• Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...
    Dédicace spéciale au monsieur qui pense que la consonance d'un prénom et le taux de mélanine 
    ont quelque chose à voir avec la réussite scolaire...

    Les CP viennent de découvrir les compas. Les CE1 leur ont montré comment s'en servir. J'ai fourni quelques pistes de recherche, trouvées à droite à gauche, surtout dans les spécimens de manuels de mathématiques de cycle 3 qui s'empoussièrent dans le placard du fond.

    Dès qu'ils ont cinq minutes, ils se lèvent - dans ma classe, on a le droit, si le travail que j'avais donné est fini - prennent un compas, une feuille, des crayons, et ils tâtonnent...
    Si c'est loupé, ils jettent. S'ils sont contents d'eux, ils me le donnent et j'affiche. Deux jours de compas, entrecoupés par seize jours de vacances, et voilà le travail !

    Tâtonnement expérimental...  

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Alors, bien sûr, vous me direz que certains sont encore loin de valider la compétence Maîtrise l'outil cyclogénérateur... que d'autres n'ont des notions de centre, d'arc, de corde, de symétrie que quelques bribes encore très mal dominées...

    Mais ne croyez-vous pas que ç'aurait été dommage pour mes petits CP si, comme me le proposait quelqu'un récemment sur un réseau social, je n'avais plus de compas dans ma classe parce que mes CE1 n'en auraient plus besoin (un changement de programme scolaire, par exemple) ?
    Ne croyez-vous pas que lorsque mes petits CP arriveront au CE1, au CE2 ou plus tard, ces quelques essais les aideront à trouver les exercices sur le cercle et le disque moins ardus, moins étranges, moins inconnus ?

    J'ai toujours cru qu'il fallait proposer un milieu riche, aidant, plein de matériel propre à piquer la curiosité des enfants, leur donnant l'occasion d'expérimenter, de tâtonner, de créer...
    J'ai toujours cru que si l'on faisait cela, c'était pour que tous aient l'occasion de commencer à explorer des domaines variés, à les creuser un peu si l'occasion s'en présentait.
    J'ai toujours cru que, du moment où on se rendait compte que tous se piquaient au jeu, on pouvait institutionnaliser la connaissance, aider ceux pour qui c'est encore un peu flottant, obtenir une maîtrise raisonnable et raisonnée, en tenant compte de l'âge des enfants qu'on a en face de soi.
    J'ai toujours cru que notre rôle à nous, enseignants, c'était de leur offrir l'autonomie que donnent ces maîtrises multiples, dans tous les domaines...

    Cela vous permet sans doute de comprendre pourquoi ça me rend si triste lorsque je lis qu'on met les enfants sous pression en leur offrant ce dont ils ont besoin pour progresser régulièrement, un pas après l'autre, en tâtonnant de moins en moins et en ayant le droit, de temps en temps, de pousser la barrière du jardin pour aller découvrir ce qu'il y a derrière...

    Tâtonnement expérimental...
    Dédicace spéciale au monsieur qui... gna gna gna... air connu...


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  • Commentaires

    1
    Christine
    Jeudi 30 Avril 2015 à 10:53

     Dans ma classe de CE1 on a aussi des compas, évidemment, 13 pour 21 élèves, (l'éducation nationale est pauvre), donc on se débrouille.


    Les compas outre leur utilité en tant qu'outil cyclogénérateur, est devenu immédiatement un outil créagénérateur. Dès que le travail est fini, on se lève et on va là où "y a des feuilles", et rosaces sur rosaces, de toutes formes, de toutes couleurs, on découpe et on colle, et tout d'un coup sur les murs de la classe fleurissent une multitudes de fleurs inédites, sorties tout droit d'esprits créatifs et intelligents, qui ont compris le rapport du cercle à son rayon, l'importance du centre, la ligne courbe, et qui sait, peut être plus.

    2
    Lundi 4 Mai 2015 à 20:34

    Piquer la curiosité des enfants pour qu'ils se piquent au jeu, voilà une situation pédagogique qui ne manque pas de piquant grâce au compas ! yes

    3
    Lundi 4 Mai 2015 à 20:47

    Les nouveaux compas piquent à peine. Facile de se piquer au jeu quand on sait qu'on ne se piquera pas les doigts.

    4
    Normandyx
    Mercredi 13 Mai 2015 à 14:51

    Dans ma classe, qu'elle ait été CP/CE1  ou CE1/CE2, il y a toujours eu des compas, et comme je suis pointilleux sur le choix et casse pied sur l'usage du matériel, tout le monde a le sien. Ma préférence va à ceux qui peuvent serrer n'importe quel crayon ou feutre ou stylo-bille de couleur pour faire de jolis dessins.

    C'est fou le temps qu'on gagne quand on en arrive à devoir utiliser l'outil pour faire de la géométrie. J'ai des compas modernes qui ne piquent pratiquement pas et les autres, à l'ancienne, qui piquent mais permettent aussi de tracer sur des supports différents, et pour l'instant, ils ont tous leurs 2 yeux et les tables ne sont pas piquetées.  Mieux, il est rare que chez les CE1, le père noël n'apporte pas un compas en plus du dictionnaire, parce que ceux de l'école, on ne peut pas les emporter à la maison...

     

    Mon dieu que je suis fatigué de toutes les prescriptions des spécialistes et des interdits de toutes sortes! Laissez les gens bosser, et juger leur façon de faire en fonction de leurs résultats.  (comment expliquer que dans une commune n'ayant pas connu de changement notable dans la composition de la population, on passe de moins de 1 enfant non lecteur en fin de CP par an (même pas 1 an sur 2) à 1/3 d'une cohorte qui ne lit pas 2 Phrases simples?

     

    Plus ça va, plus je suis heureux de rendre mon cartable et plus ce que j'avais un peu tendance à redouter me parait une libération.

    5
    Mercredi 13 Mai 2015 à 15:09

    La méthode de lecture n'aurait pas changé, par hasard, Normandyx ?...

    Et d'ailleurs, en parlant de ça, où a été enterré le rapport que Goigoux devait nous pondre sur des états généraux de l'apprentissage de la lecture ?... Les conclusions auraient-elles dérangé du monde ?...

    6
    Normandyx
    Vendredi 15 Mai 2015 à 01:21

    L'instit a changé, la méthode aussi, c'était Léo et Léa qui marchait bien, après Grindelire à la sauce très syllabique. 

    A ma grande honte, je ne sais pas le nom de la nouvelle méthode, mais comme je vais dans la classe pour les échanges d'anglais/sciences et que je ne vois ni tableau de syllabes, ni affiches avec des phonèmes et des images de références (pourtant j'en ai même proposé des tout faits), j'avoue que je ne me suis pas investi dans la liaison, ce n'est pas ribambelles, c'est tout ce que je peux dire.

    Il se passe juste ce que j'avais prévu et déjà vu, quand un certain nombre d'enfants ne sont pas suivis et encadrés à la maison, les moins motivés passent à côté de l'essentiel et font illusion jusqu'en décembre grâce à la mémoire auditive. La première année, bonne cuvée, ça passe, des faiblesses en orthographe qui sont pesantes en CE1 beaucoup de confusion c/G b/d v/f d/t an /on... (ça c'est aussi la classe brouhaha de la GS au CP selon moi)

    En mai, ne pas être capable de dire par quelle lettre peut bien commencer le mot Petit, ou le mot moyen répété plusieurs fois, en insistant lourdement, ça me laisse rêveur... (le mot cauchemardeur n'existant pas)

    Tellement rêveur que devant l'ampleur de la tâche et la répartition pédagogique à revoir sinon je dépasse les 30 avec du double cours discontinu (qui en serait un triple vu les non lecteurs complets) , que je quitte le navire, ou plutôt j'embarque pour les îles, ou plutôt la ZIL, je sens que je verrais encore de quoi m'agacer les dents, mais je n'aurais pas la responsabilité de rattraper ceux qui se noient,n on fera ce qu'on pourra, et ce sera une façon de se détacher sans laisser d'auréole (emprunt à Bashung).

    7
    Vendredi 15 Mai 2015 à 09:17

    Je te comprends. Il y a un moment où, sans pour cela être démissionnaire, on a passé l'âge de jouer les sauveurs de l'humanité. Surtout pour une année scolaire ! Quand on sait que l'année d'après, tout sera à nouveau fichu en l'air et qu'on laissera à nouveau le déterminisme social jouer les sélectionneurs à la mode Antibi.

    8
    Normandyx
    Vendredi 15 Mai 2015 à 19:52

    Ce ne sont pas les plans que j'avais faits, mais entre les cas lourds suivis en psychothérapie depuis la maternelle et qu'on fait venir d'ailleurs dans ma classe parce que ça a déjà marché avec d'autres et l'absence de reconnaissance du travail par des moyens humains, ils auront cassé le jouet, je ne me sens pas de faire du triple cours à plus de 30 avec 1/5 de non lecteurs et des cas lourds au niveau comportement, le plus bête c'est que je trouve encore le moyen d'avoir quelques remords d'abandonner le navire, en particulier vis à vis des cas qui s'arrangeaient au fil des mois, une deuxième année leur aurait fait du bien.

    9
    Vendredi 15 Mai 2015 à 20:00

    Tiens, tiens, comme c'est bizarre... Quand je vois mes deux petits fragilous de GS, l'un qui parle à peine et l'autre qui a toutes les peines du monde à soutenir son attention dès que le niveau de langue s'élève un peu, si tu savais comme j'ai des remords de les laisser...

    10
    Gelsomina
    Lundi 15 Juin 2015 à 19:18

    Chouette article que j'avais loupé. Doublecasquette, je suis désespérée que tu partes en retraite sans que j'ai eu la chance de pouvoir passer un peu de temps dans ta classe... cry

     

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