• Tu me feng' le cœur !

    CE1, le pluriel des adjectifs qualificatifs en -al :

    un trait vertical --> des traits verticaux

    un geste amical --> des gesteamicaux

    un ami loyal --> des amis loyaux

    un garçon brutal --> des garçonbrutas [ Prononcer "brutasseuh", NDLR]

    Vous comprenez pourquoi je la surnomme Mafalda du marché de la Canebière, cette petite ?

     


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  • Des rhinos vraiment féroces

    Compère Renart, le lièvre et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Qui a décrété qu'après 15 h 45, un enfant, ça ne pouvait plus rester en classe ?

    Maître Renart, les lièvres et les rhino vraiment féroces !

    Merci à Phi pour l'idée "Dürer, les Animaux et les Textures", à retrouver sur son blog, ici : Vous êtes chez Phi !

    ainsi qu'ici : Vous êtes aussi chez Phi !


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  • L'ordre des facteurs sonne toujours trois fois

    Ce matin, la leçon de mathématiques des CE1 portait sur l'ordre des facteurs. Et zut... juste la semaine où on m'explique, à moi la pas-matheuse-du-tout, que c'est très difficile pour un enfant de moins de huit ans...  Bien sûr, les autres années, ma leçon a toujours fonctionné et je ne me souviens pas de difficultés insurmontables mais allez savoir... D'ici à ce que ça me porte la poisse, cette re-révélation (on me l'avait déjà dit, il y a assez longtemps mais j'avoue que j'avais oublié).
     Si l'enfant de sept ans à huit ans peut, de lui-même, comprendre que l'achat de trois bonbons à 50 centimes pièce lui feront dépenser 150 centimes, il lui est quasiment impossible de réaliser que l'achat de 50 bonbons à 3 centimes [si, si, quand j'étais petite, il y en avait : des fraises chimiques, rose vif, à 1 centime de franc. C'était à la boulangerie au-dessus du bâtiment de l'ENS où on habitait, je me souviens très bien ! On déboulait à sept ou huit là-bas dedans, gosses de profs et gosses de factotums, c'était super...]  lui coûterait aussi 150 centimes.

    Hier soir, du coup, j'ai vraiment bien préparé mon tableau. À gauche, j'ai positionné des aimants en 6 rangées de 5 aimants. En-dessous, il y avait des ronds dessinés à la craie, 4 rangées de 8...
     Et à droite, quatre opérations écrites en ligne : 3 x 43 (prononcer 3 multiplié par 43) ; 5 x 21 ; 4 x 62 et 2 x 540...

    À l'heure dite, j'installe mes sept élèves de Grande Section, mes sept élèves de CP et mes huit élèves de CE1 face au tableau... "Combien ai-je positionné d'aimants au tableau ?" Les petits GS s'affairent... quelques CP ainsi qu'un CE1 aussi.  Les autres ont déjà le doigt levé.
    Je laisse parler un élève de CP, issu du groupe des compteurs, qui me dit : "Cinq... dix... quinze... vingt... vingt-cinq... trente ! Il y a trente aimants !"
     Les doigts levés s'impatientent : "On ne doit pas faire comme ça. Il faut dire l'opération. Là, il y a 6 rangées de 5 aimants. C'est 5 aimants multiplié par 6. Six fois cinq, c'est égal à 30..."
    J'envoie un élève de GS compter les aimants de la première rangée. Celui chargé de la deuxième rangée me dit :" C'est 5 aussi, parce qu'ils sont juste en-dessous de ceux d'en haut ! Et après, encore 5, encore 5, encore 5, encore 5 !"
     Un autre vient compter les rangées. Il y en a 6. Six rangées de cinq. Les CP me dictent alors l'opération : 5 aimants x 6 = 30 aimants.

    Là, rien que pour embêter, j'entoure en jaune les aimants de la première colonne. Combien d'aimants, les petits ? Six, il y en a six. Et là ? Six encore, et puis six là, six là et six là. Un CE dicte, vite fait : "Six aimants multiplié par 5 égale... bah 30 aimants... il y en avait 30 tout à l'heure. Trente, c'est trente, hein ?"

    Très bien. Et les ronds ? Combien de ronds dans chaque ligne, Lambinette ? Huit ronds, encore huit, encore huit, encore huit. Combien de rangées de huit ronds, Kass'andrah ? Quatre, une en haut, encore deux au milieu et puis une en bas.  Ibiza, qu'écrit-on ?... Huit multiplié par quatre ou alors quatre multiplié par huit, comme on veut.
     Les CE1, combien de ronds ? Trente-deux, quatre fois huit, ça fait seize et encore seize, alors trente-deux.

    D'accord. Passons au plat de résistance, maintenant... Les GS vont aller travailler avec Véronique et nous allons continuer. Il faut vous dire que cette année, j'ai quelques élèves de CE1 qui n'étaient pas très sûrs d'eux en résolution de problèmes alors que les CP sont très à l'aise. Du coup, dès que j'en ai l'occasion, je leur fais inventer des problèmes qui peuvent correspondre  aux opérations que j'ai écrites à l'avance au tableau.

    Nous commençons avec "3 x 43". Mon petit Aimé, CE1, en délicatesse avec beaucoup de concepts, lève le doigt. Allons-y, Aimé, raconte-nous ton "histoire" [les problèmes s'appellent "histoires", chez mes petits, ça passe mieux]. "Une maîtresse a 43 élèves. [Eh oh ! Aimé ! À bas les cadences infernales !] Elle donne 3 cahiers à chaque élève. Combien doit-elle préparer de cahiers ?
     - Les autres, ça vous va ?
     - Oui, c'est bien.
     - Alors ?
     - Il faut la poser. Tu mets le 43 en haut, le 3 en bas et tu comptes.
     -Trois fois trois, neuf. Il y a neuf unités.
     - Trois fois quatre, douze. Il y a douze dizaines.
     - Cent vingt-neuf ! La maîtresse doit préparer 129 cahiers ! Wahh, c'est long à préparer, ça, 129 !

    - Deuxième problème, un amateur ? Boucle d'Or du CP ? Si tu veux...  - Au loto de l'école, un carton coûte 5 euros. La maîtresse en vend 21. Combien avons-nous gagné de sous ?
     Pour la suite, se reporter ci-dessus. La table de cinq, c'est trop fasss', maîtresse ! Deux cinq, ça fait dix ! Même les CP la comptent à toute vitesse !

    - Passons donc au troisième... Toi, Oui-Oui [un prénom inventé à consonance anglo-saxonne, comme on en trouve beaucoup dans nos contrées reculées] ?  - Un livreur de pizzas fait tous les jours 4 km pour livrer une pizza chez Maxence [Oui-Oui adore les prénoms classieux. Ses personnages s'appellent toujours Louis, Charles, Maxence...] Combien aura-t-il parcouru de kilomètres en 62 jours ?
     Et là, comme d'habitude, mes zozos me conseillent de calculer plutôt 4 fois 62 et m'annoncent ensuite tout fiers que le livreur de pizzas a quand même parcouru 248 kilomètres pour nourrir Maxence et que ça fait vraiment beaucoup, finalement !

    Ça a si bien marché que, du coup, j'ai abandonné le quatrième exercice. L'ordre des facteurs sonne toujours trois fois, c'est connu.

    Ensuite, chacun est parti vaquer à ses occupations de maîtresse, de CP, ou de CE1... Et après la récréation, les CE1 ont pris leur cahier de mathématiques.  Ils ont d'abord posé et calculé : 3 x 560 ; 245 x 6 ; 5 x 286 ; 704 x 4 ; 450 x 5 ; 3 x 530 ; 485 x 4 et 6 x 913.
     Ensuite, ils ont résolu le problème suivant, tous, même Aimé après une sortie de route en première question [Toujours le problème du pilote automatique mal programmé... 125 croissants à 2 euros l'un... Bon sang mais c'est bien sûr ! La maîtresse ne va même pas se rendre compte que je n'ai lu que les nombres... Essayons 125 + 2 ! ]

    Un boulanger vend 125 croissants à 2 euros l'un, 35 gâteaux à 3 euros l'un et 200 baguettes à 1 euro l'une. Quelle somme d'argent encaisse-t-il pour chacune de ces ventes ? Quelle somme encaisse-t-il en tout ? 

    J'avais préparé le tableau ainsi, parce que, comme je l'ai signalé tout à l'heure, j'ai cette année des élèves faibles en résolution de problème et que je préfère leur donner confiance en eux plutôt que les noyer :

    o : .... € O ... = ... ..s : Pour les croissants, il ...

    o : ... € O ... = ... ..
    s : Pour les gâteaux, il ...

    o : ... € O ... = ... ..
    s : Pour les baguettes, il ...

    o : ... € O ... ... ...

    s : En tout, il ... 

    À droite du tableau, j'avais tracé la ligne rouge qui indique qu'il y aura des calculs à poser. Un seul élève s'est laissé entraîner et a posé 200 x 1 en regard de son 1 € x 200 et a bien ri de son travail inutile.

    Conclusion : Eh bien je ne sais pas... Un micro-climat peut-être, juste au-dessus de l'école où je travaille, qui rend l'air particulièrement propice à la fabrication de conceptualisateurs de talent ? Trop de facilitateurs, de béquilles, de garde-fou ?

    Oui mais quand même, l'histoire des cahiers, des cartons de loto et du livreur de pizza, ce sont bien les élèves qui les ont inventées, non ? Des élèves tout ce qu'il y a de plus normaux, avec des prénoms qui fleurent bon la série américaine du début d'après-midi, en plus... Aucun ne doit cirer de chaussures pour gagner sa vie, sans doute, mais aucun non plus n'est né avec une cuillère en argent dans la bouche, de parents estampillés "Réussite Scolaire Obligatoire" [Enfin, si, une au CE1. Mais aujourd'hui, elle n'est pas intervenue parce que, justement, je voulais voir ce qu'arrivaient à faire mes petits cireurs de chaussures.].

     

     


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  • Encore musique

     Deuxième séance.

    Un peu plus flottante que la première à cause des impondérables. Un coup de téléphone impromptu de la professeur principale de ma petite stagiaire. Une bougie trop neuve qui refuse de faire une belle flamme claire et que nous avons dû retailler au couteau. Une cassette mal rembobinée qui chevrotait et qu'il a fallu débobiner et rembobiner une fois ou deux avant qu'elle veuille bien reprendre un son moins ondulant.

    Nous démarrons. Réapprendre aux petits à se mettre entre deux grands et aux grands à déployer leur ronde de façon à laisser de la place entre eux. Déplacer les jumelles qui s'étaient collées contre leur grand frère.

    Bruit. Silence. Bruits avec la bouche. Bruits avec le corps. La bouche, ce n'est pas le corps ? Si. Alors ? Bruits avec la voix.  Qui nous fait entendre des sons faits avec sa bouche ? Loubna fait claquer doucement ses lèvres... Yasameen reproduit au lieu d'inventer un nouveau bruit de bouche. La maîtresse le lui dit. L'éducation musicale démarre par l'éducation de l'oreille et de la compréhension.  Yasameen doit bien écouter la consigne et inventer un autre bruit avec la bouche mais sans la voix.

    [Entre nous soit dit, je n'arrive pas à comprendre la distinction qu'on nous fait sans arrêt entre la compréhension et le reste (l'écoute, l'exécution, la lecture, la copie, le calcul, le dessin, la géométrie, l'éducation sensorielle, le vivre ensemble et tout ce que j'oublie). Vous différenciez, vous ? Ce n'est pas notre objectif premier, central et de chaque instant ? À quoi cela sert de leur faire faire quelque chose, si ce n'est pas pour qu'ils le comprennent, alors ?] 

    Nous jouons un moment. Tout le monde se souvient des deux codes. Les absents de la semaine dernière les acquièrent. Tout le monde se souvient de la consigne "Tant que les mains sont ouvertes" ou "Tant que les mains sont fermées". Alors, il faut compliquer le jeu. Nous ne voulons que des sons faits avec le corps. Acquis.
     Nous ne voulons que des sons faits avec la voix... Son horriblement grave sur Aaaaaaaaaa, entre la voix parlée et la voix chantée. La maîtresse imite, main sur la gorge... Ça fait mal. Ça ne donne pas envie de chanter avec vous... Nous allons en faire un qui ne fait pas mal  à la gorge.
     Les enfants réessaient. Certains chantent. D'autres bourdonnent. Essayons encore. Comme la flûte [qui joue un sol..]. Oui, voilà. Encore [un sol]... Et maintenant, un gros son bien grave... [Doooooo...] Oui, très bien. Encore le petit son tout aigu ?... Voilà, très bien.

    Avec quoi avions-nous fait des sons, la semaine dernière ? Avec les instruments. Lesquels ? Le "tambour", dit Jules-le-Petit. Non, pas le tambour, le tam-bou-rin, corrige Kevin. Et les "claviers", dit Jules-le-Grand. Non, les claaaves, le reprennent les autres. Nous en ajoutons un troisième : le sistre. [Coup de téléphone... long...]  Un peu d'agitation, c'est trop simple.
     Phase 2 : les enfants vont jouer. Comme dans un orchestre. S'ils ont un sistre, ils joueront quand la maîtresse des grands montrera le sistre ; s'ils ont des claves, ils joueront quand la maîtresse des petits montrera les claves ; s'ils ont un tambourin, ils joueront quand la stagiaire montrera le tambourin... Lorsque les adultes cacheront leur instrument derrière leur dos, ils arrêteront.
     Impeccable. Un instrument après l'autre. Deux instruments en même temps. Un instrument s'arrête alors que l'autre continue. Les trois instruments ensemble. Le silence.
     La semaine prochaine, la maîtresse Catherine essaiera de ne pas oublier d'imprimer les pictogrammes prévus et nous pourrons commencer à nous orienter vers la lecture de partition ! [Ce sera le moment de lecture des MS, à mon avis diablement plus efficace que tous les exercices où l'on colorie l'initiale de son prénom, remet en ordre les mots du titre de l'album du mois ou entoure les lettres qui ont servi à écrire le nom des ingrédients de la galette des rois. Mais il paraît que je suis une dangereuse instructionniste tellement fascisante qu'il est plus prudent de ne pas la laisser s'exprimer du tout !].

    Et maintenant, puisque nous allons changer d'activité, un petit coup de Règles de Vie, en activité bien sûr [les dangereux instructionnistes dans mon genre pensant qu'à moins de sept ans, on a mieux à faire que de se réunir autour d'une table pour faire semblant de recréer la démocratie, la solidarité, la coopération, le respect et l'entraide. Ce sont des concepts qui doivent se vivre au quotidien, à chaque instant de la vie de la classe, installées là comme des évidences par le passeur que nous sommes. ]. Savoir se servir des instruments de musique, c'est savoir en prendre soin. Voici comment on les range... les claves d'abord, dans leur petit carton... puis les sistres, debout, coincés entre le carton des claves et la paroi de la caisse. Enfin, les tambourins, très fragiles à cause de leur peau tendue. Les trois gros servent de boîtes aux trois moyens qui servent de boîtes aux trois petits. [Tiens, un petit coup de maths : relation d'ordre... Justement le jour où le plus jeune des MS avait expliqué à sa maîtresse que l'ours moyen avait un bol plus petit que le gros ours mais que ce bol était plus gros que celui du petit ours... Maths partout, maths tout le temps, maths intégrées à la vie quotidienne plutôt que maths sorties d'une progression standardisée pour enfants standards qui n'existent pas... Ralbol de ceux qui me prennent pour une horrible brandisseuse de claquoir alors que chez eux, c'est le cerveau qui n'est qu'un claquoir vide de sens et d'espoir.]

    Quelques secondes de travail sur la pulsation... Tout le monde suit une pulsation mal évaluée par la maîtresse qui a oublié de se mettre dans la peau d'un quatre à sept ans et qui l'a calquée sur ses battements cardiaques de vieille d'au moins, je ne sais pas moi,... quatorze ans peut-être ! C'est trop lent, maîtresse, nos jambes s'épuisent à retenir leur envie de tricoter !
     Hop, on arrête... Un peu plus vite, cette fois ! Ah, voilà ! Là, on est à l'aise ! Presque trop, Petit-Lolo, CP, fait le zouave. Lolo, on se calme ! La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, mon cher. Maria Montessori expliquait très bien que le but de l'école est de faire passer l'enfant de l'agitation stérile et désordonnée à la liberté intérieure obtenue par la maîtrise de soi qui seule conduit à l'indépendance.
     Allez, une dernière... Très rapide... Pour aider Petit-Lolo à évacuer les tensions accumulées. Très courte... Pour éviter que cela ne tourne au grand n'importe quoi.

    Épuisés, les petits loulous ! Et un petit peu énervés aussi... Comme des enfants qui compensent le mal-être de la fatigue physique par des cris et des bousculades faisant ainsi la preuve de leur bon état de santé : "Je suis pas fatiguée, moi", nous crie une petite minette, toute rouge et essoufflée !

    Eh bien, sortons notre bougie...  Qui refuse de s'allumer... Qui fait une toute petite flamme bleue que les enfants ne voient pas... Qui s'éteint... Qui énerve les adultes pendant que les enfants s'agitent... [Heureusement que je ne suis plus en année de validation devant ma tutrice ou ma CPC. Je m'en serais pris une, de semonce culpabilisatrice et destructrice, je ne vous dis pas ! Mon estime-de-moi aurait été sacrément entamée ! Peut-être même qu'elles auraient poussé le sadisme jusqu'à me demander de faire moi-même mon autocritique publique comme au bon vieux temps du goulag ou du laogai... ] Ah ça y est. La stagiaire a couru chercher un couteau. Avec la collègue, elles ont taillé dans la stéarine, pendant que je jouais à faire semblant qu'il y a une vraie bougie là, au milieu, entre nous, une bougie très fragile qui fait une toute petite flamme qu'il ne faut surtout pas éteindre.
     Nous mimons le trajet de l'air avec notre index. L'air arrive dans nos narines, doucement, doucement, doucement. Notre main se rapproche de notre nez. Puis l'air ressort par notre bouche et notre doigt se pointe devant nous là-bas très loin vers le sol où se trouve notre bougie imaginaire... Et puis, nous reprenons l'air, là-bas, tout en bas, et nous le ramenons vers nos narines... Les leveurs d'épaules oublient leur réflexe acquis. Nous sommes à moitié pliés vers l'avant : difficile de lever les épaules dans cette position-là. Nous nous redressons à peine le temps de de finir de remplir notre cage thoracique et déjà notre bras se déploie...
     Cela n'empêche que la semaine prochaine, nous jouerons au jeu du cube sur le ventre ! En début ou en fin de séance, je verrai...
     La bougie arrive... au moment où elle ne sert plus à rien ! Mais ça ne fait rien, les enfants sont tellement contents. Nous soufflons encore trois fois tout doucement puis une fois très fort ! Un pas en avant... trois fois tout doucement et une fois très fort ! Deux... oui, deux, les enfants sur rails ! La semaine dernière, c'était un mais aujourd'hui, c'est deux pas en avant... Et là, très fort ! [Le jeu, c'est de maintenir la vigilance... Beaucoup d'habitude pour sécuriser les enfants perdus, ballottés dans un monde aux règles trop fluctuantes, et une toute petite pincée d'impromptu pour casser les mécanismes. À bas les rituels sclérosants où on n'a même plus besoin du cerveau pour chantonner en chœur "Un... deux... trois... ... ... trouze... .... cratoze... crinze... ... vintte-huit... vintte-neuf... vintte-dix... " et à bas les pistes de catch où la loi du plus fort règne en maître et permet aux petits durs des deux sexes d'écraser de leurs armes fatales les tendres petits poussins et les pauvres petites salades !] Tout le monde est si content d'avoir éteint la bougie qu'un applaudissement retentit dans la salle !

    Nous allons fêter cela en chantant Le Petit Chat Gris. Tout le monde la connaît ! Le chant est joli. Les voix mélodieuses (sur deux notes... mais mélodieuses). Alors, soyons fous, trois notes !
     La flûte joue... Et maintenant la maîtresse... Tiens, vous la connaissez ? Non ? Bon, alors, laissez-moi chanter seule. Voici :

    Encore musique

    Je vous la rechante... Écoutez bien... Et maintenant, chantons ensemble.  Elle est simple. Les deux tiers des enfants chantent... Mais pas le troisième, celui pour qui nous sommes là en priorité. Alors moins vite...
    Le jeu du micro... Le micro vers moi, c'est moi qui chante ; le micro pointé vers vous, c'est à vous de chanter !
    Petit poisson... à vous... Petit poisson... Qui tourne en rond... Qui tourne en rond... Petit poisson, qui tourne en rond...  Petit poisson, qui tourne en rond... 

    En trois minutes, la comptine est sue... Nous allons la laisser reposer et nous y reviendrons la semaine prochaine. Maintenant nous dansons... Sauf que... Saleté de cassette ! D'ici à ce que la bande casse !... Il faut rembobiner... Et débobiner... Et rembobiner... Ouf, ça y est... Ça chevrote encore un peu mais bon. Pendant l'écoute, Yasameen, GS, lance l'activité que je souhaite organiser la semaine prochaine (si la cassette tient le coup) : elle balance la tête sur le premier mouvement puis agite les bras et le buste sur le deuxième ; je l'aide à balancer à nouveau la tête sur la reprise du premier mouvement. Ensuite, c'est Ibiza, CP, qui prend le relais et lève les bras au ciel et fait "les marionnettes" avec ses mains en entendant le troisième mouvement. Le reste de la classe nous suit, poliment, sans trop comprendre pourquoi nous faisons cela. Pas grave ! L'intuition, ça s'aide si l'on veut que cela devienne contagieux.

    Nous recommençons l'alternance danseurs/spectateurs de la semaine dernière. Pas beaucoup d'évolution. Nous ne sommes pas pressés. Nous allons essayer d'enclencher l'intuition... Chacun debout dans un cerceau posé au sol, un foulard dans chaque main. Les foulards sont des oiseaux que nous allons faire danser.
     Quelques élèves changent de geste lorsque nous changeons de phrase musicale... Jules-le-Grand jongle sur le troisième mouvement... Les MS et quelques GS n'en sont encore qu'à la découverte de l'objet "foulard" qui comporte une grande part de dressage ! Figurez-vous que cet oiseau est manifestement animé d'une volonté propre qui s'affronte à la nôtre et tente de la vaincre !  Il s'échappe, tombe, s'attrape dans votre nez, se coince sous votre pied... Et je ne vous raconte pas lorsqu'ils sont deux, les chameaux ! Une véritable association de malfaiteurs ! Le combat est rude avec des ostrogoths pareils... Alors la musique, hein... Elle fait bien ce qu'elle veut, pendant ce temps-là !
    Et il y en a même un ou deux, ma Lambinette, pour ne pas la citer, qui en sont encore en phase d'approche de la découverte de l'objet "bras" ! Eh bien découvre, ma Lambinette... Tu nous rejoins au point d'orgue ?

    Ouiiiii ! Elle a soulevé son foulard droit (elle est droitière, ma Lambinette) d'au moins dix centimètres au-dessus du sol et elle l'agite comme un chiffon à poussière pas trop poussiéreux en suivant la pulsation ! Que demande le peuple ? C'est merveilleux, ma Lambinette ! Essaie de te rappeler qu'un autre foulard pend lamentablement de l'autre côté de ton corps, là-bas, très loin, en Terra Incognita... à ta gauche. Voilà, il a bougé ! Mais tu es extraordinaire ma Lambinette ! Une motricité qui ne demande qu'à éclore... C'est émouvant.
     Recommençons assis pour voir. Ah, tu vois que tu es capable de lever tes foulards plus haut, Lambinette !

    Dernière anicroche de la séance. Vite, vite, vite, il faut que le morceau finisse. Les CE1 vont se retrouver seuls avec leurs rhinocéros à cuirasser. L'EVS a fini son service et la collègue de Cycle III veut partir en sport sur le terrain pour fêter le retour du soleil !
     Tant pis, ce sont les adultes qui rangent les foulards et les cerceaux, une occasion manquée d'exercer le Vivre Ensemble pour du vrai et d'autonomiser réellement les petits sans qu'ils aient besoin d'une affiche collée au mur leur rappelant les règles de vie
    [comme dans le métro quand j'étais petite : Il est interdit de cracher à terre... Mais que c'est triste l'école maternelle du XXIe siècle !].

    La semaine prochaine, devant l'avancée de nos jeunes musiciens, nous allons sans doute changer l'ordonnancement de la séance. Ce sera certainement en premier Souffle et Voix, en deuxième Pulsation et Rythme, en troisième Chant et Écoute, en quatrième Écoute et Expression Corporelle et en dernier Souffle, Relaxation et Écoute...

     La partition est extraite de Répertoire de comptines et de chants pour l'École Maternelle, JP GIPON, JC SALVIA, J SANSONETTI, CPEM publié par le CDDP de Seine-et-Marne, 1989. 


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  • Musique chez les petits.

    Hier, j'ai laissé mes CE1 à ma collègue de Cycle 3, aidée de l'EVS, pour la lecture et les lièvres de Dürer et Phi (c'est ici) pendant que mes GS, CP et moi sommes allés inviter les MS à faire de la musique avec nous dans la salle de motricité ! J'étais bien contente...

    IL faut dire que, normalement, ces petits MS et leurs copains de GS et PS auraient dû être mes élèves cette année, si l'administration n'avait pas jugé bon de bloquer pour un PES le poste de ma collègue qui partait. Mais ça, c'est une autre histoire. D'ailleurs, nous avons la joie de bien  nous entendre avec une jeune collègue vraiment sympathique et qui fait du très, très bon boulot avec ses petitous et l'essentiel est là.

    Donc, petite séance de musique. Six élèves de CP (le septième partait en week-end avec ses parents, mais ce n'est pas souvent, ça ne s'est produit que trois ou quatre fois depuis le début de l'année... ça fait quand même trois ou quatre fois de plus que les autres élèves en obligation scolaire, madame la maman de l'enfant), sept élèves de GS, six élèves de MS (les jumelles étant parties en week-end avec le grand frère en obligation scolaire) et un petit de PS qui commence à ne plus avoir besoin de deux heures de sieste l'après-midi et qui est arrivé au moment du chant. 

    Nous nous installons en cercle, mélangeant tous ces niveaux pour que la contagion se fasse. Nous nous asseyons et éteignons les lave-vaisselles qui risquent de perturber un peu notre première activité, le silence. Le silence, c'est encore de la musique, dit-on.

    Ici, ce serait plutôt, le silence, c'est déjà de la musique. S'il existait. Mais non. On entend les grands, dans la classe d'à côté. Une voiture qui passe devant l'école. Un bruit dans le couloir, venant de la classe des moyens... Et entre ces moments, rien, juste les petits yeux qui bougent et qui cherchent à saisir ce qu'ils perçoivent à peine.

    Alors, pour eux, nous allons rendre le silence plus parlant. Les grands, dans leur classe, font du... bruit. Et nous, nous cherchons le... silence. Tout le monde ici sait faire du bruit ? Tout le monde sait faire du silence ? Alors, nous allons jouer. Quand je dirai Bruit ! en ouvrant mes deux mains comme cela, vous ferez tous du bruit, du bruit, du bruit. Et quand je les refermerai comme ça, en disant Silence ! vous ferez tous du silence. [Premiers essais de codage musical au passage : les yeux comprennent sans ordres verbaux. De la lecture à l'usage des petits de moins de cinq ans et demi. De la vraie. Pas de la fausse, où les codes ne sont jamais expliqués et où on peut vous faire croire n'importe quoi.]

    Premier essai timide... Deuxième essai plus encourageant. Aux voix s'ajoutent quelques frappés. Tout le monde se met debout. Troisième essai, où, volontairement, les mains restent longtemps ouvertes. Les bruits s'éteignent malgré tout, après une brève explosion. Ah mais non, mesdemoiselles, messieurs. Nous n'avons jamais dit d'arrêter. Les mains comme ça signifient Bruit ! alors tout le monde doit faire du bruit.
     Consigne comprise. Les moments s'alternent, longs, courts, rythmés par les deux codes manuels. À la fin d'un intervalle de silence, au moment où l'on explique comment on peut faire du bruit, avec sa voix et avec son corps, le mot son est prononcé par un élève de MS. La semaine prochaine, nous l'utiliserons alternativement avec le mot bruit.

    Les plus jeunes commencent à s'exciter, il est temps de passer à autre chose. Du son, toujours... Deux sons. Celui du tambourin et celui des claves. Les enfant sauront les reconnaître même s'ils ferment les yeux. Pourquoi ? Les plus âgés lèvent le doigt mais les maîtresses attendent. Elles veulent que les plus jeunes cherchent. Elles miment l'action. Je ferme les yeux... C'est le son du tambourin ! Comment ont-elles fait ? Elles ont... entendu ! Oui. Parce qu'elles ont écouté avec leurs oreilles. Les oreilles nous disent ce qui s'entend. C'est ça !  [Métacognition... de trois secondes... au cours de l'activité... parce qu'on n'est pas en maternelle pour descendre de vélo et se regarder pédaler... Au passage, ce sont les mêmes qui reprochent aux méthodes alphabétiques d'apprendre aux élèves à nager sur un tabouret. Vaut mieux entendre ça qu'd'être sourd, disait ma grand-mère.]

    Alors on joue... Trois minutes, pas plus. Rester les yeux fermés, c'est épuisant à moins de sept ans ! Les maîtresses jouent... Au bout d'un moment, l'une d'elle se déplace. Il va falloir dire le nom de l'instrument et montrer là où il a joué. Les doigts se tendent. La concentration est à son maximum... puis décline.
    Ça a assez duré. Le tambourin va maintenant commander les robots. Il tape une pulsation raisonnable. Environ un coup toutes les secondes et même un peu moins. Les CP et les GS savent faire, ils entraînent les petits qui bientôt scandent la pulsation avec leurs pieds en se déplaçant dans la salle. La pulsation s'arrête, on s'arrête. On écoute sans bouger la suivante. Après une dizaine de coups, la maîtresse donne le signal du départ. Celle-ci est plus rapide, on joue un peu des coudes en riant. Certains ont du mal à ne pas laisser la motricité large incontrôlée prendre le pas sur l'exercice de la discipline intérieure, selon les termes de M. Montessori.  Une pulsation lente, très lente, trop lente pour les plus jeunes remédie au problème. Il faut accompagner chaque son de tambourin d'une consigne verbale pour les aider : Très... lent... très... lent... très... lent... pour endormir mon petit chat gris à qui j'ai préparé un gâteau d'anniversaire.... Venez tous !

    Le gâteau est là. Avec sa bougie. Je l'allume. Nous nous installons en rond autour. Nous allons souffler. Mais tout doucement pour ne pas l'éteindre. Notre petit chat gris ne serait pas content. C'est son gâteau. Respirons bien fort.
     Malgré mes mains sur le ventre qui s'écartent doucement, les épaules de certains CP [et celles de la maîtresse des petits... Que font les profs d'ESPE, zut de zut de carabistouille ?] se lèvent. Tiens, tiens, des poumons dans les épaules... Intéressant cas médical ! C'est là, là, que ça se gonfle, pas là-haut... D'un geste, j'essaie, sans insister, de rectifier ce que les enfants voient faire autour d'eux et imitent sans même s'en rendre compte. Aucun tout petit ne le fait, c'est déjà ça.
     La semaine prochaine, nous ferons un temps allongé, avec un cube sur le ventre, tiens. L'avantage de ne pas avoir de progression préétablie ! Eh eh eh !

    La flamme de la bougie vacille. Nous recommençons. Elle vacille longtemps, longtemps. Encore une fois ? Magnifique ! Et maintenant, puisque mon petit chat gris n'arrive pas, nous allons respirer puis souffler tout l'air d'un seul coup, pour éteindre la bougie ! Attention... à mon geste de l'index, on souffle !
     Nous étions trop loin. Rapprochons-nous d'un pas [découvrir le monde : formes et grandeurs, notion de mesure ; nombres et quantités, l'unité, le nombre 1]. Respirons... Bloquons... Geste de l'index : soufflons ! Encore raté.
     Approchons-nous encore d'un pas ! Respirons... Bloquons... Geste de l'index très vif : soufflons très fort ! Oui ! Elle est éteinte.

    Et maintenant, chantons. Un petit chat gris. La flûte joue. Les petits écoutent et regardent. La maîtresse commence à chanter. Ils commencent en même temps qu'elle. Elle s'arrête : Vous la connaissez déjà ? Non ? Alors, écoutez bien. On écoute avec les oreilles, pas avec la bouche...  Un petit chat gris, qui mangeait du riz, sur un tapis gri-is. Sa maman lui dit, ..., ce n'est pas joli, ..., de manger du riz, ..., sur un ta-a -pi-is gri-is !
     Sur deux notes, ou presque... Fa, fa, sol, sol, fa / fa, fa, sol, sol, fa / fa, fa, sol, sol, fa /fa, fa, sol, sol, fa, chut / fa, fa, sol, sol, fa, chut /fa, fa, sol, sol, fa, chut / fa, fa, sool, doo, faa.
     Et sur deux rythmes, ou presque : Deux-croches, noire, noire, noire / Deux-croches, noire, noire, noire / Deux-croches, deux-croches, blanche / Deux-croches, deux-croches, noire, silence / Deux-croches, deux-croches, noire, silence / Deux-croches, deux-croches, noire, silence / Deux-croches, blanche, blanche, blanche.
     Pour aider au respect de ce temps de silence, il est remplacé par un frappé de main.
     Celui-ci est immédiatement intégré par les enfants qui le frappent, au bon moment. Ils aimeraient bien le rajouter à la fin à la place du deuxième temps de chaque blanche, mais le chef d'orchestre reste intraitable : c'est la partition qui commande et elle respecte le délire créateur du compositeur qui là, il faut bien l'avouer, s'est surpassé !
     Que voulez-vous, il faut bien supporter quelques chenilles si l'on veut connaître les papillons, nous a appris la rose du Petit Prince. Alors, en maternelle, supportons les Petits chats gris sur deux tons et trois figures de notes, si l'on veut que plus tard, ils puissent se lancer dans des interprétations époustouflantes de l'alphabet revu et corrigé par Wolfgang Amadeus Mozart !

    Tout le monde chante. Même Tout-Petit qui vient d'arriver, les yeux encore pleins de sommeil, et qui se passionne pour l'interprétation du texte. On mange dans l'assiette, avec la cuillère. Pas dans le tapis ! C'est pas joli.  Nos deux MS suivis en orthophonie pour retard de langage ponctuent chaque phrase musical : .... gris, .... riz, ...gris, ...dit, ...joli, ...pis gris. [Qui a dit que les enfants n'entendaient pas les sons et qu'il fallait leur apprendre à syllaber ? La musique s'en charge très bien et il n'est pas besoin de les réunir quatre par quatre pour frapper pendant quatre ans les syllabes de leurs prénoms pour obtenir qu'un enfant, même en difficulté de prononciation, repère spontanément la dernière syllabe d'un mot. Et toc !]

    Au bout de quatre ou cinq répétitions de ce monument de la création musicale, nous arrivons à une interprétation presque parfaite du morceau. Juste un petit souci sur les trois blanches finales. Cela viendra. Sur ce chant-là ou sur un autre... C'est tellement convenu, cette fin, d'ailleurs... Mais il faut la connaître si on veut pouvoir la dépasser. Enfin, c'est ce que j'ai toujours constaté.

    Plus que dix minutes et nous devrons arrêter. Quarante-cinq minutes, c'est plus du double de ce qui devrait être consacré à la musique chaque jour en maternelle. Ils ont été formidables de concentration et d'intérêt. Il est temps de passer à l'écoute musicale.
    Là non plus, rien de transcendant. Du répertoire traditionnel. Parce que Kodaly l'a dit. C'est par le chant et la musique traditionnelle que les enfants entrent dans la musique. Et qu'il a essayé en Hongrie et que ça a super bien marché. Si bien que, dans de très nombreux pays, on l'a suivi et que ça a aussi très bien marché. En France aussi. Sauf que... après, on a arrêté. Parce que ça avait tout changé. J'ai un ami qui explique ça très bien. Il est musicien et il est malade lorsqu'il voit ce qui se passe dans les conservatoires municipaux et départementaux et le schéma qu'on leur impose de suivre.

    Alors moi, tant pis, comme je n'en ai plus que pour deux ans d'école, j'essaie de remettre ça au goût du jour. Et nos petits écoutent la marche alsacienne flonflonner. Les mains s'agitent, les têtes se balancent en mesure, les jambes commencent déjà à esquisser quelques pas imaginaires.

    On ne dit rien. À la fin, un CP dit : Ça va vite !  Un autre ajoute : Il y a du tambour. Là, je coupe court et lis la fiche technique (Danses et Musiques du Monde, chez Scolavox, je crois) : Non, il y a "de la batterie", "de la clarinette", "du saxophone", "du saxhorn", "de la trompette", ... Excusez-moi, j'ai oublié cette liste lue à toute vitesse. Je me bats depuis des années contre ces collègues qui limitent l'écoute musicale à de la devinette de noms d'instruments lancés au hasard... ou pas... par des élèves qui devraient, à cinq ans, avoir la capacité de distinguer des timbres proches et celle de citer les instruments qui les ont produits.
     Et encore, là, c'est de la musique européenne. Mais lorsqu'un enfant de six ans commence à trouver du piano, du violon et de la cornemuse dans un morceau de musique inuit ou mélanésienne, je bous !

    À quatre ans, la musique, ça s'écoute avec le corps entier. Alors, un groupe de spectateurs va s'asseoir sur les bancs pendant que l'autre groupe danse. Ça va vite, comme nous a dit Nathan ! Ouf ! Au bout de la minute trente de danse, nos petits soufflent comme des phoques !  Nous alertons le deuxième groupe : Attention ! Ça va vite ! Si vous courez tout le temps, vous allez être épuisés...
     Nos plus grands se le tiennent pour dit. Les plus jeunes galopent mais eux commencent à esquisser des pas chassés, des pas de polka, des figures sur place avec les bras qui consomment moins d'énergie tout en respectant le rythme imposé par nos tambours  !
     À la fin, tout fiers, ils nous annoncent : Moi, je suis pas fatigué !

    Deuxième essai, toujours sans consigne, pour chacun des deux groupes. Les bras, qui étaient restés le long du corps la fois précédente, commencent à se balancer et certains spectateurs commencent à battre la pulsation ! Wahhh ! Super groupe ! Selon les fournées d'élèves, cela met parfois plusieurs séances pour germer. Il faut dire que les Alsaciens avaient mis du cœur à l'ouvrage et que leur mélodie s'y prête bien !

    C'est tout pour aujourd'hui les petits. Rechantons une fois notre chanson du Petit Chat Gris et à vendredi prochain pour la suite de notre cours de musique.


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