• Histoire en Cycle II

     

    Selon le principe  développé par mon ami , Pierre Jacolino, mes petits élèves de Grande Section, de CP et de CE1 font de l’Histoire, avec un grand H.

    La semaine dernière, c’est sur une image foisonnante représentant un village gaulois, trop petite, trop ancienne, hélas, que j’ai mené ma séance d’observation. Nous manquons cruellement d’images modernes regroupant de nombreux éléments donnant à voir une tranche de vie la plus riche possible d’une époque donnée. Alors, je suis obligée, tout comme les collègues qui tentent l’Histoire chez les Petits, de me contenter de ces vieilles illustrations, terriblement séduisantes pour ceux qui sont nostalgiques d’une école d’arrière-grand-papa fantasmée, mais beaucoup moins quand on veut simplement faire bénéficier ses élèves d’une ouverture sur le monde qui s’étend au passé sans pour cela les dépasser.

    Heureusement, eux, ça ne les dérange pas du tout et ils ne saisissent pas le côté ringard des illustrations tout droit sorties des livres de classe de la IIIe République.

    Nous regardons donc attentivement les huttes aux toits de chaume et aux murs de bois ou de torchis, la fumée qui sort d’un trou ménagé à la cime du toit. Les objets posés au pied d’un arbre, poteries, orfèvrerie, armes et outils forgés, charrue attirent leur attention et cela me permet de demander aux CE1 s’ils connaissent les métiers des personnes qui les ont fabriqués. On parle d’artisans, de potiers, de forgerons, d’orfèvres et de laboureurs avant de passer aux tisserands qui ont vêtu les personnages du premier plan. 

    Je place le mot braies que ma Mafalda du marché de la Canebière retiendra car il correspond bien aux brailles que sa grand-mère lui demande de bien remonter pour ne pas en mouiller les jambes quand il pleut très fort. Ils ont retenu chaperon qu’ils ont vu dans l’histoire de la petite fille dont la mère et la grand-mère étaient folles et tunique qui redevient à la mode cette année.

    Et puis, les cheveux… Les hommes avaient les cheveux longs, très longs. Et une grande moustache.

    - C’est parce qu’ils n’avaient pas de coiffeurs ! Les coiffeurs, ça n’existait pas à l’époque ! crie mon petit Aimé-qui-aime-la-maîtresse, du haut de son bureau de CE1.

    - Non, c’est parce qu’ils faisaient peur à leurs ennemis grâce à ça. Les coiffeurs, ça existait, regarde les Romains à côté !

    - Ce Romain, moi, je le connais. Je sais comment il s’appelle. C’était le chef.

    - Oui, c’était le chef des Romains. Je l’ai vu à la télé.

    - C’était pas le vrai. Le vrai, il est mort. C’était il y a 20 siècles. Ça fait 2 000 ans. À 2 000 ans, on est mort.

    - Loubna nous a dit qu’elle savait son nom. Tu nous le dis, Loubna ?

    - Oui, c’est Jules Ses-Armes. Il s’appelait Jules Ses-Armes.

    - Non ! Cé… sar ! Jules César !

    - Ah bon ? C’est vrai, maîtresse ? Jules César ?

    - Oui, Loubna. Jules César. Comment sont ses cheveux ? Et son visage ?

    - Ses cheveux sont courts et son visage est rasé.

    - Si les Romains pouvaient se couper les cheveux et se raser la barbe, les Gaulois pouvaient le faire aussi.

    - C’étaient d’excellents forgerons, on a dit. Si on sait fait un couteau qui coupe vraiment bien, bien, bien…

    - On dit aiguisé. Un couteau très bien aiguisé.

    - Oui. Un couteau qui coupe, ça coupe aussi les cheveux et la barbe.

    - Dans le rasoir de mon papa, il y a des lames comme pour un couteau mais toutes petites. Un jour, je l’ai passé sur ma joue et je me suis coupé. Ça saignait sur ma joue.

    - Et moi, dans la baignoire, j’ai pris le rasoir de ma maman et je l’ai passé sur ma jambe. Eh ben, je me suis coupée aussi. Les rasoirs, c’est comme les couteaux, ça coupe.

    - Bon, les enfants… [sotto voce : Maintenant qu’on connaît le mode d’épilation de la maman de Loubna,] si on en revenait à nos Gaulois excellents forgerons ?

     

    Ce qui est extraordinaire, c'est qu'en plus de faire de l'Histoire avec mes P'tits de cinq à sept ans, ça m'a permis de constater que Loubna et Aimé-qui-aime-la-maîtresse avaient déjà validé leurs compétences à :

    1) pratiquer une démarche d'investigation : savoir observer, questionner

    2) manipuler et expérimenter, formuler une hypothèse et la tester

    3) mettre à l'essai plusieurs pistes de solutions

    et sont en cours de validation pour :

    1) mobiliser ses connaissances dans des contextes scientifiques différents et dans des activités de la vie courante

    2) exercer des habiletés manuelles, réaliser certains gestes techniques

    C'est dingue, non ? Ces petits bouts de cinq et sept ans ont déjà validé la moitié des compétences de culture scientifique et technologique du Palier 2 du S3C !

    Ça fait plus de cinq ans d'avance pour Loubna... Vous croyez qu'il faudrait que je mette en place un PAI pour précocité intellectuelle ?

     


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  • Commentaires

    1
    Samedi 9 Novembre 2013 à 22:39

    Oh comme je regrette ces séances d'Histoire de l'an dernier...

    2
    Samedi 9 Novembre 2013 à 22:47

    (DC, ton lien en bas ne s'ouvre pas chez moi ).

     

    3
    Dimanche 10 Novembre 2013 à 01:49

    Logique, tu as vu comment j'avais tapé le verbe "instruire" ?

    4
    Rikki-tikki-tavi
    Dimanche 10 Novembre 2013 à 13:24

    J'espère que tu as fait un signalement aux services sociaux : manifestement, les parents de Loubna et du petit garçon laissent des instruments très dangereux à la portée des enfants. 

     

    5
    Dimanche 10 Novembre 2013 à 15:38

    Non, je n'ai rien signalé du tout. En revanche, grâce à toi, j'ai complété mon message initial ! Je t'en remercie.

    Dire que je n'avais pas tenu compte des inestimables renseignements sur la validation du Palier 3 du S3C pour mes deux expérimentateurs ! Heureusement que leurs parents ne sont pas aussi frileux que Rikki-tikki-tavi et laissent leurs enfants construire seuls leur connaissance du "bien-se-raser-sans-risque" !

    6
    Rikki-tikki-tavi
    Lundi 11 Novembre 2013 à 11:19

    Voyons, voyons, appelle-moi Rikki, pas de chichis entre nous... 

     

    Il semble que "Rikki" soit déjà pris sur Eklablog, je ne sais pas par qui, peut-être par une mangouste concurrente...

     

    En tout cas, je reconnais bien là ton manque de vigilance à l'égard des jeunes enfants qui te sont confiés. Laisser construire seuls ses connaissances, oui, mais pas avec des vrais outils, on pourrait se blesser ! L'apprentissage du "bien-se-raser-sans-risque" pourrait avec profit être mené avec des rasoirs en plastique, aux normes CE garanties pour enfants de moins de 8 ans. 

     

    Sinon : en prison ! 

    7
    Lundi 11 Novembre 2013 à 13:04

    À moins que ce ne soit pendant les TAP, alors là, aucun projet pédagogique, aucun contrôle a priori ni a posteriori. Tout le monde sait qu'un animateur est moins dangereux et plus efficace qu'un PE dûment estampillé.
    Quand ça fait plaisir et puis qu'ça débarrasse, hein, on ne va pas en plus regarder les dents du cheval...

    8
    Rikki-tikki-tavi
    Lundi 11 Novembre 2013 à 15:51

    Ah, mais c'est très pratique, ça ! 

     

    Depuis la rentrée, ça fait au moins 12 incidents dans ma classe dont les parents se plaignent, et il se trouve (hasard, hasard) que 11 d'entre eux avaient eu lieu sur temps périscolaire (et un durant la récré). 

     

    Donc, amis instits, nous aussi, on peut dire "C'est pô moi, c'est l'autre !" 

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    9
    Sapotille
    Mardi 12 Novembre 2013 à 11:30

    Ne pas faire d'histoire à l'école avec des classes comme la tienne, Doublecasquette, c'est se priver de beaucoup de plaisir.

    Et priver les enfants de cette joie de la découverte, de la richesse des échanges et de cette gymnastique intellectuelle qui permet les déductions à partir d'un détail de l'image ...

    Un régal à lire, cette leçon d'histoire ...

     

    10
    Rikki-tikki-tavi
    Mardi 12 Novembre 2013 à 17:33

    Bon, ben ça m'est monté au cerveau, forcément, comme tout ce que fait Akwabon, donc ce soir j'ai décidé d'ouvrir mon livre au look vieillot mais au contenu assez actuel, "L'histoire de France" que ça s'appelle (pour enfants de 7 à 11 ans), et j'ai commencé à leur lire "la préhistoire". 

     

    Ben c'est pas gagné. 

     

    Bilan : deux chaussures confisquées (moi, les scratchs, y'a un moment, je n'en peux plus, je prends la chaussure), deux nattes défaites / refaites par le club des coiffeuses, une bonne douzaine de "ça suffit, maintenant !" braillés par moi... Oh, que j'aimerais pouvoir mettre en ligne de frais dialogues d'enfants passionnés par ce que je raconte !

     

    Bon, je dois être honnête, ils se sont quand même un peu intéressés, et ils ont voulu savoir qui était le premier homme, et comment il est arrivé, s'il n'avait pas de papa et pas de maman. C'était une vraie question, vraiment intéressante. Après avoir parlé de l'évolution lente de l'animal à l'homme, la question a fusé immédiatement : "Oui, mais alors, et le premier animaux, hein ?"

     

    Bon, je vais essayer de continuer, mais franchement, je ne sais pas quand. J'ai déjà plein de retard en lecture d'albums, en poésie, en découverte du monde, en dictée, je n'ai pas fait un seul "copie et dessine", je pédale dans la choucroute... et je me demande ce qui m'a pris, d'un seul coup, de faire du zèle en leur faisant faire un truc que personne ne me demande de faire ! 

    11
    Sapotille
    Mardi 12 Novembre 2013 à 17:38

    Les plus vieux livres d'hitoire avaient trouvé la parade : ils commençaient justement aux gaulois, pas à la préhistoire !!!

     

    12
    Rikki-tikki-tavi
    Mardi 12 Novembre 2013 à 17:58

    Et ça règle le problème des scratchs, des petites coiffeuses, des gamins qui me tournent le dos et du bruit ? 

    13
    Mardi 12 Novembre 2013 à 19:12

    Attention, Rikki, je ne lis rien.Faut pas rêver non plus ! Quand je lis, les GS, une partie des CP et des CE1   !

    Ou alors après, lorsqu'ils ont bien observé l'image (une seule, grande, avec tout dessus, ce serait le rêve), qu'ils l'ont commentée, que j'ai rappelé à l'ordre Justinien qui fait la tête parce qu'on ne l'interroge pas assez souvent, Kass'Andrah (j'sens que je vais lancer une mode ) qui joue avec ses scratchs, Limacia qui limace et fait développer Ysalda qui dit juste "Y sont habillés moche !", on passe aux choses sérieuses (ou pas) et les CE1 nous lisent (ou pas) le texte qui est à côté des illustrations.

    Quand je lisais d'abord, ça foirait aussi chez moi... Déjà que je n'arrive pas à obtenir des GS qu'ils écoutent une histoire que nous n'aurions pas d'abord vue et revue grâce à ses illustrations et à nos commentaires (et réveillé Limacia qui limace, fait arrêter de bouder Justinien, fait développer Ysalda qui dit juste "Y sont là"...).

    14
    Rikki-tikki-tavi
    Mardi 12 Novembre 2013 à 20:01

    Bon. Mais moi je n'ai pas lu pour de vrai, j'ai montré les images et j'ai causé dessus à partir de quoi n'y avait écrit sur le bouquin. Paske comme je suis une lectrice exeuperthe, au moins, je peux lire crès crès vite dans ma tête et redire les choses avec des mots normal et pas des trucs compliqués. 

     

    L'année prochaine, quand je ne serai plus instit, tu m'inviteras dans ta classe pour que je voie comment j'aurais dû faire toutes ces années, histoire que je ne meure pas idiote ? Parce que franchement, je n'y arrive pas. Ni avec les images, ni sans les images, ni avec les textes, ni sans les textes, ni rien. Comme tu as pu le constater, j'arrive même plus à causer la France...

    15
    Mardi 12 Novembre 2013 à 20:54

    C'est l'effet "Nouveaux Rythmes" ? Parce que, franchement, je n'ai pas l'impression que jusqu'ici, je n'ai jamais eu l'impression que tu n'y arrivais pas...

     

    16
    Rikki-tikki-tavi
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 08:06

    Je pense, partiellement, oui. Bon, j'ai toujours couru après le temps, surtout depuis la suppression du samedi matin que je n'ai jamais digérée. Franchement, depuis 5 ans, c'est toujours "dépêchez-vous, dépêchez-vous, les enfants, on n'a pas le temps !"

     

    Mais là, c'est pire que tout. Le mardi et le vendredi, on part à la récré de 15 h 00. Concrètement, ça veut dire que l'après-midi, en une heure et demie, il faudrait faire la deuxième leçon de lecture (je ne parle même pas de la deuxième séance de maths, celle-là, je n'ai jamais réussi à la faire de toute manière), la découverte du monde ou la poésie, la belle histoire de fin de journée. Et, léger détail, copier les devoirs dans l'agenda (ça prend du temps, au CP !), ranger les trousses, faire le cartable, etc. 

     

    Sans compter le temps qu'on perd le matin quand Marcel se rend compte qu'il ne trouve pas ses affaires, mais en fait c'est parce qu'il a la table d'Albertine, puisque après les activités les tables ont été remises mais pas à la même place. De l'extérieur, vois-tu, elles sont interchangeables, mais le contenu des cases, pas ! 

     

    En plus, j'ai plusieurs enfants qui maintenant s'endorment sur les tables le lundi et le jeudi — surtout le jeudi. Je les laisse dormir, tu me diras, mais ça montre bien l'ambiance. 

     

    Après, il n'y pas que ça : je suis tombée sur un cru particulièrement mauvais, avec 12 élèves en grande difficulté sur 26, un effectif beaucoup trop important pour un public ZEP, des maternelles pas vraiment adeptes des apprentissages structurés donc des gamins à qui on met deux mois à apprendre que lire, ça n'est pas deviner... et, pour couronner le tout, il n'y a pas une super ambiance dans notre école et je suis un peu pestiférée. J'ai du mal à entendre jour après jour que mes anciens élèves sont nuls, ne savent pas travailler en groupe, ne réfléchissent pas, ne savent pas chercher, réfléchir, sont conditionnés à faire du travail mécanique...

    17
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 15:17

    Ernest Lavisse, Questions d'enseignement national, 1885 : 

    "J'ai raconté ailleurs comment un maître, voulant exposer le régime féodal à des enfants de sept ans dans une école primaire de Paris, s'est bien gardé de parler de l'hérédité des offices et bénéfices, et de prononcer un seul de ces termes abstraits qui seraient demeurés sans signification pour ses auditeurs. Il les a placés en face d'un château, qu'il a dessiné en conduisant la main d'un écolier. Il leur a montré les hautes murailles, dont l'approche est défendue par un fossé profond. Il a fait comprendre le créneau, le système de défense, le système d'attaque, et il a décrit les armes. Il a fait connaître en un mot la demeure du seigneur, et par cette demeure même le seigneur, homme de guerre et puissant personnage. Il n'a eu qu'à dire combien ces châteaux étaient nombreux, pour faire comprendre la guerre féodale, et les misères qui en étaient la suite, et les remèdes qu'on a essayé d'y apporter. Il a donné ensuite une idée sommaire de la hiérarchie féodale et placé tout en haut le roi, puis expliqué sans difficulté son rôle de gendarme et de justicier. Tout cela était entrecoupé de mots gais, de questions plaisantes, d'appels aux souvenirs et aux connaissances des enfants. On aurait dit que le maître et la classe jouaient à la féodalité, et la classe, tout en s'amusant, recevait quelques idées, ou, si l'on veut, quelques impressions justes ce qui est beaucoup."

    Un siècle et demi après, toujours ces satanées cours magistraux ! Quand est-ce que tu te lances enfin dans une pédagogie vraiment "active", Doublecasquette ?

     

    18
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 18:27

    C'est rigolo de dire cela à quelqu'un qui vient du mouvement Freinet... 

    Tu as déjà vu les anciennes BT, le-professeur, celles des années 30 à 1980  ?

    S'il n'y avait pas eu de cours magistraux, satanés ou pas, il y avait quand même dû y avoir une intention de la part du maître d'aider ses élèves à ne pas patauger trop longtemps dans la semoule.

    Quant à faire du cours magistral en primaire, ou pire, en maternelle, il faut que tu m'expliques... Parce que, franchement, je ne vois pas comment on peut faire pour cela.

    19
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 18:48

    "Il les a placés en face d'un château, qu'il a dessiné en conduisant la main d'un écolier...." Je suis certain que si DC avait eu une hutte gauloise dans son quartier, elle aurait placé ses élèves devant. Manque de pot, il n'en reste plus guère...

    20
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 19:04

    Rikki, je t'ai lue et je compatis.

    Pour l'histoire, écoute bien le-professeur. J'espère qu'il va revenir et bien t'expliquer comment sortir du cours magistral avec tes élèves.

    Je propose un RSEG historique... Ça s'appellerait Réussir Son Entrée En Histoire ou, plus ludique, Historino et Historinette... Ou alors un peu prétentieux, Clio chez les Petits ? 

    Ce serait édité par une grande maison d'édition, sous forme d'un beau classeur en polypropylène rempli d'images à plastifier, de fiches de l'élève à photocopier, de bidules-machins-choses en plastique-mousse à monter, de petits bébeilles en plastique à clipser, emboîter, bidouiller, de flash cards, de mascotte en forme de Cro Magnon avec toute la panoplie pour le transformer à volonté en chevalier, en incroyable, en poilu (très important cette année, le poilu), en Ste Blandine et en raton-laveur (ça, c'est pour la leçon sur la découverte du continent nord-américain) !

    Ça coûterait 199,99 € mais pour le même prix, on aurait la clé USB en forme de grotte de Lascaux et les inscriptions gratuites pour s'inscrire au grand jeu vidéo en ligne pour nos bambins. Faudrait surtout pas dire à leurs parents qu'une fois le neuvième niveau passé, celui où Robespierre réussit à échapper à la guillotine grâce à la vélocité et à l'esprit d'entreprise de nos élèves, ça deviendrait payant et que pour ressusciter Marie-Antoinette et Jeanne d'Arc, ça coûterait un bras !

    La leçon magistrale que j'ai commise (mais que j'ai hoooooonte... mais que j'ai hoooooonte...) y serait remplacée par un truc super novateur que nos élèves n'ont jamais fait. En premier, il faudrait faire des groupes de quatre à six enfants. Afin que nous puissions exercer notre liberté pédagogique, le guide du maître (888 pages en quadrichromie avec photos, dessins, schémas et corrigés des fiches de l'élève) nous proposerait de choisir notre constitution des groupes : de niveau, homogènes, hétérogènes, en fonction des affinités, ... Comme on veut !

    En deuxième, on donnerait à chaque groupe une vingtaine d'images. Un truc de ouf, je vous dis, super novateur...  Eux, ils se mettraient à débattre... ou pas, pour trouver un lien... ou pas, entre les images... Les images, Kass'Andrah ! Les images... où sont les images ? Ah non, Loubna, ce sont les images du groupe, alors tu les poses sur la table, tu entends... Comment vous avez débattu et conclu que c'était toi qui devais garder les images ? Tu étais d'accord Kass'Andrah ? Et toi, Limacia ? Comment tu n'as pas vu d'images ? Elles étaient là, tu les as bien vues, non ?

    Bon tant pis, Loubna garde les images mais vous les triez ensemble pour trouver un lien... ou pas...

    Ah, mais voilà l'animateur du groupe hip-hop citoyen ! Qui est à l'atelier hip-hop citoyen ? Loubna ? Tu me rends les images d'abord Loubna ! Monsieur l'animateur, rendez-moi mes Gaulois ! Rendez-moi mes Gaulois !

    21
    Sapotille
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 19:22

    Quelque chose a dû m'échapper, mais la leçon d'histoire conduite par Doublecasquette sur les gaulois m'a justement semblé n'être pas du tout une leçon magistrale !!!

     

    C'était bien une leçon durant laquelle, grâce à l'observation de l'image, les enfants "construisaient leurs savoirs" guidés par leur instit, non ?

    22
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 19:45

    Non, Sapotille. Je leur ai imposé le concept de gauloisité (je n'ai pas dit gauloiserie, Padre...).

    Ils n'ont pas pu, seuls, se chamailler, se concerter, roupiller, réfléchir, obéir à Loubna, élaborer une stratégie commune et finir par me dire que la voiture, elle ressemblait à celle de leur mamie, elle ne faisait pas partie des vestiges datant de l'époque gauloise et tout ce qui s'ensuit...

    Je vous avais sauté un épisode, dans mon résumé. Peut-être qu'il aurait plu à le-professeur puisque c'était Justinien, 5 ans 8 mois, et non moi, 56 ans 6 mois, qui nous l'avait narré.
    Figurez-vous qu'il est allé avec ses grands-parents visiter un site où un village gaulois était reconstitué et qu'il nous a raconté ça par le menu. Il devait même apporter une vraie pièce gauloise que le forgeron avait frappé sous ses yeux ébaubis, alors, vous voyez... Il a oublié, zut alors ! Et notre monnaie gauloise, alors ?

    Nous avons eu un long débat (au moins 4 minutes 27 secondes) parce que sur l'image, les ouvertures des huttes étaient fermées par des rideaux alors que dans la reconstitution qu'il a visitée, c'étaient des portes et des volets de bois.

    Après, j'ai été horriblement dirigiste parce que je les ai aidés à réaliser qu'en 2 000 ans, bois comme tissu se dégradent et qu'il nous était donc difficile de trancher pour savoir si c'était l'illustrateur du manuel ou l'architecte du site qui s'était un peu trop avancé avec ses rideaux ou ses portes...

    Nous en avons prudemment déduit (j'avoue, ô grand esprit de l'autoconstruction des savoirs, j'ai orienté le débat... mais j'ai hooooooonte, mais hooooooonte...) qu'on ne pouvait pas savoir en l'absence de vestiges ou d'écrits de l'époque décrivant précisément une hutte gauloise. Mais qu'on pouvait tout de même penser qu'il y avait peut-être eu des portes de bois, à un endroit, surtout dans les zones où les hivers étaient rigoureux, et des rideaux de toile épaisse, ailleurs, surtout dans les zones où le froid était moins prégnant...

    Ça doit être encore vachement dirigiste et à la limite de l'autoritarisme pédagogique le plus barbare, encore, cette tranche de vie, non ?

    23
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 21:14

    Il est gentil, Monsieur Lavisse, mais jouer comme ça toute la journée, ça doit bien fatiguer et exciter son petit monde. C'est qu'il faut les récupérer, après. Alors une fois dans l'année pour impressionner l'Inspecteur, ça peut le faire, mais 24 heures par semaine penfant 36 semaines, je mets quiconque au défi.

     

    (RSSEEH et Historino et Historinette : j'adore ! Allez, j'ajoute Cap'hist à ta bibliothèque !)

    24
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 21:23

    Cap'hist, pas mal...

    25
    Rikki-tikki-tavi
    Jeudi 14 Novembre 2013 à 01:17

    Merci pour cette bonne tranche de fou rire, DC ! 

     

    Après être rentrée bien déprimée de l'école et avoir passé ma soirée à m'avaler épisode sur épisode de Homeland, je commence à être persuadée qu'il y a des agents de la CIA devant ma porte, des inspecteurs cachés dans mes placards et des espions iraniens qui écoutent mes conversations téléphoniques et les retranscrivent pour mes conseillères pédagogiques ! Parano, moi ? Meuh non, voyons. 

     

    Donc, je ne sais pas si j'ai fait un "cours magistral", mais honnêtement, j'aimerais bien. J'aimerais magistralement les faire taire et leur dire d'écouter et de fermer leurs grandes bouches, d'enlever les mains des scratchs des baskets, des cheveux de la copine, d'arrêter de faire un trou dans la gomme avec le crayon, de cesser de balancer leur règle par terre, de ne pas vider le réservoir du taille-crayon sur la table, mais bien d'écouter, bouche bée et fascinés, ma parole magistrale.  Manque de bol, ça ne va pas être pour cette année. Et comme il n'y aura pas d'autre année... Ben c'est râpé !  

     

    Je n'ai pas non plus l'intention de parler d'offices ni de bénéfices, ne sachant pas précisément de quoi il s'agit et n'ayant pas les compétences pour le faire. 


    Je me suis contentée de montrer des dessins représentant des messieurs et des dames vêtus de peaux de bêtes, occupés à chasser le mammouth et le renne à coup de trucs en pierre taillée et à faire la popote à la scoute sur des feux de bois. Et de lire les légendes en les réadaptant et en discutant le bout de gras avec les gosses. C'est tout. 

     

    Je n'ai pas le talent de cet instituteur capable de dessiner à main levée un château fort avec la main d'un écolier — quand j'arrive à faire une marguerite, je suis déjà fière de moi. 

     

    Bref, je ne sais peut-être pas faire de cours d'histoire, mais je sais lire ceux que raconte DC et rire un grand coup ! Ca me rappelle mon cours d'IUFM sur la révolution industrielle, où on nous avait donné des photocopies d'images plastifiées et où on devait les classer et les commenter, par groupes de 6 ou 7. Moi, je revenais de congé mater, je tombais des nues, mais les autres étaient super doués, ils te classaient ça en deux coups de cuiller à pot et t'en déduisaient la leçon en cinq sec. J'avais été impressionnée, je m'en souviens encore. Je m'étais aussi vaguement dit que c'était bizarre comme manière de faire, parce qu'il fallait déjà savoir pour pouvoir faire le taf, mais bon, je m'étais vaguement dit que le prof devait savoir, lui... peut-être était-ce l'auteur de Cap Hist ? 

    26
    Sapotille
    Jeudi 14 Novembre 2013 à 01:29

    Oui, mais toi, Rikki, tu racontes merveilleusement bien LES Histoires.

    Tu es conteuse, c'est ton talent ...   et pas besoin de les  mettre  en groupes, les petits lardons,  pour  allumer la petite étincelle dans leurs yeux ...

    27
    Rikki-tikki-tavi
    Jeudi 14 Novembre 2013 à 13:38

    Tu es gentille, Sapotille. Tu vois, aujourd'hui, bien au chaud dans mon salon, j'ai envie d'y croire. On verra ce que ça donnera demain, dans l'arène avec les fauves. 

    28
    sandrine28
    Mercredi 20 Novembre 2013 à 12:26

    Coucou DC,

    Félicitations pour ton blog !

    Ton cours sur les gaulois ressemble beaucoup au mien... du coup, je me dis que vu ta grande expérience, je ne dois pas trop me tromper...

    C'est normal étant donné je me suis beaucoup servie de tes conseils sur néoprofs...

    Quand au professeur, rien que son pseudo en dit beaucoup sur sa personne...

    Rikki, moi aussi je m'arrache les cheveux avec le dieu Scratch. Mais non de non, parents, mettez des lacets à vos enfants et apprenez-leur à les faire ! Ca nous évitera d'avoir des grands de CM2 qui viennent te voir en tendant le pied et la chaussure sous ton nez sans dire un mot ! Le lacet c'est tellement silencieux et plus costaud que le scratch qui finit par ne plus faire que du bruit sans rien tenir ! En plus, c'est plus écolo, il y a moins de plastique dans les lacets !

    J'ai aussi un groupe de futures coiffeuses, mais comme nous avons des collectionneurs de poux, j'avoue que je me fâche très souvent... Car bien sûr, après "qui c'est qui" vient se plaindre à la maîtresse que Boucle d'Or a attrapé des poux et que quand même nous pourrions faire quelque chose, je sais pas moi, isoler les enfants qui ont des poux où exiger qu'ils se coupent les cheveux (ben voyons !)

    Le dos tourné je connais aussi et cette année j'expérimente le gribouillage sur la feuille du voisin de derrière !

    Du coup, je me dis que si même toi avec ton ancienneté tu t'arraches les cheveux, c'est que je ne suis pas si nulle que je le pensais !

    Bon je sais ça ne t'aide pas beaucoup, mais qu'est-ce que ça me rassure !

    29
    Sapotille
    Mercredi 20 Novembre 2013 à 12:34

    Il ne faut pas lire le message du"Professeur" au premier degré , ce Monsieur est un farceur ...

    30
    Mercredi 20 Novembre 2013 à 15:41

    Je crois que c'est un de vos amis sur Néo !

    Il n'aime pas du tout le GN  : http://abcdefgh.eklablog.com/l-importance-de-la-notion-de-groupe-nominal-en-grammaire-a85161432

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