L'École Primaire comme je voulais la raconter

Récemment, une collègue demandait où nous en étions en mathématiques. J'étais une des « plus en retard » !
En effet, régulièrement, chaque année, et ce depuis une bonne dizaine d'années, j'arrive tranquillement au nombre 10 ou 11, lors de la troisième semaine de janvier !
À l'écrit bien sûr, et sur le cahier... Parce que, à l'oral, et à l'écrit, ensemble, sur le tableau, nous comptons depuis déjà quelque temps jusqu'à 100. À l'aide de nos doigts (n'oublions pas la force du groupe-classe : 10 enfants, cela fait 100 doigts) ou à l'aide d'un boulier sur lequel les élèves reconnaissent maintenant d'un coup d'œil si j'ai déplacé 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90 ou 100 billes (en prenant les cinq premières dizaines comme repère).
Sur ce boulier, ils savent aussi placer 1 dizaine de billes ; 1 dizaine de billes et 1 bille ; 1 dizaine de billes et 2 billes ; etc. jusqu'à 1 dizaine de billes et 9 billes et ils savent compléter avec mon aide un tableau présentant les dizaines à gauche des unités et compter les billes.
Même que, lorsque je leur pose la question « Que constatez-vous ? », nombreux sont ceux dont les remarques portent sur l'analogie entre écriture chiffrée de 10, 11, 12, …, et le nombre de dizaines et d'unités.
Parce que mieux vaut démarrer lentement et ne perdre personne en chemin que de se dépêcher de tout leur mettre sous les yeux et être obligé de faire 36 groupes de différenciation, tiens !
Donc, j'ai deux programmes :
♥ un programme quasiment oral d'imprégnation mathématique qui varie chaque année en fonction du niveau constaté chez mes élèves à la rentrée,
♥ un programme écrit qui se traduit chaque jour par un travail écrit sur fichier pour ma part mais qui pourrait tout aussi bien être pratiqué sur cahier (cela me demanderait juste d'y consacrer plus de temps en classe...)
Il a lieu partout et tout le temps :
→ dans le rang, quand nous comptons les élèves
→ en classe, quand nous avons besoin de faire des groupes, de distribuer du matériel, de prendre quelques élèves pour effectuer une tâche, ...
→ dans tous les domaines scolaires (français, questionner le monde, musique, anglais, éducation morale et civique), lorsqu'il s'agit de compter, de calculer, de raisonner sur les nombres, etc.
→ en EPS, soit dans des jeux sportifs n'ayant aucun rapport avec le programme de mathématiques (voir ci-dessus) mais aussi selon un programme bien précis, au cours duquel je mène des activités ritualisées mêlant EPS, mathématiques et même musique (rythmes frappés, déplacements selon un rythme, etc.) dont voici le « semainier ».
→ Et enfin, lors d'un petit « rituel » équivalent au célèbre « chaque jour compte », sauf que :
♥ il se pratique soit avec un boulier soit avec les mains des élèves
♥ il dure quatre à cinq minutes tout au plus
♥ il permet rapidement de coder, décoder, composer, décomposer et raisonner sur plusieurs nombres par jour au lieu d'un seul.
On trouvera dans ce semainier :
→ les jeux à pratiquer en fin de récréation ou pendant le temps d'EPS
→ dès la troisième semaine de l'année, les activités à mener avec le boulier ou, si on n'en a pas, avec les mains des élèves (voir Module 3 et suivants: « Rythmes frappés » et « Commandes de doigts » dans CP : Ateliers mathématiques - 1bis et suivants)
NOTA BENE : Vous trouverez le détail de cette progression (jeux d'EPS et activités avec le boulier) dans le guide pédagogique que j'avais rédigé pour le fichier Compter Calculer au CP mais qui n'a pas été retenu par l'éditeur. Je peux vous faire parvenir gracieusement ce guide si vous me contactez en privé grâce à cet onglet : Contact
Vous trouverez une progression équivalente d'EPS, avec une partie « Rythmes frappés » et « Commandes de doigts », qui équivaut aux exercices avec le boulier, dans les Modules de la Série Ateliers mathématiques au CP (de 1 à 5).
Télécharger « Semainier Mathématiques - Boulier et EPS.pdf »
La progression de ce programme correspond à celle du fichier Compter, calculer au CP. Mais on peut aussi choisir de suivre la progression sans pour cela avoir un fichier par élève, en faisant par exemple travailler les élèves sur l'ardoise puis, pour quelques lignes, sur le cahier du jour.
En restant très longtemps sur chaque nombre des deux premières dizaines,
♥ elle respecte les capacités d'écriture de l'élève entrant au CP
♥ elle installe pas à pas le calcul écrit, en présentant les signes opératoires dès le deuxième jour de classe comme des aides à l'écriture d'une situation réelle, déjà comprise et partiellement mémorisée.
→ Cela évite à l'élève d'avoir à apprendre par cœur des tables d'addition, de soustraction et même de multiplication avant même d'avoir eu le temps de comprendre exactement ce qu'on exige de lui
→ Cela lui permet d'aller beaucoup plus loin que les autres méthodes parce que, comme les bases sont très solides, la mémoire immédiate est soulagée de toutes les tâches afférant à ces bases.
♥ des personnes, des animaux, des objets de la vie quotidienne,
♥ des objets variés conçus pour les apprentissages mathématiques (boulier, mais aussi bûchettes, réglettes Cuisenaire, jetons, dés, billes, ...),
♥ de la monnaie, des mesures en cm, en grammes, en litres.
→ Cela permet de concevoir les nombres comme des « objets vivants » qu'on peut manipuler en tous sens (ajout, retrait, produit, partage), qui représentent vraiment quelque chose.
→ Cela n'empêche pas, bien au contraire, une fois les bases concrètes installées, de leur apprendre à abstraire et à raisonner sur des idées, du calcul en ligne et en colonnes, des tables...
→ Et c'est la somme de toutes ces caractéristiques qui permet d'installer très vite la résolution de problèmes, et, puisqu'on a le temps, d'y progresser pas à pas, en réinvestissant, pendant la séance quotidienne de mathématiques, les progrès faits en lecture et en écriture.