• Contes à dire, contes à lire (5)

    Cette semaine, trois contes merveilleux, dont deux drolatiques et un troisième moins farfelu, et un conte étiologique (ou conte « du pourquoi »), tous d'origines différentes.

    Le premier se passe vraisemblablement en Inde, puisque les cours royales circulent à dos d'éléphants, le second, au Japon, dans des rizières, le troisième, en Afrique centrale, à la limite entre la savane et la forêt équatoriale, et le dernier, en Amérique du Nord.

    Ce qui nous permet de découvrir un nouvel avantage de la technique « Racontamus, Écoutatis, Comprenunt » ! Avec elle, pas besoin de programmer un thème annuel, plus riche que le programme de géographie de Terminale, consistant à faire tourner la plupart des activités de la classe autour des continents, de la vie quotidienne de quelques-uns de leurs habitants, d'éléments du folklore de quelques-unes des ethnies qui y vivent, des bâtiments que certains y ont construits, des plats que certains y apprécient... de leurs productions agricoles et industrielles et de leurs régimes politiques (j'exagère volontairement... mais nous n'en sommes pas loin parfois). 

    Ce sont les nombreux contes, racontés au fil de l'année, qui nous emmèneront, nos élèves et nous-mêmes, le lundi au Japon, à la recherche du plus puissant personnage du monde, le mardi en Allemagne, au XVIIIe siècle, à la cour du roi de Bavière, le jeudi et le vendredi dans la Grande Prairie, sur les traces des premiers Amérindiens, à l'époque où « les hommes comprenaient le langage des animaux et [où] le Coyote gris, le chien des prairies, était l’ami et le conseiller de l’homme ».

    Ainsi, par petites touches insensibles, nous ferons d'eux des citoyens du monde, habitués à d'autres cultures, sans qu'ils n'aient jamais eu à subir ni leçons indigestes à base de cartes de géographie se prétendant des jeux d'éveil aux diversités de notre planète, ni visions minimalistes et forcément fausses de pays lointains, ravalés au rang de curiosités, parfois bourrées de poncifs teintés d'un paternalisme digne de l'époque coloniale.

    Ici, c'est par le conte[1], c'est-à-dire le moyen utilisé sur la Terre entière pour apprendre la vie aux petits enfants en les distrayant, que nos jeunes auditeurs (ou lecteurs) découvrent d'autres cultures, un jour, une fois, puis une autre fois, un autre jour, en les effleurant, dans ce monde teinté de merveilleux, hors de toute prétention scientifique ou vulgarisatrice (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3, Les Paraboles de la Nature, Utilité de la fiction). 

    Et c'est de l'esprit de ces peuples qu'ils s'imprègnent, de leur façon de voir le monde, du fonds le plus ancien de leur culture populaire, celle qui, au fil des siècles, a donné naissance à ces manifestations visibles que le doigt peut montrer, sans pour cela en faire capter la profondeur, et que nos élèves découvriront sur le long terme et non, en une fois, pendant leur année de (barrer les mentions inutiles) TPS - PS - MS - GS - CP - CE1 - CE2 - CM1 - CM2

    15. Le Chat et le Perroquet

    Conte merveilleux drolatique, d'inspiration de l'Asie de l'est, semble-t-il. Le début peut faire penser à la fable « Le Renard et la Cigogne » mais très vite, la loufoquerie de l'histoire l'en éloigne et se rapproche des contes à répétitions ou contes burlesques tels 2. La maison que Pierre a bâtie, 4. La vieille femme et le cochon récalcitrant, 7. Le Conjurateur et le Loup ou encore 1. Histoire des trois petits Cochons ou  8. Le Loup, le Cochon, la Cane et l'Oie.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Conte à faire jouer par les enfants, si on le souhaite. L'usage de petits personnages peut être utile au début pour les plus jeunes s'ils ne sont pas encore habitués à écouter sans appui visuel.

    Le lexique sera expliqué en cours de lecture.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    La lecture est à réserver aux élèves sachant déjà bien lire car les phrases et les paragraphes sont longs. Pour les plus jeunes, on préférera les contes à répétitions cités ci-dessus (sauf 7. Le Conjurateur et le Loup). Le lexique sera expliqué en cours de lecture.

    L'âge des élèves et leurs capacités de lecture fluide permettra de faire lire un paragraphe entier par enfant. Après une première lecture intégrale de l'épisode (ou du texte entier pour des élèves de CM) et un moment de débat visant à raconter l'histoire avec ses mots et échanger autour de ce qu'elle raconte (ou de ce qu'elle est, chez les plus grands), on programmera une nouvelle lecture, théâtralisée avec :

    • un narrateur
    • un chat
    • un perroquet
    • la vieille femme
    • le bonhomme, propriétaire de l'âne
    • le roi
    • deux crabes tourteaux (qui devront lire en chœur)

    Sans préparation préalable, pour s'assurer que c'est bien la compréhension et l'automatisation de l’identification des mots par le décodage (c’est ce qu’on appelle la fluidité de lecture) que les élèves travaillent et non la récitation, le groupe d'élèves assis chacun à sa place lira le texte en s'appliquant à rendre l'intonation.

    Une troisième lecture pourra avoir lieu, théâtralisée cette fois, avec des élèves debout, tenant leur texte à la main. Cette lecture sera une « lecture-récitation » proche de celle que produit le conteur lorsqu'il cherche à capter son auditoire. Une fois ceci fait, on aura fait le tour de la question et on passera à autre chose.

    16. La petite princesse Ratonne

    Conte merveilleux. Le concept de « puissance » autour duquel il est bâti le rend peut-être difficile d'accès aux enfants de Petite Section qui comprendront mieux des contes « qui bougent » parce que les héros fabriquent  des choses ou s'opposent sur des compétences qui se voient et non sur des idées.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Conte à raconter avec des objets ou des illustrations pour les plus jeunes, puis à faire :

    • raconter avec ses propres mots (sous forme de dialogue entre pairs)
    • illustrer (librement, par une scène qui les a marqués)
    • jouer

    Voir : Racontamus, écoutatis, comprenunt (8) 

    Le lexique sera expliqué en cours de lecture.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture phrase par phrase chez les plus jeunes (fin CP, début CE1), paragraphe par paragraphe chez les lecteurs fluides. Le lexique sera lu avant de commencer la lecture et rappelé en cours de lecture (on pourra l'avoir copié au tableau, pour éviter de perdre le fil de la lecture en tournant les pages du livret).

    La reformulation aura lieu après la lecture de chaque paragraphe. Celui-ci sera relu une deuxième fois, par un seul lecteur cette fois, avant de passer au paragraphe suivant.
    Au cours de la deuxième lecture, les dialogues pourront être lus :

    • soit par deux lecteurs différents
    • soit par un seul mais en variant l'intonation

    La première solution privilégie l'attention visuelle et auditive des élèves, la seconde, la compréhension fine du texte lu.
    Les deux solutions installent, à bas bruit (ou « à petits pas », comme vous préférez), les notions nécessaires à la présentation écrite d'un dialogue.

    17. Le Lion et le Moucheron

    Conte merveilleux drolatique tiré d'une Fable. Dans une classe de CE2, CM1 ou CM2, il sera intéressant de leur lire (ou de leur faire lire) ensuite : Le Cousin (ou le Moustique) et le Lion, d'Ésope puis Le Lion et le Moucheron, de Jean de La Fontaine.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Il serait dommage de ne pas profiter de ce combat singulier, dans les deux sens du terme, pour installer les compétences à reconnaître et identifier les sensations auditives sans aide visuelle. L'histoire est linéaire, les personnages sont réduits au minimum et, si le vocabulaire est parfois recherché, les événements qui se déroulent à un rythme enlevé le rend « transparent ».

    Si l'on tient vraiment à illustrer le conte pour accompagner la lecture, une seule illustration, celle du lieu où il se déroule, suffira.
    Le lexique sera expliqué en cours de lecture.

    Respecter le schéma habituel d'exploitation :

     

    • raconter avec ses propres mots (sous forme de dialogue entre pairs)
    • illustrer (librement, par une scène qui les a marqués)
    • jouer

     

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture paragraphe par paragraphe avec interruptions pour explications et commentaires dès que l'attention se dilue ou que la lecture devient laborieuse. Relecture éventuelle en fin d'épisode, toujours sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix, paragraphe par paragraphe.

    La lecture théâtralisée, texte à la main, sans autre préparation que les deux lectures collectives précédentes, est envisageable. Elle sera agréablement (et utilement) remplacée avec des élèves de CM par les lectures conseillées ci-dessus (Ésope d'abord, La Fontaine ensuite), toujours sous forme de lecture oralisée à plusieurs fois, immédiatement expliquées et commentées.

    Nota bene : Une lecture laborieuse de la Fable de Jean de La Fontaine est normale. Est-ce une raison suffisante pour ne pas la proposer ?... Je ne le crois pas.
    Si, contrairement à ce que croient certains, ils ne sont pas encore à l'âge de l'apprécier seuls, en lecture autonome, ils pourront néanmoins réaliser cet exploit en classe, accompagnés par leur professeur et leurs camarades. Là, rassurés et aidés par leurs enseignants, ils pourront être fiers d'avoir réussi ce challenge difficile.

    18. La capture du Feu

    Conte étiologique amérindien (dit aussi « conte du pourquoi ») qui permettra d'enrichir la culture historique et la réflexion sur l'implicite d'enfants déjà grands.

    Cette histoire est issue d'un univers très différent de celui que connaissent les enfants de moins de six ans (sauf cas particuliers, bien sûr). C'est pourquoi il vaut sans doute mieux la réserver à des enfants plus âgés. Mais chacun est juge et peut la proposer à des enfants un peu plus jeunes (GS).

    Elle ne nécessite pas de matériel autre qu'un dessin situant l'histoire (prairie ou désert d'Amérique du Nord). On pourra aussi montrer une illustration d'une scène se déroulant à l'époque paléolithique, dans un abri sous roche.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Aucun matériel particulier, si ce n'est l'illustration. On racontera, les enfants commenteront, on éclaircira certains points : les scènes de la vie quotidienne des chasseurs-cueilleurs, l'organisation sociale (les cents « coureurs »), la montagne brûlante, autant d'« implicites » à travailler de manière bien plus sérieuse et profonde qu'avec quelques petites phrases traitées « hors sol » lors d'une séance dédiée de l'emploi du temps. 

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Même chose. À lire et à comprendre. De la fin du CE1 (ou CE2 si les élèves n'ont pas assez de références culturelles pour pénétrer cet univers simplement en lisant à voix haute).

    La lecture sera prétexte à débat entre pairs, compléments culturels, sans devenir pour autant, sauf au CM peut-être, mais pour deux ou trois semaines seulement, un « thème » qui englobe tout, certes, mais qui prive les élèves de rencontrer tant d'autres univers, d'autres auteurs, d'autres cultures. 

    Les contes :

    Télécharger « 15. Le Chat et le Perroquet.pdf »

    Télécharger « 16. La petite princesse Ratonne.pdf »

    Télécharger « 17. Le Lion et le Moucheron .pdf »

    Télécharger « 18. La capture du Feu .pdf »

    Notes :

    [1] À compléter, de la même manière, c’est-à-dire peu mais souvent et tous azimuts, par des musiques et des œuvres d’arts plastiques de toutes origines.

    Dans la même série :

    ♥ Racontamus, écoutatis, comprenunt :

    Un résumé du livre « Comment raconter des histoires à nos enfants » (Miss Sara Cone Bryant) :

    Racontamus, écoutatis, comprenunt - 1Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3Racontamus, écoutatis, comprenunt - 4)Racontamus, écoutatis, comprenunt - 5Racontamus, écoutatis, comprenunt  - 6 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 9

    ♥ Contes à dire, contes à lire :

    Contes à dire, contes à lire - 1Contes à dire, contes à lire - 2 ; Contes à dire, contes à lire (3) ; Contes à dire, contes à lire - 4 ; ... ; Contes à dire, contes à lire - 6Contes à dire, contes à lire - 7 ; Contes à dire, contes à lire - 8Contes à dire, contes à lire - 9 ;

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • Contes à dire, contes à lire (4)

    Deux des contes suivants sont un petit peu trop « moralisateurs » à mon goût ; cependant ils peinent à égaler dans ce domaine certaines « œuvres » de la littérature de jeunesse actuelle qui assènent elles aussi, avec leurs gros sabots, les vérités incontournables de notre temps. Et comme, de toute façon, si vous choisissez de les raconter ou de les faire lire, l'imprégnation ne durera que deux ou trois jours tout au plus, nous serons loin du demi-trimestre de bonne conscience moralisatrice, parfois même de bourrage de crâne intensif, d'une exploitation d'album, telle que la proposent avec légèreté nos prescripteurs pédagogiques institutionnels contemporains.

    Le dernier, 14. Pourquoi les Arbres résineux gardent leurs feuilles en hiver, me fait penser à vous signaler que, selon moi, ces textes ne sont ni à lire dans l'ordre, ni à regrouper par thèmes qu'on épuiserait, un à un, faisant se succéder de manière très rapprochée toutes les facettes d'un même type de conte ou d'une même visée éducative, au risque de vite faire friser l'overdose à tous ceux de nos élèves que ce type de contes ou cette intension morale n'attire pas spécialement. 
    Le propre de la Méthode des petits pas est au contraire de présenter plusieurs fois, mais sans s’appesantir, et jamais successivement différentes facettes d'un même problème.

    Les voici donc, pour que vous en fassiez ce que bon vous semble.

    11. Le frère de Jean Malpropre

    Le premier des contes moralisateurs, dans la veine « être sale, ce n'est pas bien ». Selon moi, cette morale un peu trop apparente colle mal avec ce que nous dit Miss Sara Cone Bryant sur les réserves à émettre devant la littérature à tout faire de la morale aux sciences (Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2 et Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3).

    Par ailleurs, le rôle du cochon, représentant l'animal le plus sale de tous, peut gêner par son approximation scientifique douteuse. On pourra alors facilement, en lisant le conte le remplacer, par exemple par un personnage imaginaire comme le troll.
    Si vous souhaitez faire lire le conte dans cette version « expurgée », contactez-moi, je vous enverrai la version modifiable du document.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    J'ai choisi de ne pas raconter cette histoire aux plus jeunes car, le plus souvent, ils ne sont pas touchés par le monde des émotions. Pour eux, Jean Malpropre ne fait rien puisqu'il se contente de parler avec des interlocuteurs et le seul passage qui pourrait susciter leur intérêt est celui où l'on dit qu'une fois dans le jardin, le héros joue dans la boue. Autant dire que le message serait loin d'être probant !

    J'émets la réserve inverse pour les plus de sept à huit ans : les ficelles de ce conte sont trop grosses pour eux et ils auront vite fait de ricaner devant le petit ton pincé et faussement bienveillant de la fée et des « gentils » animaux du conte. Qu'ils préfèrent les bonnes idées de jeu du cochon (ou du troll) fait partie des possibles – c'est sans doute l'option que j'aurais choisie, d'ailleurs, entre huit et douze ans –  et il vaut mieux éviter ce genre de renforcement négatif par abus de bons sentiments.

    Pour les 4 à 7 ans, qui sont au cœur de la période sensible, celle pendant laquelle les fonctions exécutives relatives au jugement, à l'inhibition, à l'autodiscipline et au raisonnement se mettent en place, on racontera ce conte sans fioritures, juste comme une information, presque réelle, de ce qui aurait pu et pourrait peut-être encore arriver à un enfant peu soigneux, mal organisé et dont la créativité n'est pas tempérée par la raison.

    On n'aura besoin d'aucun matériel, mis à part éventuellement, si on a le temps et le goût du dessin ainsi que les capacités du dessinateur, quelques illustrations des moments clés du conte, surtout pour les classes dans lesquelles les enfants ont encore du mal à solliciter seules leurs capacités de reconnaissance et d'identification auditive :

    • Jean Malpropre dans le capharnaüm de sa chambre, face à la fée
    • Jean Malpropre face à l'écureuil (montrer les deux suivants est inutile, cela bloquerait la capacité des enfants à créer leurs propres images)
    • Jean Malpropre face au cochon (troll) qui lui fait miroiter les plaisirs de la mare, du fumier et de la lavasse

    Le conte sera ensuite raconté par les enfants eux-mêmes, d'abord par l'échange langagier, puis le dessin, juste après le conte, et enfin, si on le souhaite, le lendemain, par la théâtralisation (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8).

    Le lexique sera expliquée pendant la lecture, sous la forme d'une courte paraphrase : 

    « Un peu après, arriva un beau chat angora, un chat à longs poils très doux, comme celui-ci. »

    « Nous aurons du bon temps, et vous pourrez avoir de la lavasse, de l'eau qui a servi pour faire la vaisselle ou pour laver les seaux à lait après la traite, et du son, c'est-à-dire l'enveloppe qui entoure la farine dans le grain de blé et que le meunier met de côté en la tamisant, le son a cette apparence-là. »

    On pourra aussi, bien sûr, montrer le lexique avant de commencer l'épisode, et alors, simplement le rappeler ou demander aux élèves de le rappeler lorsqu'on le rencontrera dans l'histoire.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Conte à lire en deux épisodes en fin de CP, après l'acquisition des graphies eil, gn, ien, tion et oy. Le mot fier sera rapproché des mots mer, ver, fer, hiver pour être lu plus facilement.

    Le lexique sera lu et commenté avant lecture. On fera expliquer aux élèves le mot impertinence (et tout autre mot qui semble poser problème au lecteur du moment) grâce au contexte. Après la validation de l'hypothèse émise par les élèves, on lira la définition dans un dictionnaire au vocabulaire adapté aux jeunes élèves.

    La lecture aura lieu phrase à phrase (une phrase par élève). À la fin du paragraphe, le texte sera raconté par la classe puis relu par un élève qui n'a pas encore lu.

    Les dialogues pourront être relus à deux voix. On pourra aussi demander au lecteur unique de varier l'intonation lorsqu'il change de personnage.
    Ces deux exercices permettent l'un et l'autre de remarquer, observer et fixer naturellement la structure du dialogue bien avant de l'avoir étudiée en grammaire.
    La lecture de textes variés permet une imprégnation bien plus importante qu'avec la méthode traditionnelle du conte unique exploité pendant quatre à six semaines, même si on l'agrémente de « collectes » pour focaliser  ponctuellement l'attention des élèves.
    Ici, les enfants jouent la scène, le texte sous les yeux, et, le contexte affectif du conte aidant, il mémorise sans même s'en rendre compte les savoir faire et les connaissances.

    Le conte, placé ensuite dans la bibliothèque, pourra être rejoué par les enfants qui le souhaitent lors des moments de lecture autonome inscrits à l'emploi du temps.

    12. Ratapon

    Deuxième conte moralisateur, un peu moins téléphoné cependant que 11. Le frère de Jean Malpropre grâce à l'absence d'êtres humains dans l'histoire. Ici, c'est un petit lapin qui est bien puni pour n'avoir pas obéi à sa mère, ce qui atténue un peu le côté Oh le vilain pas beau ! de ce genre de conte.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Avec les plus petits, on pourra sauter l'épisode du geai et celui de la bête à bon Dieu qui n'apportent rien à l'histoire.

    Attention aux moments suivants : la capture de Ratapon par le serpent et le combat entre le serpent et la lapine, certains élèves, particulièrement émotifs, pourraient avoir peur.

    J'éviterais quant à moi de donner à voir ces scènes par l'intermédiaire d'illustrations ou d'être trop réaliste et précise en manipulant des marionnettes, mais il est vrai qu'on m'accuse souvent d'être trop protectrice lorsque j'alerte des dangers que je pressens dans la confrontation d'enfants ou de préadolescents avec des scènes d'extrême violence...

    Même chose pour la théâtralisation finale qui risque de tourner au pugilat si l'un des enfants jouant le rôle de Ratapon, de sa mère ou du serpent se laisse dominer par ses émotions.
    À vous de voir si vous les sentez capable d'un assez grand contrôle inhibiteur ou pas...

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture à réserver aux plus jeunes de nos lecteurs.À lire au CP dès que les sons ien, ied, oin, uy et ill (et l'exception dans tranquille).

    Mêmes conseils que pour 11. Le frère de Jean Malpropre.

    13. La visite des Araignées

    Un conte que j'ai découvert en le copiant. Très agréable et propre à donner une nouvelle vision de l'araignée à nos élèves trop souvent affolés en raison de l'engouement pour les mygales et autres araignées venimeuses.

    C'est l'histoire idéale à raconter ou lire juste avant les vacances de Noël. Ce qui exclut la lecture à voix haute par les élèves de CP.

    Le conte d'origine parlant du Petit Jésus qui apporte les cadeaux de Noël et autorise la vue du sapin, j'ai décidé de le remplacer par un lutin de Noël. Rien n'empêche les collègues de l'enseignement privé catholique de le rétablir dans son rôle s'ils le souhaitent.
    Je leur fournirai volontiers la version modifiable du conte si elles m'en font la demande.

    C'est un conte qui nécessite de toute façon, avec les plus grands (5 à 8 ans), une remise dans le contexte : celui des États Unis, dans une famille aisée, possédant une nombreuse domesticité, au début du XXe siècle, quand les enfants n'assistaient pas à la décoration du sapin et ne la découvraient que le matin de Noël en même temps que leurs cadeaux.

    On se dispensera de cette explication avec les plus jeunes qui, de toute façon, n'ont pas encore engrangé dans leur mémoire épisodique les traditions, us et coutumes de la fête de Noël.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Ce conte s'accompagnera très bien de petits objets ou d'illustrations qui le mettront en scène, d'autant plus s'il est utilisé comme histoire à raconter pour une fête de Noël, comme le conseille Miss Sara Cone Bryant dans son livre.

    Le lexique sera expliqué brièvement, et même laissé totalement de côté avec les plus jeunes, qui auront juste à suivre la trame narrative :

    • un beau sapin... que tout le monde a vu... sauf les araignées...
    • + un gentil lutin... qui les autorise à voir l'arbre... mais qui est bien ennuyé... avant de se souvenir de ses pouvoirs magiques...
    • = une famille émerveillée qui profite encore mieux de la joie de Noël

    On pourra en revanche difficilement le faire jouer aux enfants après coup et il arrivera un peu tard pour qu'il puisse seulement être raconté ou remémoré par le dessin.

    Un conte pour le plaisir, rien de plus, n'est-ce pas finalement le but ?...

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture plaisir au CE1 comme au CE2, phrase par phrase avec des élèves très faibles, paragraphe par paragraphe avec les autres.

    Le lexique sera lu et expliqué en cours de lecture, sans insister.

    Quelques cartes de Noël américaines anciennes complèteront l'ambiance Jingle Bells de ce conte... Et une petite musique de fond sera la bienvenue.

    14. Pourquoi les Arbres résineux gardent leurs feuilles en hiver.

    Un conte étiologique ou « conte du pourquoi ». Une belle histoire propre à apprendre aux enfants l'empathie avec les malheureux bien plus sûrement que toutes les séances d'EMC bien lourdes et bien indigestes.
    À condition bien sûr de ne pas transformer le plaisir du conte en leçon de morale digne des maîtres du siècle dernier ! On raconte, on lit, on s'apitoie, on s'amuse à la punition des égoïstes et c'est tout.

    Il y aura d'autres occasions, d'autres lectures pour exalter à nouveau l'altruisme, plus tard, au fil des années scolaires et au hasard des rencontres littéraires ou historiques.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Ce conte sera adapté aux plus petits s'il est théâtralisé à l'aide de petits objets ou d'illustrations des différents épisodes :

    • le petit oiseau blessé errant dans la neige
    • ses rencontres successives
    • l'intervention du Vent du Nord
    • la restriction du Roi du Givre
    • la vision de la forêt après ces interventions

    J'en profite pour signaler que l'illustration que j'ai copiée est tirée de : La légende du Sapin, aux éditions Callicéphale. Je ne connais pas le livre produit par cette maison d'édition, mais l'illustration m'a plu.

    En revanche, l'exploitation pédagogique qui est proposée sur le site de l'éditeur m'intéresse déjà beaucoup moins et je préfère m'en tenir quant à moi à celle proposée par Miss Sara Cone Bryant dans Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8 :

    • les enfants racontent après écoute
    • ils dessinent librement et commentent leur dessin, pas forcément pour les exposer dans les couloirs de l'école,
    • ils jouent le conte, ensemble, pour le plaisir de le jouer et non pour le donner à voir de manière exceptionnelle

    Les enfants de GS et CP capables d'écouter sans voir seront quand même concernés par les illustrations des différents arbres qu'on pourra ensuite afficher dans la classe quelque temps.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture phrase à phrase pour les élèves de début de CE1 ou fin de CP après étude des graphies ill, euil, eil, ç. La prononciation de la graphie er dans le mot hiver sera à rapprocher de la lecture des mots mer, fer, ver, fier. Lecture paragraphe par paragraphe de la deuxième partie du CE1 à la fin du CE2.

    Le lexique sera à voir avant la lecture et, si possible, affiché dans la classe pendant quelque temps.

    Les élèves qui auront déjà lu des contes du pourquoi reconnaîtront sans doute celui-ci comme un membre de cette branche du conte. On pourra à l'occasion recenser ceux qu'ils connaissent déjà et en répertorier les caractéristiques.

    Les dialogues pourront être relus à deux voix. On pourra aussi demander au lecteur unique de varier l'intonation lorsqu'il change de personnage.
    Ces deux exercices permettent l'un et l'autre de remarquer, observer et fixer naturellement la structure du dialogue bien avant de l'avoir étudiée en grammaire.
    La lecture de textes variés permet une imprégnation bien plus importante qu'avec la méthode traditionnelle du conte unique exploité pendant quatre à six semaines, même si on l'agrémente de « collectes » pour focaliser  ponctuellement l'attention des élèves.
    Ici, les enfants jouent la scène, le texte sous les yeux, et, le contexte affectif du conte aidant, il mémorise sans même s'en rendre compte les savoir faire et les connaissances.

    Le conte, placé ensuite dans la bibliothèque, pourra être rejoué par les enfants qui le souhaitent lors des moments de lecture autonome inscrits à l'emploi du temps.

    Les contes :

    Télécharger « 11. Le frère de Jean Malpropre .pdf »

    Télécharger « 12. Ratapon.pdf »

    Télécharger « 13. La visite des Araignées.pdf »

    Télécharger « 14. Pourquoi les Arbres résineux gardent leurs feuilles en hiver.pdf »

    Notes :

     

    Dans la même série :

    ♥ Racontamus, écoutatis, comprenunt :

    Un résumé du livre « Comment raconter des histoires à nos enfants » (Miss Sara Cone Bryant) :

    Racontamus, écoutatis, comprenunt - 1Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3Racontamus, écoutatis, comprenunt - 4)Racontamus, écoutatis, comprenunt - 5Racontamus, écoutatis, comprenunt  - 6 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 9

    ♥ Contes à dire, contes à lire :

    Contes à dire, contes à lire - 1Contes à dire, contes à lire - 2 ; Contes à dire, contes à lire (3) ; ... ; Contes à dire, contes à lire - 5 ;  Contes à dire, contes à lire - 6Contes à dire, contes à lire - 7 ; Contes à dire, contes à lire - 8Contes à dire, contes à lire - 9 ;

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

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    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • Contes à dire, contes à lire (3)

    Quatre nouveaux contes à lire ou à dire : deux histoires accumulatives et deux contes du pourquoi. Les âges propices au conte lu ou raconté s'étalent de 3 à 9 ans, et de la fin du CP au CM1, pour la lecture oralisée autonome.

    Comme d'habitude, j'insiste et je continue à proposer des durées d'exploitation extrêmement brèves, de manière à ce que ces contes ne soient pas détournés de leur but premier : le plaisir de l'auditeur (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt-2).

    C'est même la base du programme Racontamus, écoutatis, comprenunt et ce qui fait sa différence avec ce dont nous avons l'habitude depuis une vingtaine d'années dans les classes.
    Il faut bien sûr s'habituer à l'idée avant d'essayer. Mais, quand on a essayé et qu'on a pu constater combien les enfants adhèrent à cette nouvelle façon de vivre la littérature, en butinant à travers les contes de la tradition orale, on ne veut plus en changer.

    7. Le Conjurateur et le Loup

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    En raison du style, cette histoire accumulative un peu plus compliquée que 2. La Maison que Pierre a bâtie ou que 4. La vieille Femme et le Cochon récalcitrant.
    C'est une histoire « chantée », composée de vers de 8 syllabes, dont le rythme doit rester extrêmement précis, d'où les nombreuses élisions. Je conseille fortement aux conteurs de s'entraîner chez eux afin de pouvoir dire sans bafouiller :

    •  Le chien n'veut pas japper↔au loup  en marquant bien la liaison
    • L'eau n'veut pas↔étein-dre-le-feu en marquant bien la liaison et en n'élidant pas la lettre e à la fin du verbe éteindre et dans le deuxième le
    • Le veau ne veut pas boi-re-l'eau sans aucune élision

    Comme toutes les histoires accumulatives (ou à répétitions), ce conte n'a d'autre but que d'amuser (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3). Et pour que l'auditeur s'amuse, il faut qu'il perçoive que le conteur s'amuse aussi.

    On introduira l'histoire en expliquant aux enfants de 5 à 8 ans que nous allons leur présenter un conjurateur, c'est-à-dire une personne qui normalement est chargée d'éloigner les mauvais esprits, mais qui, cette fois, a bien des difficultés à réussir sa mission.

    Puis on la dira, d'une traite, sans rien expliquer ni montrer ni dessiner, sur un ton chantant, en théâtralisant énormément, et en variant l'intonation de la partie qui revient en refrain à la fin de chaque couplet.

    Très vite, les enfants se mettront à nous aider. Ce n'est qu'en fin d'histoire, après avoir ri, qu'on demandera si tous connaissent le verbe japper et savent ce que représente le diable (à rapprocher ensuite du terme de conjurateur).

    Si les enfants le souhaitent, on pourra la redire, tout de suite, ou de temps en temps, pour jouer avec la formulette :

    Ha, j'te promets, compèr' Brocard,
    Tu sortiras de ce lieu-là,
    Ha, j'te promets, compèr' Brocard,
    Tu sortiras de ce lieu-là.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Ce texte, en raison de son rythme, et des élisions qu'il rend indispensables, n'en rend pas la lecture à haute voix aisée (voir conseils au conteur, ci-dessus).

    Avec des élèves, déjà bons lecteurs, car malgré sa facilité apparente et ses multiples répétitions, c'est à eux qu'il faudra le réserver, on sera moins exigeant au point de vue de la rythmique qu'avec un conteur adulte.
    Ils auront bien entendu le texte sous les yeux, et pourront s'y reprendre si après leur première lecture, ils ne sont pas contents du passage qu'ils ont lu.

    Ce qui peut être amusant, c'est de fractionner la lecture de chaque strophe, chaque élève ne lisant qu'un vers à son tour, sauf pour le refrain où là, tous les lecteurs de la strophe s'y mettent en chœur.

    Ce qui peut être motivant aussi, c'est de faire varier les intonations, vers après vers.
    Ainsi, dès le couplet III et jusqu'à la fin, le premier vers représente l'espoir : cette fois, il n'y a plus de doute, la solution est trouvée...
    Hélas ! du deuxième vers au vers annonçant que le loup ne veut toujours pas sortir du bois, c'est l'exaspération, le désespoir, la colère qui gagnent en intensité.
    Enfin, le refrain et sa reprise, permettent à ces sentiments de s'extérioriser...

    Tout un programme pour une séance de lecture à voix haute riche et dynamique. Une fois le texte lu pour la classe, il pourra faire l'objet d'une théâtralisation à destination d'une autre classe ou d'un spectacle offert aux familles.

    8. Le Loup, le Cochon, la Cane et l'Oie

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Voir 1. Histoire des trois petits cochons (Contes à dire, contes à lire - 1)

    Rappel : L'utilisation et la manipulation du matériel n'est pas une fin en soi :

    • si on sent que les enfants ont besoin d'objets représentant les vrais personnages et accessoires du conte, on les fabrique et on les utilise[1] ;
    • si on pense que quatre petits personnages quelconques et trois feuilles pliées en forme de tente canadienne pour représenter les maisons suffiront, on privilégie cette solution ;
    • si on peut tenter le simple dessin au tableau (comme dans la pédagogie Steiner Waldorf), on en reste là
    • tout en sachant que le but, c'est l'auditoire conquis par le conteur et sa capacité à conter (voir : Racontamus, écoutatis, comprenunt - 6 Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7)

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Voir 1. Histoire des trois petits cochons (Contes à dire, contes à lire - 1)

     Pour une classe de CP, on pourra scinder le conte en trois parties au lieu de deux.

    Rappel : Il s'agit de lecture courante, pas de découverte du texte avec émissions d'hypothèses. Chaque enfant de la classe doit être capable de déchiffrer une des phrases du texte à son tour, sans aménagements, ni lexiques affichés aux murs. La lecture de ce conte ne peut donc avoir lieu avant que les graphèmes euil, ouil, ay aient été étudiés en classe.

    9. Pourquoi le Liseron grimpe sur les arbres

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Conte étiologique (dit aussi « conte du pourquoi »). À rapprocher de ce que nous dit Miss Sara Cone Bryant à propos de la catégorie Paraboles de la nature dans Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3).

    Cette histoire peut être prétexte à débat sur ces contes étiologiques, qui semblent raconter la vérité et pourtant ne sont que des prétextes à divertissement.
    Mais ce n'est pas obligatoire, loin de là. Avec les jeunes enfants, de nombreuses petites touches insensibles ont toujours fait plus que les gros pavés indigestes, qui les repoussent et les écœurent.

    Histoire très courte, idéale à lire ou raconter lorsqu'il reste un petit quart d'heure avant une sortie, un départ, un événement quelconque. Il peut aussi servir de retour au calme entre deux activités.

    L'histoire est simple. Avec les plus jeunes, on pourra faire jouer aux enfants le rôle du petit Jeannet dans son nid solitaire puis mimer la croissance du Liseron pour les amener à agir, s’exprimer et comprendre à travers l’activité physique.

    Le lexique sera expliqué pendant le conte, en doublant chaque mot écrit en italique et souligné, par celui ou ceux donnés en fin de conte, surtout avec des enfants jeunes. Avec des enfants plus âgés, on se reportera à la rubrique ci-dessous (Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix) pour aider les élèves à  déduire logiquement le sens de ces mots en s'aidant du contexte. On n'insistera pas sur la mémorisation de ces mots.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Pour les caractéristiques de ce conte se reporter à la rubrique ci-dessus (Sous forme de conte raconté ou lu).

    Cette histoire peut être lue dès la fin du CP, dès lors que les graphèmes oin, oy, ied ont été étudiés. La quantité de lecture oralisée par enfant dépendra de leur âge et de leurs capacités de lecture. Pas de préparation préalable. Une relecture, plus fluide, pourra être entreprise en fin de lecture, par un nouveau groupe d'élèves.

    Penser à changer chaque jour le rôle de chacun (premier lecteur, relecteur et éventuellement second relecteur dans les classes nombreuses) de manière à ce que, au cours d'une même semaine, les enfants aient eu tous les rôles à jouer.

    Le lexique aura très souvent avantage à être déduit du contexte plutôt qu'expliqué. Ici, la recherche d'hypothèses d'explication par le contexte est accessible aux enfants, simplement grâce à la logique.
    On fera chercher des mots de la famille de croître (croissance, ordre croissant, ordre décroissant) et de celle de solitaire (solitude, seul, esseulé) pour confirmer l'hypothèse émise par les élèves avant de faire vérifier la définition par consultation du lexique.

    10. Tawots, le petit lapin

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Conte étiologique (dit aussi « conte du pourquoi »). À rapprocher de ce que nous dit Miss Sara Cone Bryant à propos de la catégorie Paraboles de la nature dans Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3). Comme 9. Pourquoi le Liseron grimpe sur les arbres, cette histoire enrichira les références intuitives des enfants en matière de contes étiologiques et leur permettre, plus tard, de reconnaître cette catégorie sans avoir eu à subir des leçons magistrales déguisées en recherches spontanées. 

    Cette histoire est issue d'un univers très différent de celui que connaissent les enfants de moins de six ans (sauf cas particuliers, bien sûr). C'est pourquoi il vaut sans doute mieux la réserver à des enfants plus âgés. Mais chacun est juge et peut la proposer à des enfants un peu plus jeunes (fin de MS et GS).

    Elle ne nécessite pas de matériel autre qu'un dessin situant l'histoire (prairie ou désert d'Amérique du Nord) et du modèle d'un piège que l'on peut fabriquer à l'aide d'une corde d'arc, vraisemblablement un collet.

    La définition des mots moitié et quart sera donnée par un geste des mains, ou un schéma au tableau. Les mots soulignés seront d'abord l'objet de recherche d'inférences logiques, confirmées ensuite par la lecture du lexique présenté à la fin. La nature du piège, fabriqué simplement à l'aide d'une corde, pourra être déduite par les élèves eux-mêmes. Cela les aidera à comprendre que, dans ce contexte, le nom trappe ne désigne pas un panneau qui ferme une ouverture située au niveau du sol.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Pour les caractéristiques de ce conte et les conseils concernant le lexique, se reporter à la rubrique ci-dessus (Sous forme de conte raconté ou lu).

    La lecture, concernant des élèves déjà bons lecteurs, se déroulera paragraphe par paragraphe. On donnera la prononciation de Tawots. On pourra théâtraliser le dialogue entre Tawots et le soleil :

    • soit en désignant deux lecteurs se répondant
    • soit en demandant au même lecteur de varier l'intonation de manière à ce que son auditoire comprenne quand il y a changement de locuteur (plus difficile)

    Les contes :

    Télécharger « 7. Le Conjurateur et le Loup.pdf »

    Télécharger « 8. Le loup, le cochon, la cane et l'oie.pdf »

    Télécharger « 9. Pourquoi le Liseron grimpe sur les arbres.pdf »

    Télécharger « 10. Tawots, le petit lapin.pdf »

    Notes :

    [1] Attention, au rythme de 2 à 4 histoires par semaine, si on n'y prend garde, on aura vite ses placards pleins de « tapis de conte » ! Sans compter les nuits passées à concevoir, découper, coudre les dits tapis...

    Dans la même série :

    ♥ Racontamus, écoutatis, comprenunt :

    Un résumé du livre « Comment raconter des histoires à nos enfants » (Miss Sara Cone Bryant) :

    Racontamus, écoutatis, comprenunt - 1Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3Racontamus, écoutatis, comprenunt - 4)Racontamus, écoutatis, comprenunt - 5Racontamus, écoutatis, comprenunt  - 6 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 9

    ♥ Contes à dire, contes à lire :

    Contes à dire, contes à lire - 1Contes à dire, contes à lire - 2 ; ... ; Contes à dire, contes à lire - 4Contes à dire, contes à lire - 5 ;  Contes à dire, contes à lire - 6Contes à dire, contes à lire - 7 ; Contes à dire, contes à lire - 8Contes à dire, contes à lire - 9 ;

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • CE : Lecture et Expression - Modules 7 et 8

    Voici les chapitres 7 et 8, consacrés respectivement aux caractéristiques de l'hiver, Givre, glace et neige, puis à un thème fréquent en Éducation Morale et Civique, amenant les élèves à s'interroger sur deux mondes qui se croisent, se rencontrent et s'éloignent, se comparent, parfois sans se comprendre, régissant ainsi les relations entre Enfants et adultes.

    Comme dans les autres chapitres, nous aurons pour chacun d'entre eux :

    • un texte introducteur qui reprend les personnages d'Écrire et Lire au CP,
    • des textes d'auteur (ici, Le Roman de Renart, d'une part, et Le Petit Prince, de l'autre), des contes (Les lutins et le cordonnier, des frères Grimm),
    • des poèmes à lire et à dire (M. Carême, M. Vérité, P. Verlaine, P. Gamarra, A. Sylvestre, E. Guillevic, G. Apollinaire)
    • et des documentaires scientifiques, géographiques et historiques, conçus selon le principe de la « leçon d'observation » (la glace - glaciers et torrents - le hockey sur glace d'une part et  enfants et de l'autre : adultes au Moyen Âge - vivre au Sahara - le sable et les dunes).

    Quand vous saurez qu'il y aura encore un ou deux articles pour donner des pistes sur :

    • les élèves non-lecteurs à la rentrée
    • la rédaction collective

    et que je remercie sincèrement ceux d'entre vous qui prennent le temps de laisser un petit mot, ici ou sur Facebook, je vous aurai tout dit pour aujourd'hui.

    Bons téléchargements !

    Module 7 : Givre, glace et neige

    ♥ Le livre de l'élève :

    Télécharger « Chapitre 7.pdf »

    ♥ Le guide pédagogique :

    Télécharger « LDM module 7.pdf »

    Module 8 : Enfants et adultes

    ♥ Le livre de l'élève :

    Télécharger « Chapitre 8.pdf »

    ♥ Le guide pédagogique :

    Télécharger « LDM module 8.pdf »

    Dans la même série : 

     Module 1

    Modules 2 et 3

    Modules 4 et 5

    Module 6

    ...

    Module 9

    Module 10

    Module 11

    Module 12

    Module 13

    Module 14

    Et le mode d'emploi !

    Annexe 2 : Rédaction collective d'une phrase

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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