• Objets en Bois Non Identifiés...

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  • L'âge du capitaine.

    Problème CE1 : Un quincaillier vend une scie à bûche à 17 euros et trois lames de scie à 6 euros l'une. Quel est le prix des trois lames de scie ? Combien le quincaillier doit-il encaisser ?

    Réponse de Malicia :

    6 € x 3 = 18 €  
    Les lames coûtent 18 €.

    [Puis, trèèèèèèès longtemps plus tard... Elle devait bien sentir qu'il y avait quelque chose qui ne collait pas.]

    18 - 17 = 1
    Il doit en casser 1 de lame de scie.

    Ne vous inquiétez pas pour le quincaillier, dès que Malicia a pu relier le verbe encaisser à l'image mentale de sa grand-mère à la caisse du restaurant de ses parents, il a pu récupérer ses 35 euros, comme chez tout le monde !

     

     

     


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  • Utile ou inutile ?

    J'ai besoin de votre avis... Si vous étiez en train d'écrire un bouquin sur l'enseignement à l'école maternelle, intégreriez-vous ce genre de Récit de Vie  afin de donner à voir ce que peuvent donner les méthodes que vous venez d'expliquer ou trouveriez-vous cela inutile et redondant ?

    Une journée dans la Classe des Petits

    Nous sommes au mois de novembre dans une école maternelle à quatre ou cinq classes. Notre classe comporte vingt-cinq élèves, neuf inscrits en Moyenne Section, dix inscrits en deuxième année de Petite Section et six en première année. Il est 8 h 20, une maîtresse ouvre le portail de la cour aux familles attendant devant l’école. En traversant la cour, elle a salué le personnel du périscolaire qui vient d’y amener les enfants arrivés plus tôt dans l’école et qui sortent de la salle réservée à la garderie.

    Deux autres de ses collègues et une ATSEM sont installées dans la cour et y surveillent les enfants qui jouent déjà entre eux. Un tout-petit, encore bien ému par le départ de sa mère, reste près d’elles en suçant son pouce. Les parents entrent, confient leurs enfants aux maîtresses

    Huit heures trente. Une ATSEM vient prendre le relais au portail qu’elle fermera dans dix minutes. La maîtresse rejoint son groupe qui a commencé à se mettre en rang, sous la surveillance de son ATSEM et de ses collègues. Les Moyens, maintenant très au fait de leurs responsabilités, donnent la main aux plus jeunes et s’alignent dans un ordre satisfaisant devant la maîtresse. Celle-ci met son petit groupe en route et, sans cris ni chahut, on se dirige vers le vestiaire attenant à la classe.

    Les Moyens se débarrassent rapidement de leurs blousons, leurs écharpes, leurs bonnets et leurs chaussures. Ils enfilent leurs pantoufles et se mettent prestement à leur deuxième exercice de Vivre Ensemble de la journée. Comme ils savent lequel des Petits ils doivent aider, ils le font sans difficulté.

    Il faut dire que la maîtresse et l’ATSEM sont là toutes deux pour donner l’exemple. De la voix, chuchotée, elles encouragent les plus petits à faire descendre leur fermeture à glissière, montrent comment on négocie un déboutonnage difficile, rappellent comment on suspend une veste à la patère, aident à dénouer un lacet récalcitrant, poussent à l’autonomie un petit bonhomme bien tranquille pas très décidé à y mettre du sien.

    Il est huit heures quarante-cinq. On entre en classe, à la suite de la maîtresse et l’on va s’installer au coin de regroupement en chuchotant. La maîtresse sort son cahier d’appel et vérifie rapidement les présents et les absents. Les plus grands l’aident : « Aujourd’hui Ismaïl est absent. On ne voit pas non plus Léna et Jacob. Mais Sofia est revenue et les petits jumeaux aussi. »

    Sofia explique qu’elle était partie chez sa mamie pendant que sa maman était à l’hôpital pour le petit frère. Les petits jumeaux se regardent, les larmes ne sont pas loin. La maîtresse intervient : « Hamza et Elias avaient un gros rhume. Ils toussaient beaucoup. Mais maintenant ils vont mieux et ils peuvent revenir à l’école. » Elias sourit : « Tousse plus. École. » Alors le visage d’Hamza s’illumine : « Kol’ ! ». Jacob arrive, accompagné de l'ATSEM de service au portail qui l'aide à s'excuser pour son retard.

    La maîtresse pose le cahier d’appel et récite la comptine qui sert ce mois-ci à se dire bonjour :

    Bonjour Monsieur,

    Bonjour Madame

    Voulez-vous des noix?

    En voici une,

    En voici deux,

    En voici trois.

    Les plus grands récitent avec elle. Elle encourage les petits à se joindre à eux. On reprend vers par vers, en mimant et chacun participe à son niveau à l’activité.

    Il est neuf heures. Avant de partir en salle de motricité, il est temps de faire un petit passage aux toilettes. Avec l’ATSEM, elle emmène ses élèves dans la salle de propreté attenante. Les élèves s’installent sur les bancs et chacun s’entraîne à son tour sous la surveillance et l’aide active des adultes à se défaire de son pantalon et de sa culotte, s’asseoir et se relever seuls, s’essuyer proprement, se rhabiller, se laver et s’essuyer les mains.

    À neuf heures quinze, on se rend dans la salle de motricité, toujours en ordre et dans le calme. L’ATSEM qui fermait le rang repart dès que les élèves sont installés autour de la maîtresse car elle doit maintenant aller installer les feuilles de dessin et les crayons pour l’activité suivante.

    La maîtresse commence la séance par un jeu d’attention visuelle. Les enfants sont assis en rond dans la salle. Lorsqu’elle lève les bras vers le plafond, vite, ils se mettent debout, lorsqu’elle les abaisse, vite, ils se rassoient. Ils accompagnent leurs gestes de paroles : « Debout ! Assis ! »

    Après deux minutes de jeu, on prend connaissance du contenu de la caisse au trésor : des balles de toutes tailles, de toutes matières (mousse, tissu rempli de sable ou de graines, caoutchouc, cuir bourré de laine, fil enroulé, …), de toutes couleurs.

    On se met en rang et chacun vient prendre la balle de son choix. Quand tout le monde est servi, la maîtresse donne le signal du départ du jeu. Cela tombe bien, l’ATSEM vient de la rejoindre et, à deux, elles pourront mieux circuler dans la salle.

    Les plus grands, qui connaissaient déjà ce matériel, ont choisi juste le type de balle qui conviendrait au jeu qu’ils voulaient organiser. Les balles de caoutchouc rebondissent, celles de cuir et de fil roulent à toute allure, celles de mousse s’échangent de l’un à l’autre, celles de tissu font un joli vol en cloche avant de retomber là, au pied de leur partenaire.

    Moyens et petits gardent leur balle en mains, couvant leur trésor et se l’appropriant des yeux. Petit à petit, la balle se met à rouler entre les deux mains jointes, celles en mousse s’écrasent alors on les aide un peu et on montre tout fiers à la maîtresse ses deux mains serrées qui cachent une balle qui reprend sa forme quand on la lâche. Les balles de tissu se déforment alors on les triture, on les secoue, on les approche de l’oreille de son voisin pour qu’il entende les graines s’entrechoquer : « Écoute, copain, du bruit ! »

    Une balle en caoutchouc s’échappe. Il faut lui courir après et la rattraper. Est-ce la mienne ? Est-ce celle du copain ? Rouge, elle était rouge, la mienne ! Et ma balle était grosse ! Grosse comme ça, regarde ! La maîtresse est là, elle aide à la résolution du conflit. Voilà la balle rouge et voilà la grosse. On repart, fier d’avoir récupéré son bien.

    Mais là, voilà qu’un de nos petits terribles et qui a hérité d’une balle de fil essaie de manière très déterminée de cisailler ce fil à coups de dents ! Vite, l’ATSEM intervient : « Non, tu vas tout abîmer. C’est une balle. Tu peux la faire rouler comme Maël, là-bas, ou alors la lancer, comme Hamza et Elias. Mais tu ne peux pas la mordre ni la débobiner. En veux-tu une autre, plutôt ? Viens, on va en chercher une autre. »

    Dans le groupe des grands, le ton monte. Le jeu devient passionnant et on en oublie tout, les règles de bienséance comme celles de sécurité. On court, on bouscule, on crie pour doubler, gagner et faire respecter ce qu’on considère comme son bon droit. Il est temps d’interrompre les exercices individuels libres et de passer à un moment plus collectif et plus encadré.

    Deux tendances se sont dégagées pendant les dix minutes de jeu libres : le travail sur le rebond et celui sur le lancer précis. La maîtresse prend la moitié des élèves avec elle, tous âges confondus. Elle demande aux élèves ayant quatre ans révolus de ne garder que les balles qui rebondissent. Pendant ce temps, l’ATSEM fait de même avec son groupe en leur demandant de sélectionner seulement les balles de tissus.

    Chacune se dirige vers un coin de la salle où, dans l’un, on s’entraînera à faire rebondir sa balle de manière à pouvoir la rattraper ensuite sans qu’elle ne « s’échappe », et dans l’autre, on visera un carré dessiné au sol dans lequel on enverra les balles de tissu.

    Au bout de cinq minutes on change de groupe et tout le monde a bien en tête que, demain, on continuera.

    Enfin, après que tout le matériel a été rangé par les élèves eux-mêmes, dernier jeu, chanté celui-là. Les enfants reconstituent la ronde du début et une balle circule de main en main, visible pour ce premier essai, pendant que la maîtresse chante Il court, il court, le furet. La consigne, accessible à tous, est de ne pas laisser la balle tomber et d’arrêter de la faire passer de main en main lorsqu’on entend le dernier vers : Il dort !

    Il est neuf heures quarante-cinq. On retourne en classe où les feuilles de dessin nous attendent, comme chaque matin. On s’assoit où on veut, près de qui on veut. Chacun s’affaire à son dessin. En quelques minutes, les tout-petits ont réglé leur sort à cette feuille de papier et annoncent fièrement qu’ils ont fini. La maîtresse s’approche d’eux et note en quelques mots brefs ce qu’ils lui dictent… « Avion, vrrrrr ! » dit Hamza, « Là. Dessin. A fait moi », explique Elias. La phrase de Mélusine, « J’ai fait la voiture de la maman de moi. » déclenche les questions de ses petits copains : « Voiture ? A maman ? », « L’est là, voiture, moi j’ai vu. »… Mais bien vite la toute petite classe s’égaille, la dînette les attend, et le coin-garage, et les poupées, et les légos !

    Les plus grands s’appliquent, les conversations vont bon train et la maîtresse a fort à faire à les suivre toutes, tout en continuant son travail de secrétaire. Heureusement, l’ATSEM canalise les plus rapides et, après leur avoir fait ranger leur dessin dans leur casier, surveille que les jeux qu’ils choisissent ne soient ni trop bruyants, ni trop désordonnés. Les uns ont choisi les coins de jeux, comme les plus petits ; les autres, profitant de la désertion des tables par les dessinateurs, y ont installé puzzles, encastrements, petits jeux de construction ou d’enfilage ; d’autres encore se sont mis au modelage de pâte à modeler, au collage de pièces de bois, au découpage de chutes de papier, à la peinture sur chevalet ou encore aux gros jeux de construction, bien installés au milieu du coin de regroupement. Quelques enfants plus calmes ont investi les fauteuils du coin-bibliothèque et tournent avec application les pages d’un livre.

    L’heure de la récréation approche et on sent, chez chacun, l’envie de faire ce qu’il a envie de faire au moment où il en a envie. À dix heures quinze, après un petit passage au coin-toilettes des plus jeunes encadrés par l’ATSEM et le rangement de la classe par les plus grands accompagnés de la maîtresse, on passe à la séance Atelier de vie pratique, activité J’apprends à m’habiller et me chausser seul. Puis, jusqu’à dix heures quarante-cinq, c’est le temps libre de la récréation. La maîtresse est dans la cour et surveille avec ses collègues de service que tout le monde s’accorde et se comprend.

    Au retour en classe, après un nouvel atelier de vie pratique, déshabillage et passage aux toilettes, c’est le moment de langage. On commence par chanter. La chanson des noix, celle qui sert pour se dire bonjour, a suscité des questions. Certains n’avaient jamais vu de noix et nombreux étaient ceux qui n’en avaient encore jamais goûté.

    Alors, voici des noix. On les touche, on s’étonne, c’est dur, on dirait du bois. L’une s’échappe d’une main maladroite, elle roule. Comme les balles. Elle est ronde. Mais la balle ne fait pas de bruit, elle. La noix fait du bruit. Dans le sac de la maîtresse, les noix restantes s’entrechoquent. Et quand Souleymane cogne sa noix contre celle de Jacob, ça fait de la musique, comme avec les claves de la boîte d’instruments. C’est parce que c’est en bois, comme les claves. Et puis, et puis. On s’énerve, les pieds commencent à racler le sol, les noix tombent de plus en plus souvent et on se précipite pour les ramasser.

    Alors, on les remet toutes dans la corbeille et la maîtresse sort… un casse-noix. C’est en métal, ça a deux manches, ça s’ouvre et ça se ferme, comme les ciseaux. Elle prend une noix, elle la coince entre les deux branches, elle serre. Ça craque. Elle donne la noix à Manelle. C’est tout cassé ! Oh ! Il y a quelque chose dedans ! C’est drôle. Hamza ne veut pas toucher. Emma dit que c’est berk ! On ne dit pas que c’est berk, on dit que ce n’est pas bon. Ce sont des cer-neaux de noix. Des cer-neaux. Tiens, voilà que la maîtresse en sort un bol plein. Un cerneau pour chacun. Pour le regarder, pour le toucher, pour le sentir… pour le manger ! Il faut bien mâcher. C’est bon. Ça fait drôle sur la langue. C’est un peu amer. Moi, je n’aime pas le goût. Et toi ? Moi, ça me donne faim parce que c’est bientôt l’heure de la cantine. D’ailleurs voilà l’ATSEM qui vient récupérer les élèves de la cantine.

    Il est temps pour tout le monde de quitter la classe. Tout le monde va s’habiller, les uns pour rejoindre le réfectoire, les autres pour aller attendre leur famille ou leur nounou dans la salle d’accueil. On se dit bon appétit et peut-être même à demain, pour les plus jeunes qui restent chez eux l’après-midi. Quant aux autres, on les retrouvera tout à l’heure, après la cantine et sa récréation, dans la cour.

    L’après-midi, l’effectif est moins chargé. Après les dix minutes réglementaires d’accueil dans la cour, le déshabillage suivi du passage aux toilettes, bien utile pour tous ceux qui ont mangé à la cantine.

    Puis tous se rassemblent au coin de regroupement et la maîtresse lit une courte histoire en en montrant les péripéties sur les images reproduites en grand au tableau. Déjà, les plus jeunes sucent leur doigt en tenant leur doudou contre leur cœur. Il est temps pour eux d’aller se reposer un moment. La maîtresse les accompagne jusqu’à l’entrée du dortoir attenant puis les laisse, en compagnie de l’ATSEM.

    Il lui reste maintenant neuf élèves, ayant tous quatre ans révolus. Ils s’affairent à sortir d’un grand coffre le sac marqué à leur nom contenant un coussin et un tapis de sol. Pendant ce temps, la maîtresse installe un CD sur le lecteur, baisse les stores et ne laisse passer qu’un peu de jour. Quand ils sont tous allongés, loin les uns des autres, elle annonce : « Aujourd’hui, c’est un extrait du Carnaval des Animaux, de Camille Saint-Saëns. La pièce s’intitule Aquarium. »

    Pendant quelques minutes, on n’entend plus que les notes qui s’écoulent. Les enfants se détendent, certains peinent à se calmer, mais le petit nombre aidant, tous profitent de ces quelques instants de répit bien utiles après une pause méridienne souvent agitée.

    Puis la musique s’éteint. Certains enfants restent allongés, les yeux dans le vague ; d’autres au contraire se redressent vivement. Ils sont prêts à agir, ressourcés par ce court moment de pause. Mais leurs camarades ont encore besoin de repos. La maîtresse les convie au coin de regroupement pendant qu’elle remet le CD en marche pour leurs camarades. Là, à quatre ou cinq, ils regardent les illustrations du livre lu tout à l’heure. On chuchote.

    A la fin de l’extrait musical, tout le monde est prêt, sauf Sofia qui dort profondément. On se lève sans bruit, on range son matériel dans son sac et le sac dans le coffre, le tout sans réveiller Sofia. Il est quatorze heures.

    Ce matin, nous avons regardé les noix et nous en avons cassé une. Dedans il y avait des cerneaux que nous avons goûtés. La maîtresse a gardé les coques de ces noix. Les voici. Elles sont creuses. On dirait des petites boîtes. On peut les refermer, comme ça, deux par deux. Ah oui, on va toutes les refermer ! Deux coques, une noix ; deux coques, encore une noix... Regarde, j’ai reconstruit trois noix ! Et moi quatre ! Il faudrait de la colle pour que ça tienne. Oui, mais alors, on ne pourrait plus les rouvrir. Ou alors, de la pâte à modeler. On ferait une boule de pâte à modeler pas trop grosse et on la mettrait entre les deux morceaux de coquille ? Oui, c’est ça. Moi, je dois faire trois boules. Et moi quatre. Pas trop grosse mais pas trop petite. Comme ça. Là, c’est trop gros. Et là, c’est trop petit. Il faut une boule moyenne. Il faut qu’on puisse la cacher dans la main mais que ça remplisse tout le creux de la main avec les doigts, sinon, c’est trop petit.

    Moi, je la fais comme des cerneaux ma boule. Combien il y avait de cerneaux, maîtresse ? Deux ou un ? Tu nous casses une autre noix pour qu’on voie ? Ah, deux ! Non, plus, regarde, celui-là il est coupé là et celui-là, il est coupé là ! Là, ça fait deux, et là, ça fait encore deux. Alors, quatre. Un, deux, trois, quatre. Oh, c’est trop dur, je ne saurai pas faire en pâte à modeler. Je continue les boules. Voilà, fini, j’ai fait quatre fausses noix ! Tu veux les ouvrir, maîtresse ? Tu vas voir, c’est une blague.

    Et moi, je fais des chaussures avec les coquilles de noix. Là… pour mes doigts. Après, je marche comme ça. Clok, clok, clok, clok. Ça fait un bruit rigolo. On va faire des courses de chaussures de noix ! On les met comme ça avec la pâte à modeler qui tient à ce doigt et à ce doigt. Oui, à l’index et au majeur. Après, on se met là au trait. Et quand je dis « Prêt, feu, partez » on part jusqu’à l’autre trait. Prêt, feu, partez ! C’est Souleymane qui a gagné la course de chaussures de doigts ! Non, de chaussures de nnnnoix, j’ai dit ! Et moi, je dis de chaussures de ddddoigts ! C’est pareil, des chaussures de doigts de noix ! Pour moi ! Et pour toi ! Et pour le roi ! Et pour mon papa qui s’appelle Benoît ! Et pour le bon Saint Éloi de la chanson du roi Dagobert !

    Sofia s’est réveillée et nous a rejoints. L’histoire de la coquille de noix qui cache une blague a rappelé à la maîtresse l’histoire de Souricette[1] qu’elle avait sélectionnée parmi d’autres parlant de noix, de noisettes et autres fruits à coque. Elle rassemble les enfants autour du livre illustré. On regarde la première image. C’est l’histoire d’une souris. Elle a trouvé une noix dans les feuilles mortes. Non, pas une noix, c’est trop petit, trop rond et trop foncé. C’est une noisette. Ça a une coquille, comme les noix. Qu’est-ce qu’il y a écrit, maîtresse, tu nous le lis ?

    « Un beau matin, Souricette la petite souris décide d’aller à l’aventure. Qui sait ce que signifie « aller à l’aventure » ? Qui nous explique ce qu’a fait Souricette ? »

    Elle est partie de sa maison, qu’on voit là-bas et elle est partie toute seule. Elle veut voir des choses. Elle veut avoir des aventures comme dans les films. Elle veut trouver des trésors.

    « Trotti-trotta, elle trotte de-ci, de-là. Et tous les trois pas, elle glisse son museau sous les feuilles pour voir s’il ne s’y cache pas un trésor. »

    Elle en a trouvé un de trésor, je crois. Sous la feuille. La feuille, c’est la même qu’on avait vue l’autre jour. Elle est là, dans le bouquet, sur la table d’exposition. C’est une feuille de gland. Non, pas de gland, de chienne. Non, de chêêêêêne, je te dis ! C’est à l’automne, maîtresse, l’histoire ? Parce qu’on voit que les feuilles sont mortes. Oui, les noisettes, ça mûrit à l’automne, comme les noix et les pommes. On continue l’histoire ?

    Non, nous la continuerons demain. Maintenant, c’est l’heure d’aller jouer dehors. Demain, après le repos, nous reprendrons le livre de Souricette et nous continuerons son histoire. Là, vous voyez, il est trois heures et quart, les petits sont levés et il est l’heure d’aller jouer dehors.

    Une trentaine de minutes plus tard, après la récréation et le déshabillage, c’est l’heure du deuxième moment d’éducation motrice de la journée. Assis en rond au sol, les élèves écoutent un morceau de musique… Les doigts se lèvent : C’est le Carnaval des Animaux de Camille… Non, pas de Camille, la maîtresse des grands, de Camille Machin, là. Pas Machin, dis-nous toi, maîtresse, c’est écrit. Voilà, Camille Saint-Saëns, c’était un monsieur.

    C’est la musique des Poules et des Coqs. On la danse ? Qui est le premier groupe aujourd’hui ? C’est celui de Sofia parce que l’autre jour, c’était celui de Souleymane !

    Les groupes dansent tour à tour sur la musique Poules et Coqs. Les enfants montrent par leurs mouvements saccadés, leurs petits pas puis leur marche lente et hiératique qu’ils se sentent tour à tour les poules remuantes et tapageuses ou les coqs lents et majestueux. Au dernier accord de piano, ils s’arrêtent et restent immobiles. Les plus jeunes, réveillés de la sieste, participent à leur niveau et suivent avec application les mouvements des plus vieux.

    « Une autre musique maintenant. Je ne vous dis rien mais peut-être la reconnaîtrez-vous… »

    La maîtresse met alors un autre extrait du Carnaval, Aquarium, qui avait été choisi pour le moment de repos. Les doigts fusent ! C’est… c’est… c’est… Mais il faut attendre la fin de l’extrait. On se trémousse. Enfin, ça y est, les dernières notes ont retenti ! C’est la musique de la sieste ! On ne se souvient plus du nom.

    Ça ne fait rien. L’important, c’est de bien l’écouter pour pouvoir bien la danser. Une nouvelle écoute puis les groupes s’élancent tour à tour sur la piste sous le regard attentif de leurs camarades, vite rappelés à l’ordre s’ils font autre chose.

    L’extrait n’est pas long, le tour de chacun arrive vite. Les enfants sentent la musique, ils ondulent, se faufilent entre des algues imaginaires. Leurs pieds déchaussés glissent sur le sol, on dirait presque qu’ils nagent… Pari gagné, Monsieur Saint-Saëns ! Même sans se souvenir du titre, qui n’aurait par ailleurs pas dit grand-chose à certains, nos petits bonshommes et bonnes femmes de trois et quatre ans ont senti au plus profond d’eux-mêmes l’atmosphère aquatique de votre morceau.

    Une nouvelle écoute, toujours sans rien dire, et voilà nos groupes lancés pour un deuxième essai, sans consigne. Déjà certains commencent à mémoriser les ruptures de rythmes, les fins de phrases musicales et les anticipent.

    On y reviendra jeudi et encore lundi et jeudi prochains, jusqu’à ce que tous, sans consigne préétablie, sans chorégraphie apprise par cœur, adoptent spontanément leur chorégraphie née de leur connaissance intérieure de ce morceau qu’ils auront vécus afin de se l’approprier.

    Il reste un quart d’heure de classe avant la fameuse « heure des mamans ». Aujourd’hui, c’est l’heure de tester claves et coques de noix. Après quelques secondes de brouhaha, sur un signe de la maîtresse, bien connu car il précède la confiscation des instruments des récalcitrants, tout redevient silencieux. On peut reprendre la chanson dans laquelle les claves interviennent pour rythmer les cris des animaux :

    Cot, cot, cot, dit la poule

    Cui, cui, cui, dit l'oiseau

    Mi-a-ou, dit le chat

    Bien l’bonsoir, dit ma maman.

    Ouah, ouah, ouah, dit le chien

    Grrr, grrr, grrr, dit le lion

    Hin, hin, hin, dit le singe

    Bien l’bonsoir, dit mon papa.

    Meuh, meuh, meuh, dit la vache

    Hou, hou, hou, dit le loup

    Coin, coin, coin dit le canard

    Bien l’bonsoir, dit mon grand frère.

    La demi-journée est finie. Une dernière séance d’atelier de vie pratique dans le vestiaire avant que les enfants de la garderie ne partent en compagnie du personnel municipal pendant que ceux qui rentrent tout de suite chez eux après une journée bien remplie regagnent la salle d’accueil avec la maîtresse. Demain, tous se retrouveront pour jouer, parler, dessiner, manipuler matériaux et matières, danser et se reposer, tous ensemble.

     

    [1] Les plus beaux contes d’animaux, Mille et Une Histoires - Hors-série n°4, Été 2007.


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  • Courrier indésirable.

    Juste pour rire.

    Sur la messagerie de l'école, depuis le 6 janvier, nous avons reçu deux courriels émanant de notre Ministère de tutelle (les vœux du ministre et des annonces déprimantes sur l'évolution de notre métier).

    Quel ne fut pas mon étonnement en ouvrant l'un puis l'autre de ces messages lorsque ma messagerie m'a signalé : "Thunderbird pense que ce courrier est indésirable. Voulez-vous continuer à l'ouvrir ?"

    Comment ils le savent, chez Mozilla, que je ne désire pas apprendre ce genre de nouvelles alarmantes ? Courrier indésirable.


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  • Il y a vraiment des fois où les maîtresses voient des problèmes là où il n'y en a aucun...

    Évidence


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