• Musique chez les petits.

    Hier, j'ai laissé mes CE1 à ma collègue de Cycle 3, aidée de l'EVS, pour la lecture et les lièvres de Dürer et Phi (c'est ici) pendant que mes GS, CP et moi sommes allés inviter les MS à faire de la musique avec nous dans la salle de motricité ! J'étais bien contente...

    IL faut dire que, normalement, ces petits MS et leurs copains de GS et PS auraient dû être mes élèves cette année, si l'administration n'avait pas jugé bon de bloquer pour un PES le poste de ma collègue qui partait. Mais ça, c'est une autre histoire. D'ailleurs, nous avons la joie de bien  nous entendre avec une jeune collègue vraiment sympathique et qui fait du très, très bon boulot avec ses petitous et l'essentiel est là.

    Donc, petite séance de musique. Six élèves de CP (le septième partait en week-end avec ses parents, mais ce n'est pas souvent, ça ne s'est produit que trois ou quatre fois depuis le début de l'année... ça fait quand même trois ou quatre fois de plus que les autres élèves en obligation scolaire, madame la maman de l'enfant), sept élèves de GS, six élèves de MS (les jumelles étant parties en week-end avec le grand frère en obligation scolaire) et un petit de PS qui commence à ne plus avoir besoin de deux heures de sieste l'après-midi et qui est arrivé au moment du chant. 

    Nous nous installons en cercle, mélangeant tous ces niveaux pour que la contagion se fasse. Nous nous asseyons et éteignons les lave-vaisselles qui risquent de perturber un peu notre première activité, le silence. Le silence, c'est encore de la musique, dit-on.

    Ici, ce serait plutôt, le silence, c'est déjà de la musique. S'il existait. Mais non. On entend les grands, dans la classe d'à côté. Une voiture qui passe devant l'école. Un bruit dans le couloir, venant de la classe des moyens... Et entre ces moments, rien, juste les petits yeux qui bougent et qui cherchent à saisir ce qu'ils perçoivent à peine.

    Alors, pour eux, nous allons rendre le silence plus parlant. Les grands, dans leur classe, font du... bruit. Et nous, nous cherchons le... silence. Tout le monde ici sait faire du bruit ? Tout le monde sait faire du silence ? Alors, nous allons jouer. Quand je dirai Bruit ! en ouvrant mes deux mains comme cela, vous ferez tous du bruit, du bruit, du bruit. Et quand je les refermerai comme ça, en disant Silence ! vous ferez tous du silence. [Premiers essais de codage musical au passage : les yeux comprennent sans ordres verbaux. De la lecture à l'usage des petits de moins de cinq ans et demi. De la vraie. Pas de la fausse, où les codes ne sont jamais expliqués et où on peut vous faire croire n'importe quoi.]

    Premier essai timide... Deuxième essai plus encourageant. Aux voix s'ajoutent quelques frappés. Tout le monde se met debout. Troisième essai, où, volontairement, les mains restent longtemps ouvertes. Les bruits s'éteignent malgré tout, après une brève explosion. Ah mais non, mesdemoiselles, messieurs. Nous n'avons jamais dit d'arrêter. Les mains comme ça signifient Bruit ! alors tout le monde doit faire du bruit.
     Consigne comprise. Les moments s'alternent, longs, courts, rythmés par les deux codes manuels. À la fin d'un intervalle de silence, au moment où l'on explique comment on peut faire du bruit, avec sa voix et avec son corps, le mot son est prononcé par un élève de MS. La semaine prochaine, nous l'utiliserons alternativement avec le mot bruit.

    Les plus jeunes commencent à s'exciter, il est temps de passer à autre chose. Du son, toujours... Deux sons. Celui du tambourin et celui des claves. Les enfant sauront les reconnaître même s'ils ferment les yeux. Pourquoi ? Les plus âgés lèvent le doigt mais les maîtresses attendent. Elles veulent que les plus jeunes cherchent. Elles miment l'action. Je ferme les yeux... C'est le son du tambourin ! Comment ont-elles fait ? Elles ont... entendu ! Oui. Parce qu'elles ont écouté avec leurs oreilles. Les oreilles nous disent ce qui s'entend. C'est ça !  [Métacognition... de trois secondes... au cours de l'activité... parce qu'on n'est pas en maternelle pour descendre de vélo et se regarder pédaler... Au passage, ce sont les mêmes qui reprochent aux méthodes alphabétiques d'apprendre aux élèves à nager sur un tabouret. Vaut mieux entendre ça qu'd'être sourd, disait ma grand-mère.]

    Alors on joue... Trois minutes, pas plus. Rester les yeux fermés, c'est épuisant à moins de sept ans ! Les maîtresses jouent... Au bout d'un moment, l'une d'elle se déplace. Il va falloir dire le nom de l'instrument et montrer là où il a joué. Les doigts se tendent. La concentration est à son maximum... puis décline.
    Ça a assez duré. Le tambourin va maintenant commander les robots. Il tape une pulsation raisonnable. Environ un coup toutes les secondes et même un peu moins. Les CP et les GS savent faire, ils entraînent les petits qui bientôt scandent la pulsation avec leurs pieds en se déplaçant dans la salle. La pulsation s'arrête, on s'arrête. On écoute sans bouger la suivante. Après une dizaine de coups, la maîtresse donne le signal du départ. Celle-ci est plus rapide, on joue un peu des coudes en riant. Certains ont du mal à ne pas laisser la motricité large incontrôlée prendre le pas sur l'exercice de la discipline intérieure, selon les termes de M. Montessori.  Une pulsation lente, très lente, trop lente pour les plus jeunes remédie au problème. Il faut accompagner chaque son de tambourin d'une consigne verbale pour les aider : Très... lent... très... lent... très... lent... pour endormir mon petit chat gris à qui j'ai préparé un gâteau d'anniversaire.... Venez tous !

    Le gâteau est là. Avec sa bougie. Je l'allume. Nous nous installons en rond autour. Nous allons souffler. Mais tout doucement pour ne pas l'éteindre. Notre petit chat gris ne serait pas content. C'est son gâteau. Respirons bien fort.
     Malgré mes mains sur le ventre qui s'écartent doucement, les épaules de certains CP [et celles de la maîtresse des petits... Que font les profs d'ESPE, zut de zut de carabistouille ?] se lèvent. Tiens, tiens, des poumons dans les épaules... Intéressant cas médical ! C'est là, là, que ça se gonfle, pas là-haut... D'un geste, j'essaie, sans insister, de rectifier ce que les enfants voient faire autour d'eux et imitent sans même s'en rendre compte. Aucun tout petit ne le fait, c'est déjà ça.
     La semaine prochaine, nous ferons un temps allongé, avec un cube sur le ventre, tiens. L'avantage de ne pas avoir de progression préétablie ! Eh eh eh !

    La flamme de la bougie vacille. Nous recommençons. Elle vacille longtemps, longtemps. Encore une fois ? Magnifique ! Et maintenant, puisque mon petit chat gris n'arrive pas, nous allons respirer puis souffler tout l'air d'un seul coup, pour éteindre la bougie ! Attention... à mon geste de l'index, on souffle !
     Nous étions trop loin. Rapprochons-nous d'un pas [découvrir le monde : formes et grandeurs, notion de mesure ; nombres et quantités, l'unité, le nombre 1]. Respirons... Bloquons... Geste de l'index : soufflons ! Encore raté.
     Approchons-nous encore d'un pas ! Respirons... Bloquons... Geste de l'index très vif : soufflons très fort ! Oui ! Elle est éteinte.

    Et maintenant, chantons. Un petit chat gris. La flûte joue. Les petits écoutent et regardent. La maîtresse commence à chanter. Ils commencent en même temps qu'elle. Elle s'arrête : Vous la connaissez déjà ? Non ? Alors, écoutez bien. On écoute avec les oreilles, pas avec la bouche...  Un petit chat gris, qui mangeait du riz, sur un tapis gri-is. Sa maman lui dit, ..., ce n'est pas joli, ..., de manger du riz, ..., sur un ta-a -pi-is gri-is !
     Sur deux notes, ou presque... Fa, fa, sol, sol, fa / fa, fa, sol, sol, fa / fa, fa, sol, sol, fa /fa, fa, sol, sol, fa, chut / fa, fa, sol, sol, fa, chut /fa, fa, sol, sol, fa, chut / fa, fa, sool, doo, faa.
     Et sur deux rythmes, ou presque : Deux-croches, noire, noire, noire / Deux-croches, noire, noire, noire / Deux-croches, deux-croches, blanche / Deux-croches, deux-croches, noire, silence / Deux-croches, deux-croches, noire, silence / Deux-croches, deux-croches, noire, silence / Deux-croches, blanche, blanche, blanche.
     Pour aider au respect de ce temps de silence, il est remplacé par un frappé de main.
     Celui-ci est immédiatement intégré par les enfants qui le frappent, au bon moment. Ils aimeraient bien le rajouter à la fin à la place du deuxième temps de chaque blanche, mais le chef d'orchestre reste intraitable : c'est la partition qui commande et elle respecte le délire créateur du compositeur qui là, il faut bien l'avouer, s'est surpassé !
     Que voulez-vous, il faut bien supporter quelques chenilles si l'on veut connaître les papillons, nous a appris la rose du Petit Prince. Alors, en maternelle, supportons les Petits chats gris sur deux tons et trois figures de notes, si l'on veut que plus tard, ils puissent se lancer dans des interprétations époustouflantes de l'alphabet revu et corrigé par Wolfgang Amadeus Mozart !

    Tout le monde chante. Même Tout-Petit qui vient d'arriver, les yeux encore pleins de sommeil, et qui se passionne pour l'interprétation du texte. On mange dans l'assiette, avec la cuillère. Pas dans le tapis ! C'est pas joli.  Nos deux MS suivis en orthophonie pour retard de langage ponctuent chaque phrase musical : .... gris, .... riz, ...gris, ...dit, ...joli, ...pis gris. [Qui a dit que les enfants n'entendaient pas les sons et qu'il fallait leur apprendre à syllaber ? La musique s'en charge très bien et il n'est pas besoin de les réunir quatre par quatre pour frapper pendant quatre ans les syllabes de leurs prénoms pour obtenir qu'un enfant, même en difficulté de prononciation, repère spontanément la dernière syllabe d'un mot. Et toc !]

    Au bout de quatre ou cinq répétitions de ce monument de la création musicale, nous arrivons à une interprétation presque parfaite du morceau. Juste un petit souci sur les trois blanches finales. Cela viendra. Sur ce chant-là ou sur un autre... C'est tellement convenu, cette fin, d'ailleurs... Mais il faut la connaître si on veut pouvoir la dépasser. Enfin, c'est ce que j'ai toujours constaté.

    Plus que dix minutes et nous devrons arrêter. Quarante-cinq minutes, c'est plus du double de ce qui devrait être consacré à la musique chaque jour en maternelle. Ils ont été formidables de concentration et d'intérêt. Il est temps de passer à l'écoute musicale.
    Là non plus, rien de transcendant. Du répertoire traditionnel. Parce que Kodaly l'a dit. C'est par le chant et la musique traditionnelle que les enfants entrent dans la musique. Et qu'il a essayé en Hongrie et que ça a super bien marché. Si bien que, dans de très nombreux pays, on l'a suivi et que ça a aussi très bien marché. En France aussi. Sauf que... après, on a arrêté. Parce que ça avait tout changé. J'ai un ami qui explique ça très bien. Il est musicien et il est malade lorsqu'il voit ce qui se passe dans les conservatoires municipaux et départementaux et le schéma qu'on leur impose de suivre.

    Alors moi, tant pis, comme je n'en ai plus que pour deux ans d'école, j'essaie de remettre ça au goût du jour. Et nos petits écoutent la marche alsacienne flonflonner. Les mains s'agitent, les têtes se balancent en mesure, les jambes commencent déjà à esquisser quelques pas imaginaires.

    On ne dit rien. À la fin, un CP dit : Ça va vite !  Un autre ajoute : Il y a du tambour. Là, je coupe court et lis la fiche technique (Danses et Musiques du Monde, chez Scolavox, je crois) : Non, il y a "de la batterie", "de la clarinette", "du saxophone", "du saxhorn", "de la trompette", ... Excusez-moi, j'ai oublié cette liste lue à toute vitesse. Je me bats depuis des années contre ces collègues qui limitent l'écoute musicale à de la devinette de noms d'instruments lancés au hasard... ou pas... par des élèves qui devraient, à cinq ans, avoir la capacité de distinguer des timbres proches et celle de citer les instruments qui les ont produits.
     Et encore, là, c'est de la musique européenne. Mais lorsqu'un enfant de six ans commence à trouver du piano, du violon et de la cornemuse dans un morceau de musique inuit ou mélanésienne, je bous !

    À quatre ans, la musique, ça s'écoute avec le corps entier. Alors, un groupe de spectateurs va s'asseoir sur les bancs pendant que l'autre groupe danse. Ça va vite, comme nous a dit Nathan ! Ouf ! Au bout de la minute trente de danse, nos petits soufflent comme des phoques !  Nous alertons le deuxième groupe : Attention ! Ça va vite ! Si vous courez tout le temps, vous allez être épuisés...
     Nos plus grands se le tiennent pour dit. Les plus jeunes galopent mais eux commencent à esquisser des pas chassés, des pas de polka, des figures sur place avec les bras qui consomment moins d'énergie tout en respectant le rythme imposé par nos tambours  !
     À la fin, tout fiers, ils nous annoncent : Moi, je suis pas fatigué !

    Deuxième essai, toujours sans consigne, pour chacun des deux groupes. Les bras, qui étaient restés le long du corps la fois précédente, commencent à se balancer et certains spectateurs commencent à battre la pulsation ! Wahhh ! Super groupe ! Selon les fournées d'élèves, cela met parfois plusieurs séances pour germer. Il faut dire que les Alsaciens avaient mis du cœur à l'ouvrage et que leur mélodie s'y prête bien !

    C'est tout pour aujourd'hui les petits. Rechantons une fois notre chanson du Petit Chat Gris et à vendredi prochain pour la suite de notre cours de musique.

    Dans la même série :

    Musique chez les petits

    Encore musique

    Musique et expression en maternelle


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  • Objets en Bois Non Identifiés...

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  • L'âge du capitaine.

    Problème CE1 : Un quincaillier vend une scie à bûche à 17 euros et trois lames de scie à 6 euros l'une. Quel est le prix des trois lames de scie ? Combien le quincaillier doit-il encaisser ?

    Réponse de Malicia :

    6 € x 3 = 18 €  
    Les lames coûtent 18 €.

    [Puis, trèèèèèèès longtemps plus tard... Elle devait bien sentir qu'il y avait quelque chose qui ne collait pas.]

    18 - 17 = 1
    Il doit en casser 1 de lame de scie.

    Ne vous inquiétez pas pour le quincaillier, dès que Malicia a pu relier le verbe encaisser à l'image mentale de sa grand-mère à la caisse du restaurant de ses parents, il a pu récupérer ses 35 euros, comme chez tout le monde !

     

     

     


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  • Utile ou inutile ?

    J'ai besoin de votre avis... Si vous étiez en train d'écrire un bouquin sur l'enseignement à l'école maternelle, intégreriez-vous ce genre de Récit de Vie  afin de donner à voir ce que peuvent donner les méthodes que vous venez d'expliquer ou trouveriez-vous cela inutile et redondant ?

    Une journée dans la Classe des Petits

    Nous sommes au mois de novembre dans une école maternelle à quatre ou cinq classes. Notre classe comporte vingt-cinq élèves, neuf inscrits en Moyenne Section, dix inscrits en deuxième année de Petite Section et six en première année. Il est 8 h 20, une maîtresse ouvre le portail de la cour aux familles attendant devant l’école. En traversant la cour, elle a salué le personnel du périscolaire qui vient d’y amener les enfants arrivés plus tôt dans l’école et qui sortent de la salle réservée à la garderie.

    Deux autres de ses collègues et une ATSEM sont installées dans la cour et y surveillent les enfants qui jouent déjà entre eux. Un tout-petit, encore bien ému par le départ de sa mère, reste près d’elles en suçant son pouce. Les parents entrent, confient leurs enfants aux maîtresses

    Huit heures trente. Une ATSEM vient prendre le relais au portail qu’elle fermera dans dix minutes. La maîtresse rejoint son groupe qui a commencé à se mettre en rang, sous la surveillance de son ATSEM et de ses collègues. Les Moyens, maintenant très au fait de leurs responsabilités, donnent la main aux plus jeunes et s’alignent dans un ordre satisfaisant devant la maîtresse. Celle-ci met son petit groupe en route et, sans cris ni chahut, on se dirige vers le vestiaire attenant à la classe.

    Les Moyens se débarrassent rapidement de leurs blousons, leurs écharpes, leurs bonnets et leurs chaussures. Ils enfilent leurs pantoufles et se mettent prestement à leur deuxième exercice de Vivre Ensemble de la journée. Comme ils savent lequel des Petits ils doivent aider, ils le font sans difficulté.

    Il faut dire que la maîtresse et l’ATSEM sont là toutes deux pour donner l’exemple. De la voix, chuchotée, elles encouragent les plus petits à faire descendre leur fermeture à glissière, montrent comment on négocie un déboutonnage difficile, rappellent comment on suspend une veste à la patère, aident à dénouer un lacet récalcitrant, poussent à l’autonomie un petit bonhomme bien tranquille pas très décidé à y mettre du sien.

    Il est huit heures quarante-cinq. On entre en classe, à la suite de la maîtresse et l’on va s’installer au coin de regroupement en chuchotant. La maîtresse sort son cahier d’appel et vérifie rapidement les présents et les absents. Les plus grands l’aident : « Aujourd’hui Ismaïl est absent. On ne voit pas non plus Léna et Jacob. Mais Sofia est revenue et les petits jumeaux aussi. »

    Sofia explique qu’elle était partie chez sa mamie pendant que sa maman était à l’hôpital pour le petit frère. Les petits jumeaux se regardent, les larmes ne sont pas loin. La maîtresse intervient : « Hamza et Elias avaient un gros rhume. Ils toussaient beaucoup. Mais maintenant ils vont mieux et ils peuvent revenir à l’école. » Elias sourit : « Tousse plus. École. » Alors le visage d’Hamza s’illumine : « Kol’ ! ». Jacob arrive, accompagné de l'ATSEM de service au portail qui l'aide à s'excuser pour son retard.

    La maîtresse pose le cahier d’appel et récite la comptine qui sert ce mois-ci à se dire bonjour :

    Bonjour Monsieur,

    Bonjour Madame

    Voulez-vous des noix?

    En voici une,

    En voici deux,

    En voici trois.

    Les plus grands récitent avec elle. Elle encourage les petits à se joindre à eux. On reprend vers par vers, en mimant et chacun participe à son niveau à l’activité.

    Il est neuf heures. Avant de partir en salle de motricité, il est temps de faire un petit passage aux toilettes. Avec l’ATSEM, elle emmène ses élèves dans la salle de propreté attenante. Les élèves s’installent sur les bancs et chacun s’entraîne à son tour sous la surveillance et l’aide active des adultes à se défaire de son pantalon et de sa culotte, s’asseoir et se relever seuls, s’essuyer proprement, se rhabiller, se laver et s’essuyer les mains.

    À neuf heures quinze, on se rend dans la salle de motricité, toujours en ordre et dans le calme. L’ATSEM qui fermait le rang repart dès que les élèves sont installés autour de la maîtresse car elle doit maintenant aller installer les feuilles de dessin et les crayons pour l’activité suivante.

    La maîtresse commence la séance par un jeu d’attention visuelle. Les enfants sont assis en rond dans la salle. Lorsqu’elle lève les bras vers le plafond, vite, ils se mettent debout, lorsqu’elle les abaisse, vite, ils se rassoient. Ils accompagnent leurs gestes de paroles : « Debout ! Assis ! »

    Après deux minutes de jeu, on prend connaissance du contenu de la caisse au trésor : des balles de toutes tailles, de toutes matières (mousse, tissu rempli de sable ou de graines, caoutchouc, cuir bourré de laine, fil enroulé, …), de toutes couleurs.

    On se met en rang et chacun vient prendre la balle de son choix. Quand tout le monde est servi, la maîtresse donne le signal du départ du jeu. Cela tombe bien, l’ATSEM vient de la rejoindre et, à deux, elles pourront mieux circuler dans la salle.

    Les plus grands, qui connaissaient déjà ce matériel, ont choisi juste le type de balle qui conviendrait au jeu qu’ils voulaient organiser. Les balles de caoutchouc rebondissent, celles de cuir et de fil roulent à toute allure, celles de mousse s’échangent de l’un à l’autre, celles de tissu font un joli vol en cloche avant de retomber là, au pied de leur partenaire.

    Moyens et petits gardent leur balle en mains, couvant leur trésor et se l’appropriant des yeux. Petit à petit, la balle se met à rouler entre les deux mains jointes, celles en mousse s’écrasent alors on les aide un peu et on montre tout fiers à la maîtresse ses deux mains serrées qui cachent une balle qui reprend sa forme quand on la lâche. Les balles de tissu se déforment alors on les triture, on les secoue, on les approche de l’oreille de son voisin pour qu’il entende les graines s’entrechoquer : « Écoute, copain, du bruit ! »

    Une balle en caoutchouc s’échappe. Il faut lui courir après et la rattraper. Est-ce la mienne ? Est-ce celle du copain ? Rouge, elle était rouge, la mienne ! Et ma balle était grosse ! Grosse comme ça, regarde ! La maîtresse est là, elle aide à la résolution du conflit. Voilà la balle rouge et voilà la grosse. On repart, fier d’avoir récupéré son bien.

    Mais là, voilà qu’un de nos petits terribles et qui a hérité d’une balle de fil essaie de manière très déterminée de cisailler ce fil à coups de dents ! Vite, l’ATSEM intervient : « Non, tu vas tout abîmer. C’est une balle. Tu peux la faire rouler comme Maël, là-bas, ou alors la lancer, comme Hamza et Elias. Mais tu ne peux pas la mordre ni la débobiner. En veux-tu une autre, plutôt ? Viens, on va en chercher une autre. »

    Dans le groupe des grands, le ton monte. Le jeu devient passionnant et on en oublie tout, les règles de bienséance comme celles de sécurité. On court, on bouscule, on crie pour doubler, gagner et faire respecter ce qu’on considère comme son bon droit. Il est temps d’interrompre les exercices individuels libres et de passer à un moment plus collectif et plus encadré.

    Deux tendances se sont dégagées pendant les dix minutes de jeu libres : le travail sur le rebond et celui sur le lancer précis. La maîtresse prend la moitié des élèves avec elle, tous âges confondus. Elle demande aux élèves ayant quatre ans révolus de ne garder que les balles qui rebondissent. Pendant ce temps, l’ATSEM fait de même avec son groupe en leur demandant de sélectionner seulement les balles de tissus.

    Chacune se dirige vers un coin de la salle où, dans l’un, on s’entraînera à faire rebondir sa balle de manière à pouvoir la rattraper ensuite sans qu’elle ne « s’échappe », et dans l’autre, on visera un carré dessiné au sol dans lequel on enverra les balles de tissu.

    Au bout de cinq minutes on change de groupe et tout le monde a bien en tête que, demain, on continuera.

    Enfin, après que tout le matériel a été rangé par les élèves eux-mêmes, dernier jeu, chanté celui-là. Les enfants reconstituent la ronde du début et une balle circule de main en main, visible pour ce premier essai, pendant que la maîtresse chante Il court, il court, le furet. La consigne, accessible à tous, est de ne pas laisser la balle tomber et d’arrêter de la faire passer de main en main lorsqu’on entend le dernier vers : Il dort !

    Il est neuf heures quarante-cinq. On retourne en classe où les feuilles de dessin nous attendent, comme chaque matin. On s’assoit où on veut, près de qui on veut. Chacun s’affaire à son dessin. En quelques minutes, les tout-petits ont réglé leur sort à cette feuille de papier et annoncent fièrement qu’ils ont fini. La maîtresse s’approche d’eux et note en quelques mots brefs ce qu’ils lui dictent… « Avion, vrrrrr ! » dit Hamza, « Là. Dessin. A fait moi », explique Elias. La phrase de Mélusine, « J’ai fait la voiture de la maman de moi. » déclenche les questions de ses petits copains : « Voiture ? A maman ? », « L’est là, voiture, moi j’ai vu. »… Mais bien vite la toute petite classe s’égaille, la dînette les attend, et le coin-garage, et les poupées, et les légos !

    Les plus grands s’appliquent, les conversations vont bon train et la maîtresse a fort à faire à les suivre toutes, tout en continuant son travail de secrétaire. Heureusement, l’ATSEM canalise les plus rapides et, après leur avoir fait ranger leur dessin dans leur casier, surveille que les jeux qu’ils choisissent ne soient ni trop bruyants, ni trop désordonnés. Les uns ont choisi les coins de jeux, comme les plus petits ; les autres, profitant de la désertion des tables par les dessinateurs, y ont installé puzzles, encastrements, petits jeux de construction ou d’enfilage ; d’autres encore se sont mis au modelage de pâte à modeler, au collage de pièces de bois, au découpage de chutes de papier, à la peinture sur chevalet ou encore aux gros jeux de construction, bien installés au milieu du coin de regroupement. Quelques enfants plus calmes ont investi les fauteuils du coin-bibliothèque et tournent avec application les pages d’un livre.

    L’heure de la récréation approche et on sent, chez chacun, l’envie de faire ce qu’il a envie de faire au moment où il en a envie. À dix heures quinze, après un petit passage au coin-toilettes des plus jeunes encadrés par l’ATSEM et le rangement de la classe par les plus grands accompagnés de la maîtresse, on passe à la séance Atelier de vie pratique, activité J’apprends à m’habiller et me chausser seul. Puis, jusqu’à dix heures quarante-cinq, c’est le temps libre de la récréation. La maîtresse est dans la cour et surveille avec ses collègues de service que tout le monde s’accorde et se comprend.

    Au retour en classe, après un nouvel atelier de vie pratique, déshabillage et passage aux toilettes, c’est le moment de langage. On commence par chanter. La chanson des noix, celle qui sert pour se dire bonjour, a suscité des questions. Certains n’avaient jamais vu de noix et nombreux étaient ceux qui n’en avaient encore jamais goûté.

    Alors, voici des noix. On les touche, on s’étonne, c’est dur, on dirait du bois. L’une s’échappe d’une main maladroite, elle roule. Comme les balles. Elle est ronde. Mais la balle ne fait pas de bruit, elle. La noix fait du bruit. Dans le sac de la maîtresse, les noix restantes s’entrechoquent. Et quand Souleymane cogne sa noix contre celle de Jacob, ça fait de la musique, comme avec les claves de la boîte d’instruments. C’est parce que c’est en bois, comme les claves. Et puis, et puis. On s’énerve, les pieds commencent à racler le sol, les noix tombent de plus en plus souvent et on se précipite pour les ramasser.

    Alors, on les remet toutes dans la corbeille et la maîtresse sort… un casse-noix. C’est en métal, ça a deux manches, ça s’ouvre et ça se ferme, comme les ciseaux. Elle prend une noix, elle la coince entre les deux branches, elle serre. Ça craque. Elle donne la noix à Manelle. C’est tout cassé ! Oh ! Il y a quelque chose dedans ! C’est drôle. Hamza ne veut pas toucher. Emma dit que c’est berk ! On ne dit pas que c’est berk, on dit que ce n’est pas bon. Ce sont des cer-neaux de noix. Des cer-neaux. Tiens, voilà que la maîtresse en sort un bol plein. Un cerneau pour chacun. Pour le regarder, pour le toucher, pour le sentir… pour le manger ! Il faut bien mâcher. C’est bon. Ça fait drôle sur la langue. C’est un peu amer. Moi, je n’aime pas le goût. Et toi ? Moi, ça me donne faim parce que c’est bientôt l’heure de la cantine. D’ailleurs voilà l’ATSEM qui vient récupérer les élèves de la cantine.

    Il est temps pour tout le monde de quitter la classe. Tout le monde va s’habiller, les uns pour rejoindre le réfectoire, les autres pour aller attendre leur famille ou leur nounou dans la salle d’accueil. On se dit bon appétit et peut-être même à demain, pour les plus jeunes qui restent chez eux l’après-midi. Quant aux autres, on les retrouvera tout à l’heure, après la cantine et sa récréation, dans la cour.

    L’après-midi, l’effectif est moins chargé. Après les dix minutes réglementaires d’accueil dans la cour, le déshabillage suivi du passage aux toilettes, bien utile pour tous ceux qui ont mangé à la cantine.

    Puis tous se rassemblent au coin de regroupement et la maîtresse lit une courte histoire en en montrant les péripéties sur les images reproduites en grand au tableau. Déjà, les plus jeunes sucent leur doigt en tenant leur doudou contre leur cœur. Il est temps pour eux d’aller se reposer un moment. La maîtresse les accompagne jusqu’à l’entrée du dortoir attenant puis les laisse, en compagnie de l’ATSEM.

    Il lui reste maintenant neuf élèves, ayant tous quatre ans révolus. Ils s’affairent à sortir d’un grand coffre le sac marqué à leur nom contenant un coussin et un tapis de sol. Pendant ce temps, la maîtresse installe un CD sur le lecteur, baisse les stores et ne laisse passer qu’un peu de jour. Quand ils sont tous allongés, loin les uns des autres, elle annonce : « Aujourd’hui, c’est un extrait du Carnaval des Animaux, de Camille Saint-Saëns. La pièce s’intitule Aquarium. »

    Pendant quelques minutes, on n’entend plus que les notes qui s’écoulent. Les enfants se détendent, certains peinent à se calmer, mais le petit nombre aidant, tous profitent de ces quelques instants de répit bien utiles après une pause méridienne souvent agitée.

    Puis la musique s’éteint. Certains enfants restent allongés, les yeux dans le vague ; d’autres au contraire se redressent vivement. Ils sont prêts à agir, ressourcés par ce court moment de pause. Mais leurs camarades ont encore besoin de repos. La maîtresse les convie au coin de regroupement pendant qu’elle remet le CD en marche pour leurs camarades. Là, à quatre ou cinq, ils regardent les illustrations du livre lu tout à l’heure. On chuchote.

    A la fin de l’extrait musical, tout le monde est prêt, sauf Sofia qui dort profondément. On se lève sans bruit, on range son matériel dans son sac et le sac dans le coffre, le tout sans réveiller Sofia. Il est quatorze heures.

    Ce matin, nous avons regardé les noix et nous en avons cassé une. Dedans il y avait des cerneaux que nous avons goûtés. La maîtresse a gardé les coques de ces noix. Les voici. Elles sont creuses. On dirait des petites boîtes. On peut les refermer, comme ça, deux par deux. Ah oui, on va toutes les refermer ! Deux coques, une noix ; deux coques, encore une noix... Regarde, j’ai reconstruit trois noix ! Et moi quatre ! Il faudrait de la colle pour que ça tienne. Oui, mais alors, on ne pourrait plus les rouvrir. Ou alors, de la pâte à modeler. On ferait une boule de pâte à modeler pas trop grosse et on la mettrait entre les deux morceaux de coquille ? Oui, c’est ça. Moi, je dois faire trois boules. Et moi quatre. Pas trop grosse mais pas trop petite. Comme ça. Là, c’est trop gros. Et là, c’est trop petit. Il faut une boule moyenne. Il faut qu’on puisse la cacher dans la main mais que ça remplisse tout le creux de la main avec les doigts, sinon, c’est trop petit.

    Moi, je la fais comme des cerneaux ma boule. Combien il y avait de cerneaux, maîtresse ? Deux ou un ? Tu nous casses une autre noix pour qu’on voie ? Ah, deux ! Non, plus, regarde, celui-là il est coupé là et celui-là, il est coupé là ! Là, ça fait deux, et là, ça fait encore deux. Alors, quatre. Un, deux, trois, quatre. Oh, c’est trop dur, je ne saurai pas faire en pâte à modeler. Je continue les boules. Voilà, fini, j’ai fait quatre fausses noix ! Tu veux les ouvrir, maîtresse ? Tu vas voir, c’est une blague.

    Et moi, je fais des chaussures avec les coquilles de noix. Là… pour mes doigts. Après, je marche comme ça. Clok, clok, clok, clok. Ça fait un bruit rigolo. On va faire des courses de chaussures de noix ! On les met comme ça avec la pâte à modeler qui tient à ce doigt et à ce doigt. Oui, à l’index et au majeur. Après, on se met là au trait. Et quand je dis « Prêt, feu, partez » on part jusqu’à l’autre trait. Prêt, feu, partez ! C’est Souleymane qui a gagné la course de chaussures de doigts ! Non, de chaussures de nnnnoix, j’ai dit ! Et moi, je dis de chaussures de ddddoigts ! C’est pareil, des chaussures de doigts de noix ! Pour moi ! Et pour toi ! Et pour le roi ! Et pour mon papa qui s’appelle Benoît ! Et pour le bon Saint Éloi de la chanson du roi Dagobert !

    Sofia s’est réveillée et nous a rejoints. L’histoire de la coquille de noix qui cache une blague a rappelé à la maîtresse l’histoire de Souricette[1] qu’elle avait sélectionnée parmi d’autres parlant de noix, de noisettes et autres fruits à coque. Elle rassemble les enfants autour du livre illustré. On regarde la première image. C’est l’histoire d’une souris. Elle a trouvé une noix dans les feuilles mortes. Non, pas une noix, c’est trop petit, trop rond et trop foncé. C’est une noisette. Ça a une coquille, comme les noix. Qu’est-ce qu’il y a écrit, maîtresse, tu nous le lis ?

    « Un beau matin, Souricette la petite souris décide d’aller à l’aventure. Qui sait ce que signifie « aller à l’aventure » ? Qui nous explique ce qu’a fait Souricette ? »

    Elle est partie de sa maison, qu’on voit là-bas et elle est partie toute seule. Elle veut voir des choses. Elle veut avoir des aventures comme dans les films. Elle veut trouver des trésors.

    « Trotti-trotta, elle trotte de-ci, de-là. Et tous les trois pas, elle glisse son museau sous les feuilles pour voir s’il ne s’y cache pas un trésor. »

    Elle en a trouvé un de trésor, je crois. Sous la feuille. La feuille, c’est la même qu’on avait vue l’autre jour. Elle est là, dans le bouquet, sur la table d’exposition. C’est une feuille de gland. Non, pas de gland, de chienne. Non, de chêêêêêne, je te dis ! C’est à l’automne, maîtresse, l’histoire ? Parce qu’on voit que les feuilles sont mortes. Oui, les noisettes, ça mûrit à l’automne, comme les noix et les pommes. On continue l’histoire ?

    Non, nous la continuerons demain. Maintenant, c’est l’heure d’aller jouer dehors. Demain, après le repos, nous reprendrons le livre de Souricette et nous continuerons son histoire. Là, vous voyez, il est trois heures et quart, les petits sont levés et il est l’heure d’aller jouer dehors.

    Une trentaine de minutes plus tard, après la récréation et le déshabillage, c’est l’heure du deuxième moment d’éducation motrice de la journée. Assis en rond au sol, les élèves écoutent un morceau de musique… Les doigts se lèvent : C’est le Carnaval des Animaux de Camille… Non, pas de Camille, la maîtresse des grands, de Camille Machin, là. Pas Machin, dis-nous toi, maîtresse, c’est écrit. Voilà, Camille Saint-Saëns, c’était un monsieur.

    C’est la musique des Poules et des Coqs. On la danse ? Qui est le premier groupe aujourd’hui ? C’est celui de Sofia parce que l’autre jour, c’était celui de Souleymane !

    Les groupes dansent tour à tour sur la musique Poules et Coqs. Les enfants montrent par leurs mouvements saccadés, leurs petits pas puis leur marche lente et hiératique qu’ils se sentent tour à tour les poules remuantes et tapageuses ou les coqs lents et majestueux. Au dernier accord de piano, ils s’arrêtent et restent immobiles. Les plus jeunes, réveillés de la sieste, participent à leur niveau et suivent avec application les mouvements des plus vieux.

    « Une autre musique maintenant. Je ne vous dis rien mais peut-être la reconnaîtrez-vous… »

    La maîtresse met alors un autre extrait du Carnaval, Aquarium, qui avait été choisi pour le moment de repos. Les doigts fusent ! C’est… c’est… c’est… Mais il faut attendre la fin de l’extrait. On se trémousse. Enfin, ça y est, les dernières notes ont retenti ! C’est la musique de la sieste ! On ne se souvient plus du nom.

    Ça ne fait rien. L’important, c’est de bien l’écouter pour pouvoir bien la danser. Une nouvelle écoute puis les groupes s’élancent tour à tour sur la piste sous le regard attentif de leurs camarades, vite rappelés à l’ordre s’ils font autre chose.

    L’extrait n’est pas long, le tour de chacun arrive vite. Les enfants sentent la musique, ils ondulent, se faufilent entre des algues imaginaires. Leurs pieds déchaussés glissent sur le sol, on dirait presque qu’ils nagent… Pari gagné, Monsieur Saint-Saëns ! Même sans se souvenir du titre, qui n’aurait par ailleurs pas dit grand-chose à certains, nos petits bonshommes et bonnes femmes de trois et quatre ans ont senti au plus profond d’eux-mêmes l’atmosphère aquatique de votre morceau.

    Une nouvelle écoute, toujours sans rien dire, et voilà nos groupes lancés pour un deuxième essai, sans consigne. Déjà certains commencent à mémoriser les ruptures de rythmes, les fins de phrases musicales et les anticipent.

    On y reviendra jeudi et encore lundi et jeudi prochains, jusqu’à ce que tous, sans consigne préétablie, sans chorégraphie apprise par cœur, adoptent spontanément leur chorégraphie née de leur connaissance intérieure de ce morceau qu’ils auront vécus afin de se l’approprier.

    Il reste un quart d’heure de classe avant la fameuse « heure des mamans ». Aujourd’hui, c’est l’heure de tester claves et coques de noix. Après quelques secondes de brouhaha, sur un signe de la maîtresse, bien connu car il précède la confiscation des instruments des récalcitrants, tout redevient silencieux. On peut reprendre la chanson dans laquelle les claves interviennent pour rythmer les cris des animaux :

    Cot, cot, cot, dit la poule

    Cui, cui, cui, dit l'oiseau

    Mi-a-ou, dit le chat

    Bien l’bonsoir, dit ma maman.

    Ouah, ouah, ouah, dit le chien

    Grrr, grrr, grrr, dit le lion

    Hin, hin, hin, dit le singe

    Bien l’bonsoir, dit mon papa.

    Meuh, meuh, meuh, dit la vache

    Hou, hou, hou, dit le loup

    Coin, coin, coin dit le canard

    Bien l’bonsoir, dit mon grand frère.

    La demi-journée est finie. Une dernière séance d’atelier de vie pratique dans le vestiaire avant que les enfants de la garderie ne partent en compagnie du personnel municipal pendant que ceux qui rentrent tout de suite chez eux après une journée bien remplie regagnent la salle d’accueil avec la maîtresse. Demain, tous se retrouveront pour jouer, parler, dessiner, manipuler matériaux et matières, danser et se reposer, tous ensemble.

    D'autres extraits sur ce blog :

     Utile ou inutile ?

    ABCD de l'égalité

    Trop petits pour être obligés...

    Deux ans et déjà à l'école ?

    Le sommaire du livre édité :

     Pour une Maternelle du XXI Siècle : Sommaire

    Nota Bene : Si vous trouvez que 6 € de frais de port, pour un livre à 23 €, ça vous fait trop, contactez-moi directement. Je consacre une partie des droits d'auteur que je touche à payer les timbres qui vous permettront de vous procurer le livre au prix auquel vous l'achèteriez s'il était diffusé en librairie.
    Contactez-moi ici : Contact. Je me ferai un plaisir de vous expliquer la démarche à suivre.

    Notes :

    [1] Les plus beaux contes d’animaux, Mille et Une Histoires - Hors-série n°4, Été 2007.


    29 commentaires
  • Courrier indésirable.

    Juste pour rire.

    Sur la messagerie de l'école, depuis le 6 janvier, nous avons reçu deux courriels émanant de notre Ministère de tutelle (les vœux du ministre et des annonces déprimantes sur l'évolution de notre métier).

    Quel ne fut pas mon étonnement en ouvrant l'un puis l'autre de ces messages lorsque ma messagerie m'a signalé : "Thunderbird pense que ce courrier est indésirable. Voulez-vous continuer à l'ouvrir ?"

    Comment ils le savent, chez Mozilla, que je ne désire pas apprendre ce genre de nouvelles alarmantes ? Courrier indésirable.


    1 commentaire


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