L'École Primaire comme je voulais la raconter

Merci à Le scrapauroreblog - Canalblog pour cette affiche que je lui ai empruntée.
En ce moment, il ne se passe pas un jour sans que je réponde à des collègues qui vont compléter des temps partiels ou qui sont à temps partiels et qui vont être complétés par un collègue.
Quand ce collègue est partant pour suivre OrthoGraph', tout est simple. On se répartit les séances et puis c'est tout.
Quand le collègue n'est pas enthousiaste, ou carrément opposé, c'est moins simple.
Par expérience, je suis d'avis de ne pas chercher à le convaincre et de le laisser faire « sa méthode » de son côté. On n'a rien à attendre de bon de quelqu'un qui suit des directives qu'on lui a imposées de l'extérieur et qui, pour le moment, les trouvent contraires à ses convictions. Il n'y a qu'à voir ce que donnent les injonctions ministérielles depuis quelques années pour s'en convaincre.
Dans ce cas-là tout se complique et tout va dépendre de la durée de votre intervention dans cette classe.
Abandonnez l'idée de suivre OrthoGraph' et coulez-vous dans le moule du collègue.
Ou, si vraiment vous ne pouvez pas vous résoudre à suivre une méthode qui vous semble contraire à vos convictions (style, « L'Everest en tongs, ce n'est pas pour moi ! ») concoctez-vous un petit moule pour vous, en y ajoutant quelques petits bouts d'OrthoGraph'...
Les dictées réussies par exemple. Ou la découverte des mots transparents puis de quelques régularités de la langue qui, tout à coup, rendent transparent ce qui a priori semblait irrégulier (les lettres muettes qu'on peut découvrir grâce à un mot de la même famille ; m avant m, b, p ; ss entre deux voyelles ; les phonèmes toujours traduits par des doubles consonnes comme app-, -onner ; certaines finales de mots appartenant au même champ lexical : les petits des animaux, les noms d'arbres fruitiers, les noms de métiers, les adjectifs et leurs antonymes en in-, im-, ... ).
Petite note explicative : Je prends l'exemple d'une collègue qui travaillera les mardis et les vendredis dans une classe dont la titulaire ne veut pas suivre OrthoGraph' car elle n'en apprécie pas les dictées. Cet exemple, que je n'ai eu qu'à copier-coller d'un courrier privé, est bien entendu valable pour tous les cas où l'on est à mi-temps, quelques jours que ce soit, avec un ou une collègue qui ne souhaite pas utiliser OrthoGraph'.
Je vous conseille de ne faire que les Séances 1 et 2, c'est-à-dire celles qui traitent de l'orthographe lexicale.
Peut-être en début d'année, aurez-vous quand même intérêt à ralentir le rythme de la méthode pour faire les 4 séances des 3 premières semaines sur 6 semaines, de manière à ce que les enfants aient tous compris l'importance des lettres muettes d'origine lexicale ou grammaticale.
Ensuite, à partir de la Semaine 4 (qui sera la 7 pour vous), toutes les semaines vous ne ferez plus que les Séances 1 et 2 de la manière suivante :
Mardi : Dictée de la Séance 3 de la semaine précédente + Séance 1 sans la dictée prévue puisqu'elle correspond aux acquis de la Séance 4 de la semaine précédente.
Petite note explicative : Attention, en Semaine 4, comme vous aurez déjà fait cette dictée la semaine précédente, vous devrez faire la dictée de la Séance 1 ; mais dès la Semaine 5, ce sera bien la dictée de la Séance 3 que vous devrez faire)
Vendredi : Dictée prévue à la Séance 2 + Séance 2
Comme vous n'aurez pas fait les séances sur l'orthographe grammaticale, vous devrez sans doute parfois aider les élèves à résoudre les problèmes grammaticaux qu'ils rencontrent dans la dictée.
Dans la mesure où vous respectez les principes de la dictée réussie, ce ne sera pas un problème. Il suffira d'appliquer le point n°3 de la procédure :
1. Je pose le problème aux élèves
2. Ils me donnent une réponse ou ils me font savoir qu'aucun d'entre eux ne la connaît.
3. Je donne la réponse en l'étayant d'une très courte explication.
Par ailleurs, votre collègue qui partage la charge d'enseignement du français avec vous a très certainement une progression de grammaire et de conjugaison qui, peu à peu, se recoupera avec celle d'OrthoGraph'. Ce sera un plus pour votre enseignement.
En effet, vous aiderez ainsi vos élèves à comprendre implicitement qu'il n'y a qu'une seule façon d'orthographier tels ou tels morphèmes grammaticaux, puisque, lorsqu'ils apprennent ceux-ci avec le maître ou la maîtresse du lundi et du jeudi, ils sont validés aussi par le maître ou la maîtresse du mardi et du vendredi.
Deux options s'offrent à vous.
C'est-à-dire ne faire que les Séances 1 et 2, obligatoires de toute façon car sinon la méthode n'a plus aucun sens, et soit la Séance 3, celle qui travaille le domaine du nom, soit la Séance 4 qui travaille plutôt le domaine du verbe.
Personnellement, je vous conseille plutôt le domaine du verbe, donc la Séance 4, car c'est celui qui a été le plus mal traité, et donc maltraité, depuis ces 35 dernières années (lorsque le domaine de la conjugaison a disparu des programmes pour ne devenir qu'un des sous-domaines de la grammaire).
Vous aurez donc un régime avec 3 dictées par semaine correspondant aux 3 séances que vous menez, en aidant les élèves sur tous les points qu'ils ne connaissent pas au niveau grammaire, aussi longtemps qu'ils ne savent pas répondre eux-mêmes aux questions que vous leur poserez.
De manière à voir les 4 séances en 3. Je suppose que c'est possible. Surtout si, en grammaire conjugaison, on suit la progression de la méthode Du mot vers la phrase.
Il suffit d'en faire un peu plus en Séance 1, en débordant un peu sur la Séance 2. Du coup, le lendemain, la Séance 2 étant plus courte, on déborde un peu plus largement sur la Séance 3, déjà vue en grammaire grâce à Du mot vers la phrase. Ce qui fait que le dernier jour, on peut finir la Séance 3 et traiter toute la Séance 4.
Bien sûr, on module au niveau des dictées et des exercices écrits, peut-être en proposant plus longtemps que prévu des exercices à trous plutôt que des exercices à recopier.
Et on fait confiance aux enfants pour que ce qui a été appris un peu plus vite et donc un peu moins solidement soit finalement aussi bien ingéré à un peu plus long terme.
Ceci dit, je n'ai jamais travaillé à temps partiel. Pas plus que je n'ai jamais obéi à un inspecteur, un conseil des maîtres ou un conseil de cycle pour employer telle méthode de telle manière avec tels outils et telle progression.
C'est pourquoi je demande aux collègues qui utilisent effectivement OrthoGraph' à temps partiel de bien vouloir compléter cet article en commentaire par la solution qu'ils ont adoptée dans leur classe.
Et, en espérant qu'ils seront nombreux à répondre à cette sollicitation, j'encourage les collègues qui recherchent des pistes à lire ces commentaires à la suite de cet article avant de faire leur choix.
Bon été à toutes et tous !