• CM : Plus-que-parfait

    CM : Plus-que-parfait
    Merci au blog Notre, votre, leur... pour cette illustration.

    Un temps très usuel

    « Quand on était allé en classe de découverte, il nous l'avait dit qu'elle était dangereuse, cette plante, le monsieur... »

    « Eh ben, en fait, y'avait Léo qui jouait tranquille avec Mattéo et puis, en fait, y'avait Enzo qui était arrivé et en fait, il avait envoyé un coup de pied dans le jeu. Alors  du coup, Mattéo, il a dit qu'on devait venir pour se plaindre paske Enzo y nous avait embêtés. »

    « Quand le prince était entré dans le château, il avait vu que tout le monde dormait. Alors, il avait fouillé partout et il avait trouvé la Belle au Bois Dormant sur son lit, endormie. Et c'est là qu'il lui avait fait... bon, vous savez quoi... un bisou, quoi... et ça l'avait réveillée. Et tous les habitants du château s'étaient réveillés en même temps qu'elle... »

    « Oui, mais, j'te jure, t'avais dit que si on avait fini les opérations, on pouvait ranger le cahier... J'avais pas compris qu'il fallait aussi faire le problème. Oui mais moi j'avais entendu qu'on s'arrêtait après les opérations... »

    Quelques petites fausses conversations qui démontreront mieux qu'un grand discours que le plus-que-parfait est un temps non seulement utile mais en plus très utilisé par les moins de 12 ans. 

    Et s'ils l'utilisent à l'oral, à plusieurs reprises, chaque jour, dans toutes sortes de circonstances, autant qu'ils sachent l'écrire puisqu'il risque fort de se retrouver aussi à l'honneur dans leurs productions écrites. 

    Je ne dis pas que cela servira à tous et qu'ils ne peuvent pas continuer à en faire usage comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, mais pour tous ceux d'entre eux qui ont besoin de balises pour avancer, autant que les choses soient dites :

    ♥ Le plus-que-parfait est un temps composé formé de l’imparfait de l’auxiliaire avoir ou être et du participe passé.

    ♥ Le plus-que-parfait exprime une action qui s’est passée avant une autre action également passée elle aussi.

    Un temps qui permet de découvrir un système :

    Par ailleurs, apprendre aux élèves à structurer leur pensée, à nommer les choses, ce n'est pas les embêter, contrairement à ce qu'on nous a habitués à croire.

    C'est leur faire découvrir qu'il existe un système qui rend clair ce qui paraissait horriblement compliqué. En effet, grâce à ce deuxième temps composé, ils vont découvrir que tout a été bien conçu par nos lointains ancêtres. Ceux-ci s'en sont servis pour exprimer clairement ce qu'ils voulaient faire comprendre à leurs interlocuteurs, qu'ils soient sous leurs yeux ou qu'ils aient eu besoin de prendre le stylet ou la plume pour le leur transmettre.

    Ce système (l'indicatif) est ainsi conçu :

    ♥ quatre temps simples :

    qui marquent chacun une époque différente pour l'action ou l'état :

    → le présent,

    → le futur,

    → le passé en cours d'action (imparfait),

    → le passé dont l'action était déjà finie (passé simple),

    auxquels correspondent

    ♥ quatre temps composés :

    qu'on appelle ainsi parce qu'ils sont composés de plusieurs « ingrédients » (comme la salade du même nom) :

    → un auxiliaire au temps simple correspondant

    → suivi du participe passé du verbe.

    Ces temps composés marquent l'antériorité de l'action ou de l'état décrits sur l'action ou l'état décrits par le temps simple employé dans le même discours.

    Un système, ça simplifie tout :

    Quand on navigue à vue, sans carte ni boussole, on est obligé de caboter tout près de la côte, de s'arrêter à la nuit tombée, de ne rien entreprendre de plus risqué que quelques petites sorties sans ambitions.

    Pour l'écriture, c'est un peu différent, puisqu'il est maintenant admis qu'il est normal qu'un enfant et même un adolescent (voire un adulte... ) passe son temps à se cogner dans tous les écueils de la route, à s'enliser dans tous les sables mouvants, soit à se perdre en pleine mer orthographique sans que cela ne porte jamais à conséquence. Il arrive même qu'on accuse de malveillance les dévoués sauveteurs en mer qui essaient vaille que vaille de secourir les malheureux naufragés en leur proposant bouées, flotteurs, embarcations et guides de navigation !

    Il n'empêche que s'ils s'étaient embarqués sur un vrai bateau dont la coque s'ouvre provoquant leur vraie noyade, personne ne pourrait les retrouver dans leurs écrits parsemés de terminaisons qui n'existent pas et de temps et modes employés à tort.

    Je reste persuadée que nous sommes payés pour apprendre à nos élèves à naviguer, de manière à ce qu'ils puissent sans risque partir pour de vrais voyages au long cours. Et dans ce cas-là, la découverte et l'automatisation du plus-que-parfait, dès le CM1, est d'un grand secours.

    En effet, je l'ai très souvent constaté, la découverte de ce deuxième temps composé aide à repérer... la notion de temps composé !

    Tant qu'il n'y en avait qu'un, le passé composé, l'élève pouvait considérer que c'était anecdotique. Mais, s'il y en a un deuxième, ça devient sérieux et il faut en tenir compte.

    Il n'y a plus qu'à généraliser le système et tout le monde comprend que :

    un temps composé est formé de l’auxiliaire AVOIR ou ÊTRE à un temps simple et du participe passé du verbe.

    ♥ à chaque temps simple de l’Indicatif correspond un temps composé.

    Cette première pierre du système permet, par effet domino, de :

    repérer, différencier et orthographier les participes passés

    Ce qui entraîne, toujours par effet domino, à :

    clairement les distinguer des infinitifs, ce qui est particulièrement intéressant dans le cas du premier groupe.

    La tâche de l'élève est simplifiée, il orthographie mieux, ce qui est déjà un avantage incontestable.

    Il peut aussi, avantage encore plus incontestable, mieux comprendre le déroulement d'une action et par là-même mieux saisir l'implicite d'un texte,

    ♥ soit en se posant les bonnes questions au bon moment

    → quel est le temps des verbes ?

    → lesquels sont à un temps composé ?

    → qu'est-ce que cela nous indique ?

    → quel est donc l'ordre de déroulement des événements ?

    ♥ soit simplement parce que l'imprégnation constituée par les exercices de conjugaison ont nourri son intuition et qu'il comprend sans qu'il soit besoin d'un long discours dans quel ordre se sont succédé les événements dont il lit le compte-rendu.

    Pratiquement, comment faire ?

    NOTA BENE TRÈS IMPORTANT sinon les trois quarts des élèves se mettent à écrire une langue bizarre appelée la Conjuguite  :

    L'oral est forcément le matériau de base d'une leçon de conjugaison.

    ... et ce, depuis le CP (et même avant) et jusqu'au CM2 inclus (sauf pour le passé simple et le passé antérieur qui sont des temps de l'écrit).

    A) Phase orale :

    1) Proposer au tableau des phrases du même genre que celles-ci :

    Je me lève dès que mon réveil s'est arrêté de sonner.

    Tu manges ton dessert quand tu as fini le plat principal. 

    Il rangera ses affaires dans sa valise quand il les aura pliées.

    2) Les faire lire et expliquer éventuellement.

    3) Faire dire (sinon, attention à l'invasion des locaux scolaires par une horde d'extra-terrestres venus de Conjuguite !) les phrases en mettant le premier verbe à l'imparfait :

    Je me levais dès que ...

    Tu mangeais ton dessert quand ...

    Il rangeait ... 

    B) Phase écrite :

    1) Après l'oralisation, écrire ces phrases au tableau en se faisant « aider » par les élèves pour les terminaisons. 

    Placer chacune d'entre elles en-dessous de la phrase présent / passé composé (ou futur / futur antérieur) correspondante. 

    Je me lève dès que mon réveil s'est arrêté de sonner.
    Je me levais dès que mon réveil s'était arrêté de sonner.

    Tu manges ton dessert quand tu as fini le plat principal. 
    Tu mangeais ton dessert quand tu avais fini le plat principal. 

    Il rangera ses affaires dans sa valise quand il les aura pliées.
    Il rangeait ses affaires dans sa valise quand il les avait pliées.

    2) Faire repérer chaque verbe des nouvelles phrases et répondre aux questions habituelles :

    → Est-il à un temps connu ?

    → Passé, présent ou futur ?

    → Simple ou composé ?

    → Rappel : de quoi est composé un temps composé ?

    → Lequel est l'auxiliaire ? À quel temps est-il conjugué ?

    → Le participe passé a-t-il changé par rapport à la phrase d'au-dessus ?

    Lorsque les élèves ont repéré que le premier verbe est à l'imparfait mais que le second est à un temps composé inconnu dont l'auxiliaire est à l'imparfait, on peut même arriver à leur faire trouver que ce temps raconte un événement encore plus vieux que celui relaté à l'imparfait, qu'il est encore plus que parfaitement une histoire déjà passée que celui à l'imparfait et que c'est pour cela qu'on l'a appelé le plus-que-parfait.

    C) Phase d'automatisation :

    1) Leçon à construire ensemble au tableau :

    Faire conjuguer la première phrase de l'exemple à toutes les personnes (toujours à l'oral en premier, puis en épelant les terminaisons pour obtenir de l'écrit français et non un écrit conjuguitien).

    En extraire le modèle de la conjugaison du plus-que-parfait des verbes du premier groupe.

    En faire déduire, à l'oral puis à l'écrit, la conjugaison du plus-que-parfait des verbes du deuxième groupe, d'un ou deux verbes du troisième groupe, des verbes être et avoir (exercice oral qui doit être mené à un rythme très soutenu, en cascade, chaque élève énonçant une forme verbale, son voisin l'épelant, etc.)

    Faire comparer par les élèves eux-mêmes la conjugaison de ces verbes au plus-que-parfait avec celle au passé composé

    Faire conjuguer à l'oral un ou plusieurs verbes dont l'auxiliaire de conjugaison est être.

    Passer à l'écrit et rapprocher la conjugaison de ce verbe au plus-que-parfait de celle au passé composé. Faire remarquer que les règles d'accord du participe passé avec le sujet sont les mêmes

    Distribuer le tableau de conjugaison à chacun.

    CM : Plus-que-parfait

    2) Exercices collectifs, semi-collectifs ou individuels :

    Selon le niveau de la classe, on travaillera :

    →  en groupe-classe à l'oral, en épelant les terminaisons et tout sera écrit au tableau

    → en groupe-classe à l'oral, en épelant les terminaisons pour les premières phrases de chaque exercice

    → en petit groupe dirigé par l'enseignant pour certains élèves alors que les autres sont en autonomie sur leur cahier

    → en autonomie sur leur cahier

    Les exercices peuvent être faits :

    → tous en fin de séance,

    → étalés sur deux ou trois séances : l'une juste après la leçon, la suivante l'après-midi, la dernière le lendemain matin avant la nouvelle leçon d'étude de la langue.

    On trouvera ces exercices (attention la leçon est la même, mais les exercices diffèrent) :

    → ici pour le CM1 (C11 p. 54) : Télécharger « Grammaire CM1 - 1.pdf »

    → ici pour le CM2 (C11 p. 54) : Télécharger « Grammaire CM2 - 1.pdf » 

     

     


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