• Se repérer, compter, calculer en GS

    Se repérer, compter, calculer en GS

    Ce matin, au courrier, une collègue me demande comment procéder pour adapter cette méthode à une classe à niveau unique et à gros effectif (30) et s'il est possible de mettre tous les élèves en activité sur une même objectif collectif alors qu'ils ont jusque-là surtout travaillé en ateliers.

    Elle se demande comment par exemple, dans une activité avec un personnage par élève et des étiquettes à placer devant, derrière,  préparer le matériel pour 30 élèves puis les suivre un à un. Ne voyant pas du tout comment procéder, elle en vient à se dire qu'elle mènera trois groupes en parallèle l'un avec elle sur l'activité proposée dans le livre du maître et les deux autres, en autonomie, sur des activités similaires qu'elle aura préparées elle-même.

    Comme je pense qu'elle ne doit pas être la seule à se poser ces questions, je me permets de recopier ici la réponse que je lui ai faite, enrichie de quelques réflexions supplémentaires, ajoutées après relecture..

    Activités de motricité large (EPS)

    Dans une classe de 30, on peut d'abord se concentrer sur les activités d'EPS (motricité large) et faire jouer à chacun le rôle du personnage qui a un objet devant ou derrière lui.

    Afin que les enfants se détachent de leur corps et de sa situation dans l'espace comme unique repère, on peut, toujours en EPS, les faire jouer en doublettes, l'un préparant l'autre pour son départ et plaçant les objets par rapport à son coéquipier plutôt qu'à lui.

    On peut enfin programmer d'autres jeux collectifs dans lesquels les mots « devant » et « derrière » sont utilisés régulièrement (la chandelle, les courses, les parcours, les jeux de poursuites, de files indiennes, etc.) afin de multiplier les occasions de manipuler oralement ces notions et d'en consolider la prise de conscience, si toutefois certains élèves ne l'ont toujours pas effectuée. 

    Activités de manipulation  

    Enfin, l'activité de manipulation peut avoir lieu dans le coin de regroupement à partir de petits personnages récupérés dans une boîte de jeux et de leurs accessoires et, en même temps, de personnages adhésifs qu'on installera au tableau.

    Les élèves qu'on aura repérés comme ceux les plus en difficulté, soit face à la notion elle-même, soit au niveau du vocabulaire à employer, viendront équiper ces personnages pendant que leurs camarades de classe proposeront les positions des différents objets (pas plus de 10 minutes d'activité, quitte à y revenir les jours suivants, pendant une à deux minutes, sous forme de rituel, tant qu'un seul enfant de la classe continue à éprouver des difficultés).

    En ayant à la fois la scène en 3D sur la table, avec les petits personnages, et en 2D au tableau, nous concentrons encore deux étapes en une, tout en permettant le travail de 3 élèves en même temps (un qui choisit la position de l'objet, un qui travaille sur table, un qui travaille au tableau) : ainsi 10 objets suffiront pour que la classe entière ait participé au jeu.
    Attention cependant à vraiment exiger l'attention de tous et non pas seulement celle des trois enfants concernés : c'est en installant cet intérêt pour le travail commun que vous pourrez quand même arriver à faire travailler 30 enfants, chacun à sa place, sur le même
    objectif1  : aucun élève ne doit être occupé à autre chose (bavarder avec ses voisins, jouer avec ses doigts, ses cheveux ou ses orteils, regarder ailleurs ou même, comme je l'ai vu parfois, se lever et partir au prétexte d'aller se moucher ou jeter quelque chose à la poubelle).
    En réduisant au minimum le temps d'attention (pas plus de 10 minutes de suite en début d'année scolaire, peut-être moins) et en multipliant ces petits moments au cours de chaque journée de classe, dans tous les domaines, les élèves vont peu à peu apprendre à prêter attention à l'activité centrale proposée puis, très progressivement, aux enfants qui constituent le groupe-classe. C'est à ce moment-là que vous pourrez installer les activités individuelles de manipulation sur tables et les surveiller facilement.

    Pour le moment, vous pourrez vous dispenser d'organiser la phase de manipulation individuelle sur table qui sera facilement remplacée par le travail sur la fiche, décrite et expliquée en collectif au coin-regroupement en fin de manipulation avant d'être distribuée à chaque élève.

    Le livre du maître

    Le livre du maître propose toutes les activités possibles autour d'une notion simple afin de s'adapter à toutes les situations, de la classe rurale à 9 niveaux (TPS à CM2) dans laquelle l'enseignant n'a qu'un seul élève de GS à la classe urbaine à 30 élèves et plus.
    À chacun de juger celles qui sont indispensables dans sa classe et celles dont il peut se passer. L'important est de conserver le rythme proposé : 4 notions par semaine, sur 5 semaines par période car, si l'on dilue les activités, on ne pourra tenir ce rythme car les enfants se disperseront, perdront l'intérêt pour la notion à observer et on sera soi-même coincé par le manque de temps.

    La première période est volontairement très, très simple afin justement que les enseignants puissent trouver le rythme quotidien et l'organisation qui leur convient, selon leur classe, son effectif et les capacités des élèves qui la composent. Normalement, sauf élèves en grande difficulté cognitive et élèves primo-arrivants très récents (moins d'un an), tous les élèves arriveraient à faire la fiche directement sans être au préalable passés par les étapes motrices et de manipulation d'objets concrets.

    Cela permet d'installer ce travail en classe entière afin que les mathématiques ne volent pas le temps des autres activités (éducation motrice ; éducation des sens : chant, musique, dessin, travail manuel ; éducation morale ; langage oral ; découverte du monde ; écriture-lecture) mais avancent tout de même d'un pas chaque jour, sur toute l'année scolaire.

    Donc, à la question :

    Y a-t-il d'autres activités visant le même objectif à proposer aux élèves afin de les répartir en groupes de 10 par exemple et de faciliter la préparation matérielle ? Ou faudra-t-il que je construise moi-même les 2 autres activités (ce qui, du coup, m'éloigne de mon objectif) ?

    je réponds résolument non. Une seule activité, collective, adaptée à la configuration de votre classe, en votre présence, même si certains élèves ne sont que « spectateurs actifs » (car les spectateurs peuvent et doivent être actifs), même si elle est très courte, vaudra toujours mieux que des enfants livrés à eux-mêmes dont on ne sait ce qu'ils retirent de l'activité qu'on leur donne à faire en autonomie.

    Bon courage pour votre année de classe à 30 élèves et n'hésitez pas à me contacter à nouveau si vous voulez d'autres renseignements sur cette méthode ou sur un autre aspect de la pédagogie en classe de Grande Section.

    Notes :

    1 Tout en sachant qu'il n'est pas normal et totalement inacceptable qu'en 2016, on en soit revenu aux effectifs de 1960 dans les classes de Grande Section et d'ailleurs ! Bien la peine de fermer des classes rurales à tours de bras pour ne pas être capables de diminuer les effectifs des classes urbaines… La vraie Refondation serait là, et dans la formation des enseignants, si on la voulait vraiment.


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  • Commentaires

    1
    Isbaha
    Samedi 6 Août 2016 à 14:53

    Toujours aussi intéressant ! Cette année, j'ai des petits-moyens. Les maths n'étant pas mon point fort, je sèche un peu sur comment les faire progresser, auriez-vous des pistes ? 

      • Samedi 6 Août 2016 à 18:04

        Je vous ferai ça dès que possible. Mais cela risque d'être plutôt début septembre qu'un peu avant.

    2
    Anndreina
    Samedi 6 Août 2016 à 16:58

    Merci pour toutes tes précisions. C'est rassurant de savoir que tu es là pour nous conseiller!

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