Bonjour,
Chaque année l'apprentissage des tables de multiplication est compliqué dans ma classe. J'aimerais procéder autrement cette année, auriez-vous une méthode (chanson, jeu...) qui fonctionne bien ?
Merci à vous !
Quelques idées en vrac pour que cet apprentissage fasse sens et devienne ainsi plus facile à automatiser.
1. Commencer très tôt dans l'année, même au CP
Grâce à l'apprentissage :
- des doubles (1+1, 2 ; 2x1, 2),
- puis les mains (1 main, c'est 5 doigts, 2 mains, c'est 10 doigts, etc.)
- puis, dès le début du CE1, les dizaines.
Nota bene : Au CP, l'apprentissage peut rester incomplet longtemps. Il n'en sera que plus solide. (Exemple : lorsque la classe travaille le nombre 6, elle met par 2 six objets, six personnes, etc. Cela lui permet d'ajouter à sa table de 2 personnelle le produit 3x2=6 à ceux qu'elle avait vus précédemment : 2x1=2, 2x2=4). Ceci sera valable pour la table de 5, à partir de l'étude du nombre 10, puis pour la table de 10, à partir de l'étude des nombres de 20 à 29.
2. Pour chaque table, associer multiplication et partage
Grâce à des manipulations, puis, « parce que ça va plus vite en se servant de sa mémoire » :
- en 16 combien de fois 2 ?... dans une boîte, il y a 12 cookies, combien d'élèves pouvons-nous servir si nous en donnons 2 à chacun, en 12, combien de fois 2 ?... dans ce car, il reste 8 places, combien de groupes de 2 élèves peuvent y monter, en 8, combien de fois 2 ?...
- pour avoir 25 doigts, combien de mains, en 25, combien de fois 5 ?... pour payer 15 euros, combien de billets de 5 euros, en 15, combien de fois 2 ?...
- 80, c'est combien de tours de 10 cubes, en 80, combien de fois 10 ?... Dans cette enveloppe, j'ai 70 euros, en billets de 10 euros, combien y a-t-il de billets dans cette enveloppe ?... Combien d'enfants doivent lever leurs 10 doigts, si nous voulons voir 100 doigts ?...
3. Compter en rythme :
Les frappés en rythme aident bien, tout comme les comptages en rythme sur un nombre donné de doigts. Pour chaque table, l'une après l'autre, nous pouvons respecter le protocole suivant :
- Les élèves et l'enseignant·e sont assis en cercle au sol et frappent dans leurs mains en faisant coïncider un frappé avec un mot. Les nombres produits de la table en cours d'apprentissage sont dits plus fort que les autres. (Exemple pour la table de 3 : « un deux TROIS quatre cinq SIX sept huit NEUF dix onze DOUZE etc. »
- Lorsque le processus est déjà bien installé, c'est un élève après l'autre qui dit une série de nombres ( Exemple pour la table de 4 : Adam : « un deux trois QUATRE ! » - Baptiste : « cinq six sept HUIT ! » - Camille : « neuf dix onze DOUZE ! » etc.)
- L'étape suivante consiste à ne dire que les nombres que nous disons plus fort, d'abord en groupe-classe puis l'un après l'autre (Exemple pour la table de 6, en pointant successivement six doigts levés et en ne prononçant à voix haute que le sixième : ... ... ... ... ... SIX ! ... ... ... ... ... DOUZE ! ... ... ... ... ... DIX-HUIT ! etc. »
4. Écrire une table en commençant par les produits déjà connus
Cela ne peut commencer, au CE1 particulièrement, qu'après avoir vu les trois premières tables (2, 5 et 10) et celle de 1 que « Tout le monde connaît par cœur, maître·sse ! »)), donc à partir de la table de 3.
- Pour celle-ci, nous écrirons au tableau, l'un en dessous de l'autre, les dix calculs à compléter : 3x1 = ..., 3x2= ..., 3x3= ..., etc.
- Puis, grâce aux élèves, nous compléterons déjà : 1x3 = 3 2×3=6 ; 5x3=15 ; 10x3=30
- Enfin, nous leur ferons retrouver les résultats manquants par comptage rythmé
- Il s'agira ensuite de les leur faire mémoriser grâce aux problèmes multiplicatifs et de partage, aux exercices à trous et les opérations posées (à introduire dès la fin du CP) que l'on fera pratiquer assidûment aux élèves de CE2 et CM dès la rentrée des classes et pendant toute l'année scolaire
Quelques raisons à ce procédé :
- Le fait de commencer par les produits connus leur permet de travailler la réciprocité de la multiplication puis de se passer du comptage.
- Cela soulage aussi les enfants car ils se rendent compte que de table en table, il y a de moins en moins de produits à mémoriser. L'apothéose arrive avec la table de 9 pour laquelle il n'y en a qu'un seul : 9x9=81 !
5. Renforcement : le concours de tables coopératif
Pour renforcer le tout, de temps en temps, nous faisons un concours de table coopératif :
- Chaque élève à son tour doit énoncer un produit qu'il connaît par cœur ( Exemple : Dylan : « 5x6=30... » - Eléa : « 2x7=14... »)
- L'enseignant·e note celui-ci au tableau dans l'ordre où il a été donné pour éviter ceux qui surcomptent pour ne pas avoir à faire fonctionner leur mémoire à moyen terme
- Quand un élève ne sait plus, il peut passer plutôt que d'inventer n'importe quoi (mais il n'est pas éliminé, lorsque son tour reviendra, il pourra à nouveau participer si, entre temps, il s'est appuyé sur les produits affichés pour faire revenir des souvenirs oubliés
- Quand vraiment plus personne ne sait, nous comptons le nombre de produits donnés et nous le notons quelque part
- À la prochaine tentative (plusieurs jours ou semaines plus tard, Rome ne s'est pas faite en un jour), il s'agira de battre notre record.
Le plus important, à mon avis :
C'est de commencer tôt, chaque année, et de pratiquer régulièrement... C'est ainsi que nous, humains, progressons puis maintenons nos capacités dans tous les domaines. L'automatisation des tables de multiplication ne fait pas exception à la règle.