• GS : Jeux sportifs et « Mathématiques » (4)
    Merci à Sophie Borgnet, pour cette illustration tirée de Se Repérer, Compter, Calculer en GS.

    Parce qu'il n'y a pas qu'à Singapour que les enfants de cinq à six ans jouent avec des objets, les manipulent, les rangent, les comparent et les utilisent pour apprendre à compter, calculer et se repérer dans l'espace et le temps et parce que des « missions » ministérielles sont actuellement au travail ou le seront bientôt pour rénover l'enseignement des mathématiques à l'École et la vision globale sur l'École Maternelle, je me suis empressée de finir la série « Jeux sportifs et Mathématiques » dont voici le cinquième et dernier livret.

    On y trouvera, comme dans les précédents, la mise en application de la Méthode des Petits Pas qui aura mené, en une année scolaire, les enfants de 5 à 6 ans de quelques connaissances intuitives sur les nombres, leurs compositions et décompositions jusqu'à :

    • un début de maîtrise de la numération décimale,
    • la pratique du calcul mental 
    • la résolution de problèmes simples dans le domaine des quatre opérations
    • l'écriture de quelques symboles mathématiques (chiffres, nombres < 30, signes opératoires)
    • l'utilisation des nombres pour ordonner, classer, mesurer, ranger, payer...

    À Singapour je ne sais pas, mais chez moi, dans ma classe, et dans celles des collègues qui utilisent ma méthode, la séance de mathématiques commence toujours dans la salle de sports ou dans la cour.
    Les enfants jouent en équipe, échangent, se comparent, mesurent, calculent leur score, se déplacent.

    Ainsi, lorsqu'ils arrivent en classe, ils sont tous partants pour passer aux manipulations sur table, tous ensemble pour gagner un temps précieux, et finissent leur séance quotidienne de mathématiques par un travail sur fiche qu'ils sont fiers de faire seuls, sans difficulté.

    Ce petit cahier, extrait des 269 pages du guide pédagogique de la méthode Se Repérer, Compter, Calculer en GS, ne concerne que la partie « sportive » de la méthode. Il peut se suffire à lui seul mais son efficacité sera bien supérieure si le travail est repris par des manipulations sur table et une « trace écrite » que l'enfant pourra consulter à loisir avec sa famille ou ses camarades, mesurant ainsi le chemin parcouru, grâce aux autres outils de la méthode.

    Nota Bene : Selon la méthode des petits pas, chaque niveau reprend, au cours du premier trimestre (et même un peu plus pour les petites classes), les acquis des niveaux antérieurs. Et chaque niveau « déborde » en fin d'année scolaire sur les acquis dont l'essentiel se fera dans le niveau suivant. Ces jeux sont donc utilisables, dans une classe de CP, au moment où celle-ci travaille le passage de la dizaine, la deuxième et la troisième dizaine, les doubles, les moitiés, le comptage par cinq et dix. Ils sont d'ailleurs à peu près tous présents dans un guide pédagogique CP que j'ai rédigé et que je peux vous envoyer sur simple demande de votre part.

    Télécharger « GS - Mathématiques et Jeux Sportifs 5.pdf »

    Dans la même série :

    Livret 1 :  GS : Jeux sportifs et « Mathématiques » (1)

    Livrets 2 et 3 : GS : Jeux sportifs et « Mathématiques » (2)

    Livret 4 : GS : Jeux sportifs et « Mathématiques » (3)

    Livret 5 : voir ci-dessus

    Pour consulter la progression annuelle :

    GS : Se repérer, compter, calculer - Progression actualisée

    N'hésitez pas à me consulter pour toute question sur cette méthode en cliquant sur l'onglet Contact.

     


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  • MS : 26 fois 26 icônes (1)

    Nos élèves de MS ont habituellement atteint le stade où, lorsqu'on voit une représentation en deux dimensions d'un élément réel connu (dessin représentatif, photographie, film), on la reconnaît immédiatement.

    Par ailleurs, ils approchent, à pas comptés, rien ne presse, de la Grande Section et des deux immenses découvertes qu'elle va leur dévoiler :

    • le code alphabétique et ses 26 symboles totalement abstraits qui permettent de tout dire et tout entendre, juste à l'aide des yeux ou des mains,
    • le code numérique et ses 10 symboles grâce auxquels ils pourront tout dénombrer et tout transmettre ou garder en mémoire.

    Entre ces deux stades, nous allons en introduire deux, successivement. Le premier, celui que je vous propose ci-dessous, consiste à associer à chaque photographie un élément déjà plus abstrait, le plus souvent en noir et blanc, sauf quand la couleur est un élément nécessaire à la compréhension (salade verte, par exemple).

    Cette nouvelle étape, destinée aux élèves de MS, permet de commencer à inverser l'ordre d'importance des prérequis travaillés :

    Premier pré-requis : la discrimination visuelle

    Ce nouveau matériel vise à contraindre le tout jeune élève à pousser plus loin l'analyse de l'image observée, pour en retirer des éléments pertinents moins perceptibles à première vue.

    Nous sommes typiquement dans le cas de la compétence large, à affiner sans cesse de la TPS à l'âge adulte, par petites touches, toujours plus fines et plus appuyées.
    Cette compétence, menée à son terme, amènera le futur critique d'art qui sommeille sans doute dans l'un ou l'autre de nos élèves à distinguer la période à laquelle tel peintre a produit tel tableau. Mais, et c'est plus urgent, elle prépare aussi les futurs élèves de CP à reconnaître la lettre h de la lettre k (mais pas de la lettre y ; pour celle-ci, prière de se rapporter, comme pour la distinction des lettres p, b, d, q aux séances d'éducation motrice, d'arts plastiques et de structuration de la pensée...), la lettre m de la lettre n, la lettre g de la lettre q ou encore, pour ce qui est de l'écriture cursive, la lettre a de la lettre o...

    Deuxième pré-requis : communiquer, s'exprimer, utiliser le langage, le comprendre

    Cette analyse visuelle effectuée, sur 5 éléments d'un coup, les élèves communiquent leurs observations en s'exprimant par oral.

    Ils utilisent le langage toujours pour raconter, décrire et évoquer mais plus encore pour expliquer, questionner, proposer des solutions et discuter un point de vue :

    • Ils ont reconnu l'âne à ses grandes oreilles, le poney à son corps ramassé et à ses longs poils et crins...
    • La vache et la chèvre ont toutes deux des cornes mais la première est plus trapue, elle a le museau carré et une longue queue...
    • L'abeille est plus foncée que la guêpe, mais comme elles se ressemblent beaucoup en réalité, leurs deux icônes se ressemblent aussi énormément...

    Cette analyse à voix haute des critères de distinction parfois plus « intellectuels » que « visuels » les conduit naturellement, tous, d'où l'intérêt de travailler sur de courtes durées, mais en grand groupe et tous les jours, vers le troisième pré-requis, celui qui, bientôt, deviendra à son tour premier.

    Troisième pré-requis : vers le symbole analogique mais pas encore conventionnel

    Car, là aussi, les élèves avancent. L'exemple de l'abeille et de la guêpe le prouve.

    Au fur et à mesure des séries, ils progressent dans la synthèse des observations qu'ils ont analysées ensemble. La vue seule n'est plus efficace, elle a besoin de la réflexion, des échanges entre pairs et du transfert effectué depuis une culture commune.
    Ce sera flagrant avec le domaine de l'école où chacun des lieux est évoqué par un ou plusieurs de ses éléments sans être pour cela représenté comme le plan d'un espace réel :

    • la classe, c'est un tableau et des élèves assis (pas facile de trouver quelque chose de plus « école maternelle » hélas...)
    • le vestiaire, une rangée de vêtements suspendus
    • la cour de récréation, un ensemble de jeux d'extérieur
    • la salle de motricité, deux gymnastes utilisant cerceau et tapis
    • le dortoir, deux lits
    • la salle de propreté, une cuvette de WC

    Nous retrouverons cette même représentation épurée du réel, déjà presque abstraite, pour les activités qui se pratiquent en classe :

    • la dînette, représentée par un couvert complet
    • la bibliothèque, symbolisée par un lecteur
    • la chambre des poupées, où un grand personnage en change un petit
    • la peinture, avec son pinceau et sa palette
    • le modelage, que le potier réalise... bien loin, j'espère, de ce que vous encouragez vos élèves à réaliser eux-mêmes...

    Toutes ces représentations, en route vers une déconnexion de la réalité concrète, vont amener les élèves vers l'étape suivante, qui commencera à la série n° 20 : de l'icône réaliste au symbole abstrait « savant » qui nécessite une transmission de celui qui sait vers celui qui apprend.
    Nous serons alors en fin de MS où il ne restera plus à découvrir qu'une dernière synthèse des éléments analysés, celle qui s'engagea dans l'invention et l'enrichissement des idéogrammes chinois ou des hiéroglyphes égyptiens : l'association de deux ou plusieurs symboles permet de dire autre chose, tout en restant compris de tous.

    Cette dernière avancée conduisit directement, en Europe et en Asie mineure, vers le chemin choisi pour instaurer un code commun de communication écrite : l'alphabet qui, grâce à la combinaison de quelques symboles (moins de 50), permet des milliers de combinaisons différentes, toutes porteuses de sens.

    Grâce à ce travail préparatoire, nos élèves seront alors prêts, après les révisions d'usage en début de GS, à aborder enfin, pour les comprendre et les utiliser réellement et sans avoir à jouer les Champollion à l'envers, les 26 symboles qui leur auraient apporté si peu de satisfaction si nous les leur avions fait ronronner à vide pendant deux interminables années scolaires.

    Ajouts à la progressamation :

    Attention, attention : l'éducation d'un enfant de maternelle étant éminemment globale, il ne s'agit pas de faire de cet exercice un objet hors-sol qu'on n'évoque jamais au cours de la journée de classe, en dehors des moments « ritualisés » qui y sont consacrés. 

    En plus de l'accès libre aux cartes des séries, il convient de réemployer de manière vivante le vocabulaire étudié.
    Cela pourra avoir lieu, le plus souvent possible, sans insister cependant pour que cela reste naturel et réellement vivant, dans les domaines suivants :

    • lecture offerte de contes, récits, documentaires, poèmes, comptines, ...
    • coins-jeux de la classe
    • jeux sportifs : galoper comme le cheval, sauter comme le lapin, etc.
    • explorer le monde : étudier de près un objet, un animal, une action tous ensemble pour comprendre ce qui se passe, comment ça marche, etc. 
    • arts plastiques : difficile de faire représenter ces éléments en TPS, PS et début de MS par le dessin ; peu d'intérêt à donner des modèles à reproduire (comme pour les lettres et les chiffres, les prérequis spatiaux et moteurs ne sont pas encore installés) ; en revanche, l'observation d'une œuvre d'art par semaine permettra d'évoquer le vocabulaire acquis et de le réemployer ; on pourra, ponctuellement, essayer avec les MS au moins d'obtenir des représentations par le dessin d'objets ou d'animaux simples à dessiner : escargots, tortues, cuillers, pantalons, bonnets, etc.
    • chant, musique : le répertoire musical pour les tout-petits est très fourni et évoque bien souvent ce vocabulaire de base ; l'apprentissage par cœur (et en chœur avec l'enseignant pour le moment) de chants et de comptines aide sans aucun doute à garder plus facilement en mémoire des termes peu usités dans la vie quotidienne...

    Je ne serai pas plus bavarde pour aujourd'hui et vous dévoilerai, enfin, me direz-vous, les 5 premières séries d'icônes pour la MS. Bon plastifiage !

    Télécharger « 26 x 26 icônes (1).pdf »

    Dans la même série :

     PS/MS : 26 fois 26 symboles (1)

    PS/MS : 26 fois 26 symboles (1bis)

    ...

    PS/MS : 26 fois 26 (2)

    PS/MS : 26 fois 26 (3)

    PS/MS : 26 fois 26 (4)

    PS/MS : 26 fois 26 (5)


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  • PS/MS : 26 fois 26 symboles (1)

    Comme je l'avais promis, voici les cinq premières séries avant la rentrée (bon courage à toutes et à tous).
    Je remets la première ainsi que le sommaire, qui a évolué, et les consignes d'utilisation, que j'ai considérablement enrichies. Pour les objectifs généraux du projet et la réflexion qui le sous-tend, prière de se reporter au premier article dont vous trouverez la référence en bas d'article.

    Au sujet des consignes d'utilisation, je vous demanderai de bien vouloir vous pencher sur les consignes 12 et 13 pour lesquelles je serai heureuse de bénéficier d'un peu d'aide. Si vous connaissez une banque de symboles, tous du même style pour que l'ensemble ait un peu d'harmonie, par exemple, ou si vous savez comment, simplement, transformer chaque photo en un élément noir et blanc, entouré de blanc, je serai ravie de me charger du travail et de le mettre en ligne une fois prêt.

    En attendant, voici les 5 premières séries dans leur version « photographies ». N'oubliez pas de m'envoyer vos retours si vous commencez à vous en servir en classe.
    Au fait, j'ai oublié d'expliquer l'autre jour : c'est pas plus de cinq à dix minutes, mais tous les jours, toujours au même moment de la journée, avec tous les enfants réunis et attentifs – à la place de la date et de la liste des absents, par exemple (j'dis ça, j'dis rien...) – comme un, pourtant je n'aime pas le mot, « rituel »...
    Autre petit ajout : Sachant qu'on présente une à deux cartes par jour, chaque série dure environ 13 à 25 jours de classe, à raison de 5 à 10 minutes par jour. Penser à faire parler les plus faibles parleurs et, comme je l'indique souvent, à consulter la conférence de Pierre Péroz sur le langage et la pédagogie de l'écoute en maternelle pour voir comment on mène un débat où tous participent.

    Bon travail !

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    Dans la même série :

     PS/MS : 26 fois 26 symboles (1)

    ...

    MS : 26 fois 26 icônes (1)

    PS/MS : 26 fois 26 (2)

    PS/MS : 26 fois 26 (3)

    PS/MS : 26 fois 26 (4)

    PS/MS : 26 fois 26 (5)


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  • PS/MS : 26 fois 26 symboles

    PS/MS 

    Bien parler, bien reconnaître, bien analyser
    ou
    Langage oral – Discrimination visuelle – Compréhension des représentations symboliques

    en vue de préparer l’enfant à :

    Reconnaître les lettres de l’alphabet dans leur trois écritures

    Premier prérequis :

    Avant l’âge de cinq ans, en PS et MS, il n’est pas encore question d’apprendre à lire. En revanche, il peut déjà être question de s’y préparer, tout en douceur, en commençant par le plus indispensable : la capacité à s’exprimer par le langage et celle à comprendre celui d’autrui. C’est ce qui, dans les Programmes pour l’École Maternelle de 2015, est précisé dans les « Attendus de fin de cycle » suivants :

    - Communiquer avec les adultes et avec les autres enfants par le langage, en se faisant comprendre.

    - S’exprimer dans un langage syntaxiquement correct et précis. Reformuler pour se faire mieux comprendre.

    - Pratiquer divers usages du langage oral : raconter, décrire, évoquer, expliquer, questionner, proposer des solutions, discuter un point de vue.

    - Comprendre des textes écrits sans autre aide que le langage entendu.

    Vous conviendrez tous avec moi que pour ce faire, le langage doit nécessairement être riche et le lexique le plus large possible. D’où le rôle de l’école : apporter des mots et des structures de phrases en quantité et veiller à ce qu’ils soient retenus et utilisés couramment par tous, à tout instant.

    Deuxième prérequis :

    Le deuxième prérequis à favoriser sur le long terme est l’éducation de l’œil : passer du regard qui effleure les choses et les gens, sans jamais se fixer, à une observation précise, structurée par des repères spatiaux d’abord intuitifs puis, progressivement, de plus en plus conscients et intellectualisés.

    Sans ce travail, l’enfant aura de la peine à suivre du regard une ligne d’écriture, à en distinguer les éléments proches et, du fait de ces difficultés, risque de s’en désintéresser. Nous retrouvons ces capacités dans les programmes en consultant les « Attendus » suivants :

    - Classer des objets en fonction de caractéristiques liées à leur forme.

    - Situer des objets par rapport à soi, entre eux, par rapport à des objets repères.

    - Utiliser des marqueurs spatiaux adaptés (devant, derrière, droite, gauche, dessus, dessous…) dans des récits, descriptions ou explications.

    Tout cela est bien succinct et ne tient pas vraiment compte de la synergie à mettre en œuvre pour que chacun se construise, au mieux de ses capacités, et passe du petit enfant qui balbutie quelques mots et voit sans voir au jeune élève au lexique riche et à l’attention visuelle soutenue, prêt à comprendre et apprendre le code en vigueur pour transformer l’oral en écrit.  

    Troisième et dernier prérequis :

    Heureusement, dans les programmes, bien que placé hors de la partie « Programmes et  attendus de fin de cycle », le dernier des prérequis dont j’aimerais vous parler ― l’habitude à raisonner sur ce qu’on voit, entend et manipule ― est un peu mieux explicité. Cette aptitude est une compétence large qui touche tous les domaines du développement humain et le caractérise.

    Contrairement à l’organisme unicellulaire qui vogue au gré des courants, l’être humain dès ses premiers jours d’existence, tend à perfectionner ses sens pour entrer en communication mais aussi analyser son environnement. Cette analyse lui permet, dès qu’il a assez de « matériaux », de pratiquer une synthèse des éléments recueillis afin d’aménager cet environnement proche pour y vivre de manière la plus satisfaisante possible. Les réponses que lui donneront son environnement affecteront la quantité d’éléments recueillis, la profondeur de son analyse et conditionneront le degré d’avancement de la synthèse pratiquée, déjà bien avant son entrée à l’école.   

    C’est pourquoi, avant même d’exposer les cinq domaines d’apprentissage, le Bulletin Officiel rappelle que l’école maternelle doit forcément être une école qui s’adapte aux jeunes enfants et qu’elle doit le montrer au quotidien en tenant compte de leur développement de manière à pouvoir les entraîner à apprendre en jouant, en réfléchissant et en résolvant des problèmes, en s’exerçant, en se remémorant et en mémorisant.

    Hélas, en plus de toutes ces bonnes choses, voici que notre Bulletin Officiel se met à dérailler et qu’il occulte complètement le problème des petits enfants qu’un aménagement précaire du milieu n’a pas encore amenés à collecter puis analyser au moins quelques données relatives à la représentation symbolique. Cette capacité, qu’eux n’ont pas encore, à comprendre qu’à un signe visuel, auditif, tactile ou même olfactif unique correspond une chose, une action ou une qualité unique, permet à leurs camarades dès les premiers jours d’école d’avoir accès aux nombreux symboles qui jalonnent ce nouvel univers.

    Et que propose le programme à ce sujet ? Trouvons-nous une seule occurrence de l’expression « représentation symbolique » ? Non. Heureusement, la recherche du mot « symbole » nous permet d’inscrire dans notre cahier journal que l’activité que nous prévoyons quotidiennement ou presque correspond bien à une compétence large, rétrécie pour l’occasion à un seul domaine, mais bel et bien incluse dans un « attendu de fin de cycle » :   

    - Mobiliser des symboles analogiques, verbaux ou écrits, conventionnels ou non conventionnels pour communiquer des informations orales et écrites [sur une quantité].

    Pour élargir le problème au domaine du langage, il nous suffira d’admette que, si la symbolisation écrite des mots exprimant une quantité peut être provisoirement « libre » et ne pas dépendre de l’utilisation du code conventionnel (les chiffres), nous pouvons aussi raisonnablement penser que cela est valable pour la désignation écrite de tous les autres mots ou symboles.

    Cela nous permettra d’expliquer pourquoi nous avons choisi de ne pas entamer l’étape ultime de la désignation codée visuelle si tôt et sur des enfants encore si peu concernés. Nous attendrons la dernière année du Cycle 1 (la GS) pour mettre en place puis atteindre cet « attendu de fin de cycle », encore bien trop déroutant pour de jeunes enfants dont l’environnement extérieur a bien peu préparé le terrain pour leur permettre de facilement :

    - Reconnaître les lettres de l’alphabet et connaître les correspondances entre les trois manières de les écrire : cursive, script, capitales d’imprimerie.

    « Progressamation[1] » :

    Bien que n’amenant pas directement à un « apprentissage fondamental savant », notre travail sera pourtant d’une importance capitale, puisqu’il s’agira de rendre nos élèves aptes à découvrir, mémoriser et retenir ces 26 symboles sans fatigue ni efforts inconsidérés ! Comme un jardinier qui ne se contente pas de jeter 26 graines à la volée en attendant qu’elles germent, croissent et produisent des fruits, nous travaillerons en amont de ces 26 symboles. Notre tâche visera à construire et élargir la représentation symbolique en pratiquant  au quotidien langage oral[2], discrimination visuelle et compréhension des représentations symboliques.

    Le premier symbole visuel que l’être humain a utilisé semble être la représentation figurative par le dessin. Ce mammouth dessiné sur la paroi de rocher, cette main plaquée comme un pochoir représentent l’un un mammouth réel absent et l’autre une trace pouvant tenir lieu de preuve de sa présence en ce lieu mais en d’autres temps... Nos petits enfants de TPS ou de PS mais aussi parfois de MS n’ont pas encore les capacités à s’exprimer par l’intermédiaire de ce médium. Il arrive même qu’ils ne le « voient » pas ou ne le reconnaissent pas, soit par faute de connaissances ou de vocabulaire, soit parce c’est à l’école qu’ils voient leurs premières représentations visuelles en deux dimensions.

    À tous ces enfants-là, nous allons apporter des mots pour enrichir leur langage et pouvoir ainsi comprendre et communiquer. Ces mots, nous allons les représenter par l’image qui sera le vecteur d’une première représentation symbolique. Plus tard, nous ajouterons à ces images d’autres symboles, moins proches du réel transmis par une photographie en couleurs, et nous combinerons ces symboles pour communiquer entre nous. Nous en serons alors aux dernières semaines de la MS et nous aurons préparé nos élèves à collecter, analyser et synthétiser facilement 26 autres symboles : ceux de notre alphabet latin.

    Voici la première série de 26 et le mode d’emploi des 18 premières séries. Les mots qu’elles proposent de retenir si, en plus de ce petit jeu quotidien et de la mise à disposition dans un atelier dédié des cartes qui composent le matériel, l’enseignant s’attache à lire de nombreux albums, faire apprendre de nombreux chants, comptines et poèmes, proposer des activités plastiques qui réutilisent, tout au long de l’année scolaire, les mots de ces séries. Le lexique qu’elles proposent passera du statut de vocabulaire passif à celui de vocabulaire actif, immédiatement mobilisable en cas de besoin. Elle permettra à nos futurs (mais encore lointains) lecteurs d’être prêts non seulement à mémoriser les 26 lettres de l’alphabet dans leurs trois écritures mais aussi de combattre dès la racine les difficultés d’accès au sens, directement issues des carences de vocabulaire ou de difficultés de représentation mentale des enfants qui arrivent à l’école élémentaire.

    Suivront bientôt les séries suivantes et, à partir de la dix-neuvième, les consignes complémentaires de mode d'emploi.

    Télécharger « 26 fois 26 symboles (1).pdf »

    Dans la même série :

    ... 

    PS/MS : 26 fois 26 symboles (1bis)

    MS : 26 fois 26 icônes (1)

    PS/MS : 26 fois 26 (2)

    PS/MS : 26 fois 26 (3)

    PS/MS : 26 fois 26 (4)

    PS/MS : 26 fois 26 (5)

    Notes :

    [1] Petit néologisme inventé par une amie qui, comme moi, peine à comprendre l’importance des mots « programmation » et « progression » et considère qu’après tout, le nom sur le flacon importe peu du moment que le contenu y est. et qu'il est riche et fécond.

    [2] Dont la fréquentation orale du langage écrit sous la forme de lectures offertes et de dictées à l’adulte.


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  • C2 : Questionner le Monde (2)

    Pas facile d'illustrer ce vaste domaine quand on se dit qu'on va parler d'équilibre...

    Quand sur deux moteurs de recherche différents, j'ai tapé « questionner le monde cycle 2 », j'ai eu de tristes tableaux, des couvertures de manuels et... des enfants en train de se brosser les dents !
    Quand j'ai demandé « enfants regardant le monde », j'ai eu comme suggestions : des enfants regardant une télévision, des enfants regardant une tablette numérique, des enfants regardant un écran d'ordinateur !
    Alors, j'ai demandé « enfants lisant un plan », et je les ai eus à nouveau devant un écran...

    En désespoir de cause, puisque les trois thèmes de Sciences (partie consacrée au Vivant) se rapportent aux aliments, j'ai demandé « atelier cuisine école primaire » et, après quelques photos de tout-petits de maternelle, j'ai eu cette photo d'enfants qui pourraient éventuellement être déjà au CP...Mais cela ne me convient pas et illustre très mal le contenu de ce deuxième livret.

    J'aurais voulu trouver une illustration de l'équilibre à trouver :

    • entre les différents thèmes abordés et le temps qu'on y accordera : 3 pour la Matière et les Objets techniques, 3 pour le Vivant, 3 pour l'Espace et 3 pour le Temps ;
    • entre les différents moments de la démarche : questionner – observer – expérimenter – décrire – raisonner – conclure ;
    • entre les propos des enfants et ceux de l'enseignant ;
    • entre les connaissances et les savoir-faire à acquérir ;
    • entre les apports disciplinaires et les liens interdisciplinaires qu'ils permettent.

    Il n'y en avait pas, donc vous imaginerez que tout en pétrissant leurs pâtons de pain, les enfants de la photo ont été amenés à décrire ce qu'ils faisaient, sentaient, touchaient, voyaient et que leur enseignant faisait en sorte que le dialogue soit constructif et instructif.

    Et cela illustrera, comme pour le premier livret, les séances « clés en main » de ce livret avec lequel vous élèves étudieront Sciences, Technologie, Géographie et Histoire (ou, si vous préférez Matière, Objets techniques, Vivant, Espace et Temps). 
    Chacune de ces « leçons », certainement pas frontales, est à mener en deux séances de 45 à 60 minutes ; elle amène les élève à la connaissance par l'observation, l'action et l'expérimentation mais aussi, et c'est fondamental, dans le but de déboucher sur la description, le raisonnement et de dégager une conclusion, certes partielle, mais scientifiquement juste, ce qui justifierait un changement de titre puisque le but est d'Apprendre le Monde plutôt que simplement le questionner.

    J'espère qu'il servira à certains d'entre vous et que vos élèves et vous-mêmes découvrirez grâce à lui la joie de « faire des sciences, de la techno, de la géo et de l'histoire » dès le Cycle 2, de manière active et exigeante, ludique et instructive, vivante et enrichissante.

    Nota Bene :
    1) Ce livret est prévu pour être étudié en Période 2 (mois de novembre et décembre) mais il peut très bien l'être en Période 3 (mois de janvier et février).
    2) La plupart de ses documents et les questionnements qui y sont associés sont facilement transférables en Grande Section.

    Merci au blog Manuels anciens, dans lequel j'ai puisé mon inspiration et de nombreux savoir-faire oubliés.

    C2 : Questionner le Monde (2)

    Meilleurs vœux pour l'année 2018 à tous mes lecteurs, aux élèves des écoles maternelles et élémentaires, ou scolarisés à domicile, à l'école qui a bien besoin de soutien actuellement, à ma famille et mes amis, à ce blog et à moi-même, qui désespère souvent de ne pas arriver à faire plus, mieux et à le diffuser !

    Manuel de l'élève :

    Télécharger « Nov-Déc.pdf »

    Guide pédagogique :

    Télécharger « Guide pédagogique 2.pdf »

    Dans la même série :

    C2 : Questionner le Monde (1) C2 : Questionner le Monde (2) ; C2 : Questionner le Monde (3) ;C2 : Questionner le Monde (4) ;C2 : Questionner le Monde (5)

    Bien que Noël soit déjà passé, mais parce que l'époque des commandes approche, n'oubliez pas :

    Y aura-t-il de la pédagogie pour Noël ?

    CP : Mon enfant ne déchiffre pas

    Je vous les envoie sans frais de port au tarif auquel mon éditeur me les vend.


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