• CP : Écriture-lecture, début avril (1)

    CP : Écriture-lecture, début avril (1)
    Merci à Xavier Laroche, pour cette illustration tirée de Écrire et Lire au CP

    Bien décidé à prendre son temps, afin de ne pénaliser personne, l’enseignant a fait prendre un rythme de croisière « lent » à sa classe. Ce sera désormais sur trois jours qu’il fera étudier une double page du livret à ses élèves.

    Comme nous avons désormais compris le principe d’une journée de classe, nous allons juste voir comment ces trois journées s’articulent pendant les temps d’écriture-lecture.

    Aujourd’hui, nous sommes au premier jour de ce triptyque et les élèves découvrent la première page de leur manuel sans aucune illustration.

    CP : Écriture-lecture, début avril (1)

    MATIN

    9 h 15 - 9 h 55 : Langage oral / langage écrit

    Les manuels sont ouverts à la page 26, chaque élève a sur la table son double décimètre et, pour certains encore, leur chuchoteur.

    Joris : Wouaaaah ! Vous voyez, je vous l’avais dit l’autre jour qu’on allait lire des pages sans image pour bébés qui savent même pas lire ! Super Joris ! Yeaaaah !

    Katia : C’est « Le loup et les sept chevreaux ». On la connaît cette histoire.

    Loan : Oui, c’est un conte de Grimm. On en a déjà écouté plein, des contes de Grimm. Hansel et Gretel, c’est un conte de Grimm.

    Maya : Et Frérot et Sœurette, aussi.

    Nino : Et puis... Le loup et... Mais que je suis bête, c’est celui-là ! Pffff !

    Enseignant : Oui, très bien. Vous vous souvenez ce que je vous avais dit au sujet des frères Grimm ? Non ? Mais si, vous allez voir, ça va vous revenir. C’étaient deux frères allemands qui avaient décidé de parcourir leur pays à la recherche de tous les contes qui se racontaient le soir, à la veillée, depuis des siècles et des siècles. Ils avaient décidé de les écrire pour éviter qu’ils ne disparaissent si, un jour, plus personne ne les racontait. Vous en lirez quelques-uns du CP jusqu’au CM2. En français, bien sûr. Tu peux commencer, Joris ? Tu nous lis... Oui, Fatou ?

    Fatou : On a oublié de dire le petit cadre bleu. Il y a écrit E.R suivi d’un trait d’union. E.R., c’est comme E.Z, ça fait [e], on l’a déjà appris !

    Gabrielle : Oui mais pas toujours. Des fois, ça fait [ ɛr ], comme dans Albert. Mais le trait d’union, je ne sais pas ce que ça signifie.

    Enseignant : Très bien, Gabrielle et Fatou. Le trait d’union signifie que cela se prononce toujours ainsi lorsque les lettres E.R ne sont pas à la fin d’un mot et que celui-ci continue ensuite. Comme dans Albert, quelle lettre y a-t-il après E.R., dans Albert, Vanina ? Regarde ici : Aaalll... beeerr... et puis ?

    Vanina : Elle est muette ?

    Enseignant : Oui, tu as raison, elle est muette. Quel est son nom ?

    Vanina : Té. On dit « té » mais ça fait [t].

    Enseignant : Oui, très bien. Donc, maintenant que ce mystère est éclairci – merci Fatou de nous rappeler nos devoirs – Joris, tu peux commencer : le titre et le sous-titre et puis, comme nous l’avons déjà lu, tu continues avec la première phrase. Prends ton temps et essaie de faire le maître qui lit une histoire à ses élèves.

    Joris : Hum hum ! Je me gratte la gorge comme le maître qui... Bon, d’accord, je lis ! Le loup et les sept... ah oui, c’est vrai, S.E.P.T, c’est sept !... Bon, je recommence... Euh... sept, c’est écrit en rouge parce que c’est un mot étrange, y faut l’apprendre par cœur. Hein ? Oui, ça va, je lis.... Hum hum... Le loup et les sept chevreaux.... d’après... le conte... de Grimm... d’après le conte de Grimm. Ça veut dire que c’est comme le conte de Grimm mais pas exactement les mêmes mots que dans le conte. On l’a déjà vu quand... Bon, d’accord, tout à l’heure... Je continue... Il était une fois... ça, c'est facile, c'est pareil dans tous les contes, on a dit... Hein ? Oui d'accord, je continue... Il était une fois... une chèvre qui... avait sept chevreaux et... les aimait... comme... chaque mère aime... ses enfants. Ah ça, c’est bien vrai, ma mère, elle dit toujours qu’elle m’aime beaucoup ! Et même que mon frère, y dit que je suis son chouchou. Hein ?... Ah oui, la lecture... Je relis la phrase un peu mieux ? OK ? Il était une fois une chèvre... qui avait sept chevreaux et les aimait... comme chaque mère aime ses enfants...

    Enseignant : Il n’y a rien de très difficile à comprendre. D’autant que nous connaissons déjà ce conte. Continue, Katia.

    Katia : Un / jour, / elle / voulut / aller / dans / la / forêt... Un jour elle voulut aller dans la forêt... pour / rapporter / de / l’hébe... l’hébe...

    Enseignant : Katia, regarde le prénom que nous avons affiché au tableau. C’est ?....

    Katia : Albert... Ah oui ! J’avais oublié... her...be... de / l’herbe/ v... ver... te... de / l’herbe / verte / à / manger...

    Enseignant : Très bien. Tu nous relis depuis Un jour, et Loan continuera. Tout le monde a vu où était Un jour ? Dis-nous, Willy.

    Willy : C’est dans la deuxième ligne, juste après le point. Un... jour... elle...

    Enseignant : Oui, c’est ça. Tout le monde y est ? Ilan, tu y es ? Et toi, Vanina ?... Alors vas-y Katia, puis Loan. Essaie de ne pas t’arrêter après chaque mot Katia. Tu te souviens, l’œil qui file loin devant...

    Katia : Un jour... elle voulut... aller... Un jour, elle voulut aller... dans la... forêt... dans la forêt... pour... rapporter... pour rapporter... de l’... de l’herbe verte... à manger.

    Enseignant : Bravo ! C’est de mieux en mieux ! À toi, Loan. Pas trop vite, tu te souviens ?

    Loan : alors elle les rassembla tous les sept et leur dit :

    Enseignant : Parfait. Maya ?

    Maya : Je dois aller... dans la forêt... mes ché... chers... enfants. Je dois aller dans la forêt, mes chers (z)enfants.

    Enseignant : Oui, bravo, tu as pensé à la liaison. Tu continues, Nino, la phrase suivante. Puis ce sera Olympe. Ensuite, pour une partie de la suivante, Peyo, et Quentin pour la suite. Allons-y, tous les uns après les autres, puis nous nous arrêterons pour expliquer.

    Nino : Faites... atten...TI... on... Ah oui ! Attention ! C’est pour ça que le T.I est en rouge ! Faites attention au loup ! T et I, ça fait [si] !

    Enseignant : Oui, c’est ça, parfois. À toi, Olympe.

    Olympe : S’il arrivait à rentrer dans la maison, il vous mangerait tout crus.

    Peyo: Jusqu’où je dois lire ?

    Enseignant : Jusqu’à... terre. Ici, regarde. Pas trop vite, toi non plus. Que tout le monde puisse suivre. 

    Peyo : Ce/ bandit/ sait/ jouère... Ah non, jouer... Ce bandit sait jouer... la comédie. Prrrt ? Je sais pas ce que ça veut dire, ça... Bandit, c’est comme voleur. Mais après ? Il fait la comédie, comme mon petit frère quand il veut un jouet dans un magasin ? Tu vois ça ? Un loup qui hurle et qui se roule par terre ! Trop marrant !

    Quentin : Mais non ! Il fait comme les comédiens dans les films et les spectacles. Il fait semblant. Il fait croire des choses aux gens. C’est un menteur.

    Peyo : Ah, OK ! Ah oui, c'est vrai ! Il va leur faire croire qu’il est leur maman. Comme quand on fait un spectacle. J’ai compris ! Je continue ?

    Enseignant : Tu recommences et tu continues. Ce bandit. Troisième ligne, juste après les deux premiers mots et le point.

    Peyo : Ce bandit sait jouer la comédie... mais il a une voix grave... ah non !... rauque... Rauque, c’est comme grave ?

    Enseignant : Oui, presque. C’est une voix qui gratte la gorge. Quand on a mal à la gorge, on a souvent la voix rauque. Continue.

    Peyo :  et des pattes noires comme de la terre... À Quentin !

    Quentin : c’est ainsi... que... vous le... reconnaîtrez. C’est ainsi que vous le reconnaîtrez.

    Enseignant : Très bien. Ne déplacez surtout pas votre double décimètre. Salima, tu nous dis ce que tu as compris ?

    Salima : Il faut faire attention au loup. Les bébés, y doivent faire attention au loup.

    Enseignant : Ilan, tu veux compléter ?

    Ilan : Hein ? Euh... non.

    Enseignant : Eh bien, si. Tu veux. Tu ne le savais pas, mais tu veux. Ou tout du moins, il faut que ton cerveau apprenne à vouloir compléter. Donc... Salima nous a dit que les « bébés » doivent faire attention au loup. Tu dois pouvoir nous compléter ou nous préciser cela. Tu dois, verbe devoir, c’est comme ça.

    Ilan : C’est des bébés chèvres.

    Enseignant : Oui et ?...

    Ilan : Et ça s’appelle des chevreaux.

    Enseignant : C’est ça. Et ?...

    Ilan : Et y faut qu’y fassent attention au loup paske c’est un brigand.

    Enseignant : Très bien. C’est un bandit, nous dit le texte. Mais brigand, c’est très bien aussi. Et ?...

    Ilan : Paske leur mère, elle va partir et y vont être tout seuls à la maison.

    Enseignant : Eh bien, tu vois que tu savais compléter l’histoire. Et toi Willy, tu peux nous résumer tout ça, bien comme il faut, sans oublier de détails ?

    Willy : C’est une chèvre, elle a sept bébés. Des chevreaux. Elle va chercher de l’herbe. Alors elle leur dit : « Faites attention au loup. Il est très méchant. »

    Enseignant : Très bien. Et toi Vanina, tu nous rajoute un détail ou deux ?

    Vanina : Le loup, il est méchant. Y fait croire qu’il est gentil mais il est méchant.

    Enseignant : Oui, c’est ça. Il joue la comédie... Vous oubliez tous quelque chose. Vous ne nous avez pas dit comment le reconnaître.

    Ilan : Il a une grosse voix ! Et il a les pattes noires !

    Salima : Comme la terre ! Noires comme la terre !

    Enseignant : Très bien. Nous pouvons continuer. Il nous reste encore un peu de temps. Rose et Salima, vous allez tout nous relire, puis Théo, Ulysse, Vanina et Willy nous liront la suite. Allons-y.

    Rose : Le loup et les sept Chevreaux. D’après le conte de Grimm. Il était une fois une chèvre qui avait sept chevreaux et les aimait comme chaque mère aime ses enfants. Je continue ?

    Enseignant : Oui, oui, tout le premier paragraphe, jusqu’à et dit, deux points.

    Rose : Un jour, elle voulut aller... dans la forêt pour rapporter... de l’herbe verte à... manger... alors elle... les rassembla tous... les sept et leur dit.

    Salima : Je... dois... a...ller... dans... la... fo...rêt. Je dois... aller... dans... la... forêt. mes... ché... enfants... Mes chéris enfants ?

    Enseignant : Non. Mes chers enfants. E.R, comme dans Albert. Chers...

    Salima : Mes chers enfants. Fai...té... Faité...

    Enseignant : Faites. C’est le verbe faire. On dit « faites ».

    Salima : Faites... a...tten... attention... au loup ! Fesez attention au loup.

    Enseignant : Non, faites. Faites attention au loup. Continue...

    Salima : S’il... a...rri...vait... à... ren...trer... dans... la... mai...son... maison... il... vous... man...ge...rait... y vous mangerait... tout... crus...

    Enseignant : Très bien, Salima, ça suffit. Théo va nous relire ces trois phrases et puis il continuera. C’est déjà beaucoup pour toi. À toi, Théo, applique-toi.

    Théo : Je / dois / aller / dans / la / forêt. Je dois aller dans la forêt. Mes / ché... non... chers / enfants... mes chers enfants... Je dois aller dans la forêt, mes chers enfants. Faites/ attention/ au loup. Faites attention au loup. Ce/ bandit/ sait / jouer la comédie. Ce bandit sait jouer la comédie... mais/ il/ a/ une/ voix/ mais il a une voix... rauque/ et/ des/ pattes/ noires... une voix rauque et des pattes noires... comme/ la/ terre... noires comme la terre... C’est/ ainsi/ que/ vous/ le/ reco/ nnaîtrez... C’est ainsi que vous le reconnaîtrez.

    Enseignant : Très bien. La suite. Ah ? Tu nous expliques, Ulysse, pourquoi nous allons à la ligne et qu’elle commence par un tiret ?

    Ulysse : C’est parce que c’est plus la maman qui parle... C’est quelqu’un d’autre. Bah... Euh... C’est les chevreaux... Parce qu’il y a juste la maman chèvre et ses petits chevreaux.

    Hicham : Et le loup ! Y’a le loup aussi !... Ah... Mais non. Il est pas encore là. Il attend que la maman, elle parte. Alors t’as raison, Ulysse, c’est les chevreaux.

    Enseignant : Très bien, Hicham et Ulysse. Vous avez sans aucun doute raison : ce sont les chevreaux. Alors, tu commences, Ulysse ? La première phrase de la réplique des chevreaux.

    Ulysse : Ne... t’in...qui...è...te... pas,... maman, ... ré...pon...di...rent... les... che...vreaux... Ah ! On avait raison. C’est les chevreaux ! Nous... fe...rons a...tten...tion. Y’a écrit a-tten-TI-on mais on dit attention. TI, ça fait [si].

    Enseignant : Tu peux nous relire ça sans t’arrêter après chaque syllabe ? Mets bien ta règle dessous et suis la ligne avec ton index, ça va t’aider.

    Ulysse : Ne t’inqui...t’inquiète pas... maman... ré... répond... di...rent... répondirent... les... chevreaux... Nous... fe... ferons... atten... attention... Nous ferons attention.

    Enseignant : C’est mieux. À nous, Vanina. Au travail !

    Vanina : Tu... peux... t’en... a... ller... sans... cr... cra...

    Enseignant : A.I.N, ça fait [ ɛ̃ ] comme dans pain et Sylvain. Tu te souviens, nous l’avons fait juste avant cette page.  

    Vanina : cr... crain... te... Tu... peux... t’en... a/ller... aller... sans... cr...ain... crain... te... crain... te.

    Enseignant : Sans crainte. Qui explique à Vanina ce que ça signifie ? Qu’est-ce que la crainte ?

    Dounia : C’est la peur. Sans crainte, c’est sans avoir peur. Ne crains rien, on dit, eh ben, c’est pareil. La crainte, la peur. Ne crains rien, n’aie pas peur. C’est pareil.

    Enseignant : Voilà. Bravo, Dounia, c’était très clair. Nous relisons, Vanina. Allez, avec moi : Tu/ peux/ t’en/ aller/ sans/ crainte. Sans peur. À Willy !

    Willy : Nous... fé-fer-me-rons... fermerons... la... por... te... Nous fermerons la porte et... nous... pou...sse...rons... le vé-rou... et nous pousserons le verrou. C’est le truc qu’on tourne en haut de la porte le soir pour pas que les gens y rentrent chez nous. Y’en a un en bas aussi. Faut le fermer. Sinon y’a des voleurs y rentrent.

    Enseignant : Nous avons compris, Willy. Chez toi, vous avez deux verrous que vous tournez le soir pour être tranquilles. Qui nous résume ce que les chevreaux ont répondu à leur mère ? Allez, Salima et Ilan ! Non, non, on ne râle pas, les autres, vous parlerez plus tout à l’heure en mathématiques, et ce soir, pour expliquer la nouvelle poésie, voilà tout. Allons-y tous les deux.

    Salima : Les bébés y zont dit à la maman y faut pas avoir peur, maman, on va fermer la porte.

    Ilan : Et ils vont mettre la serrure trois points. Y leur faudrait une caméra de vidéo surveillance aussi, ça serait mieux, mais c’était pas encore inventé, je crois ?...

    Enseignant : Eh non. Ce n’était pas plus inventé que la « serrure trois points », comme tu dis. Comment s’appelle cet objet qui sert à fermer les portes de l’intérieur ? Tu te souviens ? Regarde, je te l’écris. Tu peux le lire ? Avec [ɛr], comme dans Albert.

    Ilan : ver...rou... Verrou ! C’est un verrou !

    Enseignant : Très bien. Un verrou. Avançons la lecture maintenant. Je comptais m’arrêter juste en-dessous. Donc Xénophon va nous relire la réplique des chevreaux, puis Ysolde nous lira la dernière phrase. Ensuite, passerons à l'écriture sur le cahier. Allez-y.

    Xénophon : Ne t’inquiète pas, maman, répondirent les chevreaux, nous ferons attention. Tu peux t’en aller sans crainte. Nous fermerons la porte et nous pousserons le verrou !

    Ysolde : La chèvre bêla et s’en alla. Bêler, c’est le verbe qui explique le cri de la chèvre. La chèvre bêle. Comme le mouton.

    Enseignant : C’est cela. Comment ? Non, non, nous ne continuons pas le texte. Ça ferait trop long pour finir. D’autant que je veux vous expliquer comment présenter le premier exercice. Nous relirons cette partie cet après-midi et nous lirons la suite demain. Pour le moment, regardez le tableau et expliquez-moi le travail que vous devrez faire. Mais laissez votre livre ouvert, vous allez en avoir besoin.

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    Zéphyr : On écrit la date et le titre : Écriture, au milieu de la ligne, à 5 carreaux de la marge et on souligne comme d’habitude. Sur la ligne bleu clair en-dessous. Puis on fait une ligne de Albert, une ligne de l’herbe et une ligne de verte. Que des mots avec E.R qui se prononce [ɛr].  

    Albert : Après on écrit Exercice à 5 carreaux de la marge et, en-dessous dans la marge, on écrit n° 1 p 27 et on souligne comme d’habitude. Mais après tu n’as rien écrit, juste les majuscules.

    Enseignant : Oui, c’était pour voir si vous sauriez faire. Qui a une idée ?

    Bilal : C’est facile. On ouvre le livre à page 27. D’ailleurs, c’est déjà fait, c’est là. Et on cherche le numéro 1. Il est là, en-dessous de Je... pré...pa...re... prépare... la... dictée et encore en-dessous de E... Exercices ! C’est ça : Exercice, comme sur le tableau. Et après... ben... je sais pas... Y’a des trucs à copier comme au tableau.

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    Coline : Faut lire. Si on lit, on saura. Ils vont nous dire. Je peux lire, maîtresse ?

    Enseignant : Oui, vas-y, commence à lire.

    Coline : Je... com...plète... Je complète... Il faut compléter... sur les traits noirs... avec... les... no-me... les nome ?... ah ! les noms... Je complète avec les noms... des... pé... E.R, ça fait [ɛr] ?... Ah, ok... les noms des... per...so...nna...ges... des personnages. Je complète avec les noms des personnages. Il faut compléter les traits noirs avec les noms des personnages. Je continue.

    Enseignant : Non, pas toujours les mêmes. Dounia va nous lire le premier nom, avec son article, jusqu’au tiret, puis elle l’épellera. Puis Eddy, le deuxième, jusqu’au deuxième tiret. Et enfin, Fatou, le troisième nom avec son article jusqu’au point, sans oublier d’épeler. Je les copierai au tableau, chacun d’une couleur différente, comme ça, ce sera plus simple. .

    Dounia : le loup , le, L.E, plus loin, loup, L.O.U.P

    Eddy : la chèvre, la, L.A, plus loin, chèvre, C.H.È, e accent grave. V.R.E

    Fatou : les chevreaux, les, L.E.S, plus loin, chevreaux, C.H.E.V.R.E.A.U.X, X parce qu’ils sont plusieurs. Sept, c’est plusieurs.   

    Enseignant : Tout le monde  a compris ? Vanina.

    Vanina : Pas trop. Faut écrire le loup sur le trait  ?

    Gabrielle : Non, il faut d’abord lire ce qu’il y a écrit à gauche. La question.

    Hicham : La lire et l’écrire, non ?

    Enseignant : Le lire et l’écrire, tu as raison, Hicham. Tiens, lis-la, cette question.

    Hicham : Qui... va... chéché... ah non... Qui va chercher... de... l’herbe ? Qui va chercher de l’herbe ?

    Enseignant : Alors, Vanina ? Dis-nous qui va chercher de l’herbe.

    Vanina : La maman ?

    Enseignant : Oui, très bien. Mais tu as le choix entre ces trois groupes de mots, ici, tu peux nous les relire ?

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    Vanina : le... loup... la... chè...vre... les... che...vre...

    Enseignant : E.A.U, ça se prononce [o].

    Vanina : vr...eaux... chevreaux.

    Enseignant : Alors, lequel recopies-tu  à la place du trait noir ? Qui va chercher de l’herbe ?

    Vanina : La maman chèvre. Le rouge ?

    Enseignant : Tu peux le lire, s’il te plaît ?

    Vanina : la... chè...vre... la chèvre.

    Enseignant : Eh bien, voilà ! Tu as tout compris. Regardez, pour vous aider, je commence la ligne : Qui... va... cher...cher... de... l’her...be, point d’interrogation. Et je continue, à la place du trait noir : la... gribouillage ! Vous chercherez vous-même lequel de ces trois groupes est celui qui écrit la chèvre et vous écrirez chèvre à la place de mon gribouillage.

    Joris : C’est trop fass’ ! Vanina l’a dit, c’est le rouge !

    Enseignant : Ensuite, vous irez à la ligne, même si elle n’est pas finie et vous copierez la deuxième question. Je vous écrit le mot Qui avec sa majuscule. Vous écrirez la suite, uis vous répondrez en copiant le groupe qui répond à la question. Et après ? Ilan ?

    Ilan : Hein ? Je sais pas.

    Enseignant : Dis donc, Ilan, tu n’as pas l’impression que tu te moques de toi-même ? Si nous te croyions, nous serions sûrs que tu es complètement stupide. C’est le cas ?

    Ilan : Hein ? Bah non.

    Enseignant : Alors, que devrez-vous faire ensuite ? Viens avec moi et regarde ici : vous écrirez : Qui va chercher de l’herbe ? et vous répondrez la... chèvre que vous recopierez là-haut.

    Ilan : Ouais, c’est le rouge, il a dit, Joris.

    Enseignant : Ensuite, vous recopierez en la lisant cette deuxième question sur la ligne d’en-dessous pour que ça soit bien clair, et vous répondrez à la question en recopiant la réponse ici, à la place du trait noir.

    Ilan : C’est la bleue ou la verte ?

    Enseignant : Ça, tu le sauras quand tu auras lu. Vous pouvez commencer les bavards, plutôt que de gêner Ilan qui n’avait pas compris. La date et le titre, n’oubliez pas de souligner... Donc, Ilan, quand tu auras recopié la deuxième question et la deuxième réponse, que devras-tu faire ?

    Ilan : Prrrt ? Euh, écrire ?

    Enseignant : Oui, écrire. Mais quoi ? Regarde le livre. Tu auras déjà fait ça... et puis ça.

    Ilan : Eh ben ça. La troisième question. Qui... a... la... pa...tte... co...mme... la... té...re... Comme la terre. C’est le loup.

    Enseignant : Donc ?

    Ilan : J’écris ça et puis j’écris le loup... C’est la verte. L.O.U.P. Y’a longtemps qu’on l’a appris.

    Enseignant : Eh bien, nous y sommes ! Allez hop, au travail ! Sinon, Gabrielle et Peyo qui écrivent vite auront tout fini avant même que tu aies sorti ton crayon à papier.

    Gabrielle : Maîtresse, après, on écrit Dictée comme au tableau ?

    Enseignant : Hein ? Ne me dis pas que tu as déjà fini ?

    Gabrielle : Euh non, mais comme tu vas aller t’occuper d’Ilan et puis de Vanina, je préfère demander avant.

    Enseignant : Oui, vous écrivez Dictée à 5 carreaux, vous soulignez et vous m’apportez votre cahier, comme d’habitude. Tiens, apporte-moi mon stylo vert, s’il te plaît, comme ça, je serai prête à corriger votre travail.

    9 h 55 - 10 h 25 : Écriture-lecture

    Comme l’avait prévu Gabrielle, l’enseignant s’installe face à Vanina et Ilan, pas très loin de Joris qui travaille seul mais a parfois besoin de sentir que s’il sort des normes de l’écriture liée, quelqu’un est prêt à le remettre « dans les rails ».

    Tout en surveillant attentivement le travail de ses deux élèves à besoins particuliers, il garde un œil à sa classe qu’il a face à lui. Au bout de deux à trois minutes, il appelle deux enfants qui viennent, près de lui, l’un à sa gauche et l’autre à sa droite, avec leurs cahiers. L’enseignant regarde le travail du premier, le valide ou gomme quelques mots et prodigue quelques conseils ; puis, avant de jeter un coup d’œil au cahier du second, il en appelle un troisième qui vient prendre la place du premier.

    Ainsi, à la fin de la séance, presque tout le travail écrit sera corrigé. L’ordre de passage, étant affiché au tableau, et que le prénom du premier élève appelé est signalé par une pince à linge verte, les enfants savent quand arrivera leur tour et régulent leur travail grâce à ces appels successifs qui rythment et ponctuent le temps.

    Lorsqu’un enfant a tout fini, il pose son cahier dans un coin de son bureau et prend un jeu, un livre, une feuille à dessin ou un cahier à illustrer, en attendant que l'enseignant l'appelle pour finir de valider son travail.

    APRÈS-MIDI

    13 h 40 – 14 H 25 : Écriture-Lecture

    L’après-midi commence par la relecture du texte lu le matin. L’enseignant se débrouille pour que tout le monde ait lu au moins une partie du texte dans la journée. Il essaie de moduler la quantité de lecture à lire à voix haute aux capacités de lecture de chaque enfant, en étant attentif à leurs signes de fatigue (hésitations, confusions, sauts de ligne mais aussi agitation, bégaiements, angles de feuille cornés, etc.). Afin que cette fatigabilité ne les pénalise pas, il profite des autres moments de la journée pour leur donner à lire une consigne, une légende, un vers de la poésie, etc.

    Enfin, les jours où il sent les enfants très agités, il partage la classe en trois groupes hétérogènes de huit ou neuf enfants, dont celui des lecteurs du matin, et, programmant pour deux de ces groupes des activités d’écriture-lecture de type ludique (copie et dessine ou petit texte à lire et illustrer ; mots fléchés ; mots mêlés ; devinettes ; ...), il prend les deux groupes d'enfants qui n'ont pas pu lire le matin entre 5 et 10 minutes chacun pour qu’ils relisent le texte.

    Puis, c’est l’heure de la dictée commentée.

    Enseignant : Aujourd’hui, nous allons écrire des mots dans lesquels le groupe de lettres E.R se prononce [ɛr], comme dans Albert. Vous êtes prêts ? Écrivez : la... mer... N’oubliez pas, écrivez [ɛr], comme dans Albert, avec les lettres E.R. C’est la mer où voguent les bateaux. La... mer... Katia, tu as fini ? Tu peux épeler ? Prenez votre crayon rouge.

    Katia : la... L.A.... mer... M.E.R. Il n’y a pas de lettre muette ?

    Enseignant : Non. C’est un des rares cas pour lesquels, E.R se prononce [ɛr], comme dans Albert alors que c’est à la fin d’un mot. Très bien. Tout le monde a eu juste ? Bravo. Nous continuons. Toujours avec E.R qui se prononce [ɛr], comme dans Albert.  Un... mer-le... Un merle. C’est un oiseau noir au bec jaune. Un... plus loin... mer...le... Un merle. Tout le monde a fini ?... Crayon rouge ! Tu épelles, Loan.

    Le travail continue, toujours décortiqué, avec quelques-uns des mots proposés en haut de la page 27 (par exemple : la mer ; le merle ; de l'herbe verte ; les chevreaux ferment le verrou ; un ver de terre ; une pierre ; Albert).
    L’enseignant a choisi, pour préparer la dictée du lendemain, d’intégrer à cette dictée de mots les mots herbe, verte, verrou et le verbe fermer, au présent, à la troisième personne du pluriel, pour inciter les élèves à commencer à se constituer un répertoire mental constitué de mots correctement orthographiés et de quelques règles de grammaire.
    Cependant, le lendemain, il fera comme si les enfants n’avaient pas forcément mémorisé ces mots et il reprendra leur étude presque à zéro, se contentant de féliciter ceux qui ont pu garder quelques difficultés en mémoire.

    16 h - 16 h 30 : Poésie

    La dernière demi-heure de la journée est consacrée à l’écoute de la fable « Le Loup et l’Agneau », texte original illustré (album de littérature jeunesse ou vidéo), selon les principes de Pierre Peroz.

    L’écoute est fractionnée, les images sont commentées, le vocabulaire est expliqué. Une fois une page lue et commentée, les élèves répètent avec l’enseignant les vers qui s’y trouvent.

    À la fin de la lecture, comme il reste un peu de temps, l'enseignant relit toute la fable, lentement, en tournant devant les élèves les pages du livre.

    Dans la même série :

    Rentrée des classes :

    CP : Les débuts en écriture-lecture (1) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (2) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (3) ; CP : Les débuts en écriture-lecture (4)

    Un mois plus tard :

    CP : Écriture-lecture, 1 mois plus tard... (1) ; CP : Écriture-lecture, 1 mois plus tard... (2)

    Deux mois plus tard :

     CP : Écriture-lecture, 2 mois plus tard... (1) ; CP : Écriture-lecture, 2 mois plus tard... (2)

    Début janvier :

     CP : Écriture-lecture, début janvier (1) ; CP : Écriture-lecture, début janvier (2)

    Au mois d'avril :

    ... ; CP : Écriture-lecture, début avril (2)


  • Commentaires

    1
    Samedi 16 Mars à 12:58

    Je suis toujours aussi fascinée par ces textes… De vraies tranches de vie de classe, on ne s'en lasse pas.

     

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