• Le deuxième livret de lecture d'Écrire et Lire au CP  touche à sa fin...

    Mes petits CP savent lire !

    La bonne soupe est digérée depuis longtemps. Le Chaperon Rouge et sa grand-mère ont été délivrées par le bûcheron. Le Petit Bonhomme Brioche a fini sa courte vie dans la gueule du renard.

    Mes petits CP savent lire !

    Malo et Jasmine vivent heureux, grâce au trésor qu'ils ont dérobé à Rusé-Renard. Pinocchio et Guignol continuent de désobéir et de se moquer des puissants sans nous. Arlequin a défilé avec nous, le jour du Carnaval. Les sept Chevreaux et leur mère, délivrés du méchant loup qui leur voulait du mal, coulent des jours paisibles, rythmés par le tic-tac de la pendule.

    Mes petits CP savent lire !

    Quant à La Chèvre de Monsieur Seguin, peuchère, nous n'avons hélas rien pu faire pour la sauver... Les chèvres ne battent jamais le loup, nous le savons bien, nous, Gringoire !

    Mes petits CP savent lire !

    Nous avons même déjà joué au jeu des comparaisons entre notre livre de lecture, ses contes et ses légendes, et le livre de géographie que Malo et Marie ont reçu pour leur anniversaire. C'est vous dire que nous sommes bien prêts à quitter nos petits amis, leurs jeux, leur...
    Et puis là, en feuilletant Le Cirque, voilà que Jeune-Sage-Tranquille, d'habitude si discret, s'exclame, des sanglots de bonheur dans la voix :

    "Là, regardez, sur la cage du tigre !... On voit Mimi !...
    Il nous regarde ! "

    Mes petits CP savent lire !

    Et tout le monde de s'émouvoir, de bêtifier, de rire, de se remémorer...

    Ah ce coquin de Mimi, apparu dans notre vie le premier jour du CP ! Nous le croyions oublié à jamais dans nos souvenirs de petite enfance, à l'époque ancienne où nous ne savions pas lire...
    Et puis le voilà qui ressurgit tel un diable de sa boîte ! Tellement coquin que, sur la couverture, il nous regarde encore...

    Mes petits CP savent lire !

    Bien sûr, on ne le regrettera pas, pas plus qu'on ne regrettera la maîtresse. On oublie comment on a été pour devenir quelqu'un d'autre. Grandir, c'est mourir un peu.
    Cependant, de temps en temps, au détour d'une image, d'une phrase, d'une visite, ils reviendront nous visiter, ces jolis fantômes du passé qui nous ont construits...

    Mes petits CP savent lire !

    Merci à Xavier Laroche pour les superbes illustrations qui rendent si vivante cette méthode de lecture.


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  • ... à compléter au gré des modes, du dernier chercheur à avoir longuement réfléchi à la question, de la décision du CPC ou de l'IEN de circonscription. Cela peut aller de quatre à cinq ans selon Maria Montessori dans ses classes pour enfants romains défavorisés des années 1920 à plus de huit ans désormais. Il y a même régulièrement des bruits qui courent comme quoi, l'écriture cursive est impossible à acquérir et qu'il vaudrait mieux l'abandonner purement et simplement.

    Chez nous, dans la classe à triple niveau de notre village, l'âge moyen se situe entre cinq ans et six ans et quelques mois. Régulièrement. Depuis des années. Avec tous les élèves (sauf un qui, selon le psychologue scolaire, avait à 6 ans et quelques miettes un âge mental de 3 ans).

    Petite preuve en images avec une histoire passionnante aux rebondissements échevelés qui ont fait mourir d'angoisse puis de rire les sept zozos de cette années, sous l'œil attendri ou envieux de leurs huit camarades de CP et des cinq élèves de CE1.
    Je tiens à signaler que j'ai pris exprès les quatre enfants qui écrivent avec le moins d'aisance. Leur âge au mois près sera indiqué sous chaque page de l'histoire, car cela a une importance capitale à ce stade de la scolarité.

    1) Situation initiale :

    L'écriture cursive ne s'acquiert que vers...
    Écriture : Marc-Antonin, 6 ans 1 mois
    Illustration : Lilia, 6 ans 3 mois

    2) L'élément perturbateur ; première péripétie !

    L'écriture cursive ne s'acquiert que vers...
    Écriture : Dylan, 6 ans 1 mois
    Illustration : Cali, 6 ans 3 mois

    3) Arrivée de l'élément de résolution ; deuxième péripétie...

    L'écriture cursive ne s'acquiert qu'à l'âge de...
    Écriture : Justin, 5 ans 9 mois
    Illustration : Clara, 5 ans 5 mois

    4) Situation finale : "Tel est pris qui croyait prendre."

    L'écriture cursive ne s'acquiert qu'à l'âge de...
    Écriture et illustration : Sacha, 5 ans 5 mois 

    Si ces enfants-là y arrivent, tous, sauf cas exceptionnel heureusement, pourraient y arriver... Il suffirait qu'on s'y mette et qu'on arrête de croire tout ce qu'on nous raconte, au gré des modes, pour faire plaisir au dernier chercheur qui a un bon réseau.

    Un bon plan pour les collègues de Grande Section qui auraient envie de s'y mettre dès septembre prochain par le jeu, l'entraînement plaisant, tout ce que "la patience, l'enjouement, l'affection ingénieuse de la maîtresse trouvent le moyen de varier, d'égayer, d'en tirer ou d'y attacher quelque plaisir pour l’enfant.[1]" : allez consulter le site Écriture Paris où vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin pour bâtir une progression qui tient la route. 

     Quelques petits conseils supplémentaires de Rikki, rééducatrice en écriture, dont le site est cité ci-dessus :

    Le mot-clé : de la régularité.

    Merci de rappeler que les petits enfants sont parfaitement capables d'écrire... à partir de 5 ans.

    Il faudrait peut-être tout de même rappeler que ce qui est possible à 5 ans ne l'est pas forcément à 3 ans et 8 mois, âge de l'entrée de certains en moyenne section !
    Je me rappelle encore les larmes de ma fille, à 4 ans 1/2, qui pleurait parce qu'elle n'avait pas réussi à écrire "Joyeux Noël" en attaché...

    [1] D’après Pauline Kergomard, programmes pour l’école maternelle, Journal Officiel du 2 août 1882.

     


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  • Pourquoi apprendre à lire est-il devenu un pensum dans l'esprit des gens ? Pourquoi entend-on dire que "les pauvres petits ont bien le temps" ?
    Moi je ne trouve pas qu'ils ont l'air malheureux, ces petits élèves de GS...

    1) Relecture par des volontaires d'un texte écrit sur le cahier :

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    2) Travail de groupe en autonomie : écrire le nom des objets dessinés

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    3. Puis l'inverse : lecture des mots pour leur associer l'illustration qui convient :

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

    Savoir lire, une punition ?

     

     


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  • Assis, debout...
    Enfant en train de se bousiller la moitié de la santé...
    puisqu'il n'est assis que sur une fesse. 

    Cet après-midi, je regardais mes élèves vaquer à leurs occupations favorites et, si j'avais eu mon appareil photo sous la main, j'aurais fait quelques photos pour notre amie non-fumeuse adepte de la position debout...
    Hélas, je ne l'avais pas sous la main et, comme de plus j'étais sollicitée de temps en temps par ceux que je tiens assis de force et que j'oblige à apprendre à lire, à écrire et à compter à un âge trop tendre, je ne suis pas allée le chercher. Il va donc falloir que je vous raconte...

    C'était après l'anglais avec ma collègue (encore une tortionnaire qui les fait chanter, réciter, colorier, dessiner, dialoguer, jouer à Jaques-a-dit en anglais, tout ça assis sur leur postérieur). Je venais de finir mon intervention en sciences chez les grands du cycle trois (ils ont patouillé, debout, dans les muscles d'une cuisse de lapin, c'était grandiose - je crois que j'ai provoqué au moins une vocation de boucher, peut-être même deux). Comme les enfants étaient un peu fatigués et que la récréation était assez proche, je n'ai pas mis en route d'activité, préférant laisser du temps à tous...

    Grand-Lolo, CE1, continuait de colorier ses œuvres tracées au compas. De temps en temps, nous échangions quelques mots. Il trouvait que le compas donnait de bien plus jolis dessins que lorsqu'on travaillait à main levée. Je lui ai répondu que Léonard de Vinci ne semblait pas avoir utilisé de compas pour peindre la Joconde mais que je trouvais qu'il s'en était drôlement bien tiré quand même.
    Il a éclaté de rire et nous avons conclu tous deux que le compas permettait de tracer de bien plus jolis cercles, ce qui n'était déjà pas si mal.
    Il était assis, à la place qui lui est attribuée, et semblait ne pas trop souffrir d'insuffisance respiratoire, d'emphysème et de déchaussement des dents...

    Plus-Vite-Que-Son-Ombre et Grand-Champion-Discret, CE1, pâte-à-modelait de concert. Plus-Vite-Que-Son-Ombre a réussi un talkie-walkie tellement génial qu'il a tenu à venir me le présenter avant d'aller le poser sur le rebord de mur consacré à l'exposition des œuvres en pâte à modeler tellement géniales qu'il serait dommage, alors qu'elles sont à peine finies, de les écraser pour les ranger dans la boîte...
    Grand-Champion-Discret avait réussi une sphère sans doute pas loin de la perfection mais il ne me l'a pas présentée. Je l'ai juste vue lorsqu'elle a roulé par terre jusqu'à mes pieds et qu'il est venu la récupérer. Grand-Champion-Discret est discret, d'où son surnom.
    Plus-Vite-Que-Son-Ombre était, à son habitude, à la fois assis, debout, à genoux, accroupi, sautillant sur place et brassant beaucoup d'air, pas loin du bureau où était assis Grand-Champion-Discret qui, lui, modelait en murmurant à voix douce, sans doute assis un pied sous ses fesses, comme souvent.

    P'tit-Lolo, CE1, travaillait avec Loulou, CE1 aussi, qui avait pris un peu de retard en mathématiques et finissait ses exercices (reproduction de figures sur quadrillage). Ils étaient très affairés tous deux et pour être à l'aise, ils s'étaient installés à la grande table des GS. Loulou, qui est un garçon très calme, était paisiblement assis et manipulait lentement sa règle et son crayon pendant que P'tit-Lolo papillonnait autour de lui, debout, souvent accoudé à la table, le menton dans sa main, en lui prodiguant moult conseils.

    Justinien, CP, a d'abord fouiné, debout, dans la caisse à outils pour me trouver un tournevis avec lequel j'ai resserré la vis du compas qu'il avait trouvé. Puis, après avoir rangé la caisse (et un peu galéré avec le couvercle), il est passé à la station debout-accoudé pour tracer encore des cercles, plein de cercles, de toutes tailles (celle-là, lorsqu'elle sera finie, je vous la photographierai parce que c'est du grand art) ! Justinien adore travailler debout-accoudé... et comme il ne dérange personne, je ne vois pas pourquoi je le lui interdirais...

    Lambinette et Yasameen, CP, finissaient elles aussi leur travail de mathématiques du jour (des opérations). Elles alternaient la position assise, la marche - à un train de sénateur pour Lambinette - et la position debout-accoudé à mon bureau lorsque nous travaillions ensemble.
    Je remarque en passant que l'enfant de six à huit ans a beaucoup de peine à rester debout sans appui et que lorsqu'il ne dispose pas d'une chaise sur laquelle se percher (fesse - si possible une seule - mais aussi une jambe repliée ou carrément à genoux), il s'accoude à une table ou s'appuie contre un mur... Et s'il n'a que la station debout comme alternative, il gigote, passe d'un pied sur l'autre, sautille, virevolte, agite les bras... Un peu comme un fumeur qui n'aurait plus de cigarettes et attendrait l'ouverture du bureau de tabac, voyez-vous...

    Lounia et Kass'Andrah, CP, dessinaient, assises, à leurs places, en papotant à mi-voix, comme d'hab'. Elles étaient allées récupérer tout leur petit matériel sans me demander l'autorisation parce que, contrairement à ce que croient les sots, la discipline librement consentie est de loin la meilleure manière d'avoir une classe qui tourne et où tous les enfants se sentent respectés...

    Mathieu-le-Matheux, Jeune-Sage-Tranquille et P'tit-Génie, CP, compulsaient leur livre favori : 

    Assis, debout...

    P'tit-Génie, qui est vraiment très petit, était assis à un bureau de GS (si, si, j'assois aussi les GS quand ils viennent dans ma classe, ils hurlent, se lamentent, gémissent, se désolent mais ça ne fait rien, je les assois)... Les deux autres l'encadraient, debout, les coudes appuyés sur la table, le menton dans leurs mains... Ils bavardaient tranquillement et P'tit-Génie, qui était le seul à avoir les mains libres tournait les pages.

    Parce qu'il y a ça aussi... Lorsque l'être humain s'est mis debout, il a vu qu'il pouvait mieux voir venir le danger et y échapper, c'est sûr. C'est même grâce à cette position debout que nous sommes ce que nous sommes.
    Mais... quand il a découvert l'outil... il s'est bien rendu compte que, debout, ce n'était pas toujours facile de façonner un tranchant délicat, de coudre ensemble deux peaux de bêtes, de touiller une mixture dans une calebasse glougloutant près du foyer, d'aiguiser une pointe de flèche ou de compter des moutons qui rentrent ou sortent de leur enclos. C'est peut-être même pour ça qu'il s'est rembourré le postérieur d'une paire de fesses rebondies... Allez savoir !

    Je regrette vraiment de n'avoir pas fait de photos. J'essaierai de compléter ce reportage sur le vif de quelques illustrations propres à faire réfléchir ceux qui n'ont qu'une idée et la chevauchent... debout sur leurs étriers, bien sûr !

    Nota Bene : Si vous ne comprenez pas quelle mouche me pique, allez donc lire les commentaires de Preuve par neuf.

    Assis, debout...
    Ouf ! Il y en a trois de sauvés ! Mais qu'attend ma collègue pour faire lever les deux autres !
    Ils colleront des trucs et des machins quand ils sauront les coller en position debout...


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  • Tâtonnement expérimental...
    Dédicace spéciale au monsieur qui pense que la consonance d'un prénom et le taux de mélanine 
    ont quelque chose à voir avec la réussite scolaire...

    Les CP viennent de découvrir les compas. Les CE1 leur ont montré comment s'en servir. J'ai fourni quelques pistes de recherche, trouvées à droite à gauche, surtout dans les spécimens de manuels de mathématiques de cycle 3 qui s'empoussièrent dans le placard du fond.

    Dès qu'ils ont cinq minutes, ils se lèvent - dans ma classe, on a le droit, si le travail que j'avais donné est fini - prennent un compas, une feuille, des crayons, et ils tâtonnent...
    Si c'est loupé, ils jettent. S'ils sont contents d'eux, ils me le donnent et j'affiche. Deux jours de compas, entrecoupés par seize jours de vacances, et voilà le travail !

    Tâtonnement expérimental...  

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Tâtonnement expérimental...

    Alors, bien sûr, vous me direz que certains sont encore loin de valider la compétence Maîtrise l'outil cyclogénérateur... que d'autres n'ont des notions de centre, d'arc, de corde, de symétrie que quelques bribes encore très mal dominées...

    Mais ne croyez-vous pas que ç'aurait été dommage pour mes petits CP si, comme me le proposait quelqu'un récemment sur un réseau social, je n'avais plus de compas dans ma classe parce que mes CE1 n'en auraient plus besoin (un changement de programme scolaire, par exemple) ?
    Ne croyez-vous pas que lorsque mes petits CP arriveront au CE1, au CE2 ou plus tard, ces quelques essais les aideront à trouver les exercices sur le cercle et le disque moins ardus, moins étranges, moins inconnus ?

    J'ai toujours cru qu'il fallait proposer un milieu riche, aidant, plein de matériel propre à piquer la curiosité des enfants, leur donnant l'occasion d'expérimenter, de tâtonner, de créer...
    J'ai toujours cru que si l'on faisait cela, c'était pour que tous aient l'occasion de commencer à explorer des domaines variés, à les creuser un peu si l'occasion s'en présentait.
    J'ai toujours cru que, du moment où on se rendait compte que tous se piquaient au jeu, on pouvait institutionnaliser la connaissance, aider ceux pour qui c'est encore un peu flottant, obtenir une maîtrise raisonnable et raisonnée, en tenant compte de l'âge des enfants qu'on a en face de soi.
    J'ai toujours cru que notre rôle à nous, enseignants, c'était de leur offrir l'autonomie que donnent ces maîtrises multiples, dans tous les domaines...

    Cela vous permet sans doute de comprendre pourquoi ça me rend si triste lorsque je lis qu'on met les enfants sous pression en leur offrant ce dont ils ont besoin pour progresser régulièrement, un pas après l'autre, en tâtonnant de moins en moins et en ayant le droit, de temps en temps, de pousser la barrière du jardin pour aller découvrir ce qu'il y a derrière...

    Tâtonnement expérimental...
    Dédicace spéciale au monsieur qui... gna gna gna... air connu...


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