• Conférences pédagogiques

    Conférences pédagogiques
    Prix Goncourt en 1920 pour Nêne,
    Ernest Pérochon exerça d'abord comme instituteur.

    Nos livres de lecture d'enfants regorgeaient d'extraits de ses œuvres pour adultes et de l'un ou l'autre de ses Contes des cent un matins.

    Découvert par hasard suite à l'achat des Gardiennes, que je souhaitais comparer avec le film, je lis actuellement "Le chemin de plaine", une version romancée de sa première année comme enseignant au sortir de l'École Normale de Parthenay au tout début du XXe siècle ; ce roman parut en 1921, date à laquelle il renonça à l'enseignement pour se consacrer à plein temps à la littérature.

    « Le roman, de facture réaliste, puise ses racines dans le quotidien d'un instituteur débutant dans un petit village du nord-ouest des Deux-Sèvres. » nous apprend Babelio.

    Réaliste, il l'est jusqu'à aujourd'hui dans certains de ses détails. Sa description de la Conférence pédagogique – aujourd'hui nous dirions Animation, mais c'est pareil – est criante de modernité innovante, à la sauce Éducation Nationale... Il ne manque que le vidéoprojecteur... Remettez-vous dans l'ambiance de l'époque, déplacements à pied ou en charrette tirée par un âne ou un cheval quand on en trouvait une rendant les plus courtes distances équivalentes à nos longs trajets en voiture ou en transports en commun, petites écoles à une ou deux classes dans le moindre des hameaux, instituteurs et institutrices fort mal payés mais tenus à une certaine réserve sociale et vestimentaire, et voyez par vous-mêmes :

    16 octobre : CONFÉRENCE PÉDAGOGIQUE

    — Dans la salle de classe d'Évrard que nous avons, hier soir, nettoyée à fond, tous les collègues du canton sont réunis pour apprendre de M. l'Inspecteur primaire [c'étaient leurs IEN de l'époque] des vérités premières sur l'enseignement de la langue française. Service commandé.

    Nous sommes trente-quatre : dix-huit instituteurs et seize institutrices. Beaucoup se plaignent ; le déplacement est quelquefois pénible et onéreux. Au fond, personne n'eût voulu manquer cette réunion. Les institutrices, depuis huit jours, ont passé leurs veillées à retoucher leur toilette et à rajeunir la garniture de leur chapeau [ Ah, ça, je l'ai encore connu en début de carrière, quand ces dames arrivaient avec la mise en plis de la veille et leur plus belle tenue et ces messieurs en costume cravate. Mais la fréquence des animations actuelles a fait disparaître ces contraintes-là, bien heureusement. On me souffle dans l'oreillette qu'une certaine loi intitulée École de la Confiance cherche à remettre au goût du jour les tenues correctes exigées... Qui vivra verra ! ].

    La conférence pédagogique est, pour certains qui habitent des hameaux inaccessibles, la seule sortie de l'année. Pour tous, c'est la seule occasion de saluer les collègues, ces collègues que l'on déchire parfois à belles dents mais que l'on a plaisir à retrouver quand même.

    L'esprit de corps existe chez nous. J'ai le droit de dire que mon frère est un sot, mais qu'un quidam se permettre d'être de mon avis, je me retournerai aussitôt avec la plus entière mauvaise foi et je ferai brutalement front. [Voir sur les réseaux sociaux, les critiques contre les collègues d'une part, et la façon violente dont tous se regroupent lorsqu'un parent non-prof vient poser des questions sur la façon dont la classe de son enfant est conduite...]

    Plaise à quelque La Rochefoucauld d'équilibrer à ce sujet une phrase rectangulaire ayant l'intérêt pour centre de gravité.
    Moi, pour l'instant, j'ai autre chose à faire.

    Élu secrétaire de séance, il me faut noter point par point les arguments de M. l'Inspecteur. Je ferai ensuite un beau-procès-verbal que je devrai recopier je ne sais combien de fois.
    Ces jeux sont inoffensifs. [Vive le traitement de texte, le photocopieur, internet et ses messageries électroniques ! En revanche, le petit jeunot qui se retrouve chargé du rôle de « rapporteur », tout le monde connaît ! ]

    Chaque année, les bureaux du ministère nous choisissent ainsi un sujet de méditation. Méditer n'est rien ; choisir le sujet est peut-être plus difficile. Le gros travail revient à ces messieurs des bureaux, comme il est juste. Ils y apportent une ingénieuse fantaisie et le plus candide optimisme. [Pourquoi ne puis-je m'empêcher de sourire en lisant ces phrases ?]

    Cette année, le pivot de l'enseignement est la langue française, mais l'an prochain, ce sera l'histoire, ou bien la morale, ou bien le dessin, le travail manuel, le chant, que sais-je ? Tous les douze mois, le pivot change, usé. [ Et de m'esclaffer en lisant celles-là ? ]

    Bien entendu, rien ne change en réalité ; rien ne change, heureusement !

    Quand perdra-t-on l'habitude de médire de la routine ? Si les instituteurs, oubliant qu'ils sont payés d'abord pour apprendre à lire aux enfants, n'opposaient pas la bienfaisante inertie aux suggestions des beaux esprits, on perdrait beaucoup de temps dans les écoles de la République. [ Nos aînés devaient être dotés d'esprits plus libres que certains des nôtres ou la main-mise de l'Administration était moins prégnante. Que j'aurais aimé et que j'aimerais encore lire ceci plus souvent ici et ailleurs sous la plume ou plutôt le clavier de mes collègues ! ]

    Ce n'est pas à dire qu'il ne vienne jamais rien de bon du fulgurant Olympe ; mais les dieux exagèrent toujours ; ils tirent un feu d'artifice pour allumer notre chandelle. [Suivez mon regard... Et puis celui-là... Et encore celui-là... et, oh et puis zut ! ]

    Nous écoutons donc M. l'Inspecteur ; il est plus à plaindre que nous. C'est sa première conférence de l'année et il hésite un peu ; ses mots pâteux ne viennent pas ; ils résistent ; ils collent comme du mastic. Il paraît que l'an passé, à cette même place, il a été bien plus éloquent ; c'était sa septième conférence ; il savait sa leçon.

    Il termine quand même lit d'un petit air détaché une étude sur l'enseignement du français au cours moyen, dont l'auteur est ce vieil instituteur qui, tout au fond de la salle, rougit.
    L'étude est originale ; je n'ai rien lu de semblable dans mes auteurs ; la langue est souple, ferme, riche.
    Pourquoi cet instituteur est-il si timide ? Qu'a-t-il à se faire pardonner ? Peut-être est-ce le ton du lecteur qui le blesse et l'humilie...

    Ayant achevé, à toute vitesse, les dernières lignes, M. l'Inspecteur lève la séance et chacun s'en va content...

    Voilà, l'animation est finie. Ensuite, il y a la pause – ici, un repas au restaurant, j'ai connu aussi en début de carrière – et quelques descriptions de collègues toujours aussi proches de ceux que nous côtoyons, à moins qu'ils ne soient nous-mêmes...

    Quelques extraits pour les courageux qui aiment l'Histoire, la petite, celle des gens tout simples...

    Voici l'institutrice de Chantefoy ; je la connaissais de réputation, Mlle... Au fait, comment s'appelle-t-elle ? Pour ses élèves, pour leurs parents et maintenant aussi pour ses collègues, elle est « la petite mère » et l'on finit par oublier son nom.  [...]
    La raison voudrait que cette institutrice se débattît du matin au soir, dans son école surpeuplée, contre une bande d'enfants déchaînés. Eh bien ! ce n'est pas ça du tout ! Elle ne punit jamais et son école est la meilleure de la région. 
    Au fond de vos yeux, « petite mère », la clef de ce mystère.
    Derrière elle, sur une chaise, elle a posé un filet gonflé de paquets ; ce sera fête demain à l'école de Chantefoy.

    La classe de Mlle Dubosc, de Courvoisin, est également réputée. Mlle Dubosc a les premiers prix au certificat d'études. Elle est haute, maigre, ascétique. Son regard est presque trop droit ; il me gêne. Je me revois petit garçon, pincé au retour d'une excursion buissonnière, ou bien conjuguant un verbe irrégulier aux quatre temps du subjonctif.
    Il doit faire froid à Courvoisin ! 

    Baron, un instituteur de trente ans, nouvellement nommé en commune, est le plus affairé, le plus dévoué des propagandistes. Il veut bien faire, il veut tout faire. Il écoute toutes les suggestions ; au moindre appel, il est là ! 
    Secrétaire de mairie, bibliothécaire, directeur d'une société de tir, président d'une société de tempérance, d'une société d'anciens élèves, d'une société d'éducation populaire, d'une section de la société contre la dépopulation des campagnes, trésorier d'une société de secours mutuels, secrétaire d'une panification, il ne trouve jamais une heure de congé pour cultiver son jardin. Demain, il protégera les animaux, surveillera les nids, repeuplera les rivières et créera une section des « Amis de l'arbre ». 
    Il ira ainsi jusqu'au jour où, malade, découragé, il enverra tout au diable, fera simplement sa classe et prendra un permis de chasse. [Aujourd'hui, en plus, après son burn out, il démissionnerait et créerait une société de coaching perso... ]

    Ensuite un vieux maître d'école d'un modèle aujourd'hui disparu, grand lecteur de Classiques de la littérature, « capable de réciter à rebours certaines pages des Essais [de Montaigne, NDLR] ou des Pensées [de Pascal, NDLR] ».

     Passons à sa voisine de gauche, que nous avons tous rencontrée, surtout si nous avons travaillé dans des écoles un peu beaucoup déshéritées parce que loin de tout ou situées dans des quartiers périphériques dans lesquels personne, sauf quelques dévoués propagandistes, ne vient très volontiers... 

    C'est une jeune fille de vingt-cinq ans dirigeant provisoirement une école de garçons dans un hameau perdu à quinze kilomètres de Lurgé. [...]
    J'apprends qu'elle ne sort par de l'École normale [l'ancêtre de l'ESPÉ] et qu'elle a été heureuse, pour entrer définitivement dans les cadres, d'accepter une nomination provisoire à ce poste déshérité.
    Ce n'est pas que la vie soit bien gaie dans ce hameau. Elle vit seule dans une grande maison délabrée et ne voit jamais personne. [...] Les veillées sont bien longues et bien longs les jours de congé. Le moindre voyage est pénible et compliqué ; aussi ne sort-elle jamais. [...]

    – En somme, mademoiselle, je vois bien que toutes les heures, là-bas, ne sont pas drôles.
    Elle se ressaisit et dit d'un air brave :
    Non ! mais il faut débuter ! Je ne me plains pas.

    Petite recluse, vous avez raison de ne pas vous plaindre : cela ne changerait rien.
    Mais je devine ce que vous ne dites pas. Je vous vois, l'hiver, au milieu de vos grands élèves ricaneurs et insolents. Je vous vois, le dimanche, derrière votre rideau : les filles du village s'en vont à la promenade [...]. Vous, mademoiselle l'institutrice, vous avez à peine le droit de traverser le village ; restez à la maison !
    Je sais que plus d'une fois vous avez envié le bonheur des servantes de ferme. Je sais que vous avez rêvé, soupiré, pleuré et que personne ne s'en est jamais inquiété...
    Bientôt, vous ne rêverez plus, mais peut-être pleurerez-vous encore secrètement.
    [...]
    Après le banquet, je la conduis à sa voiture : une petite charrette à âne, basse, étroite, sans ressorts, minable. Elle va parcourir quinze kilomètres, assise sur une planchette [...].
    Elle part après un salut cérémonieux. La fête est finie ! L'âne trotte d'un trot sec et pointu qui secoue terriblement la charrette...
    Je n'ai pas envie de sourire, vraiment. Pauvre petite recluse ! Je la plains comme si je n'avais que ça à faire.
    Allons, Tournemine, tu deviens stupide, tout à fait. Ce n'est pas ta faute si elle doit gagner son pain ; ce n'est pas ta faute si elle est isolée au milieu des rustres ; est-ce toi qui signas sa nomination ?

    Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui. D'ailleurs, ce livre parle très peu d'école, à part dans ce chapitre-là. À l'époque, instituteur, c'était un métier moins prenant qu'aujourd'hui, semble-t-il, et qui laissait des loisirs. On pouvait passer à autre chose lorsque, chaque soir, on fermait sa porte de classe jusqu'au prochain matin de classe, c'est très net.

    Sous forme de cadeau pour ceux qui auront lu jusqu'au bout, voici La maladie des doigts écartés, tirée des Contes des cent un matins, d'Ernest Pérochon qui resta auteur pour enfants, même après avoir abandonné le métier d'instituteur. C'est un texte qu'on peut faire lire aux élèves de fin de CE1 à CM2, il est parfait pour traiter par le conte, sans prêchi-prêcha, le problème de certains de nos élèves dysexécutifs qui, quand il faut manger, se reposer ou se coucher, sont d'excellents élèves mais qui, quand il faut travailler...

    Télécharger « La maladie des doigts écartés. Pérochon.pdf »


  • Commentaires

    1
    AMAR Laure
    Vendredi 15 Février 2019 à 22:59

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour cet article, je l'adore, c'est tellement agréable de lire des voix d'outre-tombe.

    Je vous remercie également pour le cadeau de fin ; et je me permets d'en redemander : auriez-vous déjà dans votre blog bien fourni d'autres textes de ce type, humoristique et moraliste ?

    En tout cas, sincèrement, merci (pour la troisième fois), j'apprécie beaucoup votre travail sur ce blog,

    Laure AMAR, T2 dans le 67.

      • Samedi 16 Février 2019 à 10:06

        Bonjour Laure et merci.

        Vous trouverez peut-être votre bonheur dans la série des Contes à dire, contes à lire - 1Contes à dire, contes à lire - 2 ; Contes à dire, contes à lire - 3Contes à dire, contes à lire - 4Contes à dire, contes à lire - 5Contes à dire, contes à lire - 6Contes à dire, contes à lire - 7Contes à dire, contes à lire - 8Contes à dire, contes à lire - 9Contes à dire, contes à lire (10) 

        D'ailleurs, j'en ai 5 autres en réserve (Le petit prince, une histoire amusante et morale sur un prince qui se déguise en simple quidam pour trouver une fiancée qui l'aimerait pour lui-même et non pour sa fonction ; Le Petit Chacal et le Crocodile, une histoire de ruse du plus faible contre la force brutale ; Moitié-de-Poulet, un vaniteux qui finit girouette à la cime d'un clocher ;  Le paysan médecin, un fabliau du Moyen-Âge qui raconte comment un simple paysan arrive à se sortir par la ruse d'une situation impossible dans laquelle sa femme, trop orgueilleuse, l'a fourré et enfin, La Marmite magique, une histoire d'envieux qui manque se noyer à cause d'une action malhonnête qu'il a commise).

        Je pourrai les mettre en ligne si ça vous intéresse...

      • AMAR Laure
        Samedi 16 Février 2019 à 11:29

        Je vous remercie beaucoup : effectivement, il y a de quoi ! C'est super ; nous allons nous régaler ! Quant aux 5 autres, quand vous en aurez le temps, cela complètera la "collection" ; merci pour la transmission !

      • Samedi 16 Février 2019 à 11:43

        J'y penserai. Mais les demandes affluent de toutes parts et je ne sais plus trop où donner de la tête, en ce moment.

      • AMAR Laure
        Samedi 16 Février 2019 à 21:21

        Oui, oui, bien sûr ; de toute façon, j'ai suffisamment à faire avant la fin de l'année scolaire. Je vous remercie pour votre travail ; je l'apprécie beaucoup. Cela ne doit pas être évident de tenir un blog à succès car les personnes ne voient pas les autres. Quoiqu'il en soit toutes les demandes ne sont pas expresses et la mienne en fait partie. Excellente continuation, Laure AMAR.

      • Dimanche 17 Février 2019 à 09:44

        Merci ! Blog à succès, blog à succès, c'est gentil mais c'est loin d'être le cas, je pense.

      • AMAR Laure
        Dimanche 17 Février 2019 à 10:22

        Bon, j'ai tout téléchargé sur les 10 pages "Contes à lire, contes à dire" et il y en a 42 !!! J'ai le choix et j'en ai pour minimum jusqu'à la fin de l'année, c'est sûr ; encore merci en tout cas !

      • Dimanche 17 Février 2019 à 10:29
    2
    Dalila
    Samedi 16 Février 2019 à 06:42
    Une belle lecture pour mon triple niveau !
    3
    Mademoisellelau
    Mardi 26 Février 2019 à 17:56

    Ainsi, c’était déjà comme ça il y a un siècle... L’éducation nationale est une bien mauvaise élève pour n’avoir pas su faire évoluer les animations pédagogiques. Un comble ! On aurait pourtant bien besoin de formations intéressantes...

      • Mardi 26 Février 2019 à 20:02

        Ah, je suis bien contente. Il n'y a pas que moi qui trouve que rien ou presque n'a changé ! Merci.

    4
    Caroline
    Vendredi 25 Février à 13:11

    Merci !!!

    Acheté il y a quelques années, j'avais gardé dans un coin le livre Pour une maternelle du XXIème siècle. J'ai entrepris sa lecture pendant ces "petites vacances" d'hiver, de même que celle de ce blog. Que de riches découvertes ! 

    Je ne me reconnaissais plus dans tous ces "manuels" achetés à la va-vite, soi-disant clé en main et dont l'utilisation des contenus ne rentraient plus dans l'emploi du temps... Je ne parvenais plus à jongler entre les ateliers prétendus autonomes, les cahiers de réussite individualisés et toutes ces disciplines qui ne rentraient plus dans les cases de mon cahier-journal... J'avais pourtant tant investi dans ces jolis ouvrages aux photos alléchantes, promettant réussites et progrès en papier glacé.

    Ma pratique en maternelle commence pourtant à dater mais, comme on dit, mieux vaut tard...

    Alors, dès cette prochaine rentrée de mars, je vais tenter de me recentrer sur l'essentiel, faire confiance à la créativité et à la soif d'apprendre instinctive des enfants et m'inspirer des ressources que vous proposez.    Comme une renaissance, un printemps pédagogique... Et vous savez quoi ? : j'ai hâte !

    Encore un grand merci.

    Caroline, MS-GS dans le Lot

     
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      • Samedi 26 Février à 09:53

        Merci beaucoup Caroline. Vous me confortez dans l'idée que de nombreux collègues commencent à se lasser de l'inefficacité de tout ce que vous citez. Je vais donc continuer mon travail de fourmi en espérant qu'un jour, il arrive à déplacer carrément la montagne !

        Bonnes vacances à vous !

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