les carnets, agendas ou cahiers de texte par les élèves eux-mêmes.
    • Découverte du nouveau manuel de lecture, feuilletage.

    9 h 15 - 9 h 55 : Langage oral / langage écrit

    Comprendre et s’exprimer à l’oral : Écouter pour comprendre des messages oraux / Dire pour être entendu et compris / Participer à des échanges dans des situations diverses / Adopter une distance critique par rapport au langage produit. Comprendre le fonctionnement de la langue : Passer de l’écrit à l’oral / Construire le lexique / Identifier des mots de manière de plus en plus aisée / Mémorisation de formes orthographiques

     L'enseignant souhaite désormais privilégier le langage écrit : il passera moins de temps sur l'oral qu'il réservera à la fin de chaque paragraphe. Il annonce aux élèves que, désormais, le fonctionnement sera un peu différent.

    Enseignant : Vous avez dû remarquer en feuilletant ce livre que certaines choses ont changé. Ouvrez-le aux pages 2 et 3. Qu'y a-t-il sur la page 2 ?

    Albert : Une histoire, on dirait...

    Enseignant : Oui, c'est une histoire. Et une histoire à épisodes, en plus. Bilal, tourne la page et dis-nous ce que tu vois page 4.

    Bilal : Je vois le même pirate que derrière. C'est la suite de l'histoire.

    Enseignant : Oui, c'est le deuxième épisode. Coline, tourne encore et dis-nous combien l'histoire comporte d'épisodes.

    Coline : Page 2, page 4, page 6, page 8, page 10, page 12 et... ah non, là , c'est la neige. Alors, ça fait six épisodes !

    Enseignant : Oui, c'est ça. Revenez tous à la page 2. Dounia, tu peux me dire ce que tu vois dans le cadre bleu, en haut à gauche ?

    Dounia : La lettre S avec un point rouge de chaque côté. En-dessous, il y a écrit en...tre... entre... 2... vo...

    Enseignant : O.Y, ça se prononce [waj].

    Dounia : voy...elles... entre 2 voyelles.

    Rose : Le S, quand il est entre deux voyelles, il se prononce [z], comme dans Rose...

    Ysolde : Et dans Ysolde !

    Ulysse : Oui, c'est vrai. Si on veut que ça fasse [s], on en met deux comme dans Ulysse. Sinon, je m'appellerais Ulyzzze !

    Enseignant : Très bien. Tout le monde a entendu ? Nous allons nous entraîner un peu. Qui peut me lire ceci ?... Albert ?...

    L'enseignant écrit au tableau les logatomes qu'il recopie en haut de la page 3, l'une après l'autre, en écrivant en rouge les voyelles. Les élèves désignés en lisent chacun une.

    éso - ose - usé - isa - asou - oson - ésan - asen - asui

    Enseignant : Parfait. Revenons au premier épisode de cette histoire qui semble parler d'un pirate.

    Fatou : C'est même sûr parce que c'est écrit sur le livre : Le... tré...sor... trésor du pirate... Le trésor du pirate. Et puis c'est écrit au-dessus : Le trésor du pirate.

    Enseignant : Très bien. Vous allez essayer de lire comme des grands, une phrase après l'autre. De temps en temps, je vous arrêterai pour voir si tout le monde a compris. Tu continues Fatou, jusqu'au point d'exclamation de la deuxième ligne, puis Gabrielle prendra le relais. Allons-y.

    Fatou : Malo... adore... les li...vres qui par...lent... qui parlent de pi...rates et de... tré... trésor... Malo adore les livres qui parlent de pirates et de trésor !

    Gabrielle : À la bibli...othèque... À la bibliothèque... il a... trou... trouvé un livre... qu'il lit et re...lit... et relit... tous les jours... À la bibliothèque, il a trouvé un livre qu'il lit et relit tous les jours : 

     Enseignant : Parfait. Hicham, tu nous résumes tout ça. Tu nous le racontes rapidement avec tes mots.

    Hicham : Y disent que Malo, il aime les livres de pirates. Il les trouve à la bibliothèque.

    Enseignant : Il en a trouvé plusieurs ?

    Hicham : Attends... Non... qu'un... mais il le lit souvent... tous les jours...

    Enseignant : Très bien, Hicham... Tu nous relis ces deux phrases puis tu continues avec la suite.

    Hicham : Malo... a...dore... Malo adore... les li...vres... les livres... qui... par...lent de pirates... qui parlent de pirates et de... t...ré... trésor... À la bi... bibliothèque, il a t... r... tr... trouvé un li...livre... qu... qu... il... qu'il lit... te... non et... re...lit... tous les jours !
    « Sur... l'î...le... de la Ro...sse...

    Enseignant : Non, Rose... comme Rose, ta camarade...

    Hicham : Ah oui ! On l'a dit tout à l'heure, ça fait [z]. Alors, attends... Sur... l'île... de la Rose... Rou...ge... de la Rose Rouge vit le... p...lus... le plus g...ra... g...ran... grand et le p... lus... plus mé...chant... plus méchant... pi...rate de tous... les jours... Ah non... t...em... c'est muet après ?

    Enseignant : C'est muet.

    Hicham : tous les temps... Hein ? J'y comprends rien.

    Enseignant : Relis la phrase un peu plus vite, si tu peux, et tu verras que c'est simple, finalement.

    Hicham : Sur l'île... de la... Rose Rouge... vit le... p...lus... plus... g...gr...grand... le plus grand et le... p...lus... plus mé...chant... et le plus méchant pirate... de tous les... t...temps... de tous les temps... Non, je comprends pas...

    Enseignant : Quelqu'un pour expliquer l'expression de tous les temps ?

    Albert : Depuis toujours ! C'est le plus grand et le plus méchant pirate depuis toujours... De tous les temps qui sont déjà passés...

    Enseignant : Très bien Albert. Tout le monde a compris ? De tous les temps, cela signifie depuis toujours. Tu nous relis ce paragraphe, Ilan ? Ah, tu l'as perdu. Nous allons tout reprendre depuis le début. Joris et Katia vont nous relire les deux premiers paragraphes et toi, tu enchaîneras avec le troisième et le quatrième, d'accord ? Ne te perds pas, lis dans ton chuchoteur pendant que Joris et Katia lisent et suis bien avec ton doigt. Nous t'écoutons, Joris. 

    Joris : Je lis le titre d'abord ?... OK ! C'est tout bon ! Le trésor du pirate... Le trésor du pirate... C'est écrit  en haut et sur le livre, alors je le lis deux fois... Attendez la suite, vous allez voir... Malo adore.. les livres qui.. parlent de pirates et de.. trésor ! Vous avez vu, ça ? Superjoris, c'est moi ! 

    Enseignant : En effet, c'est très bien. À Katia, maintenant.

    Katia : À la bi... bliothèque il a tr... trouvé un li...vre qui... qu'il lit et re... lit... tous...les jours... tous les jours... À la bibliothèque, il a trou..trouvé un livre qui...grrrr !... qu'il lit et relit tous les jours.

    Enseignant : Ne te précipite pas, Katia, tu as tout ton temps... Allez, Ilan, cette fois, tu sais où nous en sommes. À toi. Pensez à lire dans vos chuchoteurs, les autres, comme ça, plus moyen de s'ennuyer puisque vous vous racontez l'histoire.

    Ilan : Sur... l'î...le... de... la... Ro... sse... Rou... gue...

    Enseignant : Du calme, tout le monde. Vous croyez que c'est en soufflant et soupirant que vous allez l'aider ? Nous allons recommencer ensemble, Ilan. Sur... l'île... de... la... Regarde, le prénom de ta camarade, ici... Ro... ?

    Ilan : Rose... Sur l'île de la Rose... rou...rouge ! Sur l'île de la Rose Rouge... vite... non... vit le... p...pelus... plus... j..r... j...

    Enseignant : Regarde l'affiche du Gulu, Ilan... Quand il est avant le Robinet, est-ce qu'il imite le Jet d'eau ?...

    Ilan : Ah non... g...r... gr... grand... et... le... p...pelus... plus... mé... cha... n... chant... méchant... pi...ra... pirate... de... depuis toujours...

    Enseignant : Ah non ! Là, tu inventes... Les yeux sur la feuille, une lettre après l'autre, s'il te plaît...

    Ilan : de... to... tous... le... les... te...m... temps... de tous... les... t... temps...

    Enseignant : Très bien. Nous allons relire avec toi... Attention, je reste tout près pour t'entendre lire... Allons-y les autres, pas trop vite pour qu'Ilan puisse suivre... Oui, Hicham, toi aussi. Si tu veux lire de mieux en mieux, tu dois t'entraîner comme les autres. Prenez votre micro, tout le monde. Et commençons bien tous ensemble. 

    La classe : Sur l'île... de la Rose Rouge... vit le... plus grand et... le plus méchant pirate... de tous... les temps.

    Enseignant : Très bien. Tu continues, Ilan ?... Comment ? Tu as déjà lu ?... Non, ça, c'était de la RE-lecture, normalement... Si tu avais écouté Hicham, ça n'aurait pas été aussi laborieux... Allez, hop, tu nous retardes, là !

    Ilan : So... son... no...mme...

    Enseignant : O.M., ici, ça se prononce [õ]...

    Ilan : n... nom... est... r... ru... ssé... russé...

    Enseignant : Non. Comme dans Rose... La lettre S qui se prononce [z].

    Ilan : Ru...sé... Re... ren... a...

    Enseignant : N se marie toujours avec la voyelle suivante, Ilan. Nous l'avons déjà dit... re... nnnaaa... Recommence ce mot, là, sous mon doigt...

    Ilan : Re... na... r... renard...

    Enseignant : Parfait. Allez, tu nous relis ces quatre mots et je te libère. Mais je te surveille pour la suite : tant que tu n'écouteras pas et que tu ne regarderas pas les mots dans ton livre quand les autres lisent, tu traîneras comme ça pour lire. C'est normal : puisque tu lis 25 fois moins que les autres, tu vas 25 fois moins vite ! Allez, nous t'écoutons. O.M, ça se prononce [õ] et N se marie toujours avec la voyelle suivante.

    Ilan : Son... n... nom... est... Ru...sé...Re...nard... Son nom est... Rusé...Renard... Rusé-Renard. Y s'appelle Rusé-Renard, comme le renard qui est rusé dans les contes ?

    Enseignant : Oui, c'est un nom de pirates. Ils se choisissaient toujours des noms comme ça : Barbe Noire, Rusé-Renard, Terreur des mers, etc. Tu relis cette petite phrase et tu continues le paragraphe,... qui donc ?... Joris a déjà relu... Katia aussi... Alors, Loan.

    Loan : Son nom est... Rena... ah non... Rusé-Renard... je croyais Renard-Rusé... Tout... le... monde... s'é...car...te... s'écarte... quand... il... pa...sse... quand il passe... Tout le monde s'écarte quand il passe... Ah oui, pask'y fait très peur ! Il est grand, il est méchant, y s'appelle Renard-Rusé... euh non... Rusé-Renard... Alors tout le monde a peur...

    Enseignant : C'est tout à fait ça... À Maya qui nous relit ces deux lignes et continue avec la phrase suivante...

    Maya : Son nom est... Rusé... Renard... Son nom est Rusé-Renard... Tout le... monde... tout le monde... s'é...car... s'écarte... quand il pa... passe... Tout le monde s'écarte quand il passe...
    Pour... tant... pourtant... tout... le... monde... Pourtant, tout le monde a en...vie... a envie de ... sav... 

    Enseignant : O.I. Quelqu'un sait ?

    Loan : Ça fait [wa]. On l'avait vu quand Marie et Lila, elles pêchaient des poi-ssons.

    Maya : Ah oui, c'est vrai ! Alors... Pourtant... tout... le monde... a envie... de savoi... savoir... où... Ru...sé... Renard a ca... ché... a caché... son... trésor... Je relis ?

    Enseignant : Oui, depuis Pourtant. Ilan, mets ton doigt ici et je veux t'entendre lire en même temps que Maya... Vas-y Maya, pas trop vite...

    Maya : Pourtant... tout... le... monde... a... envie... de... sav... savoir... où... Rusé-Renard... a... caché... son... trésor...

     Enseignant : Très bien. À toi, Nino... Tu nous relis cette phrase exclamative encore mieux que Maya et tu continues...

    Nino : Pourtant... tout le monde... a envie... de... savoir... où Rusé-Renard a... caché son trésor !... Un... tré... trésor... é...nor...me ... énorme. Un trésor énorme... de... l'or... de l'or... des... bi...joux... des bijoux... des é...cus... écus... Je ne sais pas ce que c'est, des écus...

    Enseignant : Personne ne sait ?... Ce sont des pièces d'autrefois... Aujourd'hui, nous payons avec des euros ; autrefois, dans certains pays, les gens payaient avec des écus en métal précieux... Lis-nous la suite, tu verras.

    Nino : des écus... d'ar...guent... non... d'argent... des écus d'argent ! C'est précieux, l'argent. C'est blanc et ça brille... Je continue ?

    Enseignant : Oui. Ah ! Avant que tu ne commences. Attention, Nino va vous lire trois noms de pierres précieuses pour faire des colliers, des bagues ou pour mettre sur des couronnes ou des diadèmes. Je vous dirais la couleur de chacune de ces pierres, ensuite.

    Nino : di...a...mants... des diamants... des... ru...di...

    Enseignant : Regarde au tableau : la dame ou la botte ?...

    Nino : Ah, la botte !... des ru...bis... des rubis... comme le rugby ?...

    Enseignant : Nino, nous aimerions bien savoir le nom de la dernière sorte de pierres... Dépêche-toi.

    Nino : des... to...pa...zes... des... topa...zes... des topazes ! Ah ça, je l'avais jamais entendu, ce mot-là...

    Enseignant : C'est normal. C'est une pierre jaune, le topaze... Pas vraiment précieuse d'ailleurs... Enfin, moins que les deux autres. Qui me rappelle leurs noms ? Olympe ?

    Olympe : Des diamants, c'est transparent, le diamant... Et des rubis, je crois que c'est rouge... ou alors vert...

    Peyo : C'est rouge ! Vert, c'est pour l'émeraude. C'est écrit sur les tubes de peinture : vert émeraude.

    Enseignant : Très bien. Olympe, relis-nous tout le dernier paragraphe, s'il te plaît. Pas trop vite. Les autres, vous essayez de suivre avec votre doigt et votre chuchoteur. Ilan, je me mets à côté de toi et je veux entendre tous les mots. Les yeux sur la feuille, jeune homme !

    Olympe : Pourtant... tout le monde... a envie... de... savoir où Rusé-Renard... a caché son trésor ! Un trésor... énorme ! De l'or,... des bijoux,... des écus d'argent,... des diamants,... des rubis,... des... topazes...

     Enseignant : Très bien. Ah, quelle heure est-il ? Oui, c'est ça Peyo : presque 9 h 45. Cela veut dire qu'il nous reste plus de 15 minutes avant que la professeur de musique arrive. Nous avons donc le temps de tout relire, assez vite maintenant et, peut-être même, de faire au moins l'écriture. Chacun va lire un paragraphe. Regardez ici : je vous montre sur mon livre. Peyo lira le premier paragraphe, Quentin, le deuxième, Rose, le troisième, Salima, le quatrième, et Théo, le cinquième. Allons-y, Peyo. Toi qui lis déjà bien, essaie de mettre l'intonation : tu sais, comme si tu étais un papa, ou un maître, qui lit l'histoire à son enfant, ou à ses élèves. Même chose pour vous, Quentin et Rose...Salima et Théo, ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas obligés d'aller aussi vite qu'eux ; l'important, c'est que vous compreniez ce que vous lisez. Écoutez bien, tout le monde, parce que cet après-midi avant de commencer, vous devrez me raconter cette histoire. Tout le monde est prêt, avec son chuchoteur ? Allez, top départ !

    Peyo : Le trésor du pirate.... Malo adore les livres... qui parlent de pirates... et de trésor !  

    Quentin : À la bibliothèque, ... il a trouvé un livre... qu'il lit et relit... tous les jours.

    Rose : Ah tiens, j'avais pas vu les guillemets... C'est bizarre, pourtant, personne ne parle...

    Enseignant : Personne ne parle ? Tu es sûre ?... Pour moi, quelqu'un parle... Qui saurait nous dire qui parle ?...

    Rose : Prrrt !... Aaah ! C'est Malo ?... Il nous lit le livre qu'il lit et relit tous les jours ?

    Enseignant : Qu'est-ce que tu en penses ? C'est possible ou pas ?... 

    Rose : C'est possible...

    Enseignant : Alors, si c'est possible, allons-y. Fais-nous Malo qui nous lit son livre préféré. Tu reprends ton chuchoteur, Hicham ? Et tu suis... Troisième paragraphe, là où nous voyons des guillemets en début de ligne.

    Rose : Sur l'île de la Rose Rouge... vit le... plus grand... et le plus méchant pirate... de tous les... temps. Ah non... de tous les temps !

    Salima : Son... nom... est... Ru-sé... Re-nard ! Tout... le... monde... s'é...car...te... s'écarte... quand... il... pa...sse... quand y passe. Tout le monde y s'écarte quand c’est y passe. 

    Enseignant : Regarde bien les mots, Salima. Tu ne vas pas très vite mais au moins tu n'inventes pas. Recommence.

    Salima : Son... nom... est... Rusé... Renard... Tout... le... monde... s'écar...te... s'écarte... quand... il... pa-sse... passe.

    Enseignant : Voilà, c'est très bien comme ça. Ne t'inquiète pas, bientôt, tu iras aussi vite que les copains. Allez, Théo. Sans inventer. À ta vitesse. Ilan, chuchoteur et yeux sur la feuille ! Dernier paragraphe. Ici. 

    Théo : Pour... tant... pourtant... tout... le... mon-de... monde... a... en-vie... envie... de... sa-vo...

    Enseignant : O.I., ça se prononce [wa].

    Théo : de... sa-voi-r... de savoir... où... Ru-sé... Rusé-Renard... a... ca-ché... son... tré-sor... trésor ! Un... tré-sor... trésor... é-no-r-me... énorme : de l'or... des bi-joux... des bijoux... des é-cus... écus... d'ar-guent... d'arguent... euh... d'argent... des écus d'argent... des... di...an...

    Enseignant : Attention, après M, il y a une voyelle... M choisit toujours la voyelle d'après... 

    Théo : di-a... dia... mants... des diamants... des ru-bis... rubis... des... to-pa-zes... des topazes.  

    Enseignant : Très bien, Théo. Très bien, Théo et Salima ! Vous progressez tous les jours. Vous verrez que bientôt, vos yeux sauront attraper tout le mot d'un coup et que vous lirez beaucoup plus facilement. Il faut juste s'entraîner, s'entraîner et encore s'entraîner. Quelle heure est-il ? Ah, bientôt 9 h 50. Encore 10 minutes... Si vous êtes assez rapides, nous allons pouvoir préparer le cahier du jour avant l'arrivée du professeur de musique. 
    Je vous montre le modèle et Ulysse, Vanina et Willy nous expliqueront tout ça. 

    9 h 50 - 10 h : Écriture

    Relations aux programmes : Écriture : Maîtriser des gestes de l’écriture cursive exécutés avec une vitesse et une sûreté croissantes / S'initier à l'orthographe lexicale 

    Les élèves ouvrent leur cahier du jour et regardent le tableau pour savoir quel va être leur travail.

    CP : Écriture-lecture, début janvier (1)

    Ulysse : D'abord, on écrit la date et les titres : Lundi 7 janvier, Écriture, Dictée, Exercice... et puis on souligne en rouge.

    Enseignant : Très bien. Ensuite, Vanina ?

    Vanina : On recopie les mots dessous le modèle...

    Enseignant : Oui, c'est ça. Tu peux nous lire le premier mot ? Attention, tu te souviens ?... Ce sont des mots avec S qui se prononce [z] parce qu'il est entouré par deux voyelles : une avant lui et une après lui. Vas-y.

    Vanina : un... t...r...é... t...ré... tré... [s]... non... [z]... [zo]...r... [zor]... un... t...ré...so...r... un tré... sor... un tré-sor...

    Enseignant : Un trésor... Oui, c'est ça. Tu sais ce que c'est.

    Vanina : Oui, c'est beaucoup de sous. De l'or... dans une boîte en bois. Comme Picsou.

    Enseignant : Lis-nous le suivant. Et Willy nous lira les deux autres.

    Vanina : il... est... r...u...ru...s...é... ssé... il est... ru...sé... ru-sé. Comme le renard qui est rusé.

    Willy : u-ne...une... ro-se... rose... une rose... u-ne...une... va-li-se... valise... Je les ai eus, mes Alphas, pour Noël ! Avec un jeu ! Et des livres ! Alors maintenant, je sais tout lire !

    Enseignant : Ah, très bien, Willy. Je suis vraiment content pour toi.

    Willy : C'est la or...tho...phoniste, elle les a commandés et après mon papa, y lui a donné les sous, et après on les a eus pour nous à ma maison, et après j'y ai joué avec la dame qui vient pour le ménage et...

    Enseignant : Et après, nous prenons notre crayon et nous commençons !... La date, les titres, nous soulignons et, si nous avons le temps : un trésor, il est rusé, une rose et une valise...

    10 h - 10 h 45 : Chant  / Musique

    Avec l'intervenant.

    10 h 45 - 11 h : Récréation

    11 h  - 11 h 10 : Temps incompressible

    11 h 10 - 12 h : Mathématiques

    Relations aux programmes : Compter : Comprendre et utiliser des nombres entiers pour dénombrer / Nommer, lire, écrire, représenter les nombres

    Dans la même série :

    Rentrée des classes :

    CP : Les débuts en écriture-lecture (1)CP : Les débuts en écriture-lecture (2) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (3) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (4)

    Un mois plus tard :

    CP : Écriture-lecture, 1 mois plus tard... (1) ; CP : Écriture-lecture, 1 mois plus tard... (2)

    Deux mois plus tard :

     CP : Écriture-lecture, 2 mois plus tard... (1) ; CP : Écriture-lecture, 2 mois plus tard... (2)

    Début janvier :

    ... ; CP : Écriture-lecture, début janvier (2)


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