• Dessiner pour devenir intelligent.

    Au moment où certains se demandent comment l'enseignement a pu devenir aussi nul, d'autres choisissent de chercher des solutions pour que l'École et ses professeurs décident d'exalter l'intelligence.
    Parallèlement, d'autres encore préparent les outils qui, en classe, mettront à l'honneur des activités capables d'enrichir la réflexion de nos élèves par la pratique.

    Il me semble important de présenter plutôt ceux qui donnent des outils et militent pour l'intelligence en action.

    L'article de Pierre Jacolino est tellement riche que j'ai envie de vous le distiller par petites doses additionnées de quelques commentaires comme je l'avais fait pour l'article d'Henri Canac (le début, deuxième partie , quatrième partie , cinquième partie, sixième partie, septième partie, huitième et dernière partie).

    J'espère ne pas trop espacer les articles même si, pour le moment, la matinée du mercredi, pendant laquelle je préparais ma classe de façon à libérer le week-end pour ce blog me manque encore beaucoup... Et ce ne sont pas les 30 minutes gagnées chaque soir qui vont me permettre de caser le boulot efficace qu'on peut faire en trois heures consacrées uniquement à cela.

    Pour commencer, parce que c'est important même si je n'ai aucun commentaire à faire, l'introduction.
    Elle nous apprend que le dessin a progressivement perdu à l'école primaire, surtout en élémentaire mais aussi en maternelle, la place que les fondateurs de l'École lui avaient réservée.

    Le dessin, une matière d'avenir

    Introduction

    Parler de la place du dessin dans les programmes d'enseignement du primaire, c'est faire l'histoire d'une destitution.

    Si autrefois le dessin était un intitulé majeur des programmes, il n'est aujourd'hui qu'une composante parmi d'autres des ''arts visuels'', successeurs des ''arts plastiques'', qui avaient eux-mêmes pris la place du dessin à la fin des années 60. Depuis 2008, dessin, modelage, photo, vidéo et musique sont même rassemblés dans une section intitulée ''Pratiques artistiques et histoire des arts''. Le dessin n'est mentionné ailleurs que dans les programmes de maternelle, dans la partie ''Découverte du monde'', comme mode de représentation du réel. Seuls les programmes de 2002 auront redonné au dessin une place importante.

    Ainsi, on constate un recul de la place du dessin dans les programmes, à la fois dans les activités artistiques, où il se fait concurrencer par d'autres formes d'arts et par des objectifs proches de ceux de l'action culturelle, mais aussi dans les autres domaines, où il ne reste un instrument relativement privilégié qu'en maternelle. Le contraste est grand avec les programmes du début du XXe siècle, où le dessin avait une place autrement plus importante, ne serait-ce que dans son rapport avec les mathématiques et la géométrie.

    On peut dater de la fin des années 60 la disparition relative du dessin. Le désir d'intégrer les formes d'expression modernes comme la photo et la vidéo, son image persistante d'''académisme'', le sentiment qu'il était nécessaire d'enseigner des formes d'arts contemporaines, où le dessin avait une moindre importance, la naissance du concept d'''action culturelle'', puis ''socio-culturelle''1, tout cela explique que le dessin ait perdu sa prééminence.

    Pourtant, il ne faudrait pas penser que la période précédente fut unanime dans l'usage et même la nature de cette pratique. Des débats féroces eurent lieu entre les partisans des méthodes géométriques, du dessin d'observation, du dessin libre ou imposé. Cependant, nul ne songeait à remettre en cause ses bienfaits éducatifs.

    1http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2001/valetteae/these_body.html

    Donc, on s'écharpait bien un peu, à l'intérieur, pour savoir comment il convenait d'apprendre à dessiner aux élèves. Mais c'est de l'extérieur que sont venues les dévalorisations successives critiquant l'académisme figé mais ne profitant pas des éloges faites au dessin libre par Freinet et consorts pour ne pas décider de jeter le bébé avec l'eau du bain :

    Comme le montre mon rapide inventaire des raisons de l'abandon du dessin, c'est de l'extérieur que le dessin fut le plus contesté. Les débats internes ne semblent pas avoir été suffisamment fondamentaux pour provoquer cette marginalisation. Les programmes de 1909, repris par ceux de 1923, mettent un point final au débat initié au XIXe par MM. Guillaume et Ravaisson1. Les textes de Gaston Quénioux entérinent la victoire du second, en en modérant les excès ''académiques''. Dès 1909, tous les types de dessins sont présents dans les programmes : ''à vue'' ou ''de mémoire'', ''géométral'' ou ''d'ornementation''.

    Seuls les textes de Freinet alimentent à nouveau le débat, mais à la marge de l’Éducation nationale. Pour autant, la nouveauté du ''dessin libre'' ne doit pas être surévaluée. Elle s'inscrit dans la continuité de la ''méthode intuitive'' de Quénioux, s'en distinguant surtout par le refus de tout thème imposé : expressivité, refus des contraintes trop fortes, attitudes bienveillantes quant aux initiatives représentatives et techniques de l'enfant, tout cela établit une parenté assez forte entre les deux meilleurs ennemis que sont Freinet et l'école publique de son temps. Quoi qu'il en soit, les réformes programmatiques des années 60 ne suivent pas Freinet dans son éloge du dessin, puisque sa place décroît dans les programmes du primaire d'après 1945.

    Il est donc permis de faire un retour en arrière dans la réflexion sur l'usage du dessin à l'école primaire, toutes les critiques qui lui ont été faites n'étant pas essentiellement pédagogiques. Contre une tendance à placer l'école à la traîne des évolutions sociales et culturelles, il faut placer les considérations proprement éducatives au centre des choix programmatiques, et se demander ce qu'il est important de savoir faire à 5, 6, 8 ou 11 ans, ce qui a le plus grand rendement pédagogique.

    1Guillaume défendait une progression partant du trait géométrique pour arriver à la forme. Ravaisson préconisait de partir directement de la représentation du corps humain.

    Ces quelques repères historiques posés, quelques mots expliquant comment on peut qualifier le dessin de "moyen de représentation et d'expression majeur chez les jeunes enfants".

    Si l'on part de l'usage non scolaire du dessin par les enfants, il faut constater qu'il est, avec le langage, un des premiers moyens de représenter le monde. Les enfants l'utilisent de manière très fréquente, au même titre que l'imitation, le mime, les jeux de construction et le modelage. Tous ces moyens de représentation, qui sont aussi des jeux, doivent être développés pour eux-mêmes dès la maternelle.

    Mais si les concepteurs de programmes du début du XXe siècle n'ignoraient pas l'importance du modelage, ils n'en intitulaient pas moins ''dessin'' cette partie des programmes. Cette prééminence venait sans doute d'héritage académique, où le dessin occupait une place à part dans la formation des futurs artistes.

    Mais il est possible de défendre autrement cette place d'honneur, en rappelant l'extrême plasticité représentative du dessin. En dessinant, on peut tout représenter : les textures, le relief, les bâtiments, les objets naturels, les êtres vivants, les paysages, etc. Ce n'est pas le cas du modelage ni du mime, qui ne reproduisent qu'un nombre limité d'éléments. En outre, le dessin est un moyen de représentation économique : il demande peu de matériau, mais aussi peu d'énergie pour aboutir à un résultat parfois impressionnant. C'est sans doute ce qui séduit les enfants, pour qui le dessin est une activité parfois quotidienne, et susceptible d'être très rapidement pratiquée de manière autonome. Comme pour le chant, l'omniprésence du dessin chez l'enfant hors de l'école le rend incontournable à l'intérieur de l'école, contrairement à d'autres arts visuels, dont la mise en œuvre est plus contraignante et le résultat plus limité.

    Il serait fastidieux de faire la liste détaillée des bienfaits éducatifs du dessin : apprentissage du soin, exercice de la main, éducation du regard, culture de l'imagination, expression de soi et de son rapport au monde, plaisir de la création... Il s'agit avant tout pour moi de montrer l'intérêt d'un enseignement simultané des différents type de dessin, dans leurs rapports réciproques, mais aussi dans les rapports qu'ils entretiennent avec les autres disciplines scolaires. Le dessin, dans les petites classes comme dans les plus grandes, doit reprendre la place centrale qui lui revient en tant que moyen de représentation et d'expression majeur chez les jeunes enfants.

    Dès que possible, je continue de vous exposer ce long article. Les impatients le découvriront dans son intégralité ici : Plaidoyer pour le dessin, une discipline d'avenir.

     


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  • Plagiat assumé

    Sur son blog, mon amie Sophie Wiktor nous a mis en ligne une superbe progression d'Arts Visuels ou même le début du cycle 3.

    Comme la poésie que j'ai donnée à mes élèves ne correspondait pas à celle qu'elle a choisie pour sa classe, j'ai très succinctement adapté son travail afin qu'il s'adapte avec une version tronquée du poème de Verlaine, Impression fausse.
    Le mien sera moins intéressant parce qu'il ne sera pas question de symétrie mais le travail sur les à-plats de couleur et la technique du coloriage au crayon de couleur est respecté.

    Pour les amateurs de souris plutôt que de papillons, le voici :

    Télécharger « Arts Visuels S2 Réaliser des à-plats aux crayons de couleur.pdf »

    Et surtout que cela ne vous empêche pas d'aller visiter  Le journal de bord d'une toute petite maîtresse !


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    Les écrans en débat

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  • Trop vieilles méthodes !

    Premier mercredi matin de classe... Les enfants sont tout frais, pas de remarque à faire sur leur état de fatigue. Certains ont bâillé jusqu'à 10 heures, comme hier.
    Le rythme pris pendant les vacances, couchers tardifs et réveils naturels, y est sans doute pour beaucoup plus que le mercredi travaillé.
    Pour cette fatigue, qui viendra, j'en suis persuadée, nous verrons mieux la semaine prochaine et les suivantes, lorsqu'ils auront quelques traversées du désert de cinq jours sans pause au point d'eau, entrecoupées de périodes de trois couchers tardifs et deux réveils naturels en milieu ou fin de matinée.

    En revanche, la vieille maîtresse aux trop vieilles méthodes a souffert, elle !

    Je suis arrivée à 8 h 30 pour 9 h parce que l'exactitude est la politesse des rois, comme me l'a appris ma grand-mère.
    À 8 h 50, j'étais dans la cour parce que l'accueil des élèves et de leurs parents, surtout les premiers jours, ça ne se néglige pas, comme me l'a appris mon premier IEN.
    De 9 h 00 à 12 h, j'ai fait classe sur les tableaux et cahiers préparés hier soir, comme me l'ont enseigné les conseillers pédagogiques de mes débuts.
    J'ai surveillé la récréation, de 10 h 45 à 11 h, parce que voir évoluer ses élèves en activités libres, c'est important pour bien les connaître, comme me l'a professé Célestin Freinet, le vieux maître à penser.

    De 12 h 00 à 12 h 10, au portail de l'école, j'ai salué les parents que je n'avais pas vus hier et j'ai répondu à quelques brèves questions. "Votre rôle ne s'arrête pas à la porte de la classe", disaient l'IEN, le conseiller pédagogique et le directeur d'école qui ont validé la partie pratique de mon Certificat d'Aptitudes Pédagogiques, en 1976...

    À 12 h 10, après 5 minutes de tuilage avec l'ATSEM chargée de la garderie, prolétaires de tous les pays, unissez-vous, chantaient les personnes qui ont ouvert ma conscience politique, je suis retournée dans ma classe.
    Là, j'ai :
    - corrigé mes cahiers
    - fait les modèles pour demain dans chaque cahier et comme c'est le début de l'année, c'était un peu long car ils ne présentent pas encore beaucoup de choses tout seuls
    - effacé et préparé mes tableaux du lendemain,
    parce qu'on n'arrive pas le matin, les mains dans les poches, et que le secret d'une classe réussie, c'est une bonne préparation matérielle des activités plutôt qu'un cahier-journal verbeux et sans intérêt pratique, disait M. Jean Avenas, conseiller pédagogique de l'Inspection Départementale de Nyons, lorsqu'il venait dans ma classe de débutante.

    À 13 h 15, j'ai fermé les volets et la porte (l'ATSEM était partie, elle) et je suis rentrée chez moi, l'estomac dans les talons.

    Conclusion : Vos méthodes sont obsolètes, Mme Doublecasquette ! Il serait temps que vous ne passiez plus que 24 heures directement consacrées à vos petits élèves et que le reste du temps, vous réfléchissiez à vos pratiques entre adultes, que diable !
    Le présentiel, c'est dépassé, et vos vieux conseilleurs avec leurs proverbes à la noix, il faut les jeter aux orties au plus vite !


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  • Leçons de maths, CE1.

    Jusqu'à l'an dernier, j'avais donné sous forme de tout petits devoirs écrits (durée : 2 à 5 minutes) les leçons de maths de mes CE1.
    Mais, l'an dernier, sur 9 élèves de CE1, un bon paquet restait à la garderie tous les soirs et cela posait des problèmes aux familles de faire faire ce court exercice. Suite à cela, j'avais proposé qu'ils le fassent en classe, mais en 22 heures chrono, pour certains, c'était impossible deux jours sur trois !

    Ce qui fait que cette année, j'ai remisé mes petits devoirs et je viens de les remplacer par des feuilles de leçons qu'ils apprendront, ou pas, mais qu'ils pourront consulter.
    Je n'en ai mis que 4 par semaine, de façon à ce que, dans certaines familles, trop prises le soir après l'école, on puisse profiter du mercredi après-midi et du week-end pour en faire revoir deux d'affilée.
    Quant à celles qui sont aussi trop prises le mercredi après-midi et le week-end, ce ne sera pas grave, les leçons seront dans le cahier, le cahier sur le bureau et j'apprendrai à leurs enfants à le consulter lorsqu'ils auront un trou de mémoire...

    Télécharger « Leçons maths P1.pdf »

    Pour obtenir d'autres documents gratuits correspondant à Compter Calculer au CE1 pour les élèves, me contacter.


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