L'École Primaire comme je voulais la raconter

En mathématiques, les fichiers n'ont plus le vent en poupe. Il faut dire que, parfois, c'était un peu la solution de facilité, surtout quand, non content de donner à « faire » la page du jour sans avoir préalablement manipulé, on sélectionnait cette page en évacuant toutes celles pour lesquelles il aurait peut-être fallu préparer le terrain au préalable par des activités de manipulation difficiles à mener.
L'autre travers des fichiers consistait à suivre une phase de préparation extrêmement coûteuse en temps et en énergie, parfois très éloignée dans l'esprit des enfants de la notion ou de la compétence à acquérir.
Quand on ajoutait à cela des enfants difficiles à socialiser, très individualistes, à l'attention visuelle et auditive très diluée, et plus habitués à travailler en petits ateliers dirigés par l'adulte qu'en grand groupe, on comprend pourquoi l'organisation en groupe classe, visant à faire le tour d'une notion en une séance de mathématiques ponctuée par la page d'un fichier peut être très difficile à installer.
Je continue à croire cependant que l'école est là pour ça et que, s'il doit y avoir des moments très individualisés, pendant lesquels chaque enfant travaille en autonomie, ceux-ci doivent être consacrés à une même tâche, sans autre différenciation que celle qui consiste à fournir plus d'aide et de conseils à l'enfant en difficulté.
Et je suis toujours persuadée qu'une vingtaine d'enfants peuvent aussi, bien avant l'âge de six ans, réfléchir, dialoguer, s'intéresser ensemble à une même activité dirigée par leur enseignant et que c'est par ce biais-là que l'école est la plus efficace et la plus équitable.
Au-delà de vingt-cinq, avec les enfants d'aujourd'hui, c'est souvent très difficile, surtout tant que les programmes appliqués en école maternelle continueront à démarrer le tri des « scolaires » et des « non-scolaires » dès les premières années, et pour les siècles des siècles, au lieu de les encourager tous à se sentir bien dans les activités d'apprentissage.
Une fois ces quelques principes posés, me voilà embarquée dans un nouveau projet : proposer aux collègues (et aux familles), qui ne souhaiteraient ou ne pourraient pas engager les frais qu'occasionne un fichier[1], de faire vivre les mathématiques à leurs élèves de CP, comme en GS et en MS, en trois volets :
- soit en individuel complet (système des plateaux),
- soit en petits groupes (système des ateliers tournants),
- soit en groupe-classe (système traditionnel)
Je ne sais pas si le projet intéressera grand monde, ce qui fait que je n'ai pour l'instant préparé que deux « modules » d'une semaine. La progression est adaptée d'après un modèle très peu habituel actuellement, mais encore une fois calqué sur ce que j'ai fait pour la classe de Grande Section : très peu à la fois, très spiralaire, remettant sans cesse en jeu les acquis antérieurs pour les élargir, les compléter, les appliquer à un champ numérique plus étendu.
Cette progression est inspirée de l'époque où les méthodes de mathématiques avançaient à petits pas, plutôt que de celle où l'on s'est mis à tout poser en tas sur la table dès le début de l'année, pour faire trier ensuite.
Cela satisfait mieux mon désir de justice et d'équité : en demandant peu, je suis sûre que tout le monde y arrive et en commençant tout petit, je peux dès le début installer le calcul mental et un embryon de calcul réfléchi (ici : ajouter 1, c'est obtenir le nombre suivant dans la comptine numérique ; retrancher 1, c'est obtenir le précédent).
Les références, les méthodes et les habitudes scolaires, quant à elles, ne sont en aucun cas « passéistes » et s'inspirent de ce qui se fait dans l'école d'aujourd'hui. Je ne vous demanderai ni de faire recopier les consignes en anglaise au porte-plume trempé dans l'encrier, ni de distribuer bons et mauvais points à vos élèves, ni même de leur faire enfiler une blouse d'uniforme pour réussir à apprendre à compter.
Ils feront comme leurs petits camarades des autres classes, courront dans la cour pour constituer des rondes de dix, compteront leurs points en jetant des balles dans une cible, joueront à la marchande, découperont des ficelles, estimeront des masses en les soupesant avant de les comparer grâce à une balance, transvaseront des liquides d'un récipient dans l'autre, joueront à la bataille et aux dominos, etc.
Et à l'arrivée, après une année de CP, comme eux, ils maîtriseront les compétences attribuées à cette classe :
Réactualisée le 28/01/2019.
Télécharger « Progression.pdf »
Télécharger « Ateliers mathématiques M1.pdf »
Télécharger « Ateliers mathématiques M2.pdf »
[1] Pour ceux qui continuent à préférer une progression plus classique, avec un fichier d’exercices quotidiens, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent Compter, Calculer au CP, de P. Dupré, illustré par S. Borgnet, chez GRIP Éditions.
[2] À ce sujet, l’achat de cahiers de dessin, dont les carreaux mesurent 1 cm x 1 cm, peut être judicieux pour toutes les activités de géométrie. Ils coûtent un prix dérisoire et sont généralement vendus par lot de 50.
... ; CP : Ateliers mathématiques - 1bis ; CP : Ateliers Mathématiques - 2 ; CP : Ateliers Mathématiques (2bis) ; CP : Ateliers Mathématiques (3) ; CP : Ateliers Mathématiques (3 bis) ; CP : Ateliers Mathématiques (4) ; CP : Ateliers Mathématiques (4bis) ; CP : Ateliers Mathématiques (5) ; CP : Ateliers Mathématiques (5bis)
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