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L'École Primaire comme je voulais la raconter

CP, encodage : aide-mémoire CGP simples

CP, encodage : aide-mémoire CGP simples

De temps en temps, je ne sais pas pourquoi, nous arrivent au CP un ou des enfants qui se débrouillent plutôt bien, ont un bon niveau de langage, des capacités de déduction normales, une motricité fine suffisamment développée pour produire les gestes d'écriture cursive, un comportement d'élève conforme aux attentes d'un début de CP, et qui, malgré tout cela, peinent à retenir la correspondance entre le son que produit une lettre et sa forme. 

En lecture (ou décodage), cela ne se voit pas trop, surtout si ces lettres sont très rapidement organisées en mots, comme dans Écrire et Lire au CP ou dans Nino et Ana. La logique de ce qu'ils lisent les aident à apparier lettres et sons de manière de plus en plus fluide. 

En revanche, en production d'écrit (ou encodage), que ce soit sous forme de dictée réussie ou de texte libre, c'est beaucoup plus difficile car, s'ils sont capables de segmenter le mot en sons successifs ([a]-[v]-[a]-[l]-[ə]), cela ne leur sert à rien puisque leur cerveau se refuse à associer le son [a] à la lettre a, le son [v]  à la lettre v et ainsi de suite. 

Généralement, ces enfants sont beaucoup aidés par les personnages des Alphas et les gestes Borel-Maisonny qu'ils mémorisent facilement, à condition, bien sûr, qu'ils leur aient été présentés un par un et associés immédiatement à une récompense cognitive immédiate : « Grâce à l'ajout de ce personnage, je peux maintenant lire et écrire tel, tel, tel et tel mots et fabriquer tout seul telle, telle, telle et telle phrase ! »  

Cet avantage notable va nous aider à les aider dès que nous constaterons ce handicap, ce qui va généralement assez vite. Il nous suffira souvent de leur fournir un aide-mémoire, sous la forme de cartes plastifiées (car elles seront fixées sur leurs bureaux et subiront de ce fait pas mal d'outrages) correspondant aux lettres que nous aurons déjà étudiées en classe. 

Du moment où ils bénéficieront de cet outil, nous leurs apprendrons à s'en servir, en APC et, très vite, en classe pendant les moments de dictée collective ou d'encodage en autonomie. Pour cela, nous nous positionnerons près d'eux et lorsque nous dicterons un mot ou une suite de mots, par exemple, il avale, nous les aiderons en dictant lentement, avec le geste Borel Maisonny associé au son à écrire et en contrôlant qu'ils arrivent à le faire : « iiiiii... Te souviens-tu de la lettre qui se prononce [i] ?... » S'ils semblent alors perdus, nous répéterons le geste Borel Maisonny et pointerons du doigt la carte où il est reproduit, pointant du même coup la lettre (en cursive, si possible), avant de continuer à dicter : « illllll... Te souviens-tu de la lettre qui se prononce [l] ?... »... 

Cette aide, indispensable à certains en début de CP, doit cependant disparaître assez vite car le jeu, notre jeu d'enseignant.e, c'est de permettre à chacun d'être autonome et de ne pas dépendre de béquilles et de tuteurs qui le suivront toute sa vie. Pour aider ces élèves à prendre leur envol, dans l'idéal largement avant la fin du mois de janvier (milieu de l'année scolaire), nous pouvons les encourager à se faire confiance en leur permettant d'emporter chez eux les cartes dont ils n'ont plus besoin. Ces dons auront avantage à être largement médiatisés au sein de la classe : « Ah ! C'est formidable ! X peut emporter la carte de la lettre V à la maison car ça y est, il/elle sait écrire cette lettre sans regarder le modèle ! Bravo, X ! Nous sommes tous très fiers de toi, X... Bientôt, tu pourras emporter toutes les cartes qui restent sur ta table chez toi... »

Si, malheureusement, à la fin du mois de janvier, un de ces enfants est toujours dépendant de ces cartes, s'y perdant de plus en plus car il y en a trop sur sa table, c'est presque toujours le signe qu'il n'arrivera pas à satisfaire aux attendus de fin de CP (ou de début de CE1), du fait le plus souvent d'un simple manque de maturité ou d'absences trop fréquentes ou trop longues. Dans ce cas, je serais d'avis de lui ficher enfin la paix, de lui offrir l'année suivante le droit d'entamer un vrai CP de grand et de le laisser pour cette année aller à son rythme d'enfant de GS à qui l'on a trop demandé pendant cinq longs mois d'acharnement. 

Car pour les autres, ceux qui peuvent y arriver, et j'en ai connu beaucoup, il s'agit bien d'un acharnement de notre part : nous présumons qu'ils sont capables et que seul un petit blocage, une petite incompréhension momentanée, empêche que ce processus se mette en route chez eux aussi vite que chez leurs camarades. Et, jusqu'à la fin janvier, nous gardons cette idée en tête et nous le leur disons, très fréquemment : « Tu peux le faire. Je le sais. Et je ferai tout ce que je peux de mon côté pour que tu y arrives. Je ne veux pas te laisser tout seul au bord du chemin pendant que tes camarades de classe continuent à avancer. Je veux que tu y arrives aussi bien qu'eux. » 

Oui, nous savons que cela leur demande un effort supplémentaire et c'est pour cela que nous leur offrons cette aide. Mais en aucun cas, nous ne devons nous dire qu'il faut leur aménager un parcours moins riche et les solliciter moins que leurs camarades. Cet aménagement risque trop d'amplifier jour après jour l'écart qu'il y a déjà entre eux et le reste de la classe.

Au contraire, nous sommes là pour les aider, pousser, tirer, assister, étayer, encourager, épauler, soutenir, appuyer, conforter, revigorer... Nous leur demandons de lire à voix haute plus souvent que les autres. Nous leur faisons relire leur page de lecture plus souvent, en APC ou pendant un moment de la journée de classe. Nous nous tenons près d'eux pendant les dictées et autres moments d'encodage . Nous conseillons à leurs parents de leur faire composer grâce à des personnages de Alphas des mots dont nous fournissons la liste chaque jour. Nous leur suggérons de se procurer un Loto des Alphas et nous leur en expliquons le principe pour qu'ils l'utilisent conformément aux règles (on en trouve très facilement d'occasion sur Internet). Nous mettons tout en œuvre pour que, avant ce mois de février fatidique, ils aient acquis une autonomie suffisante pour pouvoir lire et écrire comme un vrai CP de fin janvier, c'est-à-dire un élève de CP capable de décoder, à son rythme, un court texte composé de quatre ou cinq phrases dont les mots, courants, ne contiennent que des CGP simples (une lettre = un son) et d'encoder, sans avoir besoin des cartes ci-dessous, une phrase dont chaque mot, composé de CGP simples, a été dicté à son tour, lentement, en insistant sur chaque son jusqu'à ce que tous les enfants l'aient écrit (voir la description ci-dessus avec le mot il). 

Comme ces cartes doivent être distribuées après l'étude d'une seule CGP, mais que, lorsque le problème a été clairement identifié, souvent, l'année est déjà entamée et que plusieurs CGP ont déjà été étudiées, je vous propose deux progressions différentes : celle de Nino et Ana et celle de Écrire et Lire au CP. Vous aurez ainsi à découper seulement la portion de bande(s) qui a déjà été étudiée, sans risquer de perdre ces enfants déjà fragiles en les noyant sous les informations. Pour les autres méthodes, voyez avec votre clavier et vos dix doigts, c'est assez rapide à faire. 

Les documents : 

Encore une petite information et c'est fini ! 

Pour toute demande concernant ces méthodes (spécimens, matériel d'accompagnement), vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : doublecasquette@gmail.com et nous verrons ensemble comment vous contenter. 

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T
Merci beaucoup pour cet article ! J'ai justement un élève dans le cas présenté. Je vais utiliser les documents que vous proposez. <br /> Il a aussi de grandes difficultés en graphisme, je pensais lui proposer davantage de lettres mobiles.
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T
Oui en effet, c'est une bonne idée, merci.
D
Oui, bien sûr, proposez-lui les lettres mobiles... Mais essayez néanmoins de travailler le "graphisme". Quitte à reprendre au tout début le cahier de Laurence Pierson de GS et à en travailler "à fond" les premières pages.