• Opposition bruit/ silence

    Cycles 1 et 2 : Opposition bruit/ silence

    État des lieux

    Bien souvent, en classe, le ton monte. Machin parle à Bidule pendant que Truc s'agite sur sa chaise et fait tomber sa règle, l'enseignant s'égosille, Machin parle encore plus fort, et c'est de pire en pire.

    Alors on se dit que ça vient de l'enseignement frontal et on organise sa classe en ateliers, et on s'égosille toujours autant parce que les joueurs de cartes s'esclaffent pendant que ceux qui sont aux petits chevaux se chamaillent et que ceux qui devaient refaire leur prénom en pâte à modeler ont éparpillé de la pâte à modeler et que c'est la faute à Emma paske Enzo lui a dit que...

    Alors on se dit que, peut-être, avec les AIM (activités individuelles de manipulation), on aura un peu plus de silence, surtout si on arrive à obtenir de la mairie qu'elle investisse dans quelques tablettes numériques et qu'on ait trois ou quatre ordinateurs en fond de classe et puis des casques audio pour qu'ils écoutent l'histoire et puis qu'on s'occupe d'un des quatre derniers qu'on aura installés loin les uns des autres dans les quatre espaces dédiés installés aux quatre coins de la classe...

    Et puis, finalement, il y a du bruit quand même. Beaucoup moins, grâce aux écrans et à leurs vertus hypnotiques, mais quand même, dès que ce temps d'ateliers est impossible – en sport, en musique, en regroupement – on dirait que le bruit redouble, au contraire.

    Alors pourquoi, malgré une préparation et une organisation parfaites, malgré des activités ludiques, qui rendent l'enfant acteur de ses apprentissages, avons-nous parfois l'impression de nous retrouver en plein champ de foire, un jour de fête foraine ?

    L'opposition bruit/silence

    Un enfant qui joue ne s'entend pas crier, il est pris par son jeu et s'exprime selon son registre habituel, souvent plus près de la voix criée que de la voix susurrée.

    Un enfant qui a tout à coup quelque chose à dire le dit, même s'il est tout seul, et bien souvent, il le claironne.

    Un enfant qui est pris par son activité n'a pas non plus conscience des bruits parasites, des paroles des uns et des autres, des cliquettements d'un stylo, de la porte d'armoire qui grince à chaque ouverture et chaque fermeture, de la main qui tapote la table pendant qu'il écoute de la musique, etc.

    Et il les entend d'autant moins qu'on ne lui a pas appris à les écouter. Sans éducation de l'ouïe – et nous avons de moins en moins de temps pour en faire – certains enfants, inéduqués aussi à la maison dans ce domaine, ne perçoivent pas consciemment bruit ou silence, même s'ils ont 6, 7, 8 ans ou plus.

    Cette éducation de l'ouïe est pourtant notre mission principale, surtout pendant les années "maternelle" et les premières années "élémentaire", car c'est elle qui va les préparer à pouvoir recevoir un enseignement collectif visant à leur transmettre des connaissances et des savoir-faire.

    Cela se fait principalement par l'éducation sensorielle – la grande oubliée des programmes actuels – souvent remplacée par un peu d'éducation civique et morale, saupoudrée d'un zeste de bonne vieille technique de la carotte et du bâton rebaptisée de noms tous plus ronflants les uns que les autres.

    Ici, par exemple, pour ces problèmes récurrents de bruit qui épuise tout le monde et qui nous fait souvent sortir aphones de nos salles de classe, on va conseiller d'établir des règles de vie, avec échelle de sanctions ou de récompenses, ou de récompenses et de sanctions, ou de les mettre seuls sur la chaise à réfléchir pour "qu'ils se rendent compte",ou de leur donner beaucoup de travail écrit, ...

    Ce qui ne fonctionnera qu'à la marge puisque le problème se situe en amont de ces règles de vie, dans une méconnaissance totale ou partielle de ce qu'est ce bruit et de la façon dont on le contrôle.

    La première chose à faire, c'est donc de leur apprendre à prendre conscience de ce bruit. Et, comme tous les apprentissages premiers, chez les petits et tout-petits (et chez les plus grands non éduqués), cela se passera par la perception des différences entre bruit et silence. J'ai bien dit la perception, physique, pas la verbalisation scientifique. Juste ça : « Ah tiens, il se passe quelque chose. Mon oreille ressent un changement. »

    Le concert : règle du jeu

    Jeu à organiser de la Petite Section au CM2.

    But du jeu : Prendre implicitement conscience que le voix se contrôle, comme les jambes ou les bras.

    Le jeu se fera plutôt dehors qu'en salle de classe en raison des perturbations du niveau sonore pour les classes voisines, mais, surtout chez les plus petits, il peut aussi avoir lieu dans la salle de classe (car les petits obéissent à des règles simples du style : « Ici, c'est ici, ailleurs, c'est ailleurs. Ce qui est valable ici l'est pour ici et uniquement pour ici et ce qui est valable ailleurs l'est pour cet ailleurs-là et uniquement cet ailleurs-là).

    → On installe les élèves en chœur.

    → On leur explique qu'ils vont jouer un drôle de concert dont ils suivront la "musique" grâce à nos deux bras que nous écarterons plus ou moins face à eux.

    → Quand nous écarterons les bras, ils devront faire du bruit avec la bouche, quand nous les resserrerons, ils devront faire diminuer le bruit jusqu'à se taire complètement lorsque nos mains seront jointes.

    → Diriger cet orchestre pendant environ 1 minute en jouant sur l'intensité du son :

    ◊ écarter très lentement, resserrer d'un coup...

    ◊ écarter un peu, resserrer, écarter un peu, resserrer, écarter un peu...

    ◊ etc.

    ◊ Toujours finir par un moment où le son "meurt" peu à peu.

    → Au début, il faut le faire parfois 3 ou 4 fois par jour, à tous les niveaux.

    → Après, peu à peu, quelques secondes de temps en temps suffisent,

    ♥ sauf en Petite et Moyenne Sections où c'est de la phono utile, bien plus que le comptage de syllabes et où il faut continuer toute l'année

    ♥ et en Grande Section et CP où cela pourra déboucher sur de la lecture et de l'écriture de "partitions" avant de se transformer en simple jeu d'attention visuelle et auditive comme dans les grandes classes.

    → Cela fonctionne aussi avec les « cliqueurs » de stylos 4 couleurs et les secoueurs de feuilles bristol. Il suffit de proposer un « concert de stylos » ou un « concert de feuilles secouées » et de tenir le rôle de chef d'orchestre de la même manière mais en jouant sur la pulsation, lente ou rapide, plutôt que sur l'intensité sonore.

    Observation raisonnée :

    Lorsque cette prise de conscience implicite est faite et que les enfants savent à peu près contrôler l'intensité de leurs émissions vocales, généralement à partir de la Grande Section (un peu plus tard lorsque le travail n'a pas été fait en PS et MS), on peut parfaire le travail en les amenant à observer leur système phonatoire.

    C'est par ailleurs un excellent exercice préparatoire à la lecture pour les GS et un complément de choix pour aider les élèves de CP – ou les élèves plus âgés en difficulté – à distinguer finement les sons.

    → demander aux élèves de toucher leur gorge quand ils parlent pour sentir vibrer leurs cordes vocales (main à plat sans appuyer)

    Opposition bruit/ silence

     → Puis recommencer en parlant tout bas pour sentir que ça vibre moins

     → Enfin chuchoter pour voir que ça ne vibre plus du tout 

    →  s'entraîner à chuchoter

    On peut alors leur dire qu'ils ont le droit de chuchoter, à condition que de temps en temps, ils pensent à vérifier qu'il n'y a bien aucune vibration des cordes vocales.

    Charité bien ordonnée commence par soi-même

    Travaillons nous aussi cette culture de l'ouïe : 

    →  en nous écoutant parler,

    → en apprenant à jouer sur l'intensité et le registre de notre voix

    → en sachant anticiper les moments où le ton va monter,

    → en prenant conscience de ce qui a déclenché ce bruissement devenu murmure puis bourdonnement puis rumeur et enfin brouhaha puis tumulte !

    → en cherchant à corriger ce qui, dans notre organisation, est un facteur déclenchant

    Cadeaux bonus !

    Quelques constatations :

    Un enfant est un être d'habitude, il ne comprend pas les changements de direction trop fréquents : pas de moments où on a le droit de crier au prétexte de se défouler.

    D'ailleurs, un enfant qui crie ne se défoule pas, il s'excite.

    Donc pas de cour de récréation où ça hurle dans tous les sens, pas d'encouragements genre Finale de la Coupe du Monde à chaque fois qu'on organise un jeu sportif quel qu'il soit, pas de groupies du pianiste qui hurlent pendant que la classe de M. Ducéhèmdeux chante le dernier tube à la mode.

    Beaucoup de chant, d'écoute musicale pour cultiver l'ouïe. De tous styles et de toutes origines pour ouvrir l'esprit et garantir l'égal accès à la culture à tous. 

    Beaucoup de lectures et de vocabulaire pour apprendre à exprimer son plaisir, sa joie, son approbation autrement que par des cris et de l'excitation.

    Quelques petites histoires pour apprendre à se contrôler :

    ♥ Le loir du couloir

    Dans le couloir des porte-manteaux, bien caché dans son petit nid, quelque part là-haut dans le plafond, dort un petit loir. Il est très timide, le pauvre, et il a besoin de beaucoup de sommeil parce que, toute la nuit, il se promène dans les classes et regarde toutes les jolies choses que les enfants ont fabriquées. Parfois même, il dépose sur la table de présentation un petit cadeau qu'il a ramassé pour eux : un caillou brillant, une noisette, une fleur qu'il a cueillie, ...

    Il aime beaucoup les enfants, mais ils lui font peur, surtout quand ils font du bruit. Quand ils crient dans le couloir, juste sous son nid, il est terrorisé. Il se demande même s'il ne va pas aller habiter ailleurs et ne plus jamais revenir dans cette école.

    C'est pourquoi, dans notre école, comme nous aimons beaucoup le petit loir du couloir et que nous voulons le protéger et respecter son sommeil, nous ne crions jamais dans les couloirs. Jamais.

    ♥ La limace de la classe

    Dans notre classe, il y a une limace. Une limace invisible, très rare, qu'il faut protéger par-dessus tout. C'est la limace de la classe.

    Comme toutes les limaces, elle avance doucement, tout doucement, lentement, très lentement.

    Comme toutes les limaces, elle a un corps tout mou, sans aucune protection.

    C'est pourquoi, nous, dans notre classe, nous marchons aussi doucement, tout doucement, lentement, très lentement. Parce que nous ne voulons surtout pas écraser la limace de la classe qui se promène là, par terre, au milieu de nous.

    ♥ Pinocchio et Jiminy Criquet

    Pinocchio est un pantin de bois. Comme tous les pantins de bois, il n'a pas de cerveau. Ce qui fait qu'il ne comprend rien. Rien de rien. On dit qu'il n'a pas de conscience.

    Et comme il n'a pas de conscience, souvent, il se met en danger. Quelquefois des grands dangers, quelquefois des dangers moins grands mais qui le coupent de ses amis qui savent qu'on ne peut pas lui faire confiance. Même quand il fait quelque chose de bien, il ne le sait pas et, du coup, il ne peut pas apprendre à bien se comporter tout le temps puisqu'il ne sait pas ce qui est bien et ce qui est mal.

    Alors la Fée Bleue lui a donné Jiminy Criquet, un grillon qui va lui servir de conscience.

    Jiminy Criquet est là pour lui dire : « Attention, Pinocchio, là, si tu continues, tu vas tomber.. Et quand ils tombent, les pantins de bois, eh bien, ils se cassent. » ou « Attention, Pinocchio, là, tu ennuies tout le monde. Si tu continues, ils te diront qu'eux, ils ne jouent pas avec des pantins de bois sans cervelle ! »

    Il est aussi là pour lui dire : « Bravo Pinocchio ! En ce moment, tu te comportes exactement comme un vrai enfant bien éduqué. C'est comme ça que tu devras te comporter tout le temps si tu veux que la Fée Bleue te transforme en enfant à qui on fait confiance. »

    Vous, vous avez la chance d'être de vrais enfants, avec un Jiminy Criquet dans la tête. Un qui peut vous dire ce qui est une attitude responsable de grand garçon ou de grande fille et ce qui est une "glugluterie" de pantin de bois sans cervelle !... C'est quand même mieux d'avoir une conscience que de devoir se promener sans arrêt avec un grillon sur son épaule ou dans sa poche !

    ♥ Le petit enfant qui n'a pas de feu rouge dans sa tête

    La plupart des êtres humains naissent avec un feu rouge dans la tête. C'est ce que les grands appellent la « conscience ».

    Au début, quand nous sommes tout petits, ce feu ne nous sert qu'à nous avertir que là, quand il est rouge, on est malheureux, et là, quand il est vert, on est heureux.

    Quand on est heureux, on gazouille et on fait des sourires.
    Généralement,ça allume le feu vert des adultes : ça les réjouit et ils s'approchent de notre berceau, nous racontent des choses agréables auxquelles nous ne comprenons rien mais qui nous rendent encore plus heureux tellement elles ont l'air douces et calmes.

    Quand on est malheureux, on crie et on pleure.
    Généralement, ça réveille le feu rouge des adultes qui viennent vite voir pourquoi on est si malheureux : vite, ils nous changent ou nous nourrissent, ou bien encore ils décoincent notre main que nous avions coincée sous notre corps ou tout autre chose qui nous ennuie...

    Alors, cela nous fait comprendre que ce feu rouge est très utile et nous nous en servons pour beaucoup plus de choses. Et particulièrement pour attirer les autres, les adultes par exemple, parce qu'ils nous aident quand nous avons besoin d'eux. Mais aussi les autres enfants avec qui nous aimons partager des moments.

    Seulement voilà, les autres aussi ont leur feu rouge qui les avertit quand ça ne va pas. Et petit à petit, nous devons apprendre à nous dire que là, le feu rouge de la personne qui est près de nous va la faire hurler et tempêter ou que là, au contraire, son feu rouge va passer au vert et nous dire que nous sommes exactement sur la route qu'il faut et que nous pouvons continuer à avancer.

    Hélas, de temps en temps, il arrive qu'un enfant naisse sans feu rouge ou que, pour des raisons très compliquées, il n'ait pas appris à le faire fonctionner correctement.
    Cet enfant-là est très malheureux car il ne sait pas s'arrêter. Il file, file, sans pouvoir se dire stop. Et cela provoque des catastrophes, des petites et des grandes. Alors, il essaie de réparer tout ça et c'est parfois encore pire parce que, là non plus, il n'a pas le bouton qui lui dit : « Non, pas comme ça. » ou alors « Oui, voilà, comme ça ! »
    Et si en  plus, les feux rouges des autres s'allument tous les uns après les autres, leurs hurlements tempétueux le mettent encore plus à bout de nerfs et rajoute des catastrophes aux catastrophes !

    Pour lui la vie est très difficile mais, si les autres réagissent avant qu'ils soient obligés d'allumer leurs feux rouges, c'est déjà plus simple.

    Ses camarades de classe peuvent lui procurer de l'aide et lui apprendre peu à peu à fabriquer et utiliser son feu rouge, tout comme le font son maître ou sa maîtresse, son accompagnateur ou son accompagnatrice.

    Il leur suffit de savoir que plus il y a d'agitation et de bruit autour de lui et plus cet enfant sans feu rouge souffre car son cerveau ne peut pas dire stop à ces bruits qu'il entend et à ces mouvements désordonnés qu'il voit.

    Au contraire, quand il vit dans le calme, sans chaises qui raclent le sol, sans pieds qui le martèlent, sans bavardages et papotages en tous genres, sans ricanements ou cris de colère, il peut, en respirant calmement et en soufflant doucement, arriver peu à peu à se contrôler. 
    Ce contrôle, c'est le signe qu'il est en train de construire son feu rouge et qu'il faut persévérer dans le calme et le silence, sans rajouter de l'agitation à son agitation personnelle.

    Et attention, grand secret des grands secrets : ne surtout pas l'applaudir et lui faire la hola parce qu'aujourd'hui, il a été sage et n'a pas fait de crise, cela détruirait des heures et des heures de travail.

    Juste le prendre par la main, lui parler doucement et lui dire : « S'il te plaît, tu veux bien être mon ami ? »


  • Commentaires

    1
    Elibulle
    Samedi 5 Septembre à 12:25

    Un grand merci ! Lire cet article permet de se sentir moins seule, moins désarmée devant le fléau bruit, surtout dans une classe triple niveau. Je prends les cadeaux bonus avec une grande reconnaissance pour ces secrets de maitresse...

      • Dimanche 6 Septembre à 11:39

        Merci Elibulle ! Il y en a plein d'autres, de ces secrets de maîtresse. Je les communiquerai à l'occasion.

    2
    Natacha
    Samedi 5 Septembre à 12:29
    Merci!
    3
    Bartoli Sandra
    Samedi 5 Septembre à 13:19
    Merci beaucoup pour cet article. Une mine d'or.
    Merci.
    4
    Julie
    Samedi 5 Septembre à 13:48

    Merci beaucoup :-) Cet article est très enrichissant et va beaucoup m'aider dans les prochaines jours je pense !

      • Dimanche 6 Septembre à 11:37

        Merci Julie. À accompagner obligatoirement d'une échelle de bruit tolérable stable et d'un emploi du temps dans lequel l'inaction n'a pas sa place. Un enfant qui s'ennuie aura plus tendance à papoter qu'un enfant occupé à faire quelque chose qui l'intéresse.

    5
    sittelles
    Samedi 5 Septembre à 14:06

    Merci encore pour ces propos pertinents et toujours justes. 

    6
    Christine
    Samedi 5 Septembre à 19:27
    Un grand merci pour cet article !!! Plein d’idées pour tenter de dompter ce bruit incessant !!
      • Dimanche 6 Septembre à 11:34

        J'espère de tout cœur que ça fonctionnera aussi chez vous, Christine !

        Les miens s'y sont toujours mis assez vite, avec rechutes à chaque retour de vacances, bien sûr, chaque année.

        Plus ils sont jeunes et plus c'est facile. Plus c'est suivi dans l'école, y compris dans la cour et par les personnels municipaux aussi.

    7
    Marie
    Samedi 5 Septembre à 20:00
    Sympa cette petite lecture.
    Cela fait rêver les enfants...mais pas qu'eux. Je me suis imaginée les différents personnages dans notre école
      • Dimanche 6 Septembre à 10:59

        Oui... C'est vrai.... Merci et bonne année scolaire.

    8
    Céline
    Samedi 5 Septembre à 23:00

    C'est très intéressant ! Je vais le tester rapidement...

      • Dimanche 6 Septembre à 10:42

        Merci beaucoup !

        À accompagner bien sûr d'une "échelle" du bruit en classe stable et d'activités suffisamment courtes et motivantes pour ne pas générer l'ennui et le désœuvrement.

    9
    Marika
    Dimanche 6 Septembre à 03:02

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant et plein de ressources !

    10
    Msr
    Dimanche 6 Septembre à 07:22
    Merci pour ces belles histoires
    11
    Maman Kriska
    Dimanche 6 Septembre à 07:48
    Superbe article, je commence dès demain avec mes TPS PS MS
      • Dimanche 6 Septembre à 10:38

        Merci.

        A accompagner bien sûr d'encouragements à ne pas être bruyants en classe et d'exemples de classe calme, classe qui doit baisser le ton, classe trop bruyante, etc. Si on ne le leur dit pas, ils ne peuvent pas savoir, comme ils ne peuvent pas savoir si cela change tout le temps.

        Penser aussi à leur donner "de quoi manger". Des enfants qui s'ennuient sont plus bruyants que des enfants occupés à une activité qui les passionne.

    12
    Alexy
    Mardi 8 Septembre à 15:20

    Merci !!! Exactement ce qu'il me faut pour ma classe de CP.

      • Mercredi 9 Septembre à 10:28

        Merci Alexy ! Petite astuce supplémentaire : faire durer le concert 1 minute exactement en vérifiant cette minute sur l'horloge à aiguilles de la classe.
        Encore plus efficace lorsque, sur cette horloge, la place des aiguilles au moment de la récréation est indiquée.

        Au troisième ou quatrième concert de la demi-matinée ou de la demi-après-midi, les élèves qui aiment prendre l'air en liberté sont beaucoup moins tolérants envers les bavards irréfléchis qui leur font perdre leur temps.

    13
    Mercredi 9 Septembre à 15:20

    Excellent article, merci !

    14
    Sabine
    Vendredi 11 Septembre à 13:09

    Merci pour cet article que je vais conseiller aux PES que j'ai en cours à l'INSPE, nos débutants ont bien besoin de ce genre de conseil !

    15
    E.B.
    Vendredi 11 Septembre à 23:08

    Mille mercis, c'est passionnant !

      • Samedi 12 Septembre à 10:09

        Merci E. B. N'hésitez pas à venir raconter ici votre expérience, ce blog ne demande qu'à recevoir vos histoires en plus des miennes.

    16
    Mademoisellelau
    Samedi 19 Septembre à 06:15

    Cet article raisonne très particulièrement en moi : cette année, j’accueille un élève ayant un trouble anxieux dans mon CP.Très développé, le trouble.

    Il a déjà mis la crèche et la mater à sac, me dit-on. Sa famille a dû déménager, on ne voulait plus de lui, d’après la maman en pleurs. Je ne l’accueille que 3 matinées par semaine, comme c’était déjà le cas dans son autre école. Tout nouveau travail le stresse, tout changement/évolution dans le quotidien de la classe doit être géré de manière particulière pour lui; enfin, tout ça c’est ce que  m’a expliqué l’ITEP; s’il refuse un travail, on ne doit pas le forcer, m’a t-on encore prévenue. Bon.

    Finalement, j’ai de la chance. La chance d’avoir une très bonne AVS. La chance d’avoir un petit garçon qui a très envie d’aller à l’école. La chance que les différentes origines de ses crises soient très faciles à détecter, et donc qu’il soit possible de réfléchir à s’organiser pour contourner, ou plutôt à préparer cet élève à ce qu’il va vivre. Ce qui me paraît plus constructif, quand même.
    J’ai profité de son absence et de questions posées par les enfants pour essayer de mettre des mots sur ce qu’ils voyaient : un enfant faisant des crises de colère terribles, en mode tornade, violent avec tous ceux qui se risquent à s’approcher de lui, enfants comme adultes, le tout saupoudré d’une flopée d’insultes dont il a le secret. Oui oui, je suis un peu le curé dans « l’Exorciste ».

    Et bien, j’ai été mauvaise. J’ai juste dit que c’était un petit garçon qui n’arrivait pas à gérer encore bien sa colère, comme un tout petit, et qu’il était en train d’apprendre. Qu’il allait y arriver, mais que cela prendrait encore un petit peu de temps. Qu’il était triste de cette situation et qu’il fallait bien l’entourer, jouer avec lui pour qu’il oublie un peu ses petits malheurs. Que tous ensemble, on allait lui montrer le bon chemin. Bla-bla-bla. Trop abstrait, verbiage... bref, pas terrible.

    Alors, lorsqu’il y aura d’autres questions, et il y en aura, je parlerai du feu rouge bien concret,  à mes CP. Merci beaucoup, une nouvelle fois, DC !

    Tes articles valent tous les stages, toutes les a anim’ péda du monde, merci !

      • Samedi 19 Septembre à 11:31

        Merci Mademoisellelau. Cette histoire de feu rouge, je l'ai inventée "grâce" à un petit garçon totalement incontrôlable, sans AVS, qui nous démontait notre maternelle à classe unique (TPS, PS, MS, GS, CP) en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Et elle a bien fonctionné, autant pour lui que pour les autres et pour moi qui ai appris à lui mettre un feu rouge très tôt, bien avant qu'il ne s'énerve et ne puisse plus se contrôler.

        Alors je l'ai réutilisée ensuite à plusieurs reprises avec des résultats parfois légers mais tout de même suffisamment significatifs pour que les "enfants sans feu rouge" puissent apprendre à lire, écrire, compter et calculer et laissent leurs camarades apprendre, et jouer, et pouvoir aller en sport, et pouvoir avoir des ciseaux et des compas en classe, et faire de la peinture et de la danse et de la musique et jouer à des jeux de société et des puzzles pendant les récréations pluvieuses, et tout ce que peuvent faire des élèves de 2 à 11 ans dans une école primaire...

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