• GS : Écriture cursive (difficultés)

    GS : Difficultés d'écriture cursive
    Merci à B. Devanne pour cet exemple d'essai d'écriture « cursive » en GS.

    Quelques petits conseils rapides pour aider les élèves de Grande Section qui ont de la peine à démarrer en écriture cursive même si la progression, le rythme d'acquisition et le choix des textes à copier sont moins « ambitieux » que ceux adoptés dans la classe de l'enfant ci-dessus. 

    Les principales difficultés sont :

    → l'écriture mal assurée (faible tenue du crayon),

    → la mauvaise tenue du crayon 

    → les gestes brusques.

    Nous allons voir ce qu'il est possible de faire, ou mieux, d'anticiper, pour régler, ou éviter, chacun de ces problèmes.

    Écriture mal assurée :

    Causes :

    Cela vient souvent du jeune âge de l'enfant (enfant né dans la deuxième moitié de l'année civile) mais aussi d'un manque criant de pratique manuelle. On rencontrera d'autant plus ce défaut dans une classe de GS quand, depuis le début de l'année mais aussi dans les années précédentes et à la maison, les enfants ont été insuffisamment confrontés à l'usage intensif de ce qui s'appelait autrefois les « activités manuelles ».

    Traitement :

    Dans une classe maternelle, de la Toute Petite à la Grande Section, on doit consacrer minimum 30 à 45 minutes par demi-journée aux activités manuelles et sensorielles libres ou dirigées. En GS, et parfois en fin de MS, les activités d'écriture seront comptées dans ce temps d'activités manuelles. Les enfants de PS et TPS qui dorment ne pourront avoir ces 30 à 45 minutes l'après-midi, cela n'a strictement aucune importance, le sommeil primant sur tout le reste.

    ♥ Jeux libres avec de la pâte à modeler, de l'argile, toutes sortes de pâtes à malaxer, triturer afin de renforcer la musculature des mains

    ♥  Jeux libres avec de la semoule, du sable, du gros sel coloré, des brisures de riz, toutes sortes de poudres granuleuses

    → à transvaser à la main d'un récipient plat dans un récipient à col étroit (pour obliger l'enfant à utiliser le pouce, l'index et le majeur)

    → à saupoudrer à la main sur une surface encollée

    ♥ Découpage aux ciseaux et déchiquetage aux doigts en suivant un tracé,

    ♥ Piquage au poinçon,

    ♥ Coloredo®, clous de girofle à planter dans une orange,

    ♥  Jeux de vissage/dévissage de bouchons sur des flacons, de boulons et écrous,

    ♥ Jeux « du quotidien » dans les coins-jeux de la classe :

    → manier peignes et brosses pour coiffer une poupée ;

    → utiliser une éponge, une brosse à tableau, un chiffon, un gant de toilette ;

    → faire rouler de petits véhicules sur  un parcours matérialisé au sol (tapis de jeux, plaque de contreplaqué ou d'isorel décorée, ...) ;

    → fixer le linge sur un étendage grâce à des pinces à linge ;

    → j'en oublie très certainement des dizaines...

    ♥ Dessins à base d'empreintes digitales, complétés au feutre fin ou au crayon à papier,

    ♥ Dessin libre quotidien motivé

    C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Dans les classes où l'on ne dessine pas ou trop rarement, l'aisance du geste graphique ne s'installe pas, l'enfant est « paralysé », il angoisse et ne peut produire des gestes assurés.

    ♥ ...

    N'hésitez pas à proposer d'autres suggestions en commentaires, je les ajouterai à la liste. Merci d'avance.

    Mauvaise tenue du crayon :

    Causes :

    L'enfant passe par plusieurs stades de préhension des objets au cours de ses premières années. On peut tenter, dès les débuts de la scolarisation en maternelle, d'instaurer une bonne tenue du crayon mais on aura plus de succès si on y consacre la deuxième moitié de la MS et le début de la GS que si on cherche à l'imposer de force à des tout-petits qui n'ont pas la force musculaire, ni les compétences cognitives à la reproduction d'un geste. Les priver de crayons ne servira à rien non plus, sinon à rendre encore plus difficiles les débuts.

    Traitement :

    Voir les premières pages de Mes cahiers d'écriture MDI, GS, de Laurence Pierson.

    Nota bene : Le site MDI est actuellement en maintenance, mais ça devrait s'arranger rapidement, je pense.

    Gestes brusques :

    Causes :

    Ces gestes brusques traduisent souvent une immaturité physique due parfois au jeune âge de l'enfant (enfant né dans la deuxième moitié de l'année civile) mais aussi à une éducation trop statique, dans laquelle l'exercice physique n'est pas assez pratiqué. Des problèmes de rythme peuvent se surajouter à cette immaturité. 

    Traitement :

    ♥ EPS en général :

    Dans une classe maternelle, de la Petite à la Grande Section, en plus des deux récréations de 30 minutes, des deux accueils de 10 minutes en extérieur ou en salle de motricité, nous devrions consacrer environ 20 à 30 minutes par demi-journée (selon que nous sommes en semaine de 4,5 ou de 4 jours) à l'exercice physique et en particulier :

    → exercices d'équilibre : marcher sur la ligne, ponts japonais, poutre, muret, sur une boule, etc.

    ◊ librement

    ◊ en faisant toucher le talon à la pointe de l'autre pied

    ◊ en portant un objet dans chaque main

    ◊ en portant un verre d'eau plein

    → jeux d'adresse avec balles, ballons, foulards, assiettes chinoises, ...

    → exercices de coordination motrice : grimper à l'échelle, mur d'escalade, acrobranche, natation, trampoline, ski, patin à glace, patin à roulettes, jeux de raquettes, cordes à sauter, ...

    → expression corporelle :

    ◊ musiques "douces" encourageant à des gestes liés (rythmes de valse par exemple) avec foulards ou rubans

    ♥ Musique

    La musique se pratique, expression corporelle comprise, environ 15 minutes par demi-journée : 10 minutes de chant, 5 à 10 minutes de rythme, 10 à 15 minutes d'expression corporelle, corps entier ou « crayon qui danse », temps indicatifs de la TPS à la GS.

    → les musiques travaillées en expression corporelles seront reprises en classe pour un exercice sur feuille (feuille A3 sur chevalet, feuilles A4 sur table) avec comme consigne « le crayon, c'est un patineur artistique et la feuille, c'est la patinoire » 

    → Les chants seront accompagnés de :

    ◊ frappés de la pulsation

    ◊ rythmes corporels

    ◊ rythmes à l'aide d'instruments à percussion

    → Reproduction en écho de rythmes proposés par l'enseignant

    ♥ Dessin libre quotidien motivé

    C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Dans les classes où l'on ne dessine pas ou trop rarement, l'aisance du geste graphique ne s'installe pas, l'enfant est « paralysé », il angoisse et ne peut produire des gestes liés et assurés.

    → Il est parfois difficile de libérer la créativité de l'enfant qui « n'aime pas dessiner », « ne sait pas quoi faire » ; il convient alors de motiver ce dessin :par un thème commun lié à

    ◊ l'histoire que nous venons de raconter,

    ◊ l'événement que nous venons de vivre

    ◊ l'objet que nous venons d'observer ou de réaliser

    ◊ l'encodage ou le décodage de mot que l'élève sait réaliser seul

    Petit conseil supplémentaire :

    Pour éviter ça les années prochaines, 

    Si on a la chance d'avoir un double ou triple niveau

    → ne pas faire écrire les PS,

    → dans ce niveau, remplacer toutes les activités autour de l'écriture par :

    ◊ des activités motrices (EPS)

    ◊ sensorielles

    ◊ musicales

    ◊ plastiques (sans visée artistique obligatoire)

    → En MS, les activités ci-dessus doivent rester largement prépondérantes, l'acquisition de l'écriture n'en sera que plus rapide et plus sûre ensuite

    → ne faire écrire les MS qu'en toute fin d'année, en cursive uniquement,

    ◊ après avoir enseigné et fait pratiquer régulièrement les gestes de l'écriture cursive (moment ritualisé quotidien, dans la deuxième moitié de l'année scolaire, objectifs : tenue du crayon, tenue de la feuille, gestes appris un à un, longuement pratiqués avant de passer au suivant)

    ◊ après s'être assuré que tous les élèves en sont capables

    Et pour les GS :

    → ne pas faire commencer l'écriture par les majuscules bâtons

    car on installerait des gestes et des habitudes qu'il faudrait ensuite leur faire perdre pour les remplacer par ceux et celles utiles à l'apprentissage de l'écriture cursive.

    → continuer à pratiquer les activités motrices, musicales, sensorielles et plastiques à haute dose, quotidiennement

    → y ajouter dès la rentrée des classe un moment ritualisé quotidien d'acquisition des gestes de l'écriture cursive

    →y ajouter le « sens », en jumelant les activités d'écriture avec celles d'encodage et de décodage

    Grâce aux boucles, on peut écrire et lire le et elle ; quand on y ajoute les pointes, on peut alors écrire et lire lit, lu, Lulu, Titi, le tutu, tut tut, il lit, elle lit, ... ; puis ce sont les lettre c, o, a et là, les possibilités se multiplient presque à l'infini !

    Et le conseil « plus plus plus » !

    À l'école maternelle, on n'est pas obligé de travailler en ateliers. On peut très bien, en commençant modestement, au cours des regroupements apprendre aux enfants :

    →  à regarder tous au même endroit au même moment

    → à écouter tous la même personne et à entendre et comprendre ce qu'elle dit

    →  à répondre à une question, s'intéresser à un thème, participer à à un dialogue collectif (voir Apprentissage du langage à l'école maternelle)

    → à produire des gestes coordonnés selon un modèle fourni par un autre

    → à reproduire ces gestes, assis tous à une table, en gardant en mémoire les consignes données préalablement

    Quant à nous, les enseignants, nous pouvons aussi apprendre :

    → à pratiquer quotidiennement une activité en la complexifiant a minima chaque jour (technique des petits pas) et à n'avancer plus loin que lorsque nous sommes assurés que tous en seront capables

    → à être attentifs à tous en même temps

    → à nous considérer comme des aides plutôt que comme des évaluateurs

    → à « détecter » ceux :

    ◊ pour qui tout va bien et qui n'auront besoin que d'une supervision globale

    ◊ ceux qui ont une ou deux « fragilités » qui nécessitent notre aide et nos encouragements

    ◊ ceux qui sont globalement en échec et qui ont plus besoin d'un « retour aux bases » que d'un « acharnement thérapeutique »

    → à bannir totalement la progression proposée par le monsieur qui m'a fourni la photographie qui illustre cet article !

    Cela fait gagner un temps inouï qui permet de pratiquer chaque jour tout ce que j'ai conseillé ci-dessus.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Janvier 2020 à 19:29

    Voilà !

     

    Faites tout comme dit la dame, et vos élèves n'auront pas besoin de venir me voir pour rattraper les coup en graphopédagogie dans les années qui suivent !

      • Dimanche 12 Janvier 2020 à 09:47

        Merci Laurence. J'ai rajouté quelques petites activités enfantines classiques que j'avais oubliées. J'espère qu'elles te conviendront aussi.

    2
    Sivere
    Samedi 18 Janvier 2020 à 15:37
    Merci pour l'article.
    Quand vous évoquez les gestes d'écriture cursive à pratiquer au quotidien, vous parlez des ronds, étrécies...?
      • Dimanche 19 Janvier 2020 à 09:29

        Merci à vous ! Oui, c'est cela. Dans l'ordre : gribouillage, coloriage, puis cerceaux, pelotes, petites boucles, grandes boucles,petites pointes (ou "étrécies"), grandes pointes, saut du crayon (voir sommaire Écriture GS, MDI, L. Pierson, "J'apprends à maîtriser mon geste" puis "J'apprends à tracer les formes de base").

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :