• Cycles 1 et 2 : Avec les percussions

    Cycles 1 et 2 : Avec les percussions

    Une collègue demande comment exploiter les instruments à percussion que nous avons tous dans nos classes.

    Méthode des petits pas :

    Avec nous, pas question de « séquence » qui, en trois à cinq semaines de classe, clorait une fois pour toute le « problème » et servirait de viatique pour l'année scolaire ou, pire, le cycle entier, après qu'on aurait coché les petites cases ad hoc du cahier de réussite et collé deux ou trois photos. 

    Ici comme ailleurs, nous ne dérogerons pas à notre principe de base :

    → peu à la fois,

    → à longueur d'année

    pour laisser du temps au temps, faire mûrir naturellement les questions, les découvertes, les habitudes et les tremplins vers de nouvelles étapes.

    La classe-orchestre :

    Entre la musique symphonique et la musique de chambre, à l'école, le choix sera immédiat : si nous voulons que tous nos élèves disposent de nos conseils, notre savoir-faire, nos règles, c'est vers l'orchestre, c'est-à-dire le groupe-classe que nous devons tendre.

    Une séance quotidienne de 10 minutes en maternelle et début de CP (surtout s'ils n'ont que très peu pratiqué la musique en maternelle), puis hebdomadaire au CP et au CE1 pendant laquelle les enfants sont tous musiciens  semble une « posologie » raisonnable.
    Nota bene : un musicien, ça ne joue pas tout le temps, ça écoute et ça s'interroge par moments) 

    Le quatuor, genre musique de chambre, qui s'isole 15 minutes par jour dans un coin avec son imprésario, laisse de côté les 16 à 28 autres musiciens, ce qui n'est pas bon pour ces laissés pour compte.
    De plus, pour que tous ces autres musiciens aient droit eux aussi à leur quart d'heure, même en s'y attelant tous les jours pendant une demi-heure,
    il faudrait de deux jours et demi à cinq jours de classe pour voir revenir le tour de chacun, ce qui est insuffisant pour qu'une imprégnation se fasse.

    En revanche, il peut être intéressant d'avoir, dans un coin bien isolé de la classe, un « coin son » accessible à un tout petit groupe d'enfants (2 à 4) dans lequel on mettra à disposition tout ce qui « fait du bruit », dont quelques percussions de l'instrumentarium de l'école.  

    Quel « répertoire » ?

    Prendre conscience du son :

    La plupart des enfants entendent, naturellement, sans qu'il soit besoin de le leur apprendre. En revanche, écouter, c'est-à-dire se rendre compte de l'existence d'un stimulus sonore et y prêter volontairement attention, cela s'apprend et se cultive.  Les premiers exercices seront donc, après quelques jours de manipulation libre (voir « coin son » ci-dessus) : 

    → des exercices visant à obtenir une alternance de  bruit et de silence.

    Le chef d'orchestre (enseignant chez les plus jeunes, élève après apprentissage chez les plus grands) donnera le signal par :

    ♥ un mot prononcé : « Bruit ! ... » - « Silence !... »

    ♥ un geste : main ouverte... main fermée...

    puis, chez les plus grands : 

    ♥ un symbole : Ο... Ø...

    ♥ un mot écrit : bruit... silence...

    Discriminer les sons :

    De la même façon, un enfant reconnaît naturellement toutes sortes de sons et apprend peu à peu à les associer à des mots. Il pourra très vite associer à chaque bruit d'instrument son nom tout comme il a appris à nommer au son de leur voix  sa mère, son père, ses frères et sœurs, et à leur bruit la sonnette du micro-ondes qui indique que son repas est prêt ou la voiture qui démarre et dont il doit se méfier.

    Pour cela on programmera, tout en continuant à pratiquer les jeux d'alternance bruit/silence, des jeux pour apprendre :

    → à les nommer (à l'oral) 

    → à les reconnaître : 

    ♦ à la vue

    ♥ sur une photo

    ♥ sur un dessin

    puis, chez les plus grands :

    ♥ grâce à un symbole simplifié

    ♦ à l'ouïe (= timbre de l'instrument)

    ♥ en cachant ses mains derrière un rideau ou un carton d'emballage dont on n'a gardé que trois côtés, ... 

    ♦ au toucher

    ♥ instruments placés dans un sac en tissu opaque, dans un carton avec fente étroite, sur une table sous une nappe, ...

    Produire intentionnellement :

    Lorsque les enfants sont capables d'inhiber leurs gestes et de garder leurs instruments posés devant eux sans y toucher (ou, beaucoup plus difficile, et à n'exiger que des plus grands, dans leurs mains sans les rendre sonores), ils sont sortis de la période d'exploration et peuvent produire intentionnellement.

    On programmera alors des jeux :

    → pour travailler l'intensité (très fort, fort, doux, très doux) :

    ♥ par imitation de l'adulte

    ♥ suite à une consigne :

    ♦ orale

    ♦ visuelle ( geste, symbole, mot écrit) 

    → pour travailler la durée (très vite, vite, lentement, très lentement)

    ♥ par imitation de l'adulte

    ♥ suite à une consigne :

    ♦ orale

    ♦ visuelle ( geste, symbole, mot écrit) 

    S'accorder :

    Les élèves étant maintenant individuellement capables d'entendre et de contrôler leur production sonore, il leur reste à apprendre à jouer chacun leur rôle au sein de l'orchestre.

    Il nous faut alors programmer des jeux qui leur permettront :

    → intégrer corporellement et auditivement une pulsation commune :

    ♥ seule 

    ♦ marche au son d'un tambourin

    ♦ balancement d'un pied sur l'autre au son d'un tambourin sans déplacement

    ♥ en accompagnement :

    ♦ d'un chant

    ◊ frappés de main

    ◊ claquements de doigts

    ◊ pulsation silencieuse en frappant délicatement les index l'un contre l'autre

    ♦ d'une mélodie

    ◊ frappés de main

    ◊ claquements de doigts

    ◊ pulsation silencieuse en frappant délicatement les index l'un contre l'autre

    → des jeux de reproduction ou de création reproductibles

    ♥ d'une structure rythmique isolée

    ◊ jouée parle chef d'orchestre et reproduite une seule fois par tout l'orchestre

    ◊ jouée par le chef d'orchestre et reproduite en écho une seule fois par chaque musicien individuellement

    ◊ jouée par le chef d'orchestre et reproduite une seule fois par une seule catégorie d'instruments en chœur ou en écho

    ♥ d'un ostinato rythmique

    ♦ seul

    ◊ joué parle chef d'orchestre et reproduite ad libitum par tout l'orchestre

    ◊ joué par le chef d'orchestre et reproduite en écho une seule fois par chaque musicien individuellement sans interruption entre chaque musicien

    ◊ joué par le chef d'orchestre et reproduite ad libitum par une seule catégorie d'instruments en chœur ou en écho

    ♦ en accompagnement :

    ◊ d'un chant

    ◊ d'une mélodie 

    → des jeux de création et de lecture de partitions :

    ♥ à base de symboles connus et exploités régulièrement

    ♥ à une ou plusieurs voix.

    Les percussions mélodiques :

    Les lames sonores, les cloches Montessori ou autres introduisent un paramètre supplémentaire dans la découverte du monde sonore : celui de la hauteur.

    On pourra les intégrer, à dose homéopathique, à l'instrumentarium disponible dans le « coin son » de la classe tout en travaillant la notion de hauteur de son grâce à une flûte à coulisse et grâce à la voix pendant les moments quotidiens de chant (10 à 15 minutes par jour, en deux fois, matin et après-midi, pour les plus jeunes, en une fois, pour les plus âgés). 

    En revanche, peu d'enfants ayant l'oreille absolue, toute activité visant à faire dire que cette cloche fait le do, le ré, le mi, etc., n'a aucun intérêt.
    S'il s'agit de matériel en couleur, on parlera de la clochette bleue, rouge, verte, etc.

    Les exercices respecteront la même progressivité que pour l'appréciation du timbre, de l'intensité et de la durée :

    → nommer : grave, aigu, plus grave que, plus aigu que, le même son que...

    → reconnaître : le même son, un son plus grave, un son plus aigu

    → reproduire le son

    ♥ avec la voix

    ♥ en l'associant :

    ♦ avec une clochette au son identique

    ♦ avec une lame sonore au son identique

    des jeux de rangement selon la hauteur :

    ♥ deux sons très marqués

    ♥ deux sons plus proches

    ♥ trois sons très marqués, plus proches,

    ♥ etc.

    RAPPEL : Faire reconnaître le dole ré, etc. dans des exercices formels n'a d'intérêt, et encore, car cela les induit en erreur, que chez les plus grands, lorsqu'ils savent ranger huit cloches dans l'ordre, s'en servir pour retrouver une mélodie à l'oreille, rejouer cette mélodie pour le plaisir (car ils pourront alors se créer une partition qui soulagera leur mémoire).

    → des jeux de reproduction ou de création reproductibles

    ♥ seule :

    ♦ chaque élève disposant de toutes les lames nécessaires à sa reproduction

    ♦ chaque élève disposant d'une lame et une seule et devant se coordonner avec les autres musiciens

    ♥ pour accompagner :

    ♦ un chant

    ◊ en le ponctuant de temps en temps

    ◊ en suivant la ligne mélodique

    ♦ une mélodie

    ◊ en la ponctuant de temps en temps

    ◊ en suivant la ligne mélodique

    → des jeux de création et de lecture de partitions :

    ♥ à base de symboles connus et exploités régulièrement :

    ♦ les mots : bleu, bleu, bleu, vert, rouge, vert, bleu, rouge, vert, vert, bleu

    ♦ les chiffres : 1 1 1 2 3 2 1 3 2 2 1

    ♦ les notes (juste pour déstabiliser un peu et faire comprendre pourquoi cela risque d'induire en erreur nos élèves d'associer systématiquement une mélodie à la gamme de do majeur ) :

    la la la si do# si la do# si si la

    si si si do ré do si  ré do do si 

    mi mi mi fa# so# fa# mi sol# fa# fa# mi


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  • Commentaires

    1
    lamana
    Samedi 20 Avril à 08:29

    Merci beaucoup pour votre partage; Auriez vous des idées de musiques ou chants exploitables en maternelle pour travailler les percussions? "trotte trotte renne rose" est très bien, mais je voudrais varier.

      • Mardi 23 Avril à 10:10

        Bonjour Lamana,

        Tous les chants, toutes les musiques sont exploitables pour travailler avec les percussions.

        Pour les musiques, éviter les pulsations trop lentes ou beaucoup trop rapides, ainsi que les musiques de type jazz ou rock qui sont plus difficiles à suivre ou à imiter.

        ¨Pour les chants, tous les chants pour enfants (éviter aussi les rythmes jazzy ou rock chez les plus jeunes) peuvent se prêter à :

        - la ponctuation

        - l'écho

        - l'accompagnement

        - l'ostinato rythmique

         

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