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L'École Primaire comme je voulais la raconter

Lecture et Expression au CE : Vocabulaire

Merci à Sophie Borgnet pour cette illustration.

Merci à Sophie Borgnet pour cette illustration.

Nouvelle demande du Ministère : travailler le vocabulaire tous les jours pour permettre aux élèves issus de catégories sociales défavorisées - si, si, on y croit - d’égaler leurs camarades ayant la chance d’avoir des parents qui ont à la fois du temps, de la pédagogie et un vocabulaire très étendu.

C’est une excellente idée. C’est d’ailleurs une de celles qui ont mené à la construction d’un système éducatif d’État, dans tous les pays du monde ou presque !

Une fois ceci posé, nous en arrivons à la méthode pour y parvenir. Au cours des siècles de construction de ce système, il y en a eu deux ou trois, guère plus.

  • La première, celle qui semble prévaloir à nouveau aujourd’hui dans quasiment toute l’œuvre éditoriale, c’est la méthode du perroquet savant. Elle est basée sur l’apprentissage par la répétition.
    Pour faire simple, c’est celle que nous utilisons, nous, pour mémoriser les verbes irréguliers anglais par exemple ou la liste des numéros de téléphone d’urgence.
  • La deuxième, qui a prévalu pendant les cent premières années de l’École Publique française, c’est celle que préconisait déjà Michel de Montaigne (1533 - 1592) lorsqu’il reformulait les mots de Plutarque  (≈44 - ≈125) : « Car l'esprit n'est pas comme un vase qui a besoin d'être rempli ; c'est plutôt une substance qu'il s'agit seulement d'échauffer ; il faut inspirer à cet esprit une ardeur d'investigation qui le pousse vigoureusement à la recherche de la vérité ».
    Soit, en résumé, pour Montaigne : « Une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine ».
  • La troisième, c’est celle de la charrue avant les bœufs vite remplacée par celle de la charrue seule dans le champ. En voulant copier ce que conseillaient Montaigne et Plutarque, on a pensé en haut lieu qu’il suffirait d’ouvrir en grand l’école au monde environnant et de laisser les enfants explorer à leur guise ce qui leur convenait d’explorer. Afin de ne pas perturber cette autoconstruction du savoir, nous nous sommes vu interdire de contraindre nos élèves à adopter les repères qui étaient les nôtres. Les grands scientifiques de l'époque ont su nous persuader qu’ainsi, nos élèves allaient rechercher la vérité avec ardeur en échauffant [eux-mêmes] la substance qui leur conviendrait.

J’avoue n’avoir que fort peu de goût pour la première méthode que trouve peu respectueuse de l’intelligence de l’enfant et peu efficace car trop basée le psittacisme et son corollaire, l'oubli.

Je rejoins en cela les fondateurs de l’École Publique française qui, dès les années 1880, combattirent avec ardeur les vieux maîtres d’école qui, la férule ou le paquet de bonbons à la main, faisaient réciter à leurs élèves des listes interminables de mots vides de sens, faute d’avoir fait appel à l’ardeur d’investigation qui pousse chaque enfant à vouloir désigner chaque élément ou action de la vie qui l’entoure.

Après avoir cru très fort aux miracles promis par les partisans de la modernisation des techniques de labour intellectuel propres à la troisième méthode, j’ai dû déchanter lorsque j’ai vu ce que cette allégation, au départ intelligente, devenait à force de renoncements d’une part et d’injonctions institutionnelles de plus en plus délirantes d’autre part.

C’est donc vers la deuxième méthode que vont mes préférences, parce qu’elle commence en prenant appui sur l’enfant et son désir de savoir pour le guider pas après pas vers ce savoir en déblayant les obstacles et les ornières dans lesquelles il risque de s’embourber.

En suivant, presque sans en avoir conscience, ces préceptes millénaires, j’ai naturellement construit la partie « Vocabulaire » de Lecture et Expression au CE.

Hélas, cette construction ne rend pas très apparente la programmation que l’on trouve dans les Programmes Officiels. Pourtant, si l’on raisonne différemment, en adoptant la technique des petits pas (peu mais souvent, arrêts et retours en arrière fréquents et brefs), on s’aperçoit que tout y est, même les corpus ! C’est ce que nous allons nous employer à prouver dans le document ci-joint.

Bonne lecture !

PS : Si nous y arrivons, nous nous emploierons à faire la même chose avec Écrire et Lire au CP, Nino et Ana et, pourquoi pas, Pour une Maternelle du XXIe siècle.

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O
Bonjour madame, <br /> <br /> Je suis enseignante souvent en cm1, dans une grosse école, mais les enfants se faisant rares, j’oscille entre les ce2-cm1, les cm1-cm2, ce2 etc depuis quelques années.<br /> Je lis vos articles, utilise votre travail depuis bien longtemps (au moins 7 ans) sans avoir eu l’occasion de vous remercier. Et ce soir, je viens de terminer une « évaluation différenciée » pour une de mes élèves de cm1 en utilisant encore vos partages si généreux. Ne vous inquiétez pas, elle a déjà travaillé sur cette méthode en amont, <br /> Je voulais donc seulement prendre le temps de vous remercier chaleureusement.<br /> <br /> Merci.<br /> <br /> Geneviève Oblin<br /> Institutrice à Bayeux
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D
Merci beaucoup Geneviève pour votre témoignage. Je suis heureuse de voir que mon travail plaît, même sur la durée. C'est tellement important de garder longtemps les mêmes outils pour se les approprier vraiment. Bonne continuation dans votre jolie ville de Bayeux que j'ai beaucoup appréciée lorsque je l'ai visitée. <br /> Catherine Huby