• Maternelles : Projet classe vivante (3)

    Maternelles : Projet classe vivante (3)
    Merci à Sophie Borgnet pour cette illustration tirée de  Pour une Maternelle du XXIe Siècle

    Continuons ensemble notre visite dans une école maternelle qui suit le projet Classe vivante , déjà évoqué dans les deux premiers volets de la série (Maternelle : Projet « classe vivante » (1)Maternelle : Projet « classe vivante » (2) ).

    Aujourd'hui, nous assistons, bien cachés pour ne pas perturber le déroulement du projet, à une journée dans une classe de 28 élèves de Moyenne Section.

    Chez les Moyens, c'est :

    Dix projets quotidiens sinon rien !

    « Quand on approche des cinq ans et que, bientôt, on les atteint puis les dépasse, on est grand ! » Ils vous le diront tous. Et quand on est grand, on a des envies qu’il est facile de satisfaire, des idoles qu’on peut sans aucun doute égaler, des projets qu’on sait désormais mettre à exécution dans la durée, jusqu’à satisfaction totale sinon rien !

    Pour quelques-uns[1], ce sera apprendre à lire. En fin d’année, ils liront seuls les albums de leur bibliothèque. Quelques autres sauront compter jusqu’à 1000 ou compter à rebours de 100 à 0, certains même s’imagineront comptant de 2 en 2, de 3 en 3, ou tout autre prodige du même tonneau. D’autres encore se passionneront pour l’Antiquité ou le cosmos et époustoufleront leur entourage en choisissant des livres du rayon « 9 à 12 ans » à la médiathèque municipale. Il en est même qui sont persuadés qu’ils seront Cicéron plus tard, ou Martin Luther King... ou un autre, devenu célèbre, très célèbre, parce qu’il discourait, discourait, discourait pendant des heures ! Leurs enseignants s’extasieront, leurs parents porteront au pinacle leur précocité, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes... Sauf que... mais attendons encore un peu...

    Les autres, aux projets moins glorieux, sont tout autant phénoménaux. Certains sont prêts à tout pour devenir la vedette de la classe, distribuant médailles et couronnes à leurs adorateurs, enseignante et atsem comprises si elles se prêtent au jeu, rejetant et harcelant ceux qui ne sacrifient pas assez à leur gloire, et tant pis pour les deux adultes susnommées si elles en font partie. D’autres connaissent tout, mais alors tout, sur leur série favorite : ils vivent Spiderman, mangent Spiderman, s’habillent Spiderman... ou Taxi 12... ou Dora l’exploratrice... ou bien pire, hélas ! Quelques-uns sont déjà excellents un ballon au pied, ou sur un tatami imaginaire, ou sur une scène de danse techno, ou devant un chevalet de peintre, ou...que sais-je encore ?...

    Il y en a tant, de ces parfaits artistes dans leur domaine, les uns portés aux nues par des adultes qui rêvent de retrouver chez leurs enfants des adultes miniatures développant des super-capacités, les autres vivement réprimandés pour avoir peaufiné jusqu’à la perfection leur art, mal vu ailleurs que dans leur imagination.

    Dans une classe adhérant au projet « classe vivante », toutes ces individualités sont reconnues et aucune n’est plus valorisée que les autres. L’enseignant fait tour à tour appel à chacune d’entre elles, rendant « normaux » tous ces super-pouvoirs à la mode MS. De cette manière, il invite tous les enfants à élargir leur projet de départ par l’addition d’une dizaine de micro-projets quotidiens qui peu à peu s’aggloméreront de manière à leur ouvrir un large horizon fait de connaissances variées, de capacités dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence, de compétences incroyables qui leur permettront plus tard d’être des lecteurs-scripteurs-compteurs-calculeurs-historiens-géographes-peintres-danseurs-footballeurs-karatékas-escrimeurs-coiffeurs-acteurs-chanteurs-comédiens-et-j’en-passe, mais forcément exceptionnels dans tous leurs talents !

    Matinée

    Projet n° 1 : Une école qui accueille, qui accompagne les transitions ; Apprendre en jouant, en s’exerçant ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe (Durée : de 0 à 10 minutes)

    Et cela commence dès le matin, pendant l’accueil dans la cour. Là, le projet de l’enseignant est clair et c’est lui qui domine : les enfants sont là pour recréer le lien, relâché depuis la dernière journée de classe[2], et pour réveiller son corps après une nuit de sommeil. L’enseignant laisse donc ses élèves interagir, tout en surveillant attentivement ce qui se passe. Gare au Spiderman de service en pleine expédition punitive ou à la Diva des dancing qui rejette violemment la petite violette qui ose s’approcher de son aura magique sans courber l’échine en signe d’allégeance ! Leurs envies seront détournées, inhibées, contrées par tous les moyens, dont le plus sûre : l’anticipation...

    Projet n° 2 : Une école qui accueille, qui accompagne les transitions ; Apprendre en jouant, en s’exerçant, en réfléchissant et en résolvant des problèmes ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Comprendre la fonction de l’école

    (Durée 15 minutes)

    Cela continue pendant le rituel d’entrée en classe. La mise en rang provoque encore souvent des comportements incompatibles avec la vie en société parce qu’il est impossible que Spiderman donne la main à Einstein ou à Princesse Dora, parce que l’orateur-né continue à pépier comme un moineau, saoulant tout son entourage, parce que le judoka a montré au footballeur comment il fait une prise qui tue et que le footballeur a répliqué par un coup de pied dans le tibia bien senti.

    Le déshabillage, déchaussage a posé des problèmes à Einstein qui sait si bien compter mais n’a pas encore eu le temps d’apprendre à se servir de ses dix doigts et la fermeture à glissière de Sartre s’est encore coincée pendant qu’il lisait les prénoms des élèves de la classe de GS tout en essayant machinalement de la faire coulisser. Quant à Princesse Sara, elle s’est imaginée que, finalement, elle pouvait adopter provisoirement un esclave qui la déferait de ses vêtements contre la joie de recevoir un sourire condescendant et une vague promesse d’invitation à son anniversaire.

    Face à tout cela, enseignante et atsem mènent leur projet conjoint de faire entrer tout ce petit monde dans le mode de fonctionnement de l’école. Elles ont valorisé les comportements d’échange et de partage, réprimé les tentatives de domination quelles qu’elles soient et ouvert à la vie terrestre les adeptes de vie cérébrale dégagés des basses contingences de l’existence.

    Elles recommencent ainsi, plusieurs fois par jour, inlassablement, pendant les dix mois que durent l’année scolaire, en sachant qu’après chaque week-end, chaque pont, chaque période de vacances, il faudra recommencer, recommencer et encore recommencer jusqu’à ce que chacun, ou presque, adopte un comportement citoyen, éthique et responsable.

    Projet n° 3 : A) Comprendre la fonction de l’école : Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe

    B) Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions – L’oral : Oser entrer en communication ; Comprendre et apprendre ; Échanger et réfléchir avec les autres ; Commencer à réfléchir sur la langue et acquérir une conscience phonologique – L’écrit : Découvrir la fonction de l’écrit ; Découvrir le principe alphabétique

    C) Explorer le monde du vivant : Découvrir le monde vivant ; Reconnaître les principales étapes du développement d'un animal ou d'un végétal, dans une situation d’observation du réel ou sur une image.

    (Durée : 20 minutes)

    Cela a mené la petite bande au coin regroupement. Ici encore, le projet doit être collectif. Comme la grenouille était là hier, c’est autour d’une affiche que l’enseignante cherche à focaliser la parole et l’intérêt.

    Maternelles : Projet classe vivante (3)

    Le tour de parole est instauré et tous les élèves savent que le projet de leur enseignante est qu’ils parlent, tous, et qu’ils écoutent tout ce qui se dit pour tenter de ne pas le redire exactement de la même manière. Le minuteur est mis en route, car, malgré Cicéron et Mère Michu, tout le monde doit parler mais personne ne doit s’ennuyer ou monopoliser la parole.

    Amélia : C’est la grenouille d’hier. Elle est sur une feuille. Dans l’eau.

    Berkane : Elle attend pour plonger. Après, elle va plonger et nager. Si y vient quelqu’un qui lui fait peur. Fsioou ! Elle plonge, elle nage et elle se cache !

    Camélia : Elle a des bébés. Y sont dessous ses bébés. Elle les surveille.

    Demis : On dit pas des bébés, on dit des pétards... non... des têtards. Les têtards vivent toujours dans l’eau et les grenouilles, non. Parce que mon papa m’a lu un livre de grenouilles alors je le sais. Les grenouilles, ça respire de l’air, et les têtards, ça respire de l’eau et puis... oui, je laisse parler Émile.

    Émile : C’est la grenouille. Elle attend pour plonger.

    Enseignante : Émile, tu nous redis exactement ce que nous a dit Berkane. Essaie de trouver autre chose. Regarde bien.

    Émile : Là, y’a une grosse boule.

    Enseignante : Oui, très bien. Une grosse boule de quelle couleur ?

    Émile : C’est blanc... et noir... des points noirs...

    Francine : C’est une balle qui est tombée dans l’eau.

    Gontran : Bah non hein. Sinon, ça parle pas de les grenouilles alors. C’est pas une balle. C’est plein de petites boules blanches avec un point noir dedans.

    Hélios : Je pense que ce sont des œufs. Des œufs que la grenouille a pondus.

    Isaïe : Pfff ! T’es bête, toi ! Les œufs, c’est pour les oiseaux, pas pour les grenouilles ! Hein, maîtresse ?

    Enseignante : Eh non, Isaïe. Hélios a raison. Les grenouilles pondent bien des œufs, elles aussi. Un peu comme les oiseaux. Ou comme les insectes.

    Jocaste : Je le savais, moi, que les grenouilles, ça pond des œufs. Mais pas dans des nids. Sur des plantes. Là, on voit une plante derrière. La boule, elle est accrochée à la plante.

    Kader : C’est une herbe, c’est pas une plante. Les œufs, y sont accrochés à une herbe.

    Lamia : Après, y vont s’ouvrir, et les bébés y vont sortir des œufs.

    Mathilda : Moi, ma maman, elle a un bébé. Il est tout petit. C’est mon petit frère. Il est né à la maternité.

    Enseignante : Oui, nous le savons, Mathilda. Tu as un petit frère. Et là, sur l’image, que vois-tu ?

    Mathilda : Je vois de l’eau. Les œufs, y sont dans l’eau, et le bébé, il est dans l’eau. Mon petit frère, on le met dans l’eau aussi, il prend son bain. Il aime l’eau.

    Nolan : Le bébé, y ressemble pas à sa maman, hein ? Il est tout noir, il a pas de pattes, y nage en se tortillant, comme ça... Y se tortille, y se tortille... Krrr Krrr Krrr Krrr !

    Ovide : Ouais, comme ça... Krrr Krrr Krrr Krrr ! Y se tortille ! Krrr Krrr Krrr Krrr ! Ah ah ah ! Y se tord ses fesses comme ça ! Ah ah ah !  Des fesses de pétard qui pète et qui puent !

    Pauline : Arrêêêêête, Oviiiiide ! Ovide, y m’a bousculée, maîtresse ! Y m’a bousculée !

    Enseignante : Ovide, Nolan, vous vous calmez. Vous vous exercerez à nager comme des têtards tout à l’heure, dans la salle de motricité. Ovide, tu arrêtes immédiatement ! Et Nolan et Lamia, ce n’est pas la peine de l’imiter. Allez, qui se rappelle comment il s’appelle, ce bébé, comme vous dites ? Demis nous l’a dit tout à l’heure... Ovide, va t’asseoir à côté de Mme Duplan, s’il te plaît, je ne m’amuse plus du tout, tu gênes tout le monde. Tiens, vous n’avez qu’à sortir préparer les verres pour boire, s’il vous plaît, Mme Duplan et, si vous le voulez bien, emmenez-le avec vous. Alors, ces bébés, Demis ?

    Demis : Des têtards. Ça s’appelle des têtards.

    Quentin : Je le savais moi aussi. L’autre jour, avec mon papa et mon grand frère, on est allés se promener au lac. C’est là qu’on a trouvé la grenouille d’hier. C’est mon petit frère qui l’a apportée à sa maîtresse pour qu’on la regarde dans toutes les classes. On en a vu plein, des petits pé... têtards. Plein, plein, plein. Ils gigotent comme Ovide il l’a fait.

    Rose-Marguerite : Après, quand ils grandissent, leurs pattes, elles poussent. On le voit là. Lui, c’est le grand frère de lui.

    Solal : Ouais, c’est toute la famille grenouille... Là, y’a la maman ; là, les tout petits bébés qui sont pas encore nés ; là, un bébé têtard sans pattes ; là, un grand frère qui a déjà deux pattes ; et là, une grande sœur grenouille qui va sortir de l’eau et aller voir sa maman sur la feuille.

    Théodora : C’est pas une vraie, de grenouille, la grande sœur, parce qu’elle a une grande queue. Les vraies grenouilles, elles ont pas de queue. Regarde : sa maman, elle a pas de queue. Et la grenouille d’hier, elle avait pas de queue non plus.

    Ulla : Y’a pas de papa. En fait, eh ben, les grenouilles, elles ont pas de papa...

    Victor : Bah si, quand même. Hein maîtresse, quand même, elles ont des papas, les grenouilles ?

    Enseignante : Oui, bien sûr, Victor, ne t’inquiète pas. Chez les grenouilles, il y a des femelles, les mamans, comme vous dites, et des mâles, les papas...

    Wilhelmina : Eh ben, en fait, eh ben, les grenouilles, en fait, des fois, c’est des princes. Et moi, en fait, eh ben, les princesses, eh ben, elles font un bisou à la grenouille et en fait eh ben la grenouille, elle devient un prince. Et moi, j’ai une robe de princesse, et ma maman, elle m’appelle « ma princesse », et moi, en fait, eh ben, je suis une vraie princesse. Mais je veux pas faire de bisous à des grenouilles ! Berk ! Ah non alors !

    Enseignant : Oui, très bien, Wilhelmina, tu connais des histoires dans lesquelles un prince a été transformé en grenouille, ou en crapaud, par un mauvais sort. Ça tombe bien, j’ai justement prévu de vous en lire une bientôt. Tu nous aideras à bien la raconter.

    Xavier : Oui mais les pétards des grenouilles, c’est pas des princes, paske, eh ben, y sont tout petits. Et y sont pas beaux.

    Ysengrin : Pas les PPétards, les TTTêtards. Les Ppétards, ça explose. Ppaf ! Comme ça. C’est pas des animaux.

    Zoé : Les TTTêtards, c’est comme TTThéo ! Théo, mon grand frère. Ça se dit « Té ». Tê... tard... Thé... o. Ça se dit « Té ».

    Axel : Pé...tard, ça se dit « Pé ». Tê...tard, ça se dit « Té ». Comme le thé qu’on boit. Et la télé, aussi. Et même Théodora.

    Bérénice : Té, c’est la Toupie des Alphas, avec Madame É. Moi, je sais écrire « Têtard » avec mes Alphas, à ma maison.

    Enseignant : Oui, très bien. On dit Tê... tard, avec la TTToupie que vous retrouverez bientôt dans la classe de Grande Section. La Toupie qui tourne en cliquetant comme ça : « T t t t t t t ! ». Ah, voici Mme Duplan et Démis avec la boisson. Disons-leur merci et venez vous asseoir aux tables, nous allons vous servir. Aujourd’hui, ce sont Théodora, Ulla et Victor qui distribuent les gobelets ; Wilhelmina, Xavier, Ysengrin et Zoé qui serviront l’eau qui est dans les pichets ; et Axel, Bérénice, Amélia et Berkane qui essuieront les tables avec les éponges et les chiffons. Dès que vous aurez bu, vous viendrez poser votre gobelet dans la bassine et vous mettre en rang pour aller aux toilettes.

    Projet n° 4 : Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Explorer le monde du vivant : Connaître et mettre en œuvre quelques règles d'hygiène corporelle et d’une vie saine (Durée : 15 minutes)

    Le service de la boisson et le rangement terminés, les enfants passent aux toilettes et se lavent les mains avant d’aller dans la salle de motricité.

    Projet n° 5 : A) Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble 

    1. B) Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique : Adapter ses équilibres et ses déplacements à des contraintes variés ; Communiquer avec les autres au travers d’actions à visée expressive ; Collaborer, coopérer (Durée : 25 minutes)

    Les enfants arrivent dans la salle de motricité. La séance débute comme chaque fois par une à deux minutes de respiration profonde, tout le monde installé dans une ronde qui occupe le centre de la pièce. L’enseignante participe à l’activité, l’Atsem est en classe, elle prépare les activités suivantes.

    Après ce moment de retour au calme, elle demande aux élèves de s’imaginer comme l’un des animaux représentés sur l’image : la grenouille, la grappe d’œufs, le jeune têtard, le têtard pourvu de pattes arrière, la jeune grenouille pas encore débarrassée de sa queue : « Chacun choisit ce qu’il veut faire mais n’en parle pas aux autres. Ensuite, tout le monde s’entraînera dans son coin puis, quand je frapperai dans les mains, vous viendrez rejoindre la ronde. Entre temps, vous pourrez m’appeler pour que je vous donne des conseils... »

    Les élèves s’égaillent dans la salle. Certains cherchent, d’autres agissent d’emblée. Ovide, Nolan et Lamia se sont retrouvés et se tortillent à qui mieux mieux, en faisant des bruits de bouche significatifs. L’enseignante joue les innocentes et vient juste leur dire que, dans l’eau, les animaux ne peuvent communiquer par la parole ; s’ils veulent être réalistes et épater leurs camarades par leur prestation théâtrale, ils doivent arrêter ces bruits qui montrent qu’ils n’ont pas encore réussi à comprendre quelque chose d’aussi simple.

    Nolan et Lamia obtempèrent et remplacent les bruits de pets par de larges ouvertures de bouche suivies de fermetures, à la mode « poisson de dessin animé ». Ovide continue un moment ses bruits évocateurs puis, voyant que personne n’y prête plus attention, commence à aller taquiner les autres groupes. L’enseignante le récupère avec elle, en lui proposant de faire le tour des groupes avec elle puisqu’il semble avoir mis au point son mime.

    Dans un coin, un groupe d’enfants s’est réuni, sous la houlette de Jocaste et Kader. Ça discute, ça se déplace, ça récrimine un peu... L’enseignante se rapproche et demande des explications.

    Kader : Avec Jocaste, on leur dit qu’il faut faire la boule des œufs mais eux, y bougent. Y faut pas qu’y bougent. Des œufs, ça bouge pas.

    Jocaste : Nous, avec Kader, on sera les herbes, et eux, il faut qu’ils se roulent en boule et qu’ils se collent bien près. Mais ils nous écoutent pas. Et ça fait pas une jolie boule.

    Amélia : Oui, mais, si on se colle, on peut plus respirer, alors... Quand on est dessous, on peut plus respirer. Moi je dis qu’on n’a qu’à se rouler en boule à côté, pas dessus. Quand même, ça se voit qu’on est des œufs si on se met comme ça.

    Berkane : Ouais, moi aussi. Je veux pas que les autres, y m’écrasent. Y’a Quentin, y m’a fait mal avec ses griffes... euh, avec ses noncles... ses zonc... ses ongles.

    Enseignante : Kader et Jocaste, je pense que vous devriez écouter vos camarades. Vous pouvez très bien rester aussi à moitié accroupis et serrés les uns contre les autres pour que ce soit une grappe à peu près ronde, non ? Essayez encore une minute mais nous allons bientôt nous arrêter.

    Elle finit son tour de salle et rappelle les enfants près d’elle, de manière à ce qu’ils reforment le cercle. Ovide reste près d’elle car elle le sent prêt à chercher chicane à tous.

    Chaque enfant ou groupe d’enfants montre brièvement sa prestation qui sera peut-être reprise dans l’après-midi lors de la deuxième séance consacrée au Projet n° 5.

    Mathilda a recruté Pauline, Camélia et Victor. Elle est la maman-grenouille qui s’occupe de son bébé Pauline-têtard pendant que Victor joue le papa-grenouille qui cajole lui aussi une Camélia-têtard nouveau-né vagissant avec beaucoup de réalisme...

    « Tant pis, pour l’instant, c’est raté », pense l’enseignante.

    Quant à Wilhelmina, elle n’a rien à montrer... Et pourquoi donc ? « Paske personne a voulu faire le prince transformé en grenouille. Y z’ont dit qu’y voulaient pas que je leur fasse un bisou sur la bouche ! Paske c’est dégoûtant, il a dit, Axel. »...

    « Encore raté ! », pense l’enseignante en pouffant de rire intérieurement.

    La séance se termine par un moment de respiration calme avant le retour en classe.

    Projet n° 6 : A) Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble 

    B) Les productions plastiques et visuelles : Dessiner

    C) Découvrir la fonction de l’écrit ; Commencer à produire des écrits et en découvrir le fonctionnement : Participer verbalement à la production d’un écrit ; Savoir qu’on n’écrit pas comme on parle ; faire correspondre visuellement la plupart des lettres de leur prénom, en capitale et en script, et pouvoir les nommer et introduction progressive des lettres de l'écriture cursive.

    (Durée variable selon les enfants : de 5 à 15 minutes)

    De retour en classe, les élèves et l’enseignante trouvent, comme chaque jour, les conditions matérielles du Projet n° 6 déjà prêtes. Sur les tables sont installés un pot à crayons et 4 à 6 cahiers à l’italienne fermés portant chacun sur la couverture un prénom écrit en cursive. Les élèves cherchent le leur et l’ouvrent à la page du jour, seuls ou aidés des adultes et de leurs camarades pour certains.

    L’enseignante demande à Berkane de rappeler le projet. Celui-ci répond :

    « Y faut dessiner comme on veut et toi et Mme Duplan, vous allez venir écrire comme on vous dit. 

    Enseignante : Oui, c’est ça. N’oubliez pas que si vous savez déjà ce que vous allez dessiner, nous pouvons venir dès maintenant. Et après, que devez-vous faire ?

    Camélia : Aller jouer à la dînette.

    Enseignante : Par exemple. Mais avant ?

    Demis : Aller poser le cahier sur la table et mettre la date avec le tampon.

    Enseignante : C’est ça. Au travail tout le monde et n’oubliez pas, si vous avez déjà une idée, appelez-nous en levant le doigt. Ah, Wilhelmina ! J’arrive.

    Wilhelmina : Je vais faire la princesse avec la grenouille. Tu écris : « La princesse a vu la grenouille... La grenouille, c’est un prince... C’est la sorcière qui l’a transformé.... La princesse va l’embrasser et il va redevenir un prince... »

    Ovide : Maîtresse, moi aussi, je sais ! Viens, tu vas voir... Y faut écrire : « Le pétard, y pète. Y’a du feu partout. Tout le monde a brûlé. Y sont tous morts. »

    Enseignante : Là, Ovide, tu veux que j’écrive comme tu parles. Moi, je n’écris que ce qu’on lit dans les livres. Tu peux me raconter la même histoire, mais tu l’arranges pour qu’elle ressemble à celle des livres.

    Ovide : Un jour, un pétard... a pété... non... a explosé ! Un jour, un pétard a explosé. Y’avait...

    Enseignante : Il y avait...

    Ovide : Il y avait du feu partout. Alors, tout le monde est mort.

    Enseignante : Très bien, je relis ton histoire : « Un jour, un pétard a explosé. Il y avait du feu partout. Alors, tout le monde est mort. » Ça te va ?

    Ovide : Ouais. C’est ça.

    Quentin : Maîtresse ! J’ai fini. C’est l’histoire d’un garçon qui va au lac avec son papa et son frère. Y trouvent des grenouilles alors ils en rapportent une à l’école.

    Enseignante : C’est toi, ce garçon ?

    Quentin : Oui, c’est moi.

    Enseignante : Alors, tu peux dire « Je » si tu veux. « Je suis allé au lac »... C’est comme tu veux. Dicte-moi ton histoire.

    Quentin : Je suis allé au lac... avec mon papa et mon frère... dimanche... Après euh... Ah oui ! Nous avons attrapé une grenouille... et mon frère l’a apportée à sa maîtresse dans un vivarium. Voilà. J’ai fini.

    Berkane : Maîtresse ! Ici ! J’ai fini. « La grenouille a pondu des œufs sur les herbes ».

    Enseignante : Eh bien, Camélia ? C’est fini ? Raconte-moi un peu tout ça.

    Camélia : Là, c’est la maman. Là, c’est le bébé. Là, c’est le papa. Là, c’est le soleil. Et là, c’est... un dessin.

    Enseignante : Ah oui, je vois tout ça. Ici, la maman, là, le bébé, plus petit, là, le papa à côté du bébé, là, le soleil et là, en effet, c’est... juste un dessin. Mais tu sais qu’il me faut une histoire... Tu essaies de me trouver une histoire ?

    Camélia : Le bébé... il est avec sa maman... et puis son papa... et le soleil, il a dessiné un dessin... dans le ciel.

    Enseignante : Eh bien voilà, nous allons un peu arranger tout ça et ça ira très bien. Écoute et regarde : « Le bébé est avec sa maman et son papa. Toute la famille voit le soleil qui a dessiné dans le ciel. »Ça te plaît ?... Parfait !
    Dites, les enfants qui ont fini, allez donc aux ateliers plutôt que de vous agiter... Posez votre cahier sur ma table et je vous appellerai les uns après les autres. Madame Duplan, si vous voulez bien vous rapprocher du coin peinture, s’il vous plaît, je viendrai vous relayer ensuite. Merci. 

    Projet n° 7 : A) Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble 

    B) Développer du goût pour les pratiques artistiques ; Découvrir différentes formes d’expression artistique : Les productions plastiques et visuelles : S’exercer au graphisme décoratif ; Réaliser des compositions plastiques, planes et en volume; Observer, comprendre et transformer des images - Univers sonores : Explorer des instruments, utiliser les sonorités du corps ; Affiner son écoute ; Jouer avec sa voix et acquérir un répertoire de comptines et de chansons - Le spectacle vivant : Pratiquer quelques activités des arts du spectacle vivant

    C) Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ; Découvrir les nombres et leurs utilisations : Construire le nombre pour exprimer les quantités ; Stabiliser la connaissance des petits nombres ; Utiliser le nombre pour désigner un rang, une position 

    D) Explorer le monde; Se repérer dans le temps et l’espace: Stabiliser les premiers repères temporels ; Consolider la notion de chronologie ; Sensibiliser à la notion de durée ; Faire l’expérience de l’espace ; Représenter l’espace  - Explorer le monde du vivant, des objets et de la matière : Explorer la matière ; Utiliser, fabriquer, manipuler des objets (Durée variable selon les enfants : de 20 à 30 minutes)

    Comme chaque jour, la classe va désormais tourner en ateliers libres, sans inscription, dans les domaines suivants[3] :

    « Patouille » : peinture – découpage et collage d’éléments plans sur une surface plane – collage d’éléments en volume – modelage – jeux de fils et tissus

    « Imitation » : coins dînette – chambre de poupées – garage – zoo – ferme – château fort – théâtre de marionnettes – bibliothèque – coin écoute et chant – coin exposition (images et objets)

    « Construction, formes et grandeurs, espace » : Puzzles – Perles – Abaques – Briques, cubes, éléments emboîtables divers... – Jeux Montessori – Coin observation et graphisme d’imitation

    « Symbolisation » : Jeux numériques divers

    Les élèves sont encouragés à construire, bâtir, s’exprimer entre eux, jouer des rôles, respecter des règles, coopérer.

    Les ateliers terminés, ils participent au rangement et au nettoyage du matériel.

    Projets n° 1 et 2 : Une école qui accueille, qui accompagne les transitions ; Apprendre en jouant, en s’exerçant et en résolvant des problèmes ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Comprendre la fonction de l’école (Durée : 30 minutes)

    L’heure de la récréation puis le retour en classe qui lui succède ramènent les projets n°1 et 2.

    Projet n° 3 : A) Comprendre la fonction de l’école : Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe

    B) Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions – L’oral : Oser entrer en communication ; Comprendre et apprendre ; Échanger et réfléchir avec les autres ; Commencer à réfléchir sur la langue et acquérir une conscience phonologique – L’écrit : Découvrir la fonction de l’écrit ; Découvrir le principe alphabétique

    C) Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ; Découvrir les nombres et leurs utilisations : Construire le nombre pour exprimer les quantités ; Stabiliser la connaissance des petits nombres ; Utiliser le nombre pour désigner un rang, une position 

    (Durée : 15 minutes)

    Cette fois, c’est autour des œuvres des enfants que l’enseignante va mobiliser l’intérêt du groupe. Chacun montre ses réalisations plastiques, musicales, techniques, symboliques ou théâtrales.

    Aujourd’hui, un groupe de 5 enfants montre une tour qu’ils ont fini de construire debout sur des chaises ; ils souhaitent que l’enseignante et l’Atsem viennent se placer à côté pour savoir si la tour est plus grande qu’elles. Ils voudraient aussi pouvoir compter le nombre d’étages de leur tour. L’enseignante propose à la classe de les aider et tous ensemble, ils arrivent à réaliser ce prodige.

    Un autre groupe (6 enfants) veut montrer les grenouilles qu’ils ont peintes en vert puis décorées de « pierres précieuses », comme celles qu’ils ont vues au coin-observation.

    Deux enfants montrent ensuite une scénette qu’ils ont inventée avec deux marionnettes ; le « spectacle » s’éternise, les enfants n’ont pas grand-chose à dire mais ils font durer le plaisir ; sur les bancs, tout le monde s’agite, on se bouscule, on commence à s’énerver réellement ; l’enseignante intervient avant que le chahut ne s’installe et demande aux deux artistes de retravailler leur projet avant de le présenter à nouveau...

    Une dizaine d’enfants n’a rien à montrer : ils ont fait des puzzles, joué à dînette, regardé des livres, manipulé de la pâte à modeler, des perles, des petits éléments, joué au garagiste, rangé les barres Montessori de la plus petite à la plus longue, joué aux parents qui étendent et plient le linge de leur bébé, joué au Verger avec Mme Duplan.

    Trois enfants ont écouté les sons des cloches pour les apparier deux à deux, et viennent montrer le résultat obtenu. Tout le monde écoute silencieusement les sons qu’ils tirent de leurs instruments. Certains chantent le son entendu.

    Ovide, tout seul, a construit un revolver avec deux briques de Lego... comme hier, comme la semaine dernière, comme le mois dernier... Et il tient absolument à le montrer, comme hier, comme la semaine dernière, comme le mois dernier... Il s’agite, s’énerve, répond désagréablement à tous et envoie tout promener quand l’enseignante lui rappelle que, déjà hier, déjà la semaine dernière, déjà le mois dernier, il leur a montré ce même pistolet qui n’a plus rien d’extraordinaire ; elle lui réexplique, comme la veille, l’avant-veille et les jours précédents, que tout le monde sera très fier de lui quand il aura autre chose à leur montrer, avec des briques Lego ou autre chose et, comme la veille, l’avant-veille et les jours précédents, elle l’installe sur une petite chaise à côté d’elle pour finir le tour de table des œuvres notables...

    Un livre à la main, Demis attend patiemment son tour. De temps en temps, il se penche sur le livre, marmonne à voix imperceptible, fronce les sourcils... Enfin, il peut parler : « Je l’ai trouvé, le livre des grenouilles. Il était dans la bibliothèque. C’est celui de l’histoire de Wilhelmina. Je crois que j’arrive à lire le titre mais pas en entier. Là, c’est lllaaa... après, c’est... ppp...rrr... alors, ça fait princesse, je crois, puisqu’il y a une princesse sur l’image... ça, c’est... et... la princesse et... mais là, je ne comprends pas parce que c’est llleee... et on ne dit pas « le grenouille », alors ça va pas. »

    L’enseignante, très brièvement, lui montre le début du mot suivant et déchiffre pour lui c-r-a-p-aud. Puis elle explique à la classe que l’histoire a plusieurs versions, qu’il s’agit parfois d’une grenouille et parfois d’un crapaud, et plusieurs titres, dont celui-ci, qu’elle montre en demandant à Demis de relire le titre tout seul, ce dont il s’acquitte avec facilité.

    Projet n° 8 : A) Comprendre la fonction de l’école : Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe

    B) Univers sonores : Explorer des instruments, utiliser les sonorités du corps ; Affiner son écoute ; Jouer avec sa voix et acquérir un répertoire de comptines et de chansons (Durée : 20 à 30 minutes)

    C’est l’heure de la musique, comme tous les matins après le regroupement de langage. L’enseignante commence par un échauffement corporel : étirements, bâillements, bruits de bouche, éducation du souffle. Elle continue par des jeux vocaux visant à assurer la justesse du son, à développer l’écoute interne, à renforcer les cordes vocales.

    Puis c’est le moment du chant, consacré aujourd’hui à la révision d’un chant connu que les enfants apprennent à chanter en réponses : la classe est partagée en trois groupes, représentés par les trois bancs, et doit suivre les indications des chefs d’orchestre, Ovide et la maîtresse, qui désignent un groupe différent pour chaque vers du chant.

    Enfin, pendant que les familles commencent à récupérer leurs enfants et que Mme Duplan récupère les enfants qui vont aller à la cantine, l’enseignante donne à écouter aux élèves restant le conte musical de Steve Waring cité ci-dessus.

    Après-midi

    Projet n° 1 : Une école qui accueille, qui accompagne les transitions ; Apprendre en jouant, en s’exerçant ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe (Durée : de 0 à 10 minutes)

    Voir matin, accueil dans la cour.

    Projet n° 2 : Une école qui accueille, qui accompagne les transitions ; Apprendre en jouant, en s’exerçant, en réfléchissant et en résolvant des problèmes ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Comprendre la fonction de l’école (Durée : 10 minutes)

    Voir matin, rituel d’entrée en classe.

    Projet n° 9 : A) Comprendre la fonction de l’école : Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe

    B) Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions – L’oral : Oser entrer en communication ; Comprendre et apprendre ; Échanger et réfléchir avec les autres ; Commencer à réfléchir sur la langue et acquérir une conscience phonologique – L’écrit : Comprendre des textes écrits sans autre aide que le langage entendu - Manifester de la curiosité par rapport à l’écrit. Pouvoir redire les mots du titre connu d’un livre ou d’un texte.

    C) Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ; Découvrir les nombres et leurs utilisations : Construire le nombre pour exprimer les quantités ; Stabiliser la connaissance des petits nombres ; Utiliser le nombre pour désigner un rang, une position  (Durée : 20 minutes)

    Le matin, l’enseignante a gardé près d’elle le livre que Demis avait extrait de la bibliothèque. Elle l’expose, fermé, sur un lutin face aux enfants et leur donne la parole tour à tour.

    Chacun raconte ce qu’il y voit, Demis rappelle ce qu’il a lu, Wilhelmina explique à nouveau que la grenouille va se transformer en beau prince lorsque la princesse lui aura donné un baiser. Quentin s’inquiète : est-ce une grenouille ou un crapaud ? Victor le rassure : le crapaud, c’est, selon lui, le papa-crapaud... L’enseignante intervient pour rétablir la vérité : « Ce sont des animaux qui se ressemblent beaucoup mais qui n’ont rien à voir ; il y a des mâles et des femelles crapauds, qui donnent naissance à des têtards de crapaud et des mâles et des femelles grenouille, qui donnent naissance à des têtards de grenouille ».

    Une fois les secrets de la page de titre explorés, on passe aux pages suivantes. Celle qui reprend les informations de la couverture est passée rapidement ; tout le monde connaît maintenant le titre et peut le réciter, mot à mot, lorsque l’enseignante les montre un à un de gauche à droite. Elle donne rapidement le nom de l’auteur et de l’illustrateur, puis on passe au vif du sujet : l’histoire !

    Après débat d’idée autour de la première illustration, l’enseignante prend le livre dans ses mains, cachant ainsi l’image aux enfants et lit, lentement, la première partie du conte[4] : « En ce temps-là, vivait un roi juste et bon ; ses filles étaient toutes très belles, mais la plus jeune était plus belle encore. »

    Elle s’arrête après ces quelques mots, remet le livre sur le lutrin pour permettre aux enfants d’exprimer ce qu’ils ont compris. Tous parlent de princesses, très belles, et qui sont trois, deux grandes très belles et une petite encore plus belle. Ils décrivent leurs jeux. Victor s’inquiète : où est le roi ? Est-ce lui le crapaud ? Mais non, le voilà, sur l’autre page, il est assis sur son grand fauteuil, un trône, comme nous l’explique Quentin, et il tient dans sa main son bâton de parole, comme nous lorsque c’est notre tour !

    « Pas du tout, réplique Jocaste, c’est un... un... un spectre !

    - Ah non ! C’est pas ça, dit Ovide. Un spectre, c’est un mort-vivant, comme dans les films d’horreur...

    - C’est un sceptre, dit alors Hélios. Un sceptre, pour dire qu’il est le chef.

    - Un sceptre et un spectre, c’est presque pareil, remarque Bérénice. Sè-ptre... spè...ctre... On dit presque pareil... »

    Après avoir acquiescé et écrit au tableau les deux mots en minuscules scriptes pour montrer à quel point ces deux mots se ressemblent aussi à l'écrit, l’enseignante propose alors, puisqu’on s’est un peu éloigné du sujet de relire cette première page, avant de passer à la suivante... Elle relit... lentement... en montrant les mots puis tourne la page afin que les enfants décrivent la nouvelle illustration.

    Le texte en regard étant très long, elle s’applique à ce que tous ses éléments en soient d’abord décryptés grâce au dessin.
    La forêt mentionnée dès la première ligne du texte et n’apparaissant que très peu sur l’illustration, alors elle la « voit » elle-même, montrant le fond grisé qui peut évoquer l’ombre d’une multitude d’arbres.
    Elle s’attache à ce que chacun parle, à ce que les échanges langagiers permettent à tous d’enrichir leur vocabulaire oral, de raisonner autour de l’histoire, de s’en fabriquer une image mentale...
    L’écrit viendra en appui, pour affirmer ou infirmer les hypothèses des uns et des autres et pour conforter le raisonnement autour des actions des personnages.

    Enfin, toujours avant de lire, elle résume ce qu’elle va lire : « Tout le monde a bien compris l’image de gauche. Je vais vous récapituler tout cela. Cette image nous dit que dans le parc du château, il y a une grande forêt ; que dans cette forêt, il y a une fontaine. Et que la plus jeune des filles vient y jouer à la balle. Mais, attention, l’image ne nous dit pas que la fontaine est très, très profonde, je vais vous le lire. »

    Elle lit alors les deux premiers paragraphes : « Près du château, il y avait une grande forêt et, dans cette forêt, se trouvait une fontaine, si profonde qu’on n’en voyait pas le fond. La fille du roi aimait venir y jouer avec une balle d’or qu’elle adorait. »

    Ensuite, vous avez aussi bien vu, sur l’image de droite, que la princesse pleurait et Wilhelmina nous a dit que c’était parce qu’elle avait fait tomber sa balle dans la fontaine. Je vous le lis : « Mais un jour, elle fit tomber sa balle dans la fontaine. La jolie balle était perdue et la princesse se mit alors à pleurer. »

    Elle laisse à nouveau les enfants dialoguer puis, après avoir dit qu’elle leur lirait la suite le lendemain, elle montre l’endroit, accessible à tous, où elle ranger le livre puis invite la petite troupe à se diriger vers les tables où sont préparés les verres et les pichets d’eau.

    Projet n° 4 : Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Explorer le monde du vivant : Connaître et mettre en œuvre quelques règles d'hygiène corporelle et d’une vie saine (Durée : 15 minutes)

    Le service de la boisson et le rangement terminés, les enfants passent aux toilettes et se lavent les mains avant d’aller dans la salle de motricité.

    Projet n° 10 : A) Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble 

    B) Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique : Adapter ses équilibres et ses déplacements à des contraintes variés ; Communiquer avec les autres au travers d’actions à visée expressive ; Collaborer, coopérer - Pratiquer quelques activités des arts du spectacle vivant

    C) Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ; Découvrir les nombres et leurs utilisations : Construire le nombre pour exprimer les quantités ; Stabiliser la connaissance des petits nombres ; Utiliser le nombre pour désigner un rang, une position  (Durée : 30 minutes)

    La séance commence par quelques minutes de relaxation, au sol, accompagnée d’une musique douce. Puis les enfants s’installent en cercle autour de l’enseignante.

    Celle-ci propose d'abord aux enfants de montrer à nouveau leurs mimes préparés le matin.

    Puis elle rappelle le conte qu'elle vient de commencer à leur lire. Quel est le jeu préféré de la plus jeune des princesses ? Où sa balle est-elle tombée ?... Quel jeu pourrions-nous inventer dans lequel nous serions des princes et des princesses jouant à la balle ? Ce qui serait bien, pour ne pas que nous pleurions, ce serait de ne jamais faire tomber la balle dans une fontaine profonde...

    Peu à peu, le jeu s'organise :

    → Chaque élève choisira une balle dans la caisse : une lourde, une légère, une petite, une grosse, une qui rebondit, une qui ne rebondit pas...

    →  Dans la salle à plusieurs endroits, parce que nous sommes nombreux, il y aura des fontaines représentées par des caisses posées sur le sol.

    → Parce qu'un essai nous a montré que parfois la balle rebondissait et sortait de la caisse, ce qui est impossible dans une fontaine très profonde, nous ajoutons des coussins dans le fond des caisses.

    → Les élèves se promèneront dans la salle en cherchant à faire des exercices compliqués avec leur balle (la lancer en l'air et la rattraper ; la faire rebondir au sol et la rattraper ; la passer d'une main dans l'autre devant soi, derrière soi, au-dessus de sa tête, par-dessous la jambe ; etc.).

    → Si leur balle tombe dans une caisse ou roule jusqu'à une caisse et la touche, ils la perdront et se placeront en-dehors de la forêt pour s'entraîner à « jeter des cailloux dans l'eau » (lancer des palets dans des cerceaux placés à quelque distance du banc derrière lequel ils sont placés.

    Les enfants connaissant les règles, l'enseignante est disponible pour s'intéresser au groupe et à chacun de ses membres ; elle régule aussi les attitudes, cherchant à maintenir un niveau sonore acceptable, des relations apaisées entre les enfants, un respect des consignes et du matériel convenable.

    Cinq minutes avant la fin de l'horaire, elle frappe dans les mains, donnant le signal de la fin. Les enfants rangent alors le matériel avec son aide active. La conversation entamée pendant ce rangement se poursuit quelque temps, enfants assis en rond dans la salle ; elle porte bien entendu sur les exploits de chacun, les suggestions d'évolution de la règle pour que le jeu soit encore mieux, encore plus difficile, encore plus compatible avec le statut de champion incontestable de chacun !

    Wilhelmina voudrait bien qu'un crapaud voleur de balles soit désigné... un crapaud qui se transformerait en beau prince quand elle lui donnerait un baiser...

    Sur ce souhait merveilleux, la petite troupe retourne dans la salle de classe pour la deuxième séance d'ateliers libres de la journée.

    Projet n° 7 : A) Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble 

    B) Développer du goût pour les pratiques artistiques ; Découvrir différentes formes d’expression artistique : Les productions plastiques et visuelles : S’exercer au graphisme décoratif ; Réaliser des compositions plastiques, planes et en volume; Observer, comprendre et transformer des images - Univers sonores : Explorer des instruments, utiliser les sonorités du corps ; Affiner son écoute ; Jouer avec sa voix et acquérir un répertoire de comptines et de chansons - Le spectacle vivant : Pratiquer quelques activités des arts du spectacle vivant

    C) Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ; Découvrir les nombres et leurs utilisations : Construire le nombre pour exprimer les quantités ; Stabiliser la connaissance des petits nombres ; Utiliser le nombre pour désigner un rang, une position 

    D) Explorer le monde ; Se repérer dans le temps et l’espace : Stabiliser les premiers repères temporels ; Consolider la notion de chronologie ; Sensibiliser à la notion de durée ; Faire l’expérience de l’espace ; Représenter l’espace  - Explorer le monde du vivant, des objets et de la matière : Explorer la matière ; Utiliser, fabriquer, manipuler des objets (Durée variable selon les enfants : 30 minutes)

    Voir matin, ateliers libres, sans inscription.

    Projets n° 1 et 2 : Une école qui accueille, qui accompagne les transitions ; Apprendre en jouant, en s’exerçant et en résolvant des problèmes ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Comprendre la fonction de l’école (Durée : 30 minutes)

    Voir matin, récréation et retour en classe.

    Projet n° 4 : Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe ; Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Explorer le monde du vivant : Connaître et mettre en œuvre quelques règles d'hygiène corporelle et d’une vie saine (Durée : 15 minutes)

    Boisson, passage aux toilettes, lavage des mains.

    Projet n° 9 : A) Comprendre la fonction de l’école : Apprendre ensemble et vivre ensemble ; Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe

    B) Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions – L’oral : Oser entrer en communication ; Comprendre et apprendre ; Échanger et réfléchir avec les autres ; Commencer à réfléchir sur la langue et acquérir une conscience phonologique – Dire de mémoire et de manière expressive plusieurs comptines et poésies – Enrichir le vocabulaire des élèves

    C) Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ; Découvrir les nombres et leurs utilisations : Construire le nombre pour exprimer les quantités ; Stabiliser la connaissance des petits nombres ; Utiliser le nombre pour désigner un rang, une position  (Durée : 5 + 10 + 10 + 5  minutes)

    Quelques « rituels » pour finir une journée riche en événements et en nouveautés.

    → Tout d’abord, la « caisse à poèmes »

    C'est une boîte à chaussures habillée qui contient sur fiches tout le répertoire de comptines et poèmes, entendus, expliqués et appris depuis le début de l’année.

    L'enseignante en extrait une des fiches et la montre aux élèves. Ceux d’entre eux qui la reconnaissent lèvent le doigt. Chacun son tour donne le titre qu’il a cru reconnaître, y ajoutant parfois quelques explications :« C’est Dame Souris trotte ! Je vois la souris dans le coin !... Là, c’est Pomme de reinette et pomme d’api, parce qu’il y a la pomme !... Et là, c’est C’est demain dimanche, avec la tante qui balaie sa chambre avec une robe blanche....an an an, tout le temps !... » Une fois leurs hypothèses validées, la classe récite en chœur la poésie reconnue.

    Puis, comme tout le monde a besoin de se dégourdir un peu les muscles, on change ! 

    Jacques a dit

    Le jeu, bien connu des enfants, se transforme en un petit jeu mathématique mêlant connaissance des petits nombres, repérage dans l’espace et schéma corporel.

    Les ordres se succèdent, sans pièges : « Jacques a dit : 3 doigts levés au-dessus de la tête !... 5 doigts levés devant vous  !... 3 doigts baissés !... Combien de doigts restent levés ?... Jacques a dit : 1 pied sous la chaise, 1 pied devant qui pivote de gauche à droite et de droite à gauche sur son talon !... Jacques a dit : 5 doigts posés face aux 5 doigts de son voisin !...  5 doigts levés, poignet posé sur le genou !... 1 doigt baissé !... Combien de doigts restent levés ?... Etc.... »

    Après une dizaine de consignes différentes, on change encore !

      → Méthode Au commencement était l’image (5e période) 

    L’enseignante a sorti les 10 premières photos de la Série 24 « Les grandeurs » qu'ils travaillent depuis cinq séances. Les élèves rappellent les mots qu’ils ont appris récemment : « petit, grand ; épais, mince ; étroit, large ; courts, longs ; minuscule, immense »... Elle en rajoute alors deux nouvelles images en annonçant : « lourd... léger »...

    Maternelles : Projet classe vivante (3)

    puis elle laisse les enfants s’exprimer :

    « Le monsieur, il est fort...

    - C’est lourd, le truc, là...

    - Des haltères...

    - Ouais, c’est lourd...

    - Y va tomber, peut-être ?...

    - Non, paske c’est un champion... t'as vu, il est habillé comme la France.

    - Mais quand même, c’est dur pour lui, y fait comme ça avec sa figure : pfff ! c’est lourd !...

    - La plume, elle vole, il a soufflé dessus le garçon...

    - C’est pas un garçon, c’est une fille...

    - On sait pas, en fait...

    - Y souffle, et la plume, elle se soulève...

    - Elle est pas lourde... elle est... attends, c’est quoi, déjà maîtresse, le mot que tu as dit ?...

    - Ah oui ! léger... la plume, elle est léger...

    - On dit pas léger, on dit légère... la plume, elle est légère...

    - Mon papy, y dit toujours que je suis légère comme une plume...

    - Et moi, c’est ma maman, elle dit que je suis lourd comme du plomb...

    - Ça veut dire que t'es trop lourd...

    - Ouais, c’est paske j’ai du muscle, moi, pas comme Francine ; je suis pas une plume légère... »

    Quand les réflexions multiples n’intéressent plus grand monde, l’enseignante range ses images après les avoir fait répertorier une dernière fois et passe au rituel suivant.

    → Comptage et au calcul

    Il était temps, déjà les premiers parents pointent leur nez à la porte. Madame Duplan les reçoit, appelle discrètement leur enfant à venir les rejoindre pendant que le jeu continue avec les autres élèves...

    L’enseignante pose devant elle 5 quilles, toutes de même couleur, même forme et même taille, que les enfants comptent.

    Puis ils ferment les yeux pendant qu’elle cache une partie des quilles derrière un paravent en carton. Les enfants rouvrent les yeux et doivent dire combien de quilles restent visibles et chercher combien de quilles sont cachées par le paravent.

    Les hypothèses vont bon train... L’enseignante rappelle Jacques a dit, tout à l’heure... à moins qu'aujourd'hui ce ne soit Berkane qui le fasse spontanément... ou Camélia... ou Francine... ou Gontran...

    Aussitôt, les autres élèves aussi regardent leurs doigts : on en voit 3 sur les 5 qu’on voyait tout à l’heure... on voit celle-là, celle-là et celle-là... alors, ce sont ces deux-là qui sont cachées ! Tu vérifies, maîtresse ?...

    « Ouais super ! Ouais super ! Ouais super ! » hurle Ovide, suivi par sa clique d’admirateurs zélés qui reprennent en chœur ce slogan enthousiasmant ! 

    Immédiatement arrêté par l’enseignante qui sait quels débordements peut provoquer cet état d’excitation chez lui, assis près d’elle, séparé de ses acolytes, il bougonne et râle, tapant sur ses genoux avec ses poings, furieux d’avoir encore une fois été contré dans ses projets personnels de prise de pouvoir par cet adulte qui, quoi qu’il essaie de faire, tient bon et persiste à mener à bien auprès de lui son projet de socialisation.

    La journée de classe est finie, Ovide. À demain... D’ici-là, tente de lâcher un peu prise ! Tu verras, la vie est bien plus belle quand on la bâtit avec les autres et non pas contre eux.

    Notes :

    [1] Attention, malgré des dénominations parfois masculines et parfois féminines, toutes peuvent se rapporter autant à un garçon qu’à une fille, même si certaines, déjà sexuées par une société qui les veut grands avant d’avoir été petits, sont plus courantes dans un sexe que dans l’autre.

    [2] N’oublions pas que le lundi, par exemple, une éternité de deux jours et trois nuits s’est écoulée depuis le jour de classe précédent. Une éternité, vous dis-je, pendant laquelle tout peut avoir changé... surtout si les règles de l’école sont très différentes de celles de la micro-société dans laquelle l’enfant vit. 

    [3] Tous les ateliers ne sont pas ouverts en même temps. En général, pour une classe de 20 à 25 élèves, les adultes en prévoient 4 ou 5 dans chacun des 4 domaines d’application, de manière à avoir entre 2 et 6 élèves par atelier.

    [4] La version choisie est celle des éditions Nathan, collection « Les petits cailloux »

    Dans la même série :

    Maternelle : Projet « classe vivante » (1)Maternelle : Projet « classe vivante » (2) ; ... ;

    Pour mieux cerner le projet « Classe vivante » :

    Je vous suggère la lecture de cet ouvrage : Pour une Maternelle du XXIe Siècle : Sommaire

    Comme j'en ai commandé huit d'un coup à l'éditeur, j'ai bénéficié d'une ristourne de 15 %, ce qui fait passer le prix de l'ouvrage de 23 € à 19,55 €, ce dont j'entends faire profiter d'éventuels acheteurs (auxquels il faudra hélas ajouter 5,28 € de timbres).

    Si vous êtes intéressés, écrivez-moi grâce à cet onglet : Contact


  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Juillet à 10:02

    Votre façon de voir l'activité d'une maternelle est très intéressante, Bon courage pour la suite !

      • Lundi 29 Juillet à 11:17

        Merci Jessie. Bon courage à vous aussi ! yes

    2
    Elisa C
    Mercredi 31 Juillet à 09:18
    Merci beaucoup ! Encore une fois, cela m'aide à y voir plus clair pour ma première année de GS. Une grande question reste en suspend cependant: A quel moment vais-je travailler la tenue du crayon et l'écriture (par combien et que feront les autres élèves pendant ce temps). J'aurais 34 GS. Merci pour vos conseils si précieux.
    3
    Elisa C
    Mercredi 31 Juillet à 12:57
    Merci beaucoup ! Même pour l'apprentissage de l'écriture vous me conseillez le groupe classe ? Merci encore.
      • Mercredi 31 Juillet à 15:51

        Dans un premier temps, oui. Pour voir lesquels sont à l'aise et lesquels ont besoin d'un soutien particulier.

        Ensuite, vous continuez en groupe classe avec ceux qui se débrouillent et vous faites un petit groupe avec ceux qui ont besoin de soutien.

        Le secret est très souvent d'avancer très, très progressivement. Cela évite de creuser les écarts et d'être obligé ensuite de différencier. Le tout sans que les élèves très à l'aise s'ennuient... C'est assez simple quand on a cet objectif-là en ligne de mire.

         

    4
    Elisa C
    Jeudi 1er Août à 09:44
    Merci encore !
    5
    Elisa C
    Jeudi 1er Août à 09:45
    Merci encore !
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