• CP : Écrire et Lire au CP - Guide pédagogique
    Merci à Xavier Laroche pour cette illustration tirée du Livret 1 de la méthode Écrire et Lire au CP.

    Quelques conditions ayant changé depuis la rédaction du Guide Pédagogique correspondant à la méthode Écrire et Lire au CP, j'ai apporté quelques modifications aux premières pages.
    Par ailleurs, de nombreux collègues me demandant que je le leur envoie, j'ai trouvé plus simple de le mettre directement en ligne, pour eux, bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui aimeraient le consulter facilement.

    Pour ceux qui ont lu l'ancienne version, vous remarquerez que j'ai supprimé les saucissonnages de séances qui m'avaient été imposées, préférant proposer aux collègues qui ont peur que leurs élèves ne puissent suivre le rythme de démarrer l'année par deux ou trois semaines d'Alphas ou de Petit Manuel Alphabétique, accompagné, et cela est nouveau, par les exercices proposés par Laurence Pierson dans le premier cahier la toute nouvelle collection : Mes cahiers d'écriture, édité chez MDI.

    CP : Écrire et Lire au CP - Guide pédagogique

    Quant aux courageux, qui, en lecture, oseront tenter le challenge et se résoudront à « supporter quelques chenilles » (et approximations de début d'apprentissage) afin d'être sûrs de « connaître les papillons », je m'engage à les aider via ce blog ou des correspondances privées (onglet Contact) à les aider, tout au long de l'année scolaire à mettre en œuvre la méthode, telle qu'elle est décrite dans ce livre du maître.

    Ils verront ainsi jour après jour qu'elle répond à tous les critères qui font d'elle une méthode qui, loin d'être une méthode mixte, au sens où on l'entend désormais, répond à chacun des grands principes qui, selon S. Dehaene, doivent systématiquement guider les débuts de l’enseignement de la lecture. L’objectif est de permettre à l’enfant d’automatiser rapidement les procédures d’identification et de reconnaissance des mots écrits, afin de libérer des ressources cognitives qu’il pourra utiliser pour bien comprendre ce qu’il lit, et devenir ainsi un lecteur autonome, qui lit pour apprendre, et pour son plaisir :

    • Enseignement explicite du code alphabétique :
    1. Correspondance graphème/phonème
    2. Combinatoire des lettres (ou des graphèmes)
    3. Mobilité des lettres (ou des graphèmes)
    4. Correspondance spatio-temporelles (grâce à l'usage des flèches recommandée par Mme S. Borel-Maisonny)
    5. Discrimination des lettres « en miroir »
    • Progression rationnelle :
    1. Régularité des relations graphèmes/phonèmes
    2. Fréquence des graphèmes et des phonèmes
    3. Facilité de prononciation des consonnes isolées
    4. Complexité de la structure syllabique
    5. Inséparabilité des graphèmes complexes
    6. Lettres muettes
    7. Fréquence des mots
    8. Rôle des morphèmes
    • Apprentissage actif associant lecture et écriture
    • Transfert de l'implicite vers l'explicite : la démarche d'analyse-synthèse correspond exactement à ce principe
    • Choix rationnel des exemples et des exercices : 
    1. Concordance avec l'enseignement
    2. Proscription des erreurs : pas de pseudo-mots
    3. Distinction entre le nom et le son des lettres
    4. Variété des exemples et des exercices
    • Engagement actif, attention et plaisir : contexte motivant, exercices d'analyse puis de synthèse rapides, sans grande difficulté, attrayants.
    • Adaptation au niveau des enfants : selon le principe de la méthode des petits pas (préparer longtemps en amont pour nourrir l'intuition, dégager l'implicite, le rendre explicite, entraîner, consolider en reprenant souvent et en intégrant chaque nouvelle donnée au corpus existant).

    Télécharger « Guide pédagogique + manuel alphabétique.pdf »

    Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la méthode, en bonus, les premières leçons :

    Nota Bene 

    J'envoie, en prenant en charge les 4,80 € de frais de port (France Métropolitaine), les deux livrets de la méthode Écrire et Lire au CP, à toute personne qui m'en fait la demande. Chaque livret coûtant 6,50 €, je ne les enverrai pas séparément.

    Au sujet de cette méthode de lecture :  

     

    Bientôt l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • PS/MS : 26 fois 26 (3)

    Nouvelles séries d'images à dire,

    ... d'images à comprendre, pour passer en douceur de ce que les enfants voient et touchent réellement du doigt en classe ou à la maison, sur de vrais objets ou des jouets les représentant, à ce qu'ils ne peuvent que voir et concevoir, à partir de représentations en deux dimensions de plus en plus épurées.

    Si les MS ont déjà eu l'occasion de travailler avec les dix séries précédentes, ils savent déjà qu'à un mot correspond un symbole, quel que soit le contexte dans lequel ce mot est employé.
    Ils retrouveront ce concept ici, même si j'ai parfois préféré distinguer la personne qui travaille du lieu où elle travaille, peut-être aussi pour éviter que les enfants désignent une infirmière par un laconique « hôpital » ou qu'il ne distingue pas le maçon du chantier où il travaille.

    Comme nous avançons dans l'année scolaire, les symboles s'épurent et un simple pain désigne la boulangerie tout entière, comme un gâteau désigne la pâtisserie et une escalope, la boucherie.
    L'enseignant prendra garde à bien faire verbaliser tout cela par les élèves :

    « Ils nous ont donné un pain comme symbole, parce que dans une boulangerie, le boulanger ou la boulangère fabriquent et vendent du pain.
    - Dans une crèche, il y a des bébés, alors si nous voyons le symbole du bébé, cela veut dire crèche.
    - La flèche qui entre dans un carré, ça veut dire qu'on entre, alors c'est le mot « entrée » que ce symbole représente. »

    Toujours parce que nous avançons dans l'année scolaire, les thèmes abordées se diversifient en s'éloignant parfois assez loin du domaine connu d'un enfant de 3 à 5 ans.
    C'est pourquoi on peut provisoirement ou carrément écarter certaines séries. Ici, par exemple, si les enfants n'ont pas travaillé par ailleurs la notion de pays froids, ne leur présentez pas, surtout en Petite Section, la série 14.
    En revanche, si vous la présentez, à une classe de Moyens, par exemple, n'hésitez pas à vous servir des 26 cartes, quitte à prendre un peu de temps pour expliquer la distinction entre un pingouin et un manchot, à faire connaître l'eider, dont les plumes servirent longtemps à remplir des « couettes » connues pour cela sous le nom d'édredon, à leur présenter le lièvre variable, le renard polaire et l'hermine dont ils seront intrigués de savoir qu'ils changent de couleur selon les saisons, roux l'été et blancs l'hiver, pour mieux se confondre avec leur environnement,  à faire remarquer les subtiles différences entre le saumon et la truite.
    Je continue en effet à être persuadée que, bien plus que grâce aux CP de 12 élèves, les enfants de REP et REP+ bénéficieront largement de l'école quand celle-ci leur apportera les mots pour parler, mais aussi pour comprendre le monde. Soyons ambitieux pour eux, dès le plus jeune âge, et ils dépasseront largement le niveau que nous leur avions fixé !

    Le tout est de ne pas les écœurer avec de longs discours, des digressions sans fin sur le sujet, des contrôles tatillons de leurs connaissances, de leur prononciation et de leur comportement.
    Quelques mots rapides, une répétition par toute la classe, puis par quelques enfants choisis en fonction de leurs facilités mais aussi de leurs difficultés, sans insister lourdement, en félicitant beaucoup, quelques retours en arrière, cela suffit pour occuper les cinq à dix minutes quotidiennes à consacrer au projet « Au commencement était l'image... ».

    Avec cette série « Animaux des pays froids », nous pourrions avoir par exemple :

    - Aujourd'hui, je vais vous présenter une nouvelle série d'images. Ce sont celles d'animaux vivant dans des pays où il fait si froid que la neige et la glace restent très longtemps, presque tout l'automne, mais aussi l'hiver tout entier et encore presque tout le printemps. Il y en a même où ça ne fond jamais et où, même l'été, il y a de la neige et de la glace.
    - C'est au Pôle Nord !
    - Oui, très bien. Et au Pôle Sud aussi. Comme vous êtes grands et forts, je vais vous montrer plusieurs images et nous nous arrêterons quand nous rencontrerons un animal que je suis seule à connaître. Allons-y.
    - Un ours blanc. Il vit dans la neige tout le temps.
    - Sur la banquise.

    - Oui, c'est un ours blanc. Nous répétons ?
    - Un ours blanc. 
    - On dit aussi un « ours polaire ».
    - Tu as raison. Nous répétons « un ours polaire » ?

    - Un ours polaire.
    - Et celle-ci ?
    - Des pingouins !
    - Oui, ce sont des pingouins. Nous répétons ?
    - Des pingouins.
    - Répétons les deux. Un ours polaire... des pingouins...
    - Un ours polaire... des pingouins.
    - Et celle-ci ?

    - Encore un pingouin ?
    - Non... Regardez bien... Ces animaux se ressemblent mais ne sont pas exactement semblables. Cherchez les différences.
    - Le nouveau a du jaune au bec et sur les joues.
    - Les pingouins ont des ailes plus grandes.
    - Les ailes du nouveau sont toutes petites.
    - Il a un bec plus long et plus pointu.
    - Parfait. Celui-ci est un manchot. Il vit au Pôle Sud, dont nous parlions tout à l'heure. Le pingouin vit au Pôle Nord ; avec ses grandes ailes, il vole. Le manchot ne vole pas, ses ailes sont trop petites. Des pingouins ici... un manchot, là... Nous répétons ?
    - Des pingouins... un manchot...
    - Qui peut nous le répéter tout seul ? Alex ?... Très bien. Bilal ? Des pingouins... un manchot... répète... Parfait... Plus difficile maintenant. Les trois images. Nous répétons ensemble : un ours polaire... des pingouins... un manchot...
    - Un ours polaire... des pingouins... un manchot...
    - Nous allons le faire répéter à Camelia, maintenant... Vas-y Camelia, n'aie pas peur... Un ours polaire... Oui, très bien... Des pingouins... Bravo !... Et là ? Tu te souviens ?... Un manchot, à toi, essaie : man-chot... Magnifique ! [Même si Camelia n'a rien dit... Vous, vous l'avez entendue... ]
    - Attention... Petit jeu pour finir... Je les mélange et je prends celles-ci que j'ai prises dans les séries que nous avons déjà et je vous en montre une... Attention, je commence !
    - Un manchot !
    - Parfait ! Une autre...
    - Une belette !
    - Oui, très bien. Celle-ci ?
    - Des pingouins...
    - Mais vous êtes trop forts pour moi. Je n'arriverai pas à vous faire perdre... Encore une !
    - Une abeille !... Non, une guêpe, elle a des rayures...
    - Oh, j'ai encore raté !... Zut alors... Bravo à vous ! Une dernière...
    - Un ours blanc !
    - Un ours polaire !
    - C'est pareil, on dit un ours blanc ou un ours polaire... Hein, maîtresse ?
    - Oui, très bien. Je vous félicite tous. Nous redisons les cinq tous ensemble ? Et puis nous passerons à autre chose... Allons-y... Un ours polaire... Une guêpe... une belette... un manchot... des pingouins...
    - Des pingouins qui volent ! Pas comme le manchot avec ses petites ailes.

    Les images pour TPS - PS - MS :

    Télécharger « 26 fois 26 symboles (3).pdf »

    Et les icônes pour aller plus loin avec les MS :

    Télécharger « 26 x 26 icônes (3).pdf »

     N'oubliez pas de différencier les cartes de chaque série par un petit symbole au verso, à moins que vous ne préfériez changer de couleur de support à chaque nouvelle série. Ce sera plus pratique pour le rangement quand les élèves auront « bien joué » avec les séries laissées à leur disposition...

    Dans la même série :

     PS/MS : 26 fois 26 symboles (1)

    PS/MS : 26 fois 26 symboles (1bis)

    MS : 26 fois 26 icônes (1)

    PS/MS : 26 fois 26 (2)

    ...

    PS/MS : 26 fois 26 (4)

    PS/MS : 26 fois 26 (5)

    Une émission intéressante :

    À écouter si on veut se former afin que l'école maternelle reste citée quand on parle d'acquisition du vocabulaire par le petit enfant :

    France Culture : Comment enrichir le vocabulaire des enfants

    Tout n'est pas bon à prendre mais F. Ramus, bien qu'il préfère parler de « professionnel » plutôt que de « professeur des écoles », est très intéressant et parle d'or sur l'acquisition du vocabulaire et sur l'apprentissage de la lecture des plus grands.

    Bientôt l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Le payant :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Et le gratuit :

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • C2 : Questionner le Monde (3)

    L'année scolaire avance. Si nous n'avons pas pris trop de retard, nous sommes au cœur de l'hiver. Notre manuel à tout faire en profite pour s'intéresser au froid, à la glace, à la haute montagne où certains de nos élèves iront peut-être bientôt.

    Comme l'époque se prête peu au jardinage et aux sorties, en sciences, il se concentre sur l'étude du corps humain et les matériaux et outils de construction.
    L'histoire continue à défiler chronologiquement finissant de balayer rapidement les mille années du Moyen Âge. Le guide du maître, prudent, conseille de veiller à contextualiser la vie quotidienne et les croyances pour éviter préjugés, les stéréotypes et anachronismes.
    La géographie est toujours guidée par l'observation et aborde maintenant les différents types de reliefs. Les élèves de CE2 rapprochent leurs observations sur le terrain ou les photographies de celles qu'ils peuvent faire sur la carte de France ; ils commencent à fréquenter des noms de lieux, de régions, de massifs montagneux...

    La méthode ne change pas, les attendus non plus, il vous suffira donc de lire ou relire les deux premiers articles pour comprendre pourquoi et comment utiliser cette méthode, en classe ou en famille.

    La troisième période :

    Télécharger « Janv-Fév.pdf »

    Le guide pédagogique correspondant :

    Télécharger « Guide pédagogique 3.pdf »

    Dans la même série :

    C2 : Questionner le Monde (1) C2 : Questionner le Monde (2) ; C2 : Questionner le Monde (3) ; C2 : Questionner le Monde (4) ; C2 : Questionner le Monde (5)


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  • CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (4)
    Merci à Sophie Borgnet pour son adverbe qui aide le verbe

    Séquences pédagogiques d'hier (ça ne s'appelait pas comme ça) et d'aujourd'hui :

    Je lisais récemment sur Twitter, grâce à un collègue que je remercie au passage, qu'en classe nous étions progressivement passé de 20 % du temps consacré à la découverte de la notion, ce qui permettait de réserver 80 % de ce temps à l'entraînement et au réinvestissement, jusqu'à désormais utiliser 80 % de la durée d'une séquence pédagogique à la découverte (ou pas...), suivie de seulement 20 % du temps pour pratiquer la dite notion.

    C'est ce que j'ai cherché à éviter en rédigeant ce guide pédagogique (livre du maître, ou tout ce que vous voulez). 

    J'ai tenté de bannir ces séances interminables où après avoir découpé, promené, déplacé des étiquettes et écouté l'émission d'hypothèses les plus farfelues, nous réussissons finalement, vaille que vaille, à faire dire aux élèves qui sont encore présents intellectuellement et ne se sont pas encore mis à jouer avec leurs crayons, leurs ciseaux, leurs gommes, leurs doubles décimètres pour distraire leurs voisins, que le verbe pourrait bien éventuellement s'accorder avec son sujet.

    J'ai aussi banni les « traces écrites » que l'on recopie sur la feuille d'un cahier ou d'un classeur qui, le soir, si papa et maman ne sont pas derrière Pitchounet ou Pitchounette, reste dans le cartable sans jamais être ouvert. À moins que, s'il est ouvert, il soit souvent bien mal utilisé par des familles qui ont le tort de n'être pas enseignantes et de ne pas savoir qu'un enfant qui récite par cœur à voix haute : « J'écris [a] quand je peux dire avait et [a] quand je ne peux pas dire avait » n'a pas forcément compris que le premier [a] qu'il prononce s'écrit a alors que le second s'écrit à.
    Mais ça, c'est un autre problème dont nous pourrions parler ensemble si cela vous intéresse...

    Revenons donc à notre rapport de durées entre « découverte de la notion » et « entraînement et réinvestissement ».

    Que fait un enfant qui « découvre » quelque chose, par terre, au hasard d'une promenade ?
    Que fait un autre qui, trônant au milieu de son sac de Lego, vient de découvrir comment agencer les pièces qui permettent de relier le volant aux roues avant ou de faire bouger la crémaillère qui déploie la grande échelle ?
    Que fait un troisième qui en soufflotant sur l'harmonica qu'il a reçu de la part de Tata Zaza – c'est toujours Tata Zaza qui offre ces jouets à la c** qui font du bruit et saoulent parents et voisins – découvre les trois premières notes de la dernière chanson à la mode chez les 8 à 12 ans ?

    Que font-ils tous, avec leur petite découverte partielle ? Vont-ils au bout des choses et cherchent-ils à aller plus loin, puis encore plus loin, puis encore plus loin avant d'utiliser une compétence bien fignolée, parfaitement comprise de A à Z ? Non. Ou alors le public scolaire a énormément changé.

    Ce qu'ils font, tous ou presque, c'est de réinvestir cette nouveauté et de l'amalgamer aux anciennes. Le premier regarde cette chose trouvée au sol, y trouve une utilité et s'en sert immédiatement ; le second manipule ses roues ou sa crémaillère en tous sens, se réjouissant de donner grâce à elles un nouvel attrait à ses briques de plastique ; le troisième serine et re-serine ces trois notes, demandant à sa petite sœur de jouer les chœurs, comme sur la vidéo !

    Si nous nous amusions à chronométrer le temps passé à l'une et l'autre des activités, nous tomberions certainement sur le même ratio : 20 % de découverte pour 80 % de pratique visant à l'intégration au corpus de départ des compétences acquises le plus souvent fortuitement...
    Alors, tentons dans nos préparations de classe de respecter le rythme de l'enfance.

    L'École Primaire n'est pas l'école des longues leçons.

    Elle est l'école de la pratique, accompagnée d'abord puis peu à peu libérée de la tutelle adulte.

    Dans ce quatrième volet du guide pédagogique accompagnant les deux fichiers d'Étude de la Langue proposés ci-dessous, j'ai même commencé à ne plus partir systématiquement d'un texte qui favoriserait la découverte de la notion. Parce que nous pouvons, et même nous devons, si nous voulons qu'ils avancent, leur faire confiance.
    Si, depuis le début de l'année, nous leur avons donné l'habitude de s'attacher à observer un petit détail (un préfixe, un suffixe, un temps verbal, une relation d'accord, etc.) pour le comprendre et le réutiliser à bon escient, il n'est pas besoin de « remettre le couvert » comme si c'était la première fois que nous leur demandions de s'interroger sur ce type de détail.

    Alors, j'ose... Je donne le titre – par exemple, au CE1, Le dictionnaire, ou, au CE2, Le préfixe en- ou em- – et puis je laisse les élèves s'exprimer et je les guide, rapidement, vers la pratique... et la compréhension... et la pratique... et la compréhension... et la pratique... et la maîtrise partielle ! 

    Parce que le but, c'est la compréhension.

    L'étude du texte, ou le découpage-collage des étiquettes de la collecte, c'est du prétexte, juste du prétexte.

    ¤ Prétexte à manipulation, bien sûr,

    parce que l'enfant apprend peu sans manipulations concrètes : 

    • que ce soit avec les ciseaux et la colle si nous avons du temps à perdre,

    ou,

    • parce que nous avons affaire à des êtres humains doués de parole orale et écrite, avec les yeux, la bouche, le cerveau et la main qui, armée d'une craie ou d'un stylo, sur le tableau ou sur l'ardoise, griffonne quelques traces visant à rendre visible l'abstraction que l'enseignant vise et qui est son prétexte à lui.

    ¤ Prétexte à compréhension, surtout.

    Une compréhension que nous devons viser à chaque instant pendant ces 20 % du temps au cours duquel nos élèves sont mobilisés tous ensemble sur une tâche commune.

    • Compréhension des termes, tout d'abord, qui fait que toute leçon d'étude de la langue est forcément aussi une leçon de vocabulaire :
      - ça s'appelle un adjectif parce que nous l'adjoignons au nom qu'il accompagne. Il est possessif parce qu'il permet de préciser qui possède la personne, l'animal ou la chose que nous désignons...
      - c'est un verbe à un temps du passé, composé de deux « morceaux », alors ce temps s'appelle le passé composé...
    • Compréhension de la notion, ensuite, toujours partielle pour respecter la méthode des petits pas et élargie à chaque nouvelle séance la concernant,
      - notion vite résumée en quelques mots, parce que descendre de vélo pour se regarder pédaler, ça va un moment, mais que l'important, c'est de pouvoir remonter en selle et agir directement,
      - notion fixée par l'action, l'exercice d'entraînement, le réinvestissement à chaud parce que c'est ainsi que les enfants procèdent pour comprendre, collectivement d'abord, pour que les plus faibles reçoivent l'appui des plus forts, puis individuellement ensuite, pour que l'apprentissage par cœur d'une trace écrite absconse devienne désormais inutile

    Conclusion : Je serais ravie si ce livre du maître pouvait ne servir que de tremplin, pendant quelques semaines ou mois, puis disparaissait ensuite dans l'oubli après avoir aider chacun à sortir des sentiers battus et rebattus, tenter autre chose, l'éprouver puis l'adapter à sa manière, selon son « public », en visant l'exigence pour tous, au mieux de leurs capacités.

    Télécharger « LDM 4.pdf »

     

    Dans la même série :

    Pour le CE1 :

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (1)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (2)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (3)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (4)

    CE1 : Fichier d'Étude de la Langue (5)

    Pour le CE2 :

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (1)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (2)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (3)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (4)

    CE2 : Fichier d'Étude de la Langue (5)

    Livre du maître :

    CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (1) ;

    CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (2)

    CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (3)

    CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (4)

    CE1-CE2 : Étude de la langue - LDM (5)


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  • PS/MS : 26 fois 26 (2)

    Cinq fois vingt-six images pour apprendre à parler et à « lire » en Petite Section, auxquelles nous ajouterons cinq fois vingt-six icônes pour apprendre à repérer des indices graphiques, à les comprendre, à les mémoriser et à les réutiliser.

    Cinq nouveaux thèmes,

    à dérouler jour après jour, par petites touches de cinq à dix minutes (des « rituels », comme dit l'école d'aujourd'hui), pour que chaque jour, les enfants de toute-petite, petite et moyenne sections apprennent à :

    • regarder tous ensemble une image et chercher à la désigner par un ou plusieurs mots :

    Du « pomm' », ou même du « mam' » du tout-petit au « c'est une pomme rouge ; la pomme, c'est un fruit » du plus grand ou du plus avancé dans le domaine du langage...

    • échanger autour de cette image, chacun son tour, en écoutant ses camarades (c'est pour cela que cela ne doit durer que 5 minutes et avoir lieu tous les jours) :

    « Pas bon ! Veux pas !
    – Si, est bon ! Maman, y coupe...
    – Les pommes, ça pousse sur les arbres. 
    – Il y en a à mon L**lerc... 
    – À ma maison, elles sont jaunes. 
    – On fait la compote.
    – Et la soupe.
    – Non, pas la soupe.
    – La soupe, c'est pour les carottes, pas pour les pommes.
    – Faut les ép'ucher.
    – ÉpLLLucher !
    – Dans la soupe, on met du sel et dans la compote, on met du sucre.
    – Comme les yayouths.
    – Ya...out' ! 
    – Ya...ouRRt ! Pfff, c'est dur !
    – Pomme, mam, à moi... Bon !
    – Cet été, pendant les vacances, avec mon papa et ma maman, nous sommes allés dans une ferme qui vendait des produits biologiques. J'ai vu une machine qui écrasait les pommes pour faire du jus de pomme.
    – La poire... euh non... euh... mange... euh... non... ah !... pomme... comme ballon... là... comme ça...
    – Y veut dire que c'est rond comme un ballon, une pomme, hein, c'est ça ? »...

    • Mettre en commun leurs connaissances et même, car parfois c'est un véritable apprentissage pour certains de nos « self made babies », penser à faire appel à l'adulte payé pour leur enseigner des milliers de mots:

    « Celui-là, c'est un chat.
    – Non, c'est pas un chat... c'est un lion, peut-être ?
    – Non, pas un lion, il a pas de poils sur sa tête. »
    – C'est pas un tigre non plus. »
    – Ah oui, peut-être un tigre ? Non... pas un tigre.
    – Moi, je sais pas. »
    – Moi non plus. Personne sait !
    Vous êtes sûrs que personne ne sait ici ?
    – Oui. C'est sûr. Personne.
    Personne, personne ? Vous êtes sûrs ?
    – Ah mais si ! Toi, tu sais ! Tu sais comment il s'appelle ? La maîtresse, elle sait !
    – C'est vrai ? Tu le sais ?...
    –  Ah bon ? Pfff ! Même pas vrai !
    –  Je le sais. Et même qu'on me demande de venir ici tous les jours pour vous apprendre ce mot et beaucoup d'autres et qu'on me paie pour que je le fasse le mieux possible. C'est un lynx. »

    Et, pour les plus grands,

    ceux qui ont 4 ans révolus et parfois même déjà 5 ans, à cette époque de l'année, grâce aux séries d'icônes :

    • observer finement pour distinguer des symboles proches

    « Celui-là, c'est le chevreuil et celui-là le cerf. Ses bois sont plus longs.
    – Pour le renard, ils ont mis la queue touffue, pour le loup, ses yeux qui font peur.
    – La chouette n'a pas d'aigrettes, on l'a dit l'autre jour. Celui-là, c'est le hibou. »

    • se souvenir des symboles déjà connus et savoir leur attribuer le même sens ou un sens proche.

    « Un seau pour l'eau et un seau pour le sable, c'est toujours un seau, alors c'est le même dessin.
    – Il y en a plein qui sont pareils parce que, à l'école ou à la maison, un garage, c'est toujours un garage, un puzzle, c'est toujours un puzzle, une ferme, c'est toujours une ferme... »

    • mais aussi découvrir la polysémie :

    « C'est rigolo, on dit « dînette » pour l'endroit où on joue et pour les assiettes, les couteaux, les fourchettes et tout ça... Dînette et dînette, c'est le même mot, alors on met le même dessin. Ça veut dire la dînette où on va jouer et les objets pour faire la dînette. Le dessin veut dire deux choses. »

    • s'écarter de ce qu'on voit tout en continuant à comprendre de quoi il s'agit :

    Quand je vous ai présenté les séries de 1 à 5, nous avons déjà parlé des symboles analogiques, pas encore conventionnels, autour desquels les élèves dialoguent pour mieux en analyser le sens. Ici, nous ferons un pas de plus, avec la série 9, toujours en route vers nos hiéroglyphes et nos idéogrammes :

    « Ce symbole, c'est bras. Et là, c'est aussi le bras, mais en plus, ils ont mis une flèche. C'est le poignet. Sur la photo, ils avaient mis des traits jaunes pour qu'on comprenne. Là, ils ont mis la flèche.
    – Et là, c'est la jambe... la jambe avec la flèche sur la cuisse... la jambe avec la flèche sur le genou... la jambe avec la flèche sur le mollet... et la jambe avec la flèche sur la cheville... Eh ben, ça en fait des mots ! »
    – Oui, mais il ne faut pas dire tout ça. Il faut dire juste jambe... cuisse... genou... mollet... cheville... et pied ! Tu avais oublié pied ! »

    Nota bene : 1) Je suis restée très « sobre » (et même soft) sur les parties intimes, afin d'être sûre ne choquer personne. À vous de rajouter des mots plus précis si vous pensez que c'est important.
    2) Je n'ai aucun moyen de savoir combien de personnes téléchargent mes documents alors, s'il vous plaît, un petit mot pour dire que vous avez essayé et que ça fonctionne... ou pas, cela me rassurerait. J'ai parfois l'impression de bosser dans le vide et c'est un peu déstabilisant.

    Les images pour TPS - PS - MS :

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    Et les icônes pour aller plus loin avec les MS :

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    Dans la même série :

     PS/MS : 26 fois 26 symboles (1)

    PS/MS : 26 fois 26 symboles (1bis)

    MS : 26 fois 26 icônes (1)

    ...

    PS/MS : 26 fois 26 (3)

    PS/MS : 26 fois 26 (4)

    PS/MS : 26 fois 26 (5)

    Une émission intéressante :

    À écouter si on veut se former afin que l'école maternelle reste citée quand on parle d'acquisition du vocabulaire par le petit enfant :

    France Culture : Comment enrichir le vocabulaire des enfants

    Tout n'est pas bon à prendre mais F. Ramus, bien qu'il préfère parler de « professionnel » plutôt que de « professeur des écoles », est très intéressant et parle d'or sur l'acquisition du vocabulaire et sur l'apprentissage de la lecture des plus grands.

    Bientôt l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Le payant :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Et le gratuit :

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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