• Réponse à Julien

    Comme promis hier, mes réponses au long message de Julien (dans la partie « Commentaires » de cet article). En italiques, ce qu'il m'écrit après avoir annoncé clairement la couleur :
    « Personnellement, je ne conseillerai pas l'utilisation de ces documents sans modifications, et je vais tenter de développer ce point de vue. »

    • page 1, il y a un mélange entre la quantité 10, les décompositions du 10 et ses représentations par une grandeur. Il serait sans doute préférable de ne pas cumuler tout sur une seule page. Et que vient faire le "la dizaine : 9+1=10 etc" entre les pièces et les centimètres ?

    Cette première leçon récapitule toutes les connaissances antérieures des élèves sur les nombres de 1 à 10 : ils sont au CE2 et on leur a seriné ces nombres pendant 3 années de maternelle (où ils étaient présentés le plus souvent sous la forme de chiffres uniquement, qui plus est) et 2 années d'élémentaire.
    La leçon permettra aux élèves « pointillistes » de synthétiser en une seule même connaissance générale toutes les petites informations sur le nombre 10 et la dizaine qui traînaient un peu partout dans leur esprit : les chiffres, les quantités, les mesures, le codage décimal.
    Pour des élèves en difficulté qui n'auraient pas encore acquis l'une ou l'autre de ces différentes facettes, c'est l'occasion pour en rajouter quelques-unes à leur « image du 10 ».
    Les unités de mesures, réglées par le système métrique depuis plus de 200 ans, sont, de par leur qualité d'usage social du nombre, un des biais de la méthode pour conforter la construction du système décimal de numération, il est donc normal que celles-ci soient présentes dès la première page.
    Pour plus d'informations, lire : Les cinq premiers nombres , Les nombres de 6 à 10 , Le nombre 10, la dizaine

    • je n'aime pas les exercices consistant à constituer une somme en utilisant le moins de pièces et de billets possibles car la justification du minimum n'est pas à la portée des élèves. Il se trouve qu'il suffit de retirer à chaque étape la plus grande quantité possible, mais on pourrait très bien trouver un système dans lequel cela ne marche pas (par exemple, avec des pièces de 1, 4 et 5, on fait 8 avec 4+4 sans utiliser le 5).

    C'est encore votre droit le plus strict. Là, l'exercice sert à installer des repères sur lesquels nous nous appuyons depuis des générations : l'unité, la paire, la « main ». Les élèves retrouvent ces nombres-clés qui permettent de construire « économiquement » tous les autres dans la monnaie et les masses marquées de la balance Roberval. La méthode utilise ces deux « outils » pour en stabiliser et automatiser la connaissance.

    • page 4, je préfère utiliser de grandes lettres D et U plutôt que diz. et un. en réutilisant le codage couleur introduit.

    C'est votre droit le plus strict. L'un ou l'autre se valent pourvu que les élèves disent bien « dizaine » et « unité » en entier, sans abréviation, comme ils doivent dire « centimètre » en lisant « cm » ou « litre » en lisant « L ».

    • page 7, "montrer la longueur 9 cm" -> il n'y a pas une seule longueur de 9 cm sur une règle. Le travail sur le sens de l'écart devrait au contraire persuader du contraire.

    Il n'empêche que c'est bien toujours la même longueur. L'exercice porte justement sur la confusion qui peut s'installer chez certains enfants entre « la graduation 9 » et « la longueur de 9 cm ».
    À l'adulte présent près des élèves de leur faire verbaliser ce sens d'écart de 9 cm entre deux graduations, n'importe lesquelles, à ne pas confondre avec la graduation portant le numéro 9.
    J'en profite pour signaler que cette confusion est un problème récurrent dans les classes depuis que les élèves sont confrontés tout jeunes à la « file numérique » et à la récitation par cœur de la « comptine numérique », avant d'avoir seulement commencé à construire le concept de nombre. Vivent les méthodes qui privilégient l'accès au sens par la manipulation concrète d'objets, de collections, de monnaie et d'instruments de mesure divers et variés ! À condition que cette manipulation soit complétée et enrichie par des moments de dialogue visant à rendre compte, comprendre et synthétiser les connaissances acquises « sur le tas », bien sûr.

    • page 8, écrire en dm et cm, il y a une part d'implicite dans cet exercice. J'imagine qu'un élève qui écrirait quelque chose du genre 18 cm = 0dm et 18 cm pourrait se voir reprocher son résultat, ce qui serait une erreur au vu de la consigne.

    Je ne pense pas que l'élève se le verrait reprocher, non. J'espère même que sa réponse pourrait être valorisée, le temps qu'il explique sa démarche.
    Ensuite, la personne chargée de l'enseignement des mathématiques expliquerait rapidement la mise en place du système métrique, la facilité de manipulation et de communication qu'il procure et amènerait les élèves à faire le lien entre celui-ci et le système de numération décimale puis demanderait à l'élève de bien garder à l'esprit l'idée qu'il avait eue mais, pour ces exercices-là, de suivre la consigne.
    Ceci dit, pendant toutes mes années d'instit de cycle 2 ou 3, je n'ai jamais eu aucun élève qui m'ait donné cette réponse-là... Dommage, j'aurais bien aimé !

    • page 11, découper une bande de papier de 1dm et 5cm. S'agit-il d'une bande de papier de longueur 15cm ? D'une bande de forme rectangulaire dont les dimensions sont 1dm et 5cm ? D'une bande de 1dm et (d'une autre) de 5cm? Y a-t-il exactement deux couleurs à utiliser ? S'il y en a davantage, le codage utilisé est-il important ?

    a) La conjonction de coordination « et » est, selon le CNRTL une « conjonction copulative servant à coordonner des termes, des groupes de termes et des phrases, et exprimant une addition, une jonction, un rapprochement », donc oui, il s'agit bien pour l'élève d'ajouter 5 cm à 1 dm et de découper une bande de papier de 15 cm.

    b) Tout le monde sait ce qu'est une bande :  c'est « un morceau de papier, de tissu, etc., long et étroit » (toujours selon le CNRTL).
    Si nous donnons à chacun de nos élèves une feuille A4 (tant pis pour le bilan carbone), ils vont tous commencer par couper une bande d'1 à 2 cm de large, parfois même au milieu de la feuille, mais une bande quand même.
    La raison veut que l'enseignant ait préalablement coupé dans une ou deux de ces feuilles A4, 21 bandes d'environ 1 cm de large et de 29,7 cm de long par feuille et qu'il en distribue une par élève.

    c) Quant au verbe « alterner », il signifie « jouer un rôle, accomplir une tâche en l'assumant à tour de rôle de manière répétée. Synon. se relayer, se succéder par roulement ». Le CNRTL précise que « le sujet désigne 2 ou plusieurs personnes ou leurs attributs ».
    On pourra donc tout aussi bien utiliser 2 ou plusieurs couleurs à condition qu'elles soient utilisées à tour de rôle de manière répétée. À l'utilisateur du fichier de voir le temps dont il dispose et l'intérêt qu'il pourrait trouver à laisser les élèves choisir leur nombre de couleurs (il y a un petit travail sur les sous-multiples de 15 qui pourrait être intéressant, par exemple).

    • page 17, qu'attend-on exactement comme coloriage de l'angle ? Les cotés définissant l'angle ? Une petite portion de plan ? Comment définir ce qui est acceptable ou non dans la production de l'élève ?

    L'exemple du travail demandé se trouve à la page 16, dans la leçon. Sera acceptable toute production qui recouvre une portion de la partie du plan comprise entre les demi-droites de même origine. Le travail pourra être préparé en collectif au tableau si l'enseignant estime que ses élèves ne sont pas capables de réaliser pour chaque angle un coloriage ressemblant plus ou mois à ceci :

    Réponse à Julien

    • Je n'ai pas regardé le reste mais cela me semble suffisant pour trouver qu'il y a un réel travail d'appropriation à réaliser sur la façon d'introduire les activités avec les élèves et sans doute quelques aménagements à prévoir.

    Oui, en effet, je pense qu'il faut s'approprier la méthode et beaucoup dialoguer autour de la partie « Leçon » avant de démarrer les exercices : cette partie n'est en aucun cas une formulette à réciter par cœur sans rien n'y avoir compris, c'est plutôt un bilan de ce qui a été compris au cour d'une séance active où les élèves comptent, mesurent, utilisent des outils mais aussi dialoguent, cherchent à comprendre, à analyser, à définir, à créer des liens, à transférer leurs connaissances d'un domaine mathématique à l'autre...

    Ce dialogue réel, qui ne doit surtout pas ressembler à la succession habituelle de questions du maître suivies de courtes réponses données par un (bon) élève, peut et doit se poursuivre dans la partie réservée au travail de l'élève, surtout avec ceux qui s'y trouvent en difficulté, y compris au besoin pour la partie « Exercices », même si l'autonomie et l'automatisation en sont le but souhaité.
    La partie « Problèmes » présente à chaque leçon ou presque sera en revanche, toute l'année si c'est nécessaire, l'occasion rêvée pour faire naître ce dialogue entre élèves et adulte de façon à ce que chaque élève s'approprie au mieux les concepts arithmétiques de base et puisse construire sa propre capacité à analyser un problème pour savoir le résoudre.
    Quant aux aménagements, ils sont bien entendu possibles et souhaitables lorsqu'on se heurte à l'incompréhension des enfants.

    • En espérant avoir été aussi constructif que possible !

    Moi de même !


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  • Se repérer, compter, calculer en GS

    Ce matin, au courrier, une collègue me demande comment procéder pour adapter cette méthode à une classe à niveau unique et à gros effectif (30) et s'il est possible de mettre tous les élèves en activité sur une même objectif collectif alors qu'ils ont jusque-là surtout travaillé en ateliers.

    Elle se demande comment par exemple, dans une activité avec un personnage par élève et des étiquettes à placer devant, derrière,  préparer le matériel pour 30 élèves puis les suivre un à un. Ne voyant pas du tout comment procéder, elle en vient à se dire qu'elle mènera trois groupes en parallèle l'un avec elle sur l'activité proposée dans le livre du maître et les deux autres, en autonomie, sur des activités similaires qu'elle aura préparées elle-même.

    Comme je pense qu'elle ne doit pas être la seule à se poser ces questions, je me permets de recopier ici la réponse que je lui ai faite, enrichie de quelques réflexions supplémentaires, ajoutées après relecture..

    Activités de motricité large (EPS)

    Dans une classe de 30, on peut d'abord se concentrer sur les activités d'EPS (motricité large) et faire jouer à chacun le rôle du personnage qui a un objet devant ou derrière lui.

    Afin que les enfants se détachent de leur corps et de sa situation dans l'espace comme unique repère, on peut, toujours en EPS, les faire jouer en doublettes, l'un préparant l'autre pour son départ et plaçant les objets par rapport à son coéquipier plutôt qu'à lui.

    On peut enfin programmer d'autres jeux collectifs dans lesquels les mots « devant » et « derrière » sont utilisés régulièrement (la chandelle, les courses, les parcours, les jeux de poursuites, de files indiennes, etc.) afin de multiplier les occasions de manipuler oralement ces notions et d'en consolider la prise de conscience, si toutefois certains élèves ne l'ont toujours pas effectuée. 

    Activités de manipulation  

    Enfin, l'activité de manipulation peut avoir lieu dans le coin de regroupement à partir de petits personnages récupérés dans une boîte de jeux et de leurs accessoires et, en même temps, de personnages adhésifs qu'on installera au tableau.

    Les élèves qu'on aura repérés comme ceux les plus en difficulté, soit face à la notion elle-même, soit au niveau du vocabulaire à employer, viendront équiper ces personnages pendant que leurs camarades de classe proposeront les positions des différents objets (pas plus de 10 minutes d'activité, quitte à y revenir les jours suivants, pendant une à deux minutes, sous forme de rituel, tant qu'un seul enfant de la classe continue à éprouver des difficultés).

    En ayant à la fois la scène en 3D sur la table, avec les petits personnages, et en 2D au tableau, nous concentrons encore deux étapes en une, tout en permettant le travail de 3 élèves en même temps (un qui choisit la position de l'objet, un qui travaille sur table, un qui travaille au tableau) : ainsi 10 objets suffiront pour que la classe entière ait participé au jeu.
    Attention cependant à vraiment exiger l'attention de tous et non pas seulement celle des trois enfants concernés : c'est en installant cet intérêt pour le travail commun que vous pourrez quand même arriver à faire travailler 30 enfants, chacun à sa place, sur le même
    objectif1  : aucun élève ne doit être occupé à autre chose (bavarder avec ses voisins, jouer avec ses doigts, ses cheveux ou ses orteils, regarder ailleurs ou même, comme je l'ai vu parfois, se lever et partir au prétexte d'aller se moucher ou jeter quelque chose à la poubelle).
    En réduisant au minimum le temps d'attention (pas plus de 10 minutes de suite en début d'année scolaire, peut-être moins) et en multipliant ces petits moments au cours de chaque journée de classe, dans tous les domaines, les élèves vont peu à peu apprendre à prêter attention à l'activité centrale proposée puis, très progressivement, aux enfants qui constituent le groupe-classe. C'est à ce moment-là que vous pourrez installer les activités individuelles de manipulation sur tables et les surveiller facilement.

    Pour le moment, vous pourrez vous dispenser d'organiser la phase de manipulation individuelle sur table qui sera facilement remplacée par le travail sur la fiche, décrite et expliquée en collectif au coin-regroupement en fin de manipulation avant d'être distribuée à chaque élève.

    Le livre du maître

    Le livre du maître propose toutes les activités possibles autour d'une notion simple afin de s'adapter à toutes les situations, de la classe rurale à 9 niveaux (TPS à CM2) dans laquelle l'enseignant n'a qu'un seul élève de GS à la classe urbaine à 30 élèves et plus.
    À chacun de juger celles qui sont indispensables dans sa classe et celles dont il peut se passer. L'important est de conserver le rythme proposé : 4 notions par semaine, sur 5 semaines par période car, si l'on dilue les activités, on ne pourra tenir ce rythme car les enfants se disperseront, perdront l'intérêt pour la notion à observer et on sera soi-même coincé par le manque de temps.

    La première période est volontairement très, très simple afin justement que les enseignants puissent trouver le rythme quotidien et l'organisation qui leur convient, selon leur classe, son effectif et les capacités des élèves qui la composent. Normalement, sauf élèves en grande difficulté cognitive et élèves primo-arrivants très récents (moins d'un an), tous les élèves arriveraient à faire la fiche directement sans être au préalable passés par les étapes motrices et de manipulation d'objets concrets.

    Cela permet d'installer ce travail en classe entière afin que les mathématiques ne volent pas le temps des autres activités (éducation motrice ; éducation des sens : chant, musique, dessin, travail manuel ; éducation morale ; langage oral ; découverte du monde ; écriture-lecture) mais avancent tout de même d'un pas chaque jour, sur toute l'année scolaire.

    Donc, à la question :

    Y a-t-il d'autres activités visant le même objectif à proposer aux élèves afin de les répartir en groupes de 10 par exemple et de faciliter la préparation matérielle ? Ou faudra-t-il que je construise moi-même les 2 autres activités (ce qui, du coup, m'éloigne de mon objectif) ?

    je réponds résolument non. Une seule activité, collective, adaptée à la configuration de votre classe, en votre présence, même si certains élèves ne sont que « spectateurs actifs » (car les spectateurs peuvent et doivent être actifs), même si elle est très courte, vaudra toujours mieux que des enfants livrés à eux-mêmes dont on ne sait ce qu'ils retirent de l'activité qu'on leur donne à faire en autonomie.

    Bon courage pour votre année de classe à 30 élèves et n'hésitez pas à me contacter à nouveau si vous voulez d'autres renseignements sur cette méthode ou sur un autre aspect de la pédagogie en classe de Grande Section.

    Notes :

    1 Tout en sachant qu'il n'est pas normal et totalement inacceptable qu'en 2016, on en soit revenu aux effectifs de 1960 dans les classes de Grande Section et d'ailleurs ! Bien la peine de fermer des classes rurales à tours de bras pour ne pas être capables de diminuer les effectifs des classes urbaines… La vraie Refondation serait là, et dans la formation des enseignants, si on la voulait vraiment.


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  • Vacances studieuses, vacances heureuses ?
    Merci à Jack Koch pour son illustration.

    Pendant des années, je n'ai absolument rien préparé pendant les vacances scolaires.

    À mes débuts, dans les années 1975 à 1995 :

    Les premières années, comme je ne connaissais mon poste que la veille de la rentrée, je me rendais dans l'école où j'avais été nommée, prenais contact avec l'équipe (café, biscuits, j'ai fait la Bretagne cet été et toi ?) et avec ma salle de classe, quand j'en avais une !
    Si j'étais remplaçante, je me retrouvais dans le cagibi des BOEN à les classer par années et par mois pendant que mes collègues préparaient leur matériel pour le lendemain.
    Sinon, je faisais comme les collègues : je recopiais ma liste d'élèves sur le cahier d'appel et, si j'étais en CE ou CM, je disposais sur chaque bureau un livre de chaque série (lecture, français, maths et parfois histoire, géographie et sciences), je préparais la page de garde des cahiers du jour et du cahier de poésies puis je leur mettais un protège-cahier ; pour les CP, ça allait encore plus vite, le fichier de mathématiques, le cahier du jour, page de garde, date du jour de la rentrée et ligne de i en cursive avant de préparer sur une fiche bristol un emploi du temps qui ressemblait toujours à ça : 

    du CP au CM 

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi

    Français

    Travail manuel
    Récréation
    Mathématiques Conseil de Coopérative
                              Interclasse                          





     

    Activités d'éveil

    Récréation

    EPS

    Musique / Heure du Conte

    Pour des maternelles, je faisais un inventaire rapide des jeux et jouets, installais les coins-jeux (dînette, chambre des peluches et poupées, garage, ferme, construction, ... ), préparais des feuilles et des gobelets de peinture sur le chevalet, de la pâte à modeler, du papier à découper, de la colle, des pots de crayons feutres et je choisissais un livre à lire en fin de journée avant de me mettre à mon emploi du temps sur fiche bristol A4 :

    TPS/PS :

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi
    Langage
    Passage aux toilettes
    Dessin libre commenté

    Ateliers : coins-jeux, travail manuel, petit matériel (puzzles, lotos, dominos, perles, ...)

    Passage aux toilettes
    Récréation
    Éducation Motrice
    Musique, comptines, jeux de doigts
    Interclasse  
    Passage aux toilettes

    Sieste

    Récréation
    Éducation Motrice
    Heure du conte

    MS :

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi
    Langage
    Passage aux toilettes
    Dessin libre commenté

    Ateliers : coins-jeux, travail manuel, petit matériel (puzzles, lotos, dominos, perles, ...)

    Passage aux toilettes
    Récréation
    Éducation Motrice
    Musique, comptines, jeux de doigts
    Interclasse  

     

    Langage

    Activités d'éveil

    Récréation
    Éducation Motrice
    Heure du conte

    GS :

    Lundi Mardi Jeudi Vendredi Samedi
    Langage
    Pré-lecture
    Dessin libre commenté

    Ateliers : travail manuel, jeux mathématiques (puzzles, lotos, dominos, perles, fiches)

    Passage aux toilettes
    Récréation
    Éducation Motrice
    Musique, chant
    Interclasse  

     

    Langage
    Pré-écriture

    Activités d'éveil / Pré-mathématiques

    Récréation
    Éducation Motrice
    Heure du conte

    Ensuite, quel que soit le niveau, de la TPS au CM2, s'il me restait un moment, je rangeais mon bureau bien joli, bien beau, je faisais une belle page de garde à mon cahier-journal, j'en remplissais rapidement le premier jour et je choisissais un livre dans la bibliothèque pour la traditionnelle « Heure du Conte » qui clôturerait la journée du lendemain.

    Le lendemain matin, j'arrivais environ un quart d'heure avant le début des classes et cela tenait lieu de préparation de rentrée. Les parents amenaient leurs enfants, le directeur ou la directrice étaient le plus souvent dérangés plusieurs fois pour des inscriptions de dernière minute.
    En maternelle, ça pleurait pas mal chez les TPS et PS qui n'avaient pas fait de TPS. Nous conseillions aux parents de disparaître très vite du champ de vision de leur enfant et l'affaire était classée, parfois avec trois ou quatre pleureurs dans nos bras et ceux des « dames de service ».
    En élémentaire, c'était encore plus succinct, à part quelques CP, les élèves arrivaient seuls ou n'étaient accompagnés que jusqu'au portail et l'année scolaire commençait, tout de suite, sans plus de chichis. Les cartables étaient neufs, les crayons pas rongés et les équerres avaient leurs trois pointes intactes mais nous savions bien que cela n'allait pas durer longtemps...

    Quand j'ai connu mon poste, ça n'a pas changé grand-chose. Tout au plus pouvais-je gagner encore plus de temps puisque j'avais choisi le matériel en fonction de mes pratiques1 . J'avais fait les commandes dans les derniers jours de juin, chez un libraire de la région. La veille de la rentrée, il faisait le tour des écoles et nous livrait le matériel, sans doute bien moins pléthorique qu'aujourd'hui, et il fallait ranger tout cela dans les placards.

    Et puis sont arrivées les Instructions Officielles de 1989 à 1991. Je crois que c'est là que tout a basculé.

    Les cycles, le projet d'école :

    Nos supérieurs hiérarchiques nous ont expliqué que les livres de classe n'étaient pas adaptés à nos élèves, que, du CE1 au CM2, les manuels de le cture2  ne les préparaient pas à la lecture experte, que chaque élève progressait à son rythme et que redoublement comme saut de classe étaient les ennemis à abattre.
    Ils nous ont donc contraints à rédiger un Projet d'École, à base de tableaux interminables à remplir, hors-temps de classe, pour expliquer comment, pendant trois ans, nous allions nous débrouiller pour intéresser nos élèves et les faire mieux progresser que naguère.
    Ils nous ont sucré un samedi de classe sur trois et nous ont piqué quelques mercredis à la place pour nous prêcher la bonne parole.
    Nous avons eu la joie de découvrir des « grands noms des sciences de l'éducation » qui nous ont bien expliqué qu'ils allaient nous professionnaliser et nous empêcher de ronronner en tournant les pages des manuels scolaires du début à la fin de l'année scolaire. Que la partie la plus importante de notre métier se déroulait en amont, en aval et sur les bas-côtés de la classe et qu'il convenait qu'on nous dégage du temps pour cela.
    On nous a refilé des ordinateurs et on nous a appris à faire promener une tortue virtuelle sur l'écran d'un téléviseur. Ça allait révolutionner l'enseignement.
    On nous a chanté la vertu des notices de montage, des annuaires du téléphone, des recettes de cuisine, des dépliants publicitaires et on nous a dit que la littérature, c'était inutile autrement qu'en fin d'après-midi pour clôturer la journée.
    Tout ça était très, très beau alors j'ai plongé dedans la tête la première ! 

    Et il a fallu que je commence à préparer des trucs et des machins pendant l'été. D'abord, des livrets d'évaluation parce que le bête cahier de contrôle donné à chaque période de vacances scolaires dans lequel les parents pouvaient voir si leurs enfants « suivaient bien », ça ne suffisait pas, vous comprenez.
    Et puis des projets grandioses dont on ne savait pas bien à quoi ils devaient correspondre... Les nôtres ont dû plaire, on ne nous les a pas fait refaire 36 fois. Il faut dire que nous ne demandions plus de financement après avoir bossé comme des malades sur le premier et s'être vus retoqués parce que nous aurions voulu un photocopieur...
    Et puis des évaluations de ces projets... Ce qui nous a franchement beaucoup étonnés : nous étions juges et partie, après tout.

    C'est ainsi que, peu à peu, je me suis mise à bosser pendant les vacances pour fabriquer des fichiers de travail autonome, du matériel pour le nouvel Ermel et même des progressions par période, moi qui n'avais jamais fait ça.

    Comme je n'avais rien compris à la différence entre les objectifs, les connaissances et les compétences, je crois que j'ai toujours fait ça très, très, très mal.
    Je prenais le livre de
    maths3  et je regardais le nombre de pages ; je divisais celui-ci en 6. Je recopiais alors les titres des leçons de la première tranche sur un tableau à double entrée dans la case « Mathématiques / Septembre-Octobre ». Je faisais la même chose en Grammaire/Conjugaison, en Orthographe et Vocabulaire. Je recommençais à chaque période de vacances scolaires en reprenant mes calculs au besoin si nous étions allés plus loin que prévu.
    Ceci dit, cela fonctionnait tout aussi bien que mon ancienne méthode qui consistait à me dire chaque soir : « Qu'avons-nous fait aujourd'hui ? Où nous sommes-nous arrêtés dans le livre ou le fichier ? Que puis-je attendre d'eux demain ? » et à avancer ainsi, en collant au plus près de leurs facilités...

    En maternelle, je recopiais le BO, pour l'année scolaire et, pendant les vacances de Toussaint, je cochais ce que j'avais fait en classe. Ensuite j'arrêtais parce que, franchement, j'avais mieux à faire, et que l'IEN, quand il passait, ne se préoccupait pas vraiment de ce que j'avais pu écrire !
    Pas plus qu'en élémentaire d'ailleurs. La plupart jetait un coup d'œil rapide à ces « affichages obligatoires » mais se préoccupait très peu de les lire. Leurs dadas, ou celui de leur ministre, les importaient plus.
    Au fil des ans, ça a été la tortue Logo, l'initiation aux langues étrangères, la méthode Foucambert/Charmeux au CP, les écrits sociaux, la littérature de jeunesse... et j'en oublie certainement. Heureusement, un IEN, ça passe au mieux une demi-journée tous les trois ans et dans l'intervalle, on pouvait continuer à travailler comme on voulait, mettant en place ce qui nous paraissait sensé, tentant plus ou moins le reste, selon le degré d'intérêt que nous voyions au projet.
    Je ne vous cache pas qu'au fur et à mesure des années, devant l'appauvrissement des contenus exigibles, je me suis de plus en plus écartée de tout ce qui me paraissait intéressant uniquement pour le PE qui, dans la classe, était le seul à « se renouveler » devant des élèves qui arrivaient tout frais, tout neufs et n'avaient pas demandé à jouer les cobayes et les faire-valoir pour des adultes en mal de reconnaissance sociale de la part de leur hiérarchie.

    Et puis sont venus les ordinateurs, les logiciels performants et faciles d'emploi... et internet ! 

    Et là, ça a été la folie ! De plus en plus d'injonctions hiérarchiques à mettre en pratique et dont il fallait rendre compte via le logiciel Machin-Truc-Chose. Nous étions sommés de trouver des  indicateurs4 partout et pour tout, mettre en place des remédiations avant même d'avoir constaté les problèmes, prévoir des Projets d'Action Individualisés à chaque soupçon de possibilité d'éventualité de risque social de handicap ! Le truc imparable pour ne plus chercher à emmener tous ses élèves du point A au point B en dix mois, comme nos prédécesseurs et nous-mêmes l'avions toujours fait pour souvent bien plus de 95 % de nos élèves...    

    Nos  formateurs5 ont commencé à nous parler de « programmation des apprentissages ». Mes jeunes collègues arrivaient à la rentrée avec de magnifiques tableaux qu'ils affichaient dans leurs classe où tout ce qu'elles feraient, même l'adoption du poisson rouge en avril et la sortie du mois de juin, était déjà inscrit... Un truc qui leur aurait valu une verte semonce des IEN des années précédentes, que ce soient les traditionnels des années 1881 à 1975 ou les tenants des méthodes naturelles qui leur avaient succédé devenait le must de l'innovation pédagogique, surtout si on pouvait arriver à y introduire un PC ou une tablette numérique !
    Sur les sites d'instits, c'est depuis une dizaine d'années la surenchère de projets qui auraient dû rester ponctuels et qui deviennent la base de l'enseignement de toute une année scolaire ! Quand les élèves arriveront à l'école pour leur année de CP, de PS ou de CM2, ils embarqueront pour un parcours déjà entièrement balisé, prêt dans ses moindres détails, évaluations comprises. Pas de remords pour l'échec éventuel de certains, l'arsenal de médicalisation de l'échec scolaire est compris dans l'emballage, on nous l'a dit en animation pédagogique : les garçons, surtout issus de la diversité, ont du mal à supporter l'école et les apprentissages ; il y a de plus en plus d'enfants porteurs de handicaps visuels, auditifs, praxiques, attentionnels, etc., il faut personnaliser les parcours et ne pas exiger la réussite ; quoi d'autre encore ?... Je ne sais plus.
    En tout cas, cela nécessite que les enseignants passent leurs vacances scolaires entières à préparer tout cela dans les moindres détails puis qu'ils adaptent leurs élèves au moule qu'ils ont prévu, parfois avant même de les avoir croisés dans un couloir, un réfectoire ou une cour de récréation. 
     

    Alors, vacances studieuses = vacances heureuses et année scolaire de rêve pour tous ?

    Non. J'en suis persuadée.

    D'abord parce que ces « grands projets », très ciblés le plus souvent, obligent forcément à des impasses énormes qui coupent les élèves de la richesse d'une année de classe variée, conçue jour après jour au gré des intérêts de chacun.
    Lire toute l'année des récits de voyage, passer son année scolaire à parler du recyclage des déchets, suivre la course autour du monde à la voile, ou tout autre projet de ce type prive les élèves de tant de découvertes insolites, de petits plaisirs impromptus quand ce n'est pas carrément de savoirs indispensables qui auraient été faciles à amener si nous-mêmes ne nous étions pas bloqué la porte de leur accès en ciblant de manière trop restrictive le champ de leurs investigations.
    Il arrive aussi hélas que certains de ces projets soient si peu exigeants qu'ils maintiennent les élèves bien en-deçà de leurs capacités réelles. Nos élèves ne liront que de courts albums illustrés, écriront sous la dictée pour apprendre à orthographier mais ils ne dépasseront jamais les 140 signes, espaces comprises, ils auront un « cahier du chercheur », un autre « d'expériences », feront des « joggings d'écriture » dans un « cahier de l'écrivain » et, au lieu de les emmener le plus loin possible, cela leur bloquera l'accès à des savoirs organisés en mathématiques, en sciences ou en écriture.

    Ensuite parce que, même si nous restons dans le même niveau, nous avons quitté en juin des élèves âgés de 10 mois de plus que ceux que nous allons recevoir début septembre ; de plus, ces élèves nous connaissaient et s'étaient habitués petit à petit à nos manies, nos tics de langage, notre façon d'amener les sujets alors que les nouveaux nous ont tout au plus rencontrés de temps en temps au détour d'un décloisonnement ; enfin, parce que ces élèves sont actuellement en vacances et que certains d'entre eux sont en train d'oublier tranquillement tout ce qui a été fait au cours du troisième trimestre de l'année scolaire qui vient de finir.
    Ces élèves ont droit à un sas de découverte, qu'ils aient 3, 4, 5 ou même 8, 9 ou 10 ans ! Ils ont droit d'arriver un peu perdus, ne sachant plus trop faire ceci ou cela. Ils ont droit de découvrir leurs camarades de classe, leur enseignant, leur nouvel univers sans avoir à grimper dans un train déjà en marche, dont toutes les étapes ont déjà été programmées.

    Et, le plus important sans doute, c'est qu'ils ont droit à ce que l'enseignant s'adapte à eux et aux savoirs qu'ils doivent acquérir plutôt que d'être obligés de s'adapter à un habillage prévu « hors-sol » sans tenir compte de la personnalité, des capacités et des connaissances du groupe d'enfants auquel ils appartiennent.

    Tout cela est bien dommage surtout qu'il est possible de mettre à profit ces vacances d'été pour réellement se préparer et s'améliorer.
    Pourquoi ne pas en profiter pour enrichir sa culture générale ?
    Nous pouvons lire, écouter et regarder des émissions littéraires, historiques, géographiques, scientifiques que nous n'avons pas eu le temps de voir pendant l'année.
    Nous pouvons visiter des musées, des monuments, des lieux, participer à des stages de découverte de la flore, de la faune, des techniques, aller au concert, au spectacle.
    Nous pouvons nous reposer et profiter de ce temps long pour cultiver notre forme physique.
    Tout cela nous sera utile au quotidien dans nos classes et nous permettra de pouvoir réagir très vite lorsque, de fil en aiguille, lors d'une discussion, un élève nous posera la question qui tue, celle à laquelle, l'an dernier à la même date, nous n'avions pas la réponse.

    Nous pouvons aussi, si nous sommes passionnés de pédagogie, lire et relire les grands anciens, ceux qu'on ne nous a jamais fait lire dans le texte à l'IUFM, à l'ESPÉ ou en animation pédagogique : Ferdinand Buisson et son Dictionnaire de la Pédagogie, Marie Pape-Carpantier, Pauline Kergomard, Célestin et Élise Freinet, Maria Montessori, Fernand Oury... Ceux qui ne sont poussiéreux qu'aux yeux de ceux qui ne les ont jamais lus ou mal, avec des lunettes déformantes, pour leur faire dire le contraire de ce qu'ils disaient.
    Nous serons étonnés par la clarté de leurs discours, le bon sens dont ils font preuve, la facilité de mise en œuvre de ce qu'ils proposent ainsi que la connaissance profonde qu'ils ont des enfants, dans leur grande diversité, connaissance toujours pleine d'espérance dans les possibles plutôt que dépréciative et limitative.
    Cela nous changera de la prose indigeste de certains modernes et fera très certainement de nous les innovants d'après-demain, lorsque la science aura mis réussi à mettre en équation le fait que l'être humain n'a rien d'un logiciel à programmer et que c'est la connaissance sensible des choses et des êtres, l'imagination créatrice et les échanges au quotidien qui lui offrent le plus de chances de découvrir, chercher à comprendre, apprendre et retenir.

    Bonnes vraies vacances à tous !

    Notes :

    1 Techniques Freinet légèrement abâtardies en mathématiques parce que j'avais peur de me lancer sans filet et que Ermel était un précurseur de ce qui allait se passer ensuite (voir Les Cycles, le Projet d'École). 

    2 Je suis beaucoup trop jeune pour avoir connu l'époque des manuels de lecture au CP. En 1975, quand j'ai débuté, un jeune instituteur se devait d'apprendre à lire à ses élèves en utilisant la Méthode Naturelle de C. Freinet. 

    3 J'ai très vite abandonné Ermel, surtout en CE et CM, parce qu'ils n'ont jamais sorti de fichier et qu'en rural, avec 5 niveaux, c'était bien joli mais un tantinet chronophage, leur truc !

    4 Avec un collègue, nous les avions surnommés les « nains dictateurs » tellement nous avions été choqués qu'on puisse considérer que l'origine sociale d'un enfant le rendait forcément susceptible d'échouer à l'école !

    5 Puisque désormais, même avec 20 ans d'ancienneté , nous étions considérés comme d'éternels mineurs de la pédagogie incapables de décider nous-mêmes de ce qui fonctionnait dans nos classes.

     


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  • Freinet, canal historique.

    Suite à l'article précédent, sur le blog de Maîtresse Patate, de très nombreux collègues sont venus défendre leur vision actuelle des méthodes actives du début du siècle dernier ; celle élaborée par Célestin Freinet et ses camarades de l'Imprimerie à l’École, renommée plus tard Coopérative de l'Enseignement Laïc n'a pas échappé à la moulinette new age.
    Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette réactualisation décomplexée décoiffe votre servante, lectrice assidue de Célestin et Élise (bien sûr qu'elle a existé...) depuis ses 17 ans.

    J'y ai ainsi appris que Freinet, Montessori, c'est kif-kif...

    Si, si... Il y en deux qui ont dû faire des sauts de carpe dans leurs tombes... Juste une petite citation, extraite de la 5e réédition de L'École Moderne Française, GUIDE PRATIQUE pour l'organisation matérielle, technique et pédagogique de l'ÉCOLE POPULAIRE1 paru en 1957, aux Éditions Montmorillon, pour remettre les pendules à l'heure. Parlant des Réserves et Jardins d'enfants, qui lui semblaient la solution pour les petits de deux à quatre ans, il disait (p. 24) :

    C'est en somme une conception nouvelle, plus rationnelle, des Jardins d'enfants dont Mme Montessori avait lancé l'idée, mais qui, selon nous, étaient d'une conception trop faussement scientifique, trop formelle, qui ne répondait qu'à quelques-uns seulement des besoins fonctionnels des enfants auxquels ils étaient destinés.

    Un peu plus loin, à la page suivante, l'attaque est plus frontale :

    Là où le milieu ne permet pas les expériences tâtonnées que nécessite l'adaptation de l'enfance aux situations nouvelles, l'éducateur doit se livrer à une gymnastique pédagogique spéciale avec leçons, mimique, tous de passe-passe. Comme le charlatan qui ne veut certes pas laisser faire l'expérience du produit qu'il offre, et qui parle pour escamoter cette expérience2.

    Enfin, en conclusion de ce chapitre consacré aux plus jeunes, on lit :

    Ce que nous reprochons à ces jardins d'enfants c'est d'être des jardins d'acclimatation plus ou moins opulents qui ne manquent peut-être d'aucun des perfectionnements modernes, mais qui n'en sont pas moins des jardins d'acclimatation.
    De plus ces institutions font une part trop exclusive au jeu et négligent l'expérience tâtonnée qui est la première étape du travail. Elles sous-estiment aussi l'importance du milieu naturel si profondément aidant, avec ses animaux, ses plantes, ses travaux.

    Et, lorsqu'il évoque les années suivantes, ce qui se rapprocherait de nos classes de MS, GS et CP, après avoir reconnu que le pédagogue qu'il est doit beaucoup aux Montessori et Decroly mais aussi aux maîtresses dévouées qui ont fait leur renom aux écoles maternelles françaises3, Freinet explique, dès la première partie de son exposé (p 28) :

    Les méthodes les plus perfectionnées – celle de Mme Montessori par exemple – n'ont pas envisagé la vie de l'enfant dans sa complexité diverse, mais une éducation systématique qui limite le tâtonnement à un certain nombre d'activité bien définies, préparées et prévues à l'avance par l'éducateur. De ce fait l'École maternelle, même chez Mme Montessori, reste un coin de jardin d'acclimatation – un coin moderne, il est vrai –  où on a groupé sur l'espace réduit dont on disposait les objets indispensables à un minimum d'activité de l'enfant. L'adulte élimine d'autorité les possibilités de toutes les expériences préliminaires ; il supprime un certain nombre de marches ; il va à ce qu'il suppose être l'essentiel : boutonner et lacer pour savoir mieux s'habiller ; ajuster et comparer formes et couleurs pour aiguiser le sens de la vue et du toucher ; suivre des doigts des rainure rugueuses pour s'initier aux gestes primordiaux de l'écriture.
    Mais la réalité de la vie déborde à tout instant ce cadre formel toujours étriqué, comme pour nous rappeler qu'il est vain de vouloir l'asservir à nos méthodes, mais que ce sont celles-ci qui doivent s'enrichir et s'assouplir pour servir et épanouir la vie.
    On peut dire que Mme Montessori et les éducatrices françaises ont porté presque à sa perfection l'École maternelle section de jardin d'acclimatation. Nous devons faire un effort encore par-delà cette réalisation pour parvenir jusqu'à la conception d'une école maternelle de vie complexe et de travail.

    Alors oui, si la bienveillance est commune,  comme elle l'est dans toutes les pédagogies, il me semble,  si la mise en activité pratique, sensorielle, montre des similitudes, si le respect de l'enfant, de ses intérêts et de ses capacités est partagé par les deux grands pédagogues, comme par tous les autres pédagogues connus et reconnus, l'esprit en est profondément différent.

    D'un côté, nous avons une pédagogie qui se veut scientifique, basée sur l'observation et l'établissement de lois vitales et fondamentales qui gouvernent le développement psychique et intellectuel de l'enfant normal, visant à mettre en place une méthode et un matériel propres à stimuler ce développement, de l'autre un but clairement annoncé : le développement au maximum autonome de la personnalité de l'enfant au sein d'une communauté rationnelle qu'il sert et qui le sert, par le biais du tâtonnement expérimental.

    On est à mon avis chez Freinet beaucoup plus proche de Steiner que de Montessori. On est même plus proche de Kergomard qui n'imposait rien avant cinq ans et voulait que l'enfant bénéficie d'un milieu riche et aidant dans lequel il puiserait librement sans jamais prendre de leçons...

    Les défis, c'est « style Freinet », paraît-il.

    Là, je suis bien embêtée parce que la personne qui est venue affirmer cela n'est pas revenue pour expliquer ce qu'elle entendait par là... J'ai juste sa phrase, extraite de son message, toujours chez Maîtresse Patate :

    « Donc il faut toujours se questionner, lire et se documenter pour se perfectionner. Bref je suis très contente de ce que permet Montessori et je ne reviendrai pas à la méthode traditionnelle, mais je panache avec des défis style Freinet, et bientôt une classe connectée. »

    Je ne peux donc que relire et résumer Freinet à la recherche de ces fameux défis, lancés sans doute par les élèves eux-mêmes, afin de respecter la source du travail enfantin : le tâtonnement expérimental et la recherche autonome de réponses à des questions et intérêts personnels. Nous verrons donc ensemble où et quand apparaissent ces fameux défis dont j'avoue que je ne comprends pas à quoi ils correspondent exactement... Je vous promets que je vais essayer de faire au plus bref !

    RÉSERVES ET JARDINS D'ENFANTS : de deux à quatre ans.

    • l'éducation véritable se poursuit selon un principe général d'expérience tâtonnée qui prime sur toutes autres méthodes plus ou moins scientifiques.
    • les jeunes enfants ont donc besoin d'être dans un milieu riche et « aidant » qu'ils vont prospecter méthodiquement avant de tirer les premières conclusions de leurs expériences, se livrant ainsi à un premier aménagement de leur personnalité.

    → Réserves d'enfants aménagées dans un parc, un jardin public, un espace libre, le plus près possible des centres urbains intéressés. 

    Oui, oui, on sent l'homme de la campagne, pas très au fait de la réalité urbaine, j'en conviens... 

    → L'enfant, pas plus que l'animal sauvage, n'est fait pour vivre enfermé. Le milieu qui lui convient le mieux, c'est la nature :

    • Milieu naturel : bois est arbustes, rochers et grottes, petit lac avec plage de sable.
    • Milieu naturel cultivé : prés, céréales, arbres fruitiers, légumes, fleurs cultivés sous les yeux des enfants.
    • Animaux sauvages vivant en liberté (oiseaux, lapins, lièvres, poissons, ...)
    • Animaux d'élevages (vache, chèvre, âne, poules, pigeons, tourterelles)
    • Jardin des enfants avec outils appropriés pour remuer librement la terre.

    → Les locaux conçus dans le but de permettre l'expérience tâtonnée.

    • Logement des animaux domestiques.
    • Salle vivante avec plantes d'appartements, semis en pots, tourterelles, exposition de produits selon la saison
    • Salle d'expérience tâtonnée : caisse à sable, petit jeu d'eau et bassin, matériel d'éducation, cubes, disques, jouets, voiture, poupées, ménages4, etc.  
    • Salle de repos : tapis, sièges, table, organisation pour goûter chaud, lits.

    → Réserve prévue pour une cinquantaine d'enfants, sous la responsabilité d'un couple de travailleurs choisis pour leurs qualités pédagogiques et leurs capacités agricoles, aidés de jardinières d'enfants et d'infirmières.

    Freinet, homme de la campagne, avec les familles élargies d'alors, ne voit pas la nécessité d'une scolarisation des moins de quatre ans. Pas de « défis » lancés à ces tout-petits, sauf ceux qu'ils se lancent à eux-mêmes : caresser les lapins, monter une tour de cubes, participer à la fabrication du goûter chaud, suivre le couple d'agriculteurs dans le jardin et ramasser quelques radis, barboter dans le lac aux beaux jours, se reposer quand on est fatigué, faire la dînette aux poupées, se cacher derrière un rocher, ... Du Steiner, quoi, en gros, l'idéologie anthroposophe en moins...

    L'ÉCOLE MATERNELLE : de quatre à sept ans.

    • Vers quatre ans, l'enfant s'essaie à dominer le milieu. C'est la période de travail qui commence sous deux formes parallèles et complémentaires : le jeu-travail, substitut symbolique du travail-jeu, activité par laquelle l'individu satisfait ses grands besoins physiologiques et psychiques afin d'acquérir la puissance qui lui est indispensable pour accomplir sa destinée.
    • Pas plus qu'au stade précédent, nous ne faisons aucune place aux leçons sous quelque forme qu'elles se présentent, même attrayantes. Les locaux, le milieu, les matériaux, le matériel, les techniques et l'organisation générale de l'activité sont pensés en fonction de cette éducation du travail.

    → Locaux et dépendances :

    • Milieu « aidant » d'expériences tâtonnées d'une variété et d'une richesse à la mesure de la vie.
    • Local spacieux
    • Complété d'un milieu naturel avec jardins, eau, plantes et animaux

    → Matériel et technique à l'École Maternelle :

    • Milieu naturel : Cultures, élevages, constructions de murs, de barrières, de cabanes et de maisons, de canaux, de moulins à l'extérieur ; sable, graines, plantes et fleurs en pots, petits élevages à l'intérieur.
    • Activités mécaniques : outils (marteau, scie, chignole, ..., chariot, trottinette, bicyclette) dont l'enfant se sert en vue d'un but qu'il recherche. L'enfant, sorti de l'époque de l'usage pour l'usage, cherche à réaliser par le travail objets, instruments, jouets utiles à la communauté.

    → Activités intellectuelles : L'enfant entre en contact avec ses semblables, extériorise et formule ses besoins, développe et approfondit la conscience qu'il a des relations entre les éléments et leurs manifestations, domine progressivement la nature par :

    • le langage vivant en cours d'activité (soins aux animaux, jardinage, constructions, etc.) : langage spontané et sensible
    • le langage élaboré à l'aide de l'éducateur qui, avec la collaboration orale des élèves, concevra et écrira un texte au tableau, le reproduira sur le cahier de vie de la classe, exposé en classe au milieu des réussites matérielles des élèves
    • le dessin, création manuelle d'abord, expression ensuite ; lorsqu'il paraît le plus expressif à l'éducateur, il est mis à l'honneur de la reproduction

    Eh oui, bienveillant mais... pragmatique. Si l'on veut que l'enfant se dépasse et passe de la période d'aménagement à la période de travail, il faut qu'il connaisse les enjeux et que l'éducateur ne le leurre pas. Un dessin expressif – « et ce n'est pas toujours le plus parfait », souligne Freinet – est privilégié par l'adulte qui, tout en préservant la susceptibilité de chacun par un choix chaque jour différent, juge de la qualité du dessin des enfants. 

    • l'écriture : l'enfant qui grandit s'intéresse de plus en plus aux pattes de mouches produites par l'adulte. Il les reproduit sur ses dessins, découvre les mots, les lettres. L'intuition lui vient du procédé lui-même de l'expression écrite qui est basée sur la valeur phonétique des signes. Et, en partant de cette valeur des signes, il va enfin écrire à son tour, exprimer sa propre pensée.

    Tiens, je croyais que « faire du Freinet », c'était ne surtout pas s'intéresser à la valeur phonétique des signes ? L'écriture alphabétique, extrêmement compliquée, ne pourrait venir qu'après tout un long processus d'acculturation vers l'écrit, basée sur les supports, les inférences, la compréhension des marques grammaticales, et puis aussi la réduction de l'écart entre le langage parlé relâché et le langage écrit figé, les petites particularités orthographiques insurmontables, les poules du couvent couvent, tout ça, tout ça, tout ça...
    Notre Célestin qui ne croyait pas aux gourous était moins compliqué que ça, lui : le maître écrit tous les jours devant les minots de 4 à 5 ans, et un jour, entre 5 et 6 ans, les minots prennent possession de cette culture de l'écrit et s'emparent, à leur mesure, du « procédé d'expression écrite qui est basée sur la valeur phonétique des signes ». 
    Tout le reste n'est que littérature et viendra peu à peu, en son temps, jusqu'au passé simple à la première personne du pluriel et plus, si affinités !

    • Polycopie et imprimerie : pour communiquer sa pensée hors de l'atteinte de notre voix, par-delà les barrières de notre école. Amis de l'école, classes correspondantes.
    • Lecture : pour relire les écrits de la classe, pour comparer en permanence les mots écrits aux mots parlés, pour comprendre les mots dans les journaux reçus des correspondants, ceux découverts dans les livres et les journaux.

    → Activités artistiques : Les techniques artistiques, pour rester exclusivement instinctives et synthétiques, n'ont pas moins une éminente valeur formative ; elles sont des outils précieux pour la conquête de la puissance par la création et le travail.

    « Exclusivement instinctives et synthétiques »... Là, il faudrait convoquer Élise. La pauvre, elle aurait du boulot pour rappeler à tous et apprendre aux plus jeunes ce qu'elle entendait par Art Enfantin... Il n'y a pas que les défis pour défigurer des techniques qui se voulaient empreintes de liberté, de créativité et de confiance. Mais j'ai dit que je faisais au plus court ! Une autre fois, peut-être ?

    → On leur réservera une place importante

    • dessin
    • illustration de textes
    • peinture
    • gravure par découpage de carton ou de linoléum
    • modelage
    • chant
    • rythmique
    • théâtre
    • marionnettes

    → Fichier documentaire : chasse aux images, collées sur des fiches carton, classées par thèmes dans des classeurs dans lesquels on puis ensuite selon les nécessités du travail scolaire.

    → Plans de travail : Quand il y a une grande variété de tâches à accomplir, il est nécessaire de répartir ces tâches. L'éducateur Freinet ne se contentera plus de tout ordonner, heure après heure, de sa propre autorité. C'est en collaboration avec les enfants qu'il établira les plans de travail :

    • Plan de travail général pour la semaine : travaux obligatoires à heures fixes, sorties au jardin en fonction du temps, de la saison, de l'horaire général, préparation du texte journalier, tirage des imprimés, ...
    • Plans de travail individuels pour une semaine : l'enfant y inscrit les tâches qu'il veut et doit accomplir et dont il surveille lui-même l'exécution

    → Place des leçons : À l'École Maternelle, nous réduirions volontiers à néant tout enseignement plus ou moins didactique. La richesse et la portée éducative du matériel et des techniques que nous préconisons sont les plus sûrs garants des progrès.
    À sept ans, l'enfant saura normalement parler et s'exprimer, écrire et lire avec une richesse de vocabulaire plus intuitive peut-être que formelle, mais qui ne sera jamais au-dessous de la moyenne admise dans les écoles. Il alliera sûreté des gestes à la sûreté des jugements et des réactions ; il aura une idée fonctionnelle de ses obligations individuelles et de son rôle social ; il saura se plier à une discipline tout en conservant son allant et son originalité et son pouvoir d'opposition instinctive aux tendances qui lui paraissent nuisibles à cette harmonie.
    Cependant, on peut sans trop de dommages greffer certaines disciplines exigées par les programmes scolaires.

    • fichiers autocorrectifs d'écriture, de lecture ou de calcul

    Et voilà. C'est tout. Il me semblait bien que dans Freinet, canal historique, on ne parlait pas plus de « défis » lancés à je ne sais qui par je ne sais qui au sujet de je ne sais quoi... Pas plus qu'on n'y parle de brevets pour des pitchounets qui n'ont pas encore une seule dent définitive ! D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez noté, mais il n'est pas question une seule fois d'évaluer ces petits bouts d'hommes et de femmes...

    Remarquez, si on relit Montessori, on ne retrouve pas non plus l'obligation d'avoir un service en porcelaine de Sèvres dans sa classe de TPS/PS/MS/GS ! Elle parle juste d'enfants qui se servent eux-mêmes à boire et apprennent à servir leurs petits camarades...

    Moralité :

    Si vous voulez vous lancer dans les pédagogies du début du XXe siècle, permettez-moi un bon conseil : allez plutôt vous servir à la source.
    Cela vous coûtera beaucoup moins cher que ce qu'on essaie de vous vendre, cela vous simplifiera grandement l'existence et vous redonnera confiance en vos capacités de pédagogues.
    Enfin, si j'ose me le permettre, pour une pédagogie du XXIe siècle, dépoussiérée de ses lavettes pour nettoyer le sol mais aussi de ses ânes et de ses champs de céréales, nichées au cœur des agglomérations urbaines que nous connaissons, je vous conseille Pour une maternelle du XXIe siècle, que j'ai écrit en m'inspirant des grands pédagogues du XXe et que Sophie Borgnet a illustré d'enfants de maintenant, dans des écoles d'aujourd'hui. 
    Vous pouvez vous le procurer auprès de son éditeur ou par mon intermédiaire, au prix public, sans les frais de port que je me fais un plaisir de vous offrir. Il suffit de me le demander en cliquant sur : Contact.

    Notes : 

    1 Eh oui, il était communiste, le monsieur ; un vieux truc d'autrefois, lutte des classes, dictature du prolétariat, « la religion, c'est l'opium du peuple », tout ça… Rien que ça, pour Maria Montessori, ça devait faire beaucoup ! 

    2 Souligné par moi.

    .3 Reconnaissant ainsi la grande valeur du travail de Pauline Kergomard, fondatrice de l'école maternelle en France.

    4 Dînettes, dans le patois de l'époque.

     


    15 commentaires
  • Fichez-moi la paix avec Montessori !
    Merci à Maîtresse Patate et à ses petits élèves pour cette image d'enfants libres d'agir.

    Un article décapant de la Maîtresse Patate qui est venue, a vu et fut vaincue mais par convaincue...
    Je ne peux que la suivre moi qui ai lu et relu La maison des enfants, ai cherché à m'en inspirer, ai passé des heures (et des paires de ciseaux) à découper des lettres rugueuses, à peindre des tasseaux de bois qui restaient dans les placards parce que mes élèves de 2 à 7 ans préféraient dessiner, peindre, jouer aux petites voitures, aux poupées, à la dînette, construire des trucs et des machins avec des choses et des bidules, modeler, chanter des chansons, regarder des livres, enfiler des perles, danser, escalader, courir, lancer des trucs qui roulent ou pas, se balancer, inventer des histoires et des jeux avec les copains et les copines et apprendre à écrire, à lire et à compter tous ensemble avec la maîtresse, pour l'immense majorité entre 5 et 7 ans, comme tout le monde...

    La folie Montessori, c'est excellent, je l'affirme sans réserves quoi qu'en pensent ceux qui raisonnent en noir et blanc, parce que cela remet au goût du jour et au cœur des apprentissages l'éducation sensorielle (ou « sensible », comme disait Pauline Kergomard), grande oubliée de ces vingt à trente dernières années. Or, c'est par celle-ci que l'enfant entre dans les apprentissages sociaux et dans les connaissances conceptuelles.
    La folie Montessori, c'est bien et je la défends parce que cela réintroduit la notion de jeu et de liberté de choix à l'école maternelle.Après des années d'évaluations trimestrielles, pires qu'au collège, il était temps de prendre en compte l'enfant dans la globalité de son développement.
    C'est moins bien et je suis d'accord avec Maîtresse Patate parce que cette liberté est très contrôlée et vraiment trop éloignée de la créativité.
    Et c'est vraiment moins bien quand le jeu ne sert qu'à apprendre à des enfants de 2 à 5 ans à situer des pays sur un globe, réciter des noms d'animaux, remplir et vider 10 fois un pot à eau dans un gobelet, sans jamais servir à boire à personne, ou qu'à évaluer « scientifiquement » le niveau de compétences d'Arthur, Bilal, Carmen, Donatienne, Élyas, Fatou, Gaétanne, Hicham, Isaïe, Judicaëlle, Karl, Léa, Meriem, Naël, Olympe, Pablo, Quentin, Rayan, Samuel, Tiago, Ussain, Valérian, Willy, Xénophon, Yseult et Zacharie.

    Je laisse la parole à Maîtresse Patate qui a déjà tout dit et n'a pas besoin de ma prose en complément.

    Fichez-moi la paix avec Montessori !

    Nota bene : Suite à des commentaires très désobligeants, Maîtresse Patate, qui n'exprimait que son sentiment, a préféré fermer temporairement l'accès à son blog. Je laisse pour le moment mon propre article accessible, en espérant que la raison revienne et que les personnes satisfaites du « Montessori d'aujourd'hui » laissent à nouveau s'exprimer leurs contradicteurs.


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