• Vacances studieuses, vacances heureuses ?

    Vacances studieuses, vacances heureuses ?
    Merci à Jack Koch pour son illustration.

    Pendant des années, je n'ai absolument rien préparé pendant les vacances scolaires.

    À mes débuts, dans les années 1975 à 1995 :

    Les premières années, comme je ne connaissais mon poste que la veille de la rentrée, je me rendais dans l'école où j'avais été nommée, prenais contact avec l'équipe (café, biscuits, j'ai fait la Bretagne cet été et toi ?) et avec ma salle de classe, quand j'en avais une !
    Si j'étais remplaçante, je me retrouvais dans le cagibi des BOEN à les classer par années et par mois pendant que mes collègues préparaient leur matériel pour le lendemain.
    Sinon, je faisais comme les collègues : je recopiais ma liste d'élèves sur le cahier d'appel et, si j'étais en CE ou CM, je disposais sur chaque bureau un livre de chaque série (lecture, français, maths et parfois histoire, géographie et sciences), je préparais la page de garde des cahiers du jour et du cahier de poésies puis je leur mettais un protège-cahier ; pour les CP, ça allait encore plus vite, le fichier de mathématiques, le cahier du jour, page de garde, date du jour de la rentrée et ligne de i en cursive avant de préparer sur une fiche bristol un emploi du temps qui ressemblait toujours à ça : 

    du CP au CM 

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi

    Français

    Travail manuel
    Récréation
    Mathématiques Conseil de Coopérative
                              Interclasse                          





     

    Activités d'éveil

    Récréation

    EPS

    Musique / Heure du Conte

    Pour des maternelles, je faisais un inventaire rapide des jeux et jouets, installais les coins-jeux (dînette, chambre des peluches et poupées, garage, ferme, construction, ... ), préparais des feuilles et des gobelets de peinture sur le chevalet, de la pâte à modeler, du papier à découper, de la colle, des pots de crayons feutres et je choisissais un livre à lire en fin de journée avant de me mettre à mon emploi du temps sur fiche bristol A4 :

    TPS/PS :

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi
    Langage
    Passage aux toilettes
    Dessin libre commenté

    Ateliers : coins-jeux, travail manuel, petit matériel (puzzles, lotos, dominos, perles, ...)

    Passage aux toilettes
    Récréation
    Éducation Motrice
    Musique, comptines, jeux de doigts
    Interclasse  
    Passage aux toilettes

    Sieste

    Récréation
    Éducation Motrice
    Heure du conte

    MS :

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi
    Langage
    Passage aux toilettes
    Dessin libre commenté

    Ateliers : coins-jeux, travail manuel, petit matériel (puzzles, lotos, dominos, perles, ...)

    Passage aux toilettes
    Récréation
    Éducation Motrice
    Musique, comptines, jeux de doigts
    Interclasse  

     

    Langage

    Activités d'éveil

    Récréation
    Éducation Motrice
    Heure du conte

    GS :

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi
    Langage
    Pré-lecture
    Dessin libre commenté

    Ateliers : travail manuel, jeux mathématiques (puzzles, lotos, dominos, perles, fiches)

    Passage aux toilettes
    Récréation
    Éducation Motrice
    Musique, chant
    Interclasse  

     

    Langage
    Pré-écriture

    Activités d'éveil / Pré-mathématiques

    Récréation
    Éducation Motrice
    Heure du conte

    Ensuite, quel que soit le niveau, de la TPS au CM2, s'il me restait un moment, je rangeais mon bureau bien joli, bien beau, je faisais une belle page de garde à mon cahier-journal, j'en remplissais rapidement le premier jour et je choisissais un livre dans la bibliothèque pour la traditionnelle « Heure du Conte » qui clôturerait la journée du lendemain.

    Le lendemain matin, j'arrivais environ un quart d'heure avant le début des classes et cela tenait lieu de préparation de rentrée. Les parents amenaient leurs enfants, le directeur ou la directrice étaient le plus souvent dérangés plusieurs fois pour des inscriptions de dernière minute.
    En maternelle, ça pleurait pas mal chez les TPS et PS qui n'avaient pas fait de TPS. Nous conseillions aux parents de disparaître très vite du champ de vision de leur enfant et l'affaire était classée, parfois avec trois ou quatre pleureurs dans nos bras et ceux des « dames de service ».
    En élémentaire, c'était encore plus succinct, à part quelques CP, les élèves arrivaient seuls ou n'étaient accompagnés que jusqu'au portail et l'année scolaire commençait, tout de suite, sans plus de chichis. Les cartables étaient neufs, les crayons pas rongés et les équerres avaient leurs trois pointes intactes mais nous savions bien que cela n'allait pas durer longtemps...

    Quand j'ai connu mon poste, ça n'a pas changé grand-chose. Tout au plus pouvais-je gagner encore plus de temps puisque j'avais choisi le matériel en fonction de mes pratiques1 . J'avais fait les commandes dans les derniers jours de juin, chez un libraire de la région. La veille de la rentrée, il faisait le tour des écoles et nous livrait le matériel, sans doute bien moins pléthorique qu'aujourd'hui, et il fallait ranger tout cela dans les placards.

    Et puis sont arrivées les Instructions Officielles de 1989 à 1991. Je crois que c'est là que tout a basculé.

    Les cycles, le projet d'école :

    Nos supérieurs hiérarchiques nous ont expliqué que les livres de classe n'étaient pas adaptés à nos élèves, que, du CE1 au CM2, les manuels de le cture2  ne les préparaient pas à la lecture experte, que chaque élève progressait à son rythme et que redoublement comme saut de classe étaient les ennemis à abattre.
    Ils nous ont donc contraints à rédiger un Projet d'École, à base de tableaux interminables à remplir, hors-temps de classe, pour expliquer comment, pendant trois ans, nous allions nous débrouiller pour intéresser nos élèves et les faire mieux progresser que naguère.
    Ils nous ont sucré un samedi de classe sur trois et nous ont piqué quelques mercredis à la place pour nous prêcher la bonne parole.
    Nous avons eu la joie de découvrir des « grands noms des sciences de l'éducation » qui nous ont bien expliqué qu'ils allaient nous professionnaliser et nous empêcher de ronronner en tournant les pages des manuels scolaires du début à la fin de l'année scolaire. Que la partie la plus importante de notre métier se déroulait en amont, en aval et sur les bas-côtés de la classe et qu'il convenait qu'on nous dégage du temps pour cela.
    On nous a refilé des ordinateurs et on nous a appris à faire promener une tortue virtuelle sur l'écran d'un téléviseur. Ça allait révolutionner l'enseignement.
    On nous a chanté la vertu des notices de montage, des annuaires du téléphone, des recettes de cuisine, des dépliants publicitaires et on nous a dit que la littérature, c'était inutile autrement qu'en fin d'après-midi pour clôturer la journée.
    Tout ça était très, très beau alors j'ai plongé dedans la tête la première ! 

    Et il a fallu que je commence à préparer des trucs et des machins pendant l'été. D'abord, des livrets d'évaluation parce que le bête cahier de contrôle donné à chaque période de vacances scolaires dans lequel les parents pouvaient voir si leurs enfants « suivaient bien », ça ne suffisait pas, vous comprenez.
    Et puis des projets grandioses dont on ne savait pas bien à quoi ils devaient correspondre... Les nôtres ont dû plaire, on ne nous les a pas fait refaire 36 fois. Il faut dire que nous ne demandions plus de financement après avoir bossé comme des malades sur le premier et s'être vus retoqués parce que nous aurions voulu un photocopieur...
    Et puis des évaluations de ces projets... Ce qui nous a franchement beaucoup étonnés : nous étions juges et partie, après tout.

    C'est ainsi que, peu à peu, je me suis mise à bosser pendant les vacances pour fabriquer des fichiers de travail autonome, du matériel pour le nouvel Ermel et même des progressions par période, moi qui n'avais jamais fait ça.

    Comme je n'avais rien compris à la différence entre les objectifs, les connaissances et les compétences, je crois que j'ai toujours fait ça très, très, très mal.
    Je prenais le livre de
    maths3  et je regardais le nombre de pages ; je divisais celui-ci en 6. Je recopiais alors les titres des leçons de la première tranche sur un tableau à double entrée dans la case « Mathématiques / Septembre-Octobre ». Je faisais la même chose en Grammaire/Conjugaison, en Orthographe et Vocabulaire. Je recommençais à chaque période de vacances scolaires en reprenant mes calculs au besoin si nous étions allés plus loin que prévu.
    Ceci dit, cela fonctionnait tout aussi bien que mon ancienne méthode qui consistait à me dire chaque soir : « Qu'avons-nous fait aujourd'hui ? Où nous sommes-nous arrêtés dans le livre ou le fichier ? Que puis-je attendre d'eux demain ? » et à avancer ainsi, en collant au plus près de leurs facilités...

    En maternelle, je recopiais le BO, pour l'année scolaire et, pendant les vacances de Toussaint, je cochais ce que j'avais fait en classe. Ensuite j'arrêtais parce que, franchement, j'avais mieux à faire, et que l'IEN, quand il passait, ne se préoccupait pas vraiment de ce que j'avais pu écrire !
    Pas plus qu'en élémentaire d'ailleurs. La plupart jetait un coup d'œil rapide à ces « affichages obligatoires » mais se préoccupait très peu de les lire. Leurs dadas, ou celui de leur ministre, les importaient plus.
    Au fil des ans, ça a été la tortue Logo, l'initiation aux langues étrangères, la méthode Foucambert/Charmeux au CP, les écrits sociaux, la littérature de jeunesse... et j'en oublie certainement. Heureusement, un IEN, ça passe au mieux une demi-journée tous les trois ans et dans l'intervalle, on pouvait continuer à travailler comme on voulait, mettant en place ce qui nous paraissait sensé, tentant plus ou moins le reste, selon le degré d'intérêt que nous voyions au projet.
    Je ne vous cache pas qu'au fur et à mesure des années, devant l'appauvrissement des contenus exigibles, je me suis de plus en plus écartée de tout ce qui me paraissait intéressant uniquement pour le PE qui, dans la classe, était le seul à « se renouveler » devant des élèves qui arrivaient tout frais, tout neufs et n'avaient pas demandé à jouer les cobayes et les faire-valoir pour des adultes en mal de reconnaissance sociale de la part de leur hiérarchie.

    Et puis sont venus les ordinateurs, les logiciels performants et faciles d'emploi... et internet ! 

    Et là, ça a été la folie ! De plus en plus d'injonctions hiérarchiques à mettre en pratique et dont il fallait rendre compte via le logiciel Machin-Truc-Chose. Nous étions sommés de trouver des  indicateurs4 partout et pour tout, mettre en place des remédiations avant même d'avoir constaté les problèmes, prévoir des Projets d'Action Individualisés à chaque soupçon de possibilité d'éventualité de risque social de handicap ! Le truc imparable pour ne plus chercher à emmener tous ses élèves du point A au point B en dix mois, comme nos prédécesseurs et nous-mêmes l'avions toujours fait pour souvent bien plus de 95 % de nos élèves...    

    Nos  formateurs5 ont commencé à nous parler de « programmation des apprentissages ». Mes jeunes collègues arrivaient à la rentrée avec de magnifiques tableaux qu'ils affichaient dans leurs classe où tout ce qu'elles feraient, même l'adoption du poisson rouge en avril et la sortie du mois de juin, était déjà inscrit... Un truc qui leur aurait valu une verte semonce des IEN des années précédentes, que ce soient les traditionnels des années 1881 à 1975 ou les tenants des méthodes naturelles qui leur avaient succédé devenait le must de l'innovation pédagogique, surtout si on pouvait arriver à y introduire un PC ou une tablette numérique !
    Sur les sites d'instits, c'est depuis une dizaine d'années la surenchère de projets qui auraient dû rester ponctuels et qui deviennent la base de l'enseignement de toute une année scolaire ! Quand les élèves arriveront à l'école pour leur année de CP, de PS ou de CM2, ils embarqueront pour un parcours déjà entièrement balisé, prêt dans ses moindres détails, évaluations comprises. Pas de remords pour l'échec éventuel de certains, l'arsenal de médicalisation de l'échec scolaire est compris dans l'emballage, on nous l'a dit en animation pédagogique : les garçons, surtout issus de la diversité, ont du mal à supporter l'école et les apprentissages ; il y a de plus en plus d'enfants porteurs de handicaps visuels, auditifs, praxiques, attentionnels, etc., il faut personnaliser les parcours et ne pas exiger la réussite ; quoi d'autre encore ?... Je ne sais plus.
    En tout cas, cela nécessite que les enseignants passent leurs vacances scolaires entières à préparer tout cela dans les moindres détails puis qu'ils adaptent leurs élèves au moule qu'ils ont prévu, parfois avant même de les avoir croisés dans un couloir, un réfectoire ou une cour de récréation. 
     

    Alors, vacances studieuses = vacances heureuses et année scolaire de rêve pour tous ?

    Non. J'en suis persuadée.

    D'abord parce que ces « grands projets », très ciblés le plus souvent, obligent forcément à des impasses énormes qui coupent les élèves de la richesse d'une année de classe variée, conçue jour après jour au gré des intérêts de chacun.
    Lire toute l'année des récits de voyage, passer son année scolaire à parler du recyclage des déchets, suivre la course autour du monde à la voile, ou tout autre projet de ce type prive les élèves de tant de découvertes insolites, de petits plaisirs impromptus quand ce n'est pas carrément de savoirs indispensables qui auraient été faciles à amener si nous-mêmes ne nous étions pas bloqué la porte de leur accès en ciblant de manière trop restrictive le champ de leurs investigations.
    Il arrive aussi hélas que certains de ces projets soient si peu exigeants qu'ils maintiennent les élèves bien en-deçà de leurs capacités réelles. Nos élèves ne liront que de courts albums illustrés, écriront sous la dictée pour apprendre à orthographier mais ils ne dépasseront jamais les 140 signes, espaces comprises, ils auront un « cahier du chercheur », un autre « d'expériences », feront des « joggings d'écriture » dans un « cahier de l'écrivain » et, au lieu de les emmener le plus loin possible, cela leur bloquera l'accès à des savoirs organisés en mathématiques, en sciences ou en écriture.

    Ensuite parce que, même si nous restons dans le même niveau, nous avons quitté en juin des élèves âgés de 10 mois de plus que ceux que nous allons recevoir début septembre ; de plus, ces élèves nous connaissaient et s'étaient habitués petit à petit à nos manies, nos tics de langage, notre façon d'amener les sujets alors que les nouveaux nous ont tout au plus rencontrés de temps en temps au détour d'un décloisonnement ; enfin, parce que ces élèves sont actuellement en vacances et que certains d'entre eux sont en train d'oublier tranquillement tout ce qui a été fait au cours du troisième trimestre de l'année scolaire qui vient de finir.
    Ces élèves ont droit à un sas de découverte, qu'ils aient 3, 4, 5 ou même 8, 9 ou 10 ans ! Ils ont droit d'arriver un peu perdus, ne sachant plus trop faire ceci ou cela. Ils ont droit de découvrir leurs camarades de classe, leur enseignant, leur nouvel univers sans avoir à grimper dans un train déjà en marche, dont toutes les étapes ont déjà été programmées.

    Et, le plus important sans doute, c'est qu'ils ont droit à ce que l'enseignant s'adapte à eux et aux savoirs qu'ils doivent acquérir plutôt que d'être obligés de s'adapter à un habillage prévu « hors-sol » sans tenir compte de la personnalité, des capacités et des connaissances du groupe d'enfants auquel ils appartiennent.

    Tout cela est bien dommage surtout qu'il est possible de mettre à profit ces vacances d'été pour réellement se préparer et s'améliorer.
    Pourquoi ne pas en profiter pour enrichir sa culture générale ?
    Nous pouvons lire, écouter et regarder des émissions littéraires, historiques, géographiques, scientifiques que nous n'avons pas eu le temps de voir pendant l'année.
    Nous pouvons visiter des musées, des monuments, des lieux, participer à des stages de découverte de la flore, de la faune, des techniques, aller au concert, au spectacle.
    Nous pouvons nous reposer et profiter de ce temps long pour cultiver notre forme physique.
    Tout cela nous sera utile au quotidien dans nos classes et nous permettra de pouvoir réagir très vite lorsque, de fil en aiguille, lors d'une discussion, un élève nous posera la question qui tue, celle à laquelle, l'an dernier à la même date, nous n'avions pas la réponse.

    Nous pouvons aussi, si nous sommes passionnés de pédagogie, lire et relire les grands anciens, ceux qu'on ne nous a jamais fait lire dans le texte à l'IUFM, à l'ESPÉ ou en animation pédagogique : Ferdinand Buisson et son Dictionnaire de la Pédagogie, Marie Pape-Carpantier, Pauline Kergomard, Célestin et Élise Freinet, Maria Montessori, Fernand Oury... Ceux qui ne sont poussiéreux qu'aux yeux de ceux qui ne les ont jamais lus ou mal, avec des lunettes déformantes, pour leur faire dire le contraire de ce qu'ils disaient.
    Nous serons étonnés par la clarté de leurs discours, le bon sens dont ils font preuve, la facilité de mise en œuvre de ce qu'ils proposent ainsi que la connaissance profonde qu'ils ont des enfants, dans leur grande diversité, connaissance toujours pleine d'espérance dans les possibles plutôt que dépréciative et limitative.
    Cela nous changera de la prose indigeste de certains modernes et fera très certainement de nous les innovants d'après-demain, lorsque la science aura mis réussi à mettre en équation le fait que l'être humain n'a rien d'un logiciel à programmer et que c'est la connaissance sensible des choses et des êtres, l'imagination créatrice et les échanges au quotidien qui lui offrent le plus de chances de découvrir, chercher à comprendre, apprendre et retenir.

    Bonnes vraies vacances à tous !

    Notes :

    1 Techniques Freinet légèrement abâtardies en mathématiques parce que j'avais peur de me lancer sans filet et que Ermel était un précurseur de ce qui allait se passer ensuite (voir Les Cycles, le Projet d'École). 

    2 Je suis beaucoup trop jeune pour avoir connu l'époque des manuels de lecture au CP. En 1975, quand j'ai débuté, un jeune instituteur se devait d'apprendre à lire à ses élèves en utilisant la Méthode Naturelle de C. Freinet. 

    3 J'ai très vite abandonné Ermel, surtout en CE et CM, parce qu'ils n'ont jamais sorti de fichier et qu'en rural, avec 5 niveaux, c'était bien joli mais un tantinet chronophage, leur truc !

    4 Avec un collègue, nous les avions surnommés les « nains dictateurs » tellement nous avions été choqués qu'on puisse considérer que l'origine sociale d'un enfant le rendait forcément susceptible d'échouer à l'école !

    5 Puisque désormais, même avec 20 ans d'ancienneté , nous étions considérés comme d'éternels mineurs de la pédagogie incapables de décider nous-mêmes de ce qui fonctionnait dans nos classes.

     


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  • Commentaires

    1
    Dominique
    Jeudi 28 Juillet 2016 à 19:12

    J'adore ! j'ai travaillé 11 ans en IME, 18 ans en CLIS, 29 ans donc pendant lesquelles je me suis battue pour ne pas mettre les enfants dans des petites cases, parce que ce sont des enfants avant d'être des élèves ! La CLIS devient une ULIS, il faut paraît-il leur faire des livrets (pour qu'on puisse cocher NA, super au niveau de la restauration de l'estime de soi ! J'ai été inspectée cette année, horreur, je n'étais pas au clair par rapport au socle commun. ouch Comment faire comprendre à cette inspectrice que je préfère faire passer les besoins de ces enfants avant son socle commun ?

      • Jeudi 28 Juillet 2016 à 20:05

        Ne même pas essayer. Ils n'entendront que lorsqu'un ministre dira, suivi par tous les spécialistes de l'enfance, que les petites cases sont une injure faite à l'être humain et  l'évaluation par compétences même bienveillante et positive un acte de maltraitance.

    2
    *Kati*
    Jeudi 28 Juillet 2016 à 19:13
    *Kati*
    Ah que ça fait du bien de lire ça !
    Bon j'ai toujours passé beaucoup de temps pendant les vancances à préparer des affiches, des étiquettes, des trucs pour rendre ma classe jolie, à utiliser ma plastifieuse, etc... Mais que j'aime lire ce que tu dis sur les paperasses à initiales, les programmations de l'année à la seconde près ou la façon dont tu préparais ta classe :-) !
    J'aimerais bien faire lire cet article à mon ien et à certaines de mes collègues (friandes de réunionites et paperasserites) !
    3
    Emji
    Jeudi 28 Juillet 2016 à 20:19
    Ces propos sont on ne peut plus réalistes. Il n'y a qu'à parcourir les ressources d'accompagnement des nouveaux programmes pour se rendre compte à quel point nos supérieurs sont totalement déconnectés de la réalité d'une salle de classe. http://eduscol.education.fr/cid99757/ressources-d-accompagnement-des-nouveaux-programmes-de-l-ecole-et-du-college.html
      • Jeudi 28 Juillet 2016 à 20:25

        Merci Emji ! Les courageux iront sans doute lire quelques phrases des documents déjà publiés.
        À noter qu'au Cycle 2, en français, seul le Langage oral est en ligne. La lecture, l'écriture et l'étude de la langue n'ont pas été jugés assez importants pour faire l'objet des publications les plus urgentes.

    4
    coindeparadis
    Vendredi 29 Juillet 2016 à 08:42

    Tu mets en mots exactement ce que je pense depuis plusieurs années. Merci ! 

    5
    Vendredi 29 Juillet 2016 à 09:33

    Ah que ça fait du bien de lire ça : on pourrait bien faire classe sans cahier journal et programmations tirés au cordeau? On pourrait faire classe en les observant beaucoup et en s'adaptant à leurs aspirations? On pourrait se re-créer en récréation?

    Trop chouette!^^

      • Vendredi 29 Juillet 2016 à 10:44

        J'ai toujours eu besoin d'un planning plutôt que d'un véritable cahier journal. Il faut dire que j'ai rarement eu de niveaux simples et que lorsque vous avez les GS qui claironnent "J'ai fini. J'sais pas quoi faire." pendant qu'on encourage les CE1 à chercher comment partager 66 billes entre 5 copains et qu'on sent que l'idée de partager d'abord les dizaines avant de s'occuper des unités est en train de germer, vous êtes contents de pouvoir répondre du tac au tac : "C'est l'heure de l'atelier peinture, débarrassez vos tables et aller chercher le matériel, j'arrive dans 5 minutes : Alors, revenons à nos billes, Djeïzonne : tu nous disais qu'il fallait partager les sacs de 10 ?"

    6
    Normandyx
    Vendredi 12 Août 2016 à 12:10

    tous les instits en poste qui répondent devraient être dénoncés, allez vous reposer... happy

     

    il y en a une qui aurait dû se reposer un peu plus au lieu d'aller faire la nigaude sur RMC dans l'émission les grandes gueules, sa proposition :

     

    BUNKERISER LES ECOLES et mettre des soldats en armes à la porte.... mad

     

    http://rmc.bfmtv.com/emission/exercices-attentat-a-l-ecole-maman-et-enseignante-je-suis-terrorisee-je-veux-qu-on-bunkerise-les-ecoles-1024724.html

     

    je n'espère qu'une chose, que ce soit une imposture et une quiche qui se serait fait passer pour une enseignante...

      • Samedi 13 Août 2016 à 09:46

        J'ai bien peur que ce soit une vraie, tu sais... cry

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