• Tu apprendras dans la douleur.

    Tu apprendras dans la douleur.

    Balades en maternelle

    Premier cas :
    Nous sommes dans une classe maternelle multi-âge, un beau jour de printemps. Après une année scolaire bien employée, chacun vaque à ses petites affaires. Les uns s'activent, avec application, à des tâches de vie pratique, laver, ranger, boutonner, arroser, suivre le tracé d'une lettre et même marcher avec application, sans bruit sur une ligne courbe !
    D'autres associent deux à deux des couleurs, des sons,  des quantités concrètes et des nombres, des images ou des objets et des mots oraux ou écrits.
    Un petit groupe de grands de cinq à six ans effectuent à l'aide de cubes, de plaques, de barres et de perles le partage de 9 998 en 3 nombres égaux pendant qu'un petit groupe de leurs camarades lit, couramment, une histoire à leurs camarades plus jeunes.
    Bah oui, quoi ! Normal, non ? On est dans la classe pilote Montessori que Céline Alvarez avait obtenue de l'Éducation Nationale et qui a disparu depuis... Elle a gardé les meilleurs moments et nous a fait un catalogue de tout ce qui était le plus vendeur. On ne peut pas le lui reprocher, tout le monde en aurait fait autant.
    Qu'elle qualifie cette pédagogie de scientifique et s'associe aux neurosciences qui marchent si fort aujourd'hui ne peut pas non plus nous étonner puisque Maria Montessori, docteur en médecine, licenciée en philosophie, psychologie et biologie, appartenait elle-même à ce courant de pensée qui considère que la pédagogie se doit d'être scientifique, basée sur la connaissance et le respect des lois qui gouvernent le développement psychologique des enfants.

    Sachant cela, on peut être d'accord ou pas... Mais il n'empêche que, dans cette classe, on voit des enfants heureux, épanouis, qui ont visiblement acquis des connaissances variées, dans la joie et la bonne humeur !

    Deuxième cas :
    Nous sommes à des années lumières de là, dans une classe maternelle multi-âges, à Saint-Martin d'Estreaux (Loire), le 10 mars. 

    « Aujourd'hui l'attention est captée par un beau dessin exécuté au tableau par Betty (5 ans 1 mois). « C'est la jolie jeune fille du printemps », dit-elle.
    Nous parlons beaucoup du printemps ces jours-ci. Chaque jour les petits venus des fermes nous annoncent la naissance des chevreaux, l'éclosion des poussins, ceux du bourg apportent des primevères, des violettes. Nos petits amis de Trégastel nous ont envoyé une lettre de printemps, véritable herbier, où nous avons reconnu les chatons, la jonquille, la ficaire. Même les plus petits s'approchent pour voir « la jolie jeune fille. »
    « Elle a rencontré le soleil
    », dit Domi et Betty ajoute : « Son petit cœur chante », car Betty aime à en­tendre « chanter » son petit cœur (elle vient près de moi et pose sa main sur son cœur et sent le tic-tac). Gérard met sa main sur son cœur, on l'imite (ce n'est pas la première fois que cette expérience a lieu) « Tiens, ça fait tic-tac ». Et voilà notre texte :

     « La jolie jeune fille
    du printemps
    a rencontré le soleil.
    Son petit cœur chante tic-tac, tic-tac
    ».

    Presque tous les enfants demandent à lire cette histoire (même Martine, 4 ans), mais certains restent en dehors.
    Georges dessine sa maman et son papa et sa maison Monique aussi, Nicolas fait le portrait de son chien Jupiter et Corinne préfère envoyer à son correspondant son histoire à elle.
    Tandis que Betty, Frédéric, Gérard et Michèle composent le texte à l'imprimerie et que des groupes se forment pour dessiner la jeune fille du printemps (encre de Chine, stylos, crayon à pointe feutre, peinture) les grandes filles copient le texte sur une belle feuille. A la fin de la journée tous les enfants (les petits exceptés) l'ont copié, certains seuls, d'autres à l'aide d'un modèle (qu'ils viennent solliciter, certains précisent qu'ils veulent écrire « en accroché » c'est-à-dire en anglaise).

    En fin de matinée, Gérard s'aperçoit que nous avons oublié le calendrier, il est fier de nous annoncer que nous sommes « mardi 10 mars ». Comptons-nous : grande section : 9 filles, 4 garçons, cela fait 13 ; chez les moyens, il y a : 5 filles et 3 garçons, cela fait 8 ; et chez les petits : 4 filles et 1 garçon, cela fait 5 et 26 en tout dit Dominique. Ce soir nous ajouterons encore les moyens et les petits qui viennent l'après-midi.
    Frédéric a une histoire de calcul à nous raconter, il l'a dessinée ce matin : « Pour manger mon gâteau d'anniversaire il y avait nous six ( papa, maman, ma sœur, mon grand frère, le bébé et moi),mes deux pépés et mes deux mémés, mes deux tontons, mes trois tatas et ma marraine ».
    Que de façons de compter cela ! Depuis la simple énumération (dessinée par Jean-Luc) jusqu'à la véritable élaboration mathématique réalisée par Andrée (6 ronds et 4 ronds constituent la dizaine à laquelle elle ajoute 2 ronds et 3 ronds et encore un rond, ce qui fait 16). 

    Comme un rayon de soleil chassait l'ondée, nous sommes vite sortis dans l'herbe encore humide, nous avons cueilli les primevères pour ne pas les écraser en dansant.

    Et puis les enfants se sont groupés par ateliers.
    Frédéric, Gérard et Hélène se sont installés pou terminer leurs marionnettes. A la table de peinture il y a Jean-Luc, Andrée, Pascale, les deux petites Martine qui peignent des oiseaux et des soleils. Betty peint à la verticale (au tableau) une demoiselle du printemps. Corinne a disposé l'atelier d'encre de Chine, où elle travaille en compagnie de Christian, Serge et Alain-Noël. L'atelier de stylos et de crayons-feutres réunit Anne-Marie, Catherine, Pascale, Serge et Annick.
    Catherine, Ariane, Dominique et Jean-Claude impriment. Monique, Christiane, Nicolas découpent. Georges et Christian écrivent et dessinent pour leur correspondant.
    Je vais d'atelier en atelier, aidant les enfants qui me le demandent (mais ils préfèrent en général l'aide d'un camarade).

    Les imprimeurs sont fatigués, Ariane va dessiner au tableau, Pascale prend sa place. Alain-Noël, qui a terminé son encre de Chine découpe des chèvres et les groupe dans un pré. Gérard fait danser sa marion­nette pour un groupe d'admirateurs.
    Mais cela se fait sans désordre. Il y a du bruit bien sûr, surtout en cette fin de trimestre, mais « c'est un bruit de ruche » quelquefois dérangé par les éclats de rire aigus de notre Michèle malentendante (en trai­tement d'ailleurs, car les parents sont enfin convaincus de sa surdité, non sans mal d'ailleurs).

    Voici l'heure de la récréation, nous n'avons pas vu le temps passer puisqu'il est quatre heures moins le quart. D'ailleurs quelques enfants restent pour ter­miner leur travail (en particulier Hetty, Ariane, Corinne). En rentrant je lis (ou plutôt raconte en montrant les gravures) l'album « L'Enfant-Soleil » édité par la CEL et c'est l'heure du départ. »

    Ça fait un peu ruche, la maîtresse l'admet d'ailleurs, et puis coopérative autogérée d'enfants où la maîtresse est un membre de la communauté ni plus ni moins important que tous les autres.
    Bah oui, quoi ! Normal non ? Puisqu'on est dans la classe maternelle Freinet d'Yvette Bermon, en 1964.

    Sachant cela, on peut être d'accord ou pas... Mais il n'empêche que, dans cette classe, on voit des enfants heureux, épanouis, qui ont visiblement acquis des connaissances variées, dans la joie et la bonne humeur !

    Troisième cas :
    Remontons encore dans le temps. Et entrons sans bruit dans l'amphithéâtre d'une École Normale d'Institutrices pour écouter parler la conférencière :

    «L'enfant bouge et s'occupe. Il s'occupe à jouer. Le jeu, c'est le travail des enfants.Tous les éducateurs dignes de ce nom l'ont affirmé. C'est le titre de gloire de Frœbel.

    Pour s'occuper, il faut que l'enfant ait à sa disposition des objets matériels. Celui qui marche à peine pousse devant lui une chaise qui le soutient ; son aîné fait de la sienne un cheval improvisé ; puis il y a les jouets, les vrais, depuis le hochet à grelots du bébé que l'on porte sur les bras, jusqu'au jeu de dominos avec lequel le doyen de cinq ans apprend à compter jusqu'à douze.
    Non seulement il y a les jouets des chambres, mais il y a ceux des jardins. Les jouets, les ustensiles du ménage, c'est le matériel scolaire de la mère de famille. Ils doivent composer aussi le matériel scolaire des petits à l'école maternelle.
    Et c'est en effet un matériel éducatif, puisque chacun des objets qui le composent sert au développement physique et intellectuel de l'enfant qui l'a à sa portée. Le petit qui s'appuie sur la chaise comprend que sans elle il roulerait par terre ; celui qui a fait un cheval de la sienne a exercé d'abord sa faculté de comparaison, puis sa faculté d'imitation. Les quatre pieds de la chaise lui rappellent les quatre jambes du cheval, et, s'il se met dessus à califourchon, au lieu de s'asseoir, c'est pour faire comme les cavaliers qu'il a remarqués dans la rue ou sur la route. Il parle à ce cheval, comme la petite fille parle au morceau de chiffon qui lui sert de poupée, et la mère intervient dans cette conversation.

    Au jardin, avec les billes, les quilles, les ballons, le sable, que de facultés sont en jeu !
    Quelle leçon bonne et saine et profitable dans un mot dit à propos ! Nous soulignons cette expression « à propos », car la leçon ne porte que quand elle entre dans les vues du petit enfant, quand elle arrive au bon moment, quand elle est opportune. Appeler sur un arbre l'attention d'un enfant qui joue au cheval, c'est du temps perdu; on lui parle branches et feuilles, il répond jambes et queue. L'enseignement, pour être fécond, ne doit pas transporter l'élève dans un ordre d'idées qui lui est étranger, il ne doit lui causer aucune fatigue intellectuelle. Le jeu, le jeu surveillé, le jeu guidé, est un travail suffisant pour l'enfant de la deuxième section de l'école maternelle.

    Cependant, le programme officiel porte 1° les premiers principes d'éducation morale.
    C'est vrai ; mais, lorsque la directrice lavera l'enfant malpropre et qu'elle lui suggérera par cela même l'idée de la propreté ; quand elle l'amènera à rendre un jouet arraché à un petit camarade ; quand elle stimulera son activité ; quand elle lui inspirera un sentiment de tendresse ou de confiance, elle aura fait de l'éducation morale.

    A l'article 2 du programme nous trouvons les exercices de langage.
    Et en effet vous faites dire à l'enfant « la bille », « le cheval », « le ballon », « le sable ». Puis, « la bille est ronde » ; « le cheval a quatre jambes, une queue » ; « je lance le ballon » ; « la fourmi est toute petite » ; « le sable est fin » ; « le sable est sec », « le sable est mouillé ».
    Peu à peu les propositions s'enchaînent en phrases, les phrases se lient en périodes : l'enfant pense et parle.

    A l'article 3, les leçons de choses : un des exercices les moins compris.
    La leçon de choses, pour l'enfant, c'est le nom de l'objet qu'il a dans la main : « la bille » ; c'est sa couleur « rouge, bleue ou blanche » ; c'est sa forme : « ronde » ; c'est l'usage qu'on en fait : « on la fait rouler ».
    Mais ces leçons doivent naître spontanément, au lieu d'être réglementées. C'est horriblement difficile ! dira-t-on. Oui, si l'école maternelle ne fait pas absolument peau neuve, si les directrices n'oublient pas qu'elles se sont crues des professeurs, alors qu'elles étaient des mamans.

    Pourquoi avoir fait un règlement alors ? C'est qu'il faut donner un corps aux idées ; c'est qu'on ne fonde rien avec des abstractions. Ce règlement précise ; il permet de passer de la théorie dans la pratique ; il dit aux directrices : « Vous devez être des mamans ; l'enfant qui joue travaille ; en jouant seul, il développe son corps, son intelligence ; en jouant avec des camarades, il développe son corps, son intelligence, son cœur. Il devient sociable. Or la sociabilité prise de haut, c'est de la morale ; la sociabilité implique la parole ; c'est l'exercice de langue maternelle. L'enfant qui trace des lignes sur le sable ou sur l'ardoise dessine; le dessin mène à l'écriture, l'écriture à la lecture.
    En comptant les cailloux qui servent de limite à son jardinet, les cubes qui lui servent à construire une maison, l'enfant fait du calcul ; en faisant des hauteurs et des creux dans le sable, il fait de la géographie ; en regardant une fleur, de la botanique ; en montrant ses deux mains, ses deux yeux, sa bouche et ses cheveux, de la zoologie. C'est sa science à lui ; ce sont ses études à lui ; il n'en doit pas connaître d'autre. »

    Oh mais quelle permissivité ! Quel appel aux sens, au plaisir, au jeu, à l'effort mesuré et librement consenti !
    Bah oui quoi ! Normal, non ? Puisque la conférencière se nomme Pauline Kergomard et que lorsqu'elle a fondé l'École Maternelle française, elle l'a voulue avant toute chose qu'elle soit faite pour l'enfant et non l'enfant pour l'école. Elle l'a donc conçu comme un établissement où l'enfant doit s'épanouir en santé physique et en santé morale, en force, en grâce, en intelligence, en esprit de conduite.

    Sachant cela, on peut être d'accord ou pas... Mais il n'empêche que, dans cette conception de l'École Maternelle, on reconnaît la volonté de voir des enfants heureux, épanouis, qui acquièrent des connaissances variées, dans la joie et la bonne humeur !

    Quatrième cas :
    Nous voici maintenant dans un temps si reculé que l'idée de l'enfance a de la peine à cheminer dans l'esprit des hommes. C'est tout juste si on conçoit qu'avant d'entrer à la fabrique, vers l'âge de sept ans, les tout-petits, confiés à des mains mercenaires parfois à peine plus âgées qu'eux, frôlent quotidiennement des périls inouïs ! 
    Dans cet univers sombre, des voix s'élèvent, cherchant avant tout à préserver les forces vives de la nation en combattant une mortalité infantile si élevée qu'elle la prive d'ouvriers, de soldats et de bonnes reproductrices. Il faut garder ces tout-petits, les préserver de la maladie et des mauvaises influences, leur inculquer à n'importe quel prix l'amour du bien et de la religion.

    D'autres vont plus loin et commencent déjà à chercher ce qui pourrait les rendre heureux en les améliorant.
    Et ils trouvent... enfin... ELLE trouve :

    Les moyens de réorganiser notre instruction primaire et de la mettre d'accord avec elle-même et avec les besoins actuels :
    « I. — La substitution de la méthode naturelle et attrayante aux procédés factices, routiniers et dépressifs jusqu'ici en usage ;
    [ « II. — L'introduction dans l'enseignement de quelques connaissances aujourd'hui d'utilité générale, telles que l'histoire du pays, celle du travail, l'hygiène, les notions des diverses sortes d'économie, etc. ;
    « III. — L'introduction de l'élément professionnel, s'étendant au commerce, aux langues vivantes, aux arts industriels, aux métiers, et marchant simultanément avec l'instruction proprement dite. » ]

    Pour elle, la méthode française, celle qui doit prévaloir tout le temps et à plus forte raison chez les moins de sept ans, c'est :

    « c'est l'enseignement expérimental compris sous les noms divers d'enseignement par les yeux et de leçons de choses ; c'est l'instruction par les faits, en un mot, c'est la méthode naturelle ».

    Mais laissons parler quelqu'un qui a lu ses écrits, a côtoyé son œuvre et lui a fait confiance :

    Mme ... s'est faite l'apôtre de la méthode naturelle, de la méthode qui prend la nature pour point de départ, ensuite pour guide et pour point d'appui ; qui s'adresse d'abord aux sens et, par leur moyen, met l'enfant en communication avec tout ce qui l'entoure :
    « Coopérer à l’œuvre de la nature, l'étendre, la rectifier quand elle dévie, telle est la tâche de l'éducateur ; à tous les degrés de l'éducation, il faut respecter la nature ».

    Elle répugne à l'abstraction ; elle ne parle qu'en présence de l'objet ou du moins de son image ; sa maxime est :
    « Un signe visible pour chaque chose visible ».
    De là les images qui illustrent ses livres, les instruments et appareils qu'elle a inventés pour rendre partout et toujours l'enseignement concret (voir sa Notice sur l'éducation des sens, ses collections d'images, de dessins et de gravures, etc.).
    A ses yeux, l'éducation doit avoir pour bases non seulement l'observation, la réflexion, l'expérience, mais aussi l'attrait, l'affection, le sentiment, le respect :
    « L'enfant devrait vivre au sein d'impressions fraîches et douces ; les objets qui l'entourent à l'école devraient être gracieux et riants. Il n'est pas un enfant qui ne se laisse prendre à l'affection qu'on lui témoigne. Aimez chacun de ceux qui sont confiés à vos soins. Nous ne valons qu'autant que nous aimons. Tâchez qu'on vous aime, et ce sera facile si vous aimez véritablement vous-même: l'amour, c'est la flamme qui attire la flamme. Il faudra de bonne heure éveiller chez nos pupilles le sentiment de leur dignité morale et travailler à les en pénétrer, en veillant sur nos manières envers les autres. En général, on traite les enfants avec trop peu de façon ; on manque d'égards pour eux. »

    Dans l'esprit de Mme ...,  la salle d'asile était une œuvre d'éducation première, d'épanouissement, de développement dans tous les sens, non une œuvre d'instruction. Elle ne demandait à ses jeunes auditeurs ni effort, ni contention d'aucune sorte, ni travaux, pas même ces prétendus travaux récréatifs mis à la mode par les disciples de Frœbel : elle craignait que l'on ne fît d'eux « des petits galériens ». Elle ne leur demandait que de l'écouter et, pour les y amener, elle recourait aux récits enfantins, aux exhibitions d'objets ou d'images, à tout ce qui pouvait charmer leurs oreilles ou leurs yeux. Si elle admettait quelques exercices d'instruction sentant l'école, ce n'était que dans une mesure très restreinte et sous la réserve que ces exercices seraient courts, rudimentaires, toujours relevés par des mouvements ou des moyens d'aspect.

    Quoi, encore cette idée d'épanouissement, de liberté, cet appel aux sens, au plaisir, au jeu, à l'effort mesuré et librement consenti ! Mais c'est insupportable
    Bah oui quoi ! Normal, non ? Puisque le rédacteur de cette biographie est un dénommé Eugène Brouard, l'un des 350 collaborateurs dont s'entoura Ferdinand Buisson pour rédiger son Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire.

    Sachant cela, on peut être d'accord ou pas... Mais il n'empêche que, dans cette conception de l'instruction des tout-petits, on reconnaît la volonté de voir des enfants heureux, épanouis, qui acquièrent des connaissances variées, dans la joie et la bonne humeur ! 

    Conclusion :

    On peut considérer que tous ces gens-là nous ont fait ou refait le coup de Summerhill et que, lorsqu'il s'agit d'enseigner quelque chose à un élève, on ne peut éviter de lui imposer une tâche bien définie.
    Sans doute est-ce très vrai, dès lors que l'élève en question a dépassé l'âge de la petite enfance (en gros, au moment des premiers signes de la deuxième dentition), époque à laquelle, la question est de lui faire comprendre ce que signifie cette tâche et de lui en montrer l'intérêt.
    Cependant, de l'avis de tous ces pédagogues plus ou moins réputés, avant cet âge, il ne saurait être question d'en faire des petits galériens qu'il ne faudrait en aucun cas laisser choisir en fonction de leurs envies.

    Sachant cela, on peut être d'accord ou pas... Mais il n'empêche que, dans cette conception de l'instruction des tout-petits, qui est aussi la mienne, on voit des enfants heureux, épanouis, qui n'ont certes pas appris dans la douleur mais ont tout de même acquis des connaissances variées et une envie d'apprendre qui les rend aptes à fournir désormais tous les efforts nécessaires à une instruction sentant l'école, comme aurait dit ce bon M. Brouard !


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  • Commentaires

    1
    Gelsomina
    Samedi 5 Décembre 2015 à 13:38

    Merci pour ce bel article qui me redonne envie de devenir une meilleure maitresse après ce mois triste et assommant, séquelle des attentats de novembre et dont je sors enfin les yeux pleins des lumières de ma guirlande électrique, le cœur apaisé par l'approche de noël, les facéties d'un Fantôme ainsi que par la joie de vivre de mes élèves récents. Mon cerveau est à nouveau disponible pour suivre les pas de Pauline, Maria, Célestin, Laurence, Catherine et... peut être même Céline! ;)

    2
    Samedi 5 Décembre 2015 à 16:39

    Très beau texte.

     

    A mettre en regard des usines à cases, grilles de compétences et autres horreurs actuellement imposés à l'école...

      • Samedi 5 Décembre 2015 à 17:59

        Merci Laurence ! Eh oui, les nouveaux dirigistes, les adeptes de la pédagogie du claquoir, ce sont eux, pas nous ! glasses

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