L'École Primaire comme je voulais la raconter
Nouvelle demande du Ministère : travailler le vocabulaire tous les jours pour permettre aux élèves issus de catégories sociales défavorisées - si, si, on y croit - d’égaler leurs camarades ayant la chance d’avoir des parents qui ont à la fois du temps, de la pédagogie et un vocabulaire très étendu.
C’est une excellente idée. C’est d’ailleurs une de celles qui ont mené à la construction d’un système éducatif d’État, dans tous les pays du monde ou presque !
Une fois ceci posé, nous en arrivons à la méthode pour y parvenir. Au cours des siècles de construction de ce système, il y en a eu deux ou trois, guère plus.
J’avoue n’avoir que fort peu de goût pour la première méthode que trouve peu respectueuse de l’intelligence de l’enfant et peu efficace car trop basée le psittacisme et son corollaire, l'oubli.
Je rejoins en cela les fondateurs de l’École Publique française qui, dès les années 1880, combattirent avec ardeur les vieux maîtres d’école qui, la férule ou le paquet de bonbons à la main, faisaient réciter à leurs élèves des listes interminables de mots vides de sens, faute d’avoir fait appel à l’ardeur d’investigation qui pousse chaque enfant à vouloir désigner chaque élément ou action de la vie qui l’entoure.
Après avoir cru très fort aux miracles promis par les partisans de la modernisation des techniques de labour intellectuel propres à la troisième méthode, j’ai dû déchanter lorsque j’ai vu ce que cette allégation, au départ intelligente, devenait à force de renoncements d’une part et d’injonctions institutionnelles de plus en plus délirantes d’autre part.
C’est donc vers la deuxième méthode que vont mes préférences, parce qu’elle commence en prenant appui sur l’enfant et son désir de savoir pour le guider pas après pas vers ce savoir en déblayant les obstacles et les ornières dans lesquelles il risque de s’embourber.
En suivant, presque sans en avoir conscience, ces préceptes millénaires, j’ai naturellement construit la partie « Vocabulaire » de Lecture et Expression au CE.
Hélas, cette construction ne rend pas très apparente la programmation que l’on trouve dans les Programmes Officiels. Pourtant, si l’on raisonne différemment, en adoptant la technique des petits pas (peu mais souvent, arrêts et retours en arrière fréquents et brefs), on s’aperçoit que tout y est, même les corpus ! C’est ce que nous allons nous employer à prouver dans le document ci-joint.
Bonne lecture !
PS : Si nous y arrivons, nous nous emploierons à faire la même chose avec Écrire et Lire au CP, Nino et Ana et, pourquoi pas, Pour une Maternelle du XXIe siècle.