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    Formation initiale et continue
    Merci à Sophie Borgnet pour son illustration.

    Voici la lettre que j'ai envoyée, accompagnée de l'ouvrage Pour une Maternelle du XXIe Siècle, à mon ancien IEN. Pour l'instant, il n'a pas encore eu le temps de me répondre mais j'ai bon espoir qu'il le fasse.
    Si toutefois d'autres IEN, DASEN et formateurs en ESPÉ fréquentent ce blog et sont intéressés par cette offre d'échanges pédagogiques, sachez que nous sommes partants pour étudier vos propositions.

    Catherine Huby
    Site internet : http://doublecasquette3.eklablog.com/

    VXXXXXXXXX, le 01/09/2015

    À M. l’Inspecteur de l’Éducation Nationale, NXXXX.

    Monsieur l’Inspecteur,

    Je profite de ces premiers jours de retraite pour vous souhaiter une bonne rentrée et une excellente année scolaire 2015/2016.

    Je me permets à cette occasion de vous offrir mon dernier livre, Pour une Maternelle du XXIe Siècle. En cette année de refondation des programmes de cette vénérable institution, j’ose espérer que cet ouvrage retiendra votre attention.

    En effet, remettant à l’honneur le jeu libre et l’expression sous toutes ses formes pour accompagner le développement physique, sensoriel et cognitif des enfants, valorisant avant tout l’oral et le vécu commun, évitant toute primarisation, rejetant résolument toute évaluation normative et n’introduisant les savoirs savants qu’en toute fin de parcours, toujours par le biais du jeu, de l’expression et de l’effort librement consenti, il me semble qu’il peut constituer une piste de réflexion intéressante pour qui souhaite faire de cette Refondation de l’École un véritable tremplin vers la réussite de tous.

    Par ailleurs, je suis heureuse et fière de vous annoncer que Mme la Ministre de l’Éducation Nationale a accordé sa confiance à l’association dans laquelle je milite en lui octroyant d’une subvention conforme à ses attentes.

    Nous avons bon espoir que cet aval s’accompagne rapidement d’un encouragement à intervenir dans le cadre de la formation initiale et continue des professeurs.

    Je vous renouvelle donc la proposition que je vous avais faite en juin 2014 d’intervenir de manière formelle ou informelle dans le cadre de la formation continue. Mes thèmes de prédilection sont, vous vous en doutez, « Découverte liée de l’écriture et de la lecture ; son et sens : un couple indissociable », « Jeux et expression libres, vecteurs de l’apprentissage en maternelle : de l’enfant à l’écolier » ou encore « Comptage et calcul : du jeu moteur à la résolution de problèmes de la GS au CP ». Mais je peux aussi élargir mon propos aux autres niveaux et domaines de l’École Primaire.

    Espérant que mes propositions retiendront votre attention, je vous prie d’accepter, Monsieur l’Inspecteur, mes sincères salutations.

    Catherine HUBY                 

    La balle est dans votre camp, Mesdames et Messieurs. Nous serons ravis de vous la renvoyer si, comme notre Ministre de tutelle, vous nous accordez votre confiance.


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  • Télé-réalité

    La téléréalité s'attaque aux enfants titre BFMTV dans cet article qui nous présente deux nouvelles émissions consacrées à l'École, l'une, bien racoleuse, usant une fois de plus la ficelle "blouses grises - coups de règle sur les doigts", la seconde, nouvelle en France, qui narrera par le menu - mais lequel ? - le quotidien d'une école maternelle...

    Ce genre de prétexte, surtout rendus par TF1 et M6, cela laisse rêveur...

    L'Université Paris-5 avait lancé le truc en faisant des vidéos de "formation" sur son site...
    Le problème, c'est que c'était très orienté puisqu'on partait d'emblée sur l'idée que c'était exactement ce qu'il fallait faire en classe et que les résultats obtenus par les petits élèves étaient ce que l'on pouvait attendre de mieux de leur part.
    La recette de la pizza, par exemple, je vous la conseille fortement. C'est un grand moment de pédagogie efficace ! Ce qui devrait prendre cinq minutes, questions de compréhension comprises, s'étale sur au moins 26 minutes (durée de la vidéo) mais sans doute beaucoup plus.

    Il y a eu aussi ce documentaire d'1 h 13 où, dès les premières secondes, on comprenait que les journalistes avaient un fort a priori positif pour l'une des classes et un non moins flagrant a priori négatif pour les autres.
    C'était déjà plus "grand public" que les 26 minutes prises pour expliquer aux futurs jeunes collègues qu'un élève de CE1 peut très bien ne pas savoir lire sans hésiter et en comprenant ce qu'il lit "Dérouler la pâte toute prête. La recouvrir de sauce tomate. Garnir avec des olives et des filets d'anchois. Parsemer de fromage râpé. Demander à un adulte de mettre à four très chaud pendant 10 à 12 minutes." et qu'il convient d'y perdre au moins une matinée entière au lieu de prendre une demi-heure par jour pour leur apprendre à lire vite et bien et partir ensuite sur des bases saines...
    Mais c'était tellement orienté que cela ne peut en aucun cas servir d'information sur le monde de l'école pour des téléspectateur non-avertis. 

    Avec ces deux nouvelles émissions, je ne pense pas non plus que celui qu'on nomme le "grand public" pourra se faire une opinion personnelle argumentée sur la question des méthodes et des modes pédagogiques. Nous risquons au contraire de vite tomber dans du "Jacques Martin à l'École des Fans" au sujet des petits "dont la fraîcheur des commentaires est tellement attendrissante" et du "pensionnat rétro" tendance "colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer" au sujet des grands...

    C'est dommage... Parce que, avec des médias un peu moins versés dans la conquête de l'audimat et à peu près autonomes parce qu'eux-mêmes au fait de ce dont ils parlent, il y aurait peut-être moyen de faire des émissions d'information sur les méthodes et les programmes à différents niveaux, laissant les téléspectateurs tirer eux-mêmes leurs conclusions sur l'efficacité de telle ou telle technique pédagogique.

    Nous pourrions ainsi suivre chaque mois quelques classes de Petites, Moyennes et Grandes Sections, les unes dans la plus pure tradition socioconstructiviste[1], les secondes suivant à la lettre les préceptes de Maria Montessori, des troisièmes appliquant les techniques mises en œuvre par les descendants de l'ICEM de Célestin Freinet , des autres où s'appliqueraient les programmes du GRIP, selon les méthodes que je propose dans Pour une maternelle du XXIe siècle, d'autres enfin où on ferait "un peu de tout" selon les ordres et contre-ordres de sa hiérarchie et des propositions de projets divers et variés "donnant à voir aux parents et à son IEN" que l'on trouve un peu partout sur le web...
    Au cours des mois, on verrait ainsi évoluer ces petits enfants, de leurs premiers pas en classe jusqu'à la fin de l'année scolaire lorsqu'ils ont déjà un pied dans la classe supérieure... ou pas.
    Nous verrions comment sont apaisés les premiers pleurs des tout-petits, comment ils évoluent de leur statut de petit enfant à celui de tout jeune élève, comment s'installent chez eux les premiers apprentissages de la vie en collectivité, du langage oral,
    du jeu et, hélas surtout pour les plus jeunes, de ce que nos théoriciens de l'école appellent sans rire "l'acquisition de la culture de l'écrit" et la "construction du nombre".
    Nous pourrions observer comment l'école les aide à parfaire
    la maîtrise de leurs mouvements et de leurs sens et celle des outils et objets en usage dans les écoles maternelles. Cela nous permettrait peut-être de juger de la pertinence de l'introduction précoce des objets numériques dans la vie de l'école maternelle. Peut-être pourrions-nous même mesurer la différence qui existera(it) entre les classes "tout numérique" et celles où celui-ci n'entre pas ou très peu.

    La même année, mais plutôt une autre année, on diffuserait le même type de reportage en prenant cette fois pour cible la classe de CP.
    Grandes empoignades en perspective ! Débats sans fin dans les médias !
    Pourquoi telle classe, située dans un quartier très défavorisé, voit ses élèves acquérir une lecture compréhensive aisée et fluide, une écriture souple, rapide et déjà correcte au niveau de l'orthographe et de la 
    syntaxe[2] alors que telle autre, pourtant peuplée d'enfants de cadres, se voit affligée d'un nombre incroyable d'enfants sur lesquels planent les sombres corbeaux du soupçon de dyslexie, d'hyperactivité, de dysgraphie et autres maladies graves ? Comment est-ce possible et qu'est-ce qui peut justifier ces différences ?...
    À l'issue de cette série d'émissions, on se le demanderait encore, d'ailleurs. Le Ministère penserait éventuellement diligenter une commission d'enquête, dirigée par les meilleurs chercheurs, qui serait chargée de justifier ces différences tout en préservant la place des dits chercheurs dans les comités de rédaction des programmes de l'école primaire et au-delà. Pas simple...

    Il est fort probable qu'après cette année-là, l'émission serait supprimée.
    Mais continuons à rêver et imaginons qu'elle soit maintenue malgré les constats sans appel fournis par les élèves eux-mêmes.

    L'année d'après serait consacrée au CE2 ou au CM1, parce que ce sont des classes médianes de l'école élémentaire. L'intérêt faiblirait peut-être un peu parce que les enfants y sont moins "mignons" et que les enjeux de l'apprentissage n'y apparaissent pas autant qu'au CP, socle sur lequel se bâtit tout le reste, ou au CM2, antichambre du collège.
    On serait peut-être obligés d'attirer le chaland en proposant quelques incursions en collège... juste pour voir qui est en train d'y préparer tranquillement et intelligemment ses élèves, qui fait du bachotage plus ou moins stérile, qui enfonce le clou des déterminismes sociaux et écarte soigneusement de la table la mieux servie tous ceux dont le pedigree leur semble détonner par rapport aux critères de la réussite scolaire.

    Ensuite, il y aurait le CM2. Là, on mettrait le paquet sur la lecture et l'écriture, leur fluidité, leur efficacité, leur correction. On enchaînerait sur la résolution de problèmes mathématiques, la culture générale, l'aisance à exposer, à justifier sans ergoter pour défendre une vague "opinion" ou un "ressenti" ni vivre dans la négociation perpétuelle...

    Et puis, ensuite, de loin en loin (6e, 3e, Seconde), on retrouverait nos petits élèves des années précédentes devenus des ados. Quels taux d'échecs, d'abandons, combien de PAP et autres PPRE ?...

    On pourrait même imaginer qu'à la suite de ces diffusions, en plus de l'enquête sur l'apprentissage des bases de la lecture, de l'écriture et du calcul, le gouvernement, poussé par les taux d'audience et les retombées médiatiques de ces émissions de vraie   télé-réalité, se mettrait enfin à vouloir refonder l'École de fond en comble, juste histoire d'avoir, demain, très vite, des élèves heureux à l'école, aux savoirs efficaces et immédiatement mobilisables, ayant envie d'en apprendre toujours plus et ayant acquis, s'ils le souhaitent, les moyens intellectuels de se révolter.

    Télé-réalité

    [1] Non, ce n'est pas un gros mot ni une injure, c'est juste le présupposé éducatif majeur des programmes scolaires actuels : l'enfant n'apprend que par le conflit sociocognitif avec ses petits camarades

    [2] Si l'on reste réaliste et qu'on s'applique à considérer l'âge des jeunes élèves et la durée d’études qu’ils ont derrière eux…

     

     


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  • Merci,merci, mille mercis !
    Portrait de Laurence Pierson réalisé par Tom Choquart

    Mille mercis à Laurence Pierson pour son article élogieux concernant Pour une maternelle du XXIe siècle !

    Un petit extrait pour vous donner envie d'y aller :

    L'école maternelle a longtemps été une spécificité française. Grâce aux nombreux combats menés par ses défenseurs, elle fait partie intégrante de l'école primaire, au même titre que l'école élémentaire. Elle a su résister à la vilaine appellation de "pré-élémentaire" pour rester "maternelle", au sens où elle accueille de très jeunes enfants, dont les besoins de soins et d'attention doivent être pris en compte.

    Cependant, ces dernières années ont vu une évolution inquiétante nier de plus en plus la spécificité de l'école maternelle pour y introduire progressions rigides et évaluations normées, en faisant une "mini-élémentaire" bien éloignée de l'esprit de ses fondateurs.

    Catherine Huby, qui vient de prendre sa retraite après 40 ans d'enseignement, a vu toutes les évolutions récentes de l'école. Souvent sollicitée par de jeunes collègues en manque de repères, elle nous livre dans cet ouvrage, joliment illustré au trait par Sophie Borgnet, sa vision d'une école maternelle idéale. Elle se replonge aux sources des grands pédagogues d'hier – Pauline Kergomard, Marie Pape-Carpantier, Maria Montessori, Elise et Célestin Freinet – pour proposer une école heureuse pour les enfants d'aujourd'hui.

    ÉcritureParis, un site qui gagne à être connu !

    Et quand vous serez sur son site, profitez-en pour fouiner un peu et voir tout ce qu'elle propose pour aider nos collègues professeurs des écoles ou nos amis parents d'élèves à savoir apprendre ou réapprendre à écrire aux enfants, adolescents ou même adultes qui les entourent.

    Mention spéciale pour les PE :

    Formation pour les enseignants du primaire prévue le Samedi 26 septembre 2015, à Paris, XXe.

    Et pour les IEN, DASEN, Recteurs, Ministre de l'Éducation Nationale et autres professeurs d'ESPÉ qui, je n'en doute pas, se pressent nombreux sur mon blog :

    Laurence propose aussi des animations pédagogiques à l'intention des enseignants d'école primaire — en particulier de cycle 2.
    Ces animations durent une demi-journée qui peut avoir lieu soit le mercredi, soit le samedi.

    Encore une fois grand merci à Laurence qui, en plus de tout ce qu'elle fait pour diffuser notre pédagogie de l'écriture-lecture,  s'est proposée pour tenir, à son cabinet, un petit dépôt-vente des ouvrages du GRIP. Vous y trouverez, entre autres, Écrire et Lire au CPÉcrire, Analyser CE1 et Pour une Maternelle du XXIe Siècle.

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  • Les quatre cents coups

    Je voulais juste dire que, de tous temps, on a vu des gosses, et particulièrement des bandes de gosses, s'introduire quelque part, commencer à commettre des dégradations et continuer jusqu'à tout ficher en l'air si toutefois aucun adulte ne passait par là, simplement par pur plaisir de constater le pouvoir qu'ils détiennent sur les objets.
    Cela commence presque au berceau lorsque le petit enfant éclate de rire en renversant vingt fois la tour de cubes qu'un adulte tout fier construit pour lui...

    Je voulais juste dire que, depuis le milieu du XXe siècle chez nous, le législateur avait décidé qu'il s'agissait d'actes commis par des irresponsables. Alors qu'avant cette date, s'ils n'avaient pas la chance d'avoir des parents ayant des relations, on les envoyait au bagne pour enfants où ils restaient jusqu'à leur majorité.
    Enfin, je n'en suis pas sûre pour les plus jeunes... il me semble que les "moins de sept ans" n'y étaient plus envoyés depuis déjà un petit bout de temps (après la Première Guerre Mondiale, peut-être). Il faudrait que je relise Les Enfants du Bagne, de Marie Rouanet...
    Ils en ressortaient presque systématiquement complètement braqués contre la société et n'ayant acquis aucune des valeurs que la République croyait leur inculquer de force dans ces établissements carcéraux pour mineurs.
    On avait donc préféré la prévention avec tout son arsenal instructif et éducatif : l'école, bien sûr, mais aussi les patronages, les colonies de vacances, la protection maternelle et infantile, les dispensaires, les centres médico-psycho-pédagogiques... tout ce qui est en train de disparaître ou de devenir tellement cher ou tellement élucubrant qu'on se demande s'il n'y a pas quelque part, caché en embuscade, un "intelligent design" d'un autre genre qui cherche à achever leur disparition en dégoûtant les usagers de faire appel à eux !

    Les quatre cents coups.

    Je voulais dire aussi qu'il fut une époque où la communauté des adultes se mobilisait lorsqu'elle voyait une bande de mômes s'agiter discrètement autour d'un bâtiment public ou privé et donner des signes de vouloir y entrer.
    Et qu'elle n'hésitait pas à intervenir, sachant qu'il serait vraiment très exceptionnel que la famille du petit interpellé se rebiffe et vienne lui chercher des noises. Au contraire, la plupart du temps, lorsque celle-ci était avertie, elle se rendait compte que son enfant avait encore bien du chemin avant de devenir un être doué de raison, de capacités de choix et de valeurs morales et civiques et elle rajoutait un complément éducatif à l'arsenal déjà déployé depuis sa naissance.
    Ceci dit, il ne fallait pas être trop regardant sur l'arsenal éducatif parfois... Dans certaines familles, c'était plus souvent le martinet ou le ceinturon que le dialogue éducatif qui extirpaient le mal que le jeune pervers polymorphe nourrissait en son sein ! Loin de moi l'idée de défendre ce modèle éducatif, soyez-en bien persuadés.
    Je le réprouve largement plus que le modèle actuel de l'enfant prescripteur, libre de ses choix depuis la naissance et considéré par sa tribu d'adorants comme le chef de famille.

    Les quatre cents coups.

    Enfin, je voulais dire qu'à l'époque des logements de fonction et des concierges, il y avait des adultes présents tout près des groupes scolaires et qu'ils venaient voir ce qui se passait lorsqu'il arrivait que des individus rôdent ostensiblement autour, n'hésitant pas de même à les disperser un peu énergiquement au besoin.

    Cerise sur le gâteau, j'aimerais appeler à une toute autre façon de faire acquérir le respect du bien de tous en redorant le blason d'une école où l'Enfance se sent réellement embarquée dans un projet d'éducation qui l'inclut et non pas divisée en autant d'individus qu'il y a d'enfants dont chacun est "maître d'un faux-projet de vie qui exclut tous ceux qui n'ont pas cinq pétales verts à leur fleur du comportement hebdomadaire", comme on le fait bien souvent.
    Généralement, insérés dans un groupe, les enfants aiment réussir et se surpasser. Il est dommage que certains n'aient d'occasion de le faire qu'en renversant le contenu des placards, en déchirant des stocks de livres et de papier à dessin et en explosant avec méthode toutes les réserves de peinture d'une école.

    Peut-être, je dis bien peut-être, car je suis bien consciente que l'école, à 24h chrono qui plus est, est bien démunie, que si cette école maternelle leur avait offert autre chose que ce qu'elle leur propose ou a proposé quand ils en étaient élèves, ils en auraient été fiers et n'auraient pas été aussi tentés d'afficher à leur cahier de réussite interne les gommettes vertes : "J'ai un super pouvoir sur les objets" et "Je suis un membre éminent de ma communauté de pairs".

    Les quatre cents coups.

    Car, en conclusion, je suis bien obligée d'avouer qu'autrefois, malgré l'encadrement bien plus présent des adultes, la prise en compte de la jeune enfance comme un âge particulier où rien n'est fixe, ni règles, ni lois, ni permissions, ni interdictions, parce que l'enfant est régi par d'autres lois presque physiologiques, et même avec la peur du bagne ou de la "maison de correction", il arrivait quand même que des groupes de deux à une quinzaine de gamins échappent assez longtemps à la vigilance des adultes pour aller profaner des tombes (des petits copains à moi étaient allés rétablir la justice et répartir un peu plus équitablement les fleurs, plaques commémoratives, etc., et en avaient au passage tagué quelques-unes au stylo-feutre indélébile pour leur apprendre à être un peu plus partageuses), déféquer et uriner dans des bâtiments qui ne leur plaisaient pas ou dont ils n'aimaient pas le propriétaire, dégommer consciencieusement et méthodiquement toutes les patères dans les couloirs d'une école (cf la trilogie Les Rebelles, JP Chabrol), écraser brin à brin quelques ares de luzerne prête à faucher ou de blé prêt à moissonner, se battre à coups de fruits mûrs dans des vergers qui ne leur appartenaient pas, ouvrir les portes des pacages provoquant la fuite des vaches, des chèvres, des moutons, des porcs ou des volailles qu'ils contenaient, se coucher au milieu de la voie ferrée pour voir ce que ça fait quand le train passe, boire (ou pisser) dans tous les pots à lait d'une rue, dans le flacon de vin de messe du curé, dans l'encre que l'instituteur a réclamé pour son bureau, commander trois tonnes de charbon pour leur prof d'anglais qui habitait au cinquième étage d'une tour, ...

    Ils se prenaient une bonne dérouillée, des lignes ou une privation de barres de chocolat, s'ils se faisaient prendre, et il ne serait venu à l'idée de personne d'aller coller l'événement en première page du journal local parce que tout le monde se serait esclaffé et y serait allé de la sienne, bien pire, qu'il avait faite quand il avait douze ans et qu'il voulait impressionner la petite Eliette, le voisin Paulot ou se faire admettre dans la bande du grand Jules...
    Et s'ils ne se faisaient pas prendre, ils continuaient leur petit bonhomme de chemin, plus ou moins loin de la ligne de bonne conduite, et, à part M. Sarkozy et sa bande, personne n'aurait eu l'idée d'aller consigner les méfaits de mouflets de moins de sept ans dans un carnet qui les aurait suivis jusqu'à leur majorité.


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  • Paru !  
    Illustration de Sophie Borgnet.

    Il est paru ! Il est paru ! Il a de jolies illustrations qui complètent à merveille la prose que j'ai l'habitude de vous servir. On peut le consulter, l'admirer et même le commander sur le site de l'éditeur (le titre est faux mais c'est bien ce livre). 

    Vous pouvez aussi vous le procurer ou en discuter avec moi en m'écrivant via l'icône Contact. Cela vous évitera des frais de port prohibitifs.

    Paru !

     


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