• CP : Ateliers mathématiques - 1bis

    Ateliers ou groupe-classe ?

    Comme je l'ai déjà dit dans CP : Ateliers mathématiques - 1, je suis intimement persuadée que l'école gagnera beaucoup en efficacité quand, au lieu de les éparpiller, elle mutualisera  les connaissances de ses élèves.

    Pour moi, le fonctionnement en ateliers ne prouve son efficacité que pour des compétences très générales qui demandent à être installées puis entraînées sur la durée, dans une relative liberté : la créativité, la flexibilité, l'autonomie et donc l'autodiscipline.

    Dès que des savoirs savants entrent en jeu, le plus efficace reste le collectif en groupe-classe pour le travail de découverte et d'explicitation puis l'individuel ou, à la rigueur le duo, pour l'entraînement et la mémorisation.

    Le réinvestissement et le transfert faisant partie des notions à découvrir puis à expliciter, au moins pendant toute la durée des cycles 1 et 2, c'est aussi en groupe classe que l'enseignant guide ses élèves vers la réutilisation des notions étudiées récemment ou plus loin dans le passé (attention, jusqu'à 7 ans, le passé commence souvent il y a 15 jours).

    Un constat qui rend nécessaire de nouveaux choix

    Mais voilà... Des années de maternelle transformée en propédeutique de l'école élémentaire, avec les mêmes objectifs et les mêmes savoirs, bien trop savants pour être acquis en grand groupe, nous ont bien souvent amenés, nous, PE, avec la bénédiction appuyée de notre hiérarchie, à utiliser pour nos classes le fonctionnement des maîtres d'école d'avant Jules Ferry (et surtout Kergomard), quand les élèves restaient seuls dans leur coin (ou en tout petits groupes) avec un travail répétitif, pendant que le maître (ou la maîtresse pour les petits) en appelait un ou deux à son bureau pour leur donner une leçon très dirigée sur un point de son programme, avant de les renvoyer ensuite au travail répétitif individuel ou de groupe : nous aurons reconnu sans difficulté le principe des ateliers tournants.
    L'ennui généré par ces activités autonomes répétitives ayant montré les limites de ce système, certains collègues de maternelle innovent en sortant du XIXe siècle pour retrouver le début du XXe, avec Maria Montessori et ses petites tâches individuelles, cette fois-ci supervisées d'en haut par le personnel adulte délivré de la prise en charge d'un groupe pour installer un savoir précis ; c'est déjà ça puisque, normalement, les adultes sont là pour tous et évitent l'écueil de l'enfant qui s'entraîne à vide, sans aide ni contrôle ; nous restons toutefois dans le cours particulier au niveau de la découverte et l'explicitation des nouvelles notions, en le morcelant encore un peu plus pour réduire la durée de ce cours.

    Ceci fait qu'en élémentaire, et tout particulièrement au CP, nos élèves ne sont pas toujours habitués à travailler en grand groupe, particulièrement dans le domaine de la découverte et de l'explicitation des notions.

    Si nous ajoutons à cela une bonne quinzaine d'années, peut-être même plus, de suggestions d'activités de groupe de plus en plus difficiles à mettre en œuvre, rassemblant beaucoup de matériel à préparer en amont (ah ! les trombones d'Ermel !) et dont les objectifs notionnels ne sont clairs pour personne à part les auteurs de la méthode (enfin, j'espère, parce que, après tout, je n'en sais rien), nous comprenons aisément pourquoi nos collègues se tournent vers le jeu, le fonctionnement en ateliers et l'abandon des fichiers ou manuels de mathématiques !

    À quoi bon en effet dépenser une grand partie du budget de la classe pour des ouvrages qui s'avéreront inaccessibles pour la moitié ou les trois quarts de la classe ? Sans compter toutes les classes qui n'ont pas ce budget...

    Groupe-classe et ateliers, ateliers et groupe-classe 

    Le problème, c'est ce qui va remplacer ce matériel. Comment s'assurer que tous les élèves, et j'insiste sur le mot tous, accéderont à la compréhension mathématique et à un certain niveau d’exigence[1] ? Comment ne rien oublier si on part sans filet et qu'on organise sa classe comme une salle de casino où certains jouent au baccarat pendant que d'autres sont à la roulette, aux bandits manchots ou au poker ?

    D'où l'idée de proposer des modules mathématiques, conçus pour une durée d'une semaine, à raison de 5 heures de mathématiques (auxquelles on ajoute une partie du temps d'EPS parce que les maths, ça va très bien avec l'EPS pour tout ce qui est activités de repérage dans l'espace, activités de repérage dans le temps, comptage et calcul).
    Les collègues sont ainsi sûrs de ne rien oublier, de pouvoir tout organiser et de disposer de tout le matériel.

    Selon moi, la partie EPS est indispensable :

    • d'abord parce qu'elle fédère la classe en groupe et que, à terme, la contagion se fera peut-être ce qui permettra à l'école de se mettre à enseigner à tous en même temps, en prenant compte des besoins de chacun, sans s'éparpiller façon puzzle et sans s'imaginer qu'il faut forcément préparer des usines à gaz (et à cases) à chaque fois qu'on veut apprendre quelque chose de nouveau à une bonne vingtaine d'enfants en même temps,
    • ensuite parce que, comme je le disais plus haut, en EPS, on vit avec tout son corps et tout son esprit l'organisation de l'espace et du temps, le comptage, l'ajout, le retrait, le partage et le produit, les mesures de longueur, de masse et de capacité, l'organisation des données et toutes les procédures logiques que l'être humain découvre en action

    La partie Activités Sensorielles, parce qu'elle se mène en ateliers de petits groupes ou en plateaux individuels, est sans doute encore très utile, puisque nos élèves, issus de maternelles lambdas n'ont pas été habitués à travailler autrement.
    Elle nécessite une organisation, d'où la proposition de matériel tout prêt qu'il n'y a plus qu'à imprimer et plastifier. D'où aussi les suggestions de calendrier.
    Elle pourra néanmoins être réduite en cours d'année au profit de la partie Expression Orale - Régulation qui devrait alors pouvoir jouer un rôle majeur.

    Cette partie Expression Orale et Régulation, quand elle pourra être menée avec l'adhésion de chacun[2], permettra de gagner en temps et en efficacité puisqu'elle mutualise les connaissances, compétences et capacités des élèves et leur permet d'apprendre à échanger, à discuter, à réfléchir, à raisonner, à organiser, à abstraire et à conclure.
    Placée entre le moment d'EPS et le moment d'Activités Sensorielles, ce temps permettra d'organiser les découvertes intuitives du moment physique et sportif et de transformer celui de manipulations en temps de transfert et de réinvestissement.

    Enfin, la partie Trace Écrite, qu'on pourra donner chaque jour (au rythme d'un quart de feuille à la fin de chaque séance) ou le dernier jour de la semaine, en entier, sous forme de bilan des connaissances acquises, permettra à l'enfant de se recentrer sur l'essentiel et d'oublier l'habillage ludique chargé de l'amener à s'intéresser à l'abstraction mathématique par la voie du concret.

    Le matériel

    Progression :

    Voir : CP : Ateliers mathématiques - 1

    Les modules pour l'enseignant :

    Module 3 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M3.pdf »

    Module 4 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M4.pdf »

    Module 5 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M5.pdf »

    Module 6 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M6.pdf »

    Les fiches à imprimer pour les élèves :

    Module 3 :

    Télécharger « Module 3.pdf »

    Module 4 :

    Télécharger « Module 4.pdf »

    Module 5 :

    Télécharger « Module 5.pdf »

    Module 6 :

    Télécharger « Module 6.pdf »

    Notes :

    [1] Pour le programme couvert, se reporter à CP : Ateliers mathématiques - 1.

    [2] Plus facile dans une classe de 15 à 20 élèves, Monsieur le Ministre, que dans une classe de 25 à 30 élèves. Il n’y a pas que les petits enfants de REP+ qui ont besoin de l’attention de leurs enseignants.

    Dans la même série :

    CP : Ateliers mathématiques - 1 ; ... ; CP : Ateliers Mathématiques - 2CP : Ateliers Mathématiques - 2bis

    Nota Bene : Pour ceux qui continuent à préférer une progression plus classique, avec un fichier d’exercices quotidiens, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent Compter, Calculer au CP, de P. Dupré, illustré par S. Borgnet, chez GRIP Éditions. J'en avais écrit un Guide Pédagogique qui n'a finalement pas été retenu par l'éditeur. Je peux l'envoyer par mail à toute personne qui m'en fera la demande par Contact.


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  • CP : Imprégnation graphémique (1)

    En me promenant sur les réseaux sociaux, j'ai remarqué que, pour le moment, en ce qui concerne l'apprentissage de la lecture et de l'écriture au CP, ce sont toujours les méthodes dont l'objectif est avant tout l'imprégnation littéraire qui gardent la confiance d'une majorité de collègues.

    Lorsqu'on trouve 1 citation de Taoki, de Piano ou de Pilotis, c'est 0,0001 citation d'Écrire et Lire au CP, de Je lis, j'écris ou de Bien Lire et Aimer Lire mais 100 citations de Chut, je lis, de Ribambelle, d'Étincelles ou de Rue des Contes.

    Et rien n'y fait,

    • ni le nombre de non-lecteurs en fin d'année, toujours justifié :

    - par la nécessité d'individualiser les parcours pour s'adapter aux rythmes différents selon les enfants,
    - par la possibilité de programmer l'étalement de l'apprentissage de la lecture jusqu'à la fin du cycle 2 (c'est-à-dire au CE2)
    - ou par le milieu social défavorisé dont sont issus certains élèves,

    • ni la preuve par l'exemple de ces classes, où on tient aussi compte de chacun, où les élèves sont aussi issus de milieux défavorisés et où pourtant tout le monde entre au CE1 sachant déchiffrer des textes simples ; cette apparence de réussite serait un écran de fumée derrière lequel seraient cachés des troubles graves :

    - manque d'autonomie,
    - défaut d'imagination,
    - incapacité à prendre des décisions...
    - toutes les caractéristiques du sinistre crétin, simple exécutant des basses œuvres dont l'apprentissage de la lecture a rogné les ailes au lieu de l'aider à les déployer plus largement.

    Et puis, ces méthodes que ces collègues gardent malgré tout, ils les aiment réellement. Ils en apprécient les textes qu'ils peuvent soumettre à l'analyse littéraire, ils aiment encourager les enfants à mener plus loin leur analyse des illustrations, à se perfectionner en langage oral, à jouer avec les idées que véhiculent les textes qu'ils le leur lisent. Et ils savent qu'assurant néanmoins une séance hebdomadaire à l'étude d'un phonème (dont les trois quarts se passent à l'oral), on ne peut pas qualifier leur méthode de « méthode globale ».

    Il me semble que lorsqu'on se retrouve face à un tel engouement pour ces méthodes d'imprégnation littéraire, on peut difficilement lutter... Et que, si lutte il y a, elle doit se faire par d'autres biais que la critique des ces jolis manuels aux contenus si appétents.

    Si on proposait par exemple de garder la méthode habituelle et de la mener exactement comme chaque année, sans rien y changer, mais en y ajoutant un rituel ? Normalement, les rituels, ça plaît beaucoup. Aux adultes comme aux enfants. C'est court, ça ne nécessite pas trop de matériel, ni une longue préparation et ça peut être ludique... tout pour plaire !

    Alors je m'y suis mise. Juste cinq à dix minutes, le matin et l'après-midi, en arrivant. Tous les élèves assis en demi-cercle devant le tableau et leur enseignant au milieu d'eux. Il présente un graphème ou deux en en oralisant le phonème. Pour aider à la mémorisation il associe un geste à chacun d’eux[1], sort d'une boîte un ou deux petits personnages mignons que les élèves pourront manipuler en « chantant le son »... et le tour est joué, la séance est déjà finie, on peut passer aux choses sérieuses, la rentrée des mamans, le loup conteur, les trois petits cochons ou la trousse de Tika !...

    L'après-midi, on remet ça, très vite, toujours en jouant, toujours avec l'aide de l'enseignant, toujours avec les gestes et les personnages. Et, si la mairie est très généreuse, on colle une petite feuille (un quart de A4) sur un demi cahier que l'on range ensuite dans le cartable pour faire voir à papa-maman-tatie-tonton-grand-frère-grande-sœur ce qu'on a appris à faire à l'école aujourd'hui. On ne la lit même pas avant parce qu'on sait qu'on a tout retenu et que ce sera facile !
    Et même que si, en plus d'être généreuse, la mairie est très confiante, on peut décorer provisoirement un des murs qu'elle nous confie d'une affichette toute simple, fournie dans la méthode, à laquelle les enfants pourront ainsi se référer en cas de trou de mémoire.

    Le lendemain, on recommence, un nouveau graphème, son geste, son petit bonhomme rigolo et, parce que je n'aime pas les activités idiotes qui oublient que lire, c'est avant comprendre, vite, grâce à deux petits carambolages « consonne - voyelle », en plus du loup qui conte des histoires aux quarante-douze personnages de la ferme, à côté de la maman qui boude parce que son enfant ne s'intéresse plus qu'à elle et cherche à avoir une vie sociale autonome, ou parallèlement aux petits cochons qui ont un lit, un tapis et un pyjama, les enfants découvrent  un petit garçon :

    Nino !

    Mais la différence, c'est que ce Nino-là, ce sont eux, les enfants, qui en ont lu, et réellement lu, le prénom.
    Tous n'y sont pas arrivés et c'est l'enseignant qui s'est substitué à eux pour prononcer : « nnnnnnniiiiii... nnnnnnnnnnnoooo ». Eux, ils ont répété en faisant les gestes rituels puis en manipulant les petits bonshommes qui chantent.

    Mais l'après-midi, ils sont deux ou trois de plus à être aussi rapides que l'adulte à reconnaître n, i, n, o, ni, no et Nino ! La feuille des communes riches part à la maison, juste après celle de la veille. Comme ça, ils pourront relire les deux, vous comprenez...
    Et la feuille des communes confiantes (et prévoyantes, il suffit de simples baguettes de pin pour éviter les taches de Patafix sur les murs) se retrouve sur le mur à côté de celles de la veille.

    Et encore une fois, c'est tout. La classe a pu entre temps mener son train-train quotidien sans s'occuper de ces activités rituelles.

    Le jour suivant, ils font connaissance avec la lettre É, et le phonème [e], et le petit salut main placée au-dessus de la tête, comme ça :

    CP : Rituel d'imprégnation graphémique (1)

    et la petite bonne femme en plastique jaune, comme ça :

    CP : Rituel d'imprégnation graphémique (1)

    Et puis, toujours pour ne pas mourir idiots, ils décodent, seuls, avec à peine une petite aide de leur enseignant les trois syllabes qu'ils peuvent maintenant composer et décomposer : 

    ni - no - né

    avant qu'enfin, leur enseignant les guide du geste et réalise avec eux le double carambolage qui leur permettra de trouver seuls le prénom de celui qui semble bien être le petit frère de Nino, le jeune « nnnnnnooooééééé » ou plus simplement, lorsqu'on substitue les graphèmes aux phonèmes, le jeune :

    Noé

    Le lendemain, l'ajout de la lettre a les mènera, grâce aux différents rituels, à faire connaissance avec deux autres enfants, dont ils auront décodé les prénoms, presque seuls maintenant pour les plus rapides et avec de moins en moins d'aide pour les plus faibles :

    Ana - Noa

    De toute façon, ils n'ont pas à les apprendre par cœur puisque, chaque jour, de carambolages en carambolages, de gestes en gestes, de petits bonshommes en petits bonshommes, d'œil en œil et d'oreille en oreille, ils pourront les retrouver seuls de façon toujours plus rapide et fluide.

    C'est ainsi qu'en fin de période 1, à la veille des premières vacances, en plus des jolis albums que leurs enseignants leur auront lus et commentés, en plus des 5 à 6 phonèmes que leur aura présentés leur beau manuel plein de couleurs et de mots, ils auront appris à combiner 17 graphèmes entre eux pour créer des syllabes (pas trop), des mots (beaucoup) et des phrases (pas aussi vraies et riches que celles de leurs manuels en papier glacé, mais déjà signifiantes) : 

    i - o - n - é - a - l - e - u - m - b - c - d - p - s - r - et - un

    Ces acquis seront pour le moment bien insuffisants pour aborder ne serait-ce que la première phrase proposée par leur manuel mais, à bas bruit, en s'additionnant avec ceux qu'ils apprendront en novembre, puis en décembre puis encore lors des cinq à six mois des deux autres trimestres de l'année scolaire, j'ose espérer que ne seront restés non-lecteurs que les (bien heureusement) très, très rares enfants dont le profil, très particulier, rend pour le moment impossible l'apprentissage de la lecture.

    Ceci dit, ce ne sera pas magique et cela nécessitera de la ténacité :

    • le rituel devra être maintenu envers et contre tout, chaque jour, afin que la réactivation des acquis permette la mémorisation.
    • Il ne devra être interrompu qu'en cas de force majeure, comme des vacances scolaires par exemple.
    • Surtout au début de l'année, on devra éviter de sauter un jour parce qu'il y a piscine ou sortie au musée ou encore anniversaire ou célébration aux connotations presque religieuses (comme les 100 jours de classe, ou la semaine du goût ou encore la journée de l'armistice, la fête d'Halloween ou la journée de la science).

    Et puis, et c'est le plus important, il devra être suivi scrupuleusement, sans fioritures ni ajouts. Juste ça :

    • je présente le nouveau graphème,
    • je l'illustre de la voix, du geste et du personnage Alpha
    • puis je vous aide, toujours du geste et du carambolage (si vous en avez encore besoin), pour que vous le combiniez seuls et que vous en fassiez du sens en lisant ce que je vous propose.

    Le rythme devra être enlevé, rapide et la séance ne devra jamais durer plus de 10 minutes : 

    • Les phrases seront écrites au tableau mot à mot, en silence, pour que les élèves puissent en suivre la création en direct et en commencer le déchiffrage.
      Au début, on pourra même s'arrêter après chaque mot pour qu'il soit décodé presque en direct du geste de l'écrit à la prononciation orale, juste avec l'intermédiaire de la vue.
    • On les aidera en suivant les mots du doigt ou à l'aide d'une baguette, lentement, de gauche à droite, en faisant les gestes de l'autre main.
    • Les mots et les phrases ne seront jamais relues plus d'une fois
    • et on n'exigera pas la lecture fluide (qui serait de la récitation, puisque, pour le moment, leurs yeux et leur bouche ne peuvent accomplir ce miracle de synthèse oculaire et vocale). De toute façon, ces histoires, contrairement à celles de la méthode, ne sont pas impérissables et sont destinées à être oubliées dès qu'elles seront comprises.

    Et si certains élèves semblent perdre leurs acquis au fur et à mesure, on pourra les prendre en plus, en APC, surtout si la classe est nombreuse et les écarts de langage importants entre les plus diserts et les moins bavards.

    Enfin, dernier point : la confiance !

    • Confiance en soi et en sa capacité de dépasser les représentations initiales sur la syllabique et ses immenses défauts,
    • confiance en les enfants et en leur capacité à mémoriser graphèmes, gestes et phonèmes petit à petit, sans forcing ni évaluation quotidienne, simplement parce qu'ils vont resservir maintes et maintes fois[2],
    • confiance enfin en leur capacité intellectuelle naissante à distinguer m et n ou b et d, peu à peu, grâce à l'affichage, à quelques aides et, surtout, à l'appel au sens.

    Si en plus de ces trois signes de confiance, vous ajoutez un brin de confiance en mes propos,

    • imprimez-vous ces fichiers,
    • lisez-les pour vous en faire une idée tant que sont encore frais les souvenirs des enfants du CP que vous venez de mener (ou pas) vers la lecture au moins mot à mot de courts textes inconnus,
    • faites-vous votre propre image de la faisabilité matérielle de ces deux très courts rituels
    • et rangez vite tout ça pour profiter au mieux de vos vacances que je vous souhaite :

    ex-cel-len-tes !

    Les fichiers de la Période 1 (Septembre Octobre) :

     A) Présentation :

    Télécharger « Présentation.pdf »

    B) Progression :

    Télécharger « Progression.pdf »

    C) Période 1 - Semaine 1 :

    Télécharger « Période 1 - Semaine 1.pdf »

    D) Période 1 - Semaine 2 :

    Télécharger « Période 1 - Semaine 2.pdf »

    E) Période 1 - Semaine 3 :

    Télécharger « Période 1 - Semaine 3.pdf »

    F) Période 1 - Semaine 4 :

    Télécharger « Période 1 - Semaine 4.pdf »

    G) Période 1 - Semaine 5 :

    Télécharger « Période 1 - Semaine 5.pdf »

    H) Période 1 - Semaine 6 :

    Télécharger « Période 1 - Semaine 6.pdf »

    Notes :

    [1] Les gestes se trouvent à la fin de l’article proposé en lien.

    [2] Rien que dans ce paragraphe, comptez combien de son [i] traduits par le graphème i et combien de son [o] traduits par le graphème o vous venez de réutiliser sans même vous en rendre compte.

    Et pour ceux qui ont décidé de sauter le pas :

    et de consacrer réellement 1 h 30 à 2 h par jour à l'écriture et à la lecture, grâce à une méthode à entrée graphémique, ce qui mènera finalement assez vite leurs élèves à une imprégnation littéraire autonome, je me permets de leur signaler que le manuel Écrire et Lire au CP réalise ce tour de force de :

    • l'entrée graphémique : ce sont les lettres qui donnent des sons et non les sons qu'on traduit en lettres (même si, à terme, sons et lettres sont à égalité)
    • le signifiant : dès le premier jour de classe, les enfants découvrent le sens d'un écrit vrai, complétant la description orale d'une illustration
    • l'imprégnation littéraire (qui est conseillée dans le guide pédagogique dès les premiers jours de classe) devient très vite possible grâce à la lecture de contes, d'abord adaptés puis donnés dans leur version originale, de récits, de documentaires et même d'un court roman
    • l'écriture est valorisée, dès le début de l'année, par des conseils de mise en œuvre du geste graphique dans le guide pédagogique, des propositions de dictées, des images à commenter dans le cahier d'exercices et dans le cahier de rédaction.

    Je sais que ce manuel est très peu connu. C'est pourquoi je vous propose de vous l'envoyer, au prix auquel me le vend mon éditeur (13 € les deux livrets), en prenant en charge les frais de port (4,80 € au tarif « Lettre verte » pour la France métropolitaine). Vous pouvez me contacter en cliquant sur ce lien pour connaître les modalités de paiement ou pour tout renseignement complémentaire : Contact .

    Dans la même série :

    A) Lecture :

    ... ; CP : Rituel d'imprégnation graphémique (2) ; CP : Rituel d'imprégnation graphémique (3) ;

    B) Écriture :

    CP : Écriture graphémique (1) ; CP : Écriture graphémique (2) ;


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  • Contes à dire, contes à lire (8)

    Cette semaine, trois contes à raconter aux plus grands, un qui peut se comprendre dès quatre ans et enfin, un classique parmi les classiques, lisible dès le plus jeune âge.

    27. Le petit héros de Haarlem

    Une histoire, inventée au XIXe siècle par une conteuse américaine du nom de Mary Mapes Dodge, qui paraît si réelle qu'on la croirait tirée d'un journal hollandais de la même époque.

    Le thème, très éloigné de leur imaginaire, n'est pas très parlant pour les plus petits et risque de ne pas les intéresser. Le personnage du héros est bien trop « ordinaire » pour qu'ils s'attachent à lui. Quant à son courage, dont ils ne pourront évaluer l'ampleur, faute d'avoir une appréciation suffisante du temps long, il ne les émouvra pas.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Histoire simple à raconter. Quelques compléments géographiques sur la Hollande, ses digues et ses polders seront les bienvenus, bien que ces informations soient présentes dans la premières parties du conte.

    Le lexique est simple, pas de difficulté notable.

    Faire suivre la narration (ou la lecture) des exercices de reformulation, d'illustration et de mise en scène rapide, comme cela est proposé dans Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Seule la longueur du texte justifie de le réserver aux aînés. On pourra si on le souhaite le faire lire à de bons CE1, en toute fin d'année.

    28. Histoire de la princesse Aurore

     Le conte merveilleux dans toute sa splendeur. Tout y est : la belle princesse, ses parents émerveillés, les gentilles fées et la méchante, le mauvais sort, le beau prince déguisé en paysan... et la fin heureuse telle que la conçoivent les contes de de type.

    Je ne connais pas le dessin animé qu'en ont tiré les studios Disney, je ne peux donc pas dire l'ampleur des « mises au point » à faire auprès des élèves. L'important sera qu'à la fin de leurs années de Primaire (c'est-à-dire au CM2, nous avons du temps), tous aient compris que, le plus souvent, le conte ou le roman rédigé par un auteur précis ou issu de la tradition populaire précède sa version cinématographique et que ce sont ces œuvres littéraires qui racontent l'histoire « en vrai », contrairement à ce qu'ils croient souvent.
    Pour ceci aussi, la technique du « peu mais souvent » fonctionne mieux que celle de la séquence interminable où les élèves doivent scène par scène et chapitre par chapitre s'auto-persuader – et vite !... l'évaluation approche – que les frères Grimm, ou MM. Shakespeare et Molière avaient collecté ou conçu leurs intrigues bien avant Disney,  Zeffirelli ou Mnouchkine.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    J'ai fixé l'âge à 5 ans, soit en fin de MS, parce que l'histoire est longue et qu'avant, il faut avoir écouté La Belle au Bois Dormant, Cendrillon et pourquoi pas aussi Blanche-Neige, qui sont plus connus.
    Par ailleurs, le principe des phases de la Lune n'est pas évident à comprendre et de tout petits enfants ne rattacheraient à rien cette histoire d'enfant qui grossit et maigrit jusqu'à disparaître périodiquement.
    Enfin, la façon dont l'exigence selon laquelle le prince ne doit pas reconnaître la princesse est satisfaite est un peu subtile et amène à beaucoup de rebondissements peu propres à rendre l'histoire intéressante pour des enfants qui aiment bien que les solutions aux problèmes soient simples et rapides.

    On pourra, si les autres contes cités ci-dessus sont déjà connus des enfants, s'amuser avec eux à retrouver les similitudes et les différences.

    Le vocabulaire sera expliqué en cours de lecture ; on s'attachera plus à faire mémoriser (provisoirement, nous sommes dans la lecture plaisir pas dans le pensum qui amène à réciter, à froid, des listes de mots pour – paraît-il – les retenir) les mots courants  que ceux qui, comme mouches à feu, n'apparaissent que dans ce conte.
    Ceci est d'ailleurs valable pour tous les contes que nous lirons au cours d'une année scolaire : fréquenter des mots rares, au quotidien, les retrouver de loin en loin (cette semaine deux contes emploient le mot lieue), les associer à un moment de plaisir et de convivialité les feront bien mieux mémoriser que tous les répertoires et autres rituels visant à tourner en rond autour d'un mot qu'on ne reverra plus jamais ensuite.

    Si les contes cités ci-dessus ont déjà été lus, il ne sera peut-être pas la peine d'illustrer le conte par des images ou des personnages utilisés comme des marionnettes.

    La représentation théâtralisée risque d'être longue et compliquée pour les élèves. Rien n'empêche cependant de la faire pratiquer, comme cela est décrit dans Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8. En revanche, la reformulation, épisode par épisode, et pourquoi pas entière, ainsi que les illustrations me semblent tout à fait pertinentes.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture oralisée paragraphe par paragraphe, avec reprise explicative à la fin de chaque « chapitre ». Penser à exiger une lecture de plus en plus fluide, de conte en conte.

    Attention aux élèves qui « mettent le pilote automatique », ceux dont les yeux parcourent la feuille pour permettre à la bouche de « faire du bruit » sans pour cela écouter ce que cela raconte.
    La lecture oralisée permet cette vérification, bien mieux que la lecture silencieuse, et combat la principale cause du trouble, considéré actuellement comme presque pathologique, qui affecte ces élèves qui liraient sans comprendre : une petite interruption en pleine lecture pour lancer un : « Qu'est-ce que tu viens de dire, là ? Je n'ai pas bien compris. » les remettra sur les rails et leur fera reprendre leur lecture avec plus d'attention. À condition bien entendu qu'ils sachent réellement lire et qu'ils n'aient pas trop de difficultés à déchiffrer presque lettre à lettre les mots qu'ils ont devant les yeux.

    La lecture d'une partie prenant tout au plus une dizaine de minutes, on pourra s'autoriser une relecture par un autre groupe d'élèves. Éviter la troisième lecture qui commencerait à aboutir sur du « par cœur, les yeux au plafond » chez les plus auditifs de nos élèves.

    L'exploitation sera la même que si le conte est raconté ou lu. Ne pas négliger en priorité la reformulation, plus anecdotiquement l'illustration (pourquoi pas, dans un coin de la classe, une table, des feuilles à dessin et des crayons ou du papier à découper, ainsi qu'un panneau d'affichage intitulé « Le coin des contes » ?).

    29. Le petit Moulin

    Encore un conte très long, mais pas forcément très compliqué, à lire aux enfants dès 4 ans et à leur faire lire dès la fin du CE1. C'est la version complète du « conte des pourquoi » (ou conte étiologique) expliquant la raison pour laquelle l'eau de mer est salée.

    Cette version longue ajoute à cette explication « savante » qui fera rire les enfants un thème d’Éducation Morale et Civique souvent présent dans les contes : l'opposition entre le gentil frère pauvre et généreux et le méchant frère riche et avare. Dans les classes d'enfants de 5 à 8 ans, on en parlera certainement avec beaucoup de ferveur et de générosité ; chez les plus grands, certains élèves, moins positifs et bienveillants que la moyenne, auront sans doute des exemples de réussite sociale construite sur l'exploitation des faibles à rétorquer à cette morale. À leur enseignant de leur opposer la Loi et rien que la Loi, sous la forme de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948) et de celle des Droits de l'Enfant (1959).

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Avec les plus jeunes, on pourra se servir d'illustrations ou de petits personnages pour donner à voir aux enfants.

    Peu de vocabulaire à retenir (hutte, basse-cour et éventuellement écuelle) ; surtout chez les plus petits, on laissera de côté l'expression plus un rouge liard (on pourra avoir en poche pour les plus grands, des pièces de 1, 2 et 5 c, nos rouges liards actuels). ainsi que les mots casaque, long cours et écoutille, ces derniers risquant de revenir, pour les plus grands, lorsqu'ils liront ou chanteront des récits ou chansons de marins.

    On pourra faire jouer les scènes par les enfants, si on dispose d'assez de temps pour cela (je ne dirai jamais assez combien la soustraction de trois heures de classe par semaine a privé les enfants de tout ce qui faisait le sel de la vie scolaire). La reformulation est bien entendu indispensable, l'illustration est un plus à ne pas négliger (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8).

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture à ne pas entreprendre avec des CE1 qui ânonnent encore car elle serait interminable et, de ce fait, propre à les dégoûter durablement de la lecture.

    La lecture se fera donc paragraphe par paragraphe, sans préparation préalable pour favoriser la fluidité vraie, celle qui naît de l'association œil/cerveau/bouche et non celle qui a transité par l'écoute et la mémorisation auditive. On pourra faire relire une fois chaque paragraphe après reformulation, surtout dans les petites classes (CE1 et début de CE2).

    L'exploitation sera la même que si le conte est raconté ou lu. On pourra avoir un débat sur les contes étiologiques, avec rappel de ceux que les élèves connaissent déjà. On pourra aussi évoquer le débat moral sur richesse et pauvreté, générosité et avarice, bonté et méchanceté. Enfin, on pourra montrer un navire au long cours et en répertorier les éléments, dont les écoutilles.

    30. Billy et son taureau

    Un conte merveilleux encore dont l'originalité est due à un mélange entre deux genres :

    • celui de l'enfant rejeté par sa marâtre qui trouve sa place dans une famille royale après avoir été recherché activement par celle-ci
    • et celui du héros solitaire, passant par de multiples épreuves pour venir à bout de sa quête.

    Car ici, en Irlande, c'est un garçon que sa belle-mère cherche à supprimer, en le privant de son taureau ; c'est ce même garçon qui perd son petit soulier, après avoir délivré la pauvre princesse d'un sort atroce ; et c'est encore ce garçon qui, caché dans la foule des prétendants, est adoubé par la princesse qu'il épousera enfin, grâce à son petit pied et à la présentation de l'autre soulier !
    Parfait pour rajouter une couche supplémentaire à toutes celles que nous faisons au quotidien, plutôt que par un thème « Me voilà avec mes gros sabots », pour établir le principe de l'égalité filles/garçons ! Cendrillon/ Billy, un point partout, la balle au centre !

    Surtout que ceci n'empêche pas notre héros d'être un vaillant pourfendeur de géants et autres dragons à douze têtes... Ni d'avoir le cœur assez tendre pour préférer quitter son milieu afin de protéger d'une mort certaine son ami de toujours...

    Si on ajoute à cela une propension à l'exagération et un humour subtil, toujours l'air de ne pas y toucher, on se délecte à la lecture des aventures du jeune prince irlandais déguisé en berger.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Pour les enfants de 6 à 11 ans car l'histoire est un peu longue. Un gros avantage au niveau du vocabulaire : il est toujours repris dans la suite du conte et permet ainsi une meilleure mémorisation active.

    Les épisodes peuvent être joués et illustrés par le dessin, après la nécessaire reformulation habituelle.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture paragraphe par paragraphe obligatoire car sinon l'histoire sera interminable.

    Faire lire les dialogues par le même élève, qui doit varier son intonation en fonction des personnages est un excellent exercice de fluidité vraie, associant déchiffrage extrêmement rapide et compréhension fine. Il faut cependant permettre la relecture immédiate d'une réplique, lorsque le lecteur le réclame : c'est la preuve irréfutable qu'il a compris ce qu'il lisait, comme ça, en direct, sans avoir eu besoin pour cela d'accumuler les séances de  « Si je descends du vélo, je me verrai pédaler et ça m'aidera à grimper la côte ».

    En résumé, préférer les méthodes actives plutôt que la pédagogie frontale du maître qui apporte du tout cuit, tout prêt et savamment calibré et s'attend à ce que tous transfèrent cette compétence hors-sol dans leur vie quotidienne de lecteur (qui bien souvent passe à l'as, faute de temps et de moyens, ce qui fait que les enfants n'ont d'autre contact avec la lecture que ces exercices hors-sol assez peu motivants). 

    Les reformulations seront suivies de débats où il ne serait pas étonnant que les « garçons », les « mecs à capuches », comme le dit cette chanson qui me révolte, se rebiffent contre leur rôle dans l'histoire du soulier. Encore une fois la Loi, les deux Déclarations Universelles des Droits citées ci-dessus feront plus, et mieux, que la morale à dose de cheval unique, si elles sont rappelées souvent, à doses homéopathiques.

    J'espère aussi que les plus grands seront sensibles à l'humour de cette histoire qui sent le pub irlandais et les rodomontades de ceux qui y racontent des histoires vraies de vraies dont ils auraient été les témoins directs, voyant de leurs propres yeux, et à plusieurs reprises encore, les rochers se transformer en fontaines et les fontaines en rochers au cours de batailles homériques entre taureaux qui parlent...

    31. Le loup, la chèvre et les sept chevreaux

    Conte traditionnel par excellence. Aucun enfant ne devrait entrer au CP sans avoir engrangé ce conte dans son répertoire mental. En effet, ce ne sera qu'après avoir entendu de très nombreux contes traditionnels qu'il pourra comprendre la saveur des « contes détournés » par les auteurs de la littérature de jeunesse contemporaine.

    Par ailleurs, cette imprégnation à la langue « classique » sera le fond sur lequel s'établira leur capacité à lire de l'écrit, à l'employer soi-même à l'écrit et à en faire l'analyse grammaticale.

    Alors, allons-y, dès la Petite Section, pour la lecture classique elle aussi, sans  « le loup, il a dit que...  ni « et alors, qu'est-ce qu'elle a fait, la chèvre ?... », du Loup, de la Chèvre et de ses sept Chevreaux !

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Dans les petites classes (PS, mais aussi MS et GS, si les élèves ne sont pas habitués à cette forme de narration), se munir de matériel :

    • 9 petits personnages représentant 7 chevreaux, 1 chèvre et 1 loup ;
    • 7 objets représentant : 1 table, 1 lit, 1 fourneau, 1 cuisine, 1 armoire, 1 évier, 1 pendule ;
    • photos : verrou ; brassée de paille ; fourneau (voir en fin de tapuscrit). 

    Le conte pourra être interrompu aux endroits signalés par ◊ ◊ ◊ ; la suite sera racontée le lendemain. Ces interruptions doivent permettre :

    • le dialogue entre enfants, animé par l'enseignant,
    • la manipulation des figurines utilisées jusqu'alors par le conteur,
    • le dessin libre ayant trait à l'épisode,
    • la mise en scène simple et rapide de l'extrait.

    Cette démarche est expliquée ici : Racontamus, écoutatis, comprenunt (8) 

    S'il s'agit d'une lecture offerte par un élève bon lecteur (au cours d'un projet visant à envoyer des élèves de Primaire lire des contes aux enfants de Maternelle, par exemple), prévoir un ou deux autres élèves pour manipuler les figurines.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Cet exercice, très courant au CP, disparaît trop fréquemment quand les élèves accèdent à la lecture courante. Il est pourtant d'une importance capitale pour assurer une automatisation intelligente du décodage par unités de sens (déchiffrage rapide permettant la compréhension au fil de la lecture).

    Il ne faut cependant pas le confondre avec l'exercice qui consiste à acquérir les qualités d'un bon conteur (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 6 et Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7). La lecture ne doit donc pas avoir été donnée à préparer à la maison ou pendant un temps de lecture silencieuse.

    Nous ne recherchons pas la récitation, ni l'adaptation libre à partir d'une trame,  mais bien au contraire, du mot à mot précis et clair prouvant une bonne compréhension du texte lu. Il n'est donc pas souhaitable que les élèves puissent s'appuyer plus sur leurs souvenirs que sur le texte qu'ils ont sous les yeux.

    Le conte 31. Le loup, la chèvre et les sept chevreaux que les élèves connaissent sans doute déjà se prête parfaitement à ce type d'exercice.

    Sa lecture se fera phrase à phrase, surtout s'il s'agit d'élèves de CP, et pourra avoir été précédée d'un moment pendant lequel les enfants raconteront librement l'histoire qu'ils connaissent.

    La position des virgules pourra être accentuée par leur surlignage, avant lecture. Attention à ne pas assimiler la virgule à une figure de solfège : ce n'est pas parce qu'il y a une virgule ( = un soupir) que l'on s'arrête, mais parce que le sens réclame de s'arrêter que l'auteur a mis une virgule.

    La lecture sera fractionnée en 4 épisodes dans une classe de CP tout juste déchiffreurs, elle pourra être plus rapide avec des élèves déjà capables d'une lecture oralisée rapide. Les élèves doivent au préalable avoir étudié les sons suivants : er = erre ; ce, ci, cy, ç ; ail, eil, ouil.

    Penser à faire définir les mots du lexique avant la lecture de l'épisode dans lequel ils apparaissent (verrou, brassée : 1er épisode ; fourneau : 2e épisode). La photo ne suffit pas, il est intéressant de lire aux élèves la définition donnée par un dictionnaire adapté à l'âge des enfants.

    Chaque lecture sera fractionnée, phrase par phrase avec des débutants, paragraphe par paragraphe avec des lecteurs plus compétents.
    À la fin de chaque « tronçon », on interrompra la lecture et on demandera aux élèves ce qu'ils ont compris. Le lecteur suivant reprendra la partie lue puis continuera avec sa propre partie.
    Lorsque l'épisode aura été entièrement lu et commenté, on procédera à une nouvelle lecture, toujours tronçon par tronçon, mais sans interruptions cette fois.

    Nota bene

    Les nouvelles recommandations ministérielles demandent d'éviter les photocopies et autres feuilles volantes. Si un éditeur passe par là, je serais ravie de travailler avec lui sur l'édition d'un livre regroupant ces différents contes.
    En attendant cet heureux événement, je vous suggère d'imprimer les contes, de couper les feuillets A5, de les perforer pour les relier grâce à des « peignes » ou pour les stocker dans un classeur format 17 x 22.

    Les contes :

    Télécharger « 27. Le petit héros de Haarlem.pdf »

    Télécharger « 28. Histoire de la princesse Aurore.pdf »

    Télécharger « 29. Le petit Moulin.pdf »

    Télécharger « 30. Histoire de Billy et de son taureau.pdf »

    Télécharger « 31. Le loup, la chèvre et les sept chevreaux.pdf »

    Dans la même série :

    ♥ Racontamus, écoutatis, comprenunt :

    Un résumé du livre « Comment raconter des histoires à nos enfants » (Miss Sara Cone Bryant) :

    Racontamus, écoutatis, comprenunt - 1Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3Racontamus, écoutatis, comprenunt - 4)Racontamus, écoutatis, comprenunt - 5Racontamus, écoutatis, comprenunt  - 6 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 9

    ♥ Contes à dire, contes à lire :

    Contes à dire, contes à lire - 1Contes à dire, contes à lire - 2 ; Contes à dire, contes à lire (3) ; Contes à dire, contes à lire - 4 ; Contes à dire, contes à lire - 5Contes à dire, contes à lire - 6 ;  Contes à dire, contes à lire (7) ;... ; Contes à dire, contes à lire - 9 ;

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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  • CP : Ateliers mathématiques - 1

    En mathématiques, les fichiers n'ont plus le vent en poupe. Il faut dire que, parfois, c'était un peu la solution de facilité, surtout quand, non content de donner à « faire » la page du jour sans avoir préalablement manipulé, on sélectionnait cette page en évacuant toutes celles pour lesquelles il aurait peut-être fallu préparer le terrain au préalable par des activités de manipulation difficiles à mener.

    L'autre travers des fichiers consistait à suivre une phase de préparation extrêmement coûteuse en temps et en énergie, parfois très éloignée dans l'esprit des enfants de la notion ou de la compétence à acquérir.

    Quand on ajoutait à cela des enfants difficiles à socialiser, très individualistes, à l'attention visuelle et auditive très diluée, et plus habitués à travailler en petits ateliers dirigés par l'adulte qu'en grand groupe, on comprend pourquoi l'organisation en groupe classe, visant à faire le tour d'une notion en une séance de mathématiques ponctuée par la page d'un fichier peut être très difficile à installer.

    Je continue à croire cependant que l'école est là pour ça et que, s'il doit y avoir des moments très individualisés, pendant lesquels chaque enfant travaille en autonomie, ceux-ci doivent être consacrés à une même tâche, sans autre différenciation que celle qui consiste à fournir plus d'aide et de conseils à l'enfant en difficulté.

    Et je suis toujours persuadée qu'une vingtaine d'enfants peuvent aussi, bien avant l'âge de six ans, réfléchir, dialoguer, s'intéresser ensemble à une même activité dirigée par leur enseignant et que c'est par ce biais-là que l'école est la plus efficace et la plus équitable.
    Au-delà de vingt-cinq, avec les enfants d'aujourd'hui, c'est souvent très difficile, surtout tant que les programmes appliqués en école maternelle continueront à démarrer le tri des « scolaires » et des « non-scolaires » dès les premières années, et pour les siècles des siècles, au lieu de les encourager tous à se sentir bien dans les activités d'apprentissage.

    Une fois ces quelques principes posés, me voilà embarquée dans un nouveau projet : proposer aux collègues (et aux familles), qui ne souhaiteraient ou ne pourraient pas engager les frais qu'occasionne un fichier[1], de faire vivre les mathématiques à leurs élèves de CP, comme en GS et en MS, en trois volets :

    1. le volet moteur, avec de grands jeux collectifs, pendant l'horaire d'Éducation Physique et Sportive
    2. le volet sensoriel, avec des activités en classe, à mener grâce à du petit matériel peu coûteux, quelques photocopies à plastifier (le moins possible) :

    - soit en individuel complet (système des plateaux),
    - soit en petits groupes (système des ateliers tournants),
    - soit en groupe-classe (système traditionnel)

    1. le volet écriture-lecture, en n'utilisant qu'une feuille A4 par semaine et par enfant, pour ne pas gréver le budget des collègues auxquels l'organisme gestionnaire (mairie, directeur d'école privée) non seulement ne fournit pas l'argent nécessaire à l'achat d'un fichier par élève mais en plus limite drastiquement le nombre de feuilles de papier à distribuer aux élèves.
      J'espère d'ailleurs pouvoir assez vite transformer ce quart de feuille en un modèle à recopier au tableau pour que les élèves travaillent sur leur cahier de classe[2]

    Je ne sais pas si le projet intéressera grand monde, ce qui fait que je n'ai pour l'instant préparé que deux « modules » d'une semaine. La progression est adaptée d'après un modèle très peu habituel actuellement, mais encore une fois calqué sur ce que j'ai fait pour la classe de Grande Section : très peu à la fois, très spiralaire, remettant sans cesse en jeu les acquis antérieurs pour les élargir, les compléter, les appliquer à un champ numérique plus étendu.

    Cette progression est inspirée de l'époque où les méthodes de mathématiques avançaient à petits pas, plutôt que de celle où l'on s'est mis à tout poser en tas sur la table dès le début de l'année, pour faire trier ensuite.
    Cela satisfait mieux mon désir de justice et d'équité : en demandant peu, je suis sûre que tout le monde y arrive et en commençant tout petit, je peux dès le début installer le calcul mental et un embryon de calcul réfléchi (ici : ajouter 1, c'est obtenir le nombre suivant dans la comptine numérique ; retrancher 1, c'est obtenir le précédent).

    Les références, les méthodes et les habitudes scolaires, quant à elles, ne sont en aucun cas « passéistes » et s'inspirent de ce qui se fait dans l'école d'aujourd'hui. Je ne vous demanderai ni de faire recopier les consignes en anglaise au porte-plume trempé dans l'encrier, ni de distribuer bons et mauvais points à vos élèves, ni même de leur faire enfiler une blouse d'uniforme pour réussir à apprendre à compter.
    Ils feront comme leurs petits camarades des autres classes, courront dans la cour pour constituer des rondes de dix, compteront leurs points en jetant des balles dans une cible, joueront à la marchande, découperont des ficelles, estimeront des masses en les soupesant avant de les comparer grâce à une balance, transvaseront des liquides d'un récipient dans l'autre, joueront à la bataille et aux dominos, etc.

    Et à l'arrivée, après une année de CP, comme eux, ils maîtriseront les compétences attribuées à cette classe :

    • conceptualiser le système décimal jusqu'à 100
    • décomposer/recomposer les nombres
    • maîtriser les tables d'addition et de soustraction
    • maîtriser les tables de multiplication et de division par 2, 5 et 10
    • technique de l'addition posée
    • technique de la soustraction posée dans le cas où il n'y a pas de retenue
    • technique de la multiplication avec un chiffre au multiplicateur
    • technique de la division euclidienne, avec un chiffre au diviseur et au quotient
    • résolution de problèmes (quatre opérations)
    • comparer des longueurs
    • mesurer en cm, dm, m
    • monnaie (les euros)
    • capacités (le litre)
    • masses (le gramme)
    • figures sur quadrillage (carré, rectangle, triangles)
    • repérage sur quadrillage
    • symétrie sur quadrillage

    Le matériel :

    La progression :

    Télécharger « Progression.pdf »

    Les modules pour l'enseignant :

    Module 1 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M1.pdf »

    Module 2 :

    Télécharger « Ateliers mathématiques M2.pdf »

    Les fiches à imprimer pour les élèves :

    Module 1 :

    Télécharger « Module 1.pdf »

    Module 2 :

    Télécharger « Module 2.pdf »

    Notes :

    [1] Pour ceux qui continuent à préférer une progression plus classique, avec un fichier d’exercices quotidiens, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent Compter, Calculer au CP, de P. Dupré, illustré par S. Borgnet, chez GRIP Éditions.

    [2] À ce sujet, l’achat de cahiers de dessin, dont les carreaux mesurent 1 cm x 1 cm, peut être judicieux pour toutes les activités de géométrie. Ils coûtent un prix dérisoire et sont généralement vendus par lot de 50.

    Dans la même série :

    ... ; CP : Ateliers mathématiques - 1bis ; CP : Ateliers Mathématiques - 2CP : Ateliers Mathématiques (2bis) ;


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  • Contes à dire, contes à lire (7)

    Cette semaine, cinq contes d'un coup ! Le premier, lisible dès la Petite Section, trois autres à lire, pourquoi pas, dès la fin de Moyenne Section, et enfin un, tiré de la mythologie romaine, à réserver aux plus grands.

    Parmi ces contes, quatre sont à rattacher à des périodes historiques qu'il est désormais la mode de traiter « à fond » dès la Maternelle, sans pour autant les situer chronologiquement les uns par rapport aux autres.

    Dans Pour une Maternelle du XXIe Siècle, j'explique pourquoi et comment je préférerais voir l'Histoire traitée plutôt à partir de la Grande Section, en effleurant successivement chacune des grandes époques historiques, au cours de chaque année scolaire.
    Je n'y reviendrai pas et me contenterai de dire que prendre une semaine dans l'année pour lire, en quatre épisodes, 23. Le Joueur de Flûte de Hamelin puis à nouveau deux jours à un autre moment de l'année pour lire 26. Arthur et l'Épée royale, en fin de MS, c'est bien, et ça commence à préparer le terrain sur un autrefois que les enfants comprendront mieux une fois l'âge venu de se situer dans le temps long.
    Et je continuerai à penser que passer une période de 7 semaines à absorber du château fort, et du chevalier, et de la princesse, en abandonnant pendant ce temps tout ce qui n'est pas châteaux forts, princesses et chevaliers, et à travers la littérature de jeunesse, le plus souvent, c'est trop, trop longtemps, trop tôt et hélas parfois trop anachronique pour être utile.

    22. Le Petit Sapin

    Un conte bien connu, à la morale simple et accessible aux plus petits : on est comme on est et il vaut mieux s'en contenter.

    Des discussions passionnantes en perspective :

    « Moi, à ma maison, ma maman, eh ben, elle a cassé un verre...
    – Eh ben, les voleurs, c'est méchant, ça vole l'or... et les téléphones portables... et les ordinateurs... et les voitures...
    – Eh ben moi, à ma maison, mon papa, eh beh, y s'est fait voler sa voiture... Y z'avaient cassé la porte du garage, les méchants...
    –  Eh ben, moi, j'en ai vu un de petit chevreau... à la ferme... y mangeait pas des feuilles... y buvait le lait à sa maman...
    – Eh ben, les sapins, ça pique, les aiguilles... »
    [Je fais bien Boisseau, hein ?]

    Pas... sion...nant, je vous dis !
    Si on n'aime pas, on ne choisit pas ce métier, on va planter des choux chez les adultes.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Rien de spécial à dire. Avec des enfants ayant encore de la peine à écouter sans voir, utiliser des petits personnages ou des illustrations qu'on affichera au tableau.

    Les parties illustration et jeu théâtral ne sont pas à négliger (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8). 

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    À faire aux élèves de CP après l'étude des graphies suivantes : ç, enne/erre, ill/euil/eil, gn, ien.

    Lecture phrase par phrase ou paragraphe par paragraphe. Même exploitation que lorsque c'est l'adulte qui lit le conte aux élèves.

    23. Le Joueur de Flûte de Hamelin

    Un conte traditionnel très connu. Sa longueur et la complexité des conflits humains qu'il évoque font qu'on ne pourra sans doute pas le raconter à profit à des enfants de Petite Section.

    Mais, dès la fin de MS ou la GS, aucun problème. Et aucune nécessité de passer neuf séances dessus pour assurer fluence et compréhension au CE1 ou CE2 ! Deux à quatre épisodes qui s'appuieront sur les contes lus précédemment et ceux qui le seront plus tard pour ancrer profondément dans l'esprit de nos élèves que lorsqu'on lit ou écoute une histoire, on suit les états mentaux des personnages pour mieux la comprendre.

    Ce conte pourra être raconté ou lu par les grands élèves eux-mêmes au moment de l'année où ils étudient le Moyen Âge, surtout pour les grandes classes, dans lesquelles le côté féodalité, châteaux forts et chevaliers, ayant déjà été abondamment traité avant, on peut commencer à voir l'organisation sociale et l'essor des villes franches.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Rien de spécial à dire. Les parties illustration et jeu théâtral ne sont pas à négliger (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8) chez les plus petits et, pourquoi pas, chez les plus grands afin de le donner à voir à un public, par exemple.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    La longueur du texte le destine plutôt aux élèves déjà lecteurs très fluides, à partir du CE2. Accessible cependant dans un très bon CE1, plutôt en fin d'année. Lecture paragraphe par paragraphe. Même exploitation que lorsque c'est l'adulte qui lit le conte aux élèves.

    24. Tarpeia la Romaine

    Un conte tiré de la mythologie romaine. Une sombre histoire de trahison, punie par la mort de l'héroïne, de la main même de ceux en faveur de qui elle avait trahi son propre peuple.

    Malgré la mode de la mythologie en maternelle (je répète mon credo, histoire que tout le monde l'ait entendu : « Un jour ou une semaine, ça va... Plus que ça, bonjour les dégâts ! »), je ne vois pas ce que tireraient de ce conte des bambins de 4 à 7 ans...
    Mais je peux me tromper, et on me démontrera sûrement que, dans la classe de X..., les enfants ont travaillé toute l'année sur l'Énéide et qu'ils ont a... do... ré !

    Et, comme d'habitude, je rétorquerai : « Et tout le reste a été assuré ? Le chant, la danse, la peinture, le collage, le découpage, la création libre, la découverte des plantes, des animaux, des techniques, les autres époques du passé, les règles d'hygiène et de sécurité, le saut, la course, le jeu collectif, les différents milieux, l'écriture, le repérage dans le temps, le modelage et tout, tout, tout le reste ? Si c'est non, je suis désolée mais pour moi, vous avez failli à votre mission. Et si c'est oui, chapeau, continuez à étudier l'Énéide et puis c'est tout, sur toute l'année scolaire, pour les siècles des siècles. »

    Au CP, même chose. Peu d'intérêt pour eux que cette histoire. À raconter un conte (pas 36 !) tiré de la mythologie, il vaut mieux choisir 25. Le Jugement de Midas que celui-ci.

    À réserver donc, pour un travail d'EMC par exemple, ou en conclusion des séances d'Histoire consacrées à l'époque romaine, aux élèves de CE ou CM.

    Penser à la situer dans le temps et dans l'espace grâce à une frise chronologique et un planisphère. Quelques vestiges de l'époque romaine (statues, bâtiments, voies de circulation) aideront les élèves à se mettre dans la peau des personnages.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Rien de spécial à dire. Un simple débat après écoute sera suffisant, surtout si ce conte a été lu pendant l'étude historique de la Rome antique.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture paragraphe par paragraphe. Même exploitation que lorsque c'est l'adulte qui lit le conte aux élèves.

    25. Le Jugement de Midas

    Autre conte tiré de la mythologie, grecque, cette fois. Mêmes réserves quant à l'étude de ce conte dans les petites classes de l'école maternelle. Cette fois-ci, en revanche, la bêtise de l'attitude de Midas et la punition qu'on lui inflige étant faciles à comprendre (et les enfants habitués à écouter de nombreux contes sachant d'instinct suivre les états mentaux des personnages pour le faire), on pourra raconter cette histoire dès la Grande Section.

    Avec des petits (GS et CP), pas la peine de situer chronologiquement le conte, bien qu'on puisse le faire dans le cadre de l'étude de l'histoire. On s'attachera alors plus au comportement de Midas et à sa punition, travaillant ainsi plutôt dans le domaine de l'EMC.

    Avec les plus grands, la lecture de ce conte pourra être programmée pendant l'étude de la période de l'Antiquité grecque afin d'habituer les élèves à ce monde dans lequel dieux et mortels se côtoient dans les tâches et les plaisirs de la vie quotidienne. Une frise chronologique, un planisphère et des illustrations de quelques vestiges (statues, poteries, bâtiments, ...) complèteront bien la lecture du conte.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Rien de spécial à dire. Les parties illustration et jeu théâtral ne sont pas à négliger (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8) surtout chez les petits (GS, CP et CE1). 

    Elle pourra être jouée chez les plus grands pour le plaisir ou afin de la donner à voir à un public, par exemple. 

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture paragraphe par paragraphe. Même exploitation que lorsque c'est l'adulte qui lit le conte aux élèves.

    26. Arthur et l'Épée royale

    Un récit du Moyen Âge, extrêmement célèbre. À lire dès la fin de la Moyenne Section pour ravir tous les enfants, fiers d'être des faibles qui réussissent là où les forts échouent.
    Ceux d'entre eux qui auront vu Merlin l'Enchanteur, de Disney, retrouveront ici la vérité littéraire de la légende arthurienne. 

    Nous sommes là dans le domaine de la Littérature du Moyen-Âge et il est bon que les élèves le sachent. On parlera des troubadours (ou trouvères), de la légende arthurienne, des Chevaliers de la Table Ronde, des chansons de geste, etc.

    ♥ Sous forme de conte raconté ou lu :

    Rien de spécial à dire. Les parties illustration et jeu théâtral ne sont pas à négliger (voir Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8) dans les petites classes. 

    Les plus grands pourront retrouver les personnages de ce récit, et découvrir ceux qu'ils côtoieront ensuite, dans de nombreuses collections pour enfants traitant de la légende arthurienne et des aventures des chevaliers de la Table Ronde.

    ♥ Sous forme de lecture oralisée à plusieurs voix :

    Lecture paragraphe par paragraphe. Même exploitation que lorsque c'est l'adulte qui lit le conte aux élèves.

    Les contes :

    Télécharger « 22. Le petit sapin.pdf »

    Télécharger « 23. Le Joueur de Flûte de Hamelin.pdf »

    Télécharger « 24. Tarpeia la Romaine .pdf »

    Télécharger « 25. Le jugement de Midas.pdf »

    Télécharger « 26. Arthur et l'Épée royale.pdf »

    Dans la même série :

    ♥ Racontamus, écoutatis, comprenunt :

    Un résumé du livre « Comment raconter des histoires à nos enfants » (Miss Sara Cone Bryant) :

    Racontamus, écoutatis, comprenunt - 1Racontamus, écoutatis, comprenunt - 2 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 3Racontamus, écoutatis, comprenunt - 4)Racontamus, écoutatis, comprenunt - 5Racontamus, écoutatis, comprenunt  - 6 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 7Racontamus, écoutatis, comprenunt - 8 ; Racontamus, écoutatis, comprenunt - 9

    ♥ Contes à dire, contes à lire :

    Contes à dire, contes à lire - 1Contes à dire, contes à lire - 2 ; Contes à dire, contes à lire (3) ; Contes à dire, contes à lire - 4 ; Contes à dire, contes à lire - 5Contes à dire, contes à lire - 6 ; ... ; Contes à dire, contes à lire - 8Contes à dire, contes à lire - 9 ;

    À l'époque des commandes :

    N'oubliez pas :

    Pour une maternelle du XXIe siècle

    Se repérer, compter, calculer en Grande Section

    Écrire et Lire au CP

    Lecture et expression au CE

    Questionner le monde au Cycle 2

    Fichiers et manuels de Mathématiques en élémentaire

    Fichiers et manuels d'Étude de la langue en élémentaire


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